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POUR EXPLORER LES ORGANES

Il est très-difficile d'enseigner dans un livre la manière de tâter une tête et de se rendre compte du développement des organes. C'est plutôt un sens qu'un procédé , et l'on pourrait dire que ça ne s'apprend point II faut posséder au plus haut degré une vive perception des lignes et de leurs rapports. Il faut une extrême habitude des différens types de la tête humaine pour arriver à cette compétence; il faut avoir observé longtemps et sérieusement. Toutefois, il y a une certaine méthode presque matérielle qui facilite cette étude. Gall a consacré quelques pages assez vagues a diriger un examen phrénologique :

« Il faut, dit-il, avant tout, se familiariser avec le degré ordinaire , ou médiocre , ou moyen ? du développement des organi s,

L'inspection attentive d'un grand nombre de têtes, et l'étude de leurs formes ordinaires, continuée pendant longtemps, procureront successivement cette connaissance. Puis , on profitera de toutes les occasions pour acquérir une idée exacte du développement extraordinaire des diverses parties cérébrales et de leurs proéminences sur la surface extérieure de la tete. On examinera les têtes des pre* miers poètes, des premiers mathématiciens, mécaniciens, musiciens, des voyageurs passionnés, etc. , etc. En usant de ces deux précautions indispensables, Ion remarquera bientôt que les organes les mieux prononcés ne forment ni les bosses des bouffons antiorganologistes , ni des proéminences saillantes comme un œuf, ou comme un poing.

« Les parties antérieures du front, les têtes chauves et les crânes n'ont pas besoin d'être palpés; une vue exercée suffit pour juger le degré de développement du cerveau en général, de certaines de ses régions on de certaines parties en particulier. On fera très-bien d'étudier d'abord les divers volumes des têtes en général: puis on s'appliquera a connaître les différens développemens de la région frontale, de la région occipitale, de la région latérale, du haut de la tête, et Ton finira par étudier les sous-divisions de toutes ces régions, a Lorsqu'il s'agit de toucher ou de palper, il est nécessaire d'employer un expédient dont j'ai toujours de la peine à faire convenir mes auditeurs. Croyant que l'exploration des organes exige un tact bien fin, ils les cherchent avec les bouts des doigts et les doigts écartés. De cette manière on sentira certaines aspérités, des fissures, de petites gouttières, des exostoses, des loupes, etc., sur la tête ; mais jamais on ne s'apercevra des douces proéminences , larges, rondes , ovales , etc. , que les différens développemens des parties cérébrales produisent sur la surface des têtes ou des crânes. Il faut au contraire joindre les doigts et passer et repasser avec leur surface intérieure sur la surface de l'endroit où l'on cherche le signe extérieur d'un organe. On augmente ainsi les points du contact, et en promenant tout doucement la main sur la tête , on découvris facilement, même les proéminences qui échappent a l'œil.

« La plupart de mes auditeurs, instruits de cette méthode, saisissent au premier eoup-d'œil ou au premier attouchement les

organes. Mais il y a aussi des yeux et des mains si malheureusement servis par le cerveau, qu'il leur est impossible de se convaincre de la réalité des formes les plus distinctes. Non omnes omnia possumus. »

Nous ajouterons les procédés que M. Dumontier enseigne dans ses cours. Pour apprécier le développement des organes situés le long de la ligne médiane, lorsqu'on étudie une tête de profil, on doit supposer à partir du conduit auditif un rayon qui aboutit à chacun des organes, comme dans la figure 10 :

De cette manière, on peut juger le développement relatif des divers organes , en comparant les rayons entreux. Il est évident que la ligne 0 B qui aboutit aux facultés perceptives est plus longue que la ligne 0 C qui aboutit aux facultés réflectives 5 et que la ligne 0 D qui aboutit a l'endroit de la Bienveillance; ce gont en effet les organes de relation avec le monde extérieur qui sont le plus développés dans le type herculéen. Presque toute la vie siège à la base du cerveau : les parties supérieures antérieures et les parties supérieures sont déprimées relativement aux parties inférieures antérieures ou postérieures.

Même méthode pour étudier les organes des parties latérales. Si l'on considère la tête de face, on fait passer un diamètre fictif d'un côté a l'autre, et l'on obtient ainsi une appréciation relative du développement cérébral. La figure suivante, qui se rapproche du lion, a la tête très-élargie au-dessus des oreilles, à l'endroit de la Destructivité indiquée par le diamètre F E (Voyez figure 8.)

Jusqu'ici on n'a qu'une idée des rapports d'une organisation in* dividueile donnée. Mais si l'on veut comprendre la place relative d'un individu au milieu de la hiérarchie des autres hommes, il faut d'abord se pénétrer de cette vérité, que toutes les natures sont différentes, qu'elles tendent toutes à une œuvre spéciale déterminée, qu'on ne saurait par conséquent leur imposer une mesure commune. Il y a autant de caractères que d'êtres ; chacun a sa mission dans le grand concert de l'humanité. Il arrive donc souvent qu'un individu , avec une organisation absolument trèsinférieure , possède cependant certaines facultés plus virtuelles que les individus doués de facultés mieux équilibrées. Ce point de

vue de la variété infinie des natures , conduit a la justification de tous les caractères. Tout en déterminant les propriétés relatives de chaque organisation, il reste donc à la classer dans la hiérarchie générale de l'échelle humaine. Ceci est plus particulièrement l'œuvre de la philosophie. (Voyez hiérarchie. — politique, etc.)

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