SEN
rait bornée à leur vie intérieure. Mais pourvus de sens , ils entrent en communication avec l'immensité de la nature; ils s'associent a tous les êtres qui les entourent; une action et une réaction continuelles s'établissent entre eux.
Les impressions, soit qu'elles viennent du monde extérieur par les sens ,ou de l'intérieur par les organes généraux de la sensation, doivent donc être considérées comme des conditions indispensables sans lesquelles aucune perception et aucune irritation de l'intérieur ne peuvent devenir une sensation ou une idée sans le concours du cerveau. La faculté de percevoir les impressions, de retenir, de comparer les idées et d'en faire l'application, n'est nullement en proportion avec les sens dans l'homme ni dans les animaux , comme le prouvent les idiots et les imbéciles. Ainsi , quand même on eût pu démontrer que l'homme est de tous les animaux celui qui a les sens les plus parfaits 9 on n'eût pas encore expliqué par la pourquoi il les surpasse tous en facultés intellectuelles. Aussi Condillac a-t-il été obligé de dire que les sens ne suffisent point pour connaître les objets de la nature; car les mêmes sens nous sont communs a tous , et cependant nous n'avons pas tons les mêmes connaissances.
Toutes les fonctions des sens s'afflaiblissent graduellement dans la vieillesse. Suivant quelques physiologistes, cela vient de ce que les sens se sont habitués aux impressions extérieures , et de ce que celles-ci produisent des irritations successivement moins fortes. On veut même expliquer par cette habitude , pourquoi nous avons si peu le sentiment de ce qui se passe en nous dans la vie organique ou automatique. Il nous semble plutôt que c'est à dessein que la nature a enlevé le sentiment de la vie automatique. Et elle a vraisemblablement atteint ce but par la ténuité des filets de communication des systèmes nerveux de la poitrine et du bas-ventre avec les systèmes nerveux de la colonne vertébrale , des sens et du cerveau. IMais dans la vieillesse, les fonctions des sens s'affaiblissent, parce que les organes eux-mêmes des sens diminuent; les filets nerveux et leur substance nourricière s'amaigrissent, ainsi que la substance grise en général ; et tous les nerfs commencent a s'atrophier. Cette diminution n'ayant pas lieu en même temps