‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 101 sur 340 · de mouvement, d'obstacle, ni de corps · texte numérisé non relu

de mouvement, d'obstacle, ni de corps

ti efl »era de même si le corps avec lequel je

iitoocbe est chaud ou firoid; car la sensa-

!k4 de chaleur ou de froideur ne peut lui

•soérer l'idée de quelque objet extérieur.

Eie 0 eiisle et no peut eiister que dans l'or-

m qui l'éprouve, ou dans ce principe inté-

ïvrarquiseDt dans l'organe ou par l'organe.

lh)nRoas maintenant à la stalue la faculté

k ^ iDouvoir. La statue se meut et elle en a

iuonscieoce; tant qu'elle ne rencontre rien

•mi s'oppose à son mouvement, elle n'a l'idée

<fwlr6 chose que du mouvement. Mais si

rt^ ft 5<ol arrêtée dans son mouvement , ce

Tutaioppose cette résistance, est pour elle

to «kvie, un eorps ; car Tidée de corps

B>^'fitad pour nous que celle d'obstacle,

* '«picl? Dous joignons ensuite toutes les

'«^«que cet obstacle nous fait éprou-

'tt.îffc l'effort pour en triompher. Si ce

''T' a existait pas, la statue pourrait con-

to-f son mouvement dans la même direc-

^4 ilofs de ce qui ne l'empêche pas de

•^S'inrôir et de ce qui l'en empêche, elle

' '^ les idées de rien et d'obafac/e ou de

'.^: Cl de ces deux idées, elle abstrait

'•'^'î générale d'eapacf : elle l'appelle rtde,

K î!l« n'y trouve nen ; et plein , si elle y

^iie des ewrp$ : mais nous reviendrons la-

^^'w en parlant des idées abstraites ; l'effort

"^doitûdre pour vaincre la résistance

fondes grands éléments de la connaissance

Tïelle acquiert de son existence et de celle

''monde extérieur.

.'Oyons à présent comment la statue par- ''•ût à distinguer miàns confusément son ^^ de ceux qui t'entourent. Un motif ^Sîiconque feit porter la main de la statue ^ une partie de son corps ,. sur son front , !^ exemple : elle éprouve aussitôt la réî'^nce des parties et avec elle une double '^'ï^tion : celle de sa main sur son front et ^- ^ de son front dans sa main. Ces deux •''aMtioDs se correspondent et lui font dire l'ï^'ïloniairement mais vaguement, C'est moi. VJJ elle continue de toucher d'autres parties *^ ^n corps, partout elle éprouvera la même '^o'ïalion rfouble, partout aussi le même être ^^^nt se répondra, Cesimoi, c'est encoremoi. !>• riasard dirige auvsi la main de la statue *Jf un objet extérieur, elle n'éprouve qu'une ;'3^iioa simple et sans réplique. Elle n'a j~*^ que de la solidité du corps qu'elle r"j*'ie ou de la résistance qu'il lui oppose.

û»ft "^'" ^^^ "^^^ • ®"® ^^ reçoit pas la ^^ réponse. La statue acquiert donc alors

une eerlaine notion d^un corps différent du sien.

Tant que la statue ne porte les mains que sur elle-même, elle est à son égard comme si elle étaK tout ce qui existe. Lorsqu'elle porte sa main sur des objets extérieurs, on sent qu'elle doit être bien étonnée de ne pas se trouver dans tout ce qu'elle touche. Elle doit donc saisir de nouveau les objets qui l'entourent pour se comparer avec eux. A chaoue chose qu'elle toucne, elle doit croire toucher tout; et ce ne sera qu'après avoir passé d'un lieu dans un autre , et qu'après avoir manié bien des objets qu'elle pourra soupçonner qu'il y a des corps au aelà de ceux qu'elle saisit.

Destutt ( Tracy ) pense que c'est h la seule faculté de nous mouvoir ou h la motilité que nous devons la connaissance des corps extérieurs et du nôtre. Hais la connaissance des eorps extérieurs suppose d'abord la résistance qu'ils opposent è notre mouvement , puis la perception de l'impression que cette résistance produit sur les nerfs ; puis celle de l'effort

au'il faut employer pour la vaincre. Le sens u toucher est pour nous la grande source primitive de cette perception. U est vrai de dire sans doute que c'est à l'occasion du mouvement çiue nous acquérons la connaissance des objets extérieurs ; mais la faculté de nous mouvoir ne pourrait seule nous la donner. Elle pourrait encore moins suffire pour nous faire connaître l'existence de notre propre corps , puisque ici la résistance djès parties produit une sensation double et donhe Heu par conséquent è un plus grand exercice de la sensibilité ou du sens du toucher. Remarquons ici que l'on a confondu dans !e sens du toucher, du moins pendant longtemps, le sens musculaire ou de résistance. C'est ce

Sii a porté une grande confusion dans la éorie que nous eiposons ici, en remplissant surtout le rôle d historien. Nous y reviendrons ailleurs.

Ce qui montre l'importance du sens mus-< culaire joint à celui du toucher, pour arriver aux premières notions de notre existeuce et de celle du monde extérieur, c'est te penchant décidé gue les enfants ont à se mouvoir et le plaisir que le mouvement leur procure. Les chutes fréquentes ne les dégoûtent pas. En effet c'est au mouvement et a l'effort qui l'accompagne , qu'ils doivent d'abord la conscience la plus vive qu'ls aient de leur existence. La vue, l'oule, l'odorat» le goût semblent )a borner dans un organe ; mais le mouvement la répand dans toutes les parties et fait jouir du corps dans toute son étendue.

Un des premiers objet<« de la surprise de la statue, c'est sans doute l'espace qu'elle découvre à chaque instant autour d'elle. Il lui semble qu'elle le tire du sein de son être; et plus elle se compare avec l'espace qui l'environne, plus elle sent ses bornes se resserrer.

Les objets du toucher se présentent è la statue comme opposant une résistance à sou mouvement , comme exerçant une pression sur la partie de son corps par laquelle cette perception lui est transmise. Ce pouvoir ou

DfCnONNAIRK

ESP

cette Qualité de résistance elle rappellera solidité, et la chose qui la possède, elle Tap-

Eellera chose iolide ou corps. Si elle passe I main sur une table , la table presse sa main, elle résiste è son mouvement : en conséquence elle sent cet objet, non comme une simple affection de sa main, mais comme quelque chose qui lui e^t extérieur et indépendant d'elle. Mais elle peut se mouvoir le long de la table sans cesser pour cela de la sentir, et elle acquiert Tidée de sur face et par conséquent celle dVlendue, qui en dérive. Ainsi un être étendu est pour le toucher un être que nous sentons continûment pendant que nous avons la sensation d'une certaine quantité de mouvement. En faisant mouvoir sa main le long de la table, elle arrive bientôt en toute direction à un lieu où cesse cette résistance. Elle appellera ce lieu la limite de la table ou son extrémité. Alors pour ne pas cesser de toucher la table, elle est obligée de cbançer la direction de son mouvement ou de faire prendre à sa main des formes différentes , et elle acquiert l'idée plus nette de la /S^ure, c'est-à-dire de la disposition des parties do la surface.

Parmi ces objets extérieurs et doués de résistance, il en est qui cèdent aisément et qui changent de figure, au moins jusqu'à un certain point, lorsque la statue les presse avec la main ; d'autres ne changent pas de figure quelque violente compression qu'elle leur fasse éprouver : elle appellera les premiers des corps mous et les seconds des corps durs.

Dans quelques corps, les paHies gui les constituent se séparent avec tant de facilité qu'ils reçoivent aisément le corps qui les presse et lui permettent sans beaucoup de résistance de traverser en toute direction tout l'espace qu'ils occupent; la statue nommera ces corps-là fluides par opposition à ceux qu'elle a déjà nommés solides , comme si ceux-ci possédaient d'une manière plus distincte et plus sensible la qualité caractéristique de la solidité , ou de la résistance. On sent aue la statue acquerra.de la môme manière les idées de divisibilité, de mobilité^ ou de capacité de mouvement et de repos; en un mot toutes les idées qui peuvent venir par le tact et dont le nombre est infini. Mais les idées de la statue sur la solidité, la dureté, la chaleur, etc. , ne sont pas absolues. Elle ne peut juger qu'un corps est solide, dur, chaud, etc. , qu'autant qu'elle le compare avec d'autres corps qui ne le sont pas au même degré ou qui ont des qualités opposées. Si tous les corps étaient également solides, durs, chauds, etc. , elle aurait les sensations de solidité , de dureté et de chaleur ; mais elle confondrait tous les corps à cet égard : or comme elle rencontre tour à tour de la solidité et de la fluidité, de la dureté et de la mollesse, de la chaleur et du froid, elle donne son aUention à ces différences, elle les compare, elle en juge et apprend ainsi à distinguer les corps.

Un corps que la statue touche n'est pour ^le que les perceptions d'étendue, de figuc;^,

de dui'eté ou de mollesse» de poli ou de \ desse, de chaleur ou de froid, etc., qu*: réunit à l'idée primitive de résistance ou solidité. Cette perception de résistance, d i pénétrabilité, nous lait connaître des quaii corporelles qu'on a nommées premières, dont nous induisons l'existence de quel.: chose d'extérieur à nous-môraes. Cette |>i ception de résistance a pour point de di f i la faculté de nous mouvoir et celle de u cher réunies : la motilité et la sensi^jd- L'une ou l'autre séparée serait insullivii pour nous la donner.

Voyons à présent comment nous lioih cette perception de résistance les idées s. sibles qui nous viennent par les autres s* ou, en d'autres termes, comment la moin et le ^ottcAer donnent à notre Âme Voccasi le moyen, d'apprendre aux autres sens à t.^ porter leurs sensations au dehors.

Nous joindrons d'abord l'odorat au t' cher. Portant au hasard la main sur les oi qu'elle rencontre* la statue saisit un (<< odorant. Son bras, mû sans dessein, 1 proche de son visage; elle sent l'odeur <]• corps; elle l'éloirae, elle ne sent plus r; Etonnée, elle répète avec dessein cette m expérience. Elle approche, et éloigne toi. tour cet objet de son visage, et elle se

modifiée avec plus ou moins de vivacité suit les divers degrés de cette sensation, < les compare avec les divers degrés de ' tance ou le corps odoriférant est de si m sage; et l'organe de l'odorat, ayant été y acheté lorsqu'il a été louché par ce C"' elle découvre en elle un nouveau sen^. i qu'à présent, les odeurs n'étaient que modifications de la statue, mais actueilefi elle les Juge dans les corps. Elle unit la > sation d'odeur à celle de résistance , ci garde les odeurs comme des propriété' objets qui l'entourent. Cependant, elle v miliarise diflicilement avec ces nouveau . gements. Elle a autant de peine à metir' odeurs au nombre des qualités des ol>jei> nous en avons à les regarder comme m^ \ près modifications.

Si une certaine odeur est, par exei. ; toujours dans un triangle, et une autre o<: toujours dans un carré, chacune se li avec la figure qui lui est particulière, et. i lors, la statue ne pourra plus être fraijte Tune ou de l'autre, qu'aussitôt elle ne >e ' présente un triangle ou un carré. £llc er sentir une figure dans une odeur, et tmic une odeur dans une figure. Elle reniiini' que, s'il y a des figures qui n'ont pas do*)* u n'y a pas d'odeur qui ne porte constamn^ avec elle une certaine figure, etellcattribu à l'odorat des idées qui sont parties de i e\< oioe du toucher. Ici le jugement se cuni avec la sensation, parce que, n'ayant i objet Qu'une figure simple, il peut s ^ih " et se répéter très-rapidement; mais si la nétait compliquée, il faudrait un plus F nombre de jujiemenls pour la Her à I "'' ' il ne lui serait plus nossible de les ro| et^ tous au moment qu'eue sent cette odeur, a lieu de seuUr les qualités palpables u»

•Il

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l'odeur, elle s'afierçoit qu'elle se les rappelle pto i peo» et ne tombe plus dans Terreur lie rapporter à l'odorat des idées qu'elle ne iloit qu'au toucher.

Rendons maintenant h la statue le sens de : ixue. La statue saisit un corps sonore; elle rigiie, elle entend un son. Elle cesse de Tagiter. tile n'entend plus rien : elle juge donc ^u< ce son Tient ae lui. Tout en agitant ce ^r^«,elle l'approche, et l'éloigné h plusieurs npn$es. Guidée par les divers degrés de l'imjn^ion qu'elle éprouve , elle rapplique à %'i oreille, et découvre en elle l'organe de .."lie. La statue se fera, dans la suite, une Mie habitude de regarder les sons, non comme v^ propres modifications, mais comme des fcopriétés des corps sonores que tout son lui paraîtra Tenir du dehors, lors môme qu'elle ^. pourra pas toucher le corps qui le trans-

Bornée au sens de l'ouïe , elle avait de la

KiDe à distinguer plusieurs sons qui réson-

uienteasemble. La sensation composée qui

a résulte est simple pour la statue, puis*

qu>!lf n'en peut démôler les éléments; mais

i ^"é$eot elle distinguera plusieurs sons

^^ entend à la fois, parce Qu'elle pourra

^ ^Aa&r sé(iarément, et qu'elfe les rappôr-

^i^es corps qu'elle distingue.

A Cigare que la statue s'approche d'un

^<ps^ résonne, elle observe que le bruit

SQ^iKM, jusciu'è ce Que le corps qui le pro-

diu: SMI aussi près (Telle qu'il peut l'être.

% to Tobservation contraire, lorsqu'elle

<à!^ du corps résonnant. Éclairée par

'ifimeoce, elle apprend à juger des divers

^ d'éloignement de ce corps ; elle ap-

y^ de la même manière si le corps so-

^ est à sa droite ou à sa gauche, aevant

'V derrière elle; en un mot, elle connaîtra

\*f l'ouie les situations et les distances.

^ goûtant une substance quelconque , la

•^tuea toujours deux perceptions distmcles :

^''e d'un corps gui résiste soit à la main qui

'-saisit, soi! à la langue qui le presse, et

^clleseot par là même; ensuite, celle de la

'^ear qui affecte le palais, et tout l'organe

^ KoAl. Mais la saveur sans le toucher, et le

ll^Jcher sans la motilité , soit de ta main , soit

ni? '^^^' ^^ pourraient donner à la statue ^mit (juelque chose d'extérieur; et Tim- P^on d un corps savoureux que l'on appliquerait contre le palais, sur la langue immo- ^^e, ne ferait que la modifier d'une certaine ^^'àf^^ sans lui faire soupçonner la pré- ^ d'un corps étranger.

Sou$ YQjçi ^Q nouveau parvenus an sens Jf Javue. j*ai fait voir, contre l'opinion de ^^ndillâc et de la plupart des métaphysiciens, ^"««statue, bornée à ce seul sens, pourrait •guérir des idées, non-seulement de la lu- ^ et des couleurs, mais encore des modip'^oDsde la couleur, qui sont inséparapde sa nature, savoir, l'étendue et la figure. !*' Wl Toir aussi qu'elle aurait, par le même p^n, des idées ciu mouvement, de la situa- ^ et de la distance. Il est vrai que toutes p. perceptions sont circonscrites dans les '^iies de lorgane de la vue. Ainsi, l'étendue

colorée est égale seulement à la surface de la rétine, elle est par conséquent fort peu considérable ; mais comme c'est tout ce que voit la statue, et qu'elle n'aperçoit rien au detà, elle n'y démêle point ae bornes , et ne peut avoir l'idée d'une plus grande étendue. J'ai observé que la statue n'aurait pas des idées du mouvement, de la situation et de la distance des objets, lorsque tous ces phénomènes auraient lieu dans le sens d'une ligne qui se dirige vers l'œil lui-même. Il suit de là que la statue ne peut avoir des idées de la distance des objets a son œil; car la distance d'un ob^ jet à l'œil est une ligue dont l'extréuiité se dirige vers cet organe, et l'autre vers l'objet. Cette ligne doit par conséquent paraître a la statue comme un point. Il est donc impossible que la distance d'un objet h l'œil soit l'objet immédiat de la vue, et la différence d'intensité (le la couleur, suivant les divers degrés d'éloignement , ne peut donner une idée de cette distance avant que le toucher ait appris è la vue à rapporter ses sensations au dehors; car, voir les objets à une distance quelconque de soi, c'est avoir par cela même la perception de leur existence extérieure.

Les objets du toucher sont dans la solidité et les modifications de la solidité que nous jugeons essentielles et inséparables de sa nature, savoir, l'étendue, la figure, la mobi» lité, etc., colorées. Mais l'étendue visible (ou la surface colorée), n'a aucune ressemblance avec rétendue tangible (ou le corps solide), quoiqu'elle soit confondue avec elle dans 1 expression et que les modifications aient un rapport et une connexion marqués avec les

Sualités de même nom que possède la solidité, n voit par là combien est peu fondée l'opinion de ceux qui prétendent que c'est au toucher que l'œil doit les idées d'étendue, de figure, de mouvement, etc. L'étendue colorée, je le répète encore, et la solidité ne se ressemblent point; on ne saurait donc établir une ressemblance entre leurs modifications respectives.

Il faut donc assigner le degré d'influence du toucher sur les opérations de la vue, et distinguer d'une manière précise ce que le sens de la vue tient de sa propre nature, et ce qu'il doit aux levons du toucher.

Nous avons déjà vu que c'était à la rétine même que la statue éprouvait la perception de rétendue colorée, et que bornée au sens de la vue, elle ne pouvait rapporter cette sensation au dehors. Maintenant soit hasard, soit douleur occasionnée par une lumière trop vive, la statue porte la main sur ses yeux ; à l'instant les couleurs disparaissent, elle relire la main, les couleurs se reproduisent; dès lors elle cesse de les prendre pour ses manières d'être. Il lui semble que ce soit quelque chose d'impalpable qu'elle sent* au bout de ses yeux, comme elle sent au bout de ses doigts les objets qu'elle touche. Ce-

I)endant les idées qurelle a de la grandeur, de a figure et de la situation, ne sont pas devenues pour cela plus exactes. Elles ne peuvent être plus étendues que l'organe qui les perçoit, et par conséquent cHes ne peuvent

ESP

4Cl

re|»râ9enter & la sistue la grandeur, la figoffr, etc., réelles des objets qui les excitent.

La statue toQche par hasard un corps Qu'elle a devant les reut; en le couvrant arec la main,, elle substitue une couleur h une autre; elle laisse tomber la main, la prendiëre couleur reparatt. Je suppose maintenant que sa main parcoure la surface d'un corps noir ; en changeant de place sans cesser de sentir à la fois mouvement et résistance, elle fait disparaître et reparaître successivement la couleur noire qui affecte son œil. Un jugement démêle alors la couleur de sa iiain et celle du corps, elle juge sur ce corps hi cotileur immobile, et sur sa main la couleur qui se meut. Le noir et le blanc qu^elle perçoit ne lui paraissent plus être des modifi- ^lons de son tMif elle rapporte le noir au eorps, et prononce qu'il est noir; elle rap- ^rle de même le blanc à sa main.

liais comment la statue parvienl*elle è ju-

Î;er de la distance des objets h son œil, et de eur grandeur réelle? Descartes pour nous donner des idées plus nettes de la vision a tAehé de rapporter les phénomènes de la vue à ceux du toucher. Je vais imiter son exem- |)te, et pour rendre plus sensible rexplrcatioo iee opérations de la vue, je supposerai de Aouveau la statue bornée au seul sens du toucher. Mais avant d^apprendre avec Descartes à voir avec des bAtons, je vais entrer dMS c[uelques détails superficiels relativement à la structure de Torgane de la vue, et àià mécanisme de la vision.

L'œil est formé de trois tuniques ou capsules membraneuses, et renferme trois humeurs; il a la forme d*un petit globe terminé i>ostérieurement par une espèce de queue «Hi de pédoncule; la tunique extérieure de oe globe se nomme sclérotiquQ ou cornée. 0B la divise en deux portions, une grande et postérieure, qu'on nomme cornée opaque ou sclérotique, et une petite, qui R*est qu'une portion de sphère siluée antérieurement, et qu'on nomme cornée transparente, ou simj^lement cornée. La seconde tunique du globe de l'œil est la choroïde, elle est adhérente à la cornée opaque, jusqu'au point d'union des deux cornées ou elle quitte la circonférence du globe, et forme une cloison qui est percée dans son milieu d'un petit trou^ et qu'on nomme uvée. Ou appelle u», la lame antérieure de cette cloison; pupille^ le trou dont elle est percée ; et processui ftVjatm, les petites duplicatures rayonnées et saillantes de la lame postérieure de Cuvée, fkir la choroïde, s'étend la troisième membrane ou réiini. qui n'est qu'une expansion du nerf de la deuxième paire ou nerf optique, dont la continuation forme la queue ou fe pédicule du globe de l'œil.

Les trois humeurs de l'œil sont: l'humeur aquiuêe^ le cristallin et l'humeur vitrée: rhumeur vitrée occupe tout l'espace qui répond à l'étendue de la rétine, elle est contenue dans une capsule membraneuse, qu'on

appelle tonique vitrée ; à sa partie antérieure se trouve une fossette dans laquelle est lo.' le erisMlin. Le cristallin est un corps h îj. ticulaîre médiocrement ferme, ettransp^irtni Comme du cristal; il est contenu dtitisun membra&e déliée nommée criitaUoide;ï\in.

meur aqueuse est une liqueur très-limpni , munie d'une capsule particulière coum l'humeur vitrée et le cristallin: elle reupi; l'espace qui est entre la cornée transparoiit et I uvée, et celui qui est entre l'uvée et i, cristallin, de même que le trou de la pi un^ : Les objets ne sont visibles pour ii(ii<>. que parce qu'ils réfléchissent la Iuiuik Chaque point de la surface d'un uh\ . peut donc être considéré comme un ceiii: d'où partent une infinité de jets de mui, divergents, ou de pyramides luraineu><> l'œil qui regarde , devient la base con mune d'une infinité de ces pyramides i. lumière, qui ont leurs sommets aux di\ points de la surface du corps visible (2i> Ces divers faisceaux de rajons se croi^ : dans la prunelle, et continuent ensuiic It route jusqu'à la rétine, où ils peignent j conséquent l'objet dans une situation reiivi sée, de manière que ceux partis de i'exir mité gauche de l'objet frappent la par droite de cette membrane, tandis que (^ qui viennent de l'extrémité droite s iui; ; ment sur la partie gauche. Ces rayons en trecroisant, forment donc deux angles. 1 nutërieur et l'autre postérieur, qui sont i demment égaux, puisqu'ils sont oppo

sommet. Nous appellerons ces angles, n/"/ optiqueBOu angles tisuels. Il est, je pense.in tile défaire observer que de même que k^i. vers objets sont peints renversés dans la r tine, les mouvemenis de ces objets et !♦ situation respective y sont aussi repréi^in dans un ordre renversé, car ce phénonieii est une conséquence nécessaire du prtce . :

Si les pyramides lumineuses qui ?»?' des divers points de la surface de rohj<i sible portaient leurs bases jusqu'au fond Tœil, elles y feraient de larges et faibles •: pressions, qui ne manqueraient pas de ^ confondre les unes avec les autres. Dilliri' points de l'objet visible se feraient sei ensemble sur une même partie de Yorp' et la vision en deviendrait très-confuse M la lumière qui entre dans la prunelle re*. en traversant les humeurs de VœiK uneii velle modification qui la rend conveii;^ de divergente (qu'elle était. Les rayons v s» bissent trois réfractions, c'est-à-diie tn changements dans leur ligne de dire( tumais qui toutes îtrois tendent à les reui. Le cristallin qui par sa figuie et sa traii>! rence est tout à fait semblable à une knii de verre, et qui se trouve placé ejitre dmilieux d'une densité moindre que ta siti ' doit réunira son foyer^ c'est-à-dire à rétine, les rayons parallèles ou un peu/' vergents qu'il reçoit. Chacune des pyraiiii'i lumineuses u' est donc pas plutôt anivtt

(909) Pmir plnt de aiitipnelté je pars ici de la théorie ncwtonieime de fémanaiMn liniiiocu.^ Plu» tard nous exposerons celle des vibratiou».

BSP

DE PHfSI(H.0OIB,

ré) qn'dlB 9*/ conrertil en nne aatre pyimiè opposa par sa base à la première et iiQi lé sommet va toucher la réUne. Parce »>vra la fiston devient claire et cela pour iÀ\ mous: 1* parce que chaque impression e4 plus forte étant produite par tous les liras de lapyraniîde réunis sur un très \r\A espace : T parce que toutes les irapres- «»ise fool sur différentes parties de la '^tot'.eeaui fait sentir séparément tous ^ points de l'objet.

L' sphère de la tisfon paraît à l'œil tou- ;«Aé^lement grande. Si nous mettons la siT (levant l'œil de manière à ne voir que • ri^eur de celte main , la sphère de notre r*^e$( lout aussi complètement remplie»

Kc'.ioe est tout aussi entièrement couverte xl'olnetqm lui est présenté* que si nous m>in$ devant nous l'horizon le plus étendu. Vj'oh se figure cependant dans ce cas la ^^^ejsse de la miniature qui est peinte au M de nos yeux . Je porte ma vue sur un ■*»)Mze très-vaste et très- varié, et toute cette Ef/WoJe immense d'objets Tient se peindre ''^^;)p)us grande exactitude dans un es- '--'^•i^uoapas plus de 14 millimètres ou 6 •^ Wfées , et j'en éprouve une permît'* irts-distincte. On sent bien que cette /vx«ç K pourrait suffire pour nous «l'flntr Boeidée delà distance des objets à n'^>adpieur grandeur réelle. Pour expli- 'lUv^r .-«aiaKnt nous acquérons des idées !»fW»*ia grandeur et des distances, je ^^ .niKr de nooteau la statue au sens au

&H«sons que la statue saisisse un bâton 'aûcouio par un de ses bouts et qu'elle ne ^ [45 usage de son autre main ; elle ne ^ J^ pas savoir si ce bâton est étendu et «• '-estsa longueur. Elie ne connaît que ' îrtie qu'elle tient, elle ne peut donc iuger idbtaDce des corps sur lesquels elle le ^^<. Si pour juger» par son moyen, des dis- ''>^s,il faut qu'elle Tait touché dans toute '^ "^ueur; pour juger des situations par ■'w'M'm Quelle en reçoit, il faut que, penp'ÎHu'dlefe tient d'une main, elle en étudie îC'iUlw la direction.

L'DQoos-lui maintenant deux bâtons qui i* '^i>tnt et dont elle connaisse la longueur, ^«^fïelle ne pourra pas juger de leur 'Mino, elle ne pourra pas savoir si celui [^ *-i]e tient de la main droite se croise avec »-A (^'elle tient de la main gauche ; ni ^ )i leurs extrémités s'éloignent ou se ^'ff*Abent. Elle croira souvent toucher ^'i (orps, lorsqu'elle n'en touchera qu'un. ^ iugera en haut ee qui est en bas , et ^^ee qui est en haut ; mais dès qu'elle "> '^pable de distinguer les différentes di*^ "^'^us des bétons, suivant la différence ^snpre$iioD«, elle eonnattra leur situation ; ^'Vttle, celle des oLjets. Elle jugera àsa '^fU celui qu'elle touchera avec le bâton ^ 4 maia gauche, et à sa gauche, celui sur '^'^l portera lehlton de la main droite. Ce "^pasà l'extrémité qui agit sur sa main ' '^«le rapporte les sensations qu'un bâton

lui tran^inet, eHetei rapporte aa contraire à l'extrémité opposée.

La statue jugera en même temps de la grandeur des objets par l'ouverture de l'an* gle que formeront dans leur écart les extrémités des bâtons. Si elle avait quatre mains et que l'on armât chacune d'un bâton en les faisant croiser deux à deux, elle pourrait juger tout à la fois de la hauteur et de la largeur d'un objet ; et si elle en avait un phis grand nombre, elle pourrait coonallre cet objet sous un plus grand nombre de rapports. Elle se formerait en un mot des idées de toutes sortes de figures et de grandeurs.

Tout ce que je viens de dire peuts'applicpier aux rayons de lumière, qui agissent sur les yeux comme les bâtons sur les mains. Ces rayons ne frappent la rétine que par une de leurs extrémités. L'œil n'aperçoit que cette extrémité, et ne peut suivre les rayons dans leur longueur. 11 ne peut donc juger de la distance représentée par cette longueur. Ne connaissant pas non plus la du*ection des rayons, il ne peut savoir s'ils se croisent dans la prunelle. Une peut d(me rapporter les uns h droite et les autres à gauche. H ne peut donc juger des situations^ puisqu'il ignore aue les rayons se croisent, il ignore aussi qu ils font un angle : il ne peut donc juger de la grandeur des objets par celle des angles opiiquei. Voyons à présent comment le toucher joint à la motilité apprend à la statue à juger de la distance des oniets à son œil et comment il rectiûe les idées de grandeur, défigure, de situation, etc, qu'elle avait acquises par le sens de la vue ; et lui apprend à juger par villes de la grandeur, de la figure et ae la situation réelles des objets.

En conduisant tour i tour sa main de ses yeux sur les corps et des corps sur ses yeux, la statue mesure les distances. Elle approche ensuite ces mômes corps et les éloigne al* ternativement. Elle étudie les différentes impressions que son œil reçoit à chaque fois. Elle s'accoutume à lier ces impressions avecr les distances connues, par la motilité et le toucher, et finit par voir les oiyjets, tantôt plus près, tantôt plus loin, parce qu'elle les voit ou elle les touche.

La premi^e fois que la statue porte la vue sur un globe , l'impression qu'elle en reçoit ne représente qu'une surface circulaire mêlée a'ombre et de lumière. Mais elle touche le globe, elle compare les impressions que produit ce solide et sur le tact et sur la vue, et jugeant de sa figure par la forme qu'il fait prendre à sa main, elle s'accoutume H lier les idées de rondeur et de convexité k l'impression qu'a faite sur elle un certain mé^ lange d'ombre et de lumière. Il en sera de même de tout autre solide ; et la vue qui^ jusqu'à présent, ne pouvait juger que de ré" tendue superficielle, pourra juger aussi de Té* tendue solide, par la disposition et les pro<« porCions de l'ombre et de la lumière. Les yeux de la statue s'accoutument bientôt k voir les objets où le toucher leur apprend qu'ils doivent être, et s'accordent à porter

ESP

DICTIONNAIRB

ESP

sur les situaQons les mêmes jugements que lui.

Condiliac prétend que c*esl au toucher

Îue nous devons de ne pas voir les objets ans une situation renversée. Pour moi, je pense, au contraire, qu'il est impossible que nous voyions jamais les objets autrement que dans leurs situations naturelles. Ce que la vuA doit au toucher et à la motilité, c est seulement de rapporter les sensations aux objets extérieurs qui les occasionnent. Le toucher apprend à la vue à connaître la Ion-

Sueur des rayons lumineux, c'est-à-dire la istance des objets ; mais nous rapportons naturellement ces objets à l'extrémité de ces faisceaux de rayons qu'ils envoient à notre œil. tout comme la statue les rapporterait à 1 extrémité des bfltons; or comme ces rayons se croisent dans la prunelle, il suit nécessairement que nous ne voyons les objets que parce qu'ils se peignent renversés droits, sur la rétine.

Gn pourrait dire aussi avec le docteur Porternel [Essais de médecine, traité De /'est/), que c'est une des lois naturelles de la vision et dérivant de la constitution de notre être, que nous voyons toujours un objet dans la direction df'une ligne droite qui passe par le centre de l'œil, et est perpendiculaire au point de la rétine où l'image vient se peindre.

Je pense encore, contre l'opinion de Condiliac, que ce n'est pas au toucher que nous devons de ne pas voir l'objet double,

auoique son image se peigne dans chacun e nos yeux. La cause ae ce phénomène est que, lorsque les deux ^eux se dirigent vers un même objet, les images tombent dans l'un et dans l'autre sur des parties semblables et correspondantes de la rétine. Les deux sensations qui en résultent étant, pour ainsi dire, à l'unisson l'une de l'autre, ne font naître dans l'esprit qu'une seule et même idée, à peu près comme un son qui frappe les deux oreilles, ou une odeur qu'on reçoit dans les deux narines. Ce qui prouve la vérité de cette explication , c'est que, lorsqu on veut voir les objets doubles, on n'a

3u*à loucher ou presser un peu de côté l'un es deux yeux; car alors les deux images tombent sur des parties de la rétine qui ne sont pas analogues et correspondantes.

Nous voyons les objets plus grands lorsque les angles optiques qui embrassent leurs dimensions sont plus ouverts. Mais ces angles deviennent plus aigus h mesure que les objets s'éloignent de l'œil. La grandeur apparente des objets, ou leur image, doit donc diminuer comme la distance augmente. Lorsque cette image est diminuée au delà d'un certain point, nous perdons de vue l'objet. On prétend que la vue humaine cesse d'être distincte, lorsque les angles optiques commencent à être moindres qu'une minute de degré. La statue apprend h juger par la vue de la

Srandeur réelle des objets, malgré la petitesse e leur image, peinte sur la rétine. Quoique à mesure qu'elle s'approche ou qu'elle sé-

loigne d'un obiet, l'image qui le repr6>r augmente ou diminue graduellemeni, elli juge toujours de la même grandeur, c.ir t connaît par le tact la grandeur réelle ^k objet ; elle sait que cette grandeur inn ble ne change point selon la distance , qu'elle reste toujours la même, et elle tm porte ainsi des objets du toucher è n ii\ la vue la grandeur et la proportion, et .v bue à la grandeur visible la permanon* < n'appartient qu'à la grandeur tangible.

un mot la distance d'un objet, jointe . grandeur visible, devient pour la stntii> signe de sa grandeur réelle ; et la di^t i des différentes parties de cet objet joiri sa Ggure visible, devient un signe d« figure réelle.

Tous les objets visibles qui sont vus n des angles égaux, doivent paraître à !

d'égale grandeur. Or, un petit objei \> qui en cache un autre très-grand à l'a > la statue, doit nécessairement être vu « des angles égaux à ceux sous lesqin !^ vu le gi'and objet; il doit donc lui {)u d'une grandeur égale. Mais ici le tacl c la vue, et comme la statue connaît (i< le toucher le rapport des grandeurs (Jeobjets, elle transporte à leur image cl port qui n'appartient qu'aux objets em mes. Son imagination, plus occupée de < est représente, ou de retendue tangiil»

de ce qui représente, ou de l'étendue \ h réduit ou amplifie, selon les circoiMv l'objet visible (ou l'image) par lequel li gible est représenté.

De même que le toucher apprend à ^ ' à juger de la grandeur réelle de$ " malg^ré la petitesse de leur image, de : aussi il lui apprend h juger de la gr.' réelle de leur mouvement et de 1 qu'ils parcourent, quoique ce mouver cet espace ne soient représentés qu dans la rétine.

D'après ce que nous avons dit du sèment des rayons lumineux dans la pmt il suit que ces mouvements des obj^t^ vent, ainsi que leurs images, se ptin •' fond de notre œil dans un ordre reii^ mais c'est précisément la raison pour br nous les voyons dans l'ordre où il' réellement tous.

Non-seulement la statue s'accoutu juger par la vue des objets qu'elle a mu mais elle juge aussi de ceux qu'elle n^^ touchés encore, tant qu'ils lui font t^prdes sensations semblables, et ses }«u\ prennent ainsi peu à peu h se pa^^ ' secours du tact. Les idées de distant grandeur, de figure, acquises ou roc:

par la motilité et le toucher, se pr( ts mutuel secours pour rectifier les jugei.i Tantôt elle jugera de la distance par la deur, ou par la netteté des images ; t^n'^ la grandeur par la distance. Bile jucera des distances et des grandeurs par les < intermédiaires. Mais trompée par y rience même, elle commettra souvent de; prises. Accoutumée par exemple à lier \ de proximité à la grandeur ou à la vi\

BSP

<)e rimage, et celle d*éluigneinenl à la petiiesâe oa à l'obscurité de cette même imaee, des corps grands ou fortement éclairés lui pmitront plus proches qu'ils nelesont effecueseot, et au contraire, des corps petits ou ^s éclairés lui paraîtront plus éloignés. Elle Kfi duDC souvent obligée d'avoir recours à m premier maître , et le tact qui instruit è jeas , doit aussi lui faire discerner les ocinoos où elle peut compter sur leur témoi-

* Plus la statue se sert de ses veux, plus

r^age lui en devient commode. Ils agissent

m une rapidité inconcevable, à des distan-

ro immenses et auxquelles le toucher ne

:«ul aileiudre. La statue les consulte donc

x préférence. Elle s'applique donc moins à

'oiuwire par le toucher la grandeur et la

hare réelle des objets, à reconnaître au son

iâdistaoceset les situations, etc. Elle ne lais-

H à (aire aux autres sens que ce que la vue

nt peut (aire elle-même. I/ouïe, 1 odorat et

W wocher deviennent plus paresseux parce

4«'|b soDt moins exercés et perdent de leur

mcHes» à mesure que la vue acquiert plus

4a «exilé.

lâe «st à peu près la manière dont la

Mut! le toucher apprennent au sens de

la ««Infporter ses sensations au dehors

et M Ijm acquérir des idées exactes des

pniu% des figures, des distances, des

^^Min et du mouvement des objets ex*

b^ îisible varie suivant les distances

^hpsition des objets par rapport à notre

■fufi^re tangible est au contraire in-

•™e. ÛTue, presque passive quand elle

«le seul sens ae la statue, est devenue par

«lAaiooau toucher le plus actif de tous les

^ Kiis ce n'est pas tant en lui donnant

«idées que le toucher agit sur la vue qu'en

^toi( ces idées propres à représenter les

w^ oui les occasionnent. La nature s'est

(nfosoe de faire de la figure visible un si-

^<ie la figure tangible, et l'apparence vi-

^ des objets est une espèce de langage

^ et elle se sert pour nous informer de leur

Codeur, de leur figure, et de leur distance, ot^ts de la vue et du tact, je le répète *»)re, constituent deux mondes, qui bien '^'^liés par les plus importants rapports, ^ entre eux peu de ressemblance. Le mon- T tangible, ainsi que toutes les parties qui l^c/ioposent, a trois dimension';, longueur, '^t'ur et profondeur. Le monde visible, ainsi f*? toutes ses parties, n'en a que deux, la ^^ur et la largeur. Il ne nous présente % une surlace qui par certaines combinaisons .^ couleurs, par certaines proportions d'om- '^' et de lumière, nous suggère l'idée des '^eu tangibles, et nous les représente com- ^^ pourrait fiiire un tableau. Or les objets "^wles étant privés de couleur, ne peuvent ^' «r aucune ressemblance avec ces ombres ^UA combinaisons de couleur; c'est Tex- » ^Knce seule qui établit une espèce de cor- ^"^"iKHidance et d'identité entre les modifi- "^l'ions du monde visible et celles du monde ^i&We.

Ce que nous avons déjà dit touchant les opérations de la vue et celles du toucher, nous mettra à même de résoudre le problème suivant, qui fut dans le temps proposé à Locke par le savant Molineux :

« Supposez un aveugle de naissance qui soit présentement h(»mme fait, auquel on ait appris à distinguer par l'attouchement un cune et un globe de même métal, et è peu

I)rès de la même grosseur, en sorte que, orsqu'il touche l'un et l'autre, il puisse dire quel est le cube et quel est le globe. Supposez que le cube et le globe étant posés sur une table, cet aveugle vienne à jouir de la vue : on demande si en les voyant sans les toucher, il pourrait les discerner et dire quel est le globe, quel est le cube, v

Condillac et ceux qui l'ont suivi n'ont pas vu que ce problème renfermait deux questions très-distinctes entre elles. L'aveugle discernera-t-il ces deux solides, c'est-à-dire les distinguera-t-il l'un de l'autre? L'aveugle pourra-t-il dire quel est le globe, quel est le tube? je crois aevoir répondre aflîrmativement a la première de ces questions et négativement a la seconde.

En effet lorsque l'aveugle acquiert le sens de la vue, le globe et le cube se peindront dans la rétine, comme un cercle et un carré colorés. Ces images seront , il est vrai, trèspetites ainsi que nous l'avons dit en parlant de la vision, et ne pourront lui donner une idée de la grandeur réelle de ces deux solides, ni même de leur existence extérieure. Mais il ne confondra pas pour cela ces deux images, et Ton peut dire avec vérité qu'il distin- ^era ces deux solides par la différence des impressions. Mais quoiqu'il discerne les deux solides, il ne pourra pas dire quel est le Çlobe, quel est le cube : car ces dénominations globe et cube ne représentent à l'aveugle que des sensations du toucher, et quoiqu'il ' ait appris par expérience de quelle manière le globe et le cube affectent son attouchement, il ne sait pourtant pas encore, comme l'observe très-bien Molineux, que ce qui affecte son attouchement de telle ou telle manière doive affecter ses yeux de telle ou telle manière. Les objets de la vue et ceux du toucher n'ont, ainsi que je l'ai déjà dit, aucune ressemblance : c'est l'expérience seule qui établit entre eux une espèce de correspondance et d'identité, et qui nous apprend h juger par la vue des qualités tangibles des corps et par îe toucher de leurs qualités visibles.

Lorsou'on a une fois adopté une opinion et que Ton est entièrement convaincu ae son évidence, elle exerce l'influence la plus active sur tous les jugements que nous portons dans la suite. C'est un verre a travers lequel nous regardons tous les objets, et qui en altère les formes; mais comme il agit sur tous les objets, leurs rapports mutuels subsistent, et nous regardons cette harmonie des formes toujours existante comme une preuve manifeste de la vérité de notre système. Nous avons foit voir que le monde visible et le monde tangible étaient pour nous deux mondes très-diâtincts. Condillac pense , au cou*

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DiCIIONNAIRB

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traire* que c'est au toueher que l'œil doit les idées de figure; il trouve dans Texpéneace de raveugTe de Cbeselden les plus ibries preuves de son opinion. C'est dans cette même expérience que nous trouverons des armes pour la combattre.

Voici celte expérience, telle qu'elle est rapportée par Voltaire, (ElémefUs de la phU^ Sophie de Newton^ chap. 6.)

« En 1729, Cheselden, un de ces fameui chirurgiens qui joignent l'adresse de la maîA aux plus grandes lumières de l'esprit, ayant imaginé c^'on pouvait donner la vue à un aveugle-né, en lui abaissant des cataractes qu'il soupçonnait formées dans ses yeux

f>resque au moment de sa naissance, proposa 'opération. L'aveugle eut de la peine à j consentir. Il ne concevait pas trop que le sens de la vue pût beaucoup augmenter ses plaisirs. Sans l'envie qu'on lui inspira d'apprendre à lire et à écrire, il n'eût point désiré de voir. Il vérifiait, par cette indifférence, qu'il est impossible d'être malheureux par la privation des biens dont on n'a pas d idée. Quoi qu'il en soit, l'opération fut faite et réussit. Ce jeune homme, d'environ quatorze ans, vit la lumière pour la première fois. Son expérience confirma tout ce que Locke et Berkley avaient si bien prévu. Ù ne distingua de longtemps ni grandeur, ni distance, ni situation, ni même figure. Un objet d'un pouce mis devant son œil, et qui lui cachait une maison , lui paraissait aussi §[rand que la maison. Tout ce qu'il voyait lui semblait d'abord être sur ses yeux et les toucher^ comme les objets du tact touchent la peau« Il ne pouvait distinguer ce ou'il avait jugé rond à l'aide de ses mains d'avec ce qu'il avait jugé angulaire; ni discerner avec ses yeux si ce que ses mains avaient senti être en haut ou en bas était en effet en haut ou en bas. U était si loin de connaître les grandeurs, qu'après avoir enfin conçu par la vue me sa maison était plus grande que sa chambre, il ne concevait pas comment la vue

Eouvait donner cette idée. Ce ne fut qu'au out de deux mois d'expérience qu'il put «percevoir que les tableaux représentaient des corps solides; et lorsqu'après ce long tâtonnement d'un sens nouveau en lui il eut senti que des corps, et non des surfaces seules, étaient peints dans les tableaux, il y porta les mains, et fut tout étonné de ne point trouver avec ses mains ces corps solides dont il commençait h apercevoir les représentations. U demandait lequel était le trompeur, du sens du toucher ou du sens de la vue. »

Nous ferons quelques réflexions sur ce récit, qui parait, au premier aspect, contredire quelaues points de ce que nous avons dit en parlant ae la vision.

Nous observerons, avec Cheselden, que le leune homme dont il s*agit n'était pas tellement aveugle qu'il ne distinguât en plein jour les couleurs, lorsqu'on les lui présentait isolément. Nous observerons, de plus, qu'il connaissait par le toucher l'existence des ol^ts extérieurs. Il n'est donc pas étonnant que» lorsqu'il a joui de la vue, il n'ait pas

regardé les couleurs comme des modio

it;

tiens de lui-même, mais bien comme propriétés des objets extérieurs. Ce n est j là, comme on le voit» le eas de la statue ix née au seul sens de la vue» qui ne vrMi u qu'en elle-même, et ne peut rapporter ^ sensations au dehors.

Voltaire dit que ce jeune homme ne iii>t gua de longtemps ni grandeurs, ni distan. ni situations, ni même figures. Tout ctla <: s'entendre des grandeurs et des d\>^v réelles des objets; car l'aveugle avait idées de grandeur, de figure, etc. , ainvi le prouve le reste du récit. D'ailleurs, i seloen nous apprend que les corps ré;;ij étaient ceux qui l'affectaient le plus ii:: blement. Cheselden ajoute qu'il avait <j peine à distinguer les objets, quelque d; rents qu'ils fussent par la figure et la ^r deur. Mais quand on lit avec attcntimi observations de Cheselden lui-même, on ' Que ce n'est pas les objets que cont.r. 1 aveugle» mais bien leurs dénorainat car ces dénominations n'avaient jnsqu u désigné pour lui que les impressioib objets sur le toucher. Lorsqu'il fallut servir pour désigner aussi les imprévu

!|ue ces mêmes objets faisaient sur la m< ut nécessaire que l'aveugle se rappel même temps ces deux impressions < même objet, et qu'il appHquflt aux sen<' de la vue des dénominations qui n'a[u < naient qu'à celles du toucher. Sa mm devait, par conséquent, se trouver s< i en défaut : aussi disait-il lui-même qu< que jour il apprenait à connaître mille i ! et en oubliait autant.

« Ce jeune homme, » dit Cheselden, pouvait supporter qu'un exercice très-m de la vue; tout ce qu'il voyait lui se d'une grandeur démesurée; mais, en^ des objets plus grands, il vint à cor que les premiers l'étaient moins : il n vait imaginer des lignes au delà des 1 qui bornaient sa vue. Il savait bien, div que la chambre oh il était ne faisait ({! partie de la maison; mais il lui était in sible de concevoir que la maison entiu. paraître plus grande que sa chambre. > Il était impossible qu'au premier ui'r il pût concevoir un objet plus grand qi: spnère qui formait le champ de sa vue; pût imaginer un objet cpii eût plus do y visibles, gui pût remplir plus complet' la capacité de l'organe : c'est pour: n'étant pas sorti de sa chambre, il di^flit quoiqu'il la sût plus petite gue la mai-ne concevait pas comment elle pounaii ' paraître è la vue. Quand cette sphère v^ vint à s'agrandir, il n'avait encore cr. moyen de concevoir que les ol)jols iiioffrait è l'œil pussent être plus ^ran 1^ ceux qui l'affectaient auparavant. Les .:r objets n'étaient pas plus grands à sa vu ^ n'avaient été les petits qu'il avait vupremiers. Dans le temps où ceux-ci rt!-; saient toute la sphère de sa vision, il^ avaient paru aussi grands qu'il fût po>> C'est la raison pour laquelle un objot J

DS PHYSIOLOGIE

ESP

pouce fn5 étrmX son <Bii M poraiissait aussi ptni (|ae «a maison ; mais lorsqu'il comioeuta è lier le tacl avec la vue , et qu'il put jgjerdes distaiices , il jugea plus grand Tobj-i plus éloigné, et plus petit l'objet plue voian.(wokjue lews images fussent de la »6me ertndeur. Le toucher corrigea ainsi chez lui e erreurs de la vue , et lui apprit à juger i^ïï«n\ 4e la grandeur réelle des objets. h prodige pour lui, ce fut le portrait de *« père en nuniature. Cela, disait-il, luipa- Tfb^W aussi extraordinaire que de mettre m moid dans une pinte. Son étonnement fiirtpour cause riiabitude que son œil avait de lier la forme d'un bbget h la grandeur.

'rse

l le sétait pas encore accoutumé à juger

cof ces deui choses sont indépendantes.

!1u> d un an après, on IH I opération sur

luire œil et elle réussit également. Il vit de

Cf;<ïil lout en grand, mais moins qu'il n'a-

«litbndu premier. La raison de cette diffé-

fHHte^cpie ce jeune homme, prévenu qu'il

dcMît toir de la môme manière avec celui-ci

qunet Tantre, mêla aux sensations au*on

Va imsmetuit les jugements dont il s était

tÉiuehilnttide avec celui par où l'on avait

«amé l'opération. Lorsqu'il commença

imnobjet des deux yeux, il crut le voir

OK Ib iIk grand, mais ses yeux ne virent

point Mb : ce qui confirme oe que nous

avoa$4$litde la vision.

Koslmiineronseet article des opérations

deli«eides idées que nous devons à ce

Mspvua passage de \ Essai sur l'entende-

fÊmàmam^ qui prouve que Locke avait

Mrâtnsioo des idées très-analogues à celles

^ cous avons exposées, et qu'il ne pensait

fafMooKCondillac que ce soit au toucher

^b vue doive les idées de grandeur, cie fi-

t^; ete., mais seulement que le toucher

Mffe tes idées et les rend aples à repré-

Mier les grandeurs réelles et les figures

. * l'oe observation, i» dit Locke, « qu'il est [pijm de faire au sujet de la percei>tion , ^'ttt|ae les idées qui viennent par voie de *"^ioQ sont souvent altérées par le jugent de Tesprit des personnes faites, sans ^^% s'en aperçoivent. Ainsi lorsque nous l'^ms devant les yem un corps Tond d'une *^ uniforme, il est certain que l'idée ft i imprime dans notre esprit à la vue de * dube représente un cercle plat diverse- ^t ombragé ^ avec différents degrés de lu- ^*-r*t dont nos yeux se trouvent frappés. ^^ cumme nous sommes accoutumés par '^eà distinguer quelles sortes d'images ^ corps convexes produisent ordinairement ^0^$, et que les cnangements arrivent dans ^ réflexion de .a lumière, selon la différence f^bledes corps; nous mettons aussitôt, à ^M^ de ce qui nous parait, la cause môme ^ (image que oous voyons, et, cela, en vertu ^•40 jueementque la coutume nous a rendu * tt^tuel ; de sorte que, joignant à la vision un ""^^^effient que nous confondons avec elle, *'^ nous formons l'idée d'une figure con- ' ^^ et d'une couleur uniforme, quoique -i>ai le fond nos yeux ne nous présentent

qu'un plan ombragé et colofé diversement, eomme il paraît dans la peinture. »

En suivant le sentiment de Loeke dans ton- 4es ses conséouenccs, on sent qu'on peut raisonner sur les distances, les situations, la

{grandeur et l'étendue comme il Ta fait sur es figures, et l'on peut dire de même : « Lorsque nous regardons une vaste campagne, il est certain que l'idée qui se forme dans notre esprit à cette vue , repj-ésenle une surface plate, ombragée et colorée diversement, avec différents degrés de lumière dont jios yeux sont frappés. Mais comme nous sommes accoutumés par l'usage, c'est-A-dire par les leçons de la motilité réunie au toucher, à distinguer quelle sorte d'image les corps différemment situés, différemment distants, différemment grands et étendus, produisent ordinairement en «ous , et quelç changements arrivent dans la réflexion de la lumière, selon la différence des distances, des situations , des grandeurs et de l'étendue ; nous mettons aussitôt, à la place de ce qui nous paratt, la cause des images m(^mes que nous voyons, le monde tangible i^ la place du monde visible, et cela en vertu d'un

{ugement que l'expérience nous a rendu ha- )ituel : de sorte que joignant à la vision un jugement que nous confondons avec elle et qui dérive des leçons de la motilité et du toucher, nous nous formons les idées de différentes situations, distances, grandeurs, etc., quoique dans le fond nos yeux ne nous re-

§ résentent qu'un plan ombragé et coloré iversement. »

Géométrie des visibles.

Les figures et l'étendue qui sont les objets immédiats de la vue, ne sont ni les figures ni l'étendue tangibles sur lesquelles opère la géométrie ordinaire. Ce léger essai de la géométrie des visibles suffira pour le prouver et pour donner une idée claire et distincte de la figure et de l'étendue telles que la vision les présente à l'esprit.

Nous supposerons donc la statue bornée au seul sens de la vue. Nous ne devons pas nous la représenter à présent comme nous, ni naturellement disposée comme nous le sommes è considérer l'apparence visible comme un signe de quelque autre chose : le monde visible est pour elle tout ce qui existe; il doit attirer son attention comme le monde tangible attire toute la nôtre.

La statue n'aura d'idées que de deux dimensions, longueur et largeur. Dans la notion qu'elle a du point , elle ne pourra donc exclure que la longueur et la largeur.

Ce que nous concevons exclu d'un sujet, est aussi réellement conçu que ce que nous y concevons renfermé : d'où il suit que les trois dimensions entrent dans la conception

2ue nous nous formons d'une ligne droite, ar quoique cette ligne ne soit que la dimension en longueur, sa rectitude selon les deux autres dimensions est comprise dans la notion que nous en avons; ou, ce qui est la môme chose, sa courbure suivant ces deux dimensions, en est exclue.

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Hais la statue n*ayant d'idée que de deux dimensions, dont Tune est la longueur de la ligne, ne pourra pas concevoir cette ligne courbe ou droite dans plus d une dimension. Ainsi la courbure que cette ligne peut recevoir à droite ou à gauche est exclue de l'idée que la statue a d*une ligne droite; mais celle c^uela ligne peut recevoir en avant ou en arnère ne peut ni en être exclue ni y ôtre comprise, parce que la statue n'a et ne peut avoir aucune idée d'une courbure de cette espèce.

Par cela même que la statue n'a aur*une idée d'une troisième dimension, c'est-à-dire de la profondeur, les flgures visibles ne seront pour elle ;ni des surfaces planes ni des surfaces courbes ; car une surface courbe renferme la courbure dans cette troisième dimension; et une surface plane renferme l'exclusion ou la négation de cette courbure.

Pour ne pas donner une trop grande étendue à cette géométrie des visibles, nous nous bornerons à établir les principes suivants.

1* L'œil placé au centre d'une sphère verra chaque grand cercle sous l'apparence d'une ligne droite.

2" Quelque ligne que l'on tire dans le plan d'un çrand cercle de la sphère, soit que dans la réalité elle soit droite ou qu'elle soit courbe, elle lui [taraitra touiours droite.

3** Chaque lime droite visible paraîtra coïncider avec quelque ^rand cercle de la snhère.

4" Une ligne droite visible prolongée autant qu'elle peut Tôtre dans sa direction visiblement droite , sera représentée par un Frand cercle de la sphère au centre de laquelle œil est placé.

5** Chaque ligne droite prolongée reviendra enOn se rejoindre elle-même.

G*" Une ligne droite prolongée jusqu'à se

{'oindre elle-même, est la plus longue possi- )le ; et toutes les autres lignes droites ont un rapport fini avec elle.

o" Un cercle peut être parallèle à une Kgne droite^ c'est-à-aire qu'il peut en être également distant dans tous ses points.

8" Des triangles rectilignes semblables sont aussi égaux.

9**. Chaque triangle coïncidera dans tous ses points avec quelque triangle sphérique.

Nota, Les propriétés des tnangles rectilignes visibles sont donc les mêmes que celles des triangles sphériques ; mais elles ne sont pas les mêmes que celle des triangles plats : d'où il suit que les trois angles d*un triangle rectiligne visible pris ensemble sont plus grands que deux angles droits; les angles d'un triangle rectiligne visible peuvent tous être des angles droits ou des angles obtus.

En voilà sans doute assez pour prouver gue les figures et l'étendue qui sont les objets immédiats de la vue, ne sont ni les figures ni retendue sur lesqpielles opère la géométrie ordinaire ; que ces deux espèces de figures ontdiQ'érentes propriétés, et que tout ce qu'on démontre des uns ne peut pas s'appliquer aux autres.

S'il y avait un peuple qui fût réduit au seul sens de la vue, on remarquerait dans sa phy-

sique, les propositions suivantes qui conlra> teraient merveilleusement avec celles du n ire physique, où,

!• La couleur, l'étendue, et lafiguresoni 1 propriétés essentielles des corps ;

2* La couleur constitue l'essence des con puisque l'étendue et la figure sont des mm; communs au corps et à l'espace ;

3" Toutes les qualités particulières desc),) dérivent des différentes combinaisons do 1» „ attributs essentiels, la couleur, l'étendut , figure ;

4° C'est la combinaison de ces attribuK du mouvement, qui produit tous les pliti. mènes de la nature ;

5° Deux corps peuvent exister dans le m \ lieu ;

G*" Les corps changent de grandeur ei figure, par le mouvement ou selon la divi. situation ;

?• Un corps peut cependant cliaiir» ^ grandeur sans qu'il change de position et ^ qu'il se meuve ;

8** Il peut aussi changer de figure, ^ aucun cnangement de position.

On voit que nous pourrions nousfci:

des notions exactes de la géométrie et <; physique de ce peuple, en séparant et ei. tinguant simplement les perceptions que ; avons par l'organe de la vue d'avec r que nous acquérons par les autres sens, c les analysant ensuite avec la plus grarxie cision. Il est aisé de voir que cette géoim des visibles sert de base à la théorie •. peinture, de la perspective et des autrt> analogues.

Je me suis beaucoup étendu surle^ rations de la vue et sur le de^é d'in!l > du toucher sur ce sens; mais les 01:1 que j'ai énoncées étant directement o res a celles de beaucoup de métapli\v de l'école deCondillac, i'aicru,au poinu historique, qu'il était nécessaire de les ni et d'entrer dans quelques développ:.

sur une des questions les plus difiiciit > présente l'idéologie. Cocdillac, dans son / iur U$ eonnai»iances humaines^ avait pri v regardé comme nulle l'influence du tou< sur les opérations de la vue ; il Ta ei>^ ïortée à l'excès dans son Traité du senmi- <■ . 'ai pensé qu'il était intéressant de hk 1 es phases successives par lesquelles est i le sensualisme du xvm* siècle, deptii< ^ origine jusqu'à nos jours , sur la quj?' des sensations externes.

U résulte, comme on voit, de notre an de^ sensations externes et des idées senM que les sens de l'odorat, du goût, de la vu< 1 ouïe, ne peuvent nous donner l'idée dt- 1 ■ J tence des corps extérieurs : c'est au loin joint à la raotilité que nous devons cettor naissance ; c'est lui qui nous apprend à tinguer notre corps, qui nous est ausM térieur, d'avec les autres corps qui nous ^' tout à la fois étrangers et extérieurs, et * accoutume les autres sens à rapporter !• sensations au dehors. H est le seul stn< <{' deux rapports : l'un à nous et l'autre à l < • dont il reçoit les impressions; mais cet au

ESP

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t]2f, 0 le doit h la motilité elle-même et non i^a propre nature. Enfin c'est au loucher jfl" Dous devons la connaissance de la grankr des objets. Si cette dernière assertion ï.jil encore besoin de preuves, nous en troudons une dans Tusage universel qui a établi pur^ raies mesures de la grandeur les pouces, U pieds, les palmes, les coudées, etc., qui vr. lies parties du corps humain.

\m afons dit que le sens du toucher, yA à celui de la musculation, de Teffort musaiire , est celui gui nous permet d'abord /jc^uérir la connaissance des corps, et que i:A U résistance opposée par ceux-ci et 1 efid (Consécutif qui nous fournit les premières hQ^m de leur existence (210). Cependant hrsi des corps dont nous n'avons pu acquérir Il connaissance par le toucher, puisqu'ils li^ipriseiit pas de résistance sensible à notre y^i^ement : de ce nombre sont ia lumière, W Qmdes magnétique et électrique, les gaz, < WuVes les substances aériformes; mais ri le rûsonoement vient au secours des sen- «tif^os autres que le toucher, et ce n'est point difiie Quière directe que nous apercevons 7 cvifiteDce de ces diverses substances; nous ne W^iBBésaoQs que nar des effets d'un genre ^Kml,ciii s'en uiut bien :iue nous ayons de tMesmexistences une conviction aussi mtiiDe, ^k celle des corps solides et des fluide qiiipposent de la résistance à notre mouitnoL

Ami sens ne nous représente toutes les T^ftp^se nous apercevons dans un corps, l^^rèorésente les couleurs; l'oreille, les ^^<lc. Le toucher est pour l'école sensuawJeaensqui nous fait rapporter h un seul tf atee oljet toutes ces qualités séparées, fi vns les fait regarder comme des ma- ■■w d'élre de cet objet, qui en forme, en •W. un corps étendu, coloré, sonore, etc. *» nous formons l'idée d'un corps quel- *^ eo percevant d'abord l'idée de résista notre mouvement, d'oii nous formons 'ttr d'obstacle; et nous joignons h cette idée f^fe, les idées d'étendue, de figure, de )»W et de toutes les relations que cet ob- ^ a arec nos autres sens : Âristote admet, N les acuités de la partie sensitive de «e, un sens interne spécial, le sens ^uD, qui opérerait la synthèse des sen- ^; nous aurons h examiner cette doc- ^ que nous avons déjà exposée. (Foy . Ahb, |fts Aristote et saint Thomas.) l'tiembert observe que les sensations de *'>urat, du goût, de l'ouie et de la vue sont .M i la fois aidées et troublées par le tou- ^ : aidées en ce que le toucher nous fait '^udire l'existence des corps qui occasionl^t en nous ces sensations ; troublées en ce << l'existence des corps, une fois connue "Vit: toucher, fait juger au vulgaire de ce ^- a'^ pas, savbir que les odeurs, les sa- '^^^ les sons, les couleurs appartiennent ^ otjets extérieurs et non à nous : au lieu

^ La théorie de Teffort musculaire considéra» les rapports avec la notion d'existence, défâoppée dans ces derniers temps,

que si ces sensations étaient seules et que le toucher ne s'y mèiflt pas, elles nous apprendraient ce qui est en effet, savoir que les odeurs, les saveurs, les sons, les couleurs n'existent que dans nous-mêmes, avec ces caractères qui en sont les signes représentatifs.

Il est sans doute vrai de dire que les mots odeury saveur^ couleur^ etc., expriment tout è la fois et la sensation que nous éprouvons et la cause qui nous fait éprouver cette sensation ; mais confondons-nous réellement l'effet et la cause, ainsi que le prétend d'Alembert? c'est ce que je ne pense pas. Ici la confusion est plus dans le langage que dans la pensée. Jamais personne n'imaginera que les sensations de saveur, d*odeur, de son, etc. soient dans les corps savoureux, odorants , sonores, etc.; mais seulement la laculté d'exciter ces sensations. S'il y a quelque ambiguïté dans le langage, elle doit être facile à démêler, et à cet égard le métaphysicien qui semble être en opposition avec le vulgaire, pense, au fond, la même chose que lui. Quel-

3ue^ philosophes se sont donné beaucoup e peme pour prouver que les odeurs, les saveurs, les sons, les couleurs n'existent pas dans les corps : cela ne signifie (]u'une chose, c'est que les perceptions sensitives ne sont pas dans les corps; or, ceci n'a pas besoin de preuves. Ces philosophes, sans y songer peutêtre, ont tiré parti d'un mot ambigu, pour se faire un mérite d'une découverte qui n'est telle qu'en apparence. L'opinion dont ils se glorifient est opposée dans les termes au jugement commun, mais pour le sens elle y est parfaitement conforme.

Les sensations n'étant, ainsi que nous l'avons dit, que les effets des impressions produites sur nos sens par l'action des objets ex térieurs, supposent, parconséquent, l'existence de ces objets. Il est cependant une classe de philosophes qui nient l'existence des corps, et qui, n'ayant conscience que de leur propre existence, et des sensations qui se succèdent au dedans d'eux-mêmes, n'admettent pas d'autres choses. On les a nommés, pour cette raison, idéalittes. Parmi eux on distingue Berkley (à qui d'ailleurs la métaphysique doit des vues aussi fines que vraies), Malebranche et plusieurs autres.

Nous n'avons d'autres preuves irrécusables de l'existence des corps que la force invincible qui nous oblige à v croire , mais cette force est si grande qu'elle est le guide irrésistible de notre conduite ; et ceux mêmes qui ont le plus nié l'existence des corps, ont toujours agi comme s'ils croyaient fermement que les corps agissent. Nous ne chercherons pas à démontrer cette existence des objets extérieurs qu'on n'a pu sérieusement révoquer en doute, parce que, comme dit d'Alembert, elle n'a pas besoin d'être démontrée, mais seulement expliquée. C'est une de ces vérités qui se montrent et ne se démontrent

n^est pas aussi moderne qu'on le croit : nous verrons ailleurs qu'eUe est insuffisante.

ESP

IMS, car elle sert de base h nos démonstrations (210^).

S 5. — Ob$ervatiotu générales sur ta nature des diverses espèces de sensations externes et sur Us rapports qui existent entre elles.

Nous avons distingué cinq classes organi*

Sues de sensations externes; mais chaque lasse comprend un nombre inGni de subdivisions et de nuances que l'on a tâché cependant de rapporter à quelques espèces pnnci* pales. Nous allons les pai'courir successivevement.

Les couleurs peuvent être considérées :

1* dans la lumière ; 2^ dans les corps, en tant que colorés; 3"* dans Torgane de la vue.

!• D'après les expériencusde Newton, chaque rayon de lumière est naturellement composé de sept rayons capri)les de produire autant de couleurs dillérenles. Voici ces sept couleurs primitives rangées dans Tordre de la réfrangibiiité de leurs rayons : le rouçê^ Torangéf le jaune, le vert, le bUu^ Vindigo et le violei. La lumière (ou le blanc) résulte du mélange parfait de ces rayons. Le noir n'est que la privation de la lumière soit simple, soit composée.

2* Les corps ne sont colorés que parce que la lumière se décompose à leur surface, et qu*il8 renvoyent à notre œil tels ou tels rayons, tandis qu'ils absorbent tous les autres.

3* L'analyse des couleurs que nous venons de donner est plut^^t celle de la lumière que celle de nos sensations; car, quoiqu'il y ait dans la lumière sept couleurs primitives, on peut, avec trois de ces couleurs, le rouge, le jaune et le bieu produire en nous toutes les sensations de couleur possibles; et c'est sur ce-principe que repose la théorie de la peinture et des arts analogues.

Les sons peuvent aussi être considérés sous trois aspects : 1** dans les corps sonores; 2* dans les milieux qui les transmettent; 3* dans Torgane de Touïe.

l** Le son consiste dans les vibrations des parties des corps sonores produites par la percussion. De la fréquence plus ou moins grande de ces vibrations dérivent les diverses nuances du son, qui, lorsqu'elles sont appréciables, sont nommées tons. On compte sept tons dans la musique qui, rangés suivant l'échelle de leur élévation, forment ce qu'on appelle la gamme,

z* L'air est le véhicule ordinaire du son ; c'est lui qui le transmet à notre organe par des frémissements analogues à ceux du corps sonore. Un timbre, frappé dans le vide, ne résonne pas. De Mairan pense qu'il y a dans l'air des molécules à l'unisson des divers tons.

3* Les frémissements des molécules de l'air se communiquent au tympan et les vibrations de cette membrane se propagent à l'aide des osselets jusqu'à l'eau du labyrinthe et agissent sur le nerf acoustique.

On a tenté aussi de réduire les saveurs à

sept principales : savoir « ie doux, \am- Vàpre^ Vâcre, Vaigre, le gras, le salé. Gr> . porté à seize le nombre des saveurs sin et primitives.

Les diverses espèces des sensations d.

vue, de l'ouïe, et même du goût, ne soni ditl'érentes par la nature, mais seulemt ut le degré. Mais les sensations du lad d\il entre elles par leur nature et conslilutni . les corps qui les excitent en nous des qi d'un ordre différent. Ainsi, il n'existe ;< rapport entre la chaleur d'un corps n poli ou sa dureté; tandis qu'il existe un tain e analogie entre les diverses couh' i^ divers sons, etc. Ou pourrait réduire kv , lités tactiles à sept prinxsipales, telles (j> êoUdité, le chaud, le froid, le sec, ïliu, le poli, le raboteux, La mollesse et la <i ne sont pas des degrés de la solidiU\ pesanteur n'est que le sentiment qyùtw.

masse ou l'effort que je fais pour moi à la tendance qui précipite les cor[)s v terre.

L'analyse des odeurs est encore irè^-i faite. La plupart n'ont pas de nom di-i et Ton s'est contenté de les classer en I et mauvaises. Haller dans sa grande 1' logie a tenté (Cependant de prouver 1 tence d'odeurs primitives, qu'il dit se ti dans les trois règnes de la nature. Ttlx ^ les odeurs de mmc, de vioUUe, d'aii i

Dans le toucher, le goût et l'odoral. ik les corps eux-mêmes ou leurs émanain.'.

agissent sur les organes de ces seib.

dans la vue et i'ouïe, c'est la lumière i. . étranger aux corps colorés ou sounirfont vibrer nos organes et excitent la ^ tion. La matière qui agit sur nos du.

organes diffère par les degrés de deii^ plus ténue est celle des couleurs, p^:^ des sons, des odeurs, des saveurs, et

Dans la théorie des vibrations nt.

on dit que le degré d'intensité des s^i dépend du degré d'ébranlement \nv . les nerfs par l'action des objets extêi: du degré de sensibilité des nerfs ou ù dépouillement. Plus le nerf est rc(\ plus son enveloppe est épaisse ; w^mi^ pression est forte et plus la sensation e^ cure. Grimaud (1" HÊém. sur la nuirit . ■ 1843), observe avec raison que Its ^ tages • d'organisation et de strucUuv i présentent pas avec la môme évidem tous les sens extérieurs. On peut r naître les rapports qui lient la si nid: l'œil et de l'oreille aux lois de la luuu . celles du son, mais ces rapports sont > évidents entre les sens de l'odorat ei ùu . et les objets de leurs sensations : les to: de ces sens se refusent presque à tou*. ception mécanique, et nous ne puu\«ji suivre .que dans leurs produits.

Le toucher est répandu dans toutes i<^ ties du corps; c'est cependant dans h qu'il s'exerce d'une manière spéciale ;

(210*) Tout ce que la science doit faire, c*esi les autres. Le principe de causalité doit tIl(o^^ d*établlr la voie par JaqueUe cette connaissaaoe mais nous nous en sommes déjà occupés ^tut/. devient de plus en plus claire et se lie avec toutes et nous aurons encore à y revenir

ESP

ESP

l'est b mâiac^i •constitue son pnncipal orpioe, et le ttu siège du toucher est à Vextré* Dite des doigts, au milieu des sillons concennijues qu*oo j remarque. Au moven de sa 2nicture,l4 main est susceptible de s*applifid aux différentes surfaces, et c'est à elle [ue nous devons une connaissance exacte de I âk*ure des corps.

^'fusieurs physiciens ont recherché la rai-

o pour laquelle différentes classes de

' !di)OD$ dérivent de l'exercice des divers

-ms des sens. D*où vient, par exemple,

. :e nerf optique ne produit que des sen-

i\"ns de couleur, tandis que le nerf acous-

L,rn excite que celles de cesensTD*où vient

.A ]esner& de la vue et ceux du toucher ne

*vj1 {kas également affectés par les mêmes

rjjiqoos. II serait difficile d'assigner avec

i^rtitade les causes de ces phénomènes. Il

.4'iit cependant que cela tient moins à la

cjcnire différente des nerfe, qu'à celle des

v:iTi{^, à la manière dont les extrémités

•!-> ^nrh y sont épanouis, et à leur degré de

rnjtiaûoDOU de dépouillement ; car d'après

i^ iiiserrations des anatomistes, la structure

i^ 3d< sensitifs est partout trop analogue

t-Mrque les différences anatomiques intimes

"iimi expliquer toutes leurs spécialités

liBOvoMnes. Plusieurs faits viennent à l'ap-

l'i» 4e (ïtte assertion : il n'y a presque aucun

iKrf eotépyique, si Ton nen excepte la

pranxffrf deuxième paire, c'est-à-dire les

cfrf^icMorat etde la vue» qui ne fournisse

(ksraefttià plusieurs organes. On sait que

'<<aKfoèine paire envoie à la langue un

^4 gui est le rameau lingual ou le gus-

ït* de cette nième paire se détache un

iG*. .'smeau qui va se rendre au nez pour se

^**l.'i au nerf otfiictif et servir avec lui à

•'''^rii, etc... Ces deux rameaux ont sans

^'ic il même sut>stance. puisqu'ils sortent

- Mtnx du même tronc ; et si l'on goûte par

^ l^cmier. tandis que l'on odore par le se-

'''l. ce n'est point à la différence de leur

^jt'jre, mais surtout aux causes ci-dessus

^'vées qu'il faut l'attribuer; il est très-

'7t^fflblable,a-t-on dit, que le rameau nasal

>'^> à la langue sentirait les saveurs tout

'^^'Oe le rameau lingual rendu au nez senti-

^ ^ odeurs. Nous exposerons en leur lieu

^•^xherches les plus récentes sur ce sujet.

Xii-^ pourquoi les différentes classes de

k^MUonspr&entent-elles des nuances et des

^^linsions infinies, et pourquoi le même

"poe peut-il éprouver oiverses espèces de

<^«ionsT 11 y a beaucoup plus de coiyec-

''^'^i cet égard que de principes bien dé-

^»irés. Plusieurs physiciens croient que

-i<l«pend de la diversité des mouvements

■|3Hutmiqué8 aux nerfs. Bonnet pense que

*^t espèce de sensation a dans les divers

"îaes des libres nerveuses qui leur sont

^:"?s; ainsi la vue a des fibres à l'unisson

J^'iiTerses couleurs, l'oreille eu a à l'unisson

powers tons, etc., et il y a de plus de grosses

*-^?pourles impressions fortes, et de petites

'^11) Nos lecteurs ne se méprendront pas sur ^^ (i^rcttion métaphorique , VoreilU ou la vui

I^iCTioKK. BE Physiologie.

fibres pour les impressions faibles. Cette hvpothèse est sans doute très-ingénieuse : eue rend même raison d'une manière assez satisfaisante d'un certain nombre de faits relatifs à l'idéologie ; mais elle suppose une complication prodigieuse dans la structure des nerfs et dans les organes des sens, et ce n*est d'ail* leurs qu'une simple hypothèse, car Bonnet est bien loin d'avoir démontré l'existence de ces diverses espèces de fibres. Gardons-nous dans l'explication des phénomènes del'honund de substituer nos petites vues à celles de la nature. Le philosophe doit s'occuper d'abord et par-dessus tout du comment plus encore que du pourquoi; le premier tient aux choses et se circonscrit dans les faits qu'il foQce à étudier avec une perfection croissante; le second se [)Iie souvent à nos systèmes, à nos préjugés : il ne faut pas lui donner une trop large place, bien que nous soyons disposés a la lui accorder.

Tous les sens ne jouissent pas au même degré delà faculté de démêler leurs sensations, de distinguer les sensations simples qu'ils éprouvent en même temps. L'odorat, le goût et le toucher ne possèdent cette faculté que dans le plus bas degré. La vue distingue assez bien plusieurs couleurs qu'elle voit a la fois; mais pourvu que le mélange de ces couleurs ne soU pas trop intime : car alors il en résulte une sensation composée qu'elle ne peut ana* lyser ; ainsi, du mélange du bleu et du jaune résulte le vert; du rouçe et du jaune, l'orangé, etc. L'ouïe est de tous les sens celui qui démêle le mieux les sensations qui lui sont propres. Dans un concert de musique vocale on instrumentale, l'oreille distingue sur-le-champ tous les sons qui l'affectent à la fois (211) ; mais il faut que leurs intervalles aient une certaine étendue pour être appréciables et qu'il existe entre eux certains rap« Eorts, pour qu'il en résulte ce çiu'on appello armonie. Si plusieurs sons, soit inappréciables, soit discordants, se font entendre à la fois, l'oreille ne peut les distinguer, et il en résulte une confusion de sons ou ce qu'on appelle bruit. Cette faculté qu'ont les sens de démêler les sensations qu'ils éprouvent, se perfectionne infiniment par l'exercice. La vue, l'ouïe et l'odorat agissent à une certaine distance de nous. Le goût et le toucher n'agissent au contraire qu'au point de contact. Les premiers ont une plus grande délicatesse dans leur manière de sentir, et se rappellent plus aisément les impressions qu'ils ont déjà éprouvées. Sil'on classe les divers sens d'après leurs degrés de délicatesse, de facilité à reproduire leurs sensations, de distance à laquelle ils agissent, on les rangera dans l'ordre suivant : la vue, l'ouïe , l'odorat . le goût et le tact. La vue, l'ouïe et le toucner se rapportent surtout aux fonctions extérieures , l'odorat et le goût aux fonctions intérieures. Les {premiers appartiennent plus directement à la acuité de penser, les seconds à la faculté instinctive ou à la force vitale. Ceux-ci ont

dhtinquent , etc.; cela veut dire : Vhme distingue par l^œil ou roreille.

ESP

ESP

une bien ptas grande importance et sont plus essentiellement liés au maintien de la vie.

En effet, l'organe du goût garde Ventrée du canal alimentaire, comme l'organe de l'odorat garde celle du canal de la respiration. Leur position fait que tout ce qui passe dans 1 estomac ou (es poumons subit de leur part un examen scrupuleux. Les animaux n'ont pas d'autre guide pour le choix de leur nourriture ; un homme, qui serait seul et dans l'étal sauvage , n'en connaîtrait guère d'autre pendant longtemps ; aussi les brutes et les peuplades sauvages ont ces deux sens d'une sensibilité exquise. Mais dansrhommecivilisé ces sensgâtés par l'incontinence eties mauvaises habitudessont devenus bien moins propres à remplir leurs fonctions.

L'odorat est le sens de l'imagination. Les odeurs exercent sur le système nerveux la plus grande influence. C'est de là, comtae l'observe très-bien Montagne, que dérive lusage de brûler de l'encens dans les temples et dans les cérémonies religieuses. L'homme seul est éminemment sensible aux parfums. Chez les animaux l'odorat ne se rapporte qu'au goût, ainsi que nous le verrons dans la suite. Ce sens est, ainsi que le goût, plus sujet que tous les autres aux caprices de la mode et de l'habitude. Il varie chez les différents peuples et les divers individus ; mais le goût en diffère en ce qu'il doit moins à l'imagination. Un gourmand ne sonçe qu'à son estomac, toutes ses facultés physiques et morales se portent vers ce centre de l'économie vivante (212).

Le sens de la vue paratt participer plus qu'aucun autre è la nature intérieure du cerveau ; comme lui , il se lie plus intimement aux actes les plus élevés de l'Ame et aux opérations intellectuelles. L'œil est l'interprète de nos pensées , le miroir fidèle de nos passions, et son langage est plus prompt, plus expressif que celui que la boucne prononce. Les autres sens servent surtout à nous transmettre les impressions qui viennent du dehors. Celui-ci transmet au dehors nos affections et nos idées ; bien plus il peint en quelque sorte l'étendue de notre intelligence, et la vivacité des regards de l'homme de génie décèle ordinairement la vivacité de son esprit.

Un phénomène particulier que nous présentent les yeux , c'est leur mouvement parallèle. Lorsqu'un de nos yeux se porte à droite ou à gauche » en haut ou en Das, ou directement devant nous, nous sentons aussitôt que l'autre œil suit la môme direction ; en sorte qu'ils se meuvent tous les deux à la fois et tous les deux dans le même sens. Ce qui rend ce phénomène plus surprenant, c'est qu'il est reconnu par tous les anato- ^ mistes que les muscles qui font mouvoir les ' yeux, de même aue les nerfs gui servent à ces muscles sont aosolument distincts, et sans enveloppe commune.

Ce pnénomène, ainsi ou un grand nombre d'autres, que présente 1 économie animale,

est produit en partie par la faculté insiii tive, en partie par la volonté, c'est-à-î qu'il dérive en partie de notre consliimi . en partie de l'expérience et de l'habitud. .

Diderot a dit que de tous les sens, I < était le plus superficiel, l'oreille le plus . gueilleux, l'odorat le plus voluptueux , goût le plus superstitieux et le plus inn r tant, le toucher le plus profond et le | philosophe. Comme la vue est presque ' jours en exercice, nous faisons moins n:; tion à ses opérations ; aussi est-ce le scih nous induit le plus souvent en erreur. G dant le toucher a besoin à son tour d • guidé par la vue, et sans elle il ne pou!: s'apercevoir de l'existence des corps quî lui opposent pas une résistance bien m\y.'

Puisque les sens ne suffisent pas pour i donner des connaissances exactes de b i ture des choses, même sensibles, l'art >. vrait venir à leur secours et tâcher de ^i; pléer à leur imperfection. L'on a bien in\ , des instruments qui étendent la sphin •

f)erceptions de la vue et de l'ouïe : tels es microscopes, les télescopes, les cru acoustiques, les porte-voix, etc. C't^l domaine fécond et utileque nous devori>< cher à agrandir; mais il faut s'occu[» r de donner aux facultés supérieures de ! toute la puissance qu'elles peuvent ai •]> L'éducation et la gymnastique psychoJoui sont trop souvent négligées ; c'est pouriai.' qui fait les siècles et les peuples légi>li: Les mêmes sensations sont-elles eic i dans les divers individus, par les u * objets T Je vois de l'écariate, je dis (juV rouge , vous le dites comme moi ; i éprouvons-nous l'un et l'autre la niôm^ ^ sation? L'identité de l'expression n'en ^^ être une preuve suffisante, et nous ne p^ l'affirmer; car il faudrait que je fus>t vous ou que vous fussiez dans moi pou ridentité de la sensation. Dans des n.

de cette nature on parviendra diffici ei ce qu'on appelle des démonstrations < plètes; mais il est vraisemblable que k> sations qui nous parviennent par les m organes sont généralement de la mùw '■ ture, et aue si elles diffèrent, ce n'est mi ' que par le degré ; ceux-ci peuvent élu t; variés selon les individuafités.

Quoique les qualités des objets excv dans les divers sujets les mêmes sensati nous ne les connaissons pas d'une luau absolue, mais seulement aune manière r tive : si demain les corps extérieurs (■■ nôtre devenaient tous dix fois plus grdni nous serait impossible de nous apercevoir ce changement; car nous ne jugeons ii grandeur des objets que par la nôtre, ci que le prouve l'usage universel dont j'ai < parlé, de mesurer cette grandeur des ci par celle de certaines parties de notre ci i bien plus, les qualités des objets resimi mêmes, elles produisent sur nous dt> < pressions différentes, à raison des iu^p^

(2^12) Brillât Savarin a relevé le sens da goût, spirituelles; il a traité ce sujet en observateur c |)ar des analyses souvent justes, toujours fines et poète. (\oy. Ph^L du goût»)

ESP

ESP

«XH qui ont précédé : la même eau paraît îuude ou froide, selon que la main qu'on y l 'o^e est elle-même froide ou chaude ; et n*L^ les jugements que nous portons sur les iT*^rs, les odeurs, etc., sont modifiés plus ou liuiDs psr les sensations antécédentes.

(d exercice fréquent de chacun de nos K<Més ne pourrait qu'augmenter leur la^ibiiité, leur discernement, et étendrait -r'.tjelque sorte la sphère de leurs percep- '•*.* Celle assertion est confirmée par Tob- ^nittoD, car presque tous les aveugles ont *îjtres sens d'une délicatesse extraordi- Ci.*-. Mais il est plus commode pour notre [>rr>>« déjuger d'un objet avec l'œil que l'j parcourir toutes les surfaces en tAtonunt; ei dans l'état ordinaire des choses, ^ recours que nos sens se prêtent mutuellec:tùt les empêchent de se perfectionner.

Renrqoe sur les sensations et les idées sensibles.

"Q h poToir, par ce qui précède, que no-

tr or^ts, comme notre Ame, a la faculté

4» rtrevoir des impressions, impressionabù

\^ pàyitfM (de la peau des muqueuses, de

ict3i\« des organes), impressionabilité

^^Mide plus, notre Ame a la faculté de

\<!>m ces impressions, d'une manière

pb (jQMs obscure, ou avec une netteté

r .')inte.te5lla percep^m^^ (vitale, animale,

bu!aaiBe. cette dernière est la perceptivité

avn !] e()Dscienc6 la plus complète; elle

Dc^*>pa^que par celle des esprits purs

<'j « mrps (les anges). En Dieu, la per-

^:^r:i, &i l'on veut lui donner un nom

\* u)o|pe, est parfaite ; nous ne pouvons

^ifmprendre (l'embrasser, eomprehen-

^.i) Dous est permis seulement de la

^•«'TNirpar comparaison; car Dieu seul se

'^rf^d lui-même dans son infinité. La

v'ïdijon est donc une fonction qui a pour

^'y^\sliimpre88ionabilité et la perceptivité

■'iMiérées dans tous leurs modes et toute

^retendue. Nous avons un certain nombre

^^ments d'une doctrine de la sensibilité,

'-^c< Q arons aucune doctrine complète à ce

'%< On n'a pas distingué suffisamment les

^^ modes de Yimpressionabilité^ ceux de

^fmtptivité; on a confondu souvent la per-

i^ité fwtmeni intellBCtive ou impassi'

^ )?%| , et la perceptivité passianneUe

%^), r Anolîrft^. Dans tout cela, Bippo-

^^ Platon, Aristote, et surtout les grands

^'^Miques sont restés nos maîtres ; on les a

-^tpiés et injuriés parce qu'on ne les a pas

*^pn$; ils peuvent dire avec le poëte :

^^tuu hic ego svm quia non Intelligor il lis.

(0vn>., Trial. V, x, 57.)

^voos sensations (en prenant ce mot ^ ^Q sens large), nous sommes avertis ^^'qui se passe autour de nous, dansno- '' corps, dans notre Ame, nous en sommes ^ *>u moins émus; c'est le point de départ ^::'>$coQDaissances et de nos sentiments, de ^ •'*' vie intellectuelle et morale. Une doc- ^> complète des sensations est donc aussi t?^>rtanle que difficile. Nous tAcherons '^^P05er, dans ce Dictionnaire, les bases de

ce travail , tel que nous le concevons, en prenant pour guides un petit nombre d'hom^ mes qu'on a toujours placés à la tête de la science, mais qu on n'a pas assez étudiés dans leurs textes. Nous nous en occuperons avec détail dans notre traité de Philosophie et dans notre Histoire des sciences philosophiques

Consultez une profonde étude des sensa»

tions dans Baimès {Philosophie fondamentale^ 2* livre {Des sensations tome 1*' , page 293 et suiv.).

Nous avons dit quelques mots seulement sur ce que Cabanis a nommé sensations internes ; ce médecin a appelé le premier sur elles, d'une manière spéciale, l'attention des physiologistes modernes ; nous y revien* drons ; nous ferons voir aussi qu'on a exagéré l'importance du toucher parce qu*on n'en a pas analysé les divers éléments, qu'on n'a point assez tenu compte de son association avec le mouvement, etc. ( Voy. l'art. Sens )

I 4. — Des idées réfléchies.

Nous avons divisé les idées en idées sensibles et en idées réfiéchies ou intellectives. Buffier a appelé les premières, idées passives; et les secondes, idées actives : mais ces dénominations sont défectueuses et peuvent donner bien des fausses notions. Nous ne sommes f)assifs qu'un instant , lorsque nous recevons es impressions des objets; mais l'esprit déploie bientôt son activité, 1** dès quil perçoit; 2"* lorsqu'il se représente ses sensations ou qu'il se les rappelle par l'imagination ou par la mémoire ; 3* quand il élabore ces matériaux en formant des jugements, des raisonnements, etc.. L'esprit est donc actif soit dans la constitution des idées sensibles, soit dans celle des idées réfléchies. Dans la reproduction des idées sensibles, l'imagination sensitive fait reparaître dans l'Ame une sensation déjà éprouvée, sans nouvelle impression de la part des objets ; tandis que, dans la formation des idées réfléchies, l'esprit réagit soit sur les idées sensibles qu'il a déjà formées, soit sur ses propres opérations, etc . . . Nous n'avons considéré jusqu'à présent que les idées sensibles excitées par les corps extérieurs, nous allons maintenant analyser les idées ré* fléchies provenant de la même source.

La réflexivité est la faculté par laquelle l'Ame peut spontanément revenir sur ellemême et produire des actes de réflexion ; la réflexion est proprement cette opération par laquelle l'Ame se replie en quelque sorte sur elle-même pour observer tout ce qtii se passe dans tion intérieur. L'usage a aussi consacré ce mot pour désigner cette action de l'esprit, qui, dans la comparaison de deux ou pltitsieurs obiets, porte alternativement son attention de 1 un à l'autre, pour en observer les diverses parties, les difl'érentes qualités. Locke l'a employé dans le premier sens, et Condillac dans le second. Nous les réunirons tous deux et nous prendrons ainsi ce mot dans une acception plus générale. Les idées réfléchies ont donc pour objet les opérations de l'esprit et leurs produits : de là deux sortes d'idées réfléchies.

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