‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 88 sur 573 · OSO · texte numérisé non relu

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Totaux.

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Enseignement, méthodes et résultats. — Dans son rapport au Consoil général, session d'aoïit i8sl, liuspecieur d'académie du Loiret s'exprimait ainsi :

LOIRET

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« L'enseignement s'améliore peu à peu. Ce n'est pas en vain que l'inspection primaire et les conférences pédagogiques essaient de remuer les esprits. On s'endort beaucoup moins dans les tranquilles douceurs de la routine. On a honte, en quelque sorte, des procédés vieillis, et plus la classe devient intéressante, grâce aux nouvelles méthodes, plus on reconnaît combien y gagnent, non seulement l'instruction et la discipline, mais le maître lui-même, surpris de trouver sa tâche agréable et facile. Jaloux sans doute d'égaler leurs collègues laïques, les congréganistPS, instituteurs et institutrices, assistent régulièrement aux réunions cantonales et suivent nos conseils avec une docilité jusqu'ici très rare. Que de progrès cependant il nous reste à obtenir des uns et des autres! Souvent encore, par exemple, les divisions surabondent, l'emploi du temps n'est pas judicieux, la préparation fait défaut, la grammaire conserve ses abstractions, ses formules apprises mot à mot et ses interminables analyses ; on néglige le calcul oral et les leçons de choses, l'histoire s'attarde indûment aux premiers siècles, la géographie ne cesse pas d'être une sèche nomenclature. Ce qui manque souvent, c'est le savoir pédagogique et môme le savoir proprement dit. On lit peu les ouvrages spéciaux relatifs à l'enseignement; on s'en tient trop volontiers aux connaissances superficielles du brevet; on ne s'attache pas à les renouveler ni à les étendre. Aussi bien le secrétariat de mairie, les écritures administratives, les classes du jour, la classe du soir, les cours supplémentaires occupent tellement les instituteurs qu'à peine leurs journées y suffirentelles. Moins pauvres de loisirs, les institutrices ne se livrent pas davantage à l'étude, soit que la fatigue pèse sur elles plus lourdement, soit que leur éducation première les prépare mal au travail intellectuel.

» Comme d'ordinaire, les écoles de garçons l'emportent, sauf en quelques points, sur les écoles de filles. Au dernier rang se placent les écoles mixtes. L'oeuvre de l'instruction y est toujours plus difficile qu'ailleurs, si faible que puisse être le nombre des élèves; or, 18 réunissent GO à 80 enfants, et 10 autres en comptent 80 à 117. Tous nos efi"orts doivent donc tendre à hâter les dédoublements, malgré la résistance que nous oppose la pauvreté ou l'indifférence des communes. »

D'après le rapport de 1882, la situation ne se «erait pas sensiblement modifiée : « Les méthodes et les résultats n'ont guère changé. C'est en comparant deux époques triennales que l'inspection pourrait bien saisir les différences, mesurer l'évolution accomplie, saisir et marquer les effets d'une loi, d'une institution ou d'arrêtés nouveaux. L'enseignement primaire connaît peu les progrès rapides. Il est de tous le plus difficile, parce qu'il s'adresse aux enfants, et le personnel y est rarement proportionné. Les élèves-maîtres emportent des écoles normales une instruction à la lois trop confuse et tiop sèche, ils n'ont môme, tant la bonne direction a manqué jusqu'ici aux ■écoles annexes, que les rudimimts de la pédagogie pratique; et, devenus instituteurs, comment trouveraient -ils moyen do concilier la lecture et l'étude avec les six heures de classe quotidiennes, les cours d'adultes, la tenue des registres scolaires, le secrétariat de mairie? Ils gagnent en expérience; mais ils n'exercent pas leur activité intellectuelle. Dans les écoles, encore plus qu'ailleurs, la fonction absorbe trop le fonctionnaire, et comme on ne se renouvelle pas, on se diminue peu à peu. »

Certificat (l'étu les primnires. — Le certi Icat d'études primaires a été introduit dans le Loiret en 1874 . A cette date 289 candidats seulement, dont 222

garçons et 67 filles, avaient osé afl'ronter les examens : 150 garçons et 53 filles, en tout 203, avaient obtenu le certificat. L'institution a pris du développement depuis, et le département occupe actuellement un bon rang sous ce rapport. En 1881, 1045 candidats, dont G35 garçons et 4i0 filles, se sont présentés aux examens : 471 garçons et 327 filles, en tout 798, ont subi les épreuves avec succès. Les garçons ont passé dans la proportion de 79.7 0/0.

Le nombre de certificats d'études primaires*d(livrés en 1881 représente, pour toute la France, 1.36 0/0 du nombre total des élèves inscrits dans toutes les écoles primaires : pour le Loiret, le nombre des admis représente 1.56 0/0 du total des élèves, soit : 0.20 0/0 au-dessus de la moyenne générale.

En 1882, 878 garçons et 647 filles, ensemble 1525 candidats, se sont présentés aux examens du certificat d'études primaires: Il 86 l'ont obtenu, dont 673 garçons et 513 filles. Les garçons ont passé dans la proportion de 67.7 0/0 et les filles dans la proportion de 79.3 0/0. Le total des admis représente 8.9 0/0 des élèves de toutes les écoles primaires en âge de concourir. Pour toute la France cette proportion est de 6.6 0/0.

Ecoles normales. — Le département du Loiret possède une école normale d'instituteurs et une école normale d'institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée à Orléans en 1822, reçoit actuellement 69 élèves. L'enseignement y est donné par le directeur, quatre maîtres adjoints et huit professeurs externes. La situation, qui n'était pas très satisfaisante dans ces dernières années, s'est améliorée.

« L'année prochaine, dit l'inspecteur d'académie, l'établissement, selon toute apparence, aura une situation meilleure encore. Le régime de la gratuité absolue, si nécessaire aux écoles normales et si étrangement retardé, produit déjà ses eff'ets. Le concours d'entrée, ce qui ne s'est pas vu depuis six ans, va réunir quarante-sept aspirants. On n'ose pas espérer qu'il suffise à remplir et les dix-sept places vacantes et les dix nouvelles demandées par l'administration ; mais il nous donnera bien une vhigtaine de bons sujets...

» En 1881, l'école normale a obtenu 38 brevets simples, autant qu'elle présentait de sujets, et 8 brevets supérieurs. C'est un résultat sans précédent. »

L'école normale d'institutrices, installée à Orléans, est confiée depuis 1843 aux sœurs de la Sagesse. « L'effectif de l'établissement, disait le rapport d'inspection générale de 1878-1879, est de 31 élèves. La situation morale de ce personnel est bonne ; quelques personnes trouvent qu'il est trop livré à des exercices religieux ; je ne trouve guère d'excessif, sous ce rapport, que l'assistance quotidienne à la messe. Les études sont quelque peu au-dessus de ce que l'on trouve dans les cours normaux proprements dits; elles sont ordinairement couronnées par l'obtention du brevet, mais du brevet simple seulement... »

Actuellement le nombre des élèves-maîtresses est de 38. L'enseignement est donné par la directrice, par trois maîtresses adjointes et sept professeurs externes. « Cette maison n'a pas dhistoirei en quelque sorte, dit l'inspecteur d'académie, tant les années s'y suivent et s'y ressemblent. Les élèves ont toujours les mômes habitudes d'ordre, de soumission et de travail. Les maîtresses adjointes continuent d'apporter à leur tâche un dévouement que rien ne lasse. »

Brevets de capacité. — Nous donnons ci-après, par nature et par sexe, le nombre des brevets de capacité délivrés dans le département du Loi' ret depuis 1823 jusqu'à 1883 inclusivement.

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Instituteurs.

28 5 brevets élémentaires, 28 brevets supérieurs. 341 — obligatoires. 23 — complets. 239 — 59 — facultatifs

ou Complets.

59 — élémentaires, 20 — supérieurs.

Instifiitriccs.

1836-1850. 88 brevets élémentaires, » brevetssupérieurs. 1851-l^G7. 313 — obligatoires, 15 — complets.

121 — facultatifs ou complets.

1881 149 — élémentaires, 14 — supérieurs.

En 1882, 118 aspirants s'étaient présentés pour l'obtention du brevet de capacité élémentaire : €2 ont été admis, soit 52.3 0/0. Les aspirantes s'étaient présentées au nombre de 335, sur lesquelles 158 ont été admises, soit 47 0/0. La moyenne des admissions par rapport aux candidats est, pour toute la France, de 3G.9 <'/0 pour les aspirants et de 52.9 0/0 pour les aspirantes. On voit que sous le rapport de la préparation au brevet de capacité, le département du Loiret s'est placé sensiblement au-dessus de la moyenne générale pour les aspirants, mais qu'il est resté un peu au-dessous pour les aspirantes.

Il convient de faire ressortir la part qui revient à chacun dans le résultat de ces examens. Les aspirants laïques, au nombre de 89, ont obtenu 53 brevets, soit 59.6 0/0, tandie que les congrcganistes n'ont obtenu que 9 brevets sur 29 aspirants, soit 31 0/0.

L'écart est encore plus grand entre les aspirantes laïques et les aspirantes congréganistes : les premières ont passé au nombre do 102 sur 160, soit 03.8 0/0, et les dernières n'ont fait admettre que 56 des leurs sur 175, soit 32 0/0.

Ecoles maternelles. — Le département du Loiret comptait 2 écoles maternelles ou salles d'asile en 1847. En 1850 il en avait 27; en lcS63, 54; en 1867, 60; et 84 en 187fi-1877. Le nombre des élèves reçus dans les écoles maternelles était de 277 en 1830, de 2a 1 7 en 1850, de 5!»58 en 1863, de 6778 en 1867 et de 7626 en 1876-1877. En 1882 le département comptait 94 écoles maternelles, dont 55 publiques et 3v* libres ; 16 écoles maternelles publiques et 2 libres, en tout 18 seulement, étaient dirigées par des laïques, les autres étaient aux mains des congréganistes. Ces 94 établissements avaient reçu 2226 élèves de plus qu'en 1876-1876, soit 9861, répartis comme suit :

SaUes d'asile publiques. 1 J^,aïques. .

^ ^ ( Longreg.

Salles d'asile libres ! S?.!

Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figuraient dans ce nombre pour

« Les écoles maternelles, à une vingtaine près, dit le rapport d'inspection académique, remplissent mal les conditions réglementaires. Leur ancien nom de salles d'asile convenait mieux à ces locaux misérables qu'elles occupent dans les bourgs et jusque dans les villes.

» Sauf à Orléans, à Pitliiviers et à Montargis, les comités de patronage ne font rien ou plutôt ils n'existent pas. Il serait d'ailleurs extraordinaire qu'on recherchât avec empressement des fonctions qui consistent surtout à donner. »

Au point de vue du personnel dirigeant, la situation paraît encore moins satisfaisante : « Les 55 écoles maternelles publiques, fréquentées par 6889 élèves, n'ont que 17 sous-direcirices. C'est

donc une moyenne de 88 enfants que chacune des 52 maîtresses doit (gouverner, instruire, amuser et nettoyer six jours sur sept, dix heures par » jour et môinc douze on été, pendant l'année entière, sans autre répit que les quatre semaines de vacances. Leur tâche est d'autant plus écrasante, dans 25 écoles, que nulle femme de service ne les aide.

" S'il accueille notre demande, le Conseil départemental retirera prochainement le titre d'écoles publiques à toutes celles que les communes n'auront pas pourvues d'un auxiliaire si indispensable.

» Grâce au décret du 10 octobre 1881, les directrices ont enfin le même traitement que les institutrices et commencent à sortir de la misère. Cependant le personnel manque toujours. Le nouveau programme d'examen, par ses difficultés imprévues et prématurées, éloigne de nous les aspirantes. On a trop oublié, ce semble, que le mieux est l'ennemi du bien. Laïques et congréganistes se portent de préférence vers le brevet, devenu très accessible, et qui promet une carrière beaucoup plus avantageuse. Bientôt, sandoute, il faudra, pour recruter les écoles maters nelles, élever encore le traitement ou institueun certificat d'aptitude élémentaire à la sous-dir rection... »

Cours d'adultes. — Voici la statistique dt^s cours d'adultes à partir de 1837 :

Nombre des cours Nombre des auditeurs

Hommes

Femmes »

Hommes 2 379 6 792 6 850 5 992

Femmes

L'année 1881-1882 présente une légère augmentation dans le nombre des cours, hommes et femmes, que commente ainsi le rapport d'inspection académique : « Il ne manque à ces résultats, pour être satisfaisants, que d'être tout ;\ fait certains. Le moyen de contrôler les cours d'adultes n'est pas encore découvert.

» Si le nombre des conscrits illettrés, qui s'élevait en 1880 à 14.5 O/O, n'est plus que de 12.8 0/0, on ne sait jusqu'à quel point l'honneur en revient aux classes du soir, et, en tout cas, ce mince avantage compense mal le tort qu'elles font aux classes du jour. »

Bibliothèques scolaires. — Le département du Loiret possédait, d'après la statisticiue de 1863, 377 bibliothèques," contenant ensemble 177 589 volumes. Ces ciiiffres sont évidemment erronés. On avait dû compter tous les dépôts de livres scolaires qui sont mis, dans la plus grande partie des écoles, à la disposition des élèves nécessiteux. Et la preuve, c'est qu'en 1870-1877 on ne relevait plus que 264 bibliothèques avec 28 -44 volumes. Au 1" janvier 1883,11 existait 400 bibliothè(iues scolaires contenant ensemble 35 584 livres de lecture, pliis 290 906 livres scolaires pour les besoins des élèves. • ■ x

L'accroissement pendant l'année 1882 avait été considérable. Le nombre des prêts s'était cleve à 25 391, en augmentation de 5('13 sur l année précédente. « L'accroissement paraît même si considérable, dit l'inspecteur d'académie, qu on ose à peine l'accepter comme exaci. Peut-être s'est-il glissé çà et là quelques exagorati uis dans les releVés faits par les bibliothécaires, bncore l'institution, très languissante auparavant, re-

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prend-elle cependant une certaine vie. Ce qu'il importe do retenir, c'est que plus une bibliothèque reçoit d'ouvrages nouveaux, plus elle trouve de lecteurs. Celles dont le catalogue ne grossit jamais restent abandonnées. »

Bihliothèqites pédagogiqices. — Cette utile institution se développe lentement dans le Loiret. Au 1" janvier 1882, il n'y en avait encore que Il pour 31 cantons; elles contenaient 4842 volumes. D'après le relevé fait au 1*^ janvier 1883, il y en aurait actuellement 26 avec 7970 volumes. Cependant elles seraient peu suivies. « On regrotte surtout que la bibliothèque d'Orléans, la plus riche en livres utiles et d'un grand intérêt, no reçoive presque jamais une demande d'emprunts. Les instituteurs de la ville pourraient lire beaucoup, s'ils le voulaient bien. C'est ailleurs que les titulaires et les adjoints ont de trop légitimes excuses. »

Conférences pédagogiques. — Ces conférences existent dans le Loiret comme ailleurs, puisqu'elles ont été rendues obligatoires par arrêté ministériel en date du 5 juin I8K0. Nous avons môme vu plu» haut qu'elles empêchent les instituteurs de sommeiller « dans les douceurs de la routine »; mais nous n'avons aucun renseignement sur leur nombre, leur fonctionnement et leurs résultats particuliers.

Caisses /J'épargne scolaires. — L'institution des caisses d'épargne scolaires s'est implantée dans le Loiret en 1874 et y a pris un développement normal, sauf dans la circonscription de Pithiviers, où elle a de la peine à prendre racine.

Au l*f janvier 1879, époque à laquelle on a fait le premier relevé, 132 écoles avaient ouvert une caisse, et 3385 élèves épargnants, sur lesquels 3155 ayant le livret de la grande caisse d'épargne, possédaient ensemble 72906'',54.

Au l" janvier 1883 la situation est la suivante: 123 caisses ouvertes dans autant d'écoles, 2344 élèves épargnants, en caisse 56 856^', 19. La circonscription de Pithiviers ne figure dans ces totaux que pour 7 caisses, 82 livrets et 1734 francs. « Tout ce qu'on peut dire de cette fâcheuse infériorité, dit l'inspecteur d'académie, c'est qu'elle n'est imputable ni à l'inspecteur, ni aux instituteurs. »

Caisses des écoles, — Au 1*' janvier 1883, il en existait cinq dans le Loiret ayant un encaisse total de 1490 francs. La loi du 28 mars 1882, qui rend ces caisses obligatoires pour toutes les communes en leur offrant le concours de l'Etat, va prochainement augmenter ces chiffres.

bociété de secoios mutuels. — Le département du Loiret possède une Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en lb60, et qui, depuis cette époqiie, distribue annuellement à ses adhérents nécessiteux des secours dont le montant total varie de 800 à 5400 francs. Au l«r janvier 1879, le nombre des membres participants était de 600 et l'actif de la Société en titres ou numéraire était de 68 651'%94.

Au 31 décembre 1881, on retrouve la Société de recours mutuels dans une situation extrêmement florissante; elle comprenait alors 1023 membres, savoir :

230 membres honoraires,

8l communes; 325 instituteurs;

83 institutrices;

6 directrices d'éroles maternelles; 184 femmes d'instituteurs; 114 enfants.

Elle avait en fonds versés à la caisse des

retraites 44217 fr. 53

En fonds placés ou disponibles 29 137 31

Total 733.4 fr. '4

Elle avait pendant l'année distribué 6204",35 de secours et servi 12 pensions, une de 40 franc» et les 11 autres de 90 francs.

Il y a en outre une caisse annexe à celle de la Société de secours mutuels, et appelée Caisse des orphelins^ qui possédait au 31 décembre i88l un actif de 18 030",98. Les deux avoirs réunis s'élevaient donc à 83 385",82.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin de V instruction publique du Loiret a été fondé en 1869. A cette époque, comme aujourd'hui, sa périodicité n'était pas régulière. Il paraissait environ onze fois par an. Il était envoyé gratuitement aux instituteurs et institutrices, et recevait à cet effet du Conseil général une subvention annuelle de 800 francs. Le public était admis à s'abonner moyennant 3 francs par an.

Actuellement le Bulletin de Vinsiruction publique du Loiret, format petit in-S", paraît cinq ou six fois par an, avec un nombre de pages illimité. Il contient les lois, décrets, arrêtés et circulaires ministériels ainsi que tous les documents émanant des autorités scolaires et administratives du département, les sujets de conférences pédagogiques, en un mot tout ce qui intéresse le service de l'enseignement primaire.

Résultats' de t instruction. — Les tableaux cidessous donnent les chiffres des conscrits et des conjoints lettrés :

ANNEES

CONSCRITS

tachant

au moins

lire

9 737 Il 260

7 247 13 lis 5 290 2 596 2 762 2 777

Combien pour 100

PS

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était de 44.8 0/0; dans le Loiret cette moyenne était de 45.6 0/0, soit 0.08 0/0 audessus de la moyenne générale. La classe de 1880, en portant l'instruction des conscrits dans le Loiret à 86.9 0/0, la moyenne générale étant de 85.6 0/0 , n'augmente que de 0.05 0/0 l'avance qu'avait ce département sur le reste de la France au moment où on a commencé à tenir état de l'instruction des jeunes gens appelés pour le tirage au sort. Malgré cette avance, le département perd 7 rangs : il était 40* en 1827-1829, il est 47« en 1880.

Les opérations du conseil de révision, pour la classe de 1881, ont porté sur 3181 conscrits, dont •^77(» ont déclaré savoir au moins lire, soit : 87.1 0/0. Le progrès sur la classe précédente est insignifiant (0.2 0/0).

Il convient de faire remarquer aussi que le degré d'instruction est loin d'être le môme dans les quatre arrondissements du Loiret. L'arrondissement d'Orléans, qui représente près de la moitié de la population du département, est moins avancé que l'arrondissement de Pithiviers, qui lient le premier rang. L'arrondissement de Mon-

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targîs est dans la moyenne du département et aussi dans la moyenne générale. Mais celui qui écraserait le déparlement tout entier si sa population était aussi forte que celle de l'arrondisse ment d'Orléans, c'est Gien, ainsi qu'on peut le voir par le relevé suivant fait pour les trois dernières années :

CoaieriU sachant aa moins lire.

Classe de Classe de Classe de 1879 1880 1881

Orléans 88.2 0/0 90.4 0/0 89.» 0/0

Pilhiviers.... 92.2 0/0 94.3 0/0 92.9 0/0

Moiitargis 85.5 0/0 86.3 0/0 ,85.7 0/0

Gien.... 71.90/0 72.20/0 78.60/0

Nombre de conjoints sur 100 ayant signé leur acte de mariage :

Années

Hommes

Femmes H

ommes et fe

1856-fiO...

Budgft de Vinstruction primaire. — Les dé penses ordinaires de l'instruction primaire dans le Loiret sont montées de 251518 francs en 1855 à 871 529 francs en 1881. En 1863 les dépenses ordinaires atteignaient 360132 francs, ce (|ui représentait, pour les 40 800 élèves inscrits à cette époque dans les écoles publiques, 8^S83 par tête, supportés par la rétribution scolaire pour 6'%0'», par les budgets communaux pour 2'', 13 et par le budget départemental pour 0'',63. La dépense moyenne par élève était alors pour toute la France de 9'',47 : 4'',*22 provenant de la rétribution scolaire; 3",69 des ressources communales; C,83 des budgets départementaux et 0'',75 des fonds de l'Etat. On remarquera l'énorme différence qu'il y a entre l'appoint fourni par la rétribution scolaire en moyenne (4"",23), et co qu'elle fournissait dans le Loiret (6'', 04) ; c'est du reste la conséquence naturelle de la restriction apportée aux listes de gratuité, que nous avons si gnalé à. sa place.

La loi du 10 avril 1867, en rendant obligatoire la création et l'entretien d'une école publique de filles pour toutes les communes de 500 habitants et au-dessus, a eu pour premier résultat d'augmenter dans une proportion considérable les dépenses ordinaires, qui se sont élevées de 381 844 francs en 1867 à 525 870 francs en 18'J8. La rétribution scolaire est montée de 267 000 à ;]3100i) francs; les dépenses sur ressources communales vont de 91 000 à liSOeO francs, et la subvention de l'Etat, dont le département avait pu se passer jusqu'alors, fait son apparition pour 45 522 francs.

En 1876-1877, la dépense par tête d'élève, dans le Loiret, n'était que de 15'',95, i''",88 au-dessous de la moyenne générale. Il y était pourvu comme suit : par la rétribution scolaire, 8'S09; par le> ressources communales et départementales , 6'',93 ; et par la subvention de l'Etat, 0'',93 (au lieu de 2'',75, moyenne générale).

En 1881 les dépenses ordinaires des écoles priniaires publiques s'élèvent, comme nous l'avons dit, à 871 529 francs, trois fois et demi plus qu'en 1855, quoique le nombre des élèves n'ait môme pas doublé depuis 1850, où il était de 26 707, jusqu'à 1881, où il est de 4't412. Le prix de revieni par tête d'élève est porté de 15''. 95, cote de 187»;. à 19'S62. Toutefois, grâce à la loi du 16 juin 1881, qui a établi la gratuité absolue, l'augmentatio des dépei»ses de ces dernières années retombe h la charge de l'Etat qui fournit (au lieu de 4U0L)U

francs en 1870 et de 70fJ0 francs en 1880) une subvention de 271812 francs, représentant plus de ;]J 0/0 du total des dépenses ordinaires, et qui devra fournir plus encore pour combler dans les prochains budgets le vide laissé par la snp. pression complète de la rétribution scolaire. Mais à présent les n'',(i0 que coûte en moyenne chaque élève des écoles publiques sont supp'^)riéos par les communes et le département pour 1.3", :iO au lieu de i:)''',02 en 18': 6, et l'appoint fourni par la subvention de l'Etat atteint 0'', 12 au lieu de 0'',93 en 1876.

En 18G3 les dépenses ordinaires, communales et départementales réunies des écoles publiques représentaient dans le Loiret un impôt moyi n par habitant de V',02. Pour toute la France, les mômes dépenses représentaient un impôt moyon de i'',45 par habitant. En 1876, l'impôt moyen, de ce chef, aurait été pour toute la France de r',61 et pour le Loiret de 1",81.

En 1881, les dépenses communales et départementales réunies, qui ont été bpaucoup moins élevées en 1882, puisque l'Etat a dû prendre à sa charge les 196 000 francs fournis au budget de 1881 par les dernières perceptions de la rétribution scolaire, s'élevaient à 599 G97 francs. La population du Loiret étant, d'après le dernier recensement, de 3G8 526 habitants, cette somme représentait un impôt moyen del'%63 par habitant, soit 18 centimes de moins qu'en 1876. Le département du Loiret n'est du reste pas le seul où la loi du in juin 1881, sur la gratuité absolue, ait eu pour effet de faire tomber les charges des budgets communaux et départementaux, malgré les augmentations de dépenses survenues, au-dessous de ce qu'elles étaient en 1876.

Nous donnons dans le tableau ci- dessous les chiffres des dépenses ordinaires de l'instruction primaire de 1855 à 1882 inclusivement :

ANNEES

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LOIS SCOLAIRES

OIS SCOLAIRES

LOIS SCOLAIRES. — Nous donnons ci-despous la liste complète des actes constituant la iégislation dj l'instruction publique en France. Nous y avons fait entrer, non-seulement les lois ))ropremoiit dites, mais tous les actes ayant un caractère général, permanent et organique, qu'ils s'appellent décret, ordonnance, ou même simplement arrêté.

A la fin de l'article, nous donnons in-extenso le texte des plus importants, parmi ces documents, à partir de la Restauration jusqu'à l'époque contemporaine. Nous avons pensé que le lecteur préférerait les trouver réunis, plutôt que d'avoir à les chercher dans autant d'articles spéciaux. Les lois et ordonnances que nous reproduisons ci-après sont les suivantes :

Ordonnance du 2d février 1S16, créant les comités cantonaux pour surveiller et encourager l'instruction primaire. — V. page 1681.

Ordonnance du 8 avril 1824, litres V et VI {écoles primaires catholiques, écoles primaires protestantes). — V. page 1682.

Ordonnance du 21 av)nl 1828, concernant V instruction primaire. — V. page 1683.

Loi du "ISj'uin 1833, sur l'instruclion primaire. — V. page 1684.

Loi du 11 janvier 1850, conférant aux préfets, pour six mois, le droit de révoquer les instituteurs communaux. — V. page 16h6.

Loi du 15 mars 1850 sur renseignement. — V. page 1687.

Déc)^et,'loi du 9 mars 1852, sur l'organisation de l'enseignement public. — V. page 1694.

Loi du H Juin I8bi, po7'fa)ît organisation de l" instruction publique . — V. page iti'JS.

Loi dwil juin 1805, sur lenseignement secondaire spécial. — V. page 1696.

Loi du 10 avril 18(i7, sur l'enseignement primaire. — V. page 1696.

Loi du 19 mars 1873, sur le Conseil supérieur de l'instruction publique. — V. page 1G97.

Loi du \2 juillet \%lb,sur la liberté de l'enseignement supérieur. — V. page 1698.

Loi du 9 août 1879, swr les écoles normales primaires. — V. page 1701.

Loi du 27 février 1880, sur le Conseil supérieur de V instruction publique et les Conseils académiques. — V. page 1701.

Loi du 18 mars ISSO, sur la liberté de l'enseignement supérieur. — V. page 1703.

Loi du 11 décembre 1880, sur les écoles manuelles d'apprentissage. — V. page 1703.

Loi du lé juin 1881, sur la gratuité de l'enseignement primaire. — V. page 1704.

Loi du IQ juin 1881, sur les titres de capacité de renseignement primaire. — V. page 1704.

Loi du U8 mars 1882, sur l'obligation et la laïcité de l'enseignement primaire. — V. page 1705.

Quant aux autres actes mentionnés dans notre liste, un très grand nombre sont, soit reproduits intéf^ralement, soit cités par extraits ou analysés, dans d'autres anicles de ce Dictionnaire. Nous indiquons, à la suite du titre de la plupart de ces lois, décrets, ordonnance ou arrêtés, l'article ou les articles auxquels le lecteur pourra se leporter.

Nous n'avons pas entrepris de dresser, pour les pays étrangers, des listes analogues, parce qu'elles auraient constitué un double emploi. En etfet, les articles consacrés à ces divers pays contiennent tous les renseignements relaiifs à la législation scolaire de chacun d'nux, et le lecteur y trouvera le3 indications qu'il nous a semblé superflu de répéter ici. En outr >, chacun des articles traitant qes grandes questions que soulève la législation de l'enseignement primaire. Gratuité, Hétribution scolaire, Obligation, Laïcité, Neutralité, Co7ifessionnelles [Écoles), Age scolaire.

Nomination des instituteurs, Traitements, Autorités scolaires. Communes (Obligations scolaires des). Classes, etc, contient l'exposé comparatif de la législation étrangère sur ces dififérents objets.

TABLEAU GÉNÉRAL DE LA LÉGISLATION DE L'IN- STRUCTION PUBLIQUE EN FRANCE, DE 1789 A 1883.

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