‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 100 sur 340 · ESP DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

ESP DICTIONNAIRE

Cependant, pour plus dô méthode, nous croyons devoir diviser les sens d*aprës leurs objets, leurs effets et les organes où ils s'exercent : nous continuerons donc de compter, avec les phiJosophes et le vulgaire, cinq espèces de sens et cinq classes organiques de sensations.

La structure des organes des sens est certainement très -digne d'exciter la curiosité; les détails où nous pourrions entrer

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mais

maintenant à ce sujet nous paraissent plus propres h intéresser le physiologiste que le métaphysicien; car ils ne peuvent éclairer que médiocrement la théorie des sensations et des idées qui en dérivent. Ce n'est pas qu'on n'aperçoive des rapports très-margués entre la structure de l'œil et les propriétés connues de la lumière , entre la structure de l'oreille et les propriétés du son, etc. ; mais tout cela est bien insuffisant pour expliquer le mécanisme des sensations : car il n'implique pas contradiction de penser que nous eussions pu percevoir les couleurs et les sons, quoique fe structure des organes de la vue et de l'ouïe eût été plus ou moms différente de leur structure actuelle. Nous placerons ailleurs cette étude anatomo-physiologique. Nous nous bornerons à observer que les nerfs sensitifs sont les instruments ae nos sensations, et constituent les organes de la sensibilité de conscience (en employant le langage des physiologistes) (206). Par leur extrémité extérieure, ils reçoivent, dit -on, les impressions des objets; parleur extrémité intérieure, ils les communiquent au cerveau, c'est-è-dire au centre où tous les sens vont rayonner, et qui est pour l'âme un instrument fondamental. Le mouvement produit par l'action des objets est transmis rapidement à l'autre extrémité, et la sensation est excitée. Mais comment trouver dans ce mouvement l'explication de l'effet qu'il produit? Nous ne devons pas maintenant chercher à pénétrer ce mystère. Dans l'étude des sciences, on doit commencer par constater, par connaître des effets et des résultats. Le comment^ les premiers principes restent longtemps enveloppés dans une profonde nuit, ou ne s'éclairent qu'en remontant à une source plus élevée. Contentons-nous d'abord de ce premier aperçu, de cette première théorie.

GiUiiTKE IL — Des idées.

§1". — Conêidérations ginéraUi.

Peu de personnes ont une notion distincte, claire, complète, exacte de l'idée. Nous tâcherons d'éclaireir successivement ce sujet dont nous nous sommes déjà occupé , en exposant en môme temps les manières diverses dont l'idée a été conçue. Nous traiterons la grande question de l'origine des idées, après une remarque préalable très-importante. Il ne faut pas confondre, comme on Ta fait presque toujours , l'origine première des idées avec l'origine ou la formation de nos

idées. L'origine première des idées est » Dieu : le Créateur a fait le monde , d a^r les idées qu'il en a ; c'est d'après ces idi qu'il Ta soumis aux lois que nous y ayien vons. Nous ne créons donc pas ces id»

nous les constatons, quand noas sommes sez heureux pour les découvrir. Nous f mons nos idées d'après l'observation choses et de nous-mêmes.

Quelques physiologistes pensent que 1.

parition des facultés sensitives.inlellectiv volontaires, est simultanée ; d'autres donr le pas à Tintelligence ou à la volonté a Charma) ; d'autres enfln placent d'aboni sensibilité. L'homme, disent-ils, pass<' l'état d'être sensible à celui d'être inteUv}' il passe des sensations aux idées, lorsqu ï représente ses sensations, lorsqu'il se rappelle, et les élabore. L'idée résulte don: travail de l'esprit sur des sensations roi duites par l'imagination ou rappelées p mémoire, sans nouvelle impression (n prenons ici le mot sensation dans un ? large).

Les sensualistes, ou plutôt les matéri-^lh ont dit que l*ifnpression résulte de 1 ac des objets sur les organes des sens; la .< » lion de l'action des organes sur les neiî sur le cerveau; Vidée de la réaction dti i veau soit sur les nerfs et les organes soii lui-même : ils oublient ainsi l'éléracnt ( cipal, l'action de l'âme sur les matériaux l'impression lui a fournis.

La perception est un acte par leque:

prit aperçoit, soit les impressions pnui parles objets sensibles, soit les pruduii ses propres opérations, pour arriver ii existence même et à ses facultés. C» i terme plus générique qui embrasse à U les sensations et les idées. On la resireiu pendant quelquefois de manière à n'e\ir çjue la percevance des idées qui ont p< >• jet les êtres physiques; et l'on a d'-r nom de notion & la perception des idér rement intellectuelles "DU morales.

Certains métaphysiciens ont préteniin les idées étaient de véritables images ; uj n'y aurait, tout au plus, que les idée^ i' vue qui seraient des images, parce qu ont pour objet des corps étendus, cni figurés, etc. Il n'en est pas de même dos cjui nous viennent par les autres sens : 1 on apprécie un son, mais on ne se le ti. pas. On ne se fait pas plus une imai; raisonnement, ni de la pensée; et si 1 ordinairement qu'on se représente, i imagine un ton ou bien une idi^e aLsin c'est le dfifaut de termes propres an clairement ce qui se passe au dedans d» r. c'est Ja nécessité ou nous sommes pou primer les opérations, intellectuelles «K courir à des mots qui expriment ôvs i sensibles; c'est en un mot notre e\u ignorance sur la manière dont s'exii ^ ces opérations, qui sont les causes inévii! de cetle inexactitude de langage : ce >

ru

II

(20G) Nous distinguerons plus tard la sensibilité maux, de la sensibilité avec conscience ncH' purement sentie, commune à rhonime et aux ani- rédexive, qui est exclusive à Thomme,

BSP

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ailé 00 l'éloignemeut des corps sonores ne

fïxluit à son éuard qu'une sensation plus

\jr\t ou plos faible. Elle en sent seulement

.tu« ou TDoins son existence. On peut en dire

ij'^nt des corps odorants.

KéuDissoQS maintenant Todorat et l'ouïe.

j nature des sensations que ces deux sens

nosmeticnt, ne les (>orte pas à se confondre

r^oune deui odeurs ou deux sons aue la sla-

\r. percevrait en même temps, voilà donc

:<:ndu changement en elle; car avant la

réunion de l'odorat et de Touie» elle n'avait

[ jii imagiaé qu'elle pût 6tre de deux ma-

r:£.-ts à la fois. U lui semble alors que son

Kt atigmente et qu'il acquiert une double

^ui'j^Qce. U statue peut avoir, je pense,

[las d'idées abstraites qu'elle n'en avait avec

UT, seul sens; carpuisqirelle distingue les sons

(>>3 odeurs, elle doit les considérer comme

i-'u e^es de roodiCcations. Hais puisque

loitotetroaïe, pris séparément, ne pou-

uvtnl lui donner l'idée de quelaue ciiose

d'tiiérieur, il est évident qu'ils ne la lui don-

:ro&t pas davantage après leur réunion.

Chaise de voir que ce que nous avons

•l'^ùâ odeurs et des sons, pourrait égale-*

cmsippliquer aux saveurs, si elles pou-

^^^\ tt détat'her du corps savoureux sans

qa ii !ùi Qèeessaire de l'appliquer à l'organe;

MloQpounit, par exemple, goûter un fruit

Mtis It kwher. La statue ne pourra distin-

gutr^iireurs qu'autant Qu'elles se succé-

uim Plusieurs saveurs reunies lui parais-

y^^mt une seule.

m réunissons le goût à l'ouïe et à To- "•^'.ii réunion de ces sens étendra et va- '"^(iafantage la cbatne des idées de la sta- •" Ainsi, voilà son existence en quelque

* n ' thpiée. Cependant, il est difficile d*as- >?£tr jusqu'à quel point la statue pourra •i^omer les manières d'être qu'elle doit à '^unde ses sens; car l'habitude de rap- (^ler chaque espèce de sensation à un orî>^ particulier contribue beaucoup à nous ^ bire foire la différence, et la statue ne ^t pas encore qu'elle a des organes. On itJi observer encore que l'odorat et le goût ^Qoe si grande analogie que leurs seusa- - ^5 doivent quelquefois se confondre.

^'His voici parvenus au sens de la vue. ^«^ô allons pnver la statue de tous les au- '•'^ >ens et la borner à celui-ci. L'organe de ' ^^ Qous présente dans sa structure et ^-> la manière de recevoir les impressions ■>'»l»jels, des différences qui le distinguent ]^' manière tranchante des autres sens

* Il nous avons déjà parlé. De tous les or- ^"^ «te sens l'œil est le seul qui porte une ; i^d'ioMge ou de peinture de son objet; et ^aature semble, dit-on, avoir établi la repré- ^'^>(m des objets sur la rétine comme un ■''yen de vision. Les odeurs, les sons, les *'J^^t agissent sur l'organe tout entier de ' '^rai. de Touïe, du goût ; au lieu que les ^^-^ objets extérieurs faisant dans la rétine '^'impressions distinctes, telle portion de f S|^^ P«ut être affectée par une couleur, 'i^^julre portion par une couleur ditfé- ^^ • de sorte que la statue qui ne peut dis-

tinguer deux odeurs, deux sons, deux saveurs, quoique d'espèce différente, lorsqu'elle les éprouve en même temps, peut très-bien discerner deux couleurs qui affectent son organe. Les couleurs sont donc par leur nature aes sensations qui tendent à se démêler. Si cependant la statue voit à la fois plusieurs couleurs, elle n'en aura qu'une idée confuse, à moins que son attention ne se porte successivement sur chacune en particulier : c'est ainsi que nous ne discernerions rien dans une campagne où nous voudrions tout voir à la fois et également. D'ailleurs, le faculté de distinguer les objets se perfectionne beaucoup par l'exercice ; et les yeux de la statue n'ont pas été encore exercés. La statue a avec le sens de la vue un moyen qu'elle n'avait pas avec les précédents, pour obtenir la jouissance de ce qu'elle désire. Les organes de l'odorat, de l'ouie et du goût ne peuvent , chez elle, éviter les impressions des objets odorants ou sonores ; ils ne peuvent non plus aller audevant de ces impressions ; mais les yeux sont mobiles, et peuvent, par conséquent, éviter les couleurs dont l'impression leur est désagréable, et chercher celles qui les affectent agréablement La statue, bornée au seul sens de la vue, sera-t-elle bornée aux seules idées de la lumière et des couleurs, ou bien pourra-t-ell6 avoir aussi les idées d'étendue et de figure 7

Condillac parait pencher vers la première opinion. Selon lui une sensation de couleur ne porte pas avec elle une idée d'étendue ; car la statue ne peut être modifiée que par une seule couleur ou par plusieurs couleurs à la fois : dans l'un et l'autre cas, elle ne saurait avoir une idée de l'étendue. 1* La statue ne peut se sentir étendue à l'occasion d'une surrace colorée, d'une surface bleue,

f>ar exemple, qu'autant que chaque paitie ui donne la même modification, la sensation du bleu; mais si elle est modifiée de la même manière par un pied de cette surface, par un pouce, par une ligne, etc., elle ne peut pas se représenter dans cette couleur une grandeur plutôt qu'une autre : elle ne s'en représente aucune.

2* Si la statue est modifiée par plusieurs couleurs à la fois, elle connaît seulement qu'elle existe de plusieurs manières; elle s aperçoit, en quelque sorte, comme un point coloré, au delà duquel il en est d'autres où elle se retrouve encore, elle se sent comme un être qui se multiplie sans fin ; et ne saurait par conséquent avoir l'idée d'une étendue limitée.

Nous répondrons, pour la première hypothèse que, quoique la sensation produite par les diverses parties d'une surface bleue soit la même, elle affecte pourtant des parties différentes de la rétine, et que c'est à cela

aue tient l'idée que nous avons de l'étendue» est vrai que cette idée doit être fort vague chez la statue, car l'idée de l'étendùé suppose la perception de plusieurschôses les unèsnors des autres : or cette perception doit être ici très-confuse, parce que lés impressions pro-

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ti

s'apercevrait h peine de sa propre existence. On a déjà vu, on verra mieux encore par la suite, quelle est la part de nos sens externes, de nos sensations internes, de nos impressions intellectuelles et morales, de notre âme se réfléchissant sur elle-même, sur ses actes, sur ses facultés, pour élaborer les matériaux que lui a fournis sa faculté de sentir considérée dans tous ses éléments constitutifs.

§ 2. — Des idées sensibles.

On ne parvient, dans bien des cas, è de faux résultats dans les sciences physiques que parce qu'on suppose lesobjels moinscomposésquMIs ne sont. De même en métaphysique on s'égare souvent parce qu'on ne simpliGe pas assez les objets dont on s'occupe. Pour procéder donc avec méthode et pour suivre avec plus de facilité la génération des idées sensibles, nous allons décomposer l'homme.

Nous offrirons successivement à chaque sens et ensuite à différents sens è la fois les objets propres h les affecter, et nous verrons ce qui doit résulter de ces diverses impressions , et quelles sont les idées que nous devons à chacun de nos sens externes. La môme marche sera suivie pour les sensations internes , pour celles qui appartiennent à notre principe intellectuel et moral.

Diderot, chez les modernes, paraît être le

t premier qui ait eu l'idée de décomposer 'homme sensitif et de considérer ce qu'il tient de chaque sens externe {Lettre êur les êowdS'muetSy p. 12). Condillac, en adoptant cette idée, lui aonna plus de développement. Il supposa toutes nos idées et toutes nos facultés détruites, et se proposa de les recréer et de nous les faire acquérir de nouveau. Dans cette vue il imagina une statue à laquelle il voulut donner une organisation semblable h la ndtre et un esprit capable des mêmes opérations. Il se contenta de la priver de tous les sens, pour les lui rendre successivement l'un après l'autre; et il observa ce que chacun d'eux en particulier, et ce que tous collectivement et réunis pourraient apprendre et produire. Nous pouvons faire mieux aujourd'hui; au lieu de chercher à déterminer par des procédés logiques ce qui se passe chez des nommes privés, dès leur naissance, d'un ou de plusieurs sens, nous pouvons l'observer directement chez des sujets qui ont le malheur de se trouver naturellement Jans ces tristes conditions (208).

En suivant la méthode de Condillac je tâcherai cependant de l'abréger et de la rectifier. Par une voie beaucoup plus courte, j'espère parvenir également au but que je me propose. Tout ce que je vous demande, c'est de vous dépouiller de tout préjugé, car, comme l'observe Condillac, nous ne saurions nous rappeler l'ignorance dans laquelle nous

(308) Ceci nous fournil un exemple des serTices 411e la philologie il'observatîon peut rendre à la psychologie. Dans les questions de ce^enre. Hippocraie el Galion prescrivenl de subsiituer aux raîsonnemenls psychologiques purs Tobservaiion physiologique raisonnée. Nous avons fail nous-

sommes nés : c'est un état qui ne laisse \^ de traces après lui. Nous ne nous souvenon d'avoir ignoré que ce que nous nous sou venons d'avoir appris. Celte mémoire réllj chie qui nous rend aujourd'hui si sensibl le passage d'une connaissance à une auli^ ne saurait donc remonter jusqu'aui pri mières; elle les suppose au contraire, elc'ii là l'oriçine de ce penchant que Dousayom| les croire nées avec nous.

Nous vous exposerons d'abord les idé de Condillac un peu modifiées, puis nous redresserons. Supposons d'abord la stat bornée au seul sens de l'odoral. J'appi^ che d'elle une rose, au même instant elle(i vient un être sentant, elleéprouvelasensali de l'odeur que la rose excite. Mais les odeu ne sont à son égard que ses propres siod cations ou manières d'être. Ainsi, quoique soit par rapport h nous une statue qui senlu rose, elle ne sera par rapport à elle-même q l'odeur de la rose qu'elle sent. Elle sera do odeur de rose, de violette, etc., suivant i objets qui agiront sur son organe. Mais ii 1 est impossible de supposer l'existencti quelque chose d'extérieur qui soit la en des sensations qu'elle éprouve; car lesse sations et les idées ne peuvent s'éteDQ qu'à des odeurs.

La statue commence à jouir de l'eiisled mais elle ne sait pas encore qu'elle exW Une sensation n'est pas une notion^ et co bien l'idée d'existence est-elle réfléchie faut pour acquérir cette idée que l'esf fasse un retour sur lui - même , qu'il pare en quelque sorte de soi ses prop sensations, et qu'il réfléchisse que c'est qui les éprouve ou qui les a éprouvées, la statue éprouve à la fois la sensatioa deux odeurs différentes, elle ne saura distinguer; il doit alors en résulter unetf sation composée. ^

La statue ne saurait se former desii abstraites et générales des odeurs; elle a a que des idées particulières. L'odeur de» lelte ne saurait être, par exemple, une i générale commune à plusieurs fleurs, [H qu'elle ne sait pas qu'il existe des violeli ce n'est donc que l'idée particulière d*i manière d'être qui lui est propre. Ellepoi encore moins se former l'idée générale ( deur; puisque pour elle odeur et wwflt sont la même chose: car elle ne peuiprésui qu'il y ait d'autres sensations que les ode^

Ce que nous venons de dire de Ipd^

Eeul s'appliquer de même à l'ouïe. Si o^ ornons la statue au sens de l'ouïe, lors^ son oreille est frappée par un bruit, pjiN son, elle devient la sensation qu'elle éproq car elle ne pourrait soupçonner qu'il.si^ autre chose qu'elle. L*ouie ne peut lui uj ner l'idée d'un objet situé à une plus pafl distance ou à une moins grande. 1^ P^^

même beaucoup d'études de ce genre da^ hôpitaux, dans notre pratique, dans le vm nous les avons étendues aux facultés inteilecto^ et morales eo multipliant nos obserraiions ( les aliénés : nous pirt)lierons un travail etc sur ces objets.

UOGIS. ESP f5(

inguerdeux odeurs, deux sons, deux saveurs, 'unique d'espèce difTércnte, lorsqu'elle lus prouve en luéme temps, peul Irès-biendb- Tuer deux couleurs qui aiTeclcnt son orne. Les couleurs sont donc par leur nnluro i sensations qui tendent à se démêler. Si tendant la statue voil à la fois plusieurs ileurs, elle n'en aura qu'une idée confuse, 'Oins que son attention ne se porte sucivementsur chacune en particulier : c'est que nous ne discernerions rien dans '.ampagne où nous voudrions tout voir à "> et également. D'ailleurs, le faculté de ^er Tes objets se perfectionne beau- MT l'exercice; et les yeux de la statuo tas été encore exercés. La statue a avec de la vue un moyen qu'elle n'avait pas I précédents, pourobtenirla jouissance lelle désire. Les organesde l'odorat, \ et du goût ne peuvent, chez elle, ^ impressions des objets odorants ou ils ne peuvent non plus aller auces impressions ; mais les yeux sont 'it peuvent, par conséquent, éviter rs dont l'impression leur est désaehercher celles qui les atTectent >.nt. La statue , nomée au seul vue, sera-l'eDe bornée aux seules lumière et des couleurs, ou bien B avoir aussi les idées d'étendue

parait pencher vers la première

m lui une sensation <le couleur

avec elle une idée d'étendue ;

le peut être modifiée que par

eur ou par plusieurs couleurs

is l'un et l'autre cas, elle ne

'ne idée de l'étendue. 1* La

M sentir étendue à l'occasion

Morée, d'une surface bleue.

u'autant que chaque paitie

ie modification, la sensation

■i elle est modifiée de la

ir un pied de cette surface.

w une ligue, elc, elle ne

lenler dans cette couleur

fit qu'une autre : elle m

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.t modifiée par plusieurs elle ';onnaît seulement usieurs minières; ulle s sorte, comme un point l il en est d'autres où ' î se sent coramu it ne sauloe éten-

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duftes sur les divers points de la rétine sonft de la DYôme nature.

Quant à la seconde hypothèse, nous observerons que le point coloré dont parle Condillac , ne peut pas être le point mathématique qui n'a pas d'existence réelle^ et n*est 3u une pure abstraction de Tesprii; il ne peut onc être que le point physique, mais le point physique est une surface : la statue a donc, dans le second cas, une idée d'étendue.

Je pense donc, avec Diderot et d'AlemberC, que la vue seule ^nous donne l'idée de retendue. L'étendue' est l'objet nécessaire de la vision, et nous ne verrions rien si nous ne le voyions étendu. Je crois même que la vue doit nous donner Vidée de l'étendue plus promptement que le toucher, parce qu elle nous fait remarquer plus promptement et plus parfaitement que le toucher cette contiguïté, et en même temps cette distinction des païlies, qui constituent l'étendue. D'ail^ leurs, pour elle, l'étendue sensible n'existe pas autrement que colorée, et la vision seule nous donne l'idée de la couleur des objets. Hais ce n'est que de l'étendue superûcielle que là vue nous oonne l'idée. L'œil ne juge bien que des surfaces; c'est au toucher seul que 410US devons la connaissance nette de l'étenque solide, ainsi que nous le verrons en par*lant du toucher.

Quoique la statue ait l'idée d'une étendue

superficielle, elle ne peut la rapporter au dehors. Elle se sent, en quelque sorte, comme une surface colorée ; mais elle ne peut soup* çonner l'existence de quelque chose d'extérieur qui soit la cause des modifications qu'elle éprouve.

Si la statue a l'idée de l'étendue, elle pourra donc avoir aussi l'idée de figure; car, en apercevant une étendue diversement colorée, •elle apercevra les limites qui séparent les diverses couleurs; et la figure n'est autre ^ chose que les limites de l'étendue. Mais l'idée d'une ngure est une idée composée. On ne saisit l'ensemble de la plus simple qu'après en «voir parcouru les diverses parties; aussi les idées de figure seront-elles pourla statue beaucoup plus difliciles à acquérir que celles des couleurs. Ce n'est pas qu'elles ne soient renfermées, pour ainsi dire, dans les sensations que la statue éprouve; mais l'expérience nous démontre assez que nous n*avous pas toutes les idées que nos sensations renferment; nous n'avons que celles que nous savons y remarquer.

La statue, bornée au seul sens de la vue, peut donc avoir des idées d'étendue et de ngure superficielles. Je pense encore contre l'opinion de Condillac qu'elle aura aussi des idées de la situation, ue la distance et du mouvement, car elle ne peut distinguer les portions diversement colorées et figurées d'une surface quelconque sans discerner leur situation respective, rinlervalle qui les sépare ; sans aussi s'apercevoir des changements prompts qui surviennent dans leur situation : mais tous ces phénomènes de situation, de distance et de mouvement n'existeront qu'en

fi ».

elle-même, et elle ne pourra les rapporler a dehors.

Il est inutile d'observer que la stnlac r peut apercevoir qu'un mouvement per{> • diculaire, ou bien un mouvement horizon qui aurait lieu dans une direction pareille la ligne des yeux. Il faut en dire auiaui d*. distance.

La réunion de la vue è l'odorat, à Toui^ au goût, augmentera seulement le noiu des manières d'être de la statue; mai continue à ne voir qu'elle , et rien ne encore l'arracher à elle-même pour la jim au dehors : elle ne soupçonne duiK i

au'elle doive ses diverses manières d eu es causes étrangères; elle ignore qm.

lui viennent par quatre sens : elle voit. sent, elle goûte, elle entend, sans 5;\ qu'elle à des yeux, un nez, une bou( he. oreilles : elle ne sait pas même qu'elle à corps. C'est dans la manière d'être où el retrouve toujours, qu'elle doit sentir, quelque sorte; ce mot, qui lui paraît le < de toutes les modifications dont elle esi ^ ccptible. Si en supposant qu'elle est con ment la même couleur, nous fiiisons snt< en elle les odeurs, les saveurs et les sous. se regardera comme une couleur qui e^t cessivement odorante, savoureuse el sot:

Elle se regarderait comme une odeur <?^ reuse, sonore et colorée, si elle était con-' ment la même odeur : et il faut faire la n; observation sur toutes les supposiiituis celte espèce.

Les sens dont nous avons déjà pnrî • peuvent suflîre pour juger par eiix-n' des objets extérieurs. Nous avons vu *\\. statue, bornée à l'odorat, ne serait qu< -; bornée au goût, saveur; à l'ouïe, bru son; à la vue, lumière, couleurs, eic ' ment contractera-t-elle donc rhabiiu rapporter au dehors des sensations v sont qu'en ellet Gomment le sert'

f)ourra-t-il s'étendre au delè de l'orgm 'éprouve et qui le limite? Comment, des sens qui n'éprouvent rien qiùn < mêmes, et qui n'ont aucun moyen j)our v çonner l'existence de quelque chose dV rieur, pourra-t-elle rapporter ses sensi aux obiets qui les occasionnent?

Condillac, d'Alembert et tous les ra«'i •. siciens de cette école ont attribué seul ' au toucher la connaissance des corps < v rieurs et du nôtre ; mais cela vient de ce ii ont confondu la faculté de se mouvoir.

tout ou partiellement, et celle de tniu Quoique ces deux facultés soient le plu> ; vent réunies, et que la fa culte de se ni<"i\ accompagne ordinairement celle de ton* elles peuvent très-bien exister sépart' -^ leurs efi'ets sont d'une nature diflVrent pense donc, et j'espère le prouver, que !• culte de nous mouvoir, jointe au sens du ' cher, joue un grand rôle dans la coim' sance des corps extérieurs et du nôtre, tt le toucher seul ne pourrait nous la de:! La statue, bornée au sens du toucher, ''^ d'abord par le sentiment qu'eHe a de !';• î de ses parties les unes sur les autres; et

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ntnlm. En efltet» quoique le toucher s exerce

liriocipileaieai dans la tnain, il est cependant

timàti dans toutes les parties du corps, et

on )'a nommé, dans certaines écoles, le sens

ittm$ttnt€. Mais ce sentiment fondamental

«peut donner à la statue qu'une idée vague

d» son moi; et elle ne connaît encore son

oL^ience que d'une manière très-confuse.

Si dans cet état je touche la statue avec un

nrps mielconque depuis la tète jusqu'aux

Ms.tile se sentira seulement modiflée d'une

.«^lUine manière; mais elle n'aura aucune

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