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"scarles, Buffon). Voyons sî cette doctrine ^t , pour ces auteurs , aussi absolue» aussi idusive qu'on le suppose.
1. Detcartts. — Le philosophe français, \m $a doctrine générale, n'admet que de la >t!ere et des esprits; les flmes végétatives i imitivts lui semblent des hypothèses rutiles, dont les effets peuvent être rempla- !!S par un mécanisme supérieur. Les anim\ ne sont pas des esprits, des intelli- A:iii^5, car ils ne pensent ^ \ donc ils ne i^^ifli que des machines ; tous leurs actes r>(umés à tort intelligenciels, sont instinctif et mécaniques ; nos automates font des ^:^ menreilieuses ; les animaux en font ti plus admirables encore, mais du même pfcQr^ parce qu'ils sont des automates plus «f-tils confectionnés par Dteu, bien plus mk mécanicien gue nous.
Ttlie est la théorie générale de Descartes : m elle se modifie beaucoup au contact des
«limais les bètes n'usent de paroles ni ' tdiun signe, pour communiquer leur pen^ ■'* dies ne pensent pas; » rien de plus .'* • Bien qu'elles fassentcertaines choses *is^ itn ou mieux que nous, elles pèchent ai.'taent en quelques autres , d'où il iLi ^'dies n'agissent point par eonnais-' f^f, niais seulement par la disposition ^ 'W organes. » Elles ne cannais^ M»' pas et ne raisonnent pas comme :«iN mais n'ont-elles pas une amnaxssanee <liB rationnement rudimentaire, sensitivo^ ttu/, comme le soutiennent Aristote et les HiïtiquesT Leurs actes dépendent de leur Ipîisation, mais s'agit-il seulement de leur I^Qisaiion physico-chimique ? « Lesinsentsiémes parviennent à arranger des parois pHireiprimer leurs jpeiu^es, aucun ani-» tnV parrient : ainsi non-seulement les OQt moins de raison que nous , mais k n'en ont pas même du tout. »
^Kartesrenise donc aux animaux la véri- W- pensée, la vérirable raison, la véritable
e'ii>saoc6, le véritable raisonnement, etc. <iti plus exact : mais n'ont-ils pas une ^me mîMeetivité, ombre et simulacre de
È^" inielligence, trait-d'union entre l'intel- 3ce et rinsUnct ? Descartes le croit , au 1« inen qu'il ne l'ait pas nettement expri- ^ parce qu'il n'a pas établi cette distinc*? iQf<)Qdamentale, et qu'il a craint d'en reve- •f aux âmes végétatives et sensitives.
Jiostinct lui-même est-il tout physique T •Gifles, dans sa pensée intime, ne le croit ••iiiantage : « Remarquons pourtant qu'à Îf4** des animant et de ce que ie leur en- *'. je parle de la pensée^ non de la vie et ^seotimeol; car je n'ôte la vie à aucun ani- •^^ -je ne leur refuse pas même le senti- ^ tn tant qu'il dépend des organes du ^'H'^ Ainsi mon opimon n'est pas si cruelle ^] animaux. »
^^nes, comme on le voit, en dépit de ^ svsième, regarde les animaux comme ^ ^maies vivants, sentants, et même in- ^^^h. Au fond , et malgVé ses principes "T^uoiodiâe au contact des faits, il ajoute à
Yinstinct Vintelleetivité: son instinct n'est plus mécanique : il est vital et sensitif : tout cela le ramène à la doctrine scolastiqiie qu'il tenait tant à renverser. 11 refuse seulement aux animaux la pensée, la raison, le raisonnement, la connaissance découlant de cette faculté supérieure, Y entendement qui ne dé^ pend pas des organes du corps. « Certains animaux ont plus d'industrie que nous en quelques choses, mais ils n'en ont pas autant en beaucoup d'autres; ils n'agissent point ^r esprit (intelligence), c^rils en auraient plus que nous, et le montreraient en toute chose; mais, dans ces cas particuliers, c'est la nature qui agit en eux, etc. La raison est un instrument universel qui s'applique à toute chose, tandis que les organes des bêtes ont besoin d'une disposition particulière pour chaque action particulière, n
2. Buffon. — Notre célèbre naturaliste réduit, dit-on, les animaux à un simple automatisme. TAchons de bien comprendre sa doctrine :
« Bien loin de tout 6ter aux animaux, je leur accorde toutj à l'exception de Pa pensée et de la réflexion : ils ont le sentiment et même à un plus haut degré que nous, ils ont aussi la conscience de leur existence actuelle, mais non celle de leur existence passée; ils ont des sensations, mais i^ leur manque la faculté de les comparer, c'est-à-dire la puis^ sance qui produit les idées ; car les idées ne sont que des sensations comparées, ou, pour mieux dire, des associations de sensations. »
BuGEon comprend que les animaux ont de Vintelleetivité j et non de rm/eUtj/ence ; mais, par suite d'une idéolo^e vicieuse, il ne voit
Sas nettement en quoi ces deux facultés difirent et refuse de prononcer le mot intel^ lectivité pour qu'on n'en fasse pas intelli^ gence.
Les animaux ont le sentiment de leur existence actuelle et passée, ils n'en ont pas la coiuctence nette et réfleocive. Du reste Buffon s'exprime plus clairement dans d'autres passages : a Je ne crois pas que les bêtes voient comme nous, quand nous sentons que nous voyons. » (T. Vl, p. 339.) Ils n'ont donc pas la conscience nette de leur sensation. « On ne peut refuser aux animaux une mémoire active , étendue , peut-être plus fidèle que la nôtre. » (T. IV, p. 35.) — « Us ont la réminiscence ou renouvellement des sensations, mais non cette mémoire qui est la trace des idées. » (T. IV, p. 60.) C'est la tn^motre sensitive ou'il reconnaît en eux, ainsi qu'une sorte a intelligence : « mais sans réflexion, c'est-à-dire sans la puissance des idées générales et l'intelligence des choses abstraites. » (T. IV, p. 68.)
Des passages que nous venons de citer et et auxquels on pourrait en joindre beaucoup d'autres, il résulte que, malgré sa théorie générale, Buffon, plus encore que Descartes, ne regarde pas les animaux comme des machines où tout dépend de l'organisation matérielle; il leur accorde la végétativité ^ la sensibilité^ Yintellectivité; il voudrait, théoriquement et a priori , être organicien en
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zoologie^ mais les faits ne le lui permettent pas. Ce qui lui manque» c'est une idée nette et entière de la vie véqétative^ «efi«t<tvo-antmate^ humaine ou noologique : aussi ne parvient-il pas à distinguer avec précision rtntellectivité et Vintelliaencef Vinstinct et Tmtellectivité.