‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 500 sur 573 · GUATEMALA · texte numérisé non relu

GUATEMALA

députés on 1827. Il prit une part active à la révolution de juillet. Élu président de la Chambre en 18:n, il devint le 30 avril 1832 ministre de l'instruction publique en remplacement de M. deMontalivct *. Il ne conserva son portefeuille que cinq mois; et nous n'avons à signaler, durant son administration, aucune mesure importante intéresant l'instruction primaire. Il eut pour successeur, le 11 octobre 1832, M. Guizot* ; quant à lui, il fut à sa sortie du ministère nommé pair de France et président du Conseil d'État. Girod de l'Ain est mort à Paris en 1847.

GRKAVES. — James-Pierpoint Greaves, philanthrope et mystique anglais, né en 1777 à Merton (Surrey), fut destiné au commerce par son père, chef d'une maison importante de la Cité de Londres. Mais des revers de fortune le décidèrent à l'âge de trente ans <à renoncer aux affaires. Il vécut d'abord dans la retraite pendant plusieurs années, livré à des études solitaires; la lecture des mystiques Swedenborg et Jacob Bœhm exerça sur la direction de ses idées une influence décisive, et il devint leur disciple. En 1817, son attention, fut attirée sur l'entreprise pédagogique de Pestalozzi par la lecture de deux ouvrages intitulés Courte biographie de Pestalozzi, avec une esquisse de ses luttes pour établir son système d'éducation, par un voyageur irlandais, et Esquisse de la méthode de calcul intuitif de Pestalozzi, dont l'auteur était Synge, le premier citoyen du Royaume-Uni qui eût visité l'institut d'Yverdon (V. Pestalozzi, p. 2 333). Enthousiasmé, Greaves résolut aussitôt de se rendre auprès de Pestalozzi. L'état d'esprit dans lequel il se trouvait lorsqu'il entreprit ce voyage a été décrit par lui-même dans une lettre qu'il écrivait vingt ans plus tard à l'Américain Alcott (V. Alcott au Supplément) :« En l'année 1817, dit-il, ayant eu intérieurement de puissantes visitations spirituelles, je me retirai davantage de la société, afin de pouvoir m' abandonner à l'influence de VEsprit de l'amour primitif, et d'agir entièrement suivant ses préceptes, sans avoir égard aux conséquences mondaines. Très peu de temps après cette retraite volontaire, il me fut donné communication du travail de l'Esprit en la personne du vénérable Pestalozzi ; et les actes de cet homme inspiré firent naître en moi un intérêt si puissant que je partis aussitôt pour la Suisse, où je vécus pendant quatre ans, dans un saint compagnonnage avec l'Inspiré. »

Greaves arriva à Yverdon à la fin de 1817, à l'époque où Krusi et Niederer avaient déjà quitté l'institut. Il fut très cordialement reçu par Pestalozzi, qui l'admit dans son intimité. Ils ne comprenaient pas la langue l'un de l'autre, et, détail curieux, Greaves ne s'occupa nullement pendant son séjour en Suisse d'apprendre ni l'allemand, ni le français, si bien qu'au bout des quatre ans que dura ce séjour il n'était pas encore capable de converser avec Pestalozzi sans l'aide d'un interprète. Cette circonstance donna naissance à un livre écrit par Pestalozzi expressément pour Greaves, et qui fut livré à la publicité quelques années plus tard. Ne pouvant converser directement avec son ami, Pestalozzi eut recours à la voie épistolaire pour lui exposer l'ensemble de sa méthode : il rédigea, à l'adresse du philanthrope anglais, une série de trente-quatre lettres, dont la première porte la date du l«r octobre 1818, et la dernière celle du 12 mai 1819. Pestalozzi écrivait en allemand ; le disciple se faisait traduire la lettre c'a maître, et pouvait ensuite en étudier le contenu à loisir.

La traduction anglaise des lettres de Pestalozzi a Greaves a paru en 1827, sous ce titre : Lcttcrs on early éducation, addressed to J. P. Gi^eaves by Pestalozzi, translated from the german manuscript, ivith a memoir of thelife and character of Pestalozzi. Le traducteur était un docteur alle-

mand nommé Worms; il dut, comme il le dit dans sa préface, modifier en différents passages la forme des lettres, pour les présenter au public anglais; mais il eut soin de soumettre son travail à Pestalozzi, et celui-ci, quelques mois avant sa mort, approuva tous les changements que la traduction avait rendus nécessaires. L'original allemand des trente-quatre lettres n'a jamais été publié.

Dans l'automne de 1818, Greaves, désirant prendre part d'une façon plus active à l'œuvre* qui s'accomplissait sous la (direction de Pestalozzi, offrit d'enseigner l'anglais aux enfants de l'école de Clindy, qui venait de s'ouvrir (V. Pestalozzi, p. 2344). Son offre fut acceptée, et, sans savoir, pour ainsi dire, un seul mot de la langue parlée par ses élèves, il devint leur professeur. L'année suivante, l'école de Clindy fut réunie à l'institut d'Yverdon, et Greaves continua son enseignement à Yverdon même, où il s'occupa d'initier à la méthode les nombreux élèves anglais qui y affluaient,

A cette époque, en effet, les écrits du « voyageur irlandais »,le voyage du D^ Bell en Suisse (1816), et aussi les lettres que Greaves écrivait d'Yverdon à ses amis, avaient excité en Grande-Bretagne un vif intérêt pour l'entreprise de Pestalozzi : plusieurs pères de famille avaient isolément envoyé leurs enfants à Yverdon, et, au milieu de juillet 1819, le révérend D'^ Mayo, fellow de Saint-John's Collège à Oxford, directeur de l'école de Bridgnorth (comté de Salep), arrivait en personne à l'institut, amenant avec lui une quinzaine d'élèves environ. La « colonie britannique » ainsi constituée forma dans l'institut pestalozzien comme une section spéciale^ qui resta toujours presque uniquement confiée aux soins du révérend Mayo, de Greaves, et d'un autre maître anglais, le révérend Brown, du collège de Worcester.

Greaves quitta Yverdon au commencement de 1822. Il se rendit à Bâle, puis à Tubingue, où il demeura jusqu'en 1825; à cette époque, le gouvernement wurtembergeois lui donna l'ordre de quitter le pays, sous prétexte qu'il répandait parmi les étudiants des doctrines subversives. Rentré en Angleterre, il y propagea les méthodes de Pestalozzi, continuant d'ailleurs à s'intéresser à toutes les idées nouvelles, s'occupantde phrénologie, correspondant avec divers penseurs socialistes, anglais, français et américains, essayant de l'établissement d'un « atelier public », en vue d'améliorer le sort des ouvriers, et remplissant pendant quelque temps les fonctions de secrétaire de la Société des écoles enfantines. Par son initiative, une école fut fondée à Ham, près de Richraond, pour y appliquer les principes de Pestalozzi, modifiés et complétés suivant les idées de Greaves et de ses amis. Dans les dernières années de sa vie, il entra en relations avec le pédagogue américain Alcott; et il songeait à partir pour les Etats-Unis lorsqu'il mourut à Ham, le 11 mars 1842. Après sa mort, ses amis publièrent un choix de ses lettres et des extraits philosophiques et mystiques tirés de ses notes.

Une étude sur Greaves, par M. E. Martin, étude à laquelle nous avons emprunté les éléments do cette notice, a été publiée dans la Revue pédagogique du 15 novembre 188G.

GUATEMALA. — La république de Guatemala, dans l'Amérique centrale, d'abord unie au Mexique lorsque ses habitants se furent aflranchis de la domination espagnole en 1821, fit partie de la Confédération de l'Amérique centrale de 1823 à 1847, puis, après la dissolution de cette Confédération, devint un Etat indépendant. Son territoire a une superficie de 194 45G kilom. carrés ; sa population est d'environ 1 400 000 habitants, dont près du tiers sont des Indiens. Le pouvoir législatif est exercé par la Chambre des représentants ; le pouvoir exécutif est remis à un président nommé pour quatre ans. Il y a un ministère de

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HAWAI (ILES)

rinstrtictîon publique. La république est divisée cil vingt-trois départements.

La loi organique de l'instruction publique est du 7 avril 1877. Les autorités scolaires sont, au sommet de la hiérarchie, le ministre; dans chaque département, le gouverneur; dans chaque commune, la municipalité. L'instruction primaire est obligatoire et gratuite; l'enseignement public est neutre au point de vue religieux. L'âge scolaire obligatoire s'étend de six à douze ans. Le programme des écoles primaires comprend les branches suivantes : lecture, écriture, éléments de grammaire espagnole et exercices pratiques, arithmétique et système légal des poids, mesures et monnaies, notions de morale et de civilité, notions d'hygiène, et leçons de choses. Les instituteurs sont nommés par le ministre de l'instruction publique. Les dépenses des écoles primaires sont supportées par l'Etat; toutefois, dans certains cas, les communes y contribuent pour une part.

Il n'y a pas d'écoles normales.

Le tableau suivant indique, pour l'année 1885, le nombre des écoles primaires publiques, celui des instituteurs et des institutrices, celui des élèves, et les dépenses de l'instruction primaire. Dans le chiffre des dépenses ne sont pas comprises les sommes affectées au loyer des bâtiments scolaires, qui du reste sont presque tous propriété nationale.

Départements,

Guatemala

Amutillan

Sacatepéquez. . . .

Kscuintla

Chimulteuango. . ,

Sololà

Totonicapan . . . . .

yuezaltenango . • .

Suchitepéquez...,

Ketaihulen ,

San Marcos

Huehuetenango .

Quiche

Alta Verapaz.. ..

Baja Verapaz....

Peten

Yzabal

Livingstoa

Zacapa

Ghiquimula

Jalapa

Jutiapa

Santa Rosa

Nombre

des écoles.

Nombre des instituteurs et institutrices,

Nombre

des élèTes.

Dépenses

en piastres.

L'enseignement secondaire public est donné dans 12 écoles de garçons, 12 écoles de filles,

I école mixte, 1 institut de garçons, 1 institut de jeunes filles.

L'enseignement professionnel et supérieur comprend les établissements suivants, qui appartiennent tous à l'Etat : une école d'arts et métiers, une école polytechnique, une école d'ingénieurs, une école vétérinaire, une école de médecine et de pharmacie, une école de droit, une école de musique et de déclamation.

L'enseignement privé, tant primaire que secondaire, est représenté par 11 écoles de garçons,

II écoles de filles et 6 écoles mixtes.

Nous devons la communication des renseignements ci-dessus à l'obligeance de M. Cnsanto Médina, ministre du Guatemala à Paris.

HAWAÏ (Iles). — L'archipel de Hawaï ou Sandwich se compose de cinq îles, dont la principale est Hawaï; la capitale est Honoloulou, dans l'île Oahou. Cet archipel, qui forme aujourd'hui une monarchie représentative, sous une dynastie indigène, a une population d'environ 300 OUO habitants.

L'acte législatif qui organise l'instruction pubii-

que porto la date du 10 janvier 1865*» il a été modifié depuis sur quelques points par des lois ultérieures. Dés 18/iO, l'Assemblée législative avait affecté au service des écoles, à titre de dotation, le vingtième des terres appartenant à l'Etat, et avait chargé le ministre de l'instruction publique de désigner ces terres, d'accord avec le ministre do rinlcrieur.

L'acte de 186.o a rendu l'instruction obligatoire, de l'âge de six ans à celui de quinze. Il a remplacé le ministre de l'instruction publique par un Bureau d'éducation {Board of Education) formé de cinq membres du Conseil privé. Un inspecteur général des écoles, choisi par le Bureau, nomme et révoque les instituteurs, arrête les programmes, ouvre et ferme les écoles, etc. Les fonctions de président du Bureau et celles d'inspecteur général ne peuvent être exercées par un ecclésiastique. Le royaume est divisé en vingt-cinq districts scolaires; dans chaque district se trouve un agent scolaire, nommé par le Bureau d'éducation et chargé de faire exécuter ses ordres; il y a en outre des comités scolaires de district, élus par les parents, qui administrent les écoles. Les parents et tuteurs sont tenus d'envoyer les enfants, de l'âge de six ans à celui de quinze, à une école publique ou privée, organisée conformément à la loi ; les pénalités infligées aux délinquants sont une amende pouvant s'élever à 5 dollars, ou un emprisonnement pouvant aller jusqu'à quatorze jours.

Le Bureau d'éducation présente tous les deux ans à l'Assemblée législative un rapport sur l'état des écoles. Nous avons sous les yeux les rapports de 1884 et de 1886, imprimés en anglais à Honoloulou, et nous y puisons les renseignements suivants :

Les écoles du royaume de Hawaï sont de trois catégories: les écoles ordinaires [common schools), les écoles supérieures {sélect schools)^ et les écoles libres {independeiit schools).

Les common schools sont entretenues par le gouvernement; l'enseignement, qui est gratuit, y est donné en langue hawaïenne, par des instituteurs hawaïens ; les branches d'études sont la lecture, l'écriture, l'arithmétique, la géographie, et parfois le chant. Ces écoles laissent beaucoup à désirer; les instituteurs sont peu capables, la fréquentation des élèves est très irrégulière. Il y avait, en 1883, \\\ common sc/iOo&, avec 2841 élèves (1G27 garçons et 1214 filles).

Les sélect schools sont aussi entretenues par le gouvernement; l'enseignement s'y donne en anglais ; il comprend les mêmes matières qu'à la co7}imon school, et quelquefois en outre le dessin et les sciences naturelles. Ces écoles sont ouvertes aux deux sexes; la plupart ne sont pas gratuites. Il y en avait 44 en 1883, avec 100 instituteurs et 3489 élèves (2124 garçons et 13G5 filles). La statistique range au nombre de ces écoles le séminaire d'instituteurs {seminai'y) installé à Lahainalouna; le cours d'études de ce séminaire est do quatre ans : les branches d'enseignement sont l'algèbre, la géométrie, la trigonométrie, l'arpentage, la comptabilité, l'histoire, la physique, la morale, l'économie politique, la physiologie, la composition anglaise, la musique, l'os exercices militaires, la pédagogie théorique ou pratique. Les élèves, au nombre de 70, sont en outre exercés aux travaux agricoles.

Les independent schools étaient au nombre de 42 en 1883, avec 2393 élèves (1178 garçons, 1215 filles) ; onze d'entre elles étaient des pensionnats. La plupart de ces écoles relèvent d'une église ou d'une association religieuse. Quelques-unes d'entre elles sont subventioimèes parle gouvernement, et donnent une instruction d'un ordre assez élevé.

Le rapport de 18SG relève ce fait, que le nombre des écoles où l'enseignement se donne cq langue

HERBAPLT

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