‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 504 sur 573 · LAINE · texte numérisé non relu

LAINE

LEZAY%MARNESIA

tion compte environ 600000 habitants. Le pouvoir législatif est exercé par une Chambre des députés et un Sénat; le pouvoir exécutif est confié à un président élu pour quatre ans. Il y a un ministère de l'instruction publique. La république est divisée en sept départements.

L'instruction primaire, au Honduras, est gratuite et obligatoire. Tout centre do population doit posséder une école primaire. D'après une statistique qui remonte déjà à 1874, il y avait dans toute l'étendue de la répubhquo 275 écoles primaires avec 9000 élèves.

On a institué, depuis quelques années, des cours du soir pour les adultes.

Il a été établi des écoles normales.

Au chef-lieu de chaque département existe un collège d'enseignement secondaire. Il y a également des établissements d'enseignement secondaire pour les jeunes filles.

A Tegucigalpa, capitale de l'Etat, se trouve une université, qui comprend une faculté de médecine et une faculté de droit.

Le budget de l'instruction publique pour l'exercice 1885-1886 porte, comme prévision de dépenses pour les établissements d'enseignement primaire, secondaire et supérieur, une somme de 65000 piastres.

Les renseignements qui précèdent nous ont été -obligeamment communiqués par M. L. Gaubert, consul du Honduras à Paris.

LAINE. — Joseph-Henri-Joachim Laine, homme d'État français, né à Bordeaux en 1767, fut d'abord avocat. Entré au Corps législatif en 1808, il y fut, à la fin de 1813, le président de cette commission dont le rapport sur les négociations avec les puissances étrangères en vue de la paix irrita si violemment Napoléon. Au retour des Bourbons, il fut d'abord préfet provisoire de la Gironde, puis président de la Chambre des députés. Il occupa de nouveau ces fonctions dans la Chambre introuvable, jusqu'au printemps de 1816, puis devint ministre de l'intérieur dans le cabinet Richelieu. En décembre 1818, il dut céder son portefeuille à M. Decazes; mais le duc de Richelieu, redevenu président du Conseil après l'assassinat du duc de Berry, le nomma président de la Commission de l'instruction publique le 4 octobre 1820. Quelques semaines plus tard, l'ordonnance du l^r novembre donnait à la Commission de l'instruction publique le titre de Conseil royal de l'mstruction publique, et restituait au président de ce Conseil une partie des prérogatives autrefois attribuées au grandmaître de l'Université. Laine ne resta pas longtemps à la tête du Conseil royal; le 21 décembre, il reçut, en même temps que MM. Corbière et de Villèle, le titre de ministre sans portefeuille, et le même jour, alléguant que sa santé ne lui permettait pas de se livrer au travail journalier d'une administration, il résigna la présidence du Conseil de l'instruction publique, qui fut donnée à Corbière *.

Parmi les actes de l'administration de Laine, nous citerons l'arrêté du 31 octobre 1820 sur les cours de philosophie et de rhétorique des collèges royaux de Paris, qui contient entre autres cet article : « Le professeur d'histoire ancienne s'appliquera spécialement à faire chérir aux élèves le gouvernement monarchique sous lequel ils ont le bonheur de vivre. Le professeur d'histoire moderne, qui s'occupera principalement de l'histoire de France, s'attachera à fortifier de plus en plus, dans le cœur des élèves, les sentiments d'amour pour la dynastie régnante, et de reconnaissance pour les institutions dont la France lui est redevable. » On remarque, en outre, une circulaire du 14 novembre, qui recommande aux recteurs de veiller à ce que les examens pour la délivrance des brevets de capacité aux instituteurs primaires

« soient faits avec soin et sévérité », et annonce l'envoi de feuilles d'examen sur lesquelles doivent être portées en détail les notes obtenues par le candidat pour chacune des connaissances exigées; et un arrêté du 5 décembre, relatif aux formalités que doivent remplir les instituteurs primaires qui désirent obtenir la faculté d'avoir des peasionnaires.

Après sa renonciation aux fonctions de président du Conseil de l'instruction publique, Laine demeura ministre sans portefeuille jusqu'au 14 décembre 1821. Il cessa alors de faire partie du cabinet, et deux ans plus tard fut nommé pair de France avec le litre de vicomte. Sous Charles X, il fit opposition au parti de la Congrégation. Après la révolution de juillet, il se rallia au nouveau régime. Il était devenu membre de l'Académie française en 1816. Il est mort à Paris en

LA MOTHE LE VAYER. — François de La Mothe Le Vayer, né à Paris en 1588, appartenait à une famille de noblesse dérobe. Après avoir fait de bonnes études, il se lia avec la plupart des savants et des lettrés de son temps, et devint en particulier l'hôte assidu du salon de M''» de Gournav, qui en mourant lui légua sa bibliothèque. En l«j25, il succéda à son père dans les fonctions de substitut du procureur général au Parlement, mais, suivant l'expression d'un biographe, « il quitta bientôt Thémis pour les Muses ». Reçu à l'Académie française en 163Î), il se mit sur les rangs pour la charge de précepteur du dauphin {le futur Louis XIV), et pubUa à cette occasion un livTe intitulé De l'inslruct'i07i de Monsieur le Dauphin (1640). On trouvera une analyse de cet ouvrage à l'article Princes {Education des). Richelieu, qui l'avait distingué, le recommanda en mourant au choix de la reine-mère ; mais des intrigues de cour lui firent préférer l'abbé de Bcaumont de Péréfixc. La Mothe Le Vayer fut toutefois chargé en 1649 de l'éducation du duc d'Orléans, frère puîné du jeune roi. Il s'acquitta de cette mission à la satisfaction d'Anne d'Autriche, qui, revenue de ses premières préventions, voulut qu'il s'occupât aussi de son fils aîné. Louis XIV fut donc remis aux mains de La Mothe Le Vayer en 1652, et resta sous sa direction jusqu'en 1 660. Le précepteur composa pour ses élèves, de 1651 à |656, une série do rept traités intitulés : Géographie, Rhétorigtie, Morale, Economique, Politique, Logique et Physique du prince. Parmi les autres ouvrages qu'il publia dans la seconde moitié de sa carrière, nous citerons le traité De la vertu des païens (1642); un Discours pour montrer que les doutes de la philosophie sceptique sont d'un grand usage dans les sciences (1668), et un traité Du peu de certitude qu'il y a dans l'histoire (1668). Bayle a caractérise La Mothe Le Vayer en ces termes : « Il avait plus d'érudition et de lecture que la plupart de ses confrères de l'Académie, mais ils écrivaient presque tous plus élégamment que lui. C'était un homme d'une conduite réglée, semblable à celle des anciens sages; un vrai philosophe dans ses mœurs, qui méprisait même les plaisirs permis, et qui aimait passionnément la vie de cabinet, et à lire et à composer des livres. Cette régularité, cette austérité, cette sagesse n'empêchèrent point qu'on ne soupçonnât qu'il n'avait aucune religion. » La Mothe Le Vayer mourut en 1672, dans sa quatrevingt-cinquième année. Ses œuvres complotes ont été publiées à Dresde en 14 volumes, 1756-1750.

LEZAY-MAUMiSLi. — Adrien de Lezay-Marnésia, né à Saint-Julien (Jura) en 1770, était fils du marquis de Marnésia, homme de lettres lié avec Saint-Lambert, Chamfort, Fontanes, etc. Il entra d'abord dans le régiment du roi, où son père avait servi ; puis il alla étudier la diplomatie à l'école

LIPPE-DETMOLD — 3034 — LOIS SC'OlLAmÊSi

de Brunswick, et, eomme la Révolution venait d'éclater, il cniploya quelques années à visiter l'Allemagne et l'Angleterre. Rentré en Franco après le 9 thermidor, il se signala comme publicisto, et fit la guerre à la Convention, puis au Directoire, dans la presse et dans les brochures politiques. Proscrit au 18 fructidor, il se réfugia en Suisse, et ne revint à Paris qu après le 18 brumaire. Le gouvernement consulaire l'envoya d'abord comme ambassadeur à Salzbourg, puis le chargea d'une mission en Suisse : il devait négocier auprès du gouvernement helvétique la réunion du Valois à la France. Pendant ce second séjour en Suisse (1801), Lezay-Marnésia, que les questions d'éducation paraissent avoir préoccupé dés ce moment, visita l'institut de Pestalozzi à Burgdorf et, très frappé de ce qu'il avait vu, il écrivit à Rœtlerer *, le conseiller d'Etat chargé de la direction do l'instruction publique, pour lui proposer d'envoyer des instituteurs français s'instruire dans la méthode de Pestalozzi. De retour en France, Lezay- Marnésia continua à s'intéresser aux travaux du pédagogue suisse ; Pestalozzi, étant venu à Paris à la fin de 1802 comme membre de la Consulta helvétique, se mit en rapport avec lui et avec quelques autres personnages animés des mêmes dispositions : sur leur demande, il rédigea pour eux un exposé de ses principes, et leur offrit de faire venir un des maîtres de son institut accompagné d'un élève, afin de joindre à l'exposé théorique une démonstration pratique do l'efficacité de ses procédés. Ce projet n'ayant point été réalisé alors, Lezay-Marnésia demanda à Pestalozzi, en avril 1803, de lui envoyer son collaborateur Neef, qui obtint l'autorisation d'enseigner dans un orphelinat de Paris. Un examen des élèves instruits par Neef eut lieu l'année suivante, en présence du premier consul ; mais celui-ci ne jugea pas à propos de donner aucun encouragement aux promoteurs de la méthode pestalozzienne. Les premières tentatives de Lezay-Marnésia pour doter la France d'un meilleur système d'éducation populaire restèrent donc infructueuses ; mais quelques années plus tard, il devait trouver l'occasion de rendre un service éminent à la cause de l'instruction primaire,en prenant l'initiative d'une création alors unique en son genre. Après avoir rempli de 1806 à 1810 les fonctions de préfet de Rhinet-Moselle, il était devenu préfet du Bas-Rhin : c'est en cette qualité qu'aidé du recteur Levraud il fonda en 1811 l'école normale primaire de Strasbourg. Cette école, organisée sur le plan des séminaires allemands, reçut soixante boursiers de seize à trente ans, et un nombre illimité de^ pensionnaires libres. La durée du cours d'études fut fixée à quatre ans; l'enseignement devait comprendre la langue française, la langue allemande, l'arithmétique, les éléments de physique, la calligraphie, la géographie, le dessin, la musique, le chant, des notions d'agriculture, la gymnastique, et les meilleurs méthodes d'enseignement. Conformément aux dispositions du décret du 17 mars 1808, l'école normale du Bas-Rhin fut, pendant les premières années, une annexe du lycée de Strasbourg (V. Alsace, p. 6G) ; elle ne devint un établissement indépendant qu'en 1820. Il ne fut pas donné à Lezay-Marnésia de suivre jusque-là les progrès de l'établissement qu'il avait fondé ; il mourut des suites d'un accident de voiture, le 9 octobre 1814.

LIPPE-DETMOLD. — La principauté de Lippe- Detmold a un territoire de 1189 kilomètres carrés et une population de 120000 habitants (1880), pour la plupart protestants. L'instruction primaire y est organisée par la loi du 11 décembre 1849 et l'ordonnance du 10 avril 1873. Les écoles primaires sont au nombre de 110, avec 150 instituteurs et 45 adjoints. Le pasteur remplit dans chaque pa-

roisse les fonctions d'inspecteur local. L'autorité supérieure est le consistoire. Les traitements dos instituteurs varient de 900 à 1500 marks, avec le logement gratuit en sus ; les pensions de retraite s'élèvent à 800/0 du chiffre du traitement, après trente-six ans de services. Il y^ a à Detmold une école normale d'instituteurs, fondée en 1781, dont le cours d'études est de trois années. Il existe, en outre, cinq écoles latines, qui préparent à l'enseignement secondaiir'e ; trois écoles supérieures de jeunes filles; et deux gymnases, à Detmold et à Lemgo. Ces derniers établissements sont organisés d'après le système prussien, et sont placés sous la surveillance d'un inspecteur prussien résidant à Munster. — Pour la principauté de Lippe- Schaumburg, V. Schaumhurg-Lippe.

LOIS SCOLAIRES. — Nous complétons notro article Lois scolaires en donnant le texte de la loi du 20 mars 1883, titre II (obligation de construire des maisons d'école dans les chefs-lieux de commune et dans les hameaux), de celle du 20 juin 1885 (subventions pour construction de maisons d'école), et de celle du 30 octobre 1886. sur l'organisation de l'enseignement primaire.

Loi du 20 mars 1883.

TITRE il-.; yonni'

DE l'obligation DE CONSTRUIRE DES MAISONS D'ÉCOLB DANS LES CHEFS-UÇPj?J Dfi. ,GO^i^yi|^ . ET DANS LES

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