‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 501 sur 573 · HERBA;ULT · texte numérisé non relu

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hawaïenne décroît d'année en année, ainsi que le nombre des élèves qui les fréquentent, tandis que celui des élèves des écoles anglaises va en augmentant. La population scolaire do l'archipel comprend des enlants de nationalités très diverses : indigènes, métis. Américains, Anglais, Allemands, Portugais (ce sont les plus nombreux après les indigènes), Norvégiens, Chinois, Japonais; tous ces enfants fréquentent la même école et y apprennent à parler l'anglais. Il n'y avait plus, en janvier 1886, que 77 écoles hawaïennes, avec 2018élèves, tandis que le nombre des écoles anglaises était de 54 avec 4414 élèves. Le nombre des écoles libres était de 41, avec 2584 élèves. La dépense annuelle, pendant la dernière période biennale, a été la suivante : pour les écoles de langue hawaïenne, 34 009 dollars; pour les écoles de langue anglaise, IIG 606 dollars (dans ce dernier chiffre sont comprises les subventions aux écoles privées).

HERBAULT. — En 1816, le nom de l'instituteur Herbault fut subitement tiré de l'obscurité profonde où il était enseveli, et glorifié comme celui du véritable inventeur de l'enseignement mutuel.

A ce moment, la Société pour l'instruction élémentaire travaillait à introduire en France la méthode de Lancaster * et de Bell * ; et pour prévenir la défaveur que l'origine étrangère de ce mode d'enseignement pouvait contribuer à faire naître, elle jugea d'une bonne politique de lui chercher une origine française qui le fît mieux accueillh'. Divers noms, ceux de l'abbé Gaultier *, du chevalier Paulet*, de l'instituteur Herbault, furent mis en avant. Herbault était le plus ancien de ces initiateurs plus ou moins authentiques sous le patronage desquels on croyait habile de placer l'enseignement mutuel; il avait dirigé, vers le milieu du xvme siècle, l'école de charité de l'hospice de la Pitié : c'est à lui que fut réservée la place d'honneur. ,, i

On chercherait en vain, dans les dictionnaires biographiques, des renseignements sur la personnalité d'Herbault. Nous avons fait, à son sujet, une enquête aussi complète que le permettaient les ressources que nous avions à notre disposition ; et nous croyons pouvoir affirmer que le premier et probablement le seul auteur qui ait reèueilli le nom d'Herbault, au xyiii^ siècle, c'est François* de Neufchâteau. Le passage où il parle de cet instituteur se trouve dans sa Méthode pratique de lecture, publiée en l'an VH ; il y raconte l'application <îui avait été faite, à l'école de la Pitié, du procédé inventé pour l'enseignement de la lecture par Dumas*, le bureau* typographique, et à cette occasion il donne quelques détails, recueillis de la bouche d'un témoin oculaire, sur l'organisation de l'école d'Herbault. Nous transcrivons ci-dessous le passage en question :

« La méthode du bureau typographique excita dans le temps un grand nombre d'écrits pour et contre. Malgré l'obstination du préjugé, cette méthode fut pourtant adoptée dans quelques étatUssements publics. Voici un détail exact de la manière dont elle était pratiquée dans une école de charité à Paris, il y a cinquante ou soixante ans.

» En 1747, il existait à la classe de l'Enfant Jésus, hospice de la Pitié, faubourg Victor, an nombre de trois cents élèves et plus, qui pour leur éducation étaient distribués en sept classes principales; toutes ces classes, depuis la septième jusqu'à la deuxième inclusivement, étaient enseignées par des élèves tirés de la première.

» La septième était destinée à apprendre les lettres. On donnait aux consonnes une dénomination muette plus simple et plus analogue que celle dont faisait usage l'aveugle routine. Celui qui en était chargé tenait en ses mains un nombre de cartes à jouer égal à celui des lettres do l'ai phabet, sur chacune desquelles était imprimée

des deux côtés vme de ces lettres^ qu'il montrait une à une par le dos de la carte, gardant la figure de son côté, et prononçant le nom de la , lettre qui s'y trouvait; les élèves étaient obligés de le répéter : à côté était une pancarte où les lettres étaient imprimées dans leur ordre ordinaire, ainsi que les voyelles ou consonnes doubles ou conjointes. Le maître de lecture, une baguette à la main, montrait à un élève une figure que celui-ci était obligé de nommer; dans le sens contraire l'élève cherchait avec la baguette celle qui lui était demandée. '

» A la sixième on apprenait sur une grande pancarte à connaître les voyelles nasales et autres, qu'on prononçait d'un seul son, sans être tenu d'appeler les lettres l'une après l'autre.

,)) A la cinquième était une autre pancarte où l'on apprenait à former des mots. Celui qui en était chargé tenait en sa main une petite quantité de cartes à jouer sur lesquelles étaient écrits des mots tirés des noms propres, substantifs, adjectifs, et adverbes, qu'il dictait à volonté à l'un de ses élèves. Celui-ci, une baguette à la main, cherchait sur la pancarte les figures séparées ou conjointes nécessaires à le former ; les autres regardaient attentivement afin de l'imiter à leur tour.

» Ces trois classes étaient divisées et sous-divisées selon le besoin qu'exigeait le nombre plus, ou moins grand des élèves. ■ q>.ii!

» A la quatrième était un bureau typographique,une boîte de bois de forme plate, de la longueur de trois mètres environ, horizontalement attachée de champ contre le mur : dans cette boîte étaient pratiqués deux rangs de petites logettes au nombre de trente à chaque rang; ces logettes, en forme de carrés longs, étaient construites de manière à pouvoir faire entrer et sortir aisément une carte à jouer; une certaine quantité de cartes, sur chacune desquelles était 'unc figure de l'alphabet placée sur le bord à gauche, était distribuée dans chacune de ces logettes par ordre alphabétique; le tout recouvert d'une planche tenant au bureau par trois pentures : cette planche étant dressée au-dessus du bureau présentait un pupitre disposé de manière à recevoir deux rangées de cartes contenues par une ficelle tout le long de la planche. Celui qui en était chargé tenait en sa main un petit livret, comme à la cinquième classe, et dictait un mot à chaque élève; celui-ci allait chercher dans les logettes les lettres nécessaires à former ce mot, et les rangeait ensuite sur la planche jusqu'à ce que les deux lignes fussent formées; alors les élèves s'asseyaient, et chacun lisait à son tour son ouvrage et celui des autres, qui écoutaient attentivement.

» A la troisième classe était un autre bureau de trois rangs, et par conséquent de trois hgnes, où l'on dictait aux élèves de petites phrases qu'ils exécutaient comme on vient de dire qu'on en usait à la quatrième classe pour les mots.

» A la deuxième classe était le grand bureau, beaucoup plus compliqué que les autres : il était de quatre rangs, et la planche de quatre lignes; là on commençait à parler principes de grammaire en indiquant les différentes parties du discours, et l'on y construisait des phrases suivies qu'on distribuait par parties à chaque élève.

» La première classe, qui était réservée pour le maître, était composée des élèves qui avaient tous passé par les classes inférieures ; on distribuait à chacun d'eux un exemplaire d'un ouvrage de morale reçue en ce temps-là. Le premier lisait à haute et intelligible voix, afin d'être entendu dos autres; le second se tenait debout, prêt à suivre au premier commandement. A ce commandement le premier se tenait debout, le second lisait, le troisième se tenait tout prêt. Au second commandement, le premier allait enseigner la deuxième

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