‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 117 sur 340 · INO · texte numérisé non relu

INO

DICTIONNAIRR

IND

CoiU2aiU>o bieo toutes les propriétés qui îeur appartiennent? A-t-oa surtout approfondi avec assez de soin les opérations de Tesprit dont elles résultent? Toute relation suppose une comparaison. On ne compare les idées qu*apres les avoir distinguées. Mais comment les idées commencent^elles à se distinguer entre elles? Voilà ce qui est, si nous ne nous trompons, bien peu expliqué jusqu'à cette heure.

ff N'y aurait-il aucun moyen de concilier les deux systèmes contraires sur la formation des idées, celui qui fait naître toutes les idées des sens, et celui qui suppose en nous certaines idées inhérentes à notre être ? N'y a-t-il pas môme beaucoup de mésentendus dans l'interprétation de cette maxime : que totUes les idées viennent des sens? A-t-on tenu assez de compte de toutes les opérations qui concourent à la formation de chaque espèce d'idées? Pourquoi l'homme est-il susceptible d'un grand nombre d'idées dont les animaux sont privés ? Si cette différence provient de la parole, la faculté de la parole ne suppose-t-elle donc pas, à son tour, certaines iclées nécessaires à son exercice? Quelle est l'influence des circonstances extérieures, et particulièrement de l'état de société sur la formation des idées? Quelles sont les idées nécessaires à la sociabilité.

«Enfin, en admettant même que toutes nos idées viennent originairement des sens, serait-on en droit de conclure que nous ne pouvons avoir aucune idée des choses qui ne nous ont pas été transmises par les sens, et ne pourrions-nous rien savoir des choses dont nous n'avons pas d'idée sensible? »

INDUCTION. -- I. Définition. — L'induction est cette opération mentale par laquelle nous nous élevons du particulier au général. Par son secdurs, nous étendons nos conclusions, des individus aux espèces et des espè« ces à des genres de plus en plus universels (induction spéciGque et générique) ; nous r^ montons des effets à leurs causes (induction de causalité), c'est-à-dire des phénomènes aux forces, des forces aux lois, des lois aux substances [induction dynamique, nomologique, ontologique) ; nous passons du moins au plus, du singulier à l'universel, de la partie au tout, du monde à Dieu, en nous appuyant sur les rapports qui les unissent.

L'induction, par la marche qu'elle suit, est donc l'opposé de la déduction, puisque celle-ci descend du général au particulier. L'une (l'induction) est un syllogisme ascendant; l'autre (la déduction) est ua syllogisme descendant (271).

Il, Classification, — Nous avons déjà divisé l'induction, d'après les obîets auxquels elle

(i7i)Le mot syllogisme, dans son sens large, esc synonyme de procédé discursif, qui arrive de A kC en passant par B , soit que A soit plus particulier ou plus général que B et C. Dans le premier cas le SYliogisme est inductif ou ascendant ; dans le second il est déducUf ou descendant. Souvent on

s'applique, en spécifique, genenque, dynavi logique, nomologique, ontologiifue, on p-. aussi, d'après ses modes, la diviser en r pide^ progressive, analogique, etc.

Présentons quelques remarques à ce su;

1* L'tnduclton rapide est celle gui, pai t d'un fait ou d'un principe qui lui sert d * pui, s'élance d'un bond, en franchissant u foule de degrés intermédiaires, vers des i., et des principes plus généraux qui n'y ^ i pas contenus explicitement, et déou des inconnus beaucoup plus vastes dont , connus que l'on possèoe ne sont que d j> particuliers. Par le moins elle atteint le \>. par la partie, le tout; par les multiple?, 1 nilé ; par le fini, l'infini ; par le conliDgiii, nécessaire; par le relatif, quelque cl d'absolu. On conçoit très-bien la pos>;[ de celte opération, car le tout a des r.'j{ ; avec la partie ; le contingent, avec le m saire ; l'effet, avec sa cause ; le fini, avec fini. C'est au moyen de ce rapport qu passe des uns aux autres. Smvez ce ra; par resserrement et en descendant, vous i: sez l'effet de la cause ; prenez-le par ■:. sion et en remontant, vous inauiseï manuduction fmanuduetione) la cau^.

l'effet.

Le calcul infinitésimal, le chef-d'œuvr la science mathématique, a été créé ; Leibnitz au moyen de i induction iniinii maie, qui est l'une des formes de 1 in tion rapide. C'est par là que l'on s'élève t d'un coup, en effaçant les limites, en Ijp disparaître les variables, du. monde el l'flme humaine, qui sont des représentai des images, des effets de Dieu, jusqu à l lui-même, qui est l'archétype et ia c.v (Foy. à ce sujet : Gratrt (Loytçwf ) ; Boui Demouun {Cartésianisme f etc...)

Si le tout n'est point dans la partie, le C' tenant dans le contenu, l'infini dans le etc. ils se touchent du moins, et ceM ce contact que la partie peut conduis tout; le contenu au contenant; le 6ni <^ i fini, etc.. par les procédés légitimes de!' tension et ae la compréhension. U est th de voir que la partie peut ne pas donnei tout dans son entier; le contenant, toir contenu, etc.. et que l'induction a ses ii* tes rf)Solues et relatives, ses avantages et^ dangers; mais, bien maniée et conven ■' ment associée, elle a une grande féconJ 1' Dans ses degrés inférieurs, elle >^-^'^ constater aisément des modes très-génér' les existences, par exemple. Elle est a: à la portée de tous, et très-babituellei i employée; c'est par elle que chacun de narnve, par un procédé naturel, à re\i>tt: • d'un £tre suprême, à celle de son âme i les cas de ce genre, elle s'unit à l'intuiu ^

supprime répilhète et Ton emploie le mi ^J^ gisme seul dans un sens plus resireiot (x""' |^' ' gner le syllogisme déductif ; ce double sen^ i:<'ou restreint du mot syllogisme, qu*on n'a |>-)><'^ tingué, a été la cause de bien des inéprw^^ < '' porté, dans la science, une grande coofubiuu

niD

n WD DB PHYSIOLOGIE. IND 690

f dans ses degrâssupériean (degré dynamo- cause fituue au même titre, a tout harmonie (opque, nomokigique...), elle ne peut être v quement disposé pour de$ fins particuliire$ bien oaniée que par des esprits d un ordre ; et une fin universtUe (272)7 Comment espév..i. .11^ 1^ A.,ié «,Aw.^ «1.,- ji — ^ r^:^ j^j, d'arriver aux natureB naturanieÊ^ aux

éleré; eJie les conduit même plus d'une fois idesanlicipations ou h des hypothèses; mais celles-ci, quand elles sonl heureuses, ouvrent souTeol une voie très-large à de nouveaux (progrès, en s'associant à la déduciian de v^rtjln/toiibien étudiée par Bûchez. (Foy. Bu- (BQ, Tmiidê philos.)

tlinduetion progressive et lente s'élève

k f>arti€u)ier au général en parcourant mi-

utieusemeot un grand nombre de chaînons

(t insistant avec une sage circonspection sur

ib détails et les faits particuliers, avant de

(cfléraliser. Plus longue que la précédente,

urdiant lentement et ne pouvant atteindre

k< mêmes hauteurs, elle est aussi plus sûre

(1 peot être mise dans les mains de tous;

et n*eiige que du travail prolongé avec une

T^rséTérance iniSatigabie et une patience qui

use rebute pas : or ces qualités qui sem-

ii^t bciles puisau*elles n'exigent qu*une

i'ie folonté, sont loin d*être communes, et

-e)i peu d'hommes qpA sachent les acqué-

"^ U$ sciences physiques, chez les moder-

KMîeot en grande partie leurs progrès,

• 9{iiication de plus en plus répandue de

I ^^u progressive. Bacon leur a rendu

^ mot considérable en la recommandant

^^ ose ; il a vu aussi qu'elle était égale»

^ai Qtile dans toutes les sciences. Arnaud,

u^e et leurs écoles en ont fait un grand

■tegedansla nooiogie; Barthez, Bérard et

iécûle de Montpellier y ont insisté avec une

AB^taDce k toute épreuve dans les sciences

Ai^ropologiques, suivant en cela Texemple

« IVcole hippocratico-socratique, dans la-

P^k Platon s'est attaché surtout h dévelop-

|(f TiDduction rapide, et Aristote l'induction

f^'S'^Ye. C'est en songeant à celle-ci, que

BK^Ç&rles a dit, « En fait d'induction Bacon

t lusse très-peu à faire. » Il y a une certaine

<t3gération dans ce jugement. Ainsi Bacon

A^t trompé quand il a dit que l'induction

^'Pessive était la seule vraie, que tous ses

l^iéeesseurs Tavaient à peine soupçonnée,

^' Il s'est trompé surtout quand il a cru que

'nloction progressive pouvait, sans dépas-

^l'eipérience sensible et sans courir au-

'^t chance d'erreur, remonter aux forces,

*^^ lois, aux substances même. « Ne nous atta*

^>os pas tant, dit^il, à chercher les fins et

7 causes effîcienies des phénomènes^ mais

^rrhoDs piutêt, avant tout, leurs formes ou

•••'wei naturanies des choses, qui les spéci-

•uiiei les constituent, de manière qu'elles ne

hjveotêtre sans les choses ou les choses

**f fUes, etc. : or l'expérience et finduciion

^^^ (progressive] seules nous les donne*

^l. etc. 9

l'oorquoi proscrire d'une manière presque ^Hfiue la recherche des causes finales et effi- <"««•, dans un monde où Dteu, cause effi^ ^^^premiire et universelle comme source ^ el

formes spécifiaues^ c'est«à-dire aux essences intimes des choses par Vexpérience physi" que et la seule induction progressive 7 Comment avoir le courage de dire, comme il Ta fait, oue le télescope et les mathématiques sont d un faible secours en astronomie, parce Qu'elles ne peuvent nous faire connaître la forme ou nature naturante du soleil ? Après avoir vanté avec raison l'induction progrès* sive qu'il croit à tort avoir à peu près découverte, mais qu*il a eu l'immense mérite de restaurer et de vulgariser dans les scien-» ces physiques; après avoir fait grand bruit de ses tables d'afraenee et de pré* sence, il veut sacriOer tout à son induction progressive, et donne à elle seule une valeur qui ne lui appartient pas quand elle est ainsi isolée. Toutes les sciences, sans en excepter les sciences physiques , eussent ainsi reposé sur une base fausse et étroite, si le XYii* siècle avec Descartes et la France à sa tête ressuscitant successivement les diverses parties de la méthodologie hippocratico*socratique, aggrandie par les scolastiques du premier ordre, ne fussent venus refaire les sciences physiques et préparer ta rénovation de toutes les branches des connaissances humaines. Cette affirmation relative à l'histoire entière de la science moderne, étonnera ceux qui n'ont point embrassé l'ensemble des travaux historiques contemporains, parce qu'elle renverse une foule de préjugés accrédités et généralement acceptés depuis le xviu* siècle qui a tant dénaturé l'histoire : mais on peut en donner ainourd'hui une démonstration rigoureuse. Nous avons réuni ces documents et ces ()reuves, que nous publierons dans notre histoire de la philosopnie.

Lorsque Bacon veut que, par l'induction progressive, et sans sortir en rien de l'expérience physique, on remonte jusqu'aux premiers principes, advolare ad prxma princi^ pia^ il ne voit pas que l'on abandonne Vin» duetion progressive^ pour entrer dans un mode différent, tel que l'induction rapide, etc., et que l'on fait do Vinduction mixte. Celle-ci, bien maniée par des hommes de génie, peut donner des vérités, des anticipations, des hypothèses ou points d'appui rigoureusement indémontrés ou indémontrales, qui deviennent une source féconde de progrès. Telles sont la gravitation newtonienne, étendue des corps terrestres aux étoiles et à tous les corps ; l'hypothèse dts deux fluides électriques ; celle de l'éther et de ses vibrations regardées comme cause de la lumière, de la chaleur, des phénomènse électriques et magnétiques ; l'admission hypothétique des atomes chimiques, etc. Ces théories (qui s'appuient plus ou moins sur

J^ Sor rimporunce de la recherche du bat, et par Subl. Voy. BSenz {Traité de Pkilos. U U%, " MaoQBprite en médeeiue par rhippocralisme Iniroduc. à Fét. des scieoc. médie., etr*)

IND

des anticipations ou des hypothèses), transportées dans la science, ont été le point de départ d'une foule de découvertes précieuses dont les arts pratiques ont retiré les plus grands avantages.

Bacon a eu raison de dire que l'on rendait ainsi la science active, et d'écrire cette phrase remarquable : Concludam animum , illam doctrinam disponere et flectere, ut nunquam frotinus acquiesçât et tanquam congeletur m defectibus «ut>, quin incitet se semper progressumque spirft, etc. (Bacon, De Augmentii scientiarum^ lib. i.) — « Cette méthode donne à l'esprit une flexibilité et une Imissance qui l'empêchentde succomber sous e poids de ses faiblesses; par son souffle animateur, elle le réchauffe et le pousse sans cesse vers de nouveaux progrès. » Rien de plus juste que cette haute pensée, mais cette méthode, ou plutôt ce procédé, n'est plus l'induction progressive appuyée sur Texpérience sensible, seule et nue {sola et nuda experientia) , c'est V induction mixte guidée par d'autres forces inhérentes à notre entendement.

3*" Vinduction mixte associe Vinduction

Î^roaressive, Vinduction rapide, Yintuition, a déduction, etc. C'est la plus employée de toutes, parce que l'esprit numain, obéissant à ses tendances instinctives, et usant de toute sa liberté, brise les entraves systématiques et ne se laisse jamais mutiler complètement.

k'* Vinduction analogique se met constamment à l'œuvre; elle supprime les différences secondaires pour tenir surtout compte des ressemblances majeures. Afin de ne pas s'égarer, elle doit méditer longtemps sur la valeur et les caractères de l'analogie (Voy, l'art. Analogie), elle a besoin d'analyses délicates et minutieuses.

5* Inductions spécifiques^ génériques^ etc. Nous avons remarqué un grand nombre de fois qu'à une température fixe, que nous marquons-}- 100*, et dans les circonstances les plus diverses, Teau se vaporise; qu'à une basse température également constante* 0", elle se congèle; nous étendons cette observation à tous les temps, à tous les lieux, Ïar induction d'identité^ et nous disons : *eausevaporisetoujoursà-\- 100', e^ se congèle à 0". Plus tard, nous voyons que l'on peut, par un artiGce connu, retarder un peu la congélation ; ceci modifie la loi générale par une loi secondaire, elle ne l'infirme pas. Cette induction m'a donné une loi propre à une seule substance, elle est individuelle.

Mais le vin, l'eau, le tait, etc., se réduisent en vapeur ou se congèlent sous des températures suffisamment élevées ou suffisamment basses, et nous disons, par induction spéci^ tique (applicable à toute une espèce), tous les liquides se vaporisent par la cnaleur et se congèlent par le froid.

Enfin, nous remarquons c[ue tous les corps expérimentés par nous,, solides, liquides, gazeux, se dilatent par la chaleur, se condensent par le froid, et nous posons une loi plus large par induction générique tout à fait générale ici , puisque nous disons : La chaleur

IND m

dilate^ le froid resserre fouë les corps. C> lois deviennent ensuite plus rationnelles pm nous parles théories, à l'aide desquelles ri'i cherchons à les concevoir ou à nous en nu dre compte.

Ainsi, comme on le voit : 1* Quand un u: jet nous a présenté souvent un phénomi :dans des moments ou des lieux détennii) nous admettons par induction qu*il le yh sentera en tous temps et en tous lieui, v.,. les mômes conditions ; nous reconnais> ' ainsi à chaque être des attributs essenttu des qualités^ propriétés^ facultés, etc., W'\ riables. 2** Quand nous avons reconnu u: qualité chez un certain être, nous raccord à tous les êtres que nous pouvons raff)*; au même type, et Vinduction par similu-. nous conduit non-seulement à admettre qualités invariables individuelles, c encore des qualités générales specifq' 3' Quand des objets d'espèces différente> des qualités communes à côté de leurs d rences, nous les réunissons par ces qu que Vinduction nous montre comme cor.:

tes, et nous tenons compte des diiïï pour évaluer par elles les quantités, Je> portions de ces qualités : c est ainsi que nous élevons à des lois de plus en plus :• raies. Alors, nousdécouvronsdansieuiii à travers ses diversités infinies, une han nieuse unité dans le plan, le but, les m )v et nous remontons jusqu'à la cause pren.i dont l'intelligence et la puissance infuu.' dirigent et le soutiennent après lui a^ donné l'existence.

6" Induction dynamologique, nomolofji^' ontologique. On peut comprendre maini' : sans peine, commentl'induction par ses dr modes, en s'appuyantsur l'observation, l'v. riençeetlestendances,lesfacuUésdynam'//

ques] nomologiqt^s, ontologiques, prot^rr notre entendement, s'élève jusqu'aux iVa causes des phénomènes; jusquaux lois les dirigent, jusqu'aux substances qui en ^ le support. Notre entendement a des im^ supérieures qui le distinguent, qui fout

fmissance, qui lui sont innées, parce '. 'Etre suprême les y a mises pour que n esprit puisse atteindre le but auquel il destiné. Ces facultés sont de telle nM' que nous ne pouvons apercevoir un |)ht : mène sans voir aussitôt au-dessus de lui forces, des lois, des substances, sans I quelles il serait incomplet, vide, i^lp^^-^ C'est en vertu de ces facultés même que i employons l'induction, oue nous en adissons successivement le domaine, tt j noui obtenons la connaissance des M" des lois, des substances, en la rendant | gressivement dynamologique ^ nomoloij^ ; ontologique, et lui donnant dans ces fii\< recherches une netteté et une précii^i'i plus en plus grandes. ,. ,

III. Importance de Vinduction, — L'uî tion joueun rôle jôgalement grand «Kmsciences physiques, morales, potititpies, la conduite ordinaire de la vie, etc. Py • duction aidée de l'expérience, nous dalles objets physiques eu tenant coixii>t(^

IND

IND

leurs rapports et de leurs différences; nous eoiai^ns des espèces, des genres, des classes p!u5généra]es ; nous posons, en quelque sorte, Ur propriétés, leurs forces, leurs qualités : par elle aussi, nous saisissons les lois aux- «jQcllesils obéissent. Elle nous apprend que b>u5 les corps solides entrent en njsion sous uQe certaine température, que celle-ci exige S degrés croissants suivant les corps, que '^degrés augmentent suivant leur densité, 'V. Dans les sciences psychologiques, morai-^. métaphysiques, etc., comme dans les Mt:DC«s paysiques, l'induction soutenue par >ti$ervation , Texpérimentation, Tanalysé, cibse nos facultés, les compare, détermine les i.iiqui les régissent, nous montre comment ^•^ idées, nos sentiments, nos passions sont «•jiimis i des règles positives; elle saisit U5i le< principes qui dirigent tous nos actes, {<i«e '•t applique les fondements de la mopk.de réconomie politique, donne la clef de 'i^toire dans le passé comme dans le prédit, et jette un regard prophétique dans i^eoir.

U sagesse, la prévovance, qui règlent

•c; conduite dans les détails ordinaires de

!'•(. dans nos entreprises de tous les jours,

vixii impossibles sans nos tendances,

£' aillés, nos instincts inductifs; sans

(A, ma ne croirions pas avec certitude à

ut^r&ianence de nos besoins, de nos forces

> ^Mt^ satisfaire, du but à poursuivre, des

- .»tDs pour y parvenir.

• C'est rinductioa qui nous persuade de la

»>n).iDence du monde exténeur , dont la

.^vcption et le principe de causalité ne con-*

A''.Qi que l'existence actuelle ; c'est l'indue-

& 'qui nous met en rapport avec la nature,

?i: !ui donne la vie, et, en quelque sorte, la

l't^'tle, en nous faisant regarder chaque évé-

Btuirnt comme un indice mfaillible ou passé

(lie l'avenir; c'est l'induction qui établit

frelations avec nos semblables, en atla-

(l^d^l une valeur constante aux signes soit na-»

t^':'s, soit artificiels, de la pensée et du sen-

•cj'-nt. Or ces trois résultats sont également

p^'ct^'iaires pour donner un résultat, un but

^î^' s actions. ( Koj^. Rotrr-Collard, Frag.

''u!iés par Jocffrot, dans la traduction de

J «i, t. IV, p. 281 et suiv. — Yoy. aussi

riANq[, Dictionnaire de philosophie, art»

'•Juf/ion, p. 237. — Voy. Gratry (Logique

^*^if$rapportâ de l'induction avec la gênera^

•'»cfion et divers procédés de Vesprit.)

/-^ dernier alinéa, emprunté a deux phi-

■•' {>hes du plus grand mérite , conUent

i' Mmrs remarques très-judicieuses.

i\. Des principes et des bases sur lesquelles ^'Mf Vinduction, L'école hippocratico-so- [l'Mue, la haute scholastique, et Newton, ^'•-i le> modernes, ont compris qu'il fallait '*'rc|er les bases de l'induction dans notre ^' ')înce à la permanence des lois de la na- *'*>' • : Effectaum generalium ejusdem generis 'ï'i'w %unt causœ^ dit Newton [Regulœ philo^ •^^'«andij. Il dit aussi : Natura sibi semper

U môrae doctrine se trouve dans la logii>" de Port-Royal {du jugement que l'on doit

faire des accidents futurs , iv* part. c. 16). Reid et l'école écossaise, suivant une idée analogue , rattachent l'induction à une croyance originelle innée chez l'homme, qu'ils formulent en ces termes : « Dans l'ordre de la nature, ce qui arrivera ressemblera probablement à ce qui est arrivé dans des circonstances semblables, ce qui se traduit dans cette proposition philosophique : la nature est ffouvernée par oes lois invariables. (i?afat> sur les facultés intellect, de Vhomme, essai 6, chap. 5.) Royer-Collard a voulu diviser en deux la proposition de Reid : « Le principe d'induction repose sur deux iugements, 1" l'univers est gouverné par cies lois stables; 2* il est gouverné par des lois générales. Il suit du premier que, connues dans un seul point de la durée, les lois de la nature le sont dans tous; il suit du second que connues dans un seul cas, elles le sont dans tous. » {Fragm. philos,) Il faut donc partir du principe de causalité , uni à celui d identité et d'analogie, pour pénétrer dans la théorie de l'induction et juger la valeur des résultats obtenus par ce procédé et ses différents modes. En cherchant à ruiner la causalité [Essais philos, essai 5), Hume ruinerait aussi l'induction.

Il ne suffit pas de croire à la stabilité, h la généralité des lois de la nature, il faut aussi croire à leur parallélisme, à leur harmonie, dans le monde physique et sensible, dans le monde des intelligences et des intelligibles»

Îiour donner à Vinduction par analogie, toute 'extension dont elle est susceptible : Natura $ibi semper consona , pourrait renfermer tout cela : la nature a des lois stables^ permanentes^ générales, harmoniques.

L'induction repose donc sur cettb idée virtuellement inhérente et innée à l'esprit humain, que l'expérience met en ieu, confirme et développe, maisqu'elle ne produit pas : « Il n'y a pas oe phénomène sans cause et sans substance ; pas de cause sans loi » ; elle a ses racines dans notre faculté dynamologiaue^ no^ mologique, ontologique, par laquelle nous énonçons immédiatement ce triple jugement : tout phénomène s'appuie sur une substance ; tout phénomène dépend d'une force effi^ ciente et causatrice ; toute cause efficiente est soumise à une règle ou une loi. L'induction s'appuie donc tout à la fois sur l'expérience et la raison qui nous permettent de voir l'univers tel qu'il esl, d'en constater les vivantes réalités, d'y eroire sans hésitation avec une confiance pratique inébranlable, qui résiste à tous les arguments captieux des sceptiques.

Leibnitz nous dit : « Rien n'existe et ne se fait sans une ration suiTisante ; tout effet a sa raison d'être dans la cause qui le produit; il y a partout une harmonie préétablie, etc. » Tout cela ramené à sa véritable valeur» rentre dans les propositions plus générales que nous avons établies; tout cela suppose Que tout ce qui existe, tout ce qui se fait oépend des modes généraux, constants, harmoniques, décrétés, fondés, maintenus par une intelligence supéiieure infiniment sage»

IND

IND

infiniment puissante, infiniment unitaire dans son fond intime, etc. Natura sibi setnper consona, implique donc intelligent ia creatriXf directrix^ immutabilis^ etc.

La croyance primitive, mébranlable, à Tune, implique nécessairement la même croyance à l'autre ; c'est au Deus immiUabilis, causa efficiens et finalis (à êtbç àxlyi\toç^ etc.), qu'il faut, avec Aristote et surtout avec la

[;rande théologie scolastique, faire remonter es principes de l'induction. Voilà pourquoi ces auteurs nous en ont donné une théorie si exacte et si complète qu'on n'a pas encore nettement exposée.

Pourquoi avons-nous ces facultés si remar** quables qui nous livrent successivement les secrets du monde physique et moral, qui nous font pénétrer dans le monde des intelligences supérieures, dans leur existence, leurs attributs ; qui nous élèvent jusqu'à Dieu lui-même et aux rapports mutuels qui nous unissent à lui ? Pourijuoi sommes-nous en-^ traînés par un attrait irrésistible vers la contemplation de ces mystères ? Pourquoi revenons-nous sans cesse vers ces questions difficiles qui semblent à bien des hommes peu utiles pour les objets ordinaires de la vie 7 Pourquoi négligeons-nous pour elles des intérêts pressants qui paraîtraient devoir nous absorber tout entiers par leurs applications immédiates qui se reproduisent et nous sollicitent à chaque instant? L'examen de ces problèmes viendrait confirmer scientifl-

auement ce que nous savons déjà sur les iverses missions de l'homme, sur sa fin suprême, sur la spiritualité de l'Ame et son immortalité, etc. ; mais ces questions qui seraient déplacées ici ont été examinées ou le seront ailleurs avec tous les développements qu'elles exigent.

\. De la nature syllogietiaue de Vindue^ iion. — Nous avons dit çiue 1 induction peut être ramenée au syllogisme ; qu'elle forme un syllogisme ascendant. Cette afiirmation soutenue par Aristote et les aristotéliciens est évidente, d'après ce qui précède* Si on l'a contestée, c'est qu'on n'a pas fait une attention suffisante à fa manière dont ils l'ont présentée. Quand je dis : Pierre^ Paul, etc.. Tou8 les hommes qui ont vécu sont morts^ donc tous les hommes sont mortels^ je fais un syllogisme inductif, dont le moyen terme est : Or cette loi s*applique à tous les tndiv»dus du même genre ; donc, etc.. On peut, par le même procédé, ramener toute induction à un syllogisme ascendant. L'induction est donc un syllogisme dont le premier terme est expérimental et rassemble des cas particuliers, dont le second est un principe rationnel primitif et se trouve sous-entendu, dont le troisième ou conclusion est un principe général. Aussi Aristote à-t-il reconnu que Tinduclion est un syllogisme âp «rov, dont le terme moyen est un principe de raison donné à l'homme par la nature de son en* tendement même. — (Foy. Aristote, Analgiiq. passim, et entre autres Dern, Analyt. liv. it chap. 19.) Voy. aussi les Comment, de Mini Thoius; Albert le Grand, Logique;

les Comment, des Coïiibrois, de Pactus, r: Zabarblla, etc. — Celte théorie est paii.i tement exacte.

VI. De la légitimité, de la certitude dest T' sultats de l'induction. — Un grand nonili! d'auteurs du xvm* siècle, imités en cela [ bien des savants du xix% ont afDrmé <i\ Bacon et surtout avec les baconiens elclu^/ que toute science repose absolument sur ) Quction, sans en déterminer même les di. rents modes. Us ne parlent que de hm.> de lois purement expérimentales et in iu tives ; pour eux l'induction est un lalhL devant lequel tous les obstacles s'aplanis^ r les principes rationnf>ls, la déduction, le s. logisme sont à peu près sans valeur. N avons fait à l'induction {Voy, Forces, 1" ?■ ticle), aux lois et aux forces expérimens inductives, la large part qu'elles nient mais nous avons tenu a montrer qu'elle d > brasse pas tout dans son domaine, qu'ellt; pas infaillible, qu'elle est rationnelle tant qu'expérimentale, qu'elle se r<ii au svllogisme pris dans le sens large û> i oéde discursif. Bien des' philosophes, ^ • çant à un point de vue tout aifféreni, attaqué l'induction dans ses principes e. ^ conséquences, ou lui ont adresse di^ :

objections : 1* Ses lois sont contingent ^ ne nous paraissent pas toujours très-lier très-harmoniques; elle remonte du p.ii culier au général, de la partie au tout, l'effet à la cause, etc.; elle est donc bien : férieure à la déduction oui procède e;i ^ inverse, et au syllogisme aémonstratif. 2 L duction part d'unç majeure expérimer* et d'un moyen terme sous-entendu rU nel ; combien de faits et d'expériences la .i pour légitimer ia majeure? Est-on ceii du moyen terme? Des faits nouveaux, .:

principe rationnel mieux étudié ne vj : dront-ils pas tout renverser ? L'induction i conduit donc qu'à des probabilités plu^: > moins grandes, et les lois expérimenio inductives sont souvent provisoires ou h^ pothétiques. Ces observations, sans avoir valeur aosolue qu'on a voulu leur dunf: ont cependant une importance relative qu doit prendre en grande considération, on que 1 ont reconnu d'Alembert et Barthtz!. même. Elles doivent nous rendre très-cire 'i

f)ects en employant l'induction. Il y a J ois inductives certaines; il y en a de i' ou moins probables; ce qu'il faut suri"' c'est de ne pas se hâter de les générale trop, de ne pas les universaliser sans r • triction. La pesanteur est-elle une loi ui" ' verselle? peut-être non; mais je puis allirn qu'elle est générale pour tous les corps s" blables à ceux que je connais. Le feu brû' t-il tous les corps, le calorique les dilate t tous? Oïd, tous ceux qui sont identiqu*^ ai^^ corps que j'ai essayés. Tout animal a-t-il bsoin de respirer pour vivre? Oui, s'il a |même organisation que les autres aninii"^ observés jusqu'ici. Le soleil ne sera-t-il p éteintdansun siècle? Non, s'il n'intervidj pas des lois nouvelles, ou des lois que jt' J' soupçonne point. Des faits nouveaux agraaJ'-

Page 1