BAL
ew>
iM&tMf (chjle, lymphe, sang, ovvle, sperme, elc.) cootiennent un élément spécialeneot eieîtateur el un élément organisa leur : le premier stimule les solides, le secnod les crée en développant par son contact irec euxTacte organisateur résultant de leur eoocoars.
NoQ-seuleoent l'organisme vivant a une foissaoce organisatrice, mais cette puissance o*est pas l'esclave absolue d*un stimulant extene, elle porte avec elle un stimulant ou filutM un directeur interne réglé aussi par )es lois régulières; il a sa sphère propre, et r remplit, dans tous les actes de la vie, un
Es gnnd rôle que les stimulants ou moditeors pris en dehors d'elle si nécessaires iBiDiDoios. Hunter et Bordeu ont présenté te considérations importantes sur ce sujet (F.Hoaler traitant de son stimulus de nécesstéj. Toilà, Messieurs, en partie, du moins, » qv'ont (ait ces deux médecins, tenant ftlteors compte des travaux hallériens (259). Mer et son école ne se doutaient pas de Ddlcela et d'autres choses encore qui sont iipiird*bai démontrées par une immensité 4&his majeurs inconnus, méconnus ou mal Mitr^ntés par la plupart des physiologistes, idlfiiiBitans, et qui sont appréciés aiyour-
Ctstfdly a Tingt ans, la plupart des B^fiecu» étaient des élèves d^ailer seul H (|uil$ sont maintenant aussi élèves des
Bis hommes que je vous ai cités; ils slniï ane doctrine plus large dans laquelle il de fialler poursuivie par Bichat (qui a Mité aussi sur Bordeu et Grimaud) se rond 2>r constituer un ensemble plus homogène, I» vaste, plus vrai. Les mots stimulus, forées A^tiim, moiriees, plastiques j sont restés ffif beaocoup de médecins des mots vagues i iodéterminés qui ne représentent rien de f^ parce qirils représentaient trop de mes naguère, trop ae suppositions grattai, d'erreurs évidentes; aussi, plusieurs Ijpnts rigoureux ont-ils voulu proscrire ou f^r l'emploi trop fréquent de ces mots der- *»* lesquels s'abritaient tant d'erpeurs, pour
^iTTi^leraux choses mêmes oii résiduent les
»tntés.
B 7 a des choses admirables dans ce qu'ils ^ ont laissé, et cependant on se demande 'P^ eux si la médecine est définitive- ^tet solidement établie? Non, Messieurs; ■? 4 encore le germe plus ou moins déve- ^ de l'anatomie, delà physiologie, de la |*[nologie générale et spéciale des solides et ^ bumeurs ; ils unissent à propos toutes ces ^tx^hes de la science, observent et expéri- J^atent avec les instruments de physique et ^j^actife, puisent à toutes les sources, ne ^^gent pas les secours des sciences natu- ^«;ils fécondent l'observation par la ré- ^^% que leur manque-t-il donc? La senl^^nté, la motilité, la plasticité vitale et leur ^ propre, indépendante du stimulus ex- '^ieursontconnues;ilsnesavent oasassez
qu'elles s'eoehalnant dei manière è s'élever à un tout unitaire; sîls ont démonte I^rffanisme pièce k pièce, jusque dans les tissus élémenttaires qui lescomposent, s'ils ont essayé mêmed'assembler les divers flraigments de l'agréçal matériel et des facultés vitales qu'ite connaissent isolément, ils n'ont pas encore refait la vie dans ;on entier, ils n'ont pas reconstitué toute l'anthropologie : ils connaissent peu la vie intellectuelle, morale, sociale, religieuse» c'est-è-dire. la vie propre de ThcMume et de l'humanité. C'est qu'ils n'ont pas assez pro*fondement pénétré dans les moyens à l'aide desquels se créent les sciences en général et la médecine en particulier ; c'est que le génie de notre art ne s'est pas complètement révélé à leurs yeux. C'est là surtout ce qui leur manque, ce que Barthez s'est particulièrement occupé de nous donner; c'est là que ce grand homme A puisé les éléments de cette supério^ rite qu'il nous montre et qui est de la même nature que celle d'Hippocrate. On n'en a pas mesuré toute l'étendue parce qu'on ne connaît point toutes les dimcultés du problème qu'il a poursuivi, qu'il a en partie résolu. Une science, nous dit Barthez, n'est pas une agglomération de faits, mais 1^ réunion des fa\ls et des lois expérimentales^ rationnelles^ hiS^ torique» qui en découlent : ce sont ces lois qui transforment les arts et les sciences. Les faits doivent être réunis par ces lois, ciment éternel qui ne se fait pomt avec de simples hypothèses, lien fragile et passager qui ne las enchaîne qu'un instant. Barthez nous prouve qu'un grand nombre de ses prédécesseurs ont rattaché ensemble les phénomènes vitaux imparfaitement observes, par les hypothèses opposées du mécanisme, d un animisme exclusif ou d'un éclectisme momstrueux qui combine plusieurs erreurs et croit y trouver la vérité ; il nous montre par quels moyens on peut coordonner tous les faits anthropologiques vrais sans suppositions arbitraires, par des lois de plus en plus générales, expérimentales, c'est-à-dire empruntées à l'observation, ratifiées par la raison, confirmées par l'histoire. L'animisme et le mécanisme exclusif reposent, dans toutes leurs formes, sur une hypothèse, c'est que les phénomènes vitaux et les forces vitales ont la même essence, la même origine, la même nature que les phénomènes et les forces noologiquf'S ou physiques; le vitalisme d'Hippocrate et de Barthez repose seul sur un fait pur, avoué de tous, c'est que ces deux ordres de phénomènes et de forces sont différents aux yeux de Tobservation et de la raison, quelles que soient les analogies crui les unissent ; la vie et la pensée formant deux dynamismes , bien qu'ils puissent être rattachés à une seule substance. Le vitalisme se sépare donc nettement de l'animisme, comme du mécanisme exclusif, et s'en éloigne de toute la distance qui se trouve entre u n fait démontré et des hypothèses que l'observation vient démentir. Disons -le hautement, il y a dans l'homme des propriétés
l*a«it(miie générale a aussi fixé raUention de Hanter et Burdeo, qui ont ainsi prépart les *^^ iriiiésde Bichat et de ses successenrs.
HAL
DICTIONNAIRS
HAL
pAysiqiiei, de&piidssaiVieB vitales, des facultés noologiquto; eues sont unies, mais distinctes ; leurs lois s'harmonisent, mais ne se confondent pas. Voilà donc la science établie, car elle repose sur un fait, si positif que les organiciens même l'adoptent, du moins pour le présent ; sur une méthode si précieuse, dans ses dogmes fondamentaux, quils la déclarent admirable et qu'ils reprochent à Barthez de Dô l'avoir pas suivie et d'être retombé dans un animisme exclusif quoique dissimulé : car, on ne nous attaque point parce que nous •ommes vitalistes, mais parce que nous sommes, dit-on, des animistes absolus, mais déguisés : cela prouve que Ton ne nous a pas compris, ou, peut-être que Ton n'a pas voulu nous comprendre. Partant de cette penséemère, fort de sa philosophie puissante (260), riche de son érudition immense , Barthez reprend tous les faits majeurs, tous les dogmes importants recueillis jusqu'à lui, et s'efforce d'en déduire une série de lois anthropologiques qui les unissent et les disposent sans effort dans une doctrine purement expérimentale.II s'élève progressivement, chez l'homme. Jusqu'à l'unité vitale qu'il ne rattache point seulement d'une manière absolue à l'unité de l'âme ou à tel Uen anatomique fonctionnel ou dynamique, mais qu*il déduit de l'observation seule; il en recherche alors toutes les conditions matérielles, physiologiques, affectives, permanentes ou passagères, normales ou morbides , et il en établit les lois. Barthez met partout à contribution tous les secours que peuvent lui offrir les matliématiaues, la physique, la chimie, l'anatomie, l'histoire naturelle, car il savait à fond tout ce que l'on connaissait de positif à son époque sur ces objets; il agrandit le champ de leurs applications légitimes, tout en les arrêtant dans les limites qu'elles ne pouvaient encore françbfr.
Voyez entre autres son magnifique chapitre sur les sjrmpathies, à propos duquel on a dit que jamais l'esprit médical n'était monté plus haut, et cela est vrai : Barthez arrive au grand principe de l'unité vitale qu'il étudie dans toute sa pureté et le dégage de ces explications étroites qui en masauaient l'étendue; de là il plane sur la médecine dont il embrasse tous les détails. Barthez se place au-dessus de Bacon dont le vol se perd souvent dans les nuages quand il s'éloigne de la terre; il rentre dans ce qu'Hippocrate nous
F résente de plus parfait, et montre ce que on doit attendre de la raison et de l'expérience unies par une méthode qui ne leur permet plus de se séparer.
Si je voulais développer la doctrine qui nous occupe et en suivre les conséquences, il faudrait reprendre toutes les grandes questions médicales et faire voir quelles sont toutes retouchées ou qu'elles ont besoin de l'être en les portant au contact de faits posi-
^ (160) Ce que Ton peut reprocher k Barlhez, c>st d^étre trop concis dans rexposilion de sa luéihode, de ne paseq, avoir assez éclairé les détails, d*avoir néraa mécollhu la puissance de certains procédés
tifs, très-nombreux, très-concluants el de c principes ; il n'en est peut-être pas une (! ta théorie soit en harmonie parfaite avci > observations qui la constituent; il iVt n . peut-être pas une dans laquelle celte har: . nie ne puisse être établie.
Je parle. Messieurs, de faits positifs : on méfie beaucoup des hommesqui rêvent, dit dans leur cfi\binet, avec leur esprit, la f à la main, sans penser que la science ii> des faits que lorsqu'ils sont fécondés [ méditation. On ne se méfie pas assez d
aui rêvent avec leurs sens, leurs instrun ont ils n'usent pas seulement, mais dn: . abusent; de ceux qui rêvent armés du se du microscope, du thermomètre, des .
tromètres, des réactifs, etc., de ceux rêvent dans un laboratoire de phy^i ] i chimie, au milieu des collections d [i> naturelle; de ceux qui imaginent et' croient avoir vu ou qui voient ce qn i imaginé ; en fait de rêveurs, c'est IV-; plus dangereuse, Hippocrate l'a dit :
»a>8iri), ^ 6k TOîpa ctçXep^ (le jugement -. ficile, mais l'expérience est trompeur le plus grand observateur du mond-^ dit cela; il ne s'élève pas contre luition, mais contre les observateurs qui ' pent les autres après s'être trompés d . il se donne un conseil à lui-même qui > trompé aussi en observant I et ceiquel admirable observateur! Voilà ce n'a pas assez dit, ce qu'on n'a pas nss( / pris; il n'observait point comme nous • vous en général; à 1 exemple des gran 1> très il nous a laissé partout des ♦'>] i des tableaux parfois inachevés qui mmtrent son génie aux prises avec la natur lui arracher ses secrets. Partout le pr l'aphorisme est jeté à cêté des faits qu sume; puis il est revu, à côté de faits et d» cipes nouveaux; il retouche roliser pour lui donner peu à peu ses couleurtables; il redresse l'esprit par les s^^ sens par l'esprit, l'observation par luition; il n'a pas un principe unique sur il moule la nature, il a une série de pm qu'il moule sur la nature.
Les systématiques qui ont voulu nou^ comprendre Hippocrate ne l'ont pasc»:
ils ont commencé par le mutiler p> ' mettre à leur mesure, et c'est alor> •' nous l'ont montré I Convaincus que ri . était un génie comme le leur, ils T '< fermé dans une formule. L'hippnir n'est pas un système comme les aui:^ n'est pas un système environné dm ceinte continue, infranchissable, qui 1^ contenir tous les faits passés, présini'^ * turs, et qui les brise ou plutôt est b: > eux, c'est un espace vaste où tou^ l' ^ certains doivent se mettre successivtM leur place en s'enchaînant dans un on
dont il ne parait point avoir assez saisi 1 :> lance : ses successeurs sont venus le recii <* le compléter.
HAL
HAL
giqiie détenniiié par la raison, ce législateur fupféme.
Les svstématiaues ne peuvent pas plus écrire Toistoire d'Hippocrate que celle de la fie; ils ont oublié qu*un système n'est qu'un éflûlaudage qu'ils ont souvent pris pour l'édifice même qu'il contribue à élever. Bépé- (r«5 avec les vrais philosophes : Honneur aux sens, aux instruments dont le secours a aidé i tant de découvertes; mais honneur plus grand encore à l'esprit qui a créé ces instruneots et qui les dirige. L'homme, s'écrie Tan Helmont, est un esprit revêtu d'une fome matérielle , Homo est spiritus concretai.M. de Bonald nous dit avec plus d'élépoce : c L'homme est une intelligence servie ur des organes; l'intelligence commande, I«s organes sont là pour lui obéir. » C'est dans l'éuide des forces et des fonctions plastiques que le vitalisme trouve son complément et ses arguments les plus yictorieux; nous temineruos en citant quelques-unes de ses lois.
Ces deux propositions en vertu desquelles ftOQs attribuons aux liquides une vitalité puis- K&te et bien déterminée» un rôle de premier vtedaos le règne organique paraîtront fort teaçK aux yeux du solidisme exclusif qui wiODlne encore, mais dont le règne est ftsdeiDir. Nous allons les démontrer sucement en jetant un regard synthétique i^ /étolution des êtres vivants, sur les pén'i.Jes (ju'ils parcourent pendant leur exis- (iKe; nous verrons qu'ici la nature suit avec ojosiaDce des lois également remarquables fff leur simplicité, l'étendue des faits qu'elles ambrassent, les conséquences nombreuses 9Q en découlent. Ces lois, les voici, nous le saurions trop les reproduire :
1. Tous les organismes vivants, toutes les Parties oui les composent, émanent primili- Ttoient a'un liquide. C'est au sein des liquides primitifis (la sève, liquide nourricier, le sang) ou des liquides qui en émanent, tels que eeui contenus dans l'œuf fécondé, que la vie, celte force mystérieuse, crée tous ces organismes; c'est par eux qu'elle préside à leur création, à leur développement, à tous les tct^s nutritifs et réparateurs.
2. Tous les actes de génération et de nutritions'opèrent par un mode fondamentalement uniforme ; le fluide primitivement amorphe <'Q quelqu'un de ses principes, s'organise en tioDuIes, en cellules, au moyen de la force plastique ritale inhérente au tout et qui ré- ^e aussi en lui même; ces cellules se pertectionnent, se spécialisent, se transforment, s'allongent en fibres, en tubes; s'unissent et ^ subdivisent de mille manières, admettent ^liquides dans leurs cavités, nagent au oûlieu d'eux et forment ainsi le corps vivant ^ son entier.
^' Les solides et les liquides essentiels H>iil identiques dans leur composition intime; c'est la même matière organique sous des ^Gts différents : des vésicules globuleuses ^ celluleuses semblables plongées dans une ^hsiance amorphe constituent les uns et les *ulres : ce plasma est solide chez les pre-
miers, liquide chez les seconds. A chaque instant le plasma devient cellule; la cellule» plasma; le liquide et le solide se transforment et se remplacent.
4. La vie s'use dans la matière h l'état solide; pour se retremper Qt se rajeunir, cellelà reprend la forme fluide. Il semble que la nature la manie alors plus aisément pour la jeter dans un nouveau moule. Dans les métamorphoses jamais un organe n'est remplacé immédiatement par un autre; il se liquéfie ou se divise en petites molécules et puis disparaît; celui qui doit lui être substitué parcourt ensuite son évolution en se montrant d'abord à l'état liquide.
5. Le système organique primitif, fondamental, universel, antérieur è tous les autres, est en général le svstème cellulaire ou à cel* Iules, en prenant le mot dans le sens le plus large ; il émane d'un liquide.
La force vitale essentielle, universelle et primitive, c'est la force vitale plastique si négligée jusqu'à ce jour et dont l'étude doit changer la face de notre science. C'est surtout dans les liquides qu'elle réside d'abord.
Les systèmes nerveux, musculaires, la sensibilité, la. contractilité apparentes sont des systèmes et des forces sur-ajoutées avec la vie elle-même, ou du moins leur évolution est consécutive. La nature et le mode d'action de ces systèmes et de ces forces dans la vie en général et surtout dans la vie organique en particulier, ont été souvent exagéréf ou appréciés d'une manière inexacte.
6. La force et les actes nutritifs, la forra et les actes générateurs, ont entre eux la plus
! grande analogie ; ils se rattachent à une même orce, la force plastique générale.
7. Toutes les fonctions nutritives, même les plus complexes, sont une grande diges^ tion qui commence, pour les êtres supé-^ rieurs, dans les voies digestives; se poursuit dans les voies respiratoires, se termine dans les voies de la circulation et les parem chymes.
8. Les fonctions digestives, chez les êtres supérieurs, sont de deux ordres: les unes préparatoires, la digestion proprement dite, et la respiration ; elles s'effectuent dans des cavités ouvertes tapissées par des muqueuses; les autres plus fondamentales, plus profondes, ont lieu dans des cavités closes tapis^ sées par des séreuses. Les liquides les plus essentiels, les plus réparateurs, subissent une élaboration préparatoire, en traversant ces membranes ; ils subissent ensuite des transformations intérieures en s'organisant (lymphe, chyle, sang, animalcules spermatiques, ovules).
9. Chez les êtres inférieurs, les fonctions préparatoires et fondamentales, les liquides correspondants, sont moins distincts, du moins au premier aspect.
10. C'est surtout dans les êtres inférieurs et dans le développement embryonnaire que l'on peut bien étudier les liens réels de la vie animale et de la vie organique prépaïatoire, et de la vie organique fondamentale
HAL
DICnONNAIRB
ha;.
fô
yasculaire et parenchymatease. Celle-ci et ses instruments sont presque seuls et isolés dans le règne végétal ; on suit aussi leur développement partiel presque indépendant d'abord, dans les trois feuillets muqueux, vasculaire et séreux du blastoderme.
11. La vie plastique et organisatrice, tout imparfaite qu'elle est chez les êtres inférieurs, se montn*. pourtant chez eux au maximum de puissance et d'étendue ; ce sont eux surtout qui Cabriquent la matière organiaue, se reproduisent et se réparent le plus aisément ;
es organes n'existent pas encore; elle y crée tous les organes de l'être vivant, au sein d'un liquide où il n'y a pas d'organes.
Comment l'organicisme peut -il soutenir que la vie dépend des organes seuls? Pour se faire de la vie, de ses instruments, de ses forces, l'idée la plus générale et la plus vraie, il faut l'étudier . en la comparant à ellemême , dans toute la série des êtres vivants, dans l'état normal et pathologique, dans l'état plus ou moins latent sous lequel elle se montre dans la graine qui sommeille, dans le rotatoire desséché, dans le reotile rigide et gelé mais vivant encore, dans le vertébré frappé de mort apparente, dans l'animal soumis a rhybernation ; dans le licpiide et dans le solide ; il ne faut pas l'étudier seulement dans les êtres les plus compliqués, dans son plus grand développement ; on ne prendra pas uniquement la vie toute faite, on la suivra aussi dans son évolution et pendant qu'elle se fait ; on ne se bornera pas a la voir isolée, dans une analyse utile mais insuffisante ; il importe de s'élever à une grande synthèse, et de la montrer telle qu'elle est dans les tissus réunis et fonctionnant dans un organisme vivant.
On comprendra alors que la respiration, la digestion peuvent s'opérer ailleurs que dans tel appareil, comme nos poumons et notre tube uiResûf d'une forme et d'une texture file et invariable, que l'irritabilité et la motilité hallériennes ne sont que des formes d'une sensibilité et d'une motilité plus générales qui ne résident pas nécessairement dans une matière disposée d'une manière constante comme le nerf ou le muscle, que toutes les fonctions sont enchaînées dans un être vivant, non point exclusivement par les lois d'une mécanique superficielle comme dans nos machines, mais par des lois supérieures que nous commentons è soupçonner et(]uenous devrons étudier par une observation plus précise, si nous voulons les saisir. Nous cesserons alors de comparer le médecin à un horloger qui démonte et répare une montre; nous n'imiterons pas Silvius qui faisaitde nous des brasseurs surveillant une fermentation; nous échapperons enfin à ces idées trop mécaniques ou trop étroitement chimiques dans lesquelles nos prédécesseurs nous ont enfermés et qui nous dominent sans que nous nous en apercevions; elles sont également
contraires à la dignité de rart, à la vérité aux progrès de la science.
Les phénomènes vitaux ont un domai^ et des fois qui leur sont propres, comTije phénomènes phjrsiques; comme eux, ils s^' régis par des lois et des forces expérim» i taies particulières; rensem):)le de ces !• constitue le vitalisme. Nous ne sommes [ vitalistes parce que nous prononçons le a de principe, de force ou de faculté viu ces mots ne seraient rien s'ils n'avaient ( derrière eux les faits qu'ils représenleni qu'ils résument ; c'est le couronnemeni non point la base de l'édifice ; en rattaqn on ne touche point à ses fondements, n... ainsi gue l'a dlit énergi^ement Bartliez, < ne lui enlève que ses girouettes.
Une science n'est pas simplement une p..
Slomération de faits entassés et mal ciiiitrt e même qu'une nation n'est pas une ag; mération d'hommes toujours prêts à sc v
f>arer; ce qui transforme les faits en scitr es hommes en nations, ce sont les lois les gouvernent et les unissent ; non àv< arbitraires, mais des lois en rapport y leurs besoins et leur nature.
Nous sommes vitalistes, comme les p^ ciens sont physiciens, comme les chiui.
sont chimistes ; nous sommes vitalistes v notre siècle, parce que nous croyons à médecine et à ses lois.
Le jour où les lois électriques seront ii tifiées aux lois mécaniaues, où les ailin: chimiques seront rattacnées h celle de 1 1 tricité, où les lois anthropolo£[ique$ ne 5( r
Sue des affinités chimiques, il n'y aura i^ e chimistes ni de médecins, il n y ^ura . des physiciens : ce jour 4à n'arrivera pa3. Les sciences ne sont point parallèles, e! s'inclinent lentement et convergent les m sur le3 autres, pour se réunir en un [h commun, dans cette unité tant rêvée par i philosophes : mais ce point unique se [^ dans des régions inaccessibles pour nous, i science doit marcher vers lui sans espérer l'atteindre, il se Iroi^ve au sein de cette ;' telligence supérieure qui tient dans sa lu cet univers qu'elle a créé, que seule et peut embrasser et comprendre.
Ce qui se passe aujourd'hui sous nos y( ii\ montre de fa manière la plus évidente coh ment la raison appuyée sur un certain ik'^ bre de faits bien observés, pose des lois ov périmentales que des faits inconnus vieniin ' étendre et confirmer. C'est surtout pani^ observations précises faites avec nos insir:ments et nos réactifs perfectionnés, sur I humeurs, l'embryologie, les actes plasiiju*-; étudiés chez les plantes, les animaux vivai ^ ou morts, le cadavre, l'homme sain ou rr^lade, que les esprits les plus incrédules ont *■'■ ramenés vers le vitalisme qui achèvera lie! ' convaincre en imprimant h ranthropol'|-j une impulsion jusqu'ici inconnue, lorsque < véritable méthode scientifique sera larb^^^^-^ appliquée à la recherche des faits ôéamu^ et à leur interprétation. L'iatro-mécam^n^j l'iatro-chimisme , l'organicisme oui t^c ^^'^
BIP
DB FHT8I0I/)GI&
HIP
duits coome toqjours, conune du temps de Hailer et de Biebat, par une pente irrésistible rers le Tîtalisme qu'ils cherchent vaineoeot à éviter en le laissant incomplet, dès ifu'ils ont Toulu vérifier leurs hypothèses. Des écoles physiques, anatomiques, organiques, deviennent nécessairement vitcUisUs (juiad elles applic^ent leurs moyens d'invesbation à Torganisme vivant ; qu'elles pasç?ai sans cesse des amphithéâtres au lit des Dilades, des injections aux travaux cliniques» h recherches matérielles aux méditations pn)fondes, où l'esprit, se repliant sur luiftèoie, évoque les génies passés en relisant irurs ouvrages, suit de l'œil toutes les traces lumineuses qu'ils ont laissées autour d'eux, îi les voit se réunir en un faisceau unique <jQi éclaire la route large et brillante qu'OTippnerale avait ouverte; que ses vérilabîes disciple!) eux-mêmes avaient abandonnée quel- ^ihrfois, dont Hunter, Bordeu, Barlhez, etc., iui& ont appris à suivre les détours sans dévier, et que la postérité ne quittera plus, wA l'époque présente l'aura aplanie.
1 4 Messieurs , comment des doctrines :>îy5Hues. anatomiques, matérielles, ont '*<mt[ donneront par leur transformation i^jcceâie, la sanction la plus éclatante à D'> doctrine. Elles l'adoptent peirè peu et ^"imolune conversion véritanle qui deleihk ekaque jour plus évidente à mesure fo'ii'esera plus complète; alors elles le re- MU2aiiront elles-mêmes quand elles se renofû mieux compte du mouvement qui les Mût avec ni^us, avec notre siècle I Un >;*me physique se perd et se fond dans ïi iioclrine qu'iJ avait appelée doctrine mé- H^jsique 1 Cette doctrine réunit et cimente [!«Qjembres épau*s, en fait un corps réel, lui '■eue le principe animateur qui lui manque *«fait une science réelle et vivante 1 C'est fc cette doctrine leur dit, « Nous acceptons î nous recherchons tous les faits physiques, mmiques , anatomiques, anatorao-patholo- T^es, toutes les lois qui en découlent; tout
* lue nous démontrent les injections et les ^rimentationssur les animaux ; mais nous Hii>ns que tout cela soit vérifié par Tob- ^aiion directe de l'homme sain et malade. 'WJ acceptons, nous poursuivons toutes les «de la nature, pourvu qu'elles soient ex- «nmentales et non pas hypothétiques; nou» cueillons toutes les vérités sans leur de- *ïuer leur origine, mais nous leur deman- ^ leurs titres: nous les leur demandons au »uoai de l'expérience et de la raison ; nous
* demandons au nom des élèves, de la ^'t'Dce. de l'humanité qui nous confient "p intérêts les plus chers. Acceptons ^s les lois expérimentales, quand nous
* aurons rendues médicales et répétons ■<^ le père de la médecine : « Passez rapi- ^^nl sur les opinions éphémères qui •^^uissent chaque siècle, et qui ne laissent > de traces après lui, et arrôtez-vous à cette ■^ade science que l'ensemble des siècles a 'tî ?^®' elle seule est immuable, WIPPOCRATE. {Biitoire de la physiologie,) ^^ médecins du premier ordre ont af-
firmé : 1* Que là médecine considérée dans toute son extension' touche à tout et fournit des bases h la plupart des sciences : 2* Que les grands médecins ont exercé et doivent exercer encore sur les sciences, la civilisation, les destinées fondamentales de l'hu^ manité une influence supérieure, évidente ou intime ; 3** qu'Hippocrate a été l'un de ces génies incomparables auxquels on reconnaît peu d'égaux ; que Galien bien compris peut, sans p&iir, 6lre placé à cdté mêîiafie d'un Platon et d'un Aristote ; 4* que le secret de leur force réside dans les profondeurs de leur physiologie.
On a contesté l'exactitude de ces propositions. On a dit qu'elles prenaient leur source dans l'orgueil des médecins et des physiologistes. De longues études historiques faites avec calme et en nous tenant en garde contre toute prévention, nous ont prouvé que ces affirmations étaient vraies ; qu'elles avaient été répétées (accompagnées de preuves irrécusables), par des esprits supérieurs dans tous les genres, par les maîtres de la théologie, de \et philosophie, des sciences physiques et naturelles, dont les uns ont été médecins, dont les autres, sans prendre ce titre, se sont beaucoup occupés de physiologie, d'anthropologie. Nous citerons seulement Platon, Aristote, Cicéron,Plotin, saint Jérôme, saint AuKustin, saint Thomas, les Arabes, tous médecins; M. Ficin, Cusa, Campanella, Kepler, les Scaliger, De.scartes, Leibnitz, Locke, Kant, Schelling, etc.
Nous avons donc pensé qu'il était utile de fournir à l'appui de ces idées des arguments nombreux et importants empruntés à l'autorité traditionnelle des grands écrivains, à celle de l'histoire, à celle de la raison même. Tel a été l'objet d'une partie des cours spéciaux que nous avons faits à Strasbourg en 1837, 1838, 1839, en dehors de notre ensei-
?nement olDciel. Nous avons passé en revue: " Les grands médecins de l'antiquité ; 2* Les Arabes ; 3** Ceux de la Renaissance ; 4* Ceux des xvn* et xvni' siècles. Ainsi , en 1837, douze leçons ont été consacrées à Hippocrate ; quinze à Gallien, etc. Nous présenterons l« résumé de ces cours, que nous avons revus et complétés dans notre histoire de la physiologie.
Nous donnerons ici le programme de nos études sur Hippocrate, et notre première leçon dans son entier, telle que nous l'avons reproduite, en la retouchant, dans une 1" leçon de notrQ cours de 1859. {Voy. à ce suiet, Champibr, Symphonia Arisiolelis eum PkUoiM^ Galeni cum Hippocrate (1516)
Article I*'. — Programme de noé étude* eur Hip^ pocrate,
Chap. I" Idée mère de rhippocratisine, ses con* séquences.
Châp. h. — Réalisation de celte idée dans ses écrits.
Chap. m. — Examen de sa philosophie. Méthode, logique, ontologie spéciale (psychologie, théologie).
Chap. IV. — Médecine. Consiiiuiion de rbomme (de uaiura Aomtm«, de natura muUerii, de natura fmer'p^ clc.).
Cuir. V. -^ Enseignement. Enseignement oral,
HIP
DICTIONNAIRB
HIP
ft9opc9{iof,itapgr)nr<^^« c^c.; enseignement clinique ; enieignement écrit; polémique, critique, dogmaliqoe justificative.
Ghàp. VI.— Puissance de TEcole de Gos ; source de celte, puissance ; parallèle avec TEcole de Mon* peliier.
Aat. U.^Idée mère de Chippocratisme (!'• lefon du Coun de 1857 et de 4859.
Bétumé» -^ I* Hippocrate sépara la médecine de la pliilosophie ijénénue de son époque, parce qu'elle était ou sophistique, ou hypothétique, ou vague et confuse ; parce qu*elle brisait son indépendance et méconnaissait son autonomie. — ^^ il posa les ba* ses d*une philosophie positive, expérimentale, ra* lionnelie, historique. — S** Il transporta cette philosophie nouvelle dans la médecine. — 4" Il transporta la médecine, devenue ainsi expérimentale et philosophique, dans la philosophie genéraleet dans toutes les sciences. C'est en suivant cet exemple que toutes les sciences se constituèrent avec une existence distincte, et que la philosophie vraie se constitua. Platon et surtout Aristote l'imitèrent et développèrent cette Rrande idée. Le chef du Lvcée lit reposer sur ces dogmes Tencyclopédie générale et spéciale des sciences, telle qu'il nous Ta laissée.
Messieurs,
ïe TOUS ai parlé souvent du génie législateur. Je vous ai dit combien il était important, spécialement au point de vue de la méthode historique, de connaître les génies législateurs, les sciences, les écoles, les époques, les nations, les idées législatrices. Nous ferons aujourd'hui quelques études sur Hippocrate, qui peut 6tre cité comme l'un des types les plus remarquables du génie législateur.
Le vieillard de Cos est né parmi les Grecs : il a vécu au milieu de ce peuple législateur des temps antiques, dont les ouvrages sont encore pour nous des monuments admirables nue nous cherchons à imiter : il a brillé au siècle dePériclès, à côté de ses œuvres ma-
fnifiques et de leurs sublimes créateurs ; il a té contemporain des Sophocle et des Euri- Side, des Aristophane et des Eschyle, des hucydide et des Xénophon, des Appelle et des Praxitèle, des Socrate et des Platon, etc., et cependant, comme génie législateur il s'est
f)lace au-dessus de ces grands hommes, par a trempe de son esprit et le caractère de ses études, car Hippocrate, ainsi que Ta dit et démontré Galien, a été tout à la fois le père de la médecine et le père de la philosophie, parce que la médecine et la philosophie, en vertu de leur nature, sont tout à fait inséparables (261). Trois hommes dans l'antiquité, ont reçu le nom de divins ; ce sont Homère, Hippocrate et Platon: mais ce dernier fut, ainsi qu'Aristote* pour le fond des idées anthropologiques, le disciple et le continuateur du chef de l'école de Cos ; celui-ci, comme
(261) On a écrit bien des volumes pour prouver qu Hippocrate ne méritait pas le nom de père de la médecine, puisqu'il y avait avant lui des hommes qui pratiquaient cet art et ^ui avaient écrit des livres sur ce sujet : mais le père d'une science n^est pas celui qui découvre quelques détails, c'est Tesprit éminent qui les coordonne et construit rédificc ; cVst ce que le vieillard de Cos a fait pour la médecine et la philosophie, âippocrate a eu uuê i'Iée neue du type idéal de la médecine arri-
génie créateur, n*a qu'un rival dans le mun antique, c'est le chantre de YJliade. (,< • pensée a frappé notre Bordeu, et lui a i > pire un parallèle d'Homère et d'Hippoc; remarquable par sa j[uste et piquanit* m . nalité.On pourrait Im donner plusdéUn., et de précision.
Quelques-uns d'entre vous diront peut < ' tout haut ou penseront du moins tout 1 (^ue je me laisse entraîner par mon enth. siasme pour notre art et pour son fondM ils trouveront que cette exagération s't xji . et s'excuse sans peine chez un prol* d'une école qui a pris pour devise : OUm C nunc Monspelliensis Hippoerates. Cepi n je puis affirmer mie je ne dépasse p^^ii: limites de la vérité. Avant de vous d les preuves de ma proposition prini ipv vous soumettrai une réflexion. CombiLii i vous d'hommes dont la gloire se soit « servée intacte h travers les siècles, et il< réputation grandissant d'Âge en Âge se m plus brillante et plus pure, à mcsui.
l'on s'éloigne du moment où ils sont éclairer le monde? Combien y en a-i-; les écrits nous révèlent de nouvelle^ : deurs, de nouvelles beautés à mesuii' ; les étudie, mieux, et qu'on en sonde (ia>. les intimés profondeurs ? Combien en \ i qui aient créé d'un premier jet un gtni ^ I cial du premier ordre, et qui aient su.vdes vues admirables sur tous les suj-^ intéressent le plus l'humanité T Or toui:qualités se rencontrent dans Homère ( i Hippocrate, aucun autre ne nous les m au même degré. Homère, dans ses au\i nous offre des modèles de tous les gtiii poésie; il est, à la fois, orateur, strattlégislateur, philosophe, historien : la i n'est qu'une forme , un vêtement dont l'art de tout revêtir. Il y a chez lui des tr de toute espèce que les divers écriv<i:i ont successivement empruntés, et ceti» i est si féconde que vingt-qualre siècl' > i pu parvenir h rèpiûser. Hippocrate a iVt i ta philosophie et la médecine, ce qu H • avait fait pour la poésie. Il touche à tout ses œuvres; il pénètre dans toutes les s'ici avec une étonnante profondeur ; et cep^ n -' il ne cesse jamais d'être médecin, roi: i» Homère ne cesse jamais d'être poêle, nu .^ donc le lien secret qui les unit, ninl-^'. différence des genres qu'ils ont ad'i^ C'est qu'il est un petit nombre d'idées • - j latrices générales ou particulières qui • j brassent toutes les sciences et qui !y^ '' minent; c'est sur elles que l'humanitéM' vivra l(»ujours ; ce sont elles qui ont f' n-' et qui fourniront sans cesse les uiattr:
vée à son plus haut degré de perfection, il '" tracé le cadre; il a indiqué les moyens do le rea plir ; il Ta fait autant que le lui ont pornis « matériaux et les ressources dont il pouvait i^r ser; c'était un canevas avec des dessins oi <i»*^™ dèlcs; ses successeurs n'avaient qu'à éienore" perfectionner, à remplir le cadre et le do-!'" « suivant, retouchant, agrandissant sesind^'» '"' c'est ainsi que se sont accomplis dos progi^> "'* dicaui ultérieurs.
BIP
DB PHYSIOLOGIE
HIP
ees
de toos nos déTeloppements ultérieurs. Or, ees idées ont été aperçues» saisiesjpoursuivies ï ravaoce par Homère et par Hippocrate ; ^les reoferment uo monde tout entier oà ils oot pénétré par une intuition supérieure qui aderancé les siècles. Ce inonde se révèle suc- (essiveojent i nos yeux, à mesure que nous oTOos le dégager des nuages qui le dérobent ï DOS regards, et c'est là ce qui constitue le progrès. Descartes l'avait bien compris : « Le
fus haut degré de la sagesse consiste, dit-il, chercher les premières causes et les preoiers principes dont on puisse déduire les msnm de tout ce qu'on est capable de savoir; ce sont particulièrement ceux qui ont iraT«i!lé à cela qu'on a nommés phiioi>^phes,elc. » Ces premiers principes sont ce çue nous appelons idées législatrices, Descirteseo a trouvé un certain nombre, et c'est •t'C elles qu'il a été l'un dt^s plus grands it^lateurs de la science moderne. S'il avait pi apprendre la vraie médecine, comme il , CD irait le projet, et méditer Hippocrate, il urait puisé à deux grandes sources législat'Kes dont il comprenait la valeur, mais qui •^ oQt été en grande partie fermées : son 'u^îténie, fécondé par ces idées supérieures 7i^iarait fécondées à son tour, aurait créé ''«l'Itt scandes merveilles; les sciences an- ^n^poiodques auraient reçu de ses mains tf (Scelles de ses disciples une rénovation ^laUabie à celle qu'ils ont introduite dans k^idences mathématiques, physiques, p.s7- 'Lû(.)giques , devenues elles-mêmes plus •iJcits et plus vraies, et nous les verrions *^'ber dans la voie du progrès avec une '^Mé, une rapidité, une rigueur qui ne leur uaquera plus lorsqu'un génie vraiment ftppocratique lui aura communiqué cette puL>saDte impulsion.
Vous êtes sans doute surpris. Messieurs, de ne voir présenter Hippocrate sous un point ^ nie en partie nouveau qui le place a une uuleur bien plus grande que ne le font les appréciations et les éloges de ses plus sincè* ^ admirateurs. Nulle école n'a combattu ^ds activement que la nôtre en faveur de ampocratisme et des traditions anciennes ; ^U'Ie autre n'a compris et soutenu plus éner- P-juement la dignité de l'art médical.etnéan- ^•jins on a rarement dit assez hautement, ■sème dans cette enceinte , qu'Hippocrate a *' le fondateur de la vraie philosopnie; qu'il > ^lé le précurseiu*, l'instituteur, le maître de •^Jlon et d'Aristote, comme de Bacon, Des- ^rt»*$ et Leîbnilz; qu'il leur a été supérieur [^r la forme de son génie et le fonds de ses 'nncipes ; que la médecine est , parmi les ^'•ences humainas, la maltresse et la mère 1; la philosophie et des diverses sciences. "^^ que les esprits n'étaient point encore Wisamment préparés pour accepter une j-iinnaiion aussi positive, et que cette vérité '^Ji^sani beaucoup de vieux préjugés aurait été ^i*emeni combattue, comme un paradoxe.
Jqourd'hui, la lumière commence à briller ^« toutes parts, grâce aux nombreux docu- Jïenu historiques qui nous entourent et qui wai la gloire de notre époque. Aussi je n'hé-
site point à proclamer une )>ensée que j'a^' mûrie pendant longtemps, qui paraîtra téméraire a quelques-uns-, qui soulèvera sans doute des contestations ; mais que Ton peut appuyer sur l'autorité des plus grands esprits, sur l'expérience, la raison, l'histoire tout entière. Je marche donc sur un terrain solide bien qu'il paraisse difficile et glissant, et j.e sens que de puissants arguments viendront répondre aux objections pressantes qqe l'on ne manquera pas de m'opposer. Si je ne puis, dans une leçon, développer toutes mes preuves dont l'ensemble constituerait un cours' tout entier, j'espère du moins vous en fournir assez pour vous préparer à partager des convictions qui forment le fondue notre doctrine. Fortiûées dans mon esprit par des études longues et consciencieuses, elles sont devenhes pour moi désormais inébranlables.
1** Mes autorités sont celles des hommes les plus compétents et les plus intéressés dans la question. P^rmi euxie me bornerai è nommer Platon, Anstote, Galien, Bacon, Descartes, Leibnitz.
2" L'expérience historique vous montrera
fartout la médecine et les médecins marchant la tète des sciences et de la philosophie.
3° La raison viendra confirmer enfin cette pensée des hommes les plus éminents,a l'anthropologie embrassée dans son entier, c'est-à-dire celle qui fait le véritable objet de la médecine, doit toucher à toutes Tes sciences; eUe doit leur servir de base et les diriger. »
Le point culminant de la proposition que je veux démontrer, est évidemment celui-ci : Hippocrate n'est pas seulement le père et le fondateur de la vraie médecine; il a rempli et i! a dû remplir nécessairement le même rôle par rapport à la philosophie, en prenant ce mot dans son acception la plus ancienne, la plus large, la plus vraie. Voilà ce que je vais m'efîorcer d'établir.
Le principe que je veux prouver a été avance plusieurs fois, dans ces derniers temps, mais sous une forme incomplète, timide, ou enveloppée de précautions oratoires. On a dit qu elle paraîtrait étrange, mais qu'elle n'avait que le tort d'être nouvelle. £h bien I Messieurs, elle n'est point étrange, car elle est vraie; elle n'est point nouvelle, car elle remonte au moins jusqu'à Galien, quia trouvé depuis plusieurs imitateurs parmi les médecins et les philosophes. Ceci est un fait historique important que nous avons généralement oublié.
Je ne placerai point sous vos yeux tous les documents que pourraient me fournir, à ce sujet, les nombreux écrits du médecin de Persame, je vous en indiquerai seulement quelques-uns.
« Hippocrate fut notre guide dans la recherche des plus hautes vérités ; il montra comment il faut les enseigner, Galien sut les écrire. Remontons donc jusqu'au divin Hippocrate, le plus grand des médecins et le pre^ mier des philosophes, » (Galien, sur cette question : Les habitudes ae iâme se lient avx tempcraments.) — « Nous savons que lorsque
HIP
DICTIONNAIBB
aip
Platon voulut étudier la psychologie» il lui appliqua la méthode qu'Hippocrate avait suivie dans Tétude de l'anthropologie niétU<cale : il me serait facile de prouver par une foule de passages extraits des oeuvres du chef de l'académie, qu'Hippocrate est Thomme gu'il admire le plus et qu'il a le plus souvent imité. » (Galien, Meth. med.) — ^ Hippocrate que nous devons placer à la tète des nommes célèbres dont le norn a mérité d'être conservé, a posé les principes de la science démonstrative qa'Âriêtote a accepta et appliqués après lui. » (GiUENy Comment, sur le traité des humeurs,)
« La Méthodologie tout entih's est une emvre hippoeratique^ car le vieillard de Cos ne fut pas seulement l'homme le plus habile dans la méthode expérimentale, il porta aussi la méthode rationnelle au même degré de splendeur ; s'il ouvrit la route à Platon^ il la montra de même à Aristote et à Théophraste^ qui ne firent qu'étendre et perfectionner sa méthode et sa doctrine ; aussi sa philosophie est-elle supérieure è celle des académiciens, des péripatéticiens, des stoïciens, auxquels il ouvrit les routes qui conduisent à la vérité ; c'est ainsi qu'il indiqua le premier les principes fondamentaux de toutes les sciences. » (Galibn. Meth, med.; De medico; de arti^ cutis; de nutritione; de Platon, et Hippoer. placitis.) Ainsi Galien déclare sans hésitation, qu'Hippocrate a créé toute la méthodologie ; qu'avec elle il a découvert toutes les idées mères qui servent de base à la philosophie et à toutes les sciences ; que Platon, Aristote, les stoïciens ont adopté sa méthode , développé ses principes tout en lui restant inférieurs dans l'ensemble, malgré leurs découvertes dans les détails. Ces opinions do Galien qui font dHippocrate le chef de toute la science antique ont été adoptées depuis par un grand nombre de médecins, de Pères de l'Eglise , de philosophes dont les «noms seuls sont d'importantes autorités. La proposition que j'énonce n'est donc pas nouvelle ; elle est identique à celle qu'ont soutenue les auteurs les plus illustres : si je me trompe, si vous vous trompez avec moi, nous pourrons du moins nous assurer que nous avons puisé DOS erreurs à de grandes sources.
Mais, direz-vous, ce ne sont là que des jugements personnels, et quoique nous devions nous incliner avec respect devant ceux qui les ont portés, nous avons besoin de connaître les motifs qui ont entraîné leurs convictions, afin de les peser avant de les adopter : des notns illustres ne nous sufiisent pas, il nous faut avant tout des raisons. Cette remarque avait frappé Galien : il n*a pas voulu imposer ses opinions, il en a donné des preuves décisives. Le médecin de Pergame a composé une série d'écrits dont quelques-uns très^tendus, pour exposer la philosophie Hippocratique dans toutes ses parties; il a embrassé sa méthode, sa logique, sa physique, sa métaphysique, sa psychologie, sa morale, sa théologie; il Tes a comparées avec les doctrines correspondantes de Platon et de l'Académie, d'Aristote
et du pértpaiétfcteme, de Zenon et du Portique, des autres écoles scientifiques et |)lii. losophiques; ika montré que les idées ion. damentales et vraies de tous ces auteurs étaient d'origine Hippocratique, mais que k vieillard de &>s demeurait toujours su|i(>rieur à ses disciples. En réunissant ce qi; nous reste de cette œuvre galénique tr^i peu connue maintenant quoique duiK grande valeur, en en formant un ensemii • harmonique, on aurait sur Hippocrate ui livre bien plus complet et plus vrai que i qu'ont fait à ce sujet la plupart de ses m ujbreux commentateurs : je voudrais vous t : offrir un résumé, en complétant son trav par des recherches analogues pour les teui[i modernes.
Mais, sous sa forme la plus abrégée, ilsorait encore très-étendu, puisqu'il me fdudrait mettre sous vos yeux sa méthode, ^ logique, et les principes sur lesauels il f reposer la philosophie générale des scienet chacune science en particulier. Je me cj tenterai donc d'exposer un seul point ca; de cette œuvre, en examinant avec tu ridée-mère de l'hippocratisme.
Bien des auteurs ont cru la trouver dans r phrase de Celse, qu'ils ont longuement cl montée iHippocrates Cous^primus^ ex omnv memoria dtgnis, a studio sapientiœ disri/ • nom medicam separavity vir et arte et facwoi insignis. « Parmi les hommes justement i> lèbres, dit Celse, ffîppocrate est le pren ; qui ait séparé la médecine de la pin '^ phie. » Ce passage n'énonce qu'une nar* de la rénovation médicale et pnilosofmij d'Hippocrate qui, du reste, a eu le soin nous livrer son secret. Le chef de l'écoli Cos nous apprend qu'il fit trois choses ca. taies, que nous devons poursuivre après 11 1* il sépara la médecine de la philosopl 2* il transporta la philosophie dans la uii i cine ; 3* u porta aussi la médecine dan^ philosophie. Ces trois actes paraissent b: simples ; ils semblent même contradictoir ^ et cependant le premier et le second reni ' ment le germe de la grande révolui qu'on a attribuée à Bacon et à DescarUv le troisième a une importance tout du>
grande, qui n'appartient qu'à Hippoer:' xpliquons-nous, car ces paroles aoi>tni^ présenter à vos yeux, comme à ceux d commentateurs, sous la forme d'une éni.i qu'il faut tâcher de déchiffrer. Le nœud : la difficulté tient aux sens divers du mot plu Sophie dont on abuse encore, dont on a ^ souvent abusé. La philosophie qu'Uip!
crate sépara de fa médecine, celle q^ transporta dans notre art et dans laqu notre art fut è son tour transporté, ne s* ' point la même philosophie. Il y a une pli ' Sophie sage et pratique qui vit dans Ks ri gions moyennes de 1 expérience et de la ra son ; on l'estime beaucoup, on s'en écart souvent: il y a une philosophie spéculatif' . transcendante, qui s élève dans une spln supérieure au haut de laquelle de rares / nies nous montrent des routes où ils sVr^ rent quelquefois, où le vulgaire veut les >^i''
HIP
DB PHYSIOLOGIE
HIP
tant
frt, et 56 perd ordmairement, lorsque TaccmibtHm des siècles, raclivîté humaine, la Diio tfooode du temps n'ont pas consolidé les cbfma : il j a enfin une philosophie vtphjstiqae qd prend les allures de Texpénfoce, de la raison, du génie, qui nous ib(6e par des formes brillantes après s'être iroopée elle-même, et que nous prenons UGp généralement pour guide sans le vouloir «tmème sans le savoir. Cette dernière phi^ tsophie est celle qu'Hippocrate sépara de la Qédeeioe, il la frappa avec cette vigueur que 80» admirons dans Platon ; quant aux deux Mires, il les connut et s'en empara.
Reieoeos maintenant à notre première jropositioa ; 1* Hijfpocraie sépara ia mide^ m iila fàHoêopiU. Au siècle de Périclès, « dooaait généralement le nom de philo* «phie, prise dans une acception honorable, ivDeseieoce moitié spéculative, moitié prati^u^ qui avait la prétention d*étre univer- Rlk et de renfermer tout dans son unité. L«s pliOosophes possesseurs d'un pareil 'x^:^> savaient tout et enseignaient toutes ù^. Os étaient grammairiens, rhétori- (^nsnathématiciens, physiciens, métaphy- '-^m, iDoralistes, politiques, médecins. Il ! luà à cêté d'eux des hommes qui eulti- ^t>«sisifarément ces branches spéciales de &M oosttssanees, mais ils s'attachaient à ^^ et l'envisageaient surtout au point ^/w pratique; ils étaient des artistes et ^•Jiimk dans ua art, tandis (lue les philo-* ^^ étaient des savants, inities dans toutas ^{deoces, parce au'ils se croyaient par- ^1 comme nous le dit Descartes, dans le 1*^ que je vous ai cité, à les déduire '<^ de leurs premières causes, de leurs l^dpes, ramenés par une puissante synw à une admirable unité. Pendant que > empiriques procédaient lentement par ^ voie purement expérimentale, malheu- ^meot UQ peu aveugle, les philosophes Venaient à la hAte en s'appuyant à priori, r le mode que Iqs Allemands nomment auvM'hui méthode de eon$iruciion. Hippo- ^te comprit que la vérité ne se trouvait iciusîTement ni d'un côté ni de l'autre ; oubliait classer les sciences et diviser le ^jii entre des savants de divers genres; >>^ était étrange de couper chaque branche >»Toir humain en deux parties, en don- ^t aui uns la théorie sans pratique, aux ^ la pratique sans théorie, et qu il valait ^ui aToir des physiciens, des métapbysi- ^^y des médecins, etc., complets, aue de ^^re d'un cAté une foule de spécialités im- ^ites, et de l'autre une nuée de savants ^ imparfaits encore qui déguisaient le ^c ^es choses sous la pompe fastueuse des ^' n appliqua cette réforme radicale à la ^^ine, et la sépara tout d'abord des hy^ 'u^eses de la philosophie générale, sans lUacbcr au char des matérialistes, des ato- '^t$, des idéalistes, des numéristes pytha- ^•ciens, des panthéistes éléates qui se dis- '^iC'Qt Tempire de la science, comme le w auiourd'hui les physiciens, les chimistes, ^ zoologistes, les psychologistes, etc., qui
visent tous, ouvertement ou en secret, à la science universelle, avec des titres auxquels nous rendons de justes hommages, mais qui sont trop balancés par leur légitimité même, pour que nous puissions accepter le ioug exclusif de Tun d'eux et lui livrer une dictature qui serait bientôt renversée.
Hippocrate se plaça donc entre les médecins empiriques et les philosophes médecins pour les dominer ; pour extraire tous les matériaux utiles et vrais contenus dans leurs travaux respectifs, les refondre, les compléter, les unir. Les empiriques avaient rassemblé des observations précieuses, mais elles restaient isolées, sans valeur précise, sans lien ; ils possédaient beaucoup de faits médicaux; et n'avaient pas de médecine. Les philosophes, à leur tour, avaient découvert quelques grandes lois générales qui pouvaient cimenter ensemble les faits anthropologiques, mais ils se renfermaient dans des explications vagues, souvent chimériques et ne voyaient point comment on pouvait les déterminer et les rattacher à l'art médical. Leurs théories, empruntées partout ou presque étrangères à Tétude directe de l'homme sain ou malade, avaient peu de rapport avec la physiologie humaine et la clinique : elles surchargeaient, embarrassaient, égaraient la pratique au lieu de la rendre plus facile et de l'éclairer. Flottante entre aes observateurs routiniers peu savants, et des savants téméraires médiocrement observateurs, la médecine sans règle et sans guide était livrée à des hommes qui se heurtaient sans cesse, et ne pouvait se constituer. Hippo-* crate l'arracha tout à la fois aux vaines spéculations des philosophes universels qui se rapprochaient beaucoup des sophistes, et aux manœuvres aveugles des empiriaues ; il détermina par l'observation anthropologioue directe la plus savante, la plus sage, la plus rigoureuse, les lois qui régissent l'homme vivant dans l'état de santé et de maladie, et fit reposer sur ces lois profondes la physiologie normale et nforbide, la patho^énie, le diagnostic, la prognose, les indication^ hygiéniques, prophylactiques, thérapeutiques.
On le vit puiser à toutes les sources, et tenir un compte exact de toutes les influences qu'exercent sur chacun de nous, le milieu qui nous environne, la législation gui nous gouverne, les mœurs qui nous dirigent, les passions qui nous entraînent, etc., afin de constater leurs effets, de profiter de ceux qui sont utiles, de combattre ceux qui se montrent nuisibles, de les faire concourir à la guérison de l'homme malade, au perfectionnement physique et moral de 1 humanité.
Nous venons de montrer comment Hippocrate sépara la médecine de la philosopnie générale où elle était confondue avec toutes les autres sciences dont elle formait une branche parasite; voyons maintenant com-n ment, par un nouvel effort, fl y transporta la véritable philosophie après l'avoir fondée.
n. Hippocrate, avons-nous dit, en second lieu, transporta ta philosophie légitime ei
HIP
DlCTlONNAmB
HIP
eomjflite dans la médecine. Il le fit de deux manières : l' il y introduisit une philosophie modeste, fondée sur Tobservation calme et laborieuse, sur cette raison froide, mais droite, qui doit être plus rare qu'on ne le pense , puisqu'elle a fait la gloire d*une école toute moderne connue sous le titre de philosophie du sens commun ; 2* il v fit pénétrer aussi la philosophie transcendante.
Il y a, d'après le divm vieillard, deux sortes de philosophies qui diffèrent par la méthode au moyen de laquelle on les constitue. Quand on suit le premier mode, on adopte la méthode expénmentale inductive progressive, qui s'élève lentement des phénomènes longuement observés et analysés, aux lois générales qu'ils manifestent et qui les enchaînent; de celles-ci aux forces expérimentales qu'ils représentent; de ces dernières aux agents producteurs. Quand on a recours au second mode, on fait usage de la méthode inductive transcendante, rapide, par anticipation ou inspiration, et du procé'dé déductif ; on part des agents producteurs, des forces, aes lois, en un mot des premières causes, des premiers principes, et par eux, on lie et l'on explique les phénomènes. La première méthode qu'on a nommée aussi analytique est celle dont on a fait surtout honneur a Aristote et à Bacon ; la seconde qui s'appelle parfois synthétique ou mathématique est rapportée principalement à Platon et à Descartes (262). Les Baconiens vous disent : «x Le chancelier de Vérulam formula et appliqua le premier la méthode expérimentale inductive ou analytique ; il changea ainsi la face des sciences qui changèrent à leur tour la face du monae. » Les Cartésiens s'écrient de leur côté : « Descartes fonda l'induction rapide et la méthode déductive ou transcendante; il la porta dans toutes les branches des connaissances humaines, et fit le monde moderne, monde nouveau sorti tout entier de son génie créateur. » Eh bien 1 Messieurs, la gloire d'avoir formulé nettement et surtout merveilleusement appliqué cette double méthode, appartient à Hippocrate, à son école, à la médecine. Arislote et Bacon, Platon et Descartes ont développé, appliqué, propagé, vulgarisé avec autant de sénie que de succès, ces méthodes et ces doctrines. Du reste les uns et les autres emploient plus ou moins les deux méthodes, suivent les deux routes, car elles sont inhérentes à l'esprit humain. ^ Aussi Galien affirme et démontre que le vieillard de Cos a créé tout à la fois, non pas en les inventant, mais en leur donnant une forme régulière et parfaitement définie, en les signalant à l'attention de ses successeurs, l'expérimental isme rationnel et la méthode analytique qui dominent dans Aristote et le péripateticisme, aussi T)ien que le rationalisme expérimental et la méthode synthétique dont Platon fait un si graifd usage. Les preu'
(262) V. pour la première méthode, Hippoc. De tandenne médecine^ préceptet, bienséance , etc., pour la seconde, 1« premier livre du Traité sur le
ves de cette double proposition aperçue ir vaguement par plusieurs philosophes émine:. de nos jours, se trouvent à cnaque mi^ dans les écrits hippocratiques, quand on et die les textes mêmes, avec une sulîlsar, attention; nous aurons plus tard Voccasioti consacrer quelques leçons à la méthode Ij pocratique qu'on n'a encore qu'imparfa, ment exposée.
En admettant qu*Hippocrate eût fondé n double philosophie et cette double méth. pour les usages seuls de la médecine, il u aurait pas moins la gloire d'être le père d* philosophie spéculative, laissant à Aristot» > riaton l'honneur entier d'avoir appliqué ? principes à toutes les sciences ; mais r pouvons assurer avec Galien, qu'il a ouv ses deux grands disciples cette voie aussi ge que féconde.
En effet, Messieurs, l'homme etranilirlogie ne sont point un être et une science lés. Nous vivons dans un milieu physi l social qui nous modifie et que nous moi; sans cesse ; l'anthropologie touche à c: instant à la physiauc, à l'histoire natur lamorale,à la législation, à la théologie r le médecin doit être, dans une large ru physicien, chimiste, naturaliste, psyc giste, légiste, etc. ..la vaste constitution de i, enseignement vous le démontre, car il brasse tout cela. Hippocrate fut donc t d'avoir une physique , une histoire nniur une psychologie, une morale, une poliin comme il eut une logique et une mcth et il dut parcourir le cercle entier de lu losophie appliquée à toutes les sciences. « ce qu'il fit en effet, et Galien a eu rai5"M dire qu'il posa pour chacune des connai^^^i' humaines, des dogmes spéciauxfondanit II des principes dont Platon, Aristote , If ^ ^ ciens s'emparèrent pour les étendre et les J lopper. Voilà comment, après avoir siipn ; ses bases la philosophie universelle jti-^ entièrement sophistique adoptée par ses f décesseurs, il créa une nouvelle phiio^complète qu'il transporta dans le don.
de notre art. Aussi nous dit-il dans son /' de Vancienne médecine : « Je ne vois j qu'il soit possible de fonder une pliilos' r vraie , sans avoir parcouru ranlhrofx i dans toutes ses parties ; sans s'être plaet point de vue médical » . C'est au rest» grand principedu sage,c'eslceluideDescai c'est celui des théologiens : « Descends»!. ' même, commence à te connaître, et pars u pour connaître toutes choses. » La u^eiii psychologique gui fait aujourd'hui le ton i notre philosophie, n'est qu'un fragmeniim: tant de la méthode anthropologique d'ili} ; crate
Le vieillard de Cos nous dit aussi dans s traité izepX eûîx^jjiojûvh;. De deeenti orno' « Je n'aperçois qu'une seule différence t r le véritable philosophe et le véritable m- • cin, c'est que le premier dit ce qu'il l
régime. Voy. aossi nos Etudes sur quelques of'^ hippocratiques.
HIP
HIP
ûire, et que le second le fait ; c'est que l'un ;j<^ sous forme spéculative, ce que l'autre txùale sous forme positive et pratique. Le |.îid'5ophe proche la sagesse, la tempérance» j DKMiéralion, le désintéressement, le déroutement, le calme dans les opinions, la réil non, l'bumanité, la piété sans superstit)vQ, etc. Le vrai médecin est sage, tempérrî. modéré, désintéressé, dévoué, calme et nflecbi dans ses pensées et dans ses actes , :oaio, défenseur de la vérité, pieux, mais to ctrde contre de vaines su{)erstitions. Aiifr la médecine, c'est se passionner pour la itniable science, c'est avoir le Culte de Thufrnité. » C'est ainsi qu'Hipçocrate compretiitd médecine et le médecin; c'est l'idéal "yiit il s'efforçait d'être le modèle. Dcscencici des Asciepiades d^Egypte qui se rattarbieDl aux grandes traditions mosaïques , il <uay)lida l'œuvre de ses ancêtres, et fit de 4iDédecioe un véritable sacerdoce qui se •xi-uait tout entier au service des hommes. • Vinom de la Divinité, n'imitez pas les faui lU'kms,» disait-il à ses disciples; « comme wti'jx philosophes, ils pprtent un masque •.usirpenl un titre qu'ils ne méritent pas. V ^m confondez pas avec eui ; soyez './->j votre serment, car vous avez reçu c;? t'tCàécralion. » Remarquons , en pasv'.t, ce mot profond qui a embarrassé ie^'^Q commentateurs: il se rattache à un /•'ijKd histoire d'une grande importance qui »'|ii connu, et aue j'ai le regret de ne f/jîMirvous dérouler en entier. Les Pythaji-^r^ns et les Asciepiades formaient en phi- •^['liieeten médecine une association reb/j$e issue du mosaïsme, qui adorait en K-i un Dieu unique, et lui rapportait loub<o œuvres. Il y avait chez eux une docfîfi' cachée, des pratiques spéciales, des Liit^ revêtus d'un sacerdoce consacré par ^ H-rtnents. Ces initiés s'appelaient Upof , 1^ liooimes sacrés ; ils n'obtenaient et ne Histirvaient ce caractère, qu'en purifiant Bb cesse leur esprit et leur cœur. l)ans le i^\c^ que je vous cite, Hippocrate dit à s (lisciples : « Pratiquez avec soin ces pu- Dcoiions , afin de vous distinguer des pro- K)«<. A une haute philosophie intellecfc'i'i et scientifique , les médecins de Cos tjfnaient une philosophie morale , reii- ^-dy. et pratique qui leur donnait une coni^niioQ supérieure. Ils employaient leur vie B'>cre à secourir les malheureux, à dopner u^ soins aux malades, à défendre la jusc^, à pratiquer le bien, h chercher et à reluire la vérité; ils le juraient devant leurs ^^'res et rendaient la divinité même dépotaire de leurs serments. L'école de Mont- ^ iier est la seule qui ait conservé cette haitudehippocratique; le serment que vous rêlei dans nos mains au moment où vous '^i séparez de nous, est une imitation de •lui que prononçaient, il y a vingt-quatre ^ies, les disciples de Cos. Vous avez sou- '^lii prouvé par vos actes qu'il n'est point ^^urvous une vaine formule eiQeurant seule- ^•Qi vos lèvres, mais un engagement sacré ui pan du fond de votre cœur. Plusieurs
commentateurs , peu versés dans l'histoire intime de cette épouue, ont cru qu'IIipn<i-» crate engageait ses élèves, non point à etie purs, mais à être circonspects dans l'emploi des purgatifs, et à se distinguer ainsi de ceux qui n'ont point acquis régulièrement les grades médicaux. Ceci vous montre, Messieurs, comment on traduit et l'on commente] Hippocrate. Remontons donc toujours aux textes mêmes, et méfions-nous des travestissements que nos historiens font subir aux doctrines hippocratiques : faisons de Thistoire , et ne nous contentons pas du roman. Hippocrate, comme vous levoyez, remania donc la science entière, et il le fit d'abord en se servant de la méthode expérimentale , de l'observation consciencieuse du monde extérieur, des forces vitales, des facultés psychologiques. Cette méthode longue et laborieuse, que nous suivons aujourd'hui avec tant de succès dans l'étude et l'interprétation des faits, cornpense la lenteur de sa marche par la sûreté de ses résultats. Celui qui la suit ne substitue point de brillantes chimères, de vaines hypothèses à de vivantes réalités; il écoute la nature, il l'interroge, il rédige ses réponses sans tes altérer, il découvre ses lois, étend sur elle son empire, et devient puissant et fécond comme elle en surprenant les secrets de sa puissance et de sa fécondité. C'est en étudiant ses OBUvres sur l'homme {le petit monde)^ qu'Hippocrate s'éleva jusqu'à la loi fondamentale du grand monde, jusqu'à la contemplation de son unité harmonieuse, qui se retrouve au sein d'une prodigieuse variété. Dans l'univers aussi bien que chez l'homme, tout se lie, tout s'enchaîne, tout concourt vers un but suprême , et le méde* cin, plus que tout autre, reconnaît au-dessus des mondes une seule main toute -puissante qui les dirige et les conduit : Consensus unta, conspiratio unica, medicus in bona et tmçrtmis in adversa fortuna comperit vim omnipo^ tentem^ omnipotentem intetlectum. (Voy. De decenti omatu, traduit et commenté par L.
BOTER et GiRBAL.)
Par la méthode expérimentale inductive, Hippocrate s'éleva ainsi, mais d'une manière sûre et rigoureuse, jusqu'aux premières causes, aux principes législateurs des sciences particulières et de la philosophie générale. Il se trouva donc de nouveau sur le terrain de cette science qu'il avait séparée de la médecine, et il ne craignit pas de l'y transpor*ter, comme il l'avait fait pour la philosophie inductive dont les vagues essais avaient pris une forme et une couleur nouvelle dans ses mains.
Arrêtons*nous à ce second point de vue qui n'a pas été assez généralement compris. Les philosophes spirilualistes Grecs, représentés surtout par l'école pythagoricienne italique, avaient transporté dans leur patrie» en les déguisant et les altérant, sous des svmboles poétiques et mathématiques, les dogmes traditionnels de l'hébraïsme sur l'unité de Dieu, la création du monde, .l'immortalité de l'âme, la liberté humaine, les peines et les récompenses dues aux vices ou
HIP
DICnONNAIRE
HIP
k la Yertu, et distribués dans une vie future , etc., etc. Les Asclépiades de Cos, originaires d'Egypte, avaient conservé les mêmes principes ; Hippocrate leur donna une forme plus nette, plus scientitique en les appliquant à la science de l'homme et les appuyant sur des faits empruntés h l'anthropologie et à toutes les sciences qui s*y rapportent. Mieux que tout autre, il sentit et montra que, l'univers formant un tout enchatné dans ses diverses parties par une intelligence supérieure, la science qui le représente, qui le reproduit dans son ensemble et ses détails, qui cherche à en concevoir les lois et à les expliquer, doit trouver une harmonie cachée au milieu même des irrégularités apparentes, et qu'elle doit arriver, comme but suprême de ses efforts, à des idées de plus en plus .simples, de plus en plus unitaires, faites à l'image de celui qui a tout créé. Il n'y a point plusieurs physiques tout è fait distinctes : l'une médicale, Taulre générale. Il n'y a point des principes de vie complètement isolés; il n'y a pas des êtres pensants entièrement dissemblables, mais il existe des types fondamentaux communs è toute matière inorganique, à tout {>rincipe vivant, à toute substance qui pense; il doit y en avoir qui spécialisent chacune de ces classes en les distmguant des autres. On doit même trouver un lien entre tous les êtres de la création, quel que soit le degré qu'ils occupent, de manière a pouvoir parcourir cette chaîne d'or célébrée par les poètes, qui unit le ciel à la terre. C'est la science qui doit en découvrir et en suivre les innombrables anneaux. Les philosophes antérieurs à Hippocrate avaient essayé cette œuvre, mais ils étaient descendus du ciel vers la terre, et avaient pris pour point de départ une trompeuse unité; ils avaient bftti sur des nuages; le vieillard de Cos, au contraire, était parti de la terre et de l'homme pour remonter jusqu'aux cieux; Tharmonie dans la variété lui avait révélé l'unité, mais cette unité puissante qui ne se confond jamais avec son œuvre, tout en lui imprimant des traces évidentes de son unité même, comme Fem-
Êreinte ineffaçable de son cachet immortel, ippocrate fut conduit ainsi à reconnaître partout un dualisme fondamental au moyen duquel il attaqua et renversa du même coup le matérialisme, la doctrine exclusive des esprits, et ce panthéisme séduisant vers lequel nous sommes naturellement entraînés, qui fait de tous les êtres créés, et de Dieu luimême, des matières doublées d*un esprit, ou des esprits doublés de matière et donnent une valeur égale à chacun de ces éléments. Dans l'univers, il vit un Dieu créateur et directeur, et un monde qu'il a créé, qu'il dirige et qu'il soutient ; dans l'homme, un corps matériel et un principe viviQcateur immortel pour lequel il est fait, oui le forme et l'anime au moyen de deux facultés : la force vitaie et la pensée; dans les végétaux et les animaux, une matière vivante et une force vitale harmonique dont les facultés instinctives simulent parfois l'intelligence; dans les êtres inorganiques de la matière et des forces. Ce dua-
lisme universel ramené à l'unité par Y'mi\ ligence divine est le spiritualisme modirr luttant encore contre la fausse unité du n térialisme, de l'idéalisme, du panthéÏMi vieilles erreurs d'ensemble mêlées de p sieurs vérités de détail , qui ont prédoni dans l'antiquité, et dont nous avons reçu* l'héritage. Hippocrate pensa néanmoins qu milieu des hypothèses qui faisaient la base • ces diverses doctrines, il pouvait y avoir d principes généraux utiles aux progrès fu:i. des théories scientifiques. Il les jugea, !• pesa, en tira les consécpiences par la l thode déductive, pour voir jus<^u*à quel p. elles concordaient avec les faits qu'il a\ observés : il montra ainsi le part> que I • peut tirer des procédés inductifs par aiiî; pation, de la déduction, des hypothèses, ,; constructions à priorù Cette seconde h thode, dont on a dit tant de mal, est dâr. reuse quand elle est seule et confiée à li mains inhabiles, mais elle se montre émin ment créatrice et d'une puissance mer leuse, quand elle est animée par un ^^ supérieur, et qu'elle prend une forme - . lière en s'unissant à 1 observation et à lu tion progressive. C'est par elle, et enst cant dans ces conditions, que Descartes école, le dix-septième siècle, ont fon> science moderne, avec ses qualités éniifi tes et ses vices cachés que nous corri^t. chaque jour.
Hippocrate s'empara donc de la philosoi ' transcendante considérée dans toutes ses: lies, et de la méthode sur laquelle elle a> été fondée; il fouilla dans sa physique, s ontologie, sa psychologie, sa morale, sa } litique, sa cosmogonie, pour voir si ces t captions, même téméraires, ne lui fou:
raient pas quelques vues hardies, prém rées, peut-être étranges au premier ah. quoique justifiables par la raison, qui p' raient devenir plus tard la -source de n veaux progrès, il s'attacha surtout aux se ces qm se rapprochent le plus de la uit cine, épura quelques-uns de leurs princ:; supérieurs, de leurs lois générales, et Ie> ; troduisit dans sa théorie, en les acconc dant au génie même de notre art, de ur nière à ne pas violer son indépendance i joignit alors, mais alors seulement, au c ": de sa doctrine, divers essais de spéculaii' physiques, zoologiques, psychologiqi^* cosmogoniques qui s'y adaptèrent cuuj; des ornements, des parties accessoires, :: bres, isolées d'abord en attendant de p' voir se cimenter avec le reste de l'étii!' Ce sont des sentinelles avancées, souvent j dues, qui se portent en avant, mais éclairet regardent l'avenir. Dans ces essais eip' rateurs, Hippocrate et ses disciples noiis'-i laissé plusieurs modèles. Mais ces syslmi ^ empruntés à des sciences étrangères dont o voudrait encore aujourd'hui nous imp^^^ les exagérations si ifunestes è la pratique, fi sont point l'hippocratisme même, quoiqn ait voulu les confondre avec lui. Ils ï'^ j "' point partie de ces dogmes premiers si n^ vamment recueillis par M. Lordat, ei q^i^'^^
BIP
HIP
Teot de règle ao médecfn clinicien. Lorsque les fruits éphémères que donnent souvent («s brillantes, mais iifttives systématisations, le détachent et tombent parce qu^iis ne sont fos faits pour mûrir, l'arbre qui les porte ne soufre point et ne perd rien de sa sève fé« (iQde :il pousse bientôt de nouvelles braneèes mieui nourries et plus fortes, dont les fruits sont plus tard recueillis et bénis par ittumanité.
U TOUS est facilewaintenant, Messieurs, de mmudre quelle fut la grandeur et la sorite des deux premières parties de Tœuvre hit'^pocratique.
i' Il sépara la médecine de cette philoso* Dkie générale plus spéculative que pratique cm at)Sorba!t dans son sein toutes les science, les enchaînait è des principes souvent (iniDériques, en faisait le monopole de quel- \tà esprits audacieux , et empêchait leur Cff<fioppement calme et régulier, en cherduot I les ramener dès Tabord et de vive brreàune séduisante unité : il substitua des rjiiiés positives aux rêves enchanteurs de f-^âx qm Tavaient précédé, en remplaçant, UL* le culte de la nature, le culte de la poésie. ri Hn la médecine devint indépendante et ^^ elle recouvra sa force et sa liberté; t^Ji£) les sciences brisèrent en son nom le /'u/yioleur avait été imposé. La philoso-
£^t première était un chaos obscur et coni où toutes les branches des connaissances 'ixjiQes se heurtaient et s*agitaient depuis )Wurs siècles sans sortir du cercle fatal ^ elies étaient emprisonnées; il y porta '(•*ire et la lumière, et Ton en vit sortir une r^^'ique, une zoologie, une psychologie, i^ anthropologie tout entière éclairées et rjJeespar une méthode modeste mais sûre, ^'3it;et lente mais indéfiniment progressive '•> uoL^sait dans une juste mesure les droits de ^(^rience et ceux de la raison. Hippocrate 'Qjpara ainsi de Tensemble des sciences^ ' 7 inarqua plusieurs royaumes distincts, i^^i par de lé^times limites, gouvernés, ^•^nt leur génie propre» par des lois •Meulières.
* Mais le père de la médecine ne s*arrêta !fnt dans ce premier travail ; il comprit que, ^ uilait séparer, il était également impor- ^t d'unir. Ce fut alors qu'il revint à la phi- ^phie transcendante, à la philosophie l'aère ; <}u*il fit la part de cette imagina- <| ioTentive, l'un des plus beaux attributs ' ' i'umanité, qui nous permet de pressentir
* loriue de rêves ce qui peut devenir un ^ une grande et féconde réalité. C'est ^f cela qu'il transporta, sans dédain, mais ^ une sage réserve, la phvsique, la psy- •|W, I ontologie, la philosophie transfl'iaule tout entière dans les théories mé- -^'l^, en la distinguant soigneusement de ^«iecine pratique. Aussi nous dit-il d'une ^' « Attachez-vous à l'expérimentation
'^^ Us hommes j»ensenl qn'il faut s'en rappor- ^^^ veux (aui tens seuls) iilus qu'à la raison ; ^ ttne erreur; écoutons aussi la raison, etc. ' '««mijie. lib. I, § 5.)
DlCTIONlf. DE PbTSIOLOCIK.
rationnelle, les malades ne se traitent point avec de purs raisonnements et des hvpothèses ingénieuses; on les guérit ou on les soulage en faisant reposer la thérapeutique sur des principes empruntés h la pratique et à l'expérience; » mais il nous dit aussi ailleurs : « Les hommes ne savent point assez ce qu'ils
1>euvent attendre de la raison pure, de l'anaogieet deses inspirations (364).»!] y a, comme vous le voyez, un double caractère dans l'hippocratisme ; d'un côté l'expérimentalisme sévère qui met la médecine en garde contre toutes les importations étrangères dont elle n'a point vérifié la valeur par le contrôle d'une observation rigoureuse; de l'autre un rationalisme plus large qui accepte provisoirement des dogmes empruntés de toutes parts, pour les mettre en réserve et les faire servir un jour à de nouveaux progrès. III. Abordons maintenant le troisième point : Himocrate transporta (a médecine dane ta phitoMophie. Quand le cfief de l'école de Cos eut ainsi constitué la médecine art et la médecine actence en coordonnant cette double forme par un tien supérieur; quand il lui eut assigné son domaine propre et indépendant ; quand il eut découvert les lois spéciales qui la gouvernent ; lorsqu'il Itri eut montré ses relations légitimes avec les autres sciences en marquant exactement leur étendue et leurs limites ; lorsqu'il eut développé cette double méthode qui constitue le présent et le passé, en préparant les lois de revenir; lorsqu'enfin, il eut fait de la médecine une anthropologie complète, c'est-à-dire, la science de l'homme physique, intellectuel et moral, il s'y établit comme dans un point central, et put, du haut de cette région supérieure où il s'était placé, contempler et dominer toutes les sciences. Ce fut alors qu'il transporta largement la médecine dans la philosophie première, dans la science universelle, dans celle qui remonte aux principes premiers, à la cause première, à la divinité même, et qu'il prononça dans son enthousiasme, ces grandes paroles : « Le médecin philosophe est, sur cette terre, la plus parfaite image de la Divinité, ô Inrpoç ftXoffOfoc, l96$t9Ç. Cette phrase seule, bien commentée, résumerait toute la doctrine hippocratique, aussi bien que l'histoire de la médecine étudiée dans ses relations avec les sciences, avec la civilisation, et considérée au point de vue des services qu'elle leur a rendus. Ce travail dont les maténaux nombreux mais épars, devraient êtres rassemblés, constituerait un livre important que notre Bordeu a ébauché, et dont il a laissé le plan, il nous ferait sentir touto la dignité de notre art, et tracerait le code fondamental de nos droits souvent méconnus, et de nos devoirs oubliés trop souvent (265). La marche suivie par Hippocra te était ceilo qui devait se présenter naturellement à ce grand génie. Il en est des sciences comme
(265) Cette partie a été Tobjet de plusieurs leçons spéciales que nous avons faiies à Strasbonrg^ en 4837, dans notre Cours d*histoire de la mé* dccine.
nip
HIP
des Dations, on peuple qui veut être fort, établit, proclame, défend son indépendance absolue, sa liberté nationale, son unité : il a ses limites qu'il ne laisse point entamer et franchir, ses places fortes qu'il ne cède jamais, ses usages, ses mœurs, ses lois, son génie constitutif qu'il respecte et fait respecter à tous ; il est maître et souverain dans ses domaines. Il emprunte ensuite aux peuples voisins ou même éloignés, selon ses besoins ou ses sympathies, tout ce qui peut contribuer à sa splendeur ou à sa prospérité ; il reçoit leurs secours, leurs dons, leurs tributs, sans subir leur joug, et ne les accepte point sous des conditions dures ou onéreuses : enfin il répand généreusement sur les autres, par échange réciproque, des biens supérieurs encore à ceux qui lui ont été donnés.
C'est ainsi que toutes les sciences ont été successivement constituées dans les temps modernes. Elles sont nées par le principe d'indépendance et de distinction; elles se sont accrues par le principe d'alliance ; elles se sont consolidées et étendues tout à la fois par le principe des échanges mutuels devenus de plus en plus Nombreux, quoique réglés «et mesurés par une sage liberté. C'est aussi la forme que tend à revêtir l'organisation des divers pa^s sous le souffle puissant d'une nouvelle civilisation. Autrefois une seule science, un seul peuple pouvaient poursuivre ou obtenir une domination universelle également désavouée par la raison et Ja justice : aujourd'hui, dans la grande famille unitaire des sciences, comme dans la grande famille unitaire de l'humanité, il y aura plusieurs familles scientifiques comme plusieurs familles nationales distinctes, unies par des liens naturels, et la suprématie intellectuelle et morale avant tout, appartiendra, par un droit incontestable, à celles qui surpasseront les autres par la grandeur, la justesse, la légitimité de leurs principes, par la force, la meîoire, la fécondité de leurs heureuses applications. Telle est la pensée de l'école de Cos, telle est celle de notre France moderne.
Ce j)oint de vue auquel on s'est rarement placé jusqu'ici, répand un jour tout nouveau sur les écrits d'Hippocrate et de ses disciples; sur le génie de la philosophie et des sciences; sur leurs évolutions.
Ainsi, quoique la collection de Cos présente, dans tous les écrits qui la composent, des traces du triple travail que nous venons d'indiquer, il* en est qui se rapportent principalement à la médecine pure, considérée dans son indépendance ; on en voit d'autres où domine l'exposition des diverses théories philosophiques, physiques, zoologiques, avec leurs applications à l'art médical ; on en trouve plusieurs dans lesquels les grands dogmes médicaux sont appliqués aux ditférentes sciences; enfin quelques-uns sont particulièrement consacrés à la méthodologie et à l'é-
(SK66) Nous avons consacré plusieurs leçons de 1857 à classer et à analyser les œuvres hippocrali- (jues, d'après ce point de vue. Nous ferons entrer ce
nonce aphoristique de lois scientifiques \:{. nérales. Cette remarque explique un gr i. : nombre de contradictions apparentes qniri a reprochées à l'école de Cos, en la ii\\s;\:[ tour à tour exclusivement animiste, vitaloi . pneumatiste, méthodiste, attachée a la d» ctrine des atomes, d'un, deux, trois, qiit[ ou cinq éléments, etc., de sorte que chai': secte médicale a prétendu avoir llippoii. pour chef et pour fondateur. On n'a pas \ que ce sont la tout autant d'essais de sv>tmatisation préparés pour l'avenir, mais i:-'minés tous par une idée supérieure unii.>
3ui les coordonne et les fait servir à lu-: e la pratique. C'est un admirable écleeiM orçano-génétique ou nar intussuscepii qui doit servir de modèle à réclectisuic 1 1 losophique auquel nous ne sommes point : core parvenus aujourd'hui, malgré les sm que nous mettons à le réaliser. La n:\\v se trouve ainsi examinée sous tous ses >pects multiples, par une analyse ment i se, et ramenée ensuite à un grand priu unitaire par une magnifique synthèse. « > les diverses théories qui se sont di5[. depuis l'empire de la médecine, tuu : toujours autour de quelque point du < hippocratiaue, en l'agrandissant, et finipar un exclusivisme oue l'école de Cu> î éviter, de môme que les doctrines purcij pratiques trouvent dans les œuvres du il. vieillard l'origine et la confirmation de !• . principes.
Pour nous initier aux secrets de Ihi! : cratisme et vous en faire sentir toute k rite, toute la grandeur, il faudrait an.ii tous les traités qui nous restent, à la luL.i des propositions fondamentales que r vous avons indiquées : vous y décou\r alors une foule de trésors encore iiirq» r qui deviendront le point de départ dm; tantes découvertes réservées a l'aveniL qui se lient à plusieurs de nos plus Ih travaux modernes; vous sentiriez miiu\ profondeur des dogmes principaux avec quels vous êtes déjè famiUers (1^66). Ainsi, i pouvons faire remonter jusqu'à Bipp ' Je mécanicisme, le chimisme, le solii'^ i'humorisme, i'organicisme sous ses dn^ formes, le vitalisme sous ses aspects van»-, strictum et le laxum des méthodisitN brownisme, le broussaisisme et le conii*^ mulisme qui n'en sont que les dével <[ ments; l'allopathie et l'homéopathie, l'h.^ thérapie, le spécifisme empirique, et c'est-a-dire toutes les doctrines qui ont • cupé ou qui occupent la scène mobil' monde médical, et saisissent tour à leur sceptre fragile qui se brise rapidement ^^ leurs mains.
Mais dans les écrits de Cos, elles ne 1 ment point une série de rayons isolés » t perses qui répandent sUr les objets une teinte fausse parce qu'elle est exclusive « sont au contraire concentrées dans un u }
travail, retouché, dans notre histoire de la P' siolpgie.
BIP
DB PHYSIOLOGIE
HIP
puissant qui les réunit et les transforme en une lumière pure, de manière à présenter la uluro hainame tout entière sous sa véritable o/uit^ur Ceci vous explique la pérennité uuurselle de l'hippocratisme auquel on re- -..cflt sans cesse dans les courts instants où .•> passions se taisent, où les préjugés se a:NM[K*nl, où l'expérience et la raison s'unisyn\ f»our reprendre tout leur empire. C'est un guide sûr et ûdèle qui nous pousse et ï us dirige Ters un progrès réel et sans li- "iits. Pour le devancer et aller plus loin que -i.. cesl avec lui, c'est à ses côtés qu'il faut l'jjourssetenir et marcher : nous le suivons <i.(«)a' alors même que nous paraissons nous tû ecarler.
U môme remarque s'applique h l'ensemble i^^^ieoces et à la philosophie. Bacon a dit: i tf'dici non sint ioii in curarum sordibus^ » I (oé.tecine ne doit point se renfermer dans 'c cercle de la thérapeutique, encore moins tii>te\{A d'une empirique et sordide médi- <i'jtQlat)on. Nous ne devons pas être de -^^M distributeurs de purgatifs ou de tovjies, d'antiphlogistiques , d'évacuants ou îibfiots. Si nous devons nous placer d'abord ^iy^oesphère pratique modeste etéminemi^&ivble;si nous devonsyinsisteretenpéné- •• : tdûïles secrets, parce que nous en com- A''0'i/25 toute l'importance, et que nous de- ' »Mrant tout, remplir cette première mis- ^•'i ijui nous est confiée, nous pouvons et >•> devons aussi nous élever plus haut, par- ^Yit notre domaine embrasse dans leur en- •"^les sciences anthropologiques, c*est-à- '>cclies qui touchent aux plus grands in- ■■'^u de l'humanité. Or ce vœu de Bacon n'a ^'»lé seulement senti par l'école hippocra- ^J^: (tar elle, 41 a été accompli. L'idée fonwif^Qtale de resprit des lois de Montesquieu '"•" posée par Hippocrate (267), poursuivie *f Galien et ses successeurs; tous lui ont ^^:ié un élément moral dominateur dont n r-çrelle l'oubli dans la doctrine du grand rn*,iin qui est remontéjusqu'à l'origine des ^lacipes législateurs. Les lois qui président î ovulation de Thumanité dans les arts, les ^^Jî^'s, les sciences, la civilisation, ne peu- ^^ »Hre saisies dans leur entier que par des ^Wins philosophes; aussi n'ont-ils point Anjué à cette noble mission. Ce ne sont ^ d'.s philosophes, ni des législateurs qui w créé l'économie politique, ainsi qu'on le ^'t^x^Qéralcment; la République et le traité ^*lois de Platon, la Politiaue d'Arislote, ^ êcrils législatifs de Ciceron, Sénèque, ^"tius, Montesquieu, Smith, de Bonald, etc., »f leur point de départ dans Hippocrate , ' i'^o et leurs successeurs dans l'antiquité, >n< les écoles médicales arabes, dans celles ' moyen âge, de la renaissance, des xvif, crelxix- siècles.
^•n regarde aujourd'hui Quesna y, dont vous 'iMissez sans doute les œuvres médico- 'f'jrgicales, comme l'un des grands fonda- *^ de cette haute science qu'on nomme
l'économie politique. Cet illustre membre de l'académie de chirureie, en accomplissant cette œuvre, a simplement poursuivi des travaux longuement élaborés par une série de célèbres médecins. C'est un des beaux fleurons de notre couronne ; nous devons nous le faire restituer et démontrer qu'après avoir ouvert la marche, nous avons encore su nous distinguer des autres, en donnant à l'édifice plus de solidité, d'étendue et de profondeur. Je me suis borné. Messieurs, à vous offrir un seul exemple des services rendus par Hippocrate et la médecine aux diverses branches de nos connaissances, en choisissant les sciences législatives qui paraissent plus étrangères à notre art que les sciences physiques et naturelles : vous comprenez combien ma tâche eût été plus facile, si je vous avais parlé de l'as* tronomie,de la physique,de la chimie, de l'histoire naturelle, de la psychologie, etc., auxquelles nous avons fourni de si larges tributs qui sont bien loin d'être suffisamment appréciés. Tous les fondateurs de ces sciences peuvent être rattachés à la médecine ; mais il en est beaucoup dont les grands titres médicaux ont fait oublier les autres litres scientifiques, tels sont Hippocrate, Celse, Galien, Averrhoës, Fernel, V. Helmont, Stahl , Bordeu, etc.. ; comme il en est d'autres(M. Ficin, Copernic, Borelli, Papin...), dont les travaux philosophiques, astronomiques, physiques, ont effacé la gloire médicale. Ce qui précède suffit néanmoins pour vous faire comprendre l'importance do ce troisième acte en vertu duquel Hippocrate et son école transportèrent la médecine et son génie spécial dans toutes les sciences et dans la philosophie.
H resterait maintenant. Messieurs : 1* A vous développer l'importance de la troisième œuvre hippocratique ; 2* A vous montrer les applications médicales et scientifiques du triple Sioint de vue où nous nous sommes placés ; • A vous prouver, en détail, par l'histoire, que toutes les sciences, sans exception, se sont constituées et sont devenues fortes et utiles en suivant l'exemple de la médecine hippocratique, c'est-à-dire en se séparant de la philosophie générale, puis en transportant dans leur sein cette philosophie sous sa double forme; enfin, on se transportant elles-mêmes dans les autres sciences et dans la philosophie. Je vous démontrerais alors que les fondateurs de ces seîences ont pris Hippocrate pour modèle et ont trouve dans sa méthode et dans ses dogmes la méthode et les dogmes de la science entière. Je serais conduit ainsi à mettre sous vos yeux, en abrégé, une véritable encyclopédie. Il a dû me suffire, dans cette première leçon, de prouver ma proposition première en remontant jusqu'à sa loi fondamentale qui deviendrait plus claire et plus solide en pénétrant dans les détails que chacun de vous pourrait remplir maintenant, et que je vous indiquerai dans les leçons suivantes. Je me bornerai à vous rappeler ici que Platon et
^''M V09. entre aolres le traité Des airs^ des cîne aux plus hautes questions de philosophie *^ «( da lieux f oh Hippocrate applique la uicde- praiiquc.
IDE
IDE
fS'
Aristote ont accepté et mis en œuvre 1*idéeinère hippocralique qui a été Tobjet de ces considérations prélimuiaires.
Platon imita l'un des premiers, Texemple du vieillanl de Cos. Le chef de l'Académie, grand mathématicien, physicien habile, éloquent écrivain, ne voulut point viser à la science universelle à laquelle il pouvait aspirer aisément ; il s'attacha surtout, comme Socrate, à l'homme intellectuel et moral ; il voulut être le père de Tanthropoloffie psychologique, comme Hippocrate avait été celui de rantnropologie médicale. Ainsi :
1" Il sépara de la philosophie générale» la psychologie, la morale, la politique, et en fit des sciences indépendantes fondées sur l'observation de l'homme intérieur; il regarda penser et açir l'homme et la société, et formula ses pnncipes élevés qu'il revêtit de tous les charmes de son éloquence ; 2* Il exposa les règles de la dialectiuue qui se rattacne à la méthode inductive d'Uippocrate, il l'appliqua aux faits de conscience, et en poursuivit les importantes déductions; 3** Il montra comment on peut transporter les diverses sciences avec leurs théones et leur philosophie , dans les sciences psychologiques ; 4*' Enfin, il transporta dans toutes les sciences, la psychologie, la morale privée et putjlique ; appliqua leurs lois è la direction de l'univers, çt fonda ainsi une théorie cosmogonique basée sur les idées législatrices de la divinité, considérée comme le meilleur des rois de ce monde qu'il gouverne par sa sagesse après l'avoir créé par son amour.
C'est le programme hippocratique, c'est sa méthode suivie pas à pas et appliquée à une autre branche de l'anthropologie, qui se rattache dans une foule de points aux doctrines médicales de Cos. On peut voir combien Platon s'est inspiré d'Hippocrate, en lisant divers écrits de Galien, et entra autres le long traité De placitis Bippocratiâ et Platonis. Cela est d'ailleurs évident quand on étudie leurs ouvrages.
Les remarques précédentes sont également vraies pour Aristote : ici les rapprochements sont encore plus faciles.
Le philosophe de Sta^re était le fils du médecin de Philippe; il cultiva lui-même notre science et embrassa l'universalité des connaissances humaines; mais au lieu de les confondre comme ses prédécesseurs, il les distingua comme Hippocrate. Ainsi :
1* 11 créa la poétique, la rhétorique, la grammaire générale, la métaphysique, l'histoire naturelle, en les constituant comme ^iences indépendantes ; il en fut le père, et appuya chacune d*elles sur Inobservation des faits oui leur sont oropres ; il retoucha
la psychologie, la morale, la politique, '; théologie naturelle de ses prédécesseurs, < i en forma un corps régulier soumis h uo m seignement didactique.
2* Il réunit les divers procédés dialecliquet méthodologiques, distingua le syIIo^Imi: inductif ou ascendant, déductif où dtsi < i; dant, institua la logique en coordonn..:. toutes ses parties, traça ses règles pratiju > expliqua leur théorie en les rattacliânt ; l'étude approfondie de nos facultés, et w laissa son Organon^ ouvrage prodigieux qu > ; a si souvent commenté.
3* Après avoir séparé les diverses scientles unes des autres et de la philosophie l* nérale, il posa les bases de cette dt i [ qu'il agrandit, en l'appuvant comme lli| crate sur la triple méthode historique, e\| rimentale, rationnelle.
4* )l transporta enfin la philosophie «ii les diverses sciences, et les diverses sciti dans la philosophie.
Nous vous prouverons dans la suite q cours : 1* que tous les dogmes fond.i;: taux vrais soit généraux soit spéciaux v méthodologie, delà philosophie génër spéciale de Platon, d Aristote, des stoK des atomistes, sont sortis de l'hippocrath:. 2^ que Galien les a développés en les r tifiant le plus souvent ; 3* que les légisiâU des diverses sciences chez les Ardhe>.
moyen fige, à la renaissance, au xyit, au \m au XIX* siècles, ont pris pour base 1 hi;> cratisme, le platonisme, 1 aristotélisme it galénisme qui en sontlasuite, transfum par ridée chrétienne.
Vous comprendrez mieux par la suite liens intimes qui unissent rhippocrath antique et celui des écoles hippocraiM qui Pont continué ; vous saisirez le secret leur force.
Toutes ont su trouver l'unité réelle seiu de la multiplicité ; la similitude au nui des dissemblances et de la variété ; to nous ont montré partout comment l'an nisme même travaille au profit dç l'hani pour la consolider et la maintenir; coim on peut concilier la stabilité avec le pr^>- Toutes ont fait de la médecine un n : scientifique qui ne connaît au-dessus dt que la science de la divinité à laque!!** s'élève et qui lui ^ert de suprême ^f , toutes ont su pénétrer au fond de la n:^' humaine pour en constater lavérilal sence, pour lui dévoiler son but et lui iVu les moyens d'accomplir sa mission dern:
qui est d'admirer tout ce qui est beau l'imiter, de chercher et de découviir ton* qui est vrai, de poursuivre et de réaU^cr i* ce qui est bien.
IDEKS. — Nous avons souvent parlé des idées (268), nous en parlerons encore sou-
(iG8) Voy. entre autres les anirles Ame et EspBiT. Voy, aussi Descartes (Méditai, sons l'orm. géoiD. du liv. 11.) I Lldée est celle ftirme de clia-
vent, nous n'en parlerons peut-être pas a^^ car c'est une des plus grandes clefs de >• '
cune de nos pensées par la perception iiDnic':- (00 intuitive) de laquelle nous avons coun:^''' sance de ces mêmes pensées, i
IDE
DE PHÏSIOLOGIE.
IDE
dessdences; c'est Fun des principaux mobiki de nos actions. Il suffit d'examiner sériffiuement soi-même et les autres, d'interr^^^er là langue et les systèmes du vulgaire» deî philosophes, des savants, pour comprendre que nos idées forment un cercle imiDeose qui nous enveloppe de toutes paris. Atec quoi pensons-nous 7 Avec nos idées. l/uclies sont les choses qu'expriment nos liD^nies, notre pinceau, le ciseau du statoiire, etc , toutes nos œuvres 7 Nos idées. (fuels sont les principes qui donnent une iopulsion supérieure à tous nos actes et qui y dirigent oans leurs moindres détails 7 Ce rat encore nos idées. C*est à leurs idées d'ibofd que les êtres placés au-dessus de MHii, doivent leur supériorité ; c'est d'abord wsû par elles que nous sommes supérieurs tti animaux; c est par elles que les nommes <ie ^oie l'emportent sur le vulgaire. On dira pcut-(tre que nous ne tenons pas assez «iDpte des sentiments, de la volonté, de la liiïsance d'agir afin d'exalter la valeur ^ idées et de proclamer leur absolue vt^tunoence : loin de nous cette pensée, '« si Ton y réfléchit l'on verra bientôt yM sentiments, la volonté, la puissance "UcniiQ se mêlent intimement aux idées, s'»'^5 nmnent y phendre leurs racines. Un H'Jiaowot naît et grandit avec l'idée ou re-
t^iic. gue ferait-on d'une puissance d'action cioie, sans idée pour l'employer et la met- ^* to œuvre 7 Plus on creuse profondément > question des idées, plus on est convaincu km importance; c'est en cherchant à f^ir des iaée$ ctotrea, éienduei^ vraies^ sur ^^«en général, et sur ce qu'on peut ap- ^r les idées fondamentales, que l'école ippocratico-socratique, la haute scolastiqûe, V^ni* siècle, avec Descartes, Bosauet, 'iooitz, etc., ont imprimé aux arts et aux Ijences un mouvement rénovateur. Si les «slistes et les idéologues, par un exclusive dangereux ou par une direction et ^ eiposition fausses ou incomplètes , ont ^emps discrédité l'étude des idées, nous devons point laisser peser sur cette étude ^ les conséquences de leurs erreurs; ^ devons profiter de leurs fautes pour les "(r ; nous devons coordonner les travaux ^rquables publiés sur ce sujet pour y 'r les hauts enseignements Qu'ils renferi- Une bonne histoire des idées serait un ié de l'histoire des arts, des sciences et IfeOQde : cette proposition doit paraître Pkote pour tous ceux oui auront des no- Ifc exactes sur l'idée et les idées; elle doit Jj^rtir de l'ensemble de nos recherches. ^ travail sulBsamment étendu sur les fc* serait trop long pour trouver ici sa j^; nous lui consacrerons une partie de Je traité de philosophie. Nous serons heu- ■ si nous pouvons attirer l'attention de pJecteurs sur un objet recommandé par Pf i.« grands noms, si nous pouvons leur "^ des bases pour des recherches aussi
difiiciles que fructueuses, que ion reprend aujourd'hui de toutes parts, avec une nouvelle activité.
Une idée, comme les faits le démontrent, est d'abord une représentation (on l'a comparée à une image) ; mais elle est aussi ou elle devient une force : ce double caractère dépend de sa nature, et le mot sïdoç veut dire tout à la* fois idée, repréêentation, force» Loin de pénétrer l'étrange mystère relatif à l'union de ces trois modes dans un même principe, les idéalistes, les idéologues, la plupart des philosophes même les plus éminents, en ont méconnu ou aperçu a peine la coexistence; c'est dans la pensée intime de quelques génies exceptionnels par leur élévation, qu'il faut en chercher une notion précise, pour y trouver avec eux, en commentant leurs écrits, la clef de voûte de la philosophie et de la science. L'importance du but à atteindre doit nous défendre contre le découragement oue font nattre les obstacles qui nous en séparent; tous les grands maîtres depuis Platon jusqu'à Descartes, Bossuet et leurs successeurs sont unanimes pour nous affirmer que cette voie ouverte par eux devant nous est la plus courte, la plus sûre, la seule qui ne se ferme jamais.
On conçoit d'abord comment l'idée est une force, son étude entière sous ce point de vue doit se lier à celle de la force même.
On peut concevoir de même d'après ce que nous avons dit, comment les idées sensibles ou intelligibles sont des représentations. Mais on a besoin de réflexions profondes' pour connattre à fond la représentation et ses divers modes. Ce sujet et celui de la force, sur lesquels nous dirons dans ce Dictionnaire tout ce qu'il importe le plus de savoir relativement à notre ouvrage, ne peuvent être examinés en entier que dans un traité complet de philosophie ; on ne les a presque jamais abordés franchement. Bornons*nous ici a quelques remarques capitales sur la représentation, dans ses relations avec l'idée.
Toute représentation suppose entre l'objet qui représente et celui qui est représenté, un rapport quelconque qui permet de remonter de l'un à l'autre, directement ou par des intermédiaires ; c'est ainsi que l'on est conduit, d'une peinture au paysage qu'elle reproduit, de la chaleur ou de la fumée au feu, d'une pensée à l'Ame qui pense , d'une phrase à la pensée qui l'exprime. Par là on peut aflirmer qu'entre le monde et notre Ame il y a un rapport certain, puisque le monde entier, celui des corps comme celui des esprits, s y représente ; que toutes les intelligences communiquent entre elles et reflètent une intelligence supérieure qui en est le lien : les idées que nous en avons suffiraient pour en donner une démonstration rigoureuse.
Toute idée véritable représentant d'une manière quelconque un oojet, avec lequel elle a un rapport médiat ou immédiat, direct ou indirect, prochain ou éloigné, suppose l'existence de cet objet; placée entre celui-ci et nous, elle leur sert de lien : tournée vers r&me par son côté subjectif, elle est tournée
IDE
IDE
Yers l*objet par son côté olqectif, c'est un fil conducteur qui conduit l'esprit vers l'objet représenté et lui permet d'arriver jusqu'à lui, en remontant du phénomène au noumène, suivant le langage de Kant qui a emprunté celte doctrine, en Tobscurcissant et l'altérant.
Dans une étude profonde sur les modes de la représentation, Balmès en admet trois; la représentation d'identité, de causalité^ d^idéc^ lité. P Un objet peut se représenter Juimême, pourvu que nous croyions le voir à travers un miroir si transparent, que nous n'apercevions pas ce miroir [représentation dHaentité); 2* Si un effet peut représenter sa cause, à plus forte raison une cause peut représenter ses effets, et, de plus, se les représenter à elle-même si elle est intelligente; c'est ainsi que nous pouvons nous représenter nos œuvres, que Dieu peut se représenter l'univers qui est son ouvrage (représentation de causalité). — {Yoy. S. Thom. Summ, 1-1, quœst. U, art. 15.) 3** Une idée représente son objet, sans être l'objet même, sans être sa cause productrice ; elle n'est ni représentation par identité j ni représentation par causalité: (c'est une représentation par idéalité pu idéité).
Nous pourrions maintenant montrer avec Balmès, r que la représentation intellectuelle a deux sources, Videntité et la causalité: puisque la représentation d'idéalité tient à celle de causalité, et s'y rattache quoiau'elle puisse en être réellement distinguée; T que toute vérité idéale a besoin d'une vérité de fait pour sortir du monde abstrait et logique et descendre dans le domaine des existences, de même qu'une vérité de fait^ pour s'agrandir et sa féconder, doit s'unir a une vérité idéale, etc. (269). Mais cette doctrine nous entraînerait trop loin ; nous aurons d'ailleurs occasion d'y revenir. — (Foy. BALBiiÈs,PAi7oe. fundament. 1. 1, liv. i chap. 10-16.)
Dans un traité complet sur les idées, il faut présenter une analyse entière des idées de temps, d'espace, de. lieu, de mouvement, de matière, d'esprit, tandis çiue nous en avons offert seulement les notions élémentaires; mais cela suffit pour notre objet actuel : nous traiterons dans d'autres articles, suivant les besoins, quelques questions plus délicates qui se raUachent à ces sujets, réservant le reste pour le traité de philosophie.
On peut renfermer toutes les théories philosophiques, c'est-à-dire l'histoire de la philosophie, dans une histoire des idées. Toutes ces dooirines peuvent en effet être ramenées à quatre : 1** Toutes nos idées nous viennent
(269) La vérité, je pense, est une vérité de fait, acquise par une intuition interne aussi simple qu'incontesUible ; unissei-la à cette vérité idéale aussi irrécusable, *in néant ne pense pas, mais ce qui pense est quelque chose, vous arrivez à ce jugenaent si simple et si fécond, je pense, donc je suis quelque chose (qui pense)» donc je suis! tce n^est point un syllogisme, c'est une chose connue de soi; je la vois par une simpU inspection de l'esprit (une intuition), i (Descart., Répons, aux deuxièmes objections» art. 3.)
des sens (sensualisme); 2* toutes vieDoentj notre esprit (idéalisme subjectif); 3' tou| viennent directement de Dieu (vision enDil de Malebranche, aui conduit à une des fj mes du panthéisme) ; 4° les sens nous îm nissent les espèces sensibles qui éveillent nous les espèces intelligibles ; il v a en n des idées représentatives de celles qui en Dieu. Cette dernière doctrine plus I que les trois autres qu'elle dépasse eo embrassant, est la seule complète, la se vraie ; elle doit servir à les juger et à rectiGer. C'est la doctrine mosaïque, c celle de Platon et d'Aristote; c'est surli celle de la philosophie chrétienne, adn blement exposée dans tous ses détails saint Augustin et saint Thomas, et mm leusement résumée par fragments dans Fi semble des écrits de Bossuet. C'est le foi de la doctrine de Descartes et de LeibD Malheureusement le philosophe français i est trop souvent écarté, et est devenu m sans le vouloir, un des chefs du sensuila par Locke et Condillac, du panthéissiefl Malebranche et Spinosa, de ridéalisi»^ jectif par Arnaud et Kant. Leibnitz à sam marchant à côté de Descartes donlileslfl le disciple, et le rectifiant sur plusieurs m nous laisse de remarquables études sur T en général, sur plusieurs idées fondamenl^ en particulier, et se perd ensuite dans! monades, son harmonie préétablie, sonj misme, hypothèses aussi tausses qu'ingén ses où l'on retrouve néanmoins le ca d'un puissant génie (270). Saint Augu saint Thomas, Bossuet restent encore maîtres en philosophie; leurs écrits s^^nl jours la mme la plus féconde où Ar puiser ceux qui veulent devenir profi ment philosophes; cela reste vrai, en sence des œuvres si remarquables leurs et si précieuses de leurs grands s seurs et même de nos plus illustres c popains. Aussi l'exposition historique t doctrine de saint Thomas sur l'âiDe j l'article Ame de ce Dictionnaire, doctrii saint Thomas) peut être regardée co germe et le point d'appui de la pIii'<J que nous avons adoptée, en la mellâ harmonie avec les travaux postérieu nous n'avons présenté qu'une partie idées pçycholoqiques (art. Esparr hi' ce Dictionnaire), si nous les avons sous une forme plus élémentaire, c'eM nous accommoder à nos auditeurs et franchir les limites de la physiologie p logique médicale pratique; mais il est de voir que le fonds de notre pensée e>t
(970) Leibnitz est aussi grand msihém^ aussi grand physicien que Newton ; pour cf^ sciences, il lui est supérieur dans le cbsiup spéculation, comme Newton remporte sur loi le domaine des applications pratiques;!' un >■ germain, Tautre le type britannique. M:itF'< domine Newton parla métaphysique; cVsi qu'il a pu s'élever à cette universalité de fH sauces qui a étonne ses contemporains, qui H la poslérilé, et qui lui a permis de laisser !><« preinte dans les sciences les plus oppo^êti.
IDK
DB PHYSIOLOGIE
IDB
ei de saisir les liens qui unisse ces éeai articles oue Ton ne doit point leparer. A l'occasion oes idées, de Gérando fdî posé plusieurs questions importantes fs'ù p!ace parmi les desideraia de la science : K< jedeurs pourront, ie Tespère , trouver Mcrbeaocoap d*entre elles une solution sa- Ëbisante.(DB Géranik), Histoire comparée bfffiiêmes de philosophie^ t. III, p. H9 et Ér. - BosscET, Logique, p. 304 et 310, )mûon des busses idées.) I Noos aTons coutume d'assigner un do-
fine particidier aux diverses facultés intel- :j.!'65. Bacon nous en a donné l'exemple. ilte divisioa est-elle faite exactement? Réibf-l-jl de la division établie, que toutes les $:^ (acuités soient absolument exclues ïàrjmiùe assigné à l'une d*entre elles, ou B'e:Lent qu'elles s'y trouvent subordonnées ^tu: dernière? Et quelles seraient les ^ de cette subordmation? Les nomifc^«es erreurs, par exemple, que l'imagi- !•:•:: a introduites dans la philosophie, doi- M-iï.es enlever à l'imagination toute es* ^ c*i droit à concourir aux travaux philok*<':>r5? Et quelle espèce de fonctions lui B^ft-iià remplir, pour que sa coopéra- ^>^t utile sans nousexposer aux mêmes ck^' a pourrait même demander s^il est KTf opération complète de Tesprit huf: i laquelle chaque faculté n ait une rif'^on essentielle. Il importerait sur- Bd ruminer quelles sont celles qui ledi-
Ft dans l'opération la plus étonnante , [4r laquelle il invente, de quels élétf$ se compose cette puissance créatrice
paraît si inégalement distribuée entre Arers individus, les divers pays et les IR^es; de rechercher quelle similitude Étte entre les inventions dans les arts et d^outertes en philosophie. Mais, si le ^ s igoore lui*méme, qui osera lui dérofc? seccels augustes?
^ les philosophes ne cessent de nous N^r de nos idées, mais ont-ils bien dék qu'ils entendent par ce terme? La nalie ridée peut-elle être expliquée, et ■eut le sera-t-elle?
^est-ce que l'idée est pour l'esprit? Estoœ réalité» ou seulement un signe?
^ ie terme unique des opérations iniïiclles ou seulement un intermédiaire?
rticnt-elleexcJusivementà l'intelligence; rziie que sa modification? Et alors ne ! f-as admettre, avant les idées, certai- Eipressions qui la mettent en rapport
-^ objets? Ou bien Tidée n'estrelle « certaine manière d'apercevoir les
UT emprunter le langage de certains phities, qu*j a-l'il dans les idées de aufrqu y a-l-il en elles d'objectif f.Que reiWelies du dehors? Que reçoivent-elles liiendementT Qu'est-ce qui constitue i^ifère et leur forme? Quels principes ' ;»our fixer cette distinction posée a a- ' îr iristote, et développée ensuite par Ostie distiDCiion peut-elle être la pour toutes les espèces d'idées? Com-
ment s*opère cette eombinaison dans une même idée, des matériaux empruntés, et de la main-d'œuvre oue nousy ajoutons, s'il nous est permis d'employer cette expression?
« Une opinion constante a, depuis Platon, présenté les idées comme une espèce d'i^ mages ou de peintures intellectuelles. Arnaud et Reid leur ont refusé ce caractère. Lequel des deux systèmes mérite la préférence. A quel point peut-on emprunter, relativement aux opérations de l'esprit, les comparaisons déduites des phénomènes sensibles ? Une idée peut-elle être, une image? Si elle l'est, comment le savons-nous? En quoi nos idées peuvent-elles être représentatives des obyets? Quelles sont celles auxquelles convient ce caractère? Est-il nécessaire quelles soient représentatives pour constituer nos connaissances?
« Locke a placé les idées simples dans la région des idées sensibles; aux yeux de Leibnitz, les idées sensibles sont 'extrêmement composées. A-t-on solidement réfuté cette dernière opinion : en quoi consiste la simplicité des idées, et n'a^t-elle pas plusieurs espèces ? Ne doit-il pas y avoir une corrélation nécessaire entre les idées simples et les vérités primitives; entre les idées composées et les vérités déduites ?
c Les philosophes nous ont présenté divers systèmes pour la classification des idées. Quel est celui qui est préférable et qui se conforme le mieux à ta méthode naturelle? Ne pourrait-on pas en concevoir une plus exacte encore et plus complète? La classification des idées ne se présente-elle pas sous plu* sieurs aspects qui peuvent autoriser des méthodes diOérentes? Ne serait-il pas important de sous-diviser les notions abstraites en plusieurs espèces qui diffèrent essentiellement, et de même par rapport aux idées complexes? Quel est le véntable caractère des idées positives, des idées privatives? Comment se combinent-elles ? Quelle utilité peut-on retirer des secondes pour le système de nos connaissances?
«La théorie des sensations elle-même,, ouelaue perfectionnée qu'elle ait été par 1 école française, n'invoque-t-elle pas encore bien des développements? A-t-on bien marqué toutes les classes d'idées sensibles? A-t-on analysé d'une manière suffisante les deux ordres de sensations les plus importants, les phénomènes du tact et ceux de la vision? N'y a-t-il pas en nous un sixième ordre de sensations très-distinct des cinq ordres reconnus généralement, très-fécond en variétés, très-curieux dans ses effets, qui se comf>ose de sensations toutes intérieures, comme es divers genres de douleurs, de bien-être ? Ne surpassent-elles pas toutes les autres dans l'influence qu'elles exercent sur nos facultés morales, et quelles sont les causes de cette influence?
«Les idées de relation ont beaucoup occupé les scolastiques, et plusieurs de leurs recherches k cet égard ne méritaient pas de tomber dans un si profond oubli. Connalt-on bien toute l'étendue de cette classe d'idées?