‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 103 sur 340 · I: ieotiment ne se trouve pas au même · texte numérisé non relu

I: ieotiment ne se trouve pas au même

yffi dans tous les êtres qui en sont doués.

f-ifeemème dans les individus suivant l'ige;

lifere suivant le sexe. Ces différences sont

;x{<<eosibles dans l'espèce humaine, où l'or-

oîiialion du système nerveux est plus par-

^''i«, et en rapport avec l'agent spirituel

^î^rae auquel il sert d'instrument : souvent

••fiesré de la sensibilité est en raison inverse

'^cduidelaforce tonique. L'enfant, plus fai-

^- que l'adulte , est doué d'une sensibilité

i*bnve; les femmes, plus délicates que

^hommes, ont aussi une sensibilité plus ex-

^lie.

Le plaisir et la douleur sont nos grands pAres. Ils sont le principe et la règle de >4Qcoup d'actions, de beaucoup .de pensées , ^cierceat une influence puissante sur le ^^obre et l'étendue de nos connaissances. ^ piaisir nous attache aux objets ; la douleur ^^ éloigne de ceux qui nous sont nuisibles : '^- ajoute même à l'intensité de nos jouis- ^<^,etle plaisir est plus doux quand il suc- ^*< à une douleur violente. C'est de leurs ^''Qs que natt l'expérience ; mais la douleur "^ ^Qs doute un guide plus sûr que le plaisir » '' l'homine est toujours moins solidement i-tmit par le bonheur que par l'infortune. . ^ plaisirs du goût sont plus vifs que ceux ■^ autres sens : aussi sont-ils d'une bien ['«^"grande importance pour la conservation '• i animal , et les besoins qui en dérivent ^^( plus urgents et plus impérieux. Tous 2 ^ns, outre les plaisirs attachés au soin <J^.iM>tre conservation, nous procurent aussi "* lutres plaisirs qui ne paraissent avoir d'autre

but que le seul exercice des sens euxHnêroes. . Nous terminerons cet article des affectionsphysiques par une observation importante : les organes des sens, très*sensibles dans leur premier exercice, peuvent être alors remués par les impressions les plus douces. L'abus des sensations fortes, auxquelles on se livre, unit par les durcir et les rendre calleux : ils

f)erdent alors leur sentiment et rien ne saurait es réveiller. Un homme accoutumé aux mets piquants et aux liqueurs fortes se blase, et ne peut goûter des aliments qui étaient auparavant agréables pour lui. La finesse de l'odorat se perd de môme par l'usage fréquent des odeurs et du tabac ; le toucher s'exerçant journellement sur des objets rudes et grossiers perd sa délicatesse et devient près-* que insensible. Personne n'ignore que l'habitude d'entendre continuellement un bruit considérable et des sons éclatants, procure la surdité. Les organes devenus calleux ne sont plus susceptibles de plaisir. Puiscjue des sensations vives trop souvent répétées les émoussent, il importe au bonheur de les ménager. On doit donc , même au point de vue ph^rsique, dans l'usage des plaisirs, avoir toujours devant les yeux cette maxime , plus importante encore moralement :

Usez, n'ibosez pas, le sage ainsi l'ordonne : L'abstinence on Texcès ne fit jamais d'faeoreux.

Les affections morales se lient à la ré* flexion que nous faisons soit sur les affections des sens,soit sur nos propres pensées,etc . ; elles sont proportionnelles à l'état de perfectionnement des individus. Nous voyons que les nations les plus civilisées, celles où 1 on cultive avec plus de soin les diverses branches des connaissances et qui par conséquent ont une plus grande habitude de réfléchir, sont beaucoup plus sensibles aux affections morales, et ont un plus grand nombre de ces plaisirs et de ces peines factices que l'esprit est ingénieux à se créer; tandis.que les nations barbares sont, par leur ignorance et leur stupidité, insensibles à une infinité de choses qui nous touchent.

Les sens de la vue et de l'ouïe, qui paraissent avoir avec la faculté générale de la pensée une liaison plus intime que les autres sens, outre les plaisirs physiques qu'ils nousprocurent, sont aussi pour nous la source féconde de plaisirs moraux ou réfléchis. C'est à la vue et à l'ouje que se rapportent tous les beauxarts ; c'est a eux que s'adressent la langue écrite et la langue parlée ; enfin c'est par leur secours que nous participons aux idées , .aux connaissances, aux affections de nos semblables.

Remarques sur les idées.

La question des idées est si importante, que nous aurons encore à l'examiner sous divers aspects dans différents articles. Que peut-on entendre par idées vitales ^ idées instinctives ? Qu'est-ce qu'une idée purement intelligitle, une véritable idée? Nous aurons à scruttsr

{)lus profondément les idées d'étendue inteligible, de durée^ intelligible, d'espace, de

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MCTIONNAIRB

temps» de force, d*ètre, etc. Ces questions seront longuement discutées dans notre traité de Philosophie. (Consultez Balmès, ouvr.cité Des idées, tom. U et III ; Bordas - Demouun, ûu cartésianisme, mélanges philos.; Franck, Dict. philos. ; Arnaud ; le P. Ventura , Des vraies et des fausses idées; BRiicKER, De ideis, etc.)

Section II. — - Des facultés.

Jusqpilci nous avons étudié les éléments constitutifs préparatoires ou fondamentaux de la pensée (sensations, émotions, idées); maintenant nous examinerons les causes instrumentales psychiques qui la produisent. L'histoire de nos sensations et de nos idées sera suivie de celle de nos facultés.

Les facultés noologiques de T&me sont les différents pouvoirs qu'elle a d*agir. Ces pouvoirs résultent immédiatement de notre constitution intellectuelle, dont les premiers ressorts, dans leur nature intime, sont enveloppés- de mystère. Attachons-nous maintenant à montrer comnoent ils s'exercent, à décrire les opérations qui résultent de leur action.

Toutes nos facultés et leurs opérations ont été divisées par les philosophes en deux classes * facultés intellectuelles et facultés actives^ ou entendement et volonté. Réunies, elles forment la faculté générale de la pensée. La perception, l'attention, la mémoire, le jueement, etc., ont été placés dans la première classe et rattachés à Y entendement; le désir, les passions comme lamour et la haine, l'es-

{érance et la crainte, etc. , ont été rapportés la seconde classe ou h la volonté. On désigne aussi ces deux ordres de facultés par les noms d*esprit et de cœur, qui, sous d'autres rapports, expriment toujours la même idée.

La logique repose sur l'analyse des facultés intellectuelles; elle nous apprend à diriger notre esnrit. La morale s'appuie sur l'analyse des facultés actives; elle nous apprend à diri* ger notre cosur.

Il faut bien prendre carde de regarder les facultés comme autant d'êtres réels, existants au dedans de nous, et producteurs de nos idées et de nos déterminations : ce sont des modes de l'activité de notre Ame , que nous séparons, que nous distinguons diaprés leurs actes de sensation, de perception, de réflexion, de jugement, etc. Les facultés de sentir, de percevoir, de juger, etc., indiquent la manière dont nous avons classé les manifestations d'activité oui caractérisent l'esprit humain (224). Ces classes particulières sont elles-mêmes réunies en deux autres classes plus générales : Ventendement et la volonté. Celles-ci sont des points de vue sous lesc^uels on considère V esprit humain, c'est-à-dire la faculté générale de la pensée; elles sont deux manières d'envisager l'esprit : en tant qu'il aperçoit, qu'il se détermme, etc. Beaucoup de philosophes n'ont pas bien distingué

(221) Ceci nous explique pourquoi Von a tant varié sur les cUssificatious de ces facultés; il est utile d*en examiner plusieurs. Nous nous place-

l'Ame même de ses facultés, ni ces dcrni< de leurs actes et de leurs produits; beaui de physiologistes ont pensé que chaque , avait un instrument anatoraique dislinci pouvait même en être la cause efficiente là sont venues des obscurités, des inceri dés, des erreurs, gui se sont répandues di l'étude physioloçique et psychique d' facultés. Pour éviter ces dangereux ém et pour mieux connaître nos facultés, r les examinerons d'abord dans leurs oi tions et dans les produits auxquels elles . nent naissance dans leur exercice.

La faculté de sentir est, ainsi que n l'avons déjà vu, la première de nos fa< i; Cette faculté se divise en sensibilité inu tuelle et morale propre à l'homme, et >• i bilité animale résultant d'une manitn' intime de l'union de l'âme et du corps C ci s'exerce, 1* dans cina organes ext : distincts, les cinq sens; r dans des p internes plus profondes, moins bien Ul tées, etc. Ici se rapportent les sensation la soif, de la faim , de la fatigue muscu! de l'angoisse respiratoire, circulatoire, Nous verrons le rapport intime qui t entre nos modes divers de sentir el nos rentes facultés, dont les opérations invr un puissant mobile dans la sensation, <• dérée dans un sens largement compréh Nous ferons voir que la perception, la tion, la mémoire, l'imagination, le i; ment, etc., sont d'abord différents n d'apercevoir; que désirer, aimer, liair, • rer, craindre, etc., sont aussi différente nières de vouloir; et qu'enfin apercev vouloir se rattachent, dans l'origioe, h i modes de sentir. Ces aperçus généraux besoin d'être développés avec soin, aN conspection , sans exclusivisme , pour vrais; car, en les exagérant, on glisse: la pente si facile de ce sensualisme ^ égaré tant d'esprits éminents d'ailleurs.

Cbâpiteb pheiiier. — Des facultés intelleotu'

Nous venons de voir que Ton conij r toutes les facultés intellectuelles sou^ ' nomination générale d'entendement. Ou ■ sans doute que, de même que l'oreille * :i les sons , l'esprit entendait en quelque les idées. Or, comment l'esprit entend -i idées? C'est en percevant, en donnant attention, en se ressouvenant, en iii nant , etc. Ventendement embrasse ■ toutes ces opérations, qui sont le résu ^ plutôt l'acte de cette faculté psychique. > allons les analyser successivement.

§ !•».— I>c ta perception el de raperceptititc :

L'aperceptivité est la faculté qu'a 1 d'avoir des apercepiions; l'apercepli'n cet acte par lequel nous apercevons s< ' impressions des objets, soit ce qui se j au dedans de nous, c'est-à-dire nos ni^^ nos affections, etc. L'acte d'apercevuir

rons ici au point de vue des écoles do xvmY" (2i5) LeiSniU distingue rapcrceplion de la r ceptiou.

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JoQC lovt d'abord un mode rattaché à l'acte xùM, qui réside dans les diverses régions d^ riflie. On a dit que c'est une réaction sur me impression Tenue du dehors ou de nous- D^oes. Nos organes auraient beau recevoir ét^ impressions des objets, notre ime aurait i>eau entrer en action, tout ce qu'elle n^aperoifrtàpès serait perdu pour ses actes ulténeurs^Ainsi, par exemple, si Ton brûlait une pirtie de notre corps paralysée, Timpressioo ^ cette i)rûlure ne pourrait se transmettre iiime, et nous ne la sentirions pas. Dans ctté circonstance, le feu, dit Locke, n'agirait AT oous que comme sur une pièce de bois T^ii consume, et qui par elle-même est inca* fêle d*éprouTer un sentiment de chaleur et ie douleur. De même, si notre Ame, par une ()rtô application à un objet, était incapable k prendre connaissance d'aucun autre, nos fcAs pourraient être remués par l'action des ulijcts extérieurs , sans que notre esprit s'a- \^ de ce qui se passe dans les organes. T/ n est donc pas aans ces organes , mais \m dans l'Ame que la perception est prodsie.

D'ipris ce que nous venons de dire , on

^^ fK nous ne pouvons percevoir sans

^ ^ nous percevons , sans en avoir le

^ntfiedinec ses degrés divers, dont le plus

ciéTé «l Kt et précis , et constitue la vraie

cmm (226). Qu'on réfléchisse sur soi-

D^ A sortir d'une lecture, il semblera

qu(Q SI eu la perception que des idées

^4r«isit nattre; il ne parattra pas qu'on

c3 a tu davantage de la perception de cha-

^^r3 mie de celle des ténèbres à chaque

•'^ fu'on baissait involontairement la pau-

^. Mais on ne se laissera pas tromper par

^^ apparence, si l'on fait réflexion que

"^ k perception des lettres on n'aurait pas

'i celle des mots» ni par conséquent des

L ^. Ia percepti€)n et la conscience sont des

Mes divers d'une même opération; néan-

^ios, les métaphysiciens qui les ont distin-

^ sans trop les séparer ont eu raison ,

>^iout quand ils ont songé à la psychologie

^parée : les animaux ont des perceptions,

tti'ontpas de conscience. L'aperception de

^t2 et de Wolf , quand nous l'aurons

i«n analysée, bien déterminée, sera ce que

^ nommerons la perception avec con*

»ace(î27).

1 1.— De Cattention,

Entre plusieurs sensations, plusieurs idées, ^^ que nous percevons à la fois, il dépend * oous de nous attacher à l'une plutôt qu'à ^. et de concentrer sur une seule toute ^irité de notre esprit et de nos organes. ^ c'est là ce qu'on nomme attention , des sai mots latins ad tendere, tendre vers* ^, dans cette opération , l'esprit tend en "^que sorte vers un objet, et dirige sur lui ^ toute son activité.

^ Noos n'appelons point avec BIchat, sen- "^ite de consctenoe, tout ce qu'il a renfermé ^ çeue dénomination. La sensibilité intellec- ^ l'êlèfe aeole au ée^ré de sensibilité de cons-

Quand je fais attention à un objet, j'en éprouve, dit Condillac, une perception plus vive : donc , l'attention n'est qu'une perception plus vive. Celte conclusion est évidemment fausse. Tout ce que l'on peut conclure de cette observation, c'est que l'attention rend les perceptions plus vives. Condillac a confondu les effets de l'attention avec Tatten-* tion elle-même.

C'est l'attention qui peut seule nous dour ner une connaissance durable des perceptions que nous éprouvons.. Quand nous recevons simplement des sensations sans fixer notre attention sur elles , la perception consciente que nous en avons est si légère , que , si l'on nous retire de cet état, nous ne nous souvenons pas d*en avoir éprouvé.

De même que l'attention rend les perceptions plus vives, de même une perception très- vive attire malgré nous notre attention. Car lorsqu'une des perceptions que nous

ff prouvons en même temps est plus forte que es autres qui l'accompagnent, nous la remarquons au point de croire qu'elle est la seule dont nous ayons eu connaissance.

La cause de Y attention ^ considérée comme un acte, est la direction des organes des sens, du cerveau, de l'âme, vers les objets de la sensation ou de la pensée. Quand je vois, que j'entends, je ne fais que percevoir; mais quand je regarde ou que j'écoute , je suis attentif. Mon œil , mon oreille , mon esprit , sont dirigés vers Fobjet qui les attire ; Torgane instrumental de la pensée, le cerveau» est également dirigé, tendu, vers la sensation qui résulte des impressions de cet objet.

L'effet de Yattention, c'est de nous faire mieux connaître les objets, c'est de nous faire apercevoir mille choses qui nous échapperaient sans son secours. C'est par elle que nous mettons en jeu la faculté d analyser les objets, de les scruter, pour en découvrir tou<r tes les parties et toutes les qualités. C'est elle

3ui, dans la comparaison que nous faisons es uns avec les autres, nous permet d'en observer les plus petites différences et d'en obtenir ainsi une connaissance aussi complète que possible.

A mesure que la perception d'un objet devient plus vive par Fattention, les perceptions des objets voisins s'affaiblissent; c'est là un autre effet de l'attention. Cet effet me parait provenir de ce que la faculté de sentir est bornée,, comme toutes les. ftcultés do notre être. Le partage l'affaiblit : une impression très-forte doit par conséquent éteindre une impression très-faible. La sensibilité semble se comporter à la manière d'un fluide,, qui, lorsqu'il se porte en abondance dans un de ses canaux, diminue proportionnellement dans les autres.

Charles Bonnet explique cet effet de l'attention de la manière suivante : « Le fluid»

(227) Si nous employons qae1<iaefois le mot conscience dans un 'sens moins rigoureux, obéissant ainsi aux eiigences du langage ordinaire, on ue devra pas oublier les remarques précédentes.

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nerveux, dit ce métaphysicien naturaliste, se distribue aux fibres nerveuses dans un rapport proportionnel à la force qu'elles ont à exercer; mais comme la quantité du fluide nerveux est déterminée, il ne peut se porter en plus grande abondance dans certaines fibres sans que ce ne soit au détriment de ce 3ue les autres fibres auraient pu en recevoir ans le même temps. L'attention augmente le mouvement des fibres nerveuses sur lesquelles elle agit. Cette augmentation est d'autant plus grande que l'attention est plus forte et plus soutenue. Le fluide nerveux dérive donc des fibres voisines vers celles sur lesquelles l'attention s'exerce, et cette dérivation peut aller au point que ces fibres en deviennent incapables de sentir les impressions des objets. » Cette conception explicative suppose hypothéliquement l'existence d'un fluide nerveux, celle de fibres différentes par lesquelles nous percevrions les difl'érents objets. Bonnet admet des fibres sensitives , d autres intellectives, etc. Nous ne craignons pas d'avoué que le mécanisme intime des sensations nous est encore trop peu connu pour en dévoiler successivement les mystères ; il faut unir sagement les observations anatomiques, physiologiques, psychologiques, etc., diriger par une vraie philosophie, et dégager même de certaines hypothèses, quelques germes de vérité qu'elles nous semblent contenir.

Tous les esprits ne sont pas capables d*une égale attention, les causes qui la produisent ne se trouvant pas au même degré chez tous les hommes. Ces causes sont leur constitution même, l'intérêt fondé sur les passions, etc.... U est des individus, qui, naturellement, ne. sont pas capables de fixer leur attention; ceux mêmes qui en sont susceptibles ne pourraient la fixer sur des objets qui n'auraient pour eux aucun intérêt.

L'attention, ainsi que toutes nos autres facultés, se perfectionne instrumentalement, dynamiquement, etc., par l'exercice. Les fibres du cerveau paraissent acquérir par Tusage une souplesse, une force tonique qu'elles n'ont pas dans l'état ordinaire; l'innervation, la circulation, etc., y sont plus avantageusement réglées. Les hommes capables des actes les plus vigoureux d'attention ne sont parvenus que peu à peu à ce desré qui nous étonne; lesovnamismes même de l'âme semblent modifiés par l'exercice de leur action. L'attention donne à l'esprit une fécondité surprenante; c'est peut-être un des plus grands secrets de l'art, un des plus erands moyens du génie. Par l'exercice, elle se change en habitude, et distingue le coup d'œil pénétrant de l'observateur et de l'artiste, du regard vague et distrait de la multitude.

§ 3. — De la mémoire et de rimagination.

Plusieurs auteurs appellent mémoire la faculte de reproduire les perceptions que nous avons déjà éprouvées, sans nouvelle impression de la part des objets. Les perceptions Qu'elle nous procure s appellent des âotiveirs, La mémoire et la facilité représentative,

ou imagination, ne diffèrent alors que par . degré. Condillac, et la plupart de ses db pies, ont dit aue le souvenir n'est quiii sensation affaiblie. Cette manière de sïi] mer est on ne peut plus inexacte. Ils aurai pu dire seulement que les perceptions qu* mémoire reproduit sont ordinairement ( faibles que celles qui dérivent de la scn^ tion; et cette assertion même, ainsi con.ii ne laisserait pas que d'être sujette à : exceptions fréquentes. On observe la n inexactitude dans le principe suivant e par Wolf, que les sensations faibles font " , libre aiix idées produites par la mêmn>) Ce principe ne saurait être d'une «ppli(.>; générale. D. Stewart admetune mémuiii: o' ginative.

Nous nous rappelons les objets a ver •, facilité d'autant plus grande que les im; sions produites par eux ont été plus foit ^ plus fréquentes. Parmi cesimpressionsm* .

celles qui ont été éprouvées par Tinu; diaire de la vue et de l'ouïe sont aussi r . que l'esprit reproduit le plus aisément. Ct nier phénomène proviendrait -il de l'exci plus fréquent de ces organes, ou bien d qu'ils auraient une liaison plus intime 1 organe de la pensée T C'est là ce que i actuel de nos connaissances ne nous {)e: pas de décider avec certitude.

Les objets, par leur présence, font de> : pressions sur nos sens, qui les transuie: au cerveau, et à Tftme. Pendant leur aL^^ : on peut voir se reproduire les sensation-. les idées que ces objets ont excitées. Ma^ existent les idées avant dêtre reprodi que deviennent -elles après avoir ^\é cio par les impressions des objets? Sontconservées dans l'&me comme dans un dvoir? Si elles y étaient conservées , i certains psychologistes, elles seraient jours présentes à l'esprit, et leur si/. suppose, d'autre part, que nous ne 1er pas au moment où elles sont rappelé' ^ seraientdonc des idées présentes sans Cir^ sentes, ce qui est bien étrange. Nous n^ drons ailleurs sur cette question pour ! poser historiquement , et peser les él'u; divers qui peuvent en fournir la solution.

« La première fois, dit-on, que je pi>>. doigts surunclavecin, ils ne peuvent avor

des mouvements incertains; mais, à uh^ que j'apprends à jouer de cet inslruiuenî me fais insensiblement une habitude de i' voir mes doigts sur le clavier. D abord. obéissentavecpeineaux déterminations r-

veux leur faire prendre; peu à peu il> " montent les obstacles; enfin, ils se meu à ma volonté, ils la préviennent même, O' exécutent un morceau de musique pen<:

que ma réflexion se porte sur toute ou chose. C'est ainsi que les organes des ^ ayant contracté différentes habitudes se n vent d'eux-mêmes , et que l'esprit n a i besoin de veiller sur eux pour en rtulof mouvements. Le cerveau contracte de m ■ de pareilles habitudes, et elles sont unt ; causes instrumentales de la ménooire. ^i'la faculté que j'ai db me rappeler un oljci, •

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pour l'un de ses élénients« la faculté que mon («nreaa a acquis de se mouvoir par lui-même de II même manière qu'il était mû quand cet (Âjel frappait mes sens.

I On sent d'après cela que Ton peut répondre ieelid qui demande où sont fes idées rjifielles on ne pense pas ; elles resseml^t aux sons d'un clavecin lorsgue cet insinment a cessé de résonner. On pourrait .'Qc dire que les idées ne sont nulle part •«aue mon esprit cesse d'y penser ; mais fi elles se représentent à mbi aussitôt que «s moaTements organiques du cerveau prof»i à les reproduire se renouvellent :

n'fn un mot te cerveau joue, dans la reproiittioD des idées le même rôle que les piè- MdaclaTecin dans la production îles sons. Inblrufflentation cérébrale' a donc, comme toUN les antres organes, la facolté de se »«Toir suirant les déterminations dont Tâ- Desestfaitune habitude. Quand nouséprou- »^ des sensations, notre instrumentation r^KoUe à un clavecin qui rend des sons. ^ UDprmons sont les vibrations des toui^nenreoses, TAme les recueille et les î^iinw en idées; les vibrations, qui ont ^ wphisTives ou les plus fréquentes, sont <^^Vsifàse reproduisent le plus aisément et fn ;rj««nent le mieux l'action de Timagiu ^n H di la mémoire. »

Ott (iéorie , obscure et métaphorique, prf^par quelques auteurs, et qui est une ^'iîition un peu spiritualisée de celle de ^câae, ne résout pas la question. Nous '■ffK pitts tard le parti que Ton peut en •^ (h a cru qu'elle pouvait éclairer le *Ta»rae de l'action du cerveau dans les JJwotDèaes que présente la mémoire. On a ^7>^toas les mouvements dont cet organe ^ ^asceptible sont liés entre eux comme ■•««les idées que ces mouvements rappel- ^^ qu'un premier mouvement occasionné '^ k cerveau par l'action d'un objet sur fcvHfOs, détermine une suite de mouvements [• serrent ensuite à retracer une série d'i- ^^ Mais comment s'exécutent ces mouveesls? comment suivent-ils difTérentes dé- ^inations 1 comment l'Ame reproduit-elle $ uopressions passées et ses idées à l'occa- ^^ des mouvements des nerfs et du cerveau? •w lire-l-elle ses souvenirs? Voilà ce qu'on 'îphque pas. Quel rapport y a-t-il entre ^uûpressions et des vibrations? voilà ce '"Q ne oeut pas établir.

u mémoire réside instrumentalement , c-^lement dans le cerveau, mais encore us les organes qui transmettent les impres- '^. En effet nous ne nous représentons, ' ^'lemple, jamais mieux la figure d'un ^t que lorsque nos mains reprennent la w forme que le tact leur avait lait pren- ^ ^ le souvenir d'une sensation est beau* ^ipplus distinct lorsque l'Ame et le cerveau '^^nt en quelque sorte dynamiquement ^ lorgaoe par lequel celte sensation fut ^^misc. Cette réaction est encore plus vive ^ imagination.

*4is si les organes des sens concourent à ^vcr en quelque sorte la mémoire, les sen-

sations présentes nuisent aussi souvent au rappel oes sensations passées. Nous pouvons nous convaincre de la vérité de ce principe par notre propre expérience. Car pourquoi, par exemple, fermons-nous les veux ou les couvrons-nous avec notre main lorsque nous voulons nous représenter plus clairement un objet absent, si ce n'est pour fermer par là tout accès aux objets visibles, et donner ainsi plus de liberté à la mémoire ?

Si, au souvenir d'une sensation, se joint la conscience que nous avons déjà éprouvé cette sensation, la mémoire prend, dans la doctrine

Îne nous exposons, le nom de rémini$cence. insi la conscience dit en quelque sorte à l'esprit : Voilà une sensation ; l'attention : Voilà une sensation qui est la seule cjue vous ayez ; la réminiscence dit enfin : Voilà une^ sensation que vous avez déjà eue. Mais ce n'est pas la mémoire qui nous fait reconnaître que la perception de ce souvenir est la même que celle d'une sensation que nous avons déjà éprouvée; car pour avoir cette conscience, il faut percevoir un rapport d'identité entre la perception présente et la perception passée : or c'est là reffet d'un jugement.

Tous les métaphysiciens n'ont pas donné la même acception aux mots mémoire et rémi' niscenee; de là résulte une très-grande conftision dans l'histoire de ces facultés. Ainsi Leibnitz et Wolf nomment imaaination les facultés que nous avons appellées mémoire^ mémoire ce que nous avons nommé réminiêcence et faculté de feindre ou Simaginer^ ce que nous avons rapporté à Vimagination.

wolf admet en outre une quatrième faculté par laquelle , dit-il, l'esprit reproduit et reconnaît une idée passée à l'aide d'une autre. Il nomme cettefaculté, souvenir onressouvenir. Hais il est aisé de s'apercevoir que c'est moins là une nouvelle faculté qu'un des moyens dont se servent la mànoire et la réminiêcence.

Chaque état de l'esprit qui pense doit avoir sa raison dans l'état qui a précédé immédiatement. L'esprit n'est guère déterminé à rappeler une idée, qu'autant que cette idée a quelque rapport prochain ou éloigné, direct ou indirect' avec celle qui l'occupe actuellement. D'oii l'on voit que la mémoire , ainsi que plusieurs autres de nos facultés, agit surtout par le moyen de la liaison des idées.

La mémoire se perfectionne infiniment par l'exercice. Ce que l'on appelle mémoire artificielle n'est aue l'art d'aider la mémoire par un certain mécanisme (pii consiste à attacher à des lieux et à des objets sensibles, les idées des choses que nous voulons nous rappeler. Il n'est pas de meilleur moyen pour aider la mémoire que l'ordre et la méthode qui, ran-

{;eant les idées selon les divers rapports qui es unissent, en rendent le rappel plus facile. La mémoire varie dans les divers individus à raison de leur constitution intime , et dans le même individu selon l'Age , l'état de santé, etc. Les enfants ont la mémoire très-la«> cile. Les vieillards, au contraire, ne se rappellent les choses que très-dii&cilement et finissent même par tout oublier. U parait que cette faculté, dans son exercice, se lie de très-

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près à la souplesse , à la mobilité des fibres du ceireau. C*esl du moins ee que permettent de conclure l'obsenration et rexpérience.

Lorsgue le souvenir des objets est lelle* ment Tif ou'il nous les rend presque comme présents, la mémoire prend le nom d'taui^ination. On a aussi donné ce nom à la iaculté de réunir entre elles les idées et d*en former des synthèses ç^ui n*ont pas de modèles dans la nature. Maïs ceci tient plus particulièrement à la faculté de lier les idées, que nous croyons devoir distinguer de rtflM^iuiltof», qui ne serait, comme nous l'avons dit, qu'une mémoire exaltée et ne différerait de la mémoire que par le degré.

C'est Vimagination etlam^motVe (|ui reproduisent les sensations gue les objets nous ont fait éprouver, et qui nous servent à former des idées : mais les sensations oue la mémoire rappelle, sont ordinairement oeaucoup plus faibles que celles (pi'excite en nous la présence des objets, tandis que celles que l'imagination reproduit sont quelquefois si vives qu'elles produisent en nous une illusion complète.

Condillac dit que Timagination réveille les perceptions mêmes , tandis que la mémoire n'en rappelle que les signes ou les circonstances. Mais on voit que, même d'après ce chef du sensualisme français au xvui* siècle, Vimagination et la mémoire ne sont que des nuances d'une même et seule faculté, puisque l'opération qu'il appelle mémoire par rapport aux perceptions, dont elle ne retrace gue les signes ou les circonstances, est imagination par rapport aux signes et aux circonstances qu'elle réveille, car ces signes et ces circonstances sont eux-mêmes des perceptions.

Ainsi, dans cette doctrine, il vaudrait mieux appeler mémoire la faculté qui rappelle les choses comme passées, et imagination cette même faculté lorsqu'elle retrace les choses avec tant de force qu'elles paraissent présentes. Voici en peu de mots en quoi, pour certains auteurs, semblent différer la perception^ la mémoire et rtfiia^tfiartan. J'ai une xensation lorsqu'il se fait dans mes organes un mouvement qui se transmet à l'ime en vertu d'une modification du cerveau. Si le môme mouvement commence à celui-ci et s'y termine, mon âme se souvient de la sensation qu'elle a eue ; mais si ce mouvement commence au cerveau et s'étend jusqu'aux organes des sens, alors mon âme croit avoir une sensation complète, et ne peut échapper à l'illusion puisque tout se passe comme si j'étais en présence de l'objet qui excite la sensation (228).

I 4. — De la Uaiêon des tdéee.

L'expérience nous apprend que le premier effet de Vattention , c est de faire subsister dans l'esprit, en l'absence des objets, les perceptions qu'ils ont occasionnées. Ces perceptions ou ces idées s'y conservent même or-

(228) Dans ce qui précède, nous n'avons point poursuivi la dislincUon de l'imaginalion, de la mé- Bioire, etc., icDiitive et inteDeciuelle, pour ne pas

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dinairement dans le même ordre qu'il avaient quand les objets étaient présents, par là, il se forme entre elles une liaison ui time qui met en jeu les facuHés dont n» venons de parler. Détruisex cette liâi> vous détruisez l'action de rimagination et . la mémoire dans son origine extérieure.

La mémoire et l'imagination seitrci donc surtout par la liaison des idées. .; mouvements, des modes divers que riidlniL a fiiit contractera Tâme et à ses instrum . Si les idé^ et les mouvements du cen n'avaient pas de liaison instrumeDtdW deviendrait le pouvoir de se rappeler, reproduire imaginativement les objets ^ l nés aux sensations présentes et actu nous élèverioûs-nous aux hauteurs de la r naissance 7 Mais, doués d*un principe ér gique d'action et de l'attention qui en Feffet, nous considérons successivement objets qui' nous affectent « et nous auj;ii! tons par là la force des impressions <; produisent sur nous. L'attention nous f marquer en même temps la liaison qui e\ entre ces objets , et, en établissant une i.:- ^ semblable entre les idées qui les rt[iri tent, elle devient le principe excitateur la mémoire et de rimagination.

Nous n'entreprendrons pas d'eipl*.

comment les modifications dynamiques :.

veuses et leurs modes se lient instrumen' ment entre elles , car toutes les eipli< «t que nous pourrions en donner seraitn; pothé tiques et gratuites; nous nous b" rons à analyser les effets de la liaison idées et à en développer les avantages ' i inconvénients, après avoir fait remar que l'ftme, par sa volonté, détermine la ^ sion ou plutôt le mode dynamique et < nique instrumental inconnu qui est u saire pour concourir à son acte.

Tous les hommes ne peuvent pas lier idées avec une égale force ni dans uiit

auantilé. Cette impuissance provient ifférente structure des organes, de ce -; ne les a pas assez exercés, etc., de 1 Vides modes de l'&me elle-même.

Nous avons déjà vu que l'imagination e' mémoire opèrent surtout par le moyen ô liaison des idées, et que c est principe'

■)fliL':i

l'attention qui lie les idées entre elles l'attention est elle-même excitée par l in que le plaisir nous fait trouver à nous < • per des objets, et l'impression du plaisir ^ rie comme la sensibilité des organes qa sont le siège, et de l'âme qui en diriut fonctions. La sensibilité plus ou nioinquise fait donc un grand principe de la ^ rence qu'il y a entre les nommes ; ceuî c lesquels celte sensibilité est très-borne • i sont pas capables de cette activité d'esprit excite l'attention et toutes les facultés qu: ressentent la puissante influence. Si cetti culte de lier les idées présente de 'zry avantages elle a aussi ses inconvénieuts ; p

fatiguer les élèves qui suivaient ces loçon?^ des développements trop longs et trop dciiiai^-

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f>s &ire apercevoir d'une maniëfa pius seniUe, je supposerai deux hommes : l'un, chez {ui ies idées n'ont iamais pu se lier; Tautre, :iH lequel elles se lient avec tant de facilité ;i laot de force, qu'il n'est plus le mattre de h; séparer. Le premier, par défaut d'imagî- Htiuo et de mémoire, ne pourrait point mètre eo eiercice les opérations que ses facultés ^xTeDt produire , il serait incapable de réyiioa, ce serait en un mot un imbécile. Le ^ -i^od aurait trop de mémoire et d'imagi- !9hnn, et cet excès produirait des effets anarvniesèceui que détermine une entière prilioo de l'une et de l'autre ; il aurait à peine ii;s3ge de sa réflexion, ce serait un fou. Les ^Jtô'^les plus disparates, les plus incompatibles étant fortement liées dans son esprit, ^t k seule raison qu'elles se sont présentées liemble, il les jugerait naturellement liées ntredies, et les mettrait les unes à la suite ues idtres comme de justes conséquences. EAtrtces deux excès on pourrait supposer u) nilieu où le trop d'imagination , de méboircetde facilité h lier les idées ne nuirait ;«Ua solidité de l'esprit, et où le trop peu i: mA pas à ses agréments ; mais ce milieu ^^tveque les plus grands ^nies ne s'y f'i'Blescore trouvés qu'à peu près.

ToQiGitt folies ne sont ni du même genre, ni portées m même degré ; mais il n'en est ajcavoifon ne trouve au fond des liaisons di^mifi d'idées d'où naissent des principes tUfv^nts sans doute , mais dont les fous, ma ^l'observe Locke, ne laissent pas que ^ an/ de justes conséquences. Ainsi vous ^^ 00 fou gui, s'imaginant être roi, pré* ^ p une juste conséquence, être servi, iH hoboré selon sa dignité. D'autres qui ^^ cm être de verre et ont pris toutes les flrtautioDs nécessaires pour empêcher leur

7« de se brisernj a presque personne, dit le métaphy* ^in que nous venons de citer, qui ne ret<rt{U6 dans les opinions, dans les raisonnet«)t$ et les actions des autres hommes quel- ?^ chose qui lui parait bizarre et extrava- ^1 . et qin l'est en effet ; de sorte qu'un ^mede très-bon sens en toute autre chosot

rit être très>fou sur un certain article. C'est (^ qu'on nomme monomanie , singula^ ^'> etc. Ces défiiuts admettent dans leurs ^^3»es. ainsi que la folie , une liaison forte- ^fit établie entre des idées incompatibles ^^1 par Quelque impression violente ou su- '^ que l'esprit reçoit , soit par une longue çr'ication à une espèce particulière de pen- '^ . soit enfin par des nabitudes que l'on "ûlracte.

L^ causes de la liaison des idées ont été *juiies à trois : la constitution première , ^^^ des signes et les rapports que les idées I^^Qtre elles. Nous ne parlerons pas de la î'^ière , parce qu'elle est ou peu connue ^^ Jifticile à aborder en ce moment, et c'est *^e(Deot des deux autres que nous allons ^occuper,

'^ distingue, dans la doctrine oue nous '^wfsoas, trois !K>rtes de signes : l* Les si- Si^ accidentels ou les objets que quelques

circonstances particulières ont liés avec quelques-unes de nos idées, en sorte r(u'ils sont propres à les réveiller ; 2** les signes naturels ou les cris G[ue la nature a établis pour les sentiments de joie, de crainte, de douleur, etc. ; 3* les signes d'institution ou ceux que%nous avons nous-mêmes choisis et oui n'ont qu'un rapport arbitraire avec nos idées.

un voit, d'après cela, que les signes d'institution seraient les seuls dont IHisage nous donne le pouvoir de lier à notre choix nos idées entre elles, et de les réveiller en quel-

Ïue sorte à notre gré ; car les signes accientels lient nécessairement nos idées et les rappellent malgré nous. Ainsi l'idée d'un lieu où ]'ai vu une personne se liera tellement avec l'idée de cette personne, que je ne pourrai pensera la première idée sans qu'elle me rappelle tout de suite la seconde. Il en est de même des signes naturels ; car, après avoir remarqué que tel cri est attaché à telle affection de l'homme, je ne pourrai entendre ce cri sans éprouver en quelque sorte le sentiment dont il est le signe. Mais ces signes, tant accidentels que naturels, ne mettent nos facultés en exercice qu'autant que le hasard nous les présente, au lieu que les si^es d'institution sont toujours à notre disposition. Nous traiterons au reste cet objet d'une manière très-étendue dans la dernière partie de la métaphysique.

Nous ne saurions nous rappeler une idée qu'autant qu'elle est liée par quelque endroit avec celles qui nous occupent actuellement. Hume réduit les rapports qui produisent la liaison des idées entre elles à trois : rapport de ressemblance^ rapport de contiguïté de temps ou de lieu , et rapport de causalité. Je pense qu'on pourrait ajouter un quatrième rapport qui est le contraste ou la dtaaemblance. Nous avons déjà parlé de ces divers rapports qui existent entre nos idées en traitant des idées relatives, ainsi nous ne reviendrons pas là-dessus.

§ 5. — D« la comparaison des idées et du jugement.

Comme nous donnons notre attention à une idée, nous pouvons la donner à deux à la fois. Nous disons alors que nous les comparons, parce que nous les éprouvons exclusivement pour les observer l'une à côté de l'autre, sans être distraits par d'autres sensations; or c'est là proprement ce que signifie le mot comparer.

De la comparaison des idées naissent les jugements, car nous ne pouvons comparer deux idées sans apercevoir qu'elles se res* semblent ou qu'elfes diffèrent ; or percevoir un rapport de convenance ou de disconvenance entre deux idé«s , c'est juger. U est rare que ce rapport puisse être aperçu d'une manière immédiate ; nous avons pour l'ordinaire besoin d'une idée moyenne à laquelle nous comparons l'une après l'autre les idées dont nous voulons connaître le rapport; cette opération est connue sous le nom de raison^ nement. Nous renvoyons à la deuxième partie de V Analyse de V esprit humain ce que nous avons à dire sur ces deux opérations^ dont la

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dernière est proprement l'objet de la logique.

Il se présente ici un fait que le principe de la liaison des idées peut seul expliquer. Présentons à ce sujet les développements donnés par Condillac et acceptés par son école*

On demande, dit-il, comment on peut dans la conversation développer souvent sans hésiter des raisonnements fort étendus. Toutes les parties en sont-elles présentes dans le môme instant, et si elles ne le sont pas (comme il est vraisemblable, puisque l'esprit est trop borné, pour saisir tout à la fois un grand nombre d'idées), par quel hasard se conduit-il avec ordre? voici comment ce fait s'explique : au moment où un homme se propose de faire un raisonnement, l'attention qu'il donne à la proposition qu'il veut prouver, lui fait apercevoir successivement les propositions principales qui sont le résultat des différentes parties du raisonnement

au'il va faire. Si elles sont fortement liées, les parcourt si rapidement qu'il peut s'ima^ner les voir toutes ensemble. Ces pro-

Sositions saisies, il considère celle qui doit tre exposée la première. Par ce moyen les idées propres à la mettre dans tout son jour se réveillent en lui selon l'ordre de la liaison qui est entre elles. De là il passe à la seconde pour répéter la même opération, et ainsi de suite jusqu'à, la conclusion de tout le raisonnement, son esprit n'en embrasse donc pas en même temps toutes les parties ; mais par la liaison qui est entre elles, il les parcourt avec assez de rapidité pour devancer toujours la parole, à peu près comme l'œil de quelqu un qui lit à naute voix devance la prononciation.

Peut-être demandera-t-on comment on peut apercevoir les résultats d'un raisonnement sans en avoir saisi les ditférentes parties dans tous leurs détails : je réponds que cela n'arrive que quand nous parlons sur des matières qui nous sont familières, ou qui ne sont pas loin de l'être, par le rapport qu'elles ont avec celles que nous connaissons davantage. Voilà le seul cas où le phénomène dont nous venons de parler peut avoir lieu. Dans tout autre, on parle en hésitant; ce qui

grovient de ce que les idées étant liées trop liblement, ne se réveillent qu'avec lenteur» ou l'on parle sans suite, et c'est un effet de l'ignorance.

I 5. — De la ré/lexion et des opérations qui comis^ Unt à distinguer^ abstraire^ composer et décomposer nos idées.

Aussitôt que la mémoire et l'imagination entrent en jeu, les idées qu'elles reproduisent

rr la seule activité de l'esprit, commencent nous retirer de la dépendance où nous étions de tous les objets qui agissaient sur nous. Maîtres de nous rappeler les choses que nous avons déjà vues, nous pouvons y

Eorter notre attention et la détourner de cel- (s que nous voyons actuellement. Nous pouvons ensuite la rendre à celles-ci, ou seulement à quelques-unes, et la donner alternativement aux unes et aux autres. A la vue

d'un tableau, par exemple, nous nous rap[ >. Ions les connaissances gue nous avons di ' nature et des règles qui apprennent à lin, ter, et nous portons successivement n<yr attention, de ce tableau à ces canDaissan< v et de ces connaissances à ce tableau, et t< à tour à ses différentes parties. Or, appliii. de nouê-mémeê notre attention à divers i jets, ou aux différentes parties d'un v c'est ce qu'on appelle, en général, réjlni.

La réflexion^ prise dans l'acception i: ; naire, serait donc cette opération par la i : l'esprit porte alternativement son attend. d'un objet sur un autre, ou d'une paiii< ^ une partie, ou d'une ({ualité sur une qu^ii Mais proprement et primitivement la réjhj. serait le pouvoir (fd'à l'esprit de se rc] en quelque sorte sur lui-même et do cou:. pler, d'observer ses propres opératioi^ de regarder en lui-même. Cette faculté t comme on voit, fortement liée à l'attt i; portée à un certain degré d'aclivité.

En étudiant ce qu'on obtient par la ^

flexion, nous pouvons entrevoir tout ct ; 'esprit est capable. Tant qu'on ne ù pas soi-même son attention, nous bwu^ que l'esprit est assujetti à tout ce qui 1 • ronne et qu'il ne possède rien que par vertu étrangère. Mais si, maître de son ai tion, il la guide selon ses désirs, il f alors à son gré des idées qu'il ne doit ; lui-même et s'enrichit de son propre t< : L'effet de cette opération est d'autant . grand que par elle nous disposons d»* perceptions, à peu près comme si dous a^ le pouvoir de les produire et de les aniv Si parmi celles que j'éprouve actue!l< i j'en choisis une, aussitôt la conscient est si vive et celle des autres si faible, me paraîtra qu'elle est la seule dont j v connaissance. Qu'un instant après je > l'abandonner, pour m'occuper priii- ; ment d'une de celles qui m'affectaient a légèrement, elle me paraîtra aussitôt rc dans le néant, tandis qu'une autre me {lai en sortir.

De la réflexion ou du pouvoir de di'[> de nous-mêmes, de notre attention, na pouvoir de considérer nos idées sépariii de sorte que la même conscience qui av plus particulièrement de la présence de taines idées (ce qui caractérise l'atteni' avertit encore quand elles sont AiMc Ainsi, quand l'esprit n'était point maiire disposer de son attention, il n'était pa> ^ pable de distinguer Jes différentes inipres^ qu'il recevait des objets. Nous en U'] 1 expérience toutes les fois que nous x»^ nous appliquera des matières pour lesiiu nous ne sommes pas propres. Mors i> confondons si fort les obiets, que u nous avons de la peine quelquefois à dh guer ceux qui différent davantage. C'est : faute de savoir porter notre attention ^ toutes les perceptions qu'ils occasionn» : celles qui les distinguent nous écliai)' - Par là on peut juger que si nous e^ tout à fait privés de l'Usagede la reiu^; nous ne distinguerions divers objets qu auij

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nt ebacon ferait sur nous une impression ùime. Tous ceux qui agiraient faiblement, ^eot comptés pour rien.

C est aisé de distinguer deux idées absolu* c^t simples; mais à mesure qu'elles se mT^omi davantage , les difficultés aug- MiteJit. Alors DOS notions se ressemblant ^ uo plus grand nombre d'endroits, il est l'iimdreque nous n'en prenions plusieurs MTooe seule, ou que du moins nous ne 4 dùtioguioos pas autant qu'elles doivent Jat. Cest ce qui arrive souvent en métaphysique et en morale.

U distinctioa de nos idées nous conduit \ ts séparer les unes des autres, et à don- I r à chacune une existence indépendante : (âts avec lesquelles elle est naturellem\ ifflie. Par là nous pouvons considérer icm eDtièrement séparées d'un sujet les ;tiilé$ qui lui' sont le plus essentielles. v^ ce qu'on appelle plus particulièrement ^i'^irt Les idées qui résultent de cette f\inm sont appelées ab$traite$^ parce Mdles représentent des qualités sans leur N^, OQ g^a^ro/ff parce qu'elles représen- Miitsquahtés communes à plusieurs cbotttfilmtes.

^ifift «(iration (ou Tabslraction) nous est '^vivieA nécessaire, à cause de la HmitiiiiindegciK esprit qui ne peut considérer Su'uQ Kftm nombre d'idées à la fois, et l'J pvcâle raison est obligé d'en rapporter itiiiiSR sous une même classe.

O^^is, après avoir distingué plusieurs «^aous les considérons comme ne for- ^{0 une seule idée complexe; d'autres ^^ retranchons d'une idée complexe '^^^unes des idées qui la composent.

^oîietju'on nomme composer et déeompo" ^*^ idées. Par le moyen de ces opérations, «^ j^Tons les comparer sous toutes soi^ ^'f rapports, et en faire tous les jours de ^:(i€$ combinaisons. De là résultent les ^fmplezes et les idées relatives.

'iMDd par Texerciee des opérations pré- ^»tes ou du moins de quelques-unes, I ^^ fiiit des idées exactes, et qu'on en Ml les rapports, la conscience que nous »»^D5, est ce qu'on nomme concevoir.

r»' nséquenl, une condition essentielle pour ':«oncevoir, c'est de se représenter tou- ^ les choses sous les idées qui leur sont

' J< venons d'entrer dans l'examen des '' 'Palcs facultés intellectuelles, classées 1^ le point de vue auquel bien des *=^ se sont placées. Apercevoir^ donner • «^nuion, se souvenir ^ imaginer^ lier ses 'J. h comparer y j^er^ raisonner ^ réflé^ r fORCftoir, voilà d'après cette doctrine, ^iK^uliés dont l'ensemble constitue l'en- J^aenl. Nous y reviendrons et nous creu- •1^^ plusieurs questions importantes dont ^-pes-unes n'ont pas même été indiquées ^ ^^s réflexions précédentes.

T.-Det iiuaUlês inteUectueUes de t homme.

*'us aYoos dit que c'est à l'exercice des "» «ternes, internes, intellectuels et mo-

raux, et à la liaison que nous formons entre nos idées, que toutes les facultés intellectuelles doivent leur excitation première. Mais ces facultés n'ont pas, dans les divers individus, le même degré d'activité et de perfectionnement. De là naissent les différences profondes que l'on observe entre les esprits et les qualités intellectuelles, que l'on connaît sous les noms de bon sens^ intelligence^ esprit f talent, génie^ enthousiasme, goût, etc.

Quelques auteurs ont donné le nom de raison à la faculté qui nous permet de régler les opérations de notre esprit. C'est à la réflexion surtout, que nous devons cet avantage, puisque nous ne pourrions apprendre à régler ces opérations, si nous ne réfléchissions pas sur elles et sur la manière dont elles s'exercent. Bien des physiologistes ont dit que la raison n'est que la faculté de raisonner ou de tirer un Jugement d'au* très jugements connus, confondant ainsi la raison même avec une de ses opérations.

La raison appliquée à la conduite de la vie et aux choses d'un usage ordinaire, prend le nom de bon sens. La raison employée dans des recherches d'une plus vaste étendue^ prend le nom d'intelliqence.

Le bon sens et rmle/Iv^ence ne diffèrent donc que par le degré. Concevoir, parexemple, que deux et deux font quatre, ou com* prendre tout un cours de mathématiques, c'est également concevoir; mais avec cette différence que l'un s'appelle bon sens et l'autre intelligence. De même pour imaginer des choses communes, et qui tombent tous les jours sous les yeux, il ne faut que du bon sens; mais pour imaginer des choses rares, surtout si elles ont quelque étendue, il faut de V intelligence.

V esprit, dit le poète Rousseau, est la raison assaisonnée. Cette détlnition est ellemême plus brillante qu'exacte, et l'on n'en sait pas mieux, après l'avoir entendue, ce que c'est que Yesprit. La faculté fondamentale de l'eapn^ humain est, ainsi que nous l'avons vu, la faculté générale de la pensée. Mais l'esprit dont il s'agit actuellement n'est qu'une qualité de l'esprit humain, et cette qualité consiste à trouver les rapports que renferment les idées. L'esprit suppose donc une certaine activité spéciale dans l'entendement, et c'est le degré de perfection de ses facultés et leurs diverses combinaisons

Îui donnent naissance aux diverses sortes 'esprit. Mais le mot esprit, qui est dans la bouche de tout le monde, a l'acception la plus vague, et la signification la plus étendue. On s'en sert presque pour désigner toutes les qualités de 1 entendement. Nous l'avons pris ici dans le sens précis que les métaphysiciens y attachent, et qu'ils distinguent suffisamment des autres qualités intellectuelles. Nos facultés sont liées à notre constitution même, dans ses éléments intimes, mais elles se perfectionnent par l'exercice. Or comme l'esprit n'est autre chose que l'état d'activité et de perfection de ces facultés, il suit, contre l'opinion d'Helvétius, que l'esprit est un don d'une origine supérieure, que l'édu-

cation déye]of)pe et embellît, mais qu eiie ne saurait produire.

Le génie diffère de l'esprit en ce qu*il embrasse à la fois un plus grand nombre d'objets et qu'il saisit rapidement les rapports les plus éloignés. Nous ne créons pas proprement les idées, nous ne faisons eue combiner par des compositions et des décompositions celles que nous recevons par diverses voies. L'invention consiste donc à savoir faire des combinaisons neuves et c'est là ce qui fait le génie.

Le taUfU est une disposition particulière à réussir dans certaines choses. II diffère du génie par sa nature aussi bien que par son degré. Le ialent produit, le génie crée. Celui-ci donne en quelque sorte Vétre, Tautre ne donne que la forme ; l'attribut du génie est l'invention, celui du talent est le perfec*tionnement.

Le goût n'est autre chose que la faculté de discerner ce qui est beau d^avec ce qui ne l'est pas. C'est une manière de sentir, si heureuse, qu'elle fait apprécier les choses sans le secours de la rétlexion. La perfection du goût consiste donc dans la perception vive des plus légères nuances de la beauté et de la difformité. Le goût s'acquiert par l'instruction et l'expérience, il est ordinairement le compagnon du talent, mais il est très-souvent séparé du génie. Il consiste tout entier dans l'observation de certaines règles, et les ouvrages qu'il produit sont finis et réguliers. Le génie sait s affranchir de ces règles, et se tracer une route nouvelle; les chefs-d'œuvre qu'il enfante ont quelque chose de neuf, de saisissant, qui s'affranchit des règles reçues, pour en créer de nouvelles, ajoute au sublime qui les caractérise et les rend plus propres à nous émouvoir.

On ne peut analyser Venthouetoime quand on l'éprouve, puisqu alors on n'est pas maître de sa réflexion; mais comment le décrire vivement, par simple souvenir, quand on ne l'éprouve plus? L'en^Ao tMtosme est cette émotion vive que l'esorit ressent lorsque, dans une sorte d'ivresse, il est agité, enflammé par la multitude et la variété des idées et des images

3ui se succèdent avec la plus grande rapidité, est l'opposé de cet état de 1 esprit, que l'on nomme sang^froid^ où les idées et les images se succèdent lentement, et. où l'esprit domine, calcule et compare avec tranquillité un petit nombre d'idées. Il n'y a point de génie sans enthousiasme ; les hommes froids ne produisent que des choses communes : pour émouvoir fortement les autres, il faut être doué soi-même d'une extrême sensibilité.

CoAP. II. — Dos facultés actives oa de la volonté.

L'Ame humaine, l'esprit humain, ainsi que nous l'avons dit, peut être considéré sous

(i29) On peut diviser la sensibilité en Intel leclive et cmolive, ou gensibilité proprement dite, el émotmti; appeler l'entendement qui conçoit cl comprend, intelleclivité , la volonté qui veut sim-

DICTIONNAIRB ESP

plusieurs aspects différents :.l» en inni ( aperçoit, ou connaît, et on l'appelle ii entendement; i" en tant quil désire et se ( termine , et on lui donne alors Je nom volonté; 3* en tant qu'il est ému par le pi ti ou la douleur; 4" en tant qu'il manifeste i des actes ses émotions, sa volonté (229 .

Les facultés comprises sous le nom de lontéf sont nommées facultés actives ou raies, parce qu'elles déterminent à a^ que c'est de leur exercice convenable réglé que résulte la moralité de nos a( . Nous avons déjà traité des facultés ini tuelles qui appartiennent hVentendemtm nous reste à parler des facultés mo^âk^ concernent la volonté.

Les sensations et les idées peuvent, d\ nous dit, être considérées ou comme i représentant les objets externes ou intt . ou comme nous achetant d'une cerlaiii'.

uiëre. La sensation est rimpression ({ui \ avertit de la présence des objets. Le sem est l'impression agréable ou désagréai:

résulte de la sensation elle-même. De i: que toutes nos facultés intellectuelle^ mises enjeu par les modes sensilifs de i toutes les facultés actives ou morale< mises en jeu par ses sentiments , c'est-: par des affections que produisent en ii' plaisir ou la douleur. Il faut que rûm sa force propre et pure, s'en empare, k gle et parvienne à les diriger.

On a aussi désigné les iacultés Intel 1< les et les facultés actives sous les noiii> prit et de conir, qui, sous d'autres ra; , expriment toujours la même idée.

Le cerveau parait être plus spécia:

l'instrument, le théâtre des opérations • ' tées par les facultés intellectuelles i sentons un mouvement plus ou moi; ' quét une tension plus ou moins forte. * les degrés de contention de notre l'instrument et le siège principal c

ment, des affections, paraît être plutù région épigastrique et, selon Van 1 vers cette partie qui répond à l'oritirT ^ rieur de l'estomac appelé cardia, parti* d'une sensibilité exquise à raison du • nombre de neriis, de vaisseaux, elcq'^ nent y aboutir. C'est en effet dans ( gion épigastrique que, suivant la natur sentiments qui nous affectent , nous < vons une dilatation ou un resserrem toigours une impression proporlioin^ force de l'émotion excitée.

I 1". — Des besoins.

Nous ne nous occuperions de rien,; facultés resteraient oisives, si nous iaucun intérêt àconnattre les objets. (• rêt est fondé sur nos besoins physiiiiii> taux, intellectuels et moraux qui .' eux-mêmes du plaisir et de la doukur

plement voUtion , celle qtti commande H n menls exéciuir», motivité. Tout cela n n ) netleinent dîsiingné (Voy. avec criiique Joi Ànaiyse de nos facultés.)

su

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\tî grands mobiles de notre volonté, de nos légrSt de dos recherches.

Cnodillac nous dit que le besoin est la conuissftDce qu*un être sentant a du bien dont ]j\ip' que la jouissance lui est nécessaire ; l 'ju'il De se connaît des besoins que parce pi il compare la peine qu'il souffre avec les ^Uisirs dont il a joui; Est-ce là donner une iè" juste du besoin 1 Tous nos désirs, nos ^ios physiques, intellectuels, morauXt etc., r^iltent immédiatement de notre constitu- ^•-c m^me et du but pour lequel nous avons Itérées; ce sont des sentiments, des profils immédiats de la faculté de sentir, prise :iih l'âme tout entière ; ils précèdent par Dioséquent toute opération de jugement, toute perception de rapports, en un mot toute conaiisaDce.

Oq peut dire que le besoin est l'état où s^Ais nous trouvons par la privation des ob« jiis nécessaires à notre nature, à notre fin, à tM habitudes, etc. Cet état produit un ma* (lise, uoe inquiétude , la souffrance mèmey tenait est trop prolongé.

Si le besoin lui-même produit la douleur, •)5^'oa tarde à le satisfoire , la satisfaction ^brà produit à son tour le plaisir. Par c^psssÉtoobile, l'être sensible qui réprouva, obéit Mklenieat à des lois, à des ordres Hipémnet en remplit les desseins. C'est le pUbirrt b douleur qui veillent à la conser- Mtttè fmdivîdu et de la société entière. Stten, il D*existerait en nous aucune esfior^'ictiTité, et tous les phénomènes de la «uil^j^que soit morale n'auraient pu ^iTOir lieu. '

^ besoins soat de deux esf)èces, ainsi ^ DOS affections : besoins physiques et vi- ^ qui se rapportent au corps et qui ont

C objet la conservation de l'individu et de Àe; besoins inielleetuels et moraux qui Supportent à 1 esprit, au cœur, à notre deskiDon sociale et religieuse. Les premiers '^ [ideot de l'exercice de nos facultés viou pbvsiques; les seconds dérivent de tice de nos facultés intellectuelles et ■nies.

S^tittanee et reproduction^ tel est le but

tael tendent tous les êtres vivants. Tous ^lÊs physiques ont donc pour objet la ^once ou la conservation des individus, < 4 reproduction d'où dépend la conserva- ^ àt l'espèce.

Trois choses sont nécessaires pour la con- ^rjoQ des individus de l'espèce humaine : ■ aourrilure, le vêtement et l'habitation. ^'Qune a besoin d'aliments pour se nourrir, fc'^teoients pour se couvrir, et d'un asile P puisse le garantir contre l'inclémence ■^ v&isoDs et les attaques des animaux f é- J^ De ces besoins le premier est sans ^''c le plus urgent et le plus impérieux ; [^est-u le plus important pour la con- "*««Mi des individus.

M besoins naquit l'industrie qui tend à j* «tislaire; cette industrie augmente "' tes progrès de la civilisation. L'homme

sauvage, content des productions que la nature lui présente, ne songe pas à les améliorer par la culture ; content du produit de la pèche ou de la chasse, il ne songe pas à nourrir avec lui des animaux pour s'en nourrir lui-même au besoin ; sa aemeure est une caverne ou une cabane chétive, et des écorces d'arbres ou la dépouille des animaux qu'il a tués forment son vêtement.

L'homme sauvage n'est guère occupé que de sa conservation. L'homme pasteur 1 est encore de la conservation de son troupeau ; ce nouveau soin exige de lui des travaux, de la réflexion, des observations, des découvertes ; chaque jour il reçoit des leçons de la nature, de sa propre expérience et de celle de ses semblables. Ainsi commence à se former la chaîne de la science. 11 suffit au sauvage de se creuser ou de s'élever un asile : l'habitation du pasteur doit être mobile, pour qu'il puisse la transporter à la suite de son troupeau. Il faut donc qu'il dompte des animaux, qu'il les façonne h porter, à traîner son domicile. La peau des animaux dont il se nourrit forme a'abordson vêtement. Ha^s bientôt plus industrieux, il invente l'art de faitre la laine, et de cet art peu difficile , il s'élève & celui de la filer et d'en tisser des étoffes. L'art du calcul, le commerce, la législation, etc., ont prts naissance chez les peuples pasteurs ou nomades. Le langage et surtout récriture ont fait chez eux des pro« grès très-rapides.

Dès que quelques hommes, au lieu de courir à la poursuite d'une nroie ou d'errer à la suite d'un troupeau, se nièrent dans des cabanes voisines les unes des autres, et commencèrent à cultiver la terre autour de ces cabanes, la vie policée prit naissance. Une étendue de terrain bien moins considérable que celle qu'exige la subsistance d'un peuple nomade, suffit à la subsistance d'un peu- {»le policé : ainsi la grande multiplication de 'espèce a dû rendre nécessaire l'établissement de la culture, et par conséquent la fondation des villes. Mais les hommes sauvages ne se sont livrés k la vie pastorale qu'après que leur nombre ne leur a plus permis de vivre de la chasse; les nomades n'ont renoncé aux douceurs de la vie pastorale qu'après que leur nombre devenu plus considérable n'a pu trouver des ressources suffisantes dans les aliments que leur fournissaient le lait et la chair de leurs troupeaux : ainsi les progrès de la civilisation n'ont dû s'opérer

3ue très-lentement. Un des grands avantages e la vie agricole, c'est <|ue les travaux d'un seul cultivateur suffisent k nourrir plusieurs hommes.Les hommes devenus agriculteurs peuvent donc s'occuper d'autres choses que de l'agriculture, etdirigerleurs méditations du côté des arts et des sciences. Hs sont alors plus rapprochés dans l'enceinte des villes etiapensée J'un seul homme appartient à tous ceux qui l'entourent; l'industrie, le génie de quelques citoyens supérieurs aux autres, deviennent l'industrie, le génie de la cité. Il n'entre pas au reste dans notre plan de suivre en détail tous les progrès de la civilisation ; il nous

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DICTTONNAIRE

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suffit de les avoir rapidement indiqués (230).

Les besoins physiques n*ont pas seulement pour objet la iuhsistance ou la consenration des individus, mais encore la reproduction ou la conservation de Tespëce. L'homme, parvenu au dernier période de son accroissement, acquiert bientôt un excès de vie qui cherche à se répandre et fait éclore un nouveau besoin. Une inquiétude vague se fait sentir : Tbomme en ignore d'abord la cause ; mais il ne tarde pas a la reconnaître, et son choix se détermme. Tout prend dès lors à ses yeux un nouvel être» tout s*embellit du charme qu'il éprouve, et Tobjet qui excite ces transports les redouble en les partageant. Bientôt ils se verront renaître « et le ^age de leur amour en deviendra un nouveau £en.

Ainsi la vie qui s« lie de si près k l'organisation même, se maintient et se prolonge par la nutrition, se propage et se multiplie en quelque sorte par la reproduction. Nous n'insisterons pas davantage en ce moment sur les besoins physiques et vitaux de l'homme : ces détails appartenant plus directement au physiologiste qu'au métaphysicien serontplacés dans une autre partie. Nous terminerons en observant qu'on peut juger en général du degré de la nécessité des besoins physiques, par le degré de malaise qu'ils occasionnent, de leur degré d'importance, par le plaisir qu'on éprouve à les satisfaire.

Si les besoins physiques sont indispensables pour la conservation des individus et de l'espèce, les besoins intellectueh ^ moraux^ religieux, les aspirations qui en sont les compagnons fidèles, ne sont pas moins nécessaires pour le maintien et la conservation de la société, pour le but final de Thomme. Us doivent leur origine à nos facultés intellectuelles, morales, religieuses, au plaisir que leur exercice nous donne, à la mission suprême que nous devons accomplir, lis sont le mobile de tout ce qu'il y a de grand, de beau, de vrai, parmi les hommes. Ce sont eux qui les animent, qui les soutiennent. Us sont les créateurs des vertus, des talents et des connaissances. Arts, sciences, lois, société, tous leur doivent leur existence et leurs progrès. Le héros qui se dévoue pour la patrie, le législateur qui lui donne des lois ou les exécute, le philosophe et le savant qui veillent pour l'éclairer, l'artiste qui se consacre à ses plaisirs et à son utilité, l'homme de Dieu qui sacrifie toutes les jouissances de la vie et son existence même pour pratiquer, enseigner, propager, défendre 1% véritable culte de la divinité sous les formes sublimes que le Christ nousadonnées, sont excités par leurinfluence.. Sans eux tout retomberait à nos yeux dans le chaos, pour ne plus en sortir :* les beautés répandues par Dieu dans Tunivers, ne trou-

(230) Fosf. les remarques pleines d'inlérél que ce sujei a fournies à de Gérando {Hist. compar. de$ sy$t. de pldloi.^ n* partie, édit. de 4804). L'auteur n*a point parlé des effets de riulenrention divine, de 8011 association avec les efforts et la liberté bumaiiie. U a supposé rhomme livré à lui-même

veraient plus sur notre terre, ni conieniji teur dans le génie pour en faire coiin.i; les merveilles, ni nvai dans l'art pt)ur i imiter ou les embellir. De même que les pr miers besoins naissent d'un état de biein i ou de mal-être où se trouve rindividu , même la satisfaction ou la non-satisfai ti des besoins produit à son tour le plaisir nu douleur <;[ui donnent eux-ipêmes naissmu. des besoins nouveaux. C'est ainsi que r affections peuvent, de même une nos p^n tion$,être ramenées à des éléments piii d'où dérivent les affections et les percepi: les plus composées.

Dans ce qui précède nous avons parlé <i civilisation considérée dans son évulu^

fmrement humaine ; nous avons vu cotm es besoins physiques prédominent du!

et mettent ensuite en jeu les besoins iii lectuels et moraux qui s'éveillent en^ d une manière successive après un som plus ou moins prolongé; nous aurons à > entretenir longuement de ces dernier>.

sentiment religieux et de sa nature, d'un ment civilisateur que l'homme a reçu dt^ haut et dont Tintervention seule peut li. ner l'histoire de l'humanité. Ce sera r< de leçons d'un ordre plus élevé.

S ). — D» dénr.

Si Ton joint au besoin la perceptinr l'objet propre à le satisfaire, il donntnt sance au désir. Le' désir est donc ceitr .. tion de toutes les facultés de l'être s* ' ▼ers l'objet dont il est privé et qu'il js: être nécessaire pour faire cesser le il qu'il éprouve.

D'après ce cpie nous venons de dire, -^ que nos désirs doivent êlre proi>oiii à l'état de nos perceptions et de ni>^ naissances, et qu'ils doivent se mu avec elles; puisqu'en joignant à un k perception d'un rapport, c'est-à-dire nr naissance^ ce besoin devient un désir de même que nos perceptions simj'lo neront naissance à des désirs de !•>!•. plus simple,nos perceptionscomplext naître des désirs plus compleies, et reconnaîtrons dans nos affections el n timents les mômes ordres de conjixts'^^ nous avons observés dans nos idées t.!

connaissances.

Je vais rendre ceci sensible par un •■' pie : Je me suppose privé de toute ni = sance; ie me suppose éprouvant un ff tense. Ce sentiment de froid est vraiii' besoin d'avoir plus chaud; mais je suiloin de le savoir, et je ne puis absol'i former aucun désir bien déterminé. Jéi-! ensuite une manière d'être plus dou( t. me rappelle la première. De leur cnn.[ son nattra le désir d'éprouver 1 une i

dès Torigine, ce qui est aussi ifnpossiI>l^ ^^^ ' de vue rationnel qu'au point de vue Insi''^ Un peu de réflexion suffit pour le déinontrtr avons écarté ici Téléroent divin pour sinii*!:' question, mais nous lui accorderons ailleurs i son importance.

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DE PHTSIOLOGIE.

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ne rnitre, de M plus éprouver le froid Hon désir se bornera là, parce que je n'eu 5il< pas davantage. Lorsque j*aurai a;)pris ^ue le mouTenient est capable de bannir la <^n$aljoQdu froid t mon désir deviendra le i^rde me remuer; lorsque j'aurai découi-ti l'usage du feu« je formerai le désir de 01 en rapprocher; lorsque Taurai reconnu Vifei des rétements, j'aurai le désir de m'en ii4ivrir;lorsqu*en6n de connaissance en con- 4ssance je serai venu jusqu'h connaître 'inploi de l'argent dans la société , du be- •KO de a avoir pas froid, naîtra le désir !3tôirde l'argent pour me procurer des "'OMibles et des vêtements.

D} ade même une grande différence entre :u» appétits les plus bruts et nos sentiments c< ^ius ralïïaés, résultant des connaissances -j'ù ili proviennent. Ceux-ci sont aussi nalur'i>i]u<; ceux-là; tous sont également des fhuiuis de notre constitution , de la notion > plus en plus nette, de mieux en mieux «&i, du but pour lequel nous sommés faits;

* viQt produits par les mêmes opérations '';-'>ire(ien$ée, de nos sentiments, de nos ' .*.iui)!)ances, puisées à toutes les sources,

. .^h ou moins combinées.

§ 5. — Dti pMëtioni.

y<i^ prennent le nom de passions îwfjii'iijsont vifs et continus, c'est-à-dire ^jx m facultés se dirigent avec force et c'<'.t;p]lement vers le même objet.

'>>tiins auteurs, s'appuyant sur une ana- '.'^ neieuse ou impamite relativement au *^^, à ta nature, à l'origine des besoins, ^V^irs, des sentiments, des passions, ont Ô3<ê que celles-ci peuvent toutes être Hâ^ks i Tamour de soi. « C'est cet amour ^ s'ius-aiémes, disent-ils, qui est la cause mM\t de toutes nos déterminations , de ^ie» nos actions. Les hommes les plus stu- ^i^ obéissent, ainsi que les plus intelligents, tvUeloi impérieuse qui dérive de la con- Uuiion de notre être, et qui veille à sa condation. L'amour de soi bien dirigé devient ^ k plus puissant conservateur de la so- ^'K. bien loin d'en être le fléau , comme 1^1 pensé quelques écrivains, et notre in- ^^ propre bien entendu est le plus sûr nuiraient de toute la morale. C'est toujours V un secret retour sur nous-mêmes que ^^ sympathisons avec les maux de ceux qui ^^ enloureut, et l'amour de nos semblables ^ jamais que l'amour-propre déguisé, ubour-propre est donc Punique moteur ^ êtres sentants et intelligents; la sensibi- ^*- i (licite, l'entendement l'éclairé, le tcmta^nt et les circonstances le modifient, ^•'>is le dirigent, l'éducation le perfectionne • i ennoblit. » Nous examinerons ailleurs ue doctrine, qui a compté de tout temps de inbreuiet ardents prosélytes, et nous mon- ^'ns que, malgré les formes séduisantes ^it OQ a voulu l'entourer, elle estfausse dans ^ principe, et funeste dans ses consé- Wïces. On ajoute, en suivant la môme nen- - « L'amour de soi nous porte à recner- ^ k-s objets qui nous procurent du plaisir»

Dktioiin. ob Pbtsiolog».

et à fuir ceux qui nous font éprouver de la douleur : de là, naissent Vamour et la A/imr, qui sont les deux passions primitives et générales auxquelles toutes les autres passionis secondaires et particulières peuvent se rapporter. » Mais la charité, telle que l'enseigne et la pratique lu Christianisme, prend-elle sa source dans l'amour de soi? L'arnour de Dieu n'en est-il pas le principe suprême? Ce point de vue, que j'indique seul ici, parce qu'il domine tous ceux que je j)Ourrais citer, suflTit pour changer la doctrine sensualisle des besoins, des désirs, des passions, et pour montrer sous un nouveau jour les idées que je vais sommairement exposer.

Si , au désir d'une chose dont on est privé , se joint ce sentiment, je V obtiendrai, alors natt l'espérance. Ainsi, respéranco suppose ta privation de la chose, le jugement qu'elle nous est nécessaire, et le jugement qu'on l'obtiendra.

Vespérance est une des passions les plus douces : elle est le charme de la vie; elle assaisonne le plaisir, et l'on jouit moins, dit Rousseau, de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère. Elle tempère la douleur; et, comme l'ont dit ingénieusement les anciens, si tous les maux sont sortis de la fatale botte de Pandore, l'espérahcd est au fond, et reste pour nous consoler.

Le désespoir est l'opposé de l'espérance : il est produit par le jugement que l'on porte que 1 on n'aura jamais le bien que l'on désire, ou que le mal qui nous aiDige ne cessera jamais.

La crainte est cette inquiétude que nous éprouvons lorsque nous pensons à un mal futur, et qui nous le fait regarder presque comme présent.

hàjou Oit cette impression agréable que nous inspire un bien que nous possédons, ou que nous espérons. Elle dépend aussi beaucoup de l'état de santé, ou de la constitution des individus; à son tour, elle influe beaucoup sur cet état.

La ioie, devenue habituelle, constitue la gaieté^ Tun des caractères les plus heureux

3ue l'on puisse recevoir de la nature. Tune es manières les plus agréables d'exister pour soi et pour les autres.

Si 1(? bien présent ou futur produit la joie, le mal présent ou futur produit la tristesse. \ proprement parler, l'opposé de la joie est le chagrin. Il est, comme elle, une passion, et la tristesse, ainsi que la gaieté , est un caractère : c'est le chagrin devenu habituelmais, dans le langage ordinaire, ces deux expressions se confondent pour désigner le môme sentiment.

Ce n'est pas seulement la présence d'un bien ou d'un mal qui peut produire la foie ou la tristesse : la cessation d'un mal fait aussi souvent naître la première de ces passions, et la privation d'un bien donne ordinairement naissance à la dernière.

Nous ne pousserons pi^s plus loin, dans ce moment, cette analyse rapide des passions; un nombre cK>nsidérabIe de passions particulières se composent plus ou moins des passions

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générales dont nous venons de parier, et n'en sont que des modiflcations. En effet, dans toutes on se réjouit, on s'afflige, on désire, on espère, on craint, suivant les rapports où l'on se trouve avec les objets et les diverses modificalioQS qu'on en reçoit.

I 4, — De ta volonté.

Quoique les métaphysiciens aient compris sous le nom générique de volonté (231) tou-» tes les facultés actives de l'esprit humain, ils ont aussi donné ce nom à une faculté partieulière qui dispose en quelque sorte de nos idées et de nos mouvements , et que nous ma« nifestons par cette expression , js veux. La cessation ou la production d'une pensée ou d'une action qui suit d'un tel commandement de l'esprit s'appelle volontaire: on la nomme involontaire, quand elle a lieu sans Ott malgré cette intervention de la volonté. L'usaçe actuel de cette faculté , ou l'acte de vouloir, a été désigné par Locke sous le nom de volition.

La volonté est donc la faculté de vouloir. Vouloir, dit Bonnet , est l'acte d'un être sentant, ou intelligent, par lequel il préfère, entre plusieurs manières d'être, celle qui lui

Erocure le plus de bien ou le moins de mal. ais cette définition de Bonnet n'est pas bien exacte, puisqu'elle ne peut s'appliauer à toutes nos déierminations ; car, quoiqiril soit vrai que dans les volitions on préfère souvent une manière d'être à une autre, ou un objet à un autre objet, on peut aussi souvent vouloir sans préférence.

La volonté, lyoute Bonnet, suppose donc la connaissance , ou le sentiment de différentes manières d'être; il n'est point de volonté là oii il n'est point de raisoD d^ vouloir.

On peut observer deux choses sur ce que vient de dire ce célèbre physiologiste : 1* la connaissance ou le sentiment de différentes manières d'être excite quelquefois la volonté, mais cette faculté peut aussi se mettre en exercice sans cette connaissance ; car le souvenir seul du plaisir causé par un objet suffit pour déterminer la volition ; 2* on ne doit pas confondre cette comparaison de deux objets ou de deux manières d'être avec la volonté elle-même. 11 y a raison de vouloir lorsçiu'il y a délibération, lorsque l'esprit choisit et raisonne sur son choix; mais il n*v a que simple motif, lorsgu^un bien sollicite par lui-même, et détermine.

Les motifs de la volonté sont le plaisir, la douleur, etc.... Mais le plaisir, la douleur, etc., dérivent eux*mêmes de nos modes de sentir, de nos idées, etc.. La faculté de vouloir est donc subordonnée à la fiiculté de sentir, de connaître

Les effets de la volonté sont des actes inlellectuels, moraux, etc., ou physiques; des pensées ou des actions ; mais son influence ne s'étend pas également sur toutes les fa-

(23i) Ce double emploi dn mol volonté est b sulle d*vn vice nui se fait Mitiir parloitl dans la Inagiie mét«p|iya(que« Noos distiogu^rous aîUeurs,

cultes de l'homme et sur tous les actes d facultés.

s 5. — De la liberté et de nnfiueuu de la ro/o». eur no9 faeultéê meralee et phMiiques,

Pour procéder avec plus de mélhode, n< examinerons quel est le degré d'intluei de la volonté, 1" sur nos facultés ini»<* tuelles, morales, etc.; S* sur nos faïu. physiques et vitales.

I. Gomme la volonté n'influe pas au ir; degré sur les opérations de toutes nos l.i tés intellectuelles, je vais examiner su< sivement son influence sur chacune d\i. ^

!• Sur la perception. Il ne dépend i nous de ne pas percevoir les impn que les objets extérieurs font sur nos sanes; c'est ce qui fait que tous nos v (peut-être, si l'on en excepte le goùi ^ presque toujours en exercice. Mais il dt ; de nous , jusqu'à un certain point, d .v! quer tellement notre attention à une d. impressions que les autres deviennent cr nulles pour nous.

2* Sur Y attention. Quoique la v< exerce une plus grande influence sur le. tion que sur la perception , cependant actes de cette faculté dépendent beau du degré, de la nature des imp^essi(lI^ objets; de l'intérêt qu'ils nous inspirent, ' car une impression vive ou inattendu' cite notre attention avec une puiss<iucc , ou moins irrésistible.

3* Sur la mémoire. Nous éprouvons )e souvenir des perceptions que nous a« déjà eues nous assiège souvent, qu nous l'éloignions; souvent aussi tous iforts de la volonté sont inutiles pour r 1er des perceptions passées. Mais nous i; vous aussi que la volonté exerce sou

Elus grande influence sur les opératiui.^ i mémoire, et cette influence est t:

plus sensible chez ceux qui ont ce qn r>i: pelle la mémoire facile. Par le secoua signes artiflciels , nous augmentons i gieusement l'influencA de la volume mémoire.

4** Sur le jugement. Le iogeroent n> pend guère de notre volonté , en ce seih nous pouvons difilcilement percevoir < r deux idées un rapport autre oue celui doit nous apparaître en vertu oe notre i titution; mais nous sommes maîtres ju^ un certain point de considérer une f>' r tion ou un rapport plutôt qu'une autre i ception,' ou un autre rapport.

II. Si l'on examine les diverses fticsi qui servent au maintien de la vie et conservation de l'homme, on verra qu ne dépendent que peu de iSiction de k lonté.

1* 11 en est un grand nombre sur lesqu la volonté n'exerce pas d'influence dn«^

avec <iue]que8 physiologistes, la volonté scn^> éi animale, de la volonté intelîective ei luii^*" qui est la vérittbie volonté.

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telles sont ta digetlton, Vanimilation^ la crrtuittim, etc.

^ Il en est d'autres qui sont en partie Tolonuire9, et en partie involontaires : telles

«nni les facultés de maitj^er , de dormir

vile est la respiration « dont on peut bien

sospendre l'exercice, mais non poiirlong-

triDps, et qui s'exerce trës^bien pendant le

^oiiDdl sans rîntermédiairede la volonté. La

(jculié de fioitf fiiout>otr, ou la motilité, est

sir» doute celle de nos facultés sur laquelle

liTolomé a le plus d'empire. Cependant un

craod oombre de nos mouvements sont dé*

ifToiioés par la sensibilité, dans ce qu'elle a

de fssàt; ils sont ainsi excités par les seules

impressions des objets physiques.

Après ce que nous venons de dire, il nous

m plos aisé d'aborder la question si Sameuse

^ \i liberté de Thomme.

li liberté est le pouvoir d'agir en consé-

queœe de la volonté. Tous les actes de

i.DUDot sont ou des actes moraux, c'est^à-

À« des pensées, des sentiments, etc., ou des

&HS physiques, e'est-à«dire des mouvements.

<^. d'ipris ce que nous avons déjà dit, on

u (^y j a des facultés intellectuelles et

H^nqiies qui ne dépendent pas de l'action

^livdoDté, tandis que les autres sont, en

Mrtie, volontaires et en partie involontaires :

lbi>aifikji*est donc pas entièrement libre :

S3 tiMd D'est donc pas complète, du moins

coiets,eoinme disent les scolastiques.

CfKodant il est vrai de dire que nos sem-

^o'oQl aucun empire sur nos pensées,

^' înils ne peuvent les contraindre. Il est

^ de dire aussi que nous pouvons nous

^rrriirà volonté, à moins que auelaue ob-

^ie extérieur nous en empècne. Mais la

^^'"flté, ou pour mieux dire I exercice actuel

'<" ia volonté, c'est-à-dire la volilion est-elle

i^re! Locke et plusieurs métaphysiciens de

f^tf école se décident pour la négative :

foMins connaître leurs arguments.

« Les motifs de la volition sont, nous disent-

'\ au des impressions des objets extérieurs,

'^1 nos propres manières d*être. Mais il est

v-3nifeste que les premiers ne dépendent pas

^' oous, et qu'il nous est impossible de nous

♦"wlraite à leur action. Quant à nos percep-

'*jns intérieures et aux affections qu'elles

pxioisent, elles dérivent de notre organisa-

'^ qui ne dépend pas non plus de nous, et

^un concours de circonstances qu'il nous est

•A possible d'apprécier. Aussi regardons-

''^ comme libres nos volitions, et cela parce

^ nous ignorons les causes qtri les pro-

^ittenl.

' 0 n'y a pas d*effet sans cause dans la na- ^. Les pnénomènes qui suivent dérivent m^mrs de ceux qui les ont précédés; et, ce T^: nons appelons cause, n'est qu'un effet iniécédent. bi nous connaissions donc l'en- ^toement de toutes les causes et de tous *^ effets, nous trouverions que tout ce qui "^ est nécessairement. Mais de même que '^s le monde pbysiijue, l'homme attribue lu hasard les effets qui résultent d'un con- ' ^"urs de causes qu'il n'aperçoit pas; de même ^n le monde inteHectuel, ne pouvant suivre

renchatnement du nombre presque infini dn causes et d'effets qui produit et détermirre en lui, à chaque instant, la volition, il se croit I)lus essentiellement actif et libre dans l'action de vouloir que dans toute autre modifica- ' tion de son être.

« On peut donc dire avec vérité qu'il y a une sorte d'harmonie préétablie entre le cours de la nature et la succession de nos idées, de nos affections et de nos actions; aue notre volonté n'est point libre, et que la liberté d'action ne consiste même que dans le pouvoir d'agir conformément à nos sensations ; maris la volonté n'exerce son influence que sur un très-petit nombre de nos facultés, soit physiques, soit morales; ainsi, en prenant même la liberté dans ce dernier sens, elle serait fort restreinte. Si Ton considère, de plus, <;[ue nos volitions ne sont point libres, on voit à quoi se réduit la liberté des actions même que ces volitions déterminent.

« Tutites nos actions sont donc nécessaires, quoif^ue certaines soient volontaires ; car rotontatre n'est pas l'opposé de nécessaire ^ mais seulement à^invotontaire. C'est faute d'avoir su distinguer ces choses, que certains métaphysiciens ont répandu la plus grande obscurité sur ce qui concerne la liberté de l'homme ou le libre arbitre. »

Tout cela repose sur une connaissance imparfaite de la causalité ; nous devrons donc insister sur l'étude de ce sujet important: une observation impartiale et approfondie nous montrera d'ailleurs tout ce que peut la volonté humaine, quand elle remonte à sa véritable source : c'est là qu'elle puise une force immense dont on trouve tant de grands exemples dans Thistoire du monde chrétien.

i C. — Da tkabkmde H d^ son iuftmmce sus iMt

(acuités*

Phisieurs auteurs disent que Thabitude est une manière d'être durable, contractée par la répétition fréyjuente d'une même impression. On a dit ainsi qu'elle était, en quelque sorte, une seconde nature. Nous allons examiner tous les degrés d'influence qu'elle exerce, . 1* sur nos facultés physiques ; 2* sur nos facultés intellectuelles et -morales, par la répétition fi*équente des actes de ces facultés.

I. On ne peut révoquer en doute que cette répétition des actes n'exerce la plus grande influence sur toutes nos facultés physiques. C'est cela en effet qui a produit ce besoin de manger tous les Jours à des heures fixes, cette alternative régulière de sommeil et de veille.que l'on observe principalement chez les peuples policés. Elle a déterminé, dans leurs détails, le mode périodique naturel de ces besoins.

Elle exerce aussi une très-grande influence sur la faculté motrice ou la motilité. La fréquente répétition des mouvements rend leur exécution plus facile eu augmentant la flexibilité des organes. Mais la fréquente répétition n'altère pas la perception que nous avons de ces mouvements, et si alors ils deviennent plus dépendants de notre volonté, c'est l'effet direct de cette répétition sur le jugement.

qui s'y applique, en démAle mieux tous les détails et doane naissance è des volontés plus circonstanciées et plus précises.

II. La fréquente repétition des actes n'exerce pas une influence moindre sur nos facultés intellectuelles et morales.

1* Sur les senêfUiont. Les sensations répétées deviennent plus faciles à rappeler. Cet effet doit être attribué au jugement plus qu*à la sensibilité ; la fréquence produit moins un <:^nKement direct dans la sensation môme,

Îue dans le jugement que nous en portons, est vrai sans doute qu'elle ne nous étonne plus : mais Vétonnement que nous cause une sensation nouvelle pour nous, n'est pas simplement l'effet de la sensation elle-même, elle est surtout celui du jugement, qui per-

Soit un rapport de différence entre une moiGcation actuelle et toutes celles q^ue la mémoire rappelle ; pour être étonné, il faut sentir et comparer.

2* Sur les souvenirs. Plus les souvenirs sont répétés, plus ils reviennent facilement. On sent combien la mémoire acquiert d'activité nar un fréquent exercice.

3* Sur les désirs. Ils deviennent habituels par une fréquente répétition. Les désirs sont, ainsi que nous t'avons déjà vu, des conséquences de nos jugements, de nos sentiments» etc.; les effets aue la fréqoBnte répétition produit sur nos désirs se rattachent h ceux qu elle produit sur les actes qui les occasionnent.

4* Sur les jugements. Quand un jugement quelconque a été très-fréquent en nous, lui et ses analogues nous deviennent extrêmement faciles; ils ne nous étonnent plus, attirent très-légèrement notre attention, et nous deviennent a peine sensibles: d'où il suit que la multitude de nos jugements, leur facilité et leur rapidité étant presque infinies, nous Âiisons dans un instant une foule d*0[»érations dont nous avons è peine la conscience, et dont il nous est presque impos^Ie de nous rendre com()te. Les jugements deviennent donc très-faciles par leur fréquente répétition, et peu sensibles par leur extrême facilité; d'après cela on voit quelle est l'importance de l'éducation, oui rend habituels les bons jugements, les nous sentiments, les 4M>nnes actions.

Après ce que nous venons de dire» on com(>rend que les effets divers produits par Tbabitude sur nos pensées et sur nos mouvements, peuvent être souvent expliqués par la connaissance des modifications que subit le jugement par la fréquente répétition. Car le Jugement est la faculté dont les opérations

Saraissent le plus largement modifiées \mi \ répétition.

L'habitude , en rendant les actes soit intejlectuels et moraux, soit physiques, plus faciles, finit par les dérober à notre attention et en quelque sorte à l'empire de la volonté. Tout le monde sait combien il est difficile de se défaire des habitudes qu'on a une fois contractées.

Les mêmes causes, qui ont produit les habitudes, sont capableb de les entretenir:

je veux dire que les habitudes se pcrdmi si elles ne sont pas renouvelées par d. actes souvent répétés. C'est encore \\ u: de ces observations qui n'ont pas besoin •

(preuves et que confirment rexpérience i 'observation journalières.

Si l'habitude rend les idées plus îmV elle rend les affections moins vives, diminue leur intensité; un objet qui m ai]' affecté plusieurs fois fait par la suite sun; des impressions moins fortes ; ce prin est également vrai pour les affections y siques et pour les affections moraks: i l'habitude émousse à la longue les plaisir^ les peines soit du corps, soit de resprii. l même qu'une idée souvent aperçue ne [ duit plus Yétonnement et rattention (ju. dérive, de même une substance quekoi introduite dans le cor[>s humain, a^ni d manière bien moins active, lorsqu'on en un fréquent usage. C'est ainsi qu'on vrui hommes prendre par jour plus de v grains d'opium, tandis qu'une quantit(! !• coup momdre suffit pour tuer l'hii même le plus rigoureux, qui ne serait habitué à rusage de cette substance.

Voici comment Bonnet tâche d'eirli les effets surprenants de Thabitude : u r d'un otiget quelconaue modifie Tétat d* fibre nerveuse sur laquelle cet objet i. Cette action doit donc influer sur l'arrrir ment des molécules nourricières qui viop.i se rendre à cette fibre et y influer d ci:. plus qu'elle a été plus forte, ou pins ! temps continuée ou plus souvent rquii <^ue la fibre a par sa nature plus de dis tion à se prêter è cette action.

En se plaçant relativement à la dis{r ^ actuelle de la fibre, les molécules nuu maintiennent cette disposition; si icii mouvement est répété de temps en ' dans la fibre, et qu'il ne survienne p. • mouvement contraire, il augmentera tn cette disposition. Cette application m avec la théorie de l'auteur sur la mécau des nerfs, du fluide nerveux, etc.

Ainsi se conçoit, selon Bonnet, la nais^^ de l'habitude. « Si l'on dit en général <] répétition des actes la fortifie , c'esi qu répétition des actes est une répélitinn : mouvements, et qu'une répétition de n vements augmente la tendance aux m-^ ments; en un mot la répétition fréquoni même mouvement dans la même filne ci< jusqu'à un certain point l'état primitif de < fibre. Les molécules dont elle est cuimj se disposent les unes à l'ésard des ai dans un nouvel ordre relatif au genro ( . degré de l'impression reçue. Par ce narrangement des molécules, la fibre di^ plus facile à mouvoir dans un sens que u tout autre. Les molécules nutritives .m' • forment i Tétat actuel de la fibre , se ]d en conséquence : la fibre croit, lc')><'' augmente, la disposition contractée st! \ title, s'enracine, et la fibre devient de jiu jour moins susceptible d'impression m^um On sent donc toute l'importance, soit en \ i

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