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C. — Théories dans lesquelles on confond Finstinct

avec rintelligence.

1. Condillac. — « L*instinct n'est rien ou c'est un commencement de connaissance et une habitude », telle est la thèse de Condillac, dans son Traité des semations ch. 5, iV part. Dans cet ouvrage, dirigé spécialement contre Buffon, Condillac combat sans peine Yautomatisme doctrinal relatif aux animaux, a Puisqu*il$ ont des sensations et que les idées ne sont qtie des sensations comparées^ Buffon ne peut s'empêcher d'admettre^ d'après ses prémisses, que les animaux ont des idées, et, par suite de l'intelligence : l'instinct n'est donc qu'un acte d'intelligence dont l'habitude a fait perdre la conscience, et qu'elle a soustrait à la volonté. »

A cela on peut répondre que Vintellecti* vite n*est pas de Vintelligence ; que les idées sehsitives ne sont pas des idées intelligibles et réfléchies: que 1 instinct n'est ni une connaissance, ni une habitude, puisque l'animal qui tête et gui re'spire en venant au monde, n*a encore ni connaissance, ni habitude. Condillac, plus que Buffon, manque d'idées claires, distinctes , vraies, sur la vie, la sensibilité, la pensée.

Condillac a tort quand il dit : « Si les bêtes inventent moins que nous, si elles perfectionr^ nent moins que nous, ce n'est pas qu'elles manquent tout à fait d'intelligence , c'est qu'elles en ont moins que nous. » (Op. cit. cap. 2, H* partie.) L'in^eZ/tj/^nce vraie n'existe pas sans la raison et la réflexion ; quelles sont les inventions des animaux? 11 se trompe bien plus encore, quand il dit que l'oiseau bAtitson nid, parce qu'il compare^ qxxHljuae^ qu'il découvre^ qu'il se livre è une sorte d'invention. Ceci est de Vinstinct: ce n'est ni de Vintelligence^ ni de Vintellectivité.

2. Réaumur. — Cet habile observateur confond, comme Condillac, Vintelligence et Vintellectivité^ celle-ci avec l'instinct : aussi a-t-il une grande admiration pour les insectes : « Nous voyons chez les insectes, autant que dans ai^un des autres animaux^ des procédés qui nous donnent du penchant k leur croire tin certain degré a intelligence, » {Mém. pour l'hist, des insectes, t. I, p. 22.) 11 n'a du reste que du penchant à leur aUribuer tin certain degré d'intelligence, mais les insectes en ont autant qu'aucun des autres animaux.

3. Georges Leroy. — L'ingénieux auteur des Lettres philosophiques sur l'intelligence et la perfectibilité oes animaux, ne distingue pas davantage Vintellectivité, Vintelligence^ J'in#rtncl ; « 11 s'agit de voir comment , par l'action répétée de la sensation et l'exercice de la mémoire, l'instinct des animaux s'élève jusqu'à l'intelligence. » (Lettres philosoph.

ur

S.216.)L'intelligencen'estguèrepoQrluiqu egrô plus élevé de l'instinct. Il a fait études intéressantes sur l'intellectivité an maie. « Son litre, dit M. Flourens (de lir^ tinct et de l'intelligence des animaui (h) p. 30,) est l'étude la plus approfondie qu' eût faite encore des facultés inteiUciurH. des animaux. L'auteur y suit pas à pas le i; veloppement, et, si Ton peut ainsi dire. génération de ces facultés. Il voit laseib<r. et la mémoire sufiire à la plupart des'acti <: desbétes; Vexpérience rectifier leur jugnn** V attention et l'habitude de la réflexion i-i . dre leur intdligenee : il montre ainsi c . ment l'animal est conduit du besoin an d'^ du désir k Vattention, de l'attention à ]»\; rience. Il conclut enGn « que les ai in réunissent, quoiqu'à un degré infénir nous, tous les caractères de Vintelligm- U n'est pas étonnant que la plupart .

auteurs du xvin* siècle, avec leur id( ol . sensualiste, aient transformé Vintelhi' animale en intelligence humaine^ piii> avaient déjà transformé rtn^eZ/tgence /<»' . en intellectivité animale. Puisque, j)our ... toutes nos facultés sont engendrées \^i\ \. sensations, les animaux supérieurs, qui ^ tent comme nous, et souvent mieux qu^ i devraient avoir toutes nos facultés; il même étrange, d'après cette doctrine, q ne soient pas nos é^aux, ou même qu i.' nous surpassent point. Les animaux <<.

rieurs ont de la mémoire, du jugemm!, Vattention, etc.; mais tout cela est sm comme leurs passions, leur volonté; i cela est excité, dominé, entretenu parla ^ sation ; ils n'en sont pas les maîtres, i > peuvent les produire à volonté; il n y a rien ^intellectuel : c'est de VinteUcctnii n'est point de Vintelligence. Voilà ce on scolastique et le spiritualisme du xvii' : avaient bien vu, ce que Je sensualisni' xvin* et XIX* siècles ne pouvait conipnn 4. CuvieretM. Flourens,son savant et ti collaborateur, sont allés encore bien plii> aue G. Leroy etnous ont laissé surrin^iir i 1 intelligence des animaux, des obsen.

exactes, minutieuses, accompagnées de :

prochements ingénieux qui leur ont y n de s'élever & d'utiles classiQcations. l-'\ mieux distingué ces deux grands ru* d'actes si variés; mais Vintellectivité r encore d'eux le nom d'intelligence, a semble en être qu'un degré. — « Les aiiii ai ont donc de l'intelligence; mais si sa Imi n'est pas une, le premier pas à faire e^i' séparer l'instinct de rintelli§[ence; le ml de séparer soit pour l'intelligence soit j-iH l'instinct, les classes et les espèces, L'instinct est une force primitive et pr< comme la sensibilité, l'irritabilité, 1 >( gence... » {De l'intelligence et de Tniw hi p. 32 et suiv.) — « F. Cuvier, dit M. F!-) [Ouvr. cit. p. 36), a voulu des faits n distincts, séparés par des limites : ii a ^^ ché les limites qui séparent Vintellig^^^^' différentes espèces, Vinstinct de l'inteHi'j' Vintelligence de Vhomme de celle desnnwui' F. Cuvier a tracé une méthode, une ro

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.-ùM\ iloil suivre après l'avoir étendue, rec- ÙKe.perfeclionnée. L'exposition queM. Fiou- ^o^a pr^Qtée de ses travaux se fait remar* .(iurfiar cet ordre, celle profonde et saisis- .v^ntc lucidité que H. Fiourens apporte dans Wll^ les sujels, et qui lui permet de répandre h science en la rendant agréable et en la LttMot à la portée de tous les esprits, il \TAk successivement de la liberté, de Tins* t2(i d de l'habitude, du développement in- ' ry; de rinstinct et de rinlelligence* de la < jcsticité des animaux, de Tinstinct et de . r.Mligence des diiférents ordres de mam- L^-restie l'hérédité des modifications ac» ;j.M^^ etc. Nous n'analyserons pas cette tore imnortante, nous y renverrons nos «.'^urs. Nous ferons néanmoins quelques vnalions à ce sujet : « Les animaux re- V wDt par leurs sens des impressions sem- ^d<r$ à celles que nous recevons par les t''r.\l]s conservent comme nous la trace ■• '-impressions; ces impressions conser* *• f ('Tinent pour eux, comme pour nous, '^mniations nombreuses et variées, etc.»

4<. £li ^uoi! nos sensations ne sont que ■^ \'^pTts$ions physiques, qui laissent des - ^phpiques dans nos organes 1 Ces traces ^'^^^ lins forment des associations mécani- .'• i:i sont des idées. V»iilà bien Vidéo- '\ ' 9i*imlque et la mécanique du système *" -j^qui ruine par sa base toute la ps^- «i 5 :', toute la physique qui s'y rattache, ^Hrcod impossible, même pour le meil- *^ ssprit, toute doctrine large, vraie, en % n avec les faits I Aussi F. Cuvier ne peut "ttrf exclusivement sur ce terrain, et il ^•'- : « Les animaux combinent ces asso- ■• n>, ils en tirent des rapports, ils en démii\ des jugements, ils ont donc de /'mn jfncf. I F. Cuvier reconnaît donc ici chez I animaux, en sus de la mécanique du ^m nerveux , des facultés intelîectives "t^ifs, pourquoi ne voit-il pas aussi dans yiwitiûD des facultés sensitives, an lieq j '"ut rattacher à des impressions et à des ^'i .^ Mais les facultés intelîectives des ani- ^11 oc sont pas des facultés intellectuelles; vïïiteUectitité^ OU, si Ton veut, leur intelli- ^' purement sensilive ou sensuelle, n'est r • 'tire intelligence spirituelle, qui nous N*; nos idées intelligibles ; nos idées gébfliVf^ universelles, nos véritables idées. — ^JT intelligence se réduit là. Cette intelli- ^' fjuils ont ne se considère pas elle-même, ^^roit posons se connaît pas. Ils n'ont ^<« réflexion, cette faculté qu'a V esprit de ^«^ de se replier sur lui-même et d^étuj^ i^fprit. » Si F. Cuvier avait connu la ■ -ible psychologie, il aurait distingué, avec 'Wuie scolastique, ce qu'on a nommé * ' instinctives^ sensitives, intelligibles, et --'luilfe correspondantes; il aurait vu que l-^uniaiaux n'ont pas la réflexion intellec- **'',si leur espritne se réfléchit pas sur leur ^ ^ ieur intelligence sur leur intelligence^ '^*^ considérer, se voir, se connaître, c'est ^ ^ noni pas un esprit y un entendement, une '•* ", nnr intelligence : en un mot, c'est 'i^tic >ont pas des esprits. Ce fait si vul-

DïCnONN. DE Physioi-ocie.

gaire, que P. Cuvier ne nie point et ne saiixait nier : Les animaux n'ont pas la raison, Ja réflexion : détruit de fond en comble la théorie des xviii* et xix* siècles sur Vintelli'gence des bêtes : mais remplacez Vintelligence tnfeKecfuel/e des animaux par \eur intelligence sensitive ou intellectivité, qui en est radica* lement distincte, qui constitue pour Réaumur,Buffon, une sorte d'intelligence, et alors tous les travaux d'observation de cette écoh'. acquièrent un sens, se rectifient et deviennent précieux. La clef de voûte de tout l'édi^ fice, c'est la distinction fondamentale de Vintelligence humaine et de V intellectivité animale, sur laquelle nous avons tant insisté. Nettement posée par le Mosaïsme, elle a été de mieux en mieux développée par le spiritualisme hippocratico- socratique, par les grands théologiens scolastiques et leurs continuateurs des siècles suivants. -^ F. Cuvier attribue à l'orang-outang la faculté de Î;énéraliser ; mais si la réflexion est, d'après a définition de Buffon, trouvée admirable par H. Fiourens, « la puissance des idées générales et l'intelligence des choses abstraites, «comment l'orang-outang, qui n*a pas la réflexion, suivant F. Cuvier, puisqu'il est un animal, généralise-t-il et a-t^l des idées générales? Les faits qui lui font donner la généralisation à l'orang, se rapportent è Vinstinct d'imitation uni h V intellectivité, F. Cuvier ne les a pas bien interprétés ; son induction est inexacte. Les inées générales viennent de l'esprit qui les constate en se contemplant.

5** Notre collègue de Strasbourg et ami, M. le professeur Frée, a publié récemment un livre intéressant sur l'instinct; il adopte et développe la théorie de F. Cuvier et de M. Fiourens.

D. — Doctrine de Bf. Lordat.

Notre éminent collègue, dans ses études si délicates sur les facultés psychologiques, afûrme que les animaïAX n'ont pas d'intelligence; il le démontre victorieusement en soumettante un examen critique les travaux de F. Cuvier et de M. Frée; il ajoute que les animaux n'ont que des instincts. Nous ne

£ ou vous accepter cette seconde proposition. l. Lordat n'a pas tenu un compte suflisamment explicite de V intellectivité animale, dont les preuves sont implicitement contenues dans ses écrits. Nous recommandons la lecture de sa théorie physiologique des passions humaines (1853), Rappel des principes doctrinaux de la constitution de l'homme^ 1857; c'est là surtout qne M. Lordat s'occupe de l'instinct comparé à l'intelligence, p. 249 à 359.

E. — Doctrine qui reconnaît chez les animaux Vinstinct iVune part, et de Taulrc VitUetUctivilé sans Vintelligence, *

Nous l'avons déjà dit, et l'on peut s'en assurer en examinant aUentivement nos articles psychologiques, bien qu'ils ne soient que des résumés, dont les développements si^ trouveront dans notre traité de philosophie

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DICTIONNÀIRB

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historique et dogmatique, cette doctrine existe dans les véritables écoles spiritualistes, issues du Mosaïsme et fécondées ensuite par le Christianisme. M. Fiourens l'a reconnu implicitement pour Aristote et plusieurs autres.

G. Cuvier a été l'un des premiers, dans le XIX* siècle, qui ait réclamé en faveur d'Âristote, relativement à la valeur de sa méthode et à l'importance de ses résultats, dans le domaine des sciences physiques. M. Fiourens a poursuivi avec de nouveaux développements cette œuvre si juste et si utile de réhabilitation. — « Aristote fait marcher tout ensemble, dans son livre sur les animaux, la zoologie* l'anatomie comparée, l'histoire naturelle pn)premcnt dite. Il adonné à la zoologie les premiers germes de la méthode naturelle; a l'anatomie comparée, le grand f)rincipe de la comparaison des organes voy. mon Histoire des travaux de G. Cuvier^ p. 150) ; à l'histoire naturelle une foule d'observations que les modernes ont trouvées d'autant plus iusles qu'ils sont devenus plus savants. La philosophie de Descartes est la philosophie des qualités qui tranchent et qui s*excluent : la philosophie d'Aristote est celle des qtAolités qui se graduent et s'enchaînent, » (Aristote a cette double philosophie, celle que M. Fiourens lui attrioue et celle qu'il reconnaît dans Descartes.) — « Avant d'être dans Leibnitz et dans Rossuet, la belle vue de la gradation des êtres était dans Aristote {voy. k ce sujet mon Hist. des trav, de Buffon et de G, Cuvier), Nulle part, Descartes nest plus exclusif que lorsque, en fait d'intelligence, il donne tout à Thomme et refuse tout aux bêtes ; Aristote voit ici, comme partout, des analogie»^ des degrés, des nuances. » — Il voit aussi des limites, des abtmes infranchissables : sa loi de continuité est une loi de contiguïté; entre l'homme et l'animal il y a un abîme dont les deux bords communiquent par un trait d'union, par un coup de pinceau de l'Architecte suprême, du Créateur, qui a mis partout des rapports et de l'harmonie. On peut le reconnaître déjà dans le passage suivant cité par M. Fiourens : « On peut trouver dans les animaux des tra^ ces de ces affections de l'Âme qui se montrent chez l'homme d'une manière plus marquée... On aperçoit même dans plusieurs quelque chose qui ressemble à la prudence réfléchie de l'homme... tantôt l'homme a plus que les bêtes, tantôt moins ; tantôt on ne peut établir entre eux qu*un rapport d'analogie. Ainsi, de mê^ie que l'homme a en partagé Vindustrie, la raison, la prudence, de même quelaues aniipaux sont dirigés par une sorte ne faculté naturelle d*un genre différent, quoique susceptible de comparaison (Histoire des animaux, liv. vin, p. 451, édit. de Camus). — « Un seul être vivant est doué de réflexion et de délibération, c'est l'homme, H est vrai ()uc plusieurs animaux ont la mémoire et la faculté d'apprendre, mais lui seul peut revenir sur ce qu il a ap" oris. » [Histoire des animaux, liv. i, p. lo). Ici il ne s'agit plus de degré, de quelque

chose de relatif, mais d'une faculté exchiir absoltu. L'homme seul a la faculté délita. tive et réflexive {facultés intellectuelles] ; <; il a la r^iniscence (&và[AVT)9tç, mémoire int' lec^ueUe), tandis que les animaux n'ont que mémoire sensitive {(iv^iioatç). « L'hoinniu ^' est doué de réfleocion, quoique l'on a; çoivechez les animaux quelque chose ; ressemblek lu prudence réfléchie de rhouii.* (Liv. vra, p. 451.) Ce n'est pas la pmi' réfléchie, puisou'ils n'ont pas la rt-jUr c'est quelque chose qui lui ressembk, i une ombre {adumbratio), comme distn' scolastiques, de cette prudence : c'est . prudence sensitive, elle n*a rien d int'. tuel. — « C'est cette réflexion sensitive. la belette déploie dans la chasse qiù li^ aux oiseaux. » {Hist. des animaux, liv.u p. 553.)

Aux passages précédents cités par M. F rens on*pourrait en joindre beaucoup très bien plus exphcites. PourAn^::

animaux n*ont qu'un principe an!

sensitivo-animal ; ils n'ont qu'une m une imagination, nn jugement, une p ' . une prudence, une volonté, etc.. pi/ sensitivo-animales : leur principe anm doué de sensibilité, d'émotivité, dint i' vite, etc.. simplement sensitivo-aivi^ n'est pas une substance : l'homme >tii. . âme aune autre espèce, sortant dired^ des mains de Dieu, immortelle, possnU.

sensibilité, Vémotivité, fimaginationjimoire, le jugement, le raisonnement, /> gence, la réflexion, la prudence, la dW tion, la volonté, etc.. d'une nature in: lectuelle (oOaia, oZtsa), substantia suh^: i aussi elle ne saurait périr. L'homme a une intellectivité, des appétits, des in^: xxnevolonté^ des passions ^eic^sensitiv' matuc; mais il a de plus une intelligenct, appétits, des instincts^ des passions, uiv lonté, etc.. purement intellectuels; c ce qui établit .entre lui et les anim.tiiv abîme que les hvpothèses ne sauraient bler; une barrière que les plus in: :

sophismes ne renverseront jamais. Cl i''. trine, empruntée au Mosaïsme parit^ tualisme antique, s'jr montre souvent (>'cieou voilée; mais il suflit d'un eiaut i tentif, impartial, exempt de préventic ii> l'y retrouver d'une manière positive l' contestable, ainsi que l'ont victorien-' démontré les grands scolastiques et successeurs de la Renaissance et des .s postérieurs.

Cette doctrine devient plus claire, étendue, plus précise* dans saint Au.m^ Albert-le-Grand, saint Thomas et ddn> v disciples. Exposer l'histoire de ]eur> ^ en les étendant et les démontrant, au i des observations positives acquises n nant à la science, ce serait faire nv traité sur l'instinct que nous ne sr; placer ici ; on le trouvera dans notre I de philosophie : nous en dirons qu-n^ mots à l'article Raison, (parallèle de la i.uî>< et deTinstinct). .

H. Fiourens , du reste, comoie lo'^ *

>ivil

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DB PHTSIOLOCÎIB.

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boos april8» disticgaet dans le fond de sa

pensée, tmÉMectitiié animale de Finiellû

gdut kumaim. Comme Aristote et les grands

^U»tiques, il nous paraît bien près d'en

rtcoonaltre le caractère «enjtavo-antmo/.

I Tout dam Fimiinct^ e$t inné; tout ce

que ranimai fait par inilinei^ il le fait 8an$

tnoir ofprii. Qui apprend à l'araignée à

bre sa toile T Pourquoi lait- elle bien du

preoûer coupT Pourquoi fait-elle toujours

LieD? Pourquoi ne peut-elle foire mal 7 J'ai

m souvent l'araignée des jardins , à peine

édose, commencer à tisser sa toile : ici

ïmttmtaait seul. Mais déchirez la toile,

fuies le plusieurs fois, elle répare chaque

bis l'endroit déchiré, sans toucher au reste.

0 T a dans l'araiguée Vimiinct machinal qui

fait la toile» et Fintelligence {f espèce d^intel-

li^mt (pêe peut a»oir une araignée), qui

l'irertit de I endroit déchiré, où il faut que

tmtiiKt agisse,» (Ouv. cité p. l9b,)Vespice

imtUigtnee d^une araignée^ est autre cnose

(jue liostiDct, et autre chose que l'intelli-

;i3ce. Linsiinet , tinlellectivtté animale,

iittdligence humaine , ne sont point des

u^ tune même faculté^ ce sont des fa-

(«ki parfaitement distinctes. Quand Tarai-

(ttcttpare sa toile, elle agit par instinct

>«e encore que par intellectivité. (Voy. dans

if Fiacrens le chapitre 11, De quelques

fpwvtt célèbres touchant l'intelligence des

M'i , (AaisTOTB « Plutarque, Montaigne,

limm, Rediarus, Bonnet (Du langage des

^>i ; toy. aussi aux notes, remarque de

Itflrioo, d'Âristote sur la société des ani-

■ai;HeWétius réfuté par Galien, etc.).

D. L'iostinct est-il une for ce ^ une faculté,

H Mitus -qu'il ne faut pas confondre

P^ une habitude ou plutôt une eonsuétude

)f^mttuio), et qu'Anstote désigne par l^tç

tposé ï fiuiOcaicî II y a de tout cela dans Tinscl; car il se mêle à tout : on a admis dea ^ti instinctifoes , des mouvements et des ^iti instinctifs ; des instincts vitaux, sensi- Vf* tfniitivo-animaux, intellectuels, mo^ f*^, reliaieux (Balmès parle de l'instinct iudlecUiel), etc. On distingue des instincts ^^t et des instincts acquis, etc. Il faut iri).r sur tout cela deb* idées claires, précises,

WTELLIGENCE, INTELLIGIBLB, INTEL- UilBlLlTÉ. — On a beaucoup insisté sur ^Hligence; on s*est peu occupé de la ques- ^ tout aussi importante de 1 intelligible et 1 intdligibUité : nous devons donc signacelte lacune, indiquer les moyens de remplir, ei expliquer la valeur de ces

intelligence est la faculté par laquelle un

ti eiuend les choses purement intelligi-

; un esprit est un être intelligent, doué

conséquent de cette faculté ; une chose

'%iUe est ce qui illumine Fintelligenee

.maoière à y répandre la clarté; Vintelli-

^^hi est la faculté qui donne aux intel-

iUe$ cette puissance i ttmtiieiM€ qui les dis-

I»'^^ disent avec raison saint Thomas et ^logiens, est le premier des intelligi-

bles ; celui qui le comprendrait, verrait tout dans sa clarté inQnie, il verrait toutes choses en lui, comme dans leur cause première : c'est ainsi qu'il voit tout lui-même en regardant simplement en lui. Chacun doit comprendre, par ce que nous venons de dire, que le degré ^intelligibilité d'un objut ou d'un être 3e mesure par la clarté qu'ils répandent dans V esprit qui les a saisis.

Un objet ne peut être connu immédiatement, ne peut être immédiatement intelligible sans nntermédiaire d'une idée movenne, s'il ne remplit lui-même les fonctions de cette idée, en s'unissant à l'entendement pour l'éclairer. Dieu n'est immédiatement intelligible que pour lui-même ; il ne peut le devenir pour nous directement dans cette vie que par une grâce, une illumination surnaturelle.

La matière, évidemment, n'est pas immédiatement intelligible; elle devient intelligible pour nous, par l'intermédiaire des repré^ sintations ou idées sensibles. La matière ne saurait donc être ni intelligente ni immédiatement intelligible.

Saint Thomas a soutenu, avec une haute raison, que l'être immédiatement intelligible est supérieur à l'être purement intelligent: ainsi 1 Ame humaine, douée simplement d'intelligence, ne possède pas l intelligibilité immédiate. Pour se connaître elle-même, elle a besoin de l'intermédiaire de ses idées ou représentations intelligibles, de ses opérations; c'est au moyen de ses pensées gu'elle s'aperçoit qu'elle pense et qu'elle se dit : je SUIS un être pensant. Ainsi plus un être est puissamment intelligible immédiatement,

!^lus il est lumineux immédiatement et par ui-méme, plus il est intelligent. Dieu est le premier des intelligibles, il est aussi l'tnle/tigence inGnie. (S. nom. sum. theol, 1 pars, quaest. 87, art. i et suîv.).

Ce fait majeur que Téme n'est point immédiatement inteUigible pour elle-même, nous explique sur-le-champ, une de<^ plus grandes sources des difficultés de la noologie ou psycholooie noologique humaine. L'âme se touche elle-même, elle plonge son regard dans ses profondeurs, et cependant elle se voit mal ; pourquoi T parce qu'elle est peu intelligible, peu lumineuse pour elle-même ; il faut qu'elle dilate son œil, qu'elle rassemble et concentre ses clartés; qu'elle accroisse son intuition purement réflexive , par l'usage constant et l'exercice de la réflexion.

Aristote, avait déjèt vu tout cela, dans plusieurs passages restés inaperçus ou mal compris. Non habemus intuitionem sensitationis (v4i)atvvo^9toK)9««d habemus intuitionem sensationis : ascendere oportet de perspieuis no^ bis sed narumj^ersptcuis in setpsis (sensibili^ bus), aaparumperspicua nabis, sed in seipsis maxime perspicua (inteUiqibilia).

« Une chose, dit Balmès, n'est immédiatement intelligible, qu'au m«ven de deux qualitéa : 1* l'immatérialité, 2* l'activité nécessaire pour agir sur l'être intelligent. »

Dans racte de compréhension , taetiom naît de Vidée; quand celle-ci apparatt, la

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DFCTIONN.MRE

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romnréhension fuit aussilftt ; elle seule féconde l'ealendemeiil : un filre qui joue le rôle d'idée, doit se trouver, comme elle, actif et fécondateur de Tenlendement.

Notre entendement, pour devenir intelligible à lui-même, a besoin d'un stimulant qui le mette en jeu, et en fasse jaillir la lumière : sans celui-ci, sa spontanéité sommeille.

Nous pourrions apprendre sans un précepteur qui nous enseigne, mais il faut qu'un enseignement extérieur vienne développer notre intelligence. Nous possédons beaucoup dldées qui ne viennent point et ne peuvent venir des sensations , et néanmoins nul homme ne pourrait penser, si les sensations ne lui servaient de premier maître, pour donner l'impulsion à son entendement.

(Voy. Ralraès, Philos, fondament,, t. 1, p. 91 et suiv.)

Bossuet a bien montré Timportance de la classiûcation des idées d'après le degré de leur intelligibilité naturelle ou acquise. (Logique, p. 306.)

«c Les idées claires, dit-il, sont celles qui nous font connaître dans leur objet, quelque chose d'intelligible par soi - môme ; ainsi quand je conçois un triangle comme une hgure comprise dans trois lignes, je saisis par là clairement et distinctivemenl ce qu est un triangle. Les idées obscures sont celles qui ne montrent rien d'intelligible dans leur objet ; elles ont besoin de quelque autre idée qui les éclaire; la manne purge par une faculté purgative^ le mot purgatif ne rend pas ma connaissance plus claire. Néanmoins il n'est pas tout à faitinutile : »(car jedirai ensuite : la manne, la magnésie, le ricin, etc., sont des purgatifs doux; Taloës, le croton tiglium sont des purgatifs violents, etc. Puis je m'élèverai aux lois de la faculté purgative, etc.)« Il ne fautdonc pas mépriser etrejeter les idées obscures, les qualités occultes, parce que : l"" elles marquent un effet manifeste noi-s de leur- objet; 2" elles nous indiquent ce qu*il faut chercher dans l'objet môme. » (Bossuet, Logique, liv. i, chap. 9.) Voy. dans Bossuet , plusieurs exemples d'idées claires ou obscures. (Logique^ liv. i, chap. 10.)

INTUITION. — On nomme intuition la faculté ou plutôt l'acte par lequel on saisit une chose (objet, principe, etc.) d'une manière rapide, évidente, tout à fait ou à peu près immmédiate et directe, en s'unissant, en quelque sorte, intimement à lui, et l'enveloppant dans son ensemble. La connaissance qu'elle produit est due à une espèce d'illumination semblable à celle par laquelle la vue nous fait saisir la lumière, les couleurs, les qualités visibles des corps extérieurs; car la vision, comme l'audition, l'olfaction, etc., est une intuition sensilive.

L'acte intuitif diffère de l'acte inductif et déductif , par ce fait gue les deux derniers ont besoin d'intermédiaires, d'actes longs et compliqués de réflexion, de comparaison, etc. ; tandu que dans l'intuition tout est bien plus direct, prompt, spontané, irrésistible. De là

résultent les différences que l'on con<!,.» entre Vévidence intuitive, et Vévidcnce imia tive ou déductive.

L'intuition se trouve donc dans nos div ses facultés fondamentales pour y répa:. l ses brillantes et rapides clartés : elle sr r. i contre dans la partie sensitive dt l'aii comme dans ses régions intellectuelles, m raies, religieuses; dans les sens, Yiuuv:.] lion, la mémoire, comme dans la cons(i : et la raison. Elle nous donne les vérités j-i mières, sources de toutes les autres et 1 ;^ de toutes les démonstrations; elle est le i> dément de ces croyances solides, inexj u. blés, universelles, inhérentes à notre iiatn qui résistent, sur les questions radii.ils. tous les subtils paralogismes des sopii ^i > toutes les incertitudes philosophiques, à t les ambitieux caprices de la raison rniy nante, qui chercnent à obscurcir la lui:. de la raison intuitive.

Par Vinluilion sensitive externe ili directe de toutes), je crois irrésislih que les corps extérieurs existent; qu* vois, les touche, les entends; qu'ils oc une place dans l'espace, la durée, oùr gitent et se meuvent. Par Vinluition f (rapidement réllexive),JG crois à l'ex'^ de mon esprit qui perçoit, comme h cil objets perçus par lui; à ses opérations.^' durée, à son identité. C'est ainsi de m* que j'affirme des substances servant de -' port aux qualités qui les manifesteni; causes productrices de leurs effets, elc.

Les vérités intuitives, premières, imni" tement évidentes, qui sont connues et a ■ tées dès qu'elles se montrent, Qi nOiii i besoin d'être démontrées, servent à ti" et à démontrer toutes les autres, par h > : ports qui les unissent avec elles. U <*^t dent, comme le dit Aristote, que s'il i tout prouver, tout démontrer, tout aj p; dre, nous ne pourrions rien apprenn rien démontrer. Les vérités premières, if. tives, se découvrent et se prouvent du mômes, en vertu de notre nature, et pi sent ainsi innées; on n'a qu'à en dresser ventaire et à les constater. Dès que je ^ que je marche, que ie pense , etc. , je ru nais simplement le fait et j'y crois. L«^ i losophes qui n'ont admis que des véiittcursives , de raisonnement ou par \n ' longuement discursives, en niant les \< intuitives et de^fait, d'observation iniiuLU se sont placés en dehors de la vérité, dt ' manité, du sens commun, oubliant qnc raisonnement étouffe la raison, Aristote a avec une grande justesse : Omnia cognos' experientia aui syllogismo.

Toutes nos connaissances nous vici :

Î)ar l'intuition (externe ou interne, rjiii n burnit les vérités de fait), ou par le ti discursif, qui nous donne les vérités di ' sonnement (inductif ou déductif). Toi.

haute scolastique a développé cette doiti: elle a pensé aussi que nous sommes sûr^ intuition de la conformité qui existe , r< vement à notre nature, entre nos perc» [ i et les qualités réelles des objets auvi-

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c*!« sappliffucnt. Pour Kant, le mot intuition ^wchamng) est à peu près sjrnonyme de iK^rcoplion externe; seulement, il s'applique m objels perçus en général , aux corps spéciaux soumis à nos sens dans Je moment rlue], aux conditions absolues sous lesquell-<ont lieu ces phénomènes. Il y a, pour lui, iki intuitions pures , répondant aux notions ile5[>ace et de temps, qui sont,& ses yeux, les tonnes subjectives générales de la sensibilité, (t des intuitions empiriques , répondant aux r. présentations sensibles données par la perception même. Ainsi, la notion générale d'un 'ftrps, quoique provenant primitivement de lapérience, n'est plus une intuition, mais un oncept,une notion; elle relève moins d'un Ko intuitif que d'un acte discursif. Celte *N:irine, dont l'étude difficile peut fournir i)^ détails utiles et intéressants, est, dans son ^<^mble, obscure, embarrassée, inexacte.

Nt et son école n'admettent d'ailleurs que i*i(iw/wn sensitive externe. Pour eux, les f^nonhes sensibles sont les seuls objets y nous connaissions intuitivement, Scnel- '•»;rt tes sectateurs de la philosophie de la ^•' Jrj se placent à un point de vue tout à ••- *»posé. Leur système repose sur la force '/ «IujV/oii intellectuelle. Celle-ci ne res- ^î4.i.e point à cô que la conscience, la réi'ijoosur nous-mêmes nous fait apercevoir '^^ î os; elle ne se rattache point à tel ou tel 't'î'iétenniné, et ne répond point à tel ou ttf'^iiil, tel acte , telle faculté de notre âme : t^aut opération transcendante, qu'on ne «•jraii déOnir, par laquelle l'entendement ^^'l identinuement l'absolu tel qu'il est en ■•ni^me, c est-à-dire complètement simple, tesanl en lui et conciliant tous les conhîr«, toutes les oppositions, comme l'esprit l'a matière, l'idéal cl le réel, la liberté et la wKté, rîdentilô el la non-idenlilé, elc. Si ^ peut affirmer que Kant rejette les faits ^plus positifs pour nier Vintuition intellec- *''',on doit se demander aussi sur quels liti s'est appuyé Schelling pour lui donner

une telle étendue, un tel caractère, pour la mettre en rapport avec un semblable absolu?

On peut, d après ce qui précède, juger la valeur, l'exactilude, l'importance de la doctrine de l'intuition sensible et de l'intuition intellectuelle, telle que nous l'avons exposée dans ce résumé rapide ; on peut aussi appi"écier les théories qui s'en éloignent, et dans lesquelles Kant et Schelling se sont placés à deux points de vue extrêmes. La doctrine h laquelle nous nous rattachons, adoptée, avec quelques modifications, par les écoles écossaises et françaises, qui n'en ont pas bien connu la source, se trouve d'une manière plus large et plus précise dans l'école socratique, dans les grands scolasUques et leurs commentateurs. Bacon a souvent méconnu rintuiiion, ou il l'a confondue avec d'autres opérations.

Quand on a bien pénétré les vérités, les connaissances intuitives, quand on est certain de leur puissance et qu'on a mesuré leur fécondité, on les élabore par une réflexion lente et minutieuse; on les travaille par l'observation, l'analyse, la synthèse; on les étend et les combine par des actes discursifs : alors l'on est en mesure de pénétrer les sophismes des sceptiques et lés raisonnements captieux des philosophes qui viennent ébranler les fondements des connaissances humaines, sous le prétexte de les rendre plus solides ou plus profonds, ou qui essayent de les placer dans des régions inaccessibles, pour leur donner plus d'élévation.

La doctrine précédente est consacrée par l'histoire, par tes faits, par le consentement commun, par l'autorité aes plus grands philosophes; elle permet de découvrir lacté intuitif dans toutes nos facultés. Il resterait maintenant à reconnaître les rapports de l'intuition el de l'induction, et à passer en revue les principales idé(îs, les principaux jugements intuitits, etc. (Vo?/. Bossuet, £ogique; connaissance de Dieu.}

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