ti
NI
HAL
DB PHYSIOLOGIE
HAL
La mécanique ne s'occupe que des mou- Yfineats, des drconsUinces, des agents, des coodiûoDS qui les produisent. Elle ne s*at- 'jrhe qa'aux formes extérieures » cherche u3e force motrice et un agent d'impulsion : ii$ lois de la mécanique feront le reste. Balier trouve sa puissance motrice. Ce n'est plus l'élasticité physique du système fibreux, (^i une force vivante, une propriété vitale ; tc^t l'irritabilité de GUsson, modifiée, étudiée ur l'eipérifflentation ; elle réside dans la fiîr« musculaire seule, ou aidée par la fibre meuse; le moteur, c'est le stimulus en np^ort avec cette irritabilité; désormais , «tcfie-t-OD autour de lui, nous pourrons dire afioe Descartes : « Donnez-moi de ia matktt et du mouvemept, et je vous referai V udode. • Nous connaissons le grand motar des êtres vivants qui doit être pour la pt^ffloiogie ce que i'attraction est pour l'astaoïmie et la mécanique ; avec ce principe s U sensibilité, force ou propriété spéciale tt^Tstème nerveux, nous reconstruirons l'antrilogie.
m rentrons, en effet, dans une ère nou- ^ dans une période de rénovation pour ^Mvïïiécanisme ; nous Tinaugurons df'une HteWllante ; mais nous ne sommes qu'au cfODOKanent ; nous voilà au seuil du sanctarr, m nous n'y entrerons pas : l'effort ArKiTC'mécaniciens était trop grand pour atSd doctrine; on fait une halte en attendant Bespulsion nouvelle. Arr%tons-nous aussi vsiant pour juger les travaul de Baller , ^ dans quelles circonstances et com- ^ ils ont été accomplis. Les hypothèses R^es avaient dénaturé les résultats de tt^natioD. L'élasticité qui joue un si grand wtQ métrique devait avoir la même im- JH^ce dans la machine humaine ; les tissus *raii les plus élastiques de tous, devaient ^ 'e grauQ rouage des corps vivants ; on le fposa par induction analogique, l'on crut fc'Jie de le démontrer par l'observation diktc.
U sensibilité, la motilité sont inhérentes b tissus fibreux ; les nerfs sentent et se l^cvoQt par leur enveloppe fibreuse , c'est la v<n^iide qui sent la lumière; tes aponévroses. ^^ihIods sont doués d'une sensibilité Jpise; c'est la dure-mère qui est le centre 1^^ motilité. Tels étaient les axiomes qui ^^m force de loi chez les maîtres de Baller. ^S^and physiologiste a le courage de dou- ^^ regarde, il expérimente, il retrempe 'science aux sources du vitalisme et de ^rvation indignement méconnus, l'arra- J^ au mécanisme , renverse cet étrange l^audase et affirme que la sensibilité ré- ^ dans Ta substance nerveuse et non dans ^ sortions fibreux ; que la motilité n'appar- ^^ (>as è la dure-mère, aux aponévroses, ^ U^us fibreux; qu'on doit la rattacher au ^i fausculaire dont elle est la propriété. ^ '>ilà, Messieurs, ce que Baller a fait en pro- ;j^tune grande vérité, mais en l'exagé- ^ ou du moins en ne la précisant pas dans [^ «Uier. Etudiez, Messieurs, dans sesElé- '^^ Physiologiques, tout ce qu'il sut dé-
DicnoKtf. i>B Physiologie.
duire de ces principes; vous reconnaîtrez avec quelle supériorité, pour son temps, il traite tous les problèmes mécanico-vitaux de la physiologie (tels que la circulation, la respiration , le trajet des substances alimentaires dans les voies di^estives). Mais il'ne put aller au delà ; quand il voulut s'occuper de la digestion, de l'hématose, de la nutrition, des sécrétions, de la vie plastique en un mot, il ne trouva autour de lui que des hypothèses au milieu desquelles il s'engagea, bien qu'elles ne pussent point satisfaire sa raison. Il ne fut guère plus heureux pour les fonctions sensitives, intellectuelles , etc.
Pour s'occuper de la vie plastique , une voie lui est ouverte , ses recnerches sur la génération pouvaient l'y conduire ; une erreur anatomique et son système général la lui fermèrent. S'il eût em£)rassé la doctrine de l'épigenèse, il aurait observé les actes créateurs de la force plastique , de la force vitale, et une vive lumière se serait répandue pour lui sur toutes leis fonctions organiques : mais il adopta et il dut adopter la doctrine de l'évolution ; à ses yeux, l'embryon humain est un homme microscopique complètement formé dans l'œuf qui le renferme; le sperme n*est qu'un stimulant , un agent moteur qui Je réveille; il n'a plus qu'à se nourrir pour s'accroître et parcourir les périodes de son évolution. L'embryologie qui recèle tant de mystères de la vie plastique ou plutôt de la vie entière , est un livre fermé a ses yeux. Ses! travaux sur ce siyet n'en sont pas moins très-remarquables, seulement il n'est pas remonté assez haut. Ce grand phvsioiogiste a eu la gloire d'éclairer plusieurs branches importantes de l'anthropologie , il en a laissé oeaucoup d'autres dans l'ombre ; elles s'éclairent maintenant à leur tour. La lumière vieiidra d'un autre point, ne lui en demandons pas davantage. Dans les sciences d'observation le géme même n'a pas des ailes aussi puissantes que dans les arts d'imagination; il ne devance pas son siècle dans tous les sens à la ibis;, d'ailleurs Baller n'a pas Tallure libre et large des génies du premier ordre. Avec son penchant pour la mécanique, avec ses idées sur la sensibilité, l'irritabilité, les stimulus, Baller devait attacher à la matière extérieure , à ses formes , à sa structure, une importance exagérée; il devait être solidiste exclusif.
Pour lui la force motrice n'est que dans les muscles , la sensibilité dans le nerf et dans touâ les nerfs; le sang n'est ou'un stimulant chargé de porter avec lui (es matéijaux nutritifs recueillis ensuite par tous les organes; il voit partout des différences quantitatives et ne songe pas aux différences de qualité ; aussi les- propriétés spéciales des nerfs lui échappent; il ne voit pas assez les modifications profondes que la sensibilité commune subit dans les nens optiaues, acoustiques, olfactifs, partout enfin , selon les besoins de la vie ; il laisse donc beaucoup a faire dans la voie même qu'il parcourt, et cela devenait d'autant plus difficile qu'il fallait transformer tous ses principes fonda-
HAL
HAL
mentaw. Même remarque pour la motilité.
Les méthodes générales, les moyens particuliers d'exploration, les principes qui man- Suaient à Ualler existaient dans des écoles ifférentes de la sienne, dans les écoles franchement spiritualistes et vitalistes ; c'est là qu'ils avaient marché h côté des siens; mais on les avait méconnus longtemps au lieu de les y rechercher.
Moins sages que lui , les élèves d'Haller crurent gue ce qu'il y avait de particulier dans sa doctrine représentait la science entière; ils la dénaturèrent encore en lui donnant une plus grande extension, et firent reposer sur des bases plus fragiles et plus étroites, tout J'édiGce médical. C'est de là que sont partis les systèmes de Brown, de Broussais, de Rasofi, de Tomassini, des contra-stimulistes, systèmes qui se sont perdus par leurs principes exclusifs et qui ont fait oien du mal à l'humanité , quoiqu'ils aient laissé beaucoup de matériaux utiles pour ceux qui savent s'en 1^ervir, car la véritable science trouve partout des éléments qu'elle doit choisir et associer pour se constituer. N'accusons pas Haller de toutes ces exagérations : ses successeurs lie virent point tout ce qu'il y avait de bon dans ses ouvrages ; ils ne profitèrent pas des vastes trésors de son érudition; ils affirmèrent là où il doutait , étouffèrent des germes utiles et exagérèrent des tendances dangereuses.
Haller avait détruit quelçjues conséquences des idées mécaniques, mais il avait conservé ridée mère : c'i^tait une tache originelle qu'il n'avait pas effacée; il en porte la marque encore bien plus évidente chez ses disciples, qui sont, au fond, des vitalistes plus mécaniciens que leur maître, et qui se sont plus éloignés que lui du vitalisme de Stahi et d'Hippocrale. Haller est néanmoins plus iatro-mécanicien que vitaliste. Il admet dans l'organe vivant des forces mortes, il hésite souvent à nommer Virritabilité une force titale^ parce qu'elle persiste quelque temps sur le cadavre; il dit parfois que c'est de l'élasticité perfectionnée , qu'elle est un mode des propriétés physiques du gluten dont les iniucles sont formés. Haller reste ainsi conséquent à ses principes mécaniques , car son irritabilité n'est pas encore la force motrice qui nous anime , tantôt évidente dans le muscle qui se contracte ou se relâche, tantôt plus cachée dans les mouvements toniques bien mieux saisis par Stahl et par Galien. Après la mort, la fibre musculaire palpite, le galvanisme développe des contractions synergiques, la sueur coule. quelquefois, c'est ia vie cadavérique, c'est à peu près la vie telle que Haller la conçoit. Ce n'est point notre vie réelle, qui ne consiste pas dans une propriété, dans une fonction secondaire ei isolée, mais dans leur ensemble ; c'est la vie d'une machine , c'est celle des iatro-mécaniciens.
Haller inaugure et représente la physiolo^e dominante du xvnr siècle qui se poursuit au XIX* dans les écrits de ses continuateurs; la physiologie véritable du xix* siècle, le vitalisme positif, expérimental, qui est un
heureux et large développement duviiâlisn Hippocratique du xvn* siècle, commence av Hunter, Bordeu, Barthez, etc. Ces ^r.ir hommes sont pourtant les contcm}Hir.r de Haller; c'est ainsi que la chimie du w siècle commence à Lavoisier, poursuivant transformant les doctrines de Becker et Stahl. C'est qu'un siècle, dans l'esprit qii, caractérise, ne débute pas et ne Unit | .t une époque fixe ; ses racines sont dan> siècles précédents, ses derniers rameaux i ceux qui les suivent.
Hunter, Bordeu et leur école ne sont encore bien connus : que dirai-je de Bu; lui-même et de ses grands disciples? Y. <beaucoup de médecins qui sachent ce qu. a d'important dans leurs écrits?
Pour comprendre des hommes de c trempe, il faut vivre longtemps dans k\v timite, s'identifier avec leurs ouvrages eî langage, car ils ont une langue qui Itur propre, parce qu'ils ont des pensées n'appartiennent qu'à eux.
Aussi habiles médecins que profomi^:
siologisles, ils ont préparé en anthroj' . dans des proportions différentes, un-lution plus générale , plus vaste, plu<: cale et bien plus importante que cr !1 est due à Haller. La science est eon :: globe terrestre, elle se compose de ci successives ; les plus profonaes sont le^ riches, nous y pénétrons à peine, dos dtdants y moissonneront.
On appelle Hunter un humoriste, P> r un semi-animiste, comme on appelle II crate un naturiste, et Barthez un mri.w sicien : on attache une étiquette à de> :
Sareilsl C'étaient de grands obsennt unter n'a lu que dans le grand livre nature , il a appris presque seul ce q : enseigné; Bordeu a puisé à pette soui dans tous les grands auteurs les matde ce qu'il nomme son éclectisme ; r|j a aussi, comme eux, un genre de géniest à lui; il cherche, par ses méditr constantes, à se rapprocher du type idi médecin philosophe, que le père de lan cine désignait sous le nom d'l9<S0£o; (pa un dieu] et que Bordeu définit ainsi : « t qui, embrassant tout le passé de la sci ' s^élève au-dessus d'elle et en devient le it lateur. »
Le xviir siècle s'était arrêté d'aborl les régions de la physique et de la vie sii' ficielles ; la fin de c^ siècle pénètre daip région plus avancée, dans une physiqn intime. A l'importance de la forme exi ri s'ajoute celle de la disposition des mole» . des forces électriques et électro-chini:] les études microscopiques se mullipli» ni ; réactifs se perfectionnent ; on se larm ;.^' • avec les idées de ferments , de transit* lions, de forces plastiques; on s'occupvantage des humeurs, de l'embryoloint:.
Ihistologie; la chimie est dans les uwn'^ Lavoisier (Voy, le Discours du professeur! CHABiP, sur les progrès de la chimie dq > Lavoisier .)
Plusieurs physiologistes profitent cie et
HAL
HâL
ikmieHes, mais Us attendent toujours que V> chimistes et les physiciens leur frayent k fh^min, pour s'y engager après eux.
HuDtf r, Bordeu , Barthez les devancent à I -jf tour; ils nous ont àevancés nous-mêmes; ù «éiaocent les premiers el marchent à la h iir de leur génie dans des sentiers qu*ils ^k;5 Aurrent et où ils ne sont suivis que de {•'0 Hunier et Bordeu illuminent par des K^tirs soudains une foule de points saillants g: lesquels ils laissent des traces ineffaçables ;i, mdraueront pour nous la route de Taver/. Banoez a un gf^nie moins large , moins Lf^iueux, moins inventif, moins audacieux; ■b il est plus sage, plus circonspect, plus rant. plus méthodique; sa marcne est plus ^fijiière, plus rigoureuse; il ne développe
tfe^u) certain nombre de principes, il s effo; d^. les poser tous et de les réunir d'après fe analo^es manifestes et fécondes , de réfd'ki sur leur ensemble une lumière vive tl;>Diioue. Possédant une immense éru- &o dont il abuse quelquefois, il suppose fem lecteur connaît le passé comme luis'ae. que l'avenir qu'il touche se déroule à V* its jeux comme aux siens, et qu'on Kj?n sans peine les écueils qu'il semble harfàr sans effort. Il renouvelle dans une fawLtde Quelques lignes la doctrine des éltaestset les méthodes thérapeutiques en ÇB'>«jMiges; il peint le génie d'flippocnîf iisnsun discours d'ouverture, rédige le o<' 'Vlaphilosophie des sciences naturelles ^^ine introduction et enferme la science ^ iV>mme dans deux volumes. Aussi, que ♦^^*s contenus dans ses livresl que de «î réunir pour les grouper autour de ses fj'pesILa science de nos jours nous aifckaucoup dans cette œuvre. On trouvera fc >e5 écrits une foule de découvertes qu'il I conservées , qu'il a faites ou pressenties et p^>tcnl inaperçues. On appréciera enGn Wiï méthode sage el puissante qu'on l'ac- ^ d'avoir souvent abandonnée parce qu'on tf"- sa doctrine à la surface, n'osant pas en Hiler arec lui toute la profondeur. Barthez iJ le bonheur d'avoir du génie; il en a eu B plus grand peut-être, celui de trouver un «^•rien, un successeur digne de lui (258). /his passons, nous ne sommes pas encore »?n en mesure de vous faire apprécier l'œu- ^ 'îo Barthez ; celte étude sera plus facile MHii Hunter et Bordeu nous en auront rap-
Btller, nous l'avons établi, fait consister ' ^ie dans des mouvements fibrillaires pro- ^V^h par un slimuius; l'irritabilité est la "^^fondamentale, la sensibilité est plus ac- ^^"ire. Les organes digestifs et respira- 'f^-s se meuvent pour recevoir les aliments
^'^} Tool en appréciant la valeur des œuvres ' B^ribez, noos reconnaissons aussi les imper- ^'iBs qa'eJles renfermenl : s'il a subi des acco- ^s qail ne mérite pas, il a été soamis aussi ^ critiques dont nous apprécînns la justesse; ^ooQs sommes plusieurs fois nettement expliqué cî sujet. — Foy. Pnu!«cLLE {Eloge de Dumas]; •• B(»AK0 {Doctrine de Montpellier); Lordat -^Pwt, ii ta doctr. de Barthest). Hunier, Bordeu,
et l'air; la substance* alimentaire pénètre dans les vaisseaux toute faite et devient sang; le sang est distribué par les vaisseaux à tons les organes qu'il stimule et qui se nourrissent en prenant, chacun, ceux de ses principes qui sont de la même nature qu'eux ; en un mot, il ne voit dans les actes nutritifs que des substances qui provoquent les mouvements à l'aide desquels elles se promènent (passezmoi le mot) au milieu de l'organisme auquel elles s'appliquent, presque mécanicpiement. Il ne voit pas que dans les fonctions nutritives, il j a chez certains êtres de véritables créations, chez d*autres des transformations profondes; s'il le soupçonne, il ne sait pas en étudier les phénomènes, les conditions, les lois. Il ne le voit pas même dani la génération. Il n'aperçoit pas non plus les spécialités des forces sensitives et motrices roodiOées par le but qu*il faut atteindre, et cette puissance économique de l'organisme s'adaptant à tous les besoins. Nous avons pu vous faire connaître en quelques pages le caractère de la réforme physiologique opérée par Haller : c'est que cette réforme est accom()Iie et acceptée, et qu'elle porie sur un point fondamentaly mais sur un point seulement
Je ne puis indiquer de même, dans un discours, le caractère de la révolution qui a
£our principaux promoteurs les grands ommes que j'ai cités, poursuivant l'œuvre de Stahl, ae Galion, d'Hippocrate, et s'inspirant du génie propre de la médecine. C est que leur réforme}, profondément vitaliste, spécialement médicale, embrasse tous les points à la fois ; qu'elle touche à toutes les racines même de la science et qu'elle est loin d*être Qnie en entier. Un mot vous donnera une idée de son étendue. Comparez les physiologies et les pathologies que Von écrivait presque partout il y a trente ans, et celles que l'on publie aujourd'hui ; les premières émanent de l'école de Haller, les secondes travaillent à accomplir l'évolution nouvelle dont je vous entretiens et dont on
' ne comprendra toute l'importance que lorsqu'on sera parvenu à combler un abîme dans lequel on avait jeté la physiologie, et dont
• on ne mesurera toute l'étendue que lorsqu il sera rempli.
Dans cette réforme anthropologique, on s'efforce d'associer Thumorisme et le solidisme, vante V
la vie. C'est surtout en partant de la spécialité des forces sensitives et motrices, en étudiant les forces et les fonctions plastiques, le pouvoir économique qui se montre dans l'intimité des actes vitaux, que l'on peut établir ses principes et juger sa puissance, son
Barthez sont des esprits du premier^ ordre; chacun a son type spécial. Les deux premiers ont, k nos yeux, on génie plus inventif, plus libre, plus original; celui de Barthez est plus contenu, moins incisif, et par cela même, peut-être moins laissant : il faut une certaine audace pour ouvrir ia voie du progrés; il faut plus de calme pour le consolider.
lisme, la phvsique vivante à la chimie vîante, et à s'élever enfin aux lois mêmes de
HAL
DICTIONNAÏRK
HAL
ftccord avec les faits expérimentaux- dont la Taison reconnaît la sagesse. Pour le faire tsomplétement, j'aurais besoin de reprendre tous les grands principes, les grandes fonctions, tels que I école de HaUer les a laissés il y a vingt ans, et de montrer ce qu'ils sont aujourd'hui , ce qu'ils seront dans quelques années sans doule, et comment ils se sont ainsi transformées. Plusieurs ne présentent encore qu'une esquisse vague qui en dessine pourtant les formes : dans 1 ensemble, c'est une chrysalide qui se prépare à de brillantes et de solides mutations. Pouf les Hallériens, la création embryolo-
Î^ique n'est pas une création, c'est une évoution, c'est-à-dire un mouvement qu'on pourrait découvrir avecun microscope d'une grande puissance : le sperme et rœm ne font
K s l'embryon; celui-ci est tout formé dans vule; le sperme le réveille; il exécute alors des mouvements irritatifs que nous ne ▼oyons pas, se nourrit de l'aliment contenu dans l'ovule et grandit avec rapidité.
Rien ne se crée non plus dans les métamorphoses ; les poumons du batracien existent dans le têtard, les ailes de la chenille dans le papillon, tout cela se borne à s'accrottre pour paraître à nos yeux. Pour ce qui concerne les actes plastiques, Haller imagina ce qui pourrait être et ne vit pas ce qui est; il écrivit un roman plus ou moins historique, plus ou moins ingénieux ; il n'écrivit pas de l'histoire.
L'observation ne lui apprend pas comment l'aliment devient chyle ; comment se forme la lymphe ; comment du chyle et de la lymphe sort le sang ; comment du sang émanent tous les organes, toutes les sécrétions, v compris le zoosperme et l'ovule qui se r^ unissent et donnent naissance è ToBuf fécondé où se formera l'être vivant; il ne cherche pas quel est l'agent qui crée toutes ces merveilles, il ne suppose pas que la vie puisse rien créer.
Hunter et Bordeu se demandent et cherchent tout cela ; ils posent enfin de nouveau le grand problème des sensibilités et des motilités spéciales, celui de la vie plastique, c'est-à-dire de ce qu'il y a de plus universel dans le monde vivant; ils placent la physiologie sur un terrain plus profond et mettent en saillie une idée plus large et plus vraie ; ils développent un germe plus pur et plus fécond. Voilà une des faces de la grande rénovation qu'ils ont préparée. Celle-ci quQ nous poursuivons maintenant repose, comme ce qu il y a d'utile dans la transformation Hallérienne de l'iatro-mécanisme, comme toutes les réformes majeures, sur l'observation exacte d'un fait capital mal connu ou mal interprété. Hunter, Bordeu, Barthez ont, comme Haller, renversé des hypothèses exclusivement mécaniques, sources de nombreuses erreurs; ils ont fait pour la plasticité oe qu'Haller avait fait pour l'irritabilité , et >ont jeté les bases de l'étude des fonctions plastiques, comme' Haller avait jeté celles des fonctions motrices. Je dis que ces auteurs ont jeté le^ fondements de ces études, bien
qu'on eût déià prononcé les norasd'irritnl hté, de motiiité, de plasticité, et (lu'on » commencé à s'en occuper avec swcoès; c » que ce sont eux en effet, qui les ont fait i cepter, dans la science, comme des fonciii et des forces distinctes, fondamentales, s.i mises à des lois particulières, propre la vie ; c'est qu'ils ont forcé leurs cont porains et leurs successeurs à les étu ! minutieusement par l'expérience, la riiv l'histoire, dans l'ensemble des faits où i : se trouvent et gui les constituent.
A la sensibilité et à la motiiité ^énér^ dit Bordeu, ajoutons les sensibilités et motilités spéciales ; joignons-y la piiis^' fferminaHve^ créatrice des fluides, ei r chimie vivante qui nous donnera la c!iî tous les phénomènes organiquesct nlasii ii
Etudiez les recherches de Boraeu et Hunter sur le sang, les actes plasticiiies, mouvements et le sentiment dans les (Ji>c: parties, l'évolution des embryons, des tides organes, et vous y trouverez tou» germes de notre physiologie modt^ni' même de plusiaurs développements c:
n'a pas encore donnés. Bordeu meurt i : temps après avoir ouvert cette mine fn dans son traité des maladies chronique < de l'analyse médicale du sang : Hunter [ suit ses travaux.
Les liquides ne sont plus de simples ^ mulants uniformes qui se promènent !
les tissus pour les exciter et leur disir.i les éléments nutritifs qu'ils ont ramns^tl'extérieur; ce sont des stimulants spéi m vivants, qui contiennent des substaïut ^ verses. Ces substances s'élaborent dans 1 couloirs, comme dit Bordeu, par le m qu'elles ont entre elles et avec les sou en vertu des forces propres qui les anim les actes plastiques, créateurs et traib mateurs, produisent la vie plastique q:
développe par cette action réciproque ; crée, répare, entretient les éléments (^ niques et l'organisme vivant tout entier: solides et jes liquides se fondent les : dans les autres dans le ^rand moule < nature vivante ; l'humorisme et le solii vivants aussi remplacent riatro-raéiM!^ et l'iatro-humorisme, hypothétiques el ommis, parce qu'ils reposaient sur des h} i thèses contraires. Basés aujourd'hui sur ! faits harmoniques, ils se donnent la ruain ^ fondent ensemble et constituent la sci de la vie qui commence à nous app^r' dans tout son jour. Cette doctrine cont en germe tout ce qu'il v a de vrai da:> théorie moderne de l'évolution des bla>i« ' et des cellules dans les actes et les foni t plastiques. Toutes les parties vivantes, riit dans cette théorie, proviennent d'un M • ' me liquide qui s'organise au sein d'une ni ' brane et forme l'embryon, c'est-à-dire W vivant entier; c'est ainsi que se conslim tous les solides, toutes les humeurs, en p * sant à l'étal de cellules (avec ou sans no^ ^ nucléoles, granules, etc.), à l'état de r' bules, de tubes, de fibres, pour donner nuisance à tous les organes. Les liquides 1 nJ'*
(If
HAL
QB PHTSIOLOQ]^.