‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 514 sur 573 · NICARAGUA · texte numérisé non relu

NICARAGUA

moire sans profit pour le jugement; on n'a pas encore mieux fait que MM. Hubault et Marguerin* En décernant aux Grandes époques un des prix réservés aux ouvrages les plus utiles aux mœurs, l'Acadcmie française, par l'organe de M. Viilemain, en louait la composition sobre et bien liée, l'intérêt pittoresque, la haute et patriotique moralité.

Dans les dernières années de sa vie, lorsque la retraite eut accru ses loisirs, M. Marguerin essaya de revenir à ces études historiques que l'observation des révolutions politiques et sociales auxquelles il avait assisté lui rendaient, disait-il, plus chères. Il avait commencé un Précis de l'histoire d'Orient; mais la lecture des textes lui fatiguait la vue qu'il avait toujours eue délicate, et il ne se sentait plus les forces nécessaires pour suivre un travail de longue haleine. Ses lectures si riches lui fournissaient des matériaux tout prêts pour un Recueil de morcoaux choisis dans le genre de ceux qu'il avait autrefois publiés avec un professeur de l'École Turgot, M. Michel. Il s'était mis à l'œuvre avec entrain, presque avec passion. Les deux volumes qu'il a eu le temps de mettre au jour témoignent de son goût littéraire remarquablement pur et de l'aisance avec laquelle il savait entrer dans tous les besoins intellectuels de la jeunesse. Il s'était ainsi trouvé ramené par lui-même, pour ainsi dire, dans les classes de la chère école où il avait passé les meilleures années de sa vie. Sur notre conseil, il avait consenti à écrire l'histoire de Turgot, sous forme de notes détachées, comme elles lui viendraient à l'esprit. C'est un de nos plus vifs regrets qu'il n'ait pas eu le temps de rassembler ses souvenirs. Cette autobiographie, car c'est presque son histoire que M. Marguerin eût racontée, aurait été pour notre littérature pédagogique ce que sont en Suisse et en Allemagne les écrits du P. Girard et de Pestalozzi, à un degré supérieur par la clarté et l'ampleur des vues, [Gréard.]

MÉRILHOU. — Joseph Mérilhou, avocat et magistrat français, est né à Montignac, dans le Périgord, en 1788. Il débuta au barreau de Paris sous l'Empire, et fut substitut du procureur général à la cour de Paris pendant les Cent- Jours. Redevenu avocat, il plaida dans de nombreux procès politiques à l'époque de la Restauration. Après avoir pris une part active à la révolution de Juillet, il fut nommé secrétaire général au ministère de la justice. Le 2 novembre 1830, il succéda au duc de Broglie comme ministre de l'instruction publique, dans le cabinet Laffitte. Il ne conserva ce portefeuille que deux mois à peine, et le 27 décembre reçut celui de la justice, en remplacement de Dupont de l'Eure, L'administration de M. Mérilhou n'offre pas d'actes importants relatifs à l'instruction primaire. On lui doit la suppression de la Société des missions en France, et une ordonnance, restée sans exécution, prescrivant la possession de grades universitaires dans les facultés de théologie pour l'admission à certaines fonctions de la hiérarchie ecclésiastique. Il sortit du ministère le 13 mars 1831. En 1832, il devint membre de la Cour de cassation. Après avoir siégé à la Chambre des députés de 1831 à 1834, il entra à la Chambre des pairs en 1837. La révolution de Février le priva momentanément de son siège à la Cour de cassation, qui lui fut rendu par décret du 10 août 1849. Il est mort à Neuilly en 1856.

MILDE. — Vincent-Edouard Milde, prélat autrichien, né en 1777 à Brûnn en Moravie, ordonné prêtre vers 1800, devint en 1823évèque deLeitmeritz, et plus tard archevêque de Vienne ; il est mort dans cette ville en 1853. A l'àoïc de trente-quatre ans, il publia un traité de pédagogie qui a longtemps lait autorité dans les établissements autrichiens d'instruction publique : Uandbuch der

allgetneinen Erziehungs/cunde zum Gebrauch der Ôffentlichen Vorlesungen (Irc partie, 1811; 2» partie, 1813). Ce livre est divisé en quatre sections, dont la première est consacrée à l'éducation ea' général, et les trois autres à l'étude psychologique des trois facultés que l'auteur distingue dans l'âme humaine : l'intelligence, le sentiment et lo désir. Milde écrit avec clarté, dans un style simple et naturel ; et la chaleur d'âme qui règne dans son ouvrage, jointe à l'élévation des idées et a un bon sens rare, témoignent chez lui des qualités ' d'un véritable éducateur. Il a été fait trois éditions du livre de Milde du vivant de l'autem'çune .. quatrième a paru à Vienne en 1877, : >; :.o\}

NICARAGUA. — La répubUque de Nidaragua, d'abord réunie au Mexique lors de l'émancipation des colonies espagnoles de la mère-patrie, fit ensuite partie, de 1824 à 1847, de la Confédération de l'Amérique centrale, et après la dissolution de cette Confédération se constitua en État indépendant. Son territoire a une superficie de 119 462 ki^ lomètres carrés ; sa population est d'environ 300000 habitants. Le pouvoir législatif est exercé par une Chambre des députés et un Sénat; le pouvoir exécutif est confié à un président nommé pour quatre ans. Il y a un ministère de l'instruction publique. Le territoire de la république est divisé en cinq départements.

Au moment de l'émancipation, en 1821, il y avait déjà des collèges dans les deux principales villes, Léon et Granada. Pendant la période ultérieure, l'instruction suivit à pas lents les progrès de la science européenne; le développement en fut arrêté en 1856 par l'invasion du territoire par le flibustier américain Walker. Mais quand le pays eut retrouvé le calme, un décret de 1868 réorganisa l'instruction publique et lui donna une im-,. pulsion nouvelle; les trois derniers présidents de la République, MM. P.-J. Chamorro, Gral,-J. Zavala. et le D^ Ad. Cardenas, n'ont cessé de travailler à la faire progresser.

L'instruction primaire est obligatoire 'et gratuite. Le personnel enseignant est laique, mais l'enseignement de la religion catholique fait partie du programme des écoles publiques. Les écoles primaires sont entretenues par l'État ; les communes n'interviennent financièrement, et cela dans une faible proportion, que dans les villes populeuses. Les instituteurs (preceptores) sont nommés par le ministre de l'instruction publique, sous l'approbation du chef de l'État,

Il existe des inspecteurs scolaires, généraux, départementaux et locaux, dont la charge a été à plusieurs reprises supprimée et rétablie en ces dernières années.

Le programme de l'enseignement primaire comprend : la lecture, la reUgion, l'écriture, l'arithmétique, la morale et l'urbanité, les travaux manuels, l'histoire sainte, la géographie, la grammaire espagnole, la géométrie, l'histoire profane, la constitution nationale, les racines grecques, la cosmographie, la psychologie. Mais ce programme n'est suivi dans son intégralité que dans un petit nombre d'écoles.

En 1884, il y avait dans le Nicaragua 188 écoles primaires de l'Etat, dont 64 de filles et 124 de garçons, fréquentées par 9262 élèves, et 12 écoles primaires municipales, dont 3 de filles et 0 de garçons, fréquentées par 536 élèves; il faut y joindre 63 écoles primaires privées, dont 15 urbaines (7 de filles et 8 de garçons) fréquentées par 458 élèves, et 48 rurales fréquentées par 576 élèves. Le personnel enseignant comprenait 289 instituteurs. Un tiers des locaux scolaires appartenait à l'Etat, les deux autres tiers étaient loués.

Il n'existe pas encore d'école normale.

L'enseignement secondaire est donné dans deux instituts nationaux, celui d'Orient, à Granada, et

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