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Idées réfléûbîes relatives aax opéniltons

de Fesprit.

Les idées réfléchies de la première espèce sont les idées des opérations ae l'esprit. Lorsque nous sentons, comparons, jugeons, etc.« SI nous réfléchissons sur ce qui se passe en nous, nous formons les idées de sensation, de comparaison, de jugement, etc. Nous nous formons également les idées de plaisir, de désir, de crainte , etc. , lorsque nous réfléchissons sur les sentiments que nous éprouvons. Je ne m'étendrai pas davantage sur la première espèce d'idées réfléchies ; j'en traiterai plus amplement à l'article des facultés de l'esprit.

n. — Idées réfléchies consécutives aax opérations

de Fesprit.

Passons aux idées réfléchies de la seconde espèce. Ces idées sont produites par les opérations de Tesprit gui agit sur les objets tant extérieurs qu intérieurs, soit en les décomposant, soit en les composant, soit en les comparant pour en observer les divers rapports ; de là trois sortes d*idées : 1* idées abstraites et générales, 2" idées complexes ou composées , 3*" idées relatives ou de rapport. Nous allons les parcourir successivement.

Nous traiterons ailleurs des idées universelles.

1* Des idées abstraites et générales, — Aucun sens ne nous représente toutes les qualités que nous apercevons dans un corps : Ja vue représente les couleurs, la figure ; l'oreille, les sons; le goût, les saveurs, etc. Or {>uisque les sens nous présentent séparément es qualités, il dépend de nous de les obser^ ver successivement et indépendamment les unes des autres. Nous pouvons donc les cçnsidérer comme si elles existaient séparées du corps qu'elles modifient. Je puis par exemple penser à la blancheur sans penser au E* apier, ni à la neige, ni à tout autre corps lanc ; or la blancheur, considérée séparément de tout corps, est ce qu'on nomme une idée iibstraite, du mot latin abstrahere qui signifie sévarer de,

L'aostraction est donc une opération par laquelle nous séparons d'une idée ou représentation composée les idées partielles. Ces idées se détachent en quelque sorte de la collection et deviennent autant d'objets particuliers de contemplation ou d'examen.

Toutes nos idées, tontes les facultés de la pensée et leurs opérations fournissent, ainsi

Sue les qualités des corps, autant de sujets 'abstraction. Je puis considérer une de ces opérations sans m occuper des autres. Je puis séparer ou abstraire de l'idée composée que je me suis faite des facultés de l'esprit humain ou de la faculté générale de penser et de vouloir, ridée de perception, de jugement, de désir, de volition, etc., qui en sont les opérations. Nous allons narcourir successivement quelques espèces aidées abstraites dont les métaphysiciens n*ont pas toi^gours expliqué oarfaitement la génération et la nature.

Nous avons vu que c'était par le mouvement et le toucher que l!âme forme d'abord

ESP

l'idée générale , mais vague de respaco, plein, soit vide ; mais l'idée de Tespacc vient aussi par la vue indépendamaiem mouvement : ainsi cette idée est de m que celle du mouvement, absolue et relit; et nous l'acquérons comme la précédeu

Sar sensation et par comparaison ; [m^ evient plus nette quand Tftme se coi ;j elle-même.

Locke a divisé les qualités des corps en mières et secondes qualités; il dit qu premières sont inséparables du corps ■!

nombre sont l'^^enatie , la figure , la m liti^ etc.; il range parmi les secoDdos q tés, les couleurs, les odeurs^ les saveurs, < qu'il dit dériver des premières, il pn: que les idées que les premières qualiu^ corps excitent en nous, ressemblent a

aualités; mais qu'il n'en est pas de u. es idées des secondes qualités.

Quoique les diverses qualités des ci produisent en nous différentes sensalionv ne peut pas dire qu'il existe quelque k ^ blance entre ces sensations et ces quai car les sensations, ainsi que l'observe i kley, ne peuvent être semblables qu'aux sations qu'éprouvent les êtres sembi il nous : nous ne connaissons donc pas c^ sont les corps par eux-mêmes, uiaib ^ ment ce qu'ils sont par rapport à iku^ l'addition d'un sixième sens modifienit i nous le spectacle de la nature : il nou^ couvrirait, dans les objet«i, des qualiitS nous ne pouvons soupçonner rexisieii étendrait infiniment la chaîne de nos \ la sphère de nos connaissances.

Locke dit que la solidité, l'étendue, ' gure, etc., existeraient réellement d' nature sans qu'il existât d'être qui \ apercevoir; mais n'en est-il pas de m' secondes qualités T et quoiqu'il n'^w d'être qui pût percevoir les odeur>, veurs, les couleurs, etc., il n'exister

moins dans Jes objets cette disposiin i molécules qui les rend propres à produ nous de pareilles sensations. C'est mi parce que tous les corps nous donnen sensations de solidité, d'étendue*, de i:et que certains seulement nous font é}>i les sensations de couleur, de saveur, dV que nous avons regardé les premières < ' ' plus essentielles, et que nous sotomes j> a leur attribuer une réalité que nous r sons aux autres.

Nous avons vu que la vue, le toucher mouvement nous donnaient la connab^ de l'étendue ; cette connaissance est >< tanée et non successive. Si les parii> composent l'étendue se faisaient d[)eri successivement, nous ne pourrions k^ et nous former l'idée de retendue, c dire une idée qui consiste tout à la foi> la contiguïté et la distinction des }> Il en est du toucher comme de la vue . " ne toucherions rien, si nous ne Ictuuu étendu ; comme nous ne verrions n.i' nous ne le voyions étendu : toute la o rence qu'il y a entre l'un et 1 autre c'est que la Vue ne nous donne que

ri

BSP

ESP

<k; réleadue superflcielle et colorée, et que le toucher nous fournit seulement l'idée de réieodue solide ou matérielle (213).

Mais quelle est la nature de retendue soli>ie oQ de la matière T si c'est un composé d^ parties, de quoi sont-elles elles-mêmes cAfflposées, ces parties? d'autres parties, w6 doute, et ainsi à TioBnl ; c'est-à-dire ^t nous n*avons pas de terme où nos divisas puissent s'arrêter idéalement et subjecc^rment : il n'en est pas de même dans le xjDde réel. Supposons-nous pourtant arrivés ï c? terme; où nous conduira-t-il T à un être iiaiple, ou qui n'aurait pas de parties. Hais r!uiDent concevoir cet être? et comment itMeiDblage d'êtres sans parties pourrait-il ^niK»^ UQ être composé de parties?

Leibnitz, qui avait senti finsufiisance de lut ce qu'on avait imaginé avant lui pour tff^yomt la nature des corps , supposa .^sisteoce d'êtres simples qu'il nomma »Mài. Hais des êtres simples et sans l^rties ne pouvant former un corps composé i-i parties, les monades ne font que le rel-rtyîDier, et l'étendue, suivant Leibnitz, r>^ qu'un phénomène ou une apparence.

Il donc doué ses monades d'une force fi?to de représenter les corps ou de se rw-p:?«sto elles-mêmes ; mais nous n'avons juiAi urks sens seuls l'idée de cette force,

r^plisque celle des êtres qui la possède

^, Siphaosophes qui ont voulu expliquer

• VRC6 de la m atiëre se sont perdus dans

^"aceptions fantastiques, s'ils sont tom-

^*;io$des contradictions manifestes, c'est

^oQ'oDt pas eu une idée nette de ce que

' c 4oU entendre par esprit et matière, de

'^ loe l'on peut savoir sur leur essence.

Ws ne pouvons sans doute connaître la

'\ m intime des corps ; cependant, en les

'"ivuillant des qualités par lesquelles ils

•^rtnt, nous parvenons à celles qui leur

""it communes» telles que la solidité où

-r^'nétrabilité* la figure, l'étendue, etc.

t"* iJées réunies ensemble et à un substrat

^•* forment Tidée abstraite et générale du

'■fjh ou de la matière. U semble donc que

•»> idées de matière, de corps en général,

•* >onl pas des êtres existants , et qu'elles

ff'8)tituent seulement des notions que nous

i''i> formons nous-mêmes, en rangeant

f^tMTs choses individuelles dans une

l'i&e classe d'après des caractères qui leur

K«t communs. Mais ces idées n'existent*

Hbs qu'en nous? comment sont-elles dans

^ autres esprits, dans les' anges, en Dieu ;

' quoi correspondent-elles dans les éléments

'^Sj^iife qui les ont provoquées en nous ? Ces

ï^^es questions seront plusieurs fois repro-

I^èmaoder quelles sont les propriétés de « Qutiëre, c'est donc demander quelles sont ^ propriétés des corps en tant que solides, ^dus, figurés, etc. ; ou bien, en d'autres

^13) La décooverce du stéréoscope, et les tra- ^i récents sar la vision ont modifié ces doc- ^'^ que j'indique diaprés mes anciennes le-

termes» c'est demander quelles qualités paiw ticulières sont renfermées dans ces qualités

Sénérales. Toute qualité qui ne se trouve pas ans tous les corps ne peut donc être regardée comme une propriété de la matière ou de l'étendue solide. Ce serait étrange de depiander quelle est la nature de la matière, $i c'était seulement un être idéal n'ayant qu'une valeur subjective : mais, ne pouvant pas établir que la sensation de matière ré» pond à un objet extérieur dont l'existence est parfaitement réelle, occupons-nous en ce moment de son essence subjective, c'est-àdire de ce qu'elle est relativement à nous. Cette connaissance que tout le monde peut obtenir est la seide indispensable pour nos besoins et pour la science pratique.

Tous les philosophes conviennent que les

corps sont divisibles ; mais tous ne sont pas d'accord si cette divisibilité a des bornes ou non. Ceux qui adoptent la première opinion conviennent bien qu'il est géométriquement démontré que l'étendue est divisible à l'infini ; mais ils prétendent que cette divisibilité a l'infini ne convient qu'à l'étendue abstraite» et qu'elle ne saurait avoir lieu dans les êtres étendus ou les corps. Leurs adversaires soutiennent que, si la divisibilité à Tinfini est une propriété de l'étendue en ç;énéral , il faut nécessairement qu'elle êonvienne aussi à tous les êtres individuels étendus ; ou que, si les êtres actuels étendus ne sont pas divisibles à l'infini, il est faux que la divisibilité à l'infini soit une propriété de l'étendue en général. Au reste, la divisibilité à l'infini ne signifie pas que les corps soient composés d'une infinité de parties ; mais seulement la possibilité de continuer toujours la division sans parvenir à un terme où l'on serait obligé de cesser. Ce serait une contradiction manifeste que d'admettre en même temps des dernières particules et la divisibilité à l'infini. Nous n insisterons pas davantage ici sur ce sujet, qui sera traité plus tard ; nous distinguerons alors l'étendue intelligible incréée et l'étendue sensible ou créée; nous examinerons la valeur de la définition antique : l'essence de l'étendue est d'avoir des parties hors des parties, partes extra partes^ et nous donnerons le sens de cette formule. Peut-on expliquer comment les corps produisent sur la vue et sur le toucher la sensation de l'étendue, soit solide, soit superficielle? il faudrait pour cela connaître parfaitement la structure du corps, celle des nerb et du cerveau, la mode d'action des uns et des autres, l'&me elle-même, la nature et les causes de la sensibilité : or que savonsnous de définitif sur toutes ces questions ?

V impénétrabilité est l'impossibilité que deux corps occupent à la fois la même place. Nous connaissons cette propriété des corps par la résistance qu'ils opposent, à notre mouvement ; et c'est nu toucher joint à la motilité que nous devons cette connaissance.

çons : on trouvera des détails à Tarticle Visioif.

(il4) Yoy.f entre autres, les art. Ake, et Dmv sicx*

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les divisions du temps, lors même que le soleil estcacbé par les nuages ou qu*il éclaire Tautre hémisphère; de ce nombre sont : les clepsydres f les horloges, les montres. Le mouvement du soleil , dont les hommes s*étaient servis si longtemps et avec tant d'assurance comme d une mesure de durée parfaitement égale, s'étant trouvé inégal dans ses différentes parties, on s*est servi du pendiUe comme d'une mesure plus invariable. D'après les observations de Mairan, un pendule de trois pouces, huit lignes, dix-sept trentièmes, marque à Paris les secondes oans chacune de ses oscillations.

Vous voyez que nous mesurons le temps par l'espace et le mouvement. Nous mesurons aussi l'espace par le temps et le mouvement , et le mouvement par le temps et l'es- Sace : car la vitesse n'est qu'un mouvement value par le rapport qui existe entre l'espace qu'un mobile parcourt et le temps qu'il emploie à le parcourir.

Le mouvement devient insensible h la vue lorsque les espaces parcourus dans chaaue seconde de temps répondent à des angles visuels qui n'excèdent pas vingt secondes de degré. D'après cela, la plus çrande vitesse peut devenir insensible par la distance excessive qui se tnmverait entre le mobile et l'œil. Voilà pourquoi nous n'apercevons pas d'une seconde à 1 autre le mouvement du soleil ni même celui de la lune, quoique ces mouvements soient extrêmement rapides.

L'opposé du mouvement est ce que nous appelons repos. Ce n'est pour nous que l'état d un corps qui persévère dans les mêmes rapports de situation avec les objets qui l'entourent. Je serais assez porté à croire qu'il n'y a pas dans la nature de repos absolu, et qu il n'existe qu'un repos relatif. Je pense même que le repos pris dans cette dernière acception n'est qu'un mouvement infringé

fiar des causes que nous connaissons quelquebis, mais que nous ignorons le plus souvent. Il y a d'autres idées abstraites qu'on appelle aussi générales , et qui représentent des êtres ou des qualités comparés ou subordonnés les uns aux autres : de ce nombre sont ces idées de genre et d'espèce dont on a beaucoup parlé dans les écoles, et dont la génération, au point de vue purement expérimental, est aussi simple que l'exposition en est facile. Nous entrerons dans quelques détails sur la formation de ces idées, parce que c'est là-dessus que reposent toutes les méthodes de classincation employées soit dans l'histoire naturelle, soit dans les autres sciences.

Les êtres oui se présentent à nous sont autant dlndiviaus ; c*est purement Paul, Jacques, ce cheval, ce sapin, etc. On les appelle individus, parce qu'on ne peut les diviser sans qu'ils cessent d'être ce qu*ils sont. Ces individus ont des qualités qui leur sont communes et d'autres qui sont propres à chacun d'eux. Nous observons ce qu'ils ont de commun, et ce que chacun a de particulier; d'après ces ressemblances et ces différences, nous les divisons en genres et en espèces.

Ainsi quand je vois un poirier, un cerisi« r, un rosier, un lis , etc., j ai de ces divers ol>> jets des idées différentes : cependant]'} r«> marque plusieurs choses qui leur sont c n:munes, comme la tige, les feuilles, les imnés, etc.; je m'arrête uniquement à c<choses que ces différents objets ont de conmun, et je nomme plante ou végétal i'ol' * auquel toutes ces qualités conviennent. C* : idée de véaétal est un modèle, ou coinn disentles métaphysiciens, une idée exempl j à laquelle je compare tous les objets qui m ;• frent à moi dans la suite ; et je donne le n de végétal à tout ce qui est conforme à ( modèle : or le végétal qui répond à mon i'. générale n'existe nulle part, si ce n'est idé.: ment, dans un esprit: il n'est pas poirier, ■ alors les pommiers n y seraient pascom|);.> par la même raison il n'est pas cerisier, rosier, etc. En un mot il n'existe que d. un esprit : ce n'est au'une idée , mais r se réalise dans une in unité d'objets. Par r port aux idées générales, chaque objet e\ ^ tant qui y est compris est nommé indu > et l'idée générale est nommée genre ou ts, ce. Ces deux mots ont une signiGcation ir analogue; mais le genre est plus géniral renferme plusieurs espèces, comme Tesp embrasse plusieurs individus.

L'esprit humain est porté naturellem^ i' généraliser. Ainsi nous allons d'abord <: individus au genre pour redescendre ens du genre à l'espèce ; car à mesure que i besoins nous forcent à un examen plu^ tentif, nous découvrons dans les ètns i nous avions réunis sous la dénomination : •nérale de p{an/e, des différences relative ^ la grandeur, è la consistance des tiges, i durée, etc. : nous les divisons en arbui.' brisseaux, herbes, etc.

Ce que j'ai dit des végétaux peut s/; quer aux autres corps de la nature. Qu^: vois Pierre, Jacques, Jean, je vois qm ressemblent par certaines qualités qui sont communes. De la réunion de ces qu/ je forme une idée générale à laquelle tôu< êtres particuliers participent également, ( t donne à cette idée le nom d'homme. De m '' en ôtant des idées d'espèce signifiées par noms d'homme, de cheval, d'aiqle, de dnuii etc., les idées particulières parlesquelles i diffèrent, et ne retenant que celles par le^qu les elles conviennent, comme la faculté de ^ tir, et celle de se mouvoir, je forme ridt^^ p générale d'animal gui sera genre pour idées précédentes. Mais quand j'obsene tièrement les êtres compris dans la dén» nation générale d'animal , j'y découvre i qualités qui les distinguent : les uns m' chent, les autres volent, ceux-ci nagent, lI^ je les subdivise donc en quadrupèdes, oseaux, poissons, etc.

Les êtres compris sous la dénominati' générale de minéraux se distinguent an^^ par des caractères spécifiques qu'ils pii^>' : ■ tent • ce sont des sels, des métaux, et> mais les animaux, les végétaux, les miiK r.^ '^ ont une propriété commune gui est i< • ' d'exister^ ce sont des itres : j'arrive dm^

l)Iii

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I» PHYSIOLOGIE

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iids à II classe la plus générale, au genre 9100 ippdle suprême, au genre de Vétre. VobSTOjtt qu'à mesure qu'on généralise, on fal de plus en plus abstraction des différence» particttlièrêi pour ne s'attacher qu'aux enetères communs, et que les idées gêné* nb $oat des idées abstraites.

Toutes ces idées générales sont, comme on mi^k voir, dans leur formation par nous, ■cttTre de notre esprit. Il n*y a pas dans b Qtfure d*aoimaU de végétal, de minéral en lÉùénl. il n'j a que tel animal, tel végétal, y ■ÎDérel : mais, vu l'immense quantité des • te el l'impossibilité où nous sommes de hv donner un nom à chacun, nous avons, lotf mettre de Tordre dans nos idées, formé ! ïiprès leurs ressemblances et leurs différen* --«des classes qui les rassemblent, et inciaAè des noms de çenre et d'espèce. Ces -t'iMs rappellent l*existence idéale que nous doboée k ces genres, c'est par leur seque nous donnons un corps a ces idées. ■•I, tigétal^ minéral^ sont trois espei» fltRs; ^adrupideSf oiseaux , jfois$on$ ^c^ècas d'animaux; arbres^ arbrisseaux^ tnis espèces de végétaux; terres^ sels^ i>Ms espèces de minéraux. Je puis i lAdiviser ces différentes espèces r Mfas espèces inférieures, et j arri- B^ttife subdivision en subdivision J«M|u«ffeiDier degré de l'échelle d'où je ™* fipBqu'è l'individu. Toutes ces es- PJttiafcjrdonnées les unes aux autres de- Rspectivement genres par rapport (ailles comprennent : amsi végétal, ^auiéfal sont genres par rapport aux •■•Mes, aux arbres, aux terres, et esjRtosqu' on les rapporte au genre de CTMej)Jus général de tous qui n'a rien au- •*« lui. D'après ces détails on voit que g^p Pfftyède par voie d'analyse lorsqu'il jgygdie l'iodividu à l'espèce, au genre et à 9*»e;et qu'il procède par voie des^nthèse . 'il descend de la classe à l'individu, b gdoéralisation n'a pas seulement les ^pour objet, elle s étend aussi aux phé-

Îu'ils nous présentent, et ce que >ns fastueusement lois générales faiture obtenues par ce procédé n'est ''doute dans plus d'un cas qu'une classi* 0 de faits. On voit donc que le degré itiment qu'on doit à ces fois générales Hre proportionné surtout au nombre bits sur lesquels elles reposent ; car un I&it négatif doit suffire en bonne philo- " pour renverser ou modiGer la loi le qu'on croyait la mieux établie. Ifo- R , dit Bacon, unieam instantiam cofiktoriam destruere opinabile de forma.

nous reviendrons encore là-dessus en ^1 de la méthode de^ sciences.

^^<& idées générales renferment d'abord ce K^eâ renfermé dans l'idée de l'individu. J^ae contiennent même qu'une partie de PÇk individuelle. Cest moins par rapport ■ *« nature des objets que par rapport a la '^'^J^dont nous les connaissons que nous 'wminerons les genres et les espèces; « mesure que nous faisons de nouveaux

ca

pas dans la connaissance de ces objets, nous changeons les divisions et les subdivisions que nous avions déjà établies. Ces divisions mêmes varient suivant que nous faisons abstraction de tel ou tel caractère pour ne nous attacher qu'à tel ou tel autre; ainsi, si l'on ne s'attache qu'à la structure de la fleur des plantes, on les divisera en monopétales ^ poiy^ pélcUes^ labiées f didynames^ diadelphes^ etc. Quoique les caractères sur lesquels reposent ces méthodes de classification soient pris dans la nature et dans les objets eux-mêmes, il est vrai de dire cependant que cette classiflcatiôn est purement artificielle. On voit donc combien Linnée est peu fondé quand il assure que ses aenres sont naturels. Rien n'est plus long, plus difficile, mais plus utile qu'une classification vraiment naturelle.

Toutes nos idées générales ont été divisées mr les scolastiques en cinq sortes, savoir * e genre^ Vespice^ la différence, le propre , et Yaccideni. Ces cinq sortes d'idées générales sont connues dans Técole sous le nom des cinq universaux. Les deux premières, le genre et Vespice, nous représentent leur» objets» comme des choses existantes par ellesmêmes, et les trois autres ne nous les représentent que comme des modifications ou des attributs des autres objets. On les appelle genres quand elles sont tellement générales qu'elles s'étendent à d'autres idées, qui sont encore universelles : ainsi le qtuidrilatire est genre à l'égard du parallélogramme et du trapèze.

Les idées générales qui sont comprises sous une autre idée plus générale se nomment espèces: ainsi le trapèze et le parallélogramme sont des espèces de quadrilatère. On voit que , comme je l'ai déjà dit , la même idée peut être genre par rapport aux idées qu'elle renferme, et espèce quand on la compare à une idée plus générale : ainsi le quadrilatère, qui est un genre par rapport au trapèze et au parallélogramme 9 est une espèce par rapport à la figure.

Mais il y a une espèce qui ne peut être genre et que les scolastiques appellent pour cette raison species infirma; c est celle qui ne comprend que des individus ou des êtres singuliers. 11 y a aussi un genre qui n'est point espèce, c'est le genre suprême ou lo genre de Yétre.

Les idées générales sont appelées différen-ces quand l'objet de ces idées est un attribut essentiel qui distingue une espèce d'une autre. Lorsqu'un genre a deux espèces, il faut nécessairement que l'idée de chaque espèce comprenne quelque chose qui ne soit pas compris dans 1 idée du genre ; autrement ce ne serait que le genre, et les espèces seraient parfaitemeni semblables. Le premier attribue essentiel que comprend chaque espèce de plus que le genre est donc ce qui constitue sa différence. 0e là on peut voir que la différence a deux rapports, l'un au genre qu elle divise et partage , l'autre à l'espèce qu'elle constitue ou qu'elle forme.

Lorsqu'en considérant pliis particulièrement une espèce , nous y trouvons un nouvel

ESP

ESP

attribut qui est essentiellement lié avec le premier et qui convient à toute l'espèce et à cette seule espèce, nous l'appelons propriété. On a cependant beaucoup plus étendu la signification de ce mot, et on le prend aujour^ H'hui dans un sens moins strict que celui des scolastiques.

Enfin, lorsque les attributs que nous apercevons dans les objets ne sont pas essentiels ni particuliers à l'espèce, on les nomme acctdentSf parce qu'on peutlesenlever àces objets, sans que leur nature change : ainsi être velu est un accidefU de l'homme, et les formes que le ciseau donne à fa pierre, au marbre, etc., ne sont que des qualités accidentelles de ces objets (215).

Ce qui rend les idées générales si nécessaires, c'est la limitation de notre esprit, oui ne peut embrasser la totalité des êtres et aes phénomènes. Ces abstractions sont donc utiles puisqu'elles nous présentent à la fois un grand nombre de choses particulières et qu'elles expriment des rapports déjà ai)erçus. Mais si elles servent à augmenter l'activité de l'es-

f)rit humain, elles peuvent devenir aussi pour ui des causes d erreurs nombreuses. Les hommes, non contents de l'existence idéale de plusieurs notions abstraites, ont attribué à toutes les abstractions une existence réelle qui n'appartient souvent qu'aux individus. On a donc réalisé toutes ces notions» mais plus ou moins selon que les choses d'oil elles dérivent

Earaissent avoir plusde réalité. Ainsi, bien des ommes donnent aux mots animal, végétal, minéraly une valeur beaucoup plus absolue 'que celle qui leur appartient; et d'après cela ils ne conçoivent pas qu'il puisse exister des êtres, qu'on ne saurait rapporter à aucune de ces trois classes. Il est donc bien important de ne pas réaliser toutes les abstractions; pour éviter cet inconvénient, il n'est qu'un seul moyen, c'est de développer la génération de toutes nos idées abstraites et générales, et de remonter à leur source ; c'est de substituer des analyses à des définitions vagues, d'arriver ainsi à bien définir, de descendre souvent aux individus, etc.; car il n'existe dans la nature autre chose que des individus. En Dieu seul existe la connaissance exacte, vraie, complète, des idées générales. Dans toute classification de phénomènes et toute classification d'individus , il y a l'œuvre de notre esprit qui modifie et représente i)lus ou moins inexactement la réalité. Ces vérités avaient été établies par Aristote et la haute scolastique dont Bacon a reproduit en partie la formule dans cette phrase souvent répétée : In natura nihil vere exsistit prœter corpora individua edentia actus puros tndtt7tduo<. Les scolastiques ont compris, déplus, que l 'universel est quelque chose dans les individus, seulement il yestmèlé è l'individuel oui lui donne son cachet spécial et personnel (21d). ir Des idées complexes ou composées. — Aorès avoir traité des idées abstraites et

générales, nous allons passer aui i concrètes ou composées. L'esprit les f.

en réunissant plusieurs idées simple:

abstraites en une seule idée compl* x? c'est là ce qu'on nomme concraire.

I)eut distinguer deux sortes de com[)(is es uns existent tout formés dans la m: corporelle, les autres n'ont d'eiislenct dans notre esprit, et les esprits: on a li ainsi les idées complexes en deux t>i< idées complexes de substance corpora idées complexes archétypes. Les prii!

sont formées d'après des modèles e\> dans les corps ; les autres ne soniconsi; . d'après aucun modèle de ce genre ; eu ^ de vrais archétypes ou originaux propresprits et dérivés d'eux : aussi les sensu i les ont-ils regardées comme de sira[)kN » lections d'idées que l'esprit asseçibie hume sans avoir en vue de les rendre ( < : mes à des objets réellement existantv corps qui se présente à nous est unrse de diverses qualités qui frappcni sens. Mais les qualités d'un objet, w pas proprement cet objet; il y a souscrites un être qu elles modifient, et qui le soutien ouïe sujet : cet être, on) r substance, des deux mots latins, suh [être dessous). Mais quel est cet ^Ire H idée en avons-nous? Si par la pensé< dépouillons un corps quelconque (!>' i les qualités que nous apercevons en lu: restera-t-il après toutes ces soustm- ; Une portion de matière ou d'étendue ;:

nétrable ; mais cette étendue impém est-elle la substance? Pouvons-nous i:

à ce corps l'impénétrabilitéT Alors qi:

tera-t-il ? Rien autre chose queTéli li nétrable, c'est-à-dire cette portion del ou le lieu que le corps occupait. C concevoir la substance corporelle? • réponse de la haute scolastique; la si corporelle est cet être inconnu fl'iessence qui, restant immobile, nous >!• sensation d'étendue impénétrable; Dle créant, lui a donné cette facuhe.

qualité qu'on ne peut lui enlever im lement sans l'anéantir; l'idée gintr substance ne vient pas des sens exicn.

Les idées des diverses qualités dt'> ■ ne nous viennent pas par tous no^ v chacun n'est affecté que par les oli î^ lui sont propres ; ainsi la vue ne nei- ' les couleurs, Toreille les sons, le i odeurs, etc. Mais quel est le sens qui ' toutes ces qualités isolées, et qui n(ai> ^ regarder comme appartenant à un ^ même objet? Nous avons dit que pour ques auteurs, c'est le toucher joint au musculaire et à la motilité; pour les pi ticiens, c'est leur sens syntnétique ou mun. D'après les premiers, nous n^umons ridée d'un corps quelconque eu cevant d'abord le rapport d'impénrt:

ou de résistance à notre mouvenieni.

(215) Nous réservons en ce moment la question (it6) Toutes ces graves questions scruiii des univcrsaux, examinée à un point de vue plus minces de nouveau, élevé.

iH ESP DE PHYSIOLOGIE.

»R&rieot }1dée d'obstacle, de solide ou fétfiuiue impénétrable, et nous lions ensuite I cette idée de solide ou d'étendue impésttnble celle de toutes les relations que ce snlide a avec nos autres sens, d'où il r^te aue, pour la matière ou la substance «vporelle en général , on doit entendre idK étendue impénétrable qui constitue te les corps. L'impénétrabilité estia qua- 11- fondamentale qui sert de base à toutes ^«laL'cs, et sans elle, celles-ci ne seraient )'jr nous que des modifications de nouslàm, ainsi que nous l'avons démontré en «■iflt des sensations. C'est Timpénétrabilité h corps, c'est-è-dire la résistance qu'ils ^^tt^nx à notre mouvement, qui nous conmt de leur existence, et cette conviction fS d forte que tous les arguments du pyr* rtiaisme n'ont pu lui porter la moindre athaie, et oueles philosophes qui ont le plus ri«<téde douter de cette existence onttoufKïi agi comme le vulgaire, qui ne soup-

Ïoii? pas même qu'on puisse en douter.' Hais '4 Qous Tient cette conviction? dune sourie ;i'js profonde, de notre'âme même.

ESP

^tenons de voir que la substance corf^v^^tft général, est cette matière cornnnetVMiiies corps, dont l'arrangement ou lorgtoèttigipeut varier, mais aui est elle- B^eiofetructible et impérissable jusqu'au n^oioesdairqué par la volonté suprême. La *ui><tt«{Mrlicuhëre est cette même matière *^ lies qualités qu'on ne peut enlever "P^ particuliers sans qu'ils cessent "'t^i-nou tels corps. Les accidents diffè- ^^ qualités essentielles, en ce qu'on ne

• >tB?rre pas constamment dans les corps, ^^ peut les leur enlever sans altérer J^Miare; tel est, par exemple, le degré de •f^ralurc.

^( arrangement des molécules de la ma- ■J»<lc manière à constituer tel ou tel corps ^ ^ qu'on nomme essence spécifique. Si •?areille essence nous était bien connue, jj»nt qu'on pourrait en déduire a priori •çaliiés de ce corps ; mais notre science, •f^Me véritable essence , n'est pas bien

fc*8f^V; jusqu'où pourrons-nous aller dans voie? Xolre ignorance, à ce sujet, est . innncible : en eflfet, nous ne connais- ^pas les corps en eux-mêmes et d'une

K«« absolue; nous n'en avons qu'une ^=»sance relative, et cette connaissance foce très-bornée. Tout ce que nous pou- Pl^* c'est de tâcher, par l'expérience, ^=î<HiTrir dans les corps des qualités que ^ n'avions pas auparavant aperçues; ^Doos ne pourrons jamais connaître la P^ion intérieure {latens schematismxAs de ^. d'où ces qualités découlent. Nous T^'os cependant les tentatives ingénieuses T^es pour adoucir cet arrêt.

^ collection des qualités sensibles que ■* «VOUS observées dans tel ou tel corps IP '^ que Locke appelle essence nominatet Jl^^J^ttune euenee réelle cette constitution Tpïeure d'où dépendent les qualités qu'on

• ^ découvrir. La classification des êtres

ou substances physiques est fondée sur ces essences nominales.

En réunissant les idées des diverses qualités que nous observons dans les corps, nous avons l'idée complexe de ce corps ou d'une substance corporelle particulière. De même en réunissant plusieurs de ces idées complexes de substance matérielle, nous formons des idées encore plus composées etqu'on nomme collectives. Ces idées peuvent enfbrasser des objets de même espèce, comme troupeau^ meutCf pépinière^ ou bien des objets de diffé* rente espèice, armée^ univers.

Ces idées collectives sont des tableaux artificiels, sous certains rapports, que l'esprit trace, pour ainsi dire, en assemblant, sous un seul point de vue, des choses plus ou moins éloignées et indépendantes, afin de pouvoir mieux les contempler, et cependant il existe, dans la nature créée, comme dans l'esprit du Créateur, un lien qui unit tout.

Les idées complexes archétypes ont été divisées en deux espèces ainsi que les idées complexes de substance corporelle, l** Il y a des objets que l'observation nous montre toujours séparés dans la nature et que nous pouvons réunir dans notre esprit, comme l'or et une montagne^ d'où nous faisons l'idée d'une montagne d'or, quoic^u'il n'existe pas de montagne semblable, qui pourrait néanmoins exister. 2"* Nous pouvons rassembler aussi plusieurs idées séparées, et nous créer d'après elles un modèle intérieur, auquel nous comparons ensuite des actions ou des individus pour en juger. Nous nous formons par exemple les idées de vertu, de justice^ de courage, de bonté, et nous appelons vertueuseSf justes, courageuses, les actions

Sui nous paraissent conformes à ces idées, ous donnons aussi les mêmes dénominations aux individus d'où ces actions émanent : mais la justice, la bonté absolue, etc., ont un type réel auquel il faut remonter ; il est en Dieu .

Nous avons vu que les substances corporelles ont, d'après Locke, une essence réelle et une essence nominale très-différentes l'une de l'autre, et dont la seconde seule peut nous être bien connue, quoique variant suivant l'état de nos connaissances. Hais dans les composés archétypes, l'essence réelle ne diffère-t-elle pas de Tessence nominale? pouvons-nous la connaître parfaitement en faisant rénumération des idées simples qui forment ces idées composées ou archétypes? pourrait-on dire que les composés n'ont pas a'essence réelle, que les idées archétypes ^'ont pas de modèle dans la nature, qu'elles n'existent que dans notre entendement, qu'elles n*ont d'autre substratum. d'autre soutien que le ^gne ou le mot qui les représente T Voilà ce qu'affirment les nominalistes, tandis que les réalistes soutiennent une opinion opposée : c'est un débat qu'il faudra examiner et juger; nous verrons qu'elles ont leur réalité en Dieu, et, par là, dans nous, ^ dans tous les esprits.

3" Des idées relatives ou de rapport, — Nous allons passer actuellement aux idées relatives. Outre les idées simples ou complexes que

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DICriONNAIRB

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Tesprit a des choses considérées en elles» mêmes, il y en a d'autres qu'il forme de la comparaison des choses entre elles. On nomme idées relatives ces idées que nous four^ nit la comparaison des objets. Ce n'est pas que les idées dont nous avons déjà parlé ne puissent toutes être considérées sous un point de vue relatif; mais celles-ci le sont essentiellement et par leur nature ; elles emportent nécessairement avec elles un rapport à une autre idée et font toujours penser à un autre objet.

Il peut donc y avoir autant d'espèces d'idées relatives qu'il y a de rapports aifférents présentés par les objets.il ny a aucune chose, dit Locke, sur laquelle on ne puisse faire un nombre presque inSni de considérations par rapport à d'autres choses. Un homme peut, par exemple, présenter à la fois toutes les relations suivantes : père, frère, fils, mari, citoyen, français, européen et plusieurs autres dans un nombre presque infini ; mais ces relations sont étrangères à la nature du sujet, et il peut y avoir un changement de relation sans qu'il arrive aucun changement dans le sujet lui-même :

ainsi Paul que je considère aujourd'hui comme père, cesse de l'être demain sans qu'il se Jasse aucun changement en lui, et par cela seul que son fils vient à mourir; bien plus, la môme chose peut présenter dans le même temps des idées relatives contraires selon qu'on la compare avec des objets différents : ainsi par exemple, en comparant Jacques à différentes personnes, on peut dire avec vérité quil est p/tM jeune, plus vieux^ plus grande plus petite supérieur, inférieur.

De ce que nous venons de dire il suit aussi

aie les idées des relations peuvent être plus aires que celles des choses qui sont les sujets des relations elles-mêmes ; car la seule idée sufTit pour donner la notion d'un rapport^ au lieu que pour connaître les objets entre lesquels ce rapport existe, il faut faire nécessairement une collection exacte de plusieurs idées : ainsi l'idée que nous avons d un peVe, ou d'un /reVe, est une idée plus claire et plus aisée à déûnir que celle que nous avons a un homme.

Les rapports sous lesquels nous pouvons considérer les objets sont tellement nombreux que nous ne tenterons pas d'en faire ici Ténumération, ni même de les réduire tous à quelques espèces générales; nous nous bornerons seulement à examiner les idées relatives suivantes, dont l'analyse peut présenter des résultats plus intéressants. Ces idées sont les idées relatives de qualité^ de quantité^ d'action, d'ordre, d'identité ou de diversité, et d* événement. Nous allons les oarcourir successivement.

1** La plupart des qualités que nous observons dans les corps sont purement relatives : ainsi nous ne connaissons pas la dureté ou la mollesse, la chaleur ou la froidure, la transparence, la grandeur, etc., d'une manière absolue, mais seulement en les comparant à d'autres corps qui possèdent les mêmes qualités dans un degré plus grand ou inférieur :

ainsi nous disons d'un objet au'il est fr comme la glace» dur comme au fer, tru: parent comme du cristal, etc.

Nous ne distinguons de même les r< que parles rapports que nous obsenonM tre leurs qualités, et c'est la ressembiainv la dissemblance de ces qualités qui jv pour nous la base des idées général*n'est pas douteux que, si nous avions h s ^ assez vifs et assez pénétrants pourdiM^ les petites particules des corps et la 1 1 tution ou 1 essence réelle à laqueikt <»: leursqualités sensibles.ils neproduisivv nous d'autres sensations et d'autres i>lo > celles que nous éprouvons actuelku ainsi le verre pilé, qui nous parait opa i blanc, est transparent vu au micr< ^ deux terres très-déliées, lune jaune et tre bleue» mêlées d'une manière très-ii produisent en nous la sensation du ^ mais vues au microscope, on y disceni' bien les grains jaunes et les grains b l'on éprouve deux sensations très-diib '

2" Passons maintenant aux rapp n

Ïuantité. Les mathématiciens di>ii eux sortes de quantités ; la Quantité c ou l'étendue, et la quantité discièie nombre; cependant il est vrai de du l'étendue eile-même ne saurait ^ire minée sans le nombre, et que toute qr pour être évaluée d'une manière y.

doit se résoudre en nombre.

L'idée de nombre est une des il plus familières à l'esprit, et Tune d< mières que la réflexion nous fournit, t objet dont nous nous occupons, c)ia< ' nos idées nous présente Tidée de lu; cette idée comparée et combinée ; moins avec elle-même forme Tidée !

bre. Le nombre est donc une idée :

tout nombre exprime un rapport à ainsi les nombres entiers, tels, pnr c' que deux, trois, quatre, expriment il^ tués qui contiennent deux, trois, qi l'unité ; les nombres rompus ou n comme demi, tiers, quart, sont des ^ contenues deux, trois, quatre iob l'unité.

Les nombres n'étant que des p» vue sous lesquels nous considérons ; jets, ils ne seraient rien hors notre p et' n'auraient, ainsi que les autres rr de réalité que par les signes qui K^ ment, s'il ny avait pas d'autres esjr nous. Nous pouvons, à la vérité, n' présenter un nombre, quand il t^t sans avoir recours au nom ou au c.i>

3ui le désigne ; mais on pense dans • e Condiliac, qu'il y a un nombre r duquel on ne peut plus rien se reprtet passé lequel on n'aperçoit pbl^ >' multitude vague. Ce nombre doit tt:^ ou moins borné suivant la force de t> la vivacité d'imagination des individib tains auteurs disent que l'on ne peut à la fois au delà de trois idées ; «i portent ce nombre à quatre ou cinq :

ne tenterons pas de le Sxer ; mais ce n peut-il être bien considérable? cela di;

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DB PHYSIOLOGIE

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e b Dâtore du Uea qui réunit dans l'esprit Ivi^tirs unités.

Pimi toutes les idées que nous ayons, il irena aucune qui nous soit suggérée par ùs dt" voies aue celle de l'unité ; aussi n'y I i4-il pas de plus répandue. C'est même mr cela que l'idée de nombre est une des l^iF ani?erselles parmi nos idées ; car le trsbre s'applique aux actions, aux pensées, B^ibjets, aux qualités, en un mot a tout ce ptii5te, soit dans la nature, soit dans notre Siiidement

la répétant dans notre esprit l'idée simple à anité, ou rajoutant plusieurs fois à ellei^^e, Dous formons les idées complexes de K^re$. Ainsi, en mettant ensemble douze b;%, oousaTons l'idée d'une douzaine, et K4 i une centaine, d*un million ou de tout ■tre nombre : mais il ne faut pas croire |i'«û jutant toujours l'unité à elle-même, feï< puissions parvenir à nous former l'idée Cs nombre infini : un pareil nombre ne fntse concevoir ainsi; cest un obiettrop '^^ pour la capacité de notre intelfigence. li|/tKé(hnt par composition nous n'aurions ^.'aUqnune idée purement négative; ^f^nqQoi Locke déclare que nous ne le €90?,fi)ttqQe par la négation du fini, ainsi qvcl^pniire, dit-il, le nom même d*infini, qoi îe«t dot, ce qui n'est pas fini. Nousjpou- ^ooî.ikférilé, ajoute-t-il, reculer toujours Ubfifisdela quantité numérique, et ajouta (^ws l'unité à un nombre quelque pvdâ'oa puisse le supposer; mais nous ^mm pas pour cela ce nombre infini :

tfiinit ia seule possibilité d'ajouter quelque Mfiiison d'unités à tm nombre pour si W^ Tu'il soit, et cela aussi longtemps et Mttt ]t fois qu*on le veut, qui constitue ■A^ idée qae nous nous faisons de l'infini ou Iteidelnidéfini.

(^idée de l'infini, telle que je viens de w«r, s^accorde parfaitement avec celle ^doDoe d'Alembert de l'infini mathéma- 2- U n'examine pas s'il y a des quantités ■^ réellement existantes dans la nature» *j^ce est infini ainsi que le pense Locke» '* } a dans une portion finie oe matière un Mtre ioQni de molécules, etc.; de pareilles ^ODs sont, selon lui, étrangères a l'infini n mathématiciens, qui n'est que la limite ■quantités finies, c'est-à-dire le terme au- Pi le fini tend toujours sans jamais y arri-

É* m% dont on peut supposer qu'il approt^ujours de plus en plus, quoiqu il ne fj^'^e jamais. Nous reviendrons sur cet J^j^^^par le nombre que les idées d'étendue, ^^e, dont nous avons déjà parlé, de- "'^^nt de$ idées de quantité et des idées ^^; c'est par son secours que nous

^'iToT. VElUe de Tin/lm, par Bobdas-Dehod- ^^lasoite de son Exppiitîon iur le eanéùa-

^«loai (nie Leibnîix lavait déjà montré. C^esl [mu b.aeaavft qae repo«e le calcal iofiniië- ^ *^ «e» immenses richesses.

^'} Locke et les aentualistes, partanjl des sens,

parvenons à les mesurer, à les évaluer d'une manière précise. L'idée que nous avons de l'infini numérique, lors même qu'on l'applique à l'étendue et à la durée, ne semble être autre chose qu'ime infinité de nombres ; cependant il n'en est pas ainsi : nos idées de l'éternité, de l'immensité, ne sont pas seulement des additions de certaines idées, de par* fies imaginées dans la durée et dans l'étendue, soit pénétrable, soit impénétrable, que nous répétons avec l'infinité du nombre qui fournit à de continuelles additions, sans que nous

fuissions jamais arriver à un dernier terme, es sensualistes disent que c'est en reculant sans cesse les bornes de l'étendue et de la durée que nous formons les idées d'tmmeniité et A'itemiti, On pourra dire alors que ces idées ne sont point réelles, ainsi aue celles d'un nombre infini ; qu'il n'y a pas plus de durée infinie que d'espace et de nombre réellement infinis; que tous ces infinis n'existent que d'une existence potentielle (et non actuelle), et ne sont que des possibilités d'infinis. Non, ridée absolue de l'infini sort du fond de notre Ame , remonte à Dieu et s'y appuie.

Il ne sera peut-être pas inutile d'observer qu'en général on a de la peine à regarder le nombre comme infini, au lieu que Ton est naturellement porté à attacher cette idée à la durée et à l'étendue ou à l'espace. Cela vient de ce que nous trouvons dans le nombre un terme qui est l'unité, de sorte que nous sommes à l'égard du nombre comme à l'extrémité d'une ligne qui peut être prolongée par l'autre extrémité au delà de tout ce que nous pouvons concevoir. Mais il n'en est pas de même de la durée et de l'espace, car nous nous représentons la durée comme une ligne prolongée des deux côtés (dans le passé et l'avenir), à une longueur inconcevable, indéterminée, infinie. La même chose arrive à l'égard de l'espace, dans lequel nous nous considérons comme placés au centre d'une sphère dont nous pouvons sans cesse allonger le rayon ou étendre la circonférence (218).

On peut rapporter aussi aux idées relatives de quantité celle de tout et de parties; car elles se rapportent immédiatement au nombre et à Yétendue^ et n'en sont que de simples relations. Le tout et ses parties sont la même idée sous deux aspects différents : dans le premier on considère le tout comme un composé de parties, et dans le second, les parties sont envisagées comme formant cet amas.

Ainsi, ce fameux axiome, dont on fait tant de bruit en géométrie» le tout est plus qrand que sa partie j ne dit autre chose, sinon que toutes les parties sont plus grandes qu'une partie; ce qui n'est, comme on voit, qu'ime

n*ont compris que rindéfini, parce que la matière étant finie ne peut donner que pat négation Fidée du non-fini et uc Tindéfini. Hais partez de la création des esprits, et remontes jusqu'à Dieu, dès lors riuQni apparaît avec ses caractères véritables. On peut en donner la démonstration rigoureuse par les mathématiques transcendantes.

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simple vérité d'expression, qui mérite seulement sous certams rapports l'importance qu'on lui adonnée.

Les mots de tout et de partie sont relatifs comme le sont ceux de genre et d'espèce : ainsi, un tout peut être partie lui-même par rapport à un autre tout dans lequel il est compris. La France, qui est un tout relativement h ses départements, n'est, elle-même, qu'une partie, relativement à l'Europe, et l'Europe n'est, à son tour, qu'une partie, relativement à la terre. Croirait-on, d'après ce que nous venons de dire, que certains métaphysiciens aient avancé que les idées de tout et de partie sont incompréhensibles? n'auraient-ils pas dû se borner à dire qu'elles étaient inexplicables, et qu'on les conçoit plus nettement que les explications mêmes qu'on veut en donner? Observons que des difficultés se présentent quand il s'agit du tout universel des scolastiques , mais nous n'en parlerons point ici.

3* Les rapports d'action résultant de l'action des objets les uns sur les autres. Agir, c'est produire un efifet. Cet eflfet peut être une substance ou une manière d'être. A l'idée d'etfet répondent celles de puissance, de cause et de moyens. La cause est l'être agissant; la puissance, le pouvoir qu'il a d'agir, et les moyens sont les éléments employés ou leur mode d'action. Toute action renferme donc en soi les idées de puissance et de cause, d'effet et de moyens. Mais comment acquérons-nous les idées de toutes ces choses? « Tout ce qui existe, dit Locke , a été créé ou produit : lorsque la chose est tout à fait nouvelle, de sorte que nulle de ses parties n'avait d'existence préalable, on dit qu'il y a création: nous disons, au contraire, qu'une chose est produite lorsque les parties dont elle est formée existaient avant sa formation. »

Locke distingue trois sortes de productions: une production naturelle, une production artificielle, et une simple altération dans les sujets déjà produits.

Lorsque la production se fait suivant le cours ordinaire de la nature, par un principe interne placé dans un milieu convenable, nous nommons cela génération; et c'est ainsi que sont formées toutes les productions de la nature (219).

Si la cause est extérieure, et que l'effet soit produit par une séparation ou un arrangement de parties qui puissent être discernées, nous appelons cela faire : dans cette classe sont toutes les productions de l'art.

Si une qualité qui n était pas auparavant dans un sujet, est produite, il y a ce qu'on nomme altération.

Ainsi, d'après Locke, un homme est en* gendre. Un tableau est fait, et l'une ou l'autre de ces choses est altérée lorsque, dans l'une ou dans l'autre, il se fait une production de quelque nouvelle qualité sensible qui n'y

(219) Ceci n*est vrai que pour les êtres corporels; rhomme contenant un élément spirituel, u*esl pas soumis à ces seules conditions; Tinter-

était pas auparavant. Voici les objer que les matérialistes ont présentées c< cette exposition.

« Ces idées de Locke, quoique très-ui!

diques, disent-ils, pèchent cependan l'exactitude. Et d'abord qu'esl-ce qw, création? C'est de rien faire quelque cic'est tirer des êtres du néant. Or poi]\ nous concevoir une pareille icl<^e? m i tredit-elle pas manifestement tout re nous apprend l'expérience et l'obsir journalière, et ne devons-nous pas r

f)résent lire l'histoire du passé et (t 'avenir? Depuis longtemps la philosoj proclamé ce grand principe : ômnis r,> nii//a, sed continua generatio. On |)i> dire de même : Omnis destructio nulla i a ni création ni destruction dans lun^ la même masse de matière est t.* .

existante, et les divers éléments cou seulement de diverses manières et d. ;, proportions différentes, donnent nai>cette foule immense d'êtres qui ne bi que pour se reproduire et mourir, i ntés établies par la longue suite des ^ qui nous ont précédés, sontconforu?

que le temps actuel nous présente ; ci seront sanctionnées par les siècks 'i Ce sont les mutations continuelles <] • lieu à la surface du globe, c'est la di • sition et la putréfaction des corps ori: c'est l'indivisibilité des nouveaux qui se forment dans cette déconiptj^.r la diminution de la masse du corps >i

f»osé qui ont suggéré aux homnjes 1 1 'annihilation de la matière, et qui K fait donner le nom de destruction à < n'est mie changement. C'est de mênic i bilité de la plupart des substances ï taires et l'ignorance la plus absolue : mode d'action dans la formation de> c'est la formation subite de ces pro; de la nature, qui ont pu fournir aui i l'idée de la création, et qui leur ont Ki ner ce nom à ce qui n'est que proàmi génération. Hais il n'en sera pas luu !> de dire avec Perse :

De DÎhUo nibil, Id nihilum nil posse reveni.

(pBKsics, Sai^r. Hi. •

Nous rejetons donc cette idée de cru parce qu'elle répugne à notre pensée, > qu'elle choque la raison et contredit i ' nence , et nous n'admettrons que iâ ^ production qui résulte de l'arrangeui > parties déjà existantes. Toute producti peut être que production de substanc' porelle ou production de qualité ou de nière d'être ; toutes les productions de stances sont ou des productions de la l i ou des productions oe l'art.

« On distingue, dans la nature, <ieu\ pèces de corps : les uns formés par Va ^ juxta-position des substances éiéiiitii!

croissant par cette même juxta-positni milaires dans leurs diverses parties, dép > ^

veniioD divine directe est nécessaire, aiu>' rétablit le spiritualisme.

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t»totiiDent, de mou?ement spontané, de vie, li|ui, «oufflis à toute Faction des agents ex- ^cuns forment, par leur détritus, de noutuii aiixtes : on les connaît sous le nom de ffi 6rw#, et ils forment la très-grande irte de notre globe.

4 Les autres corps, que Ton nomme orgatfiri, sont composés de deux parties qui lenrent, les uoes sur les autres, une action lûdle : les unes solides, qui, par leur K!u*jo, forment des organes, des vaisseaux, S:tllules< les autres fluides, qui sont coni:KS dans les cellules des premières ou cirent dans leurs vaisseaux. Celles-ci, nées Innndus semblables à elles, croissent par ithmctption et par l'assimilation de subkK^ alimentaires. Par le concours des R-\ lis produisent des êtres qui leurresnikienl^sans cesser, pour cela, d'exister ou i MTre; enfin, parvenus à un âge fixé pour ischerses espèces, ils subissent la loi com- BK et meurent. II y a, dans tous ces corps Iniques, un principe de vie qui modine 'KtoQ des agents extérieurs ; mais les uns, iKtiv li faculté d'assimiler et de reproduire, Mu»^fiteocore du sentiment et delà faculté ^^Ân dont les autres paraissent privés.

^ \fmû donner à la formation des corps onaQi|D»ienom de génération^ et nommer .^tmlfima/ton la production des corps

bnjts,

• La .^ration des corps organiques nous •^t cj^iement iaconnue. C'est pour l'es- '^rtksiiQ un mjstère impénétrable, et ('•vWeiforts du génie n'ont pu contraindre b ite à nous révéler son secret. Nos cono^is sont un peu moins bornées quant 'v^irmation des corps bruts; mais nous "caivHijQs mieux leurs principes élément.'^ que la manière dont ses éléments s'u- ^^t, car l'analyse chimique ne nous insuî pje des proportions et non de la forme k s*, l'arrangement des molécules.

(T'»ute$ les productions artiûcielles se font, * que nous l'avons déjà dit, par juxta-po- ^«i lien est de toutes ces productions, Œx*; des composés de notre formation , fiinous pouvons très-bien connaître la na- ^^ cl l'essence réelle: ici nous connaissons B-><ruJement la cause et la puissance, mais ft^ les moyens mis en œuvre , c'est-à- ^ les éléments et leur disposition. En («c'une montre, par exemple, nous en l&ll^sons la matière , les moyens ou les ^'is, et leur mécanisme ou leur mode ^oq; il en est de même de toutes les ktiiaes que l'industrie humaine a produi- < ie tous les arts , de tous les métiers que i^nt a conçus et que les mains exécutent. w art, d'après Diderot, n'est que l'indus- Né Thomme appliquée aux productions '''oature, et cette application ne se fait ^ de deux manières , en divisant et en ^•Anl les corps naturels. »

^m avons transcrit textuellement cette ^^e citation, qui résumait la doctrine des H-nalistes, il y a 60 ans; ces proposi- JK Traies sous quelques rapports, msoute- ^•t:§ sous beaucoup d'autres, sont encore

souvent répétées de nos jours. Nous ne dirons en ce moment (]u'un mot à ce sujet : non-seulement l'esprit conçoit la possibilité de la création ex nihilo telle que la révélation nous l'enseigne, mais même, sans cette conception , l'homme , l'univers et leurs lois sont inexplicables ; c'est le lien indispensable qui unit et coordonne tout.

«t Toutes les productions dont nous venons de parler sont des productions d'objets ou do substances. Reste h examiner la production des qualités ou manières d'être. Locke donne le nom d'altération à cette espèce de production ; mais ce mot allération, dans sa signification primitive, signifie l'acte de rendre un objet autre que ce qu'il est; et dans la signification actuelle ou ordinaire , il em^ porte toujours avec lui l'idée d'uu commencement de décomposition. Cependant on peut donner à un obiet une qualité ou une modification nouvelle sans Paltérer ni le décomposer : ainsi l'on peut mettre un corps en mouvement ou changer même sa température sans l'altérer ni le décomposer.

« Les idées de cause et d'effet sont des idées purement relatives. Ce qui est effet relativement h un objet peut être cause relativement à un autre : ainsi la chaleur des rayons solaires, qui ramollit la cire, est cause par rapport au ramollissement de la cire qu'elle opère, et effet par rapport au soleil qui la produit.

« Il n'est pas plus donné à l'homme de remonter aux causes primitives que de parvenir par l'analyse aux éléments primitifs des corps. Ce que nous appelons cause n'est qu'un phénomène plus général dont l'existence est toujours accompagnée ou suivie d'autres phénomènes plus particuliers. Mais ce phénomène plus général est lui-même produit par une cause soit connue, soit ignorée. C'est un effet qui précède constamment d'autres effets. Ces notions de cause et d'effet ne reposent que sur l'analogie. J'ai observé précédemment que le feu m'a brûlé quand j'en ai approche le doigt, et ie conclus par analogie qu'il me brûlera à présent, si je Vea approche. Je conclus de ce que j'ai vu et senti, à ce que je ne vois ni ne sens encore; je ne puis donc en être certain. Hais cette constance que j'ai observée dans la succèssion des phénomènes de la nature m'inspire une conviction qui égale la certitude. L'analogie est fondée, comme on voit, sur l'expérience, et la prudence sur l'analogie.

« Nous voyons tous les corps qui existent cnanger continuellement d'état; or la plupart de ces changements sont produits par des causes inconnues. Les philosophes ont appelé force toute cause capable de changer l'état des corps, et par extension , ils ont aussi donné le même nom à la résistance que les corps opposent à ce changement, à la tendance qu'As ont à conserver le même état, et ils Tout nommée force d'inertie. On a dit qu'il vaudrait mieux appeler forces iou-^ tes les causes capables de produire du mouvement, et appeler simplement inertie la résistance que les masses opposent au mouve-

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ment. Euler prétend que l'impénétrabilité des corps renferme la véritable origine des forces ; quelaues-uns de ses disciples ont cm que c'est seulement ce qui rend les forces ' actives. »

Toute cette théorie de la causalité , de la force, etc. y obtenue par la contemplation seule du monde extérieur, est inexacte ou incomplète, parce que ces idées nous viennent nettement de la contemplation directe, intérieure, de l'âme, de ses actes, de ses facultés.

4' L'ordre est d'abord le rapport qui résulte de la situation de différents objets ou des parties d'un même objet , disposes pour une même fin.

L'ordre suppose donc une fin ou un but, et il n'existe point, ou du moins nous ne saurions le reconnaître toutes les fois que nous ne pouvons apercevoir cette fin ; mais il im-

Sorte d'admettre partout de l'ordre et une n venant de Dieu. C'est en réalisant l'idée d'ordre , que nous -avons appelé désordre physique certains phénomènes qui sont cependant tout aussi naturels que ceux qui, selon nous, constituent l'ordre. Mais, comme ils sont moins fréquents que les autres, nous avons dit qu'ils s'écartent du cours ordinaire des choses. Ce qui prouve la vérité de cette assertion, c'est que nos idées d'ordre et de désordre varient avec nos connaissances. Ainsi, dans les temps reculés, les éclipses étaient regardées comme des désordres de la nature, et faisaient craindre aux peuples épouvantés la dissolution de l'univers et le retour du chaos. Aujourd'hui que l'on connaît la cause de ces phénomènes, on les considère comme très-naturels, et Ton regarderait au contraire comme une infraction à Tordre des choses, s'ils n'avaient pas constamment lieu h certaines époques déterminées. « Il faut, a dit Descartes, supposer dans les choses plus d'ordre Gue nous n'y en voyons.» Nous parlerons ae l'ordre de nos idées quand nous traiterons de la méthode. Nous nous bornons h observer que c'est la nature dd notre esprit et ses rapports avec Dieu même qui nous fait tant admirer, tant désirer l'ordre, soit dans nos propres conceptions, soit dans les objets physiaues ; la véritable connaissance de l'ordre se lie, comme toutes les autres, à la connaissance de Dieu. C'est par le moyen de l'ordre que nous parvenons a saisir tout à la fois et rapidement un trèsgrand nombre d'objets .De là ce penchant que nous avons à rapporter tous les phénomènes au plus petit nombre de causes possible ; de là aussi cette idée favorite» mais imparfaitement comprise de certains naturalistes, que les corps de la nature forment une chaîne continue , que nous pouvons passer par des nuances insensibles du corps le plus brut & celui dont l'organisation est la plus parfaite» et que si nous observons des interruptions dans cette chaîne des êtres» c'est que tous

(ttO) Nalura non amat êaitut^ a dit Leîbnitz; ^éamnoîns, entre les différenis régnes, entre rhomme et ranimai, entre Iliommc et Dieu» U

les chaînons ne nous sont pas connus.

proposé d'exprimer les rapports qui udI les êtres par une ligne rétiforme plutô par une hgne droite; cette idéemëmea plus philosophique et plus conforme à servation, parce que les modernes, lo remplissant quelques lacunes de cette c des êtres prétendue naturelle , y ont formé de nouvelles interruptions, et s des chaînons que l'on crovait* unis p rapports les mieux fondés. Ne croyons avec les sensuaiistes que l'ordre pbj est, ainsi que l'ordre moral , le pur ou de l'esprit numain; il est l'œuvre del l'homme le découvre partout et l'aime, qu'il est aussi un esprit (220)

Le lieu et le temps servent de fondea des relations fort étendues, auiquelk part tous les êtres physiques; ces rd ne sont que des idées analogues ï Ti ainsi qu'on le verra mieux encore da

Sue nous dirons en parlant plus in i e Yespace et de la durée. Nous m fait voir de quelle manière nous aq en partie ces idées par les sensatiois; fira de remarquer ici que souvent ks minations des choses fondées sur ie et le iieti, ne sont que de pures reli ainsi quand on dit que Locke a vécu se seize ans, ces mots n'emportent pas chose qu'un rapport d'un temps avec tre temps, et signifient simplement < durée de sa vie a été égale à soi seize révolutions annuelles du soleil sont tous les mots par lesquels on p(

Ï tondre à cette question , combien àti 1 en est de même de tous les termes nés à marquer le temps, qui répond

Zuestion, yuand 7 Ainsi, lorsque je ( ocke est mort en l'année 1704, ceb crue cette mort est arrivée pendaii des révolutions solaires qui ont ei puis la venue du Christ sur la terre.

Cette époque fixe d'où l'on coisfl compter les années est ce que l'onl ère. Cette époque varie chez les diver pies : ainsi chez les Grecs, c'était YM des jeux olympiques ; chez les Kod fonclation de Rome; chez le Mahûi c'est l'hégire (ou la fuite de Mahomet),

Il est certains mots qu'on regarde o rement comme n^expnmant que des positives, et qui cependant, à les bie sidérer, sont effectivement relatifs : te les mots jeune et vieux, etc. Car ddnsl ces mots ne renferment autre chox rapport qu'un objet a avec une certâi

Sueur de la durée , dont nous avofi ans l'esprit ; c'est ce qui paraît évide dans l'application que nous en faisoR un homme est jeune à Yingt-cinqao^ qu'un cheval est vieux à vingt, et uy à dix; parce que nous comparons l'i chacun de ces animaux à oitTércntei de durée, que nous avons fixées dan

y a un abtme, mais les deux bords commt par un irait-d'iuiioii qu'il faut saisir ci ^

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c»prit comme appartenant aux diverses espètti d'aaimauiy selon le cours ordinaire de la

'/ .Vous Toici parvenus aux idées relatives {idtiuitéei de aiveriité. Nous nous formons h idées i*idefUité , lorsque venant à consiiÉrer uoe chose comme existant dans un tel taips et dans un tel lieu déterminé, nous la flaperoos avec elle-mèmey existant dans un m temps. Ce n'est pas l'identité de lieu (Bfoo^lue seule l'identité réelle ; puisqu'un r*p« peut être déplacé sans cesser d'être le -Js». Nousjageonsun corpsiden tique quand 10» (ibserrons actuellement en lui les méw^ attributs que ceux que nous y avons

fcédemment observés. Cependant I identité (jpu influe beaucoup sur le jugement que vus portons de l'identité de l'objet, surtout hnque nous pensons que l'objet ne peut-être Ipûcé, Il est aussi mille considérations qui Ctinninent nos jugements sur l'identité , et faonssent de la diversité des objets ou de riiedcsditonstances ; aussi est-il trës-di£Qdkde douier de ce que nous entendons par ik^i one définition générale qui soit apfeik ï tout.

tttt«seorps bruts l'identité parait dépen- ^|te4endentité des molécules que de ^ kïnmgement. Cependant une rivière ^toujomippelée du même nom, quoique $40 en se renouvelle à chaque instant. On p«ittngifee peut-être oue c'est le lieu où «Ue dé ou les qualités de ses eaux qui font

Île son identité; cependant nous l'apiDQJours la même, quoiqu'elle ait ^soo lit, que les eaux soient devenues l^tiiom ou que leur saveur ait changé : il pA doDc que c'est l'identité seule de la <*vre Qui constitue l'identité de la rivière, hos les corps organiques ce n'est point mndté des molécules qui constitue l'iden- 1% de l'individu , mais seulement l'identité *= l\«rganisation, et si l'on peut se servir de «terme, la continuation de la même vie; *^ns les végétaux et les animaux, il y a ^^oellement déperdition et acquisition de Jjjï'^lle substance : ainsi un chêne devenu «wç n'a pas conservé une seule des parties

tii avait étant arbrisseau, et c'est cependant c^ffle chêne ; il en est de même d'un ani-

^ quelconque comparé dans les divers Ages K ^ Tie.

^J « cependant une différence è observer ■^ la manière dont nous jugeons de l'iden- ^ des divers corps organiques. Dans ceux ^ ^Dt privés de la faculté locomotive et ^ naturellement restent toujours fixés dans ^6me lieu, un grand changement dans la Jj^ne porte pas atteinte è l'identité. Il n'en P^ P^. de même des corps organiques qui ^>^nt de la laculté de se mouvoir. Ici l'iden- J^ ^^ lieu no pouvant fixer notre jugement, ''^< ne reconnaissons plus l'identité de l'in- '^^u dès qu'il a éprouvé des changements -A-^érables dans la grandeur, la couleur et •*^>ul dans la figure.

Jous jugeons de l'identité des qualités ou ^ manières d'être de^ objets par l'identité *î impressions qu'ils nous font éprouver.

Dicnoim. DE Pbtsioloqiie.

Souvent aussi nous jugeons une qualité la même quoiqu'elle ait beaucoup changé, mais par cela seul que nous la rapportons à un objet que nous savons être le même. On voit d'après ce que je viens de dire combien sont incertains les jugements que nous portons sur l'identité soit oes otnets soit des manières d'être. Il est inutile de faire observer sansdoute que ce que nous avons dit de l'identité peut se dire en sens inverse de la diversité.

6" Les rapports d'événement sp tirent de l'existence future des choses ou des faits. Une chose peut ou ne peut pas être, doit ou ne doit pas arriver, elle est possible ou impossible , nécessaire ou contingente.

On définit ordinairement le possible ce qui n'implique pas contradiction, par conséquent l'impossible est ce qui l'implique. Ces définitions ne sont-elles pas trop vagues? Si on les adopte, n'est-ce point parce que connaissant d'ailleurs la chose défini^, on n'v regarde pas de si près : l'esprit qui est frappé de quelque lumière la leur attribue et ne s'aperçoit pas qu'elles sont peu intelligibles : essayons de substituer des analyses à ces définitions. Vous verrez, quand nous parlerons delà méthode, que le besoin de donner des définitions, même ouand elles sont impossibles, a fort obscurci la métaphysique et toutes les sciences abstraites, lorsqu'on a cru que les définitions avaient toujours une valeur absolue et pouvaient suiBre à tout.

La notion de la possibilité se forme d'après celle de l'existence. Un corps existe actuellement, donc hier son existence était possible ; ainsi l'être est ce qui existe et le possible ce qui peut exister. Ce que je dis des êtres peut se dire des phénomènes. Par l'observation et l'expérience nous rassemblons un grand nombre de faits ; nous les classons d'après leurs analogies; nous jugeons possible tout ce qui ne contredit pas les vérités (;énéra1es qui résultent de l'observation, de 'expérience, de la raison, etc., et impossible tout ce qui contredit ces vérités. Un voit donc que les notions de possibilité et d'impossibilité sont souvent proportionnelles à l'état actuel de nos connaissances, et qu'il ne faut pas trop se hâter de prononcer sur la possibilité ou Timpossibilité d'un fait ou d'un événement quelconque. On connaît aujourd'hui dans les sciences physiques bien des phénomènes qu'on eût autrefois regardés comme impossibles et que nous pouvons cependant produire à volonté.

Outre l'impossibilité absolue, il y a encore une autre espèce d'impossibilité oue les scolastiques appellent impossibilité d'Aypothise. C'est lorsqu'on regarde une chose comme impossible dans le cas qu'un fait, que l'on suppose, existe réellement : ainsi

I élévation cfes nuages et des vapeurs serait impossible, supposé qu'il n'existât plus d'atmosphère.

On définit ordinairement le nécessaire tout ce qui est tel qu'il est impossible qu'il ne soit point. Le contingent est son contraire.

II est aisé de voir que les idé*3S de nécessité et de contingence sont intimement liées k

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celles de possibilité et d'impossibilité, qui sont souvent proportionnelles à l'état de nos connaissances. II n*jr a pas d'effet sans cause: ainsi tous les phénomènes aue nous observons dans l'univers sont des phénomènes nécessaires par cela même qu'ils existent , tant que Dieu ne changera pas ses lois, ou que des lois nouvelles n interviendront point en suivant l'ordre de succession établi par lui, ce qui est plus exact; mais ne connais* sant pas toutes les causes, leurs lois, leur mode d'action , et ne voyant que des résultats , nous jugeons aue les phénomènes constatés auraient pu très-bien ne pas exister, qu'ils peuvent changer, qu'ils sont contingents. C est dans les phénomènes vitaux, moraux, intellectuels, qu'il y a surtout une contingence croissante avec la liberté croissante des agents internes qui en sont les causes secondes

On pourrait demander k ce sujet ce que c'est que le hasard : on répond que c'est un effet dont nous ne discernons pas la cause. Un joueur amène deux six dans les deux dés , il l'attribue au hasard, cependant c'est un événement qu'on eût pu calculer à priori, si l'on pouvait apprécier d'une manière exacte le poids et la nçure des dés, leur texture et leur densité exténeure , l'agitation qu'on leur fait subir dans le cornet , la manière dont on les jette, le mouvement qu'on leur communique , etc. Hais s'il est aisé d'indiquer toutes ces causes, il est impossible de connaître quel est le degré et le mode de leur action et de pouvoir par conséquent prédire l'effet qui doit résulter de leur concours.

Ce serait sans doute ici le lieu de parler des idées relatives qui naissent des relations morales soit naturelles, soit d'institution; mais nous traiterons de ces idées en parlant des facultés actives et de ce qui constitue la moralité de nos actions. On peut se demander également s'il n'y a pas des idées nommées relatives qui ont quelque chose d'absolu T réservons pour plus tard cette délicate question (221).

Des qualités des Idées.

Après avoir examiné la nature et la ^nération des différentes espèces de nos idées, en parlant des sens externes, il nous reste à parier de leurs cmalités.

Toutes nos idées, tant sensibles que réfléchies, peuvent d'abord être considérées quant à leur simplicité et à leur composition. Elles se divisent en idées simples et en idées composées. Une idée simple est celle qui ne saurait être décomposée en différentes idées et qui n'excite dans l'esprit qu'une perception uniforme ; une idée composée est celle qui est formée par la réunion de plusieurs idées simples.

Il y a des idées simples qui ne nous viennent que par un seul sens : telles sont les idées de la lumière, des couleurs, des odeurs, des sons » du froid , du chaud , de la soli-

dité, etc. Il est d'autres idées simples q viennent h notre esprit par plus d'un seiu telles sont les idées d'étendue, d'espace, < figure, de situation, de distance, de mour ment, etc. , que nous acquérons par la f et par le toucher.

Il y a aussi des idées simples que no acquérons par la réflexion sur nos sem tions ; les objets extérieurs ayant fouroi l'esprit les idées simples dont nous venonsi parler, l'esprit faisant réflexion sur luHDéo et considérant ses propres opérations ^ rapport aux idées au'il vient de tîcm tire de là d'autres idées qui sont propres être les objets de ses contemplations , au bien que celles qu'il regoit du dehors : lell sont les idées de la sensation^ de \hpertt iion , et de toutes les opérations de nos i cultes.

Il y a enfin des idées simples que nousi quérons par sensation et par réflexion : tdl sont les idées d'unité^ de nombre, S ta ience^ de puissance, etc.; et un très-gnfl nombre de nos idées abstraites et relaini

Il faut bien se carder de regarder m| certains métaphysiciens les idées quiii excitées en nous par les objets comioel véritables images, ou des ressemblances 4 objets qui les excitent ; car la plupart de ( idées qui sont dans notre esprit ne ressa blent pas plus à quelque cnose qui eii hors de nous , que les noms qu'on emph pour les désigner ne ressemblent à nosidij quoique ces noms ne laissent pas de les j citer en nous, dès que nous les eutendog aussi a-t-on dit que l'idée est tout ce o l'esprit aperçoit en lui-^nëme.

L esprit ne peut pas plus créer une i simple que produire un nouvel atome de* tière dans J^nivers. H peut seulement de même agir sur les idées simples qu'il p^ ar diverses voies et en former d'autres

es actes auxquels l'esprit se livre sont:

1* La combmaison des idées simple une seule, et c'est par ce moyen que seft les idées complexes;

2* La séparation des idées d'avec tOQ les autres qui existent réellement a?ec t\\ pour en former des idées abstraites et I nérales ; . I

3* La comparaison de deux idées, soit s

{)les soit complexes : c'est par là que Toi orme les idées de relation, etc.

Il est bon d'observer que toutes les « tions peuvent se réduire a des idées simi» Une cnose qui mérite d'être remarquée, c que de toutes nos idées simples, celles J oni été le plus modifiées, et qui ont f à formuler le plus d'idées composées,!

sont les idées de la pensée^ du mouvemetA de la puissance , car toutes nos actions p vent se ramener aux deux premières de idées et découlent de la dernière.

On divise encore les idées en claires et obscures , distinctes et confuses , coinpn et incomplètes. Les deux premières de

(i21) ?oy. les études fort méthodiques, mais Voy. aussi les remarques de Leibniu i ee "i partois inexactes, de Locke sur les relations. -^ rarticle Rektion du Diction, de Fiulici, etc.

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ânsioas regirdeiit les idées, considérées en {iics-Démes, et les autres s*appliauent sn idées envisagées relativement à leurs

la iDOts de darié^ et A* obscurité des idées ^:!des expressions figurées qu'on a emfjïiées des objets visibles, un otijet est w lorsque par la lumière qu'il réfléchit, il làit apercevoir; il est obscur lorsqu'il ifiS pas exposé à une lumière qui suffise fu oous en laire voir distinctement les «Litorset la forme, et que l'impression qu'il iuit est faible. La clarté des idées est ree aa seotiment intérieiu* que nous en aa mode qu*elle présente en nous ; on 'jipi dire, i proprement parler, qu'il n'j a p d'idée obscure en elle-même ; et que |i£e idée peut devenir claire lorsqu'elle est p^\t ï l'esprit , si ce dernier l'élabore V&umDent et ne dépasse pas ses limites. tiA-<tfas surtout le degré de vivacité des Ife qui les a fait distinguer en claires et a«&««ares, et n'a-iK)n pas donné les noms ktarté et d'obscurité à ce qui n'est qu'inki^ OQ faiblesse des perceptions et des Ikfidoos (222) 7

\h ciases de la faiblesse des perceptions l^^^dire de ce qu'on nomme obscurité fc jAm; sont : ou des organes grossiers, *i^ impressions faibles et transitoires «V les objets , ou bien la faiblesse de h lESoire qui ne peut les retenir comme w a reçues, etc.

('eae ce qu'on appelle idée claire n'est £^ idée dont i'espnt a une pleine et évi- P^ perception; de même une idée distincte ^'y. où l'esprit, aperçoit une différence feîaBpèche de la confondre avec toute au- |i^, et Vidée confuse est celle qu'on ne P|{<as suffisamment distinguer de toute auiiiée.D après ce gue nous avons dit déjà,

t^ les idées vraiment claires ne seront- P^ des idées distinctes et réciproque- P^ D faudrait bien s'entendre sur ces ex-

^^43s métaphysiciens ont prétendu qu'il P ' /Oint d'idées confuses et que toutes f'^ sont distinctes, par cela même '^ sont présentes è l'esprit ; mais n'ont- J<$eoafoQdu la diversité des idées avec la P^ùon? Cependant, l'une a rapport à la ^f'^oct qui existe entre les idées , et l'autre '^[fH qui aperçoit cette différence. Sans

f^' une idée n'est pas l'autre, mais l'es- P^ui très4>ien ne pas les distinguer , et "•rs il est rrai de dire qu'il y a des idées ■^•^. c'est-à-dire des idées que l'on con- M «rec d'autres.

^'^ idées simples sont les moins suscepti- !> de confusion ; celles qui sont le plus ^^ à être confondues sont les idées ^yiiées: elles le sont d'autant plus qu'elles ^ plus composées; en effet ces idées com- "^ étant formées d'un nombre plus ou ^ conâdérable d'idées simples, il est

*^ inttole dil qae, pour rendre les idées ^ nûTcs, il Cal s*âever progressivement de ce ' *^ Has cbir pour noos à ce qui étant moins

difficile que l'esprit puisse se représenter à la fois et exactement toutes ces idées partielles qui composent l'idée totale, de sorte <iue, se représentant seulement plusieurs des idées partielles, il prend aisément leur pluralité pour leur totalité, dans laquelle seule, cependant, consiste la justesse et l'essence même de l'idée complexe. Nous verrons, en parlant de la métliode, que le seul moyen de distinguer les idées complexes, c'est de remonter a leur origine, et de les analyser avec exactitude. Nous verrons aussi dans la deuxième partie de la métaphysique, combien les signes influent sur la distinction et la confusion de touets nos idées.

On a aussi divisé les idées en réelles et chimériauas; mais les déûnitions que Ton a données des idées considérées sous ce point de vue, sont tort inexactes : on a défini par exemple les idées réelles, des idées conformes à des objets existants soit dans la nature, soit dans notre esprit. Hais l'idée d'un centaure, d'une hydre existe trèsbien dans notre esprit, et n'est pas moins une idée chimérique. Ainsi je pense qu'il vaut mieux définir les idées réelles, des idées d'objets existants, ou qui peuvent exister; car toutes les idées ont une réalité mentale, si je puis m'exprimer ainsi : elles existent toutes dans notre esprit, et c'est seulement selon que leurs objets peuvent ou ne peuvent pas se réaliser au dehors, qu'elles sont réelles ou chimériques. Nous jugeons aussi que les idées composées sont chimériques lors-

au'elles sont formées d'idées simples, que, 'après l'observation et l'expérience, nous jugeons incompatibles ou contradictoires. On sent que ces jugements doivent toiqours être analogues à l'état des connaissances soit des individus, soit de l'espèce en général.

Enfin nos idées sont complètes^ lorsqu'elles représentent tout ce qui se trouve dans leur objet, et incomplètes . lorsqu'elles ne représentent qu'une partie des objets auxquels l'esprit les rapporte; on les connaît dans l'école sous le nom d'adéquates et d'inadéquates»

D'après ces définitions, il est évident que toutes nos idées simples sont complètes; car elles sont le produit des impressions que les objets font sur nous par leurs qualités diverses, et doivent par conséquent répondre à ces qualités.

Il n'y a gue les idées composées qui puissent être incomplètes. Nous avons distingué deux sortes d'idées complexes parmi celles qui sont tirées des sensations corporelles, savoir ^des idées formées d'après aes modèles exisiant dans les corps, ou des idées de sub^ stances matérielles, et des idées archétypes correspondantes corporelles.

Les idées de ces suostances ne sont et ne seront jamais complètes, cat chaque jour nous découvrons dans les corps de nouvelles pro^

Friétés, qui ajoutent de nouvelles idées à assen]l)lage de celles qui forment l'idée com-

dair, est cependant pins Inminenx par Ininnénie, c'estr^Hlire du sensible à rinielligible, josqn'^ TmtelUgible, on Inminenx sopréme, jusqu*à Dien.

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plexe qui nous les représentait , et jamais nous ne parviendrons à connaître parfaitement la nature et Tessence des corps, ni par conséquent à avoir une idée complète de chacun d'eux.

Pour les sensualistes, certaines idées archetypes sont toujours complètes parce qu'elles sont à elles-mêmes leurs modèles, et que ce sont des composés de notre formation. Ce sont, pour eux, comme nous l'avons déjà dit , des collections d'idées simples que l'esprit assemble lui-même, et des collections dont chacune contient précisément tout ce que l'esprit a dessein qu'elle renferme. D'après LocKe, ces idées ne peuvent devenir incomplètes, que dans le seul cas où l'on prétendrait qu elles répondissent exactement à celles d'une autre personne; car il peut arriver qu'elles en diffèrent beaucoup, et qu'ainsi elles ne représentent pas exactement les modèles auxquels on les compare : je puis, dit-il, par exemple, faire entrer dans la notion que je me forme de telle ou telle vertu, plus ou moins d'idées que vous, et alors mon idée composée sera incomplète par rapport à la vôtre, ou la vOtre par rapport à la mienne : la doctrine change beaucoup et devient vraie, quand on cherche en Dieu même, comme dans leur source, le type des idées morales.

Les métaphysiciens distinguent aussi des idées vraies et des idées fausses, mais, à pro- |)rement parler,, la vérité et la fausseté appartiennent plutôt à nos jugements, ou aux pro- Eositions qui les expriment. Nous verrons à la ogique ce que nous avons à dire là-dessus.

§ S. — >De9 affections.

Toutes nos sensations et nos idées nous affectent ou du moins peuvent nous affecter d'un sentiment de bien-être ou de mal-être, de plaisir ou de douleur : elles sont toutes agréables ou désagréables, et ce n'est guère que par comparaison ou par habitude qu'elles deviennent indifférentes. Les sensations et les idées peuvent donc être considérées en tant qu'elfes nous représentent les objets, et en tant qu'elles nous affectent d'une certaine manière. Nous avons déjà divisé les idées représentatives, en idées sensibles, et en idées réfléchies; nous diviserons aussi les idées affectives ou les affections, en physiques et en morales; les premières sont dues particulièrement à la sensation, les secondes a la réflexion. Plaisirs et peines des sens, plaisirs et peines de l'esprit, c'est là une double source de nos besoms, de nos désirs, de nos passions.

Les affections constituent le sentiment proprement dit, qui consiste, comme on voit, dans la perception du plaisir et de la douleur. Sentir et ne pas se sentir bien ou mal, sont, d'après Condillac, des expressions tout à fait contradictoires; et il n'y a des sensations et des idées indifférentes que par comparaison.

Le plaisir et la douleur sont plus aisés à sentir qu'à définir : ce sont des manières d'ê-

tre agréables ou pénibles, produites on nfiu soit par nos propres pensées, soit par ractun des objets extérieurs. On nomme ces ninnp res d'être affections physiques quand el!> résultent des impressions des êtres pbysi ques, et affections morales quand elles sn . produites par les êtres moraux, c'est-a-dn par nos pensées, et par ce qui est supéri^ au monde physique. On a dit qu'en dernir] analyse toutes les affections sont mor/i puisqu'elles se rapportent à l'esprit, qu > i sont toutes physiques puisqu'elles résuit de notre organisation, que le moral ei physique ne sont en nous que Hiomiue c sidéré relativement à des modes ditforer; Cela est vague et inexact : l'âme qui peu celle qui souffre est toujours le même it mais le point de départ des impresMi phvsiques, intellectuelles et morales, k: : éléments constitutifs intimes ne peuvent ^ ramener à l'identité. Si les idées nous pnv rent du plaisir et de la douleur, le plais : la douleur peuvent aussi devenir des iii« et nous acquérons ces idées par sensa; ou par réflexion; de manière que cha idée produit un sentiment, et que cli.r sentiment fait naître une idée : c'est aiiKi . la chaîne de nos affections s'entrelace ii\ celle de nos idées, et exerce une lar^i ; fiuence sur le bonheur ou le mai hem d individus.

• Les idées du plaisir et de la douleur ^'^ desidées simples ;aussine peut-on pas plus définir que ces affections elles-mêmes.

On a dit, cependant, que le plaisir coI]^ dans le mouvement doux etmodéré des ï\> et des organes soit des sens soit de la pm^ Si ce mouvement est trop violent, il dt v; incommode, et produit la douleur. On » \ que par ce moyen l'étroite liaison qu i entre le plaisir et la douleur, et pourqu douleur est souvent causée par les iii objets et les mêmes idées qui nous wu du plaisir. Ainsi le feu qui nous fait é[ r ver une sensation agréable lorsque irnu^ sommes à une certaine distance, nous ci . une sensation désagréable lorsque nou' approchons de trop près, et finit par lu.. lorsqu'on le touche; car la sensation dt m leur est produite par la dilatation que i subir aux parties de notre corps le cal'ii qui les pénètre et qui condensé dancorps embrasé tend à se mettre en équi : et s'élance de toutes parts; il en résulte i nous une sensation de chaleur agré;il>ii: désagréable selon que cette dilatatinn < parties est modérée ou violente; si f dilatation est beaucoup trop forte , il y déchirement ou brûlure, et nous éprouv . une douleur très-vive. La lumière, qui elle-même le plus agréable de tous les ol sensibles, nous incommode beaucoup, ^l ' frappe nos yeux avec trop de force el delà d'une certaine proportion; ne donn pourtant pas à cette vue de l'esprit p d'importance qu'elle n'en mérite (i23).

(2i3) La doaleur n'est pas, comme on Ta dit, une exaltation, nais un état anormal de la fibiliic.

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Le plaisir peut augmenter ou diminuer par ik;ri'S : eo diminuant il tend à s'éteindre, et il f tvaoouit arec la sensation; en augmentant, su coQtraire , et changeant de mode, il peut oioduire jusqu' à la douleur, parce que Timpr^ioo devient trop forte pour Porgane.

Ainsi il y a deux termes dans le plaisir : le [liib faible est celui où la sensation comicDce arec le moins de force, c'est le pre- Jtr pas du néant au sentiment ; le plus fort bi celui où la sensation ne peut augmenter ))35 cesser d'être agréable , c'est l'état le plus T«)i^ de la douleur. L'impression d'un plaisir û>i:t:e parait se concentrer dans l'organe qui ktrsosmet à l'esprit; mais s'il est à un certain ^, Té de vivacité, il est accompagné dune én^tioD qui se répand dans tout le corps. U douleur peut également augmenter oudiniauer : en augmentant, elle tend à la des- 'nj:iion totale de celui qui l'éprouve ; mais, n diminuant, elle ne tend pas comme le Hôtr à la privation de tout sentiment : le L^Ri^jGt qui la termine est au contraire tou- ."•in «gréable.

D après ce que nous venons de dire, on voit

y le plaisir et la douleur sont des choses

t^^^es à la constitution et aux divers degrés

'- ^<^Kté des individus, à l'état actuel du

c^isqû, et aux affections qu'il a précé-

«icmotuî (prouvées. Telle sensation qui est

dé*4aéitile pour l'un ne l'est pas pour un

>^> e( telle sensation qui était hier agréa-

^(^Driuoi ne l'est plus aujourd'hui.

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