LEGISLATEUR
^ g^ie législateur (Fragments de physiokigie appliquée à la psycholoiçie). — Etu^ ^tt sur le génie législateur. Considérations gtf^rales. Leçon de 1856.
fi^KHi^. — Importance générale des questions û % ralUchent au génie Icgislaleur. ImporUiTicc wwle pour la France , notre époque, la méde- ■^t l'Hippocratisme. — Qu'est-ce que le génie lébljWnr? — Définition des principes législateurs ; «flnples. — Définttiou du g«îuie législateur; exeni . ^•—il faut Tétudier, 1* Dans les esprits ou iîe% légiftlatenrs; c est-à-dire dans les hommes u l'ont possédé ; 2** dans les sciences, les épo- *^> les nations législatrices. — (Nous ne nous '''iperons pa& du génie législateur au point de ^ miliuire, politique, etc.. Nous ne le considére- '•« qu'au point de vue scientifique et surtout "^■(^l; nous iious bornerons même aujourd'hui, <|«elqaes remarques sur le génie hellénique, le
siècle de Périclès, TEcole de Cos. €ela nous suf*lira pour vous préparer à des études plus complètes» sans sortir du domaine scientifique, vous pourrez a^oir des notions exactes sur le génie législateur, partout où il se présentera). — Preuves de cette dernière proposition. — Importance des travaux à faire sur le génie hellénique. — Le siècle de Périclès. — L'Ecole de Cos. — desiderata que laisse cette étude. •— Rôle majeur que doivent remplir Hippocrate et TEcole de Cos ; — ils sont pour nous une expression fidèle du génie grec et du siècle de Périclès. — Coup d'œil rapide sur cet objet. — Plau du cours.
Messieurs, Quand on étudie l'histoire avec attention, en se plaçant à un point de vue général, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'il y a des peuples, des siècles, des écoles, des hommes, des sciences, qui, par un heureux privilège, s'élèvent au-dessus de tout ce qui les en-
DICTIOÎWAIRB
toufo ei mériient le nom de législateurs. )ls doivent cet avantage à un cachet spécial qui (es distingue ; ils possèdent le génie législateur et frappent de cette empreinte tout ce qu'ils touchent, parce (|u'ils la portent en eux-mêmes. Ce génie, identique dans son fond, varie dans sa forme, suivant les temps, selon les objets auxquels il s'applique. C'est lui gui a produit les siècles d*Auguste et de Louis XI v, les Solon et les Lycurgue, les Alexandre et les César, les Charlemagne et les Napoléon, les Platon, les Aristote ei les Descaries, les Michel -Ange et les Raphaël, les Homère et les Corneille, les Cicéron et les Défflosthènes. L'étude du génie législateur, considéré dans son essence, offre à nos mé« dilations un sujet d*une importance êupérieure, car il contient Tune des principales clefs de voûte de Thistoire. Dès qu'on Ta suffisamment compris, on saisit une des plus grandes lois iprovidentielles du progrès humain.
Les recherches de ce genre sont tout à fait fondamentales. Elles jouent, entre autres, un grand râle dans Texposition, la démonstration, l'application des règles de la méthode historique, si utile et pourtant encore si imparfaitement explorée, quoique Ton s'en occupe partout aujourd'hui.
.Celle loi est bien importante pour nous. Parmi les nations, les écoles, les siècles anciens el modernes, parmi les sciences diverses, notre France, notre siècle, notre science, nos écoles hippocratiques, se distinguent et dominent par le caractère le plus éminemment législateur. Les preuves de celte proposition se montrent de toutes parts.
1** Le génie de la France, étudié profondément dans son histoiret est marque de cette empreinte supérieure ; tout en elle est revêtu des signes ineffaçables de cette mission divine qui lui a été confiée et qu'elle doit nécessairement accomplir. Elle a produit, d'une manière continue, le plus grand nombre de siècles, d'écoles,d'écrits, de travaux, d'actes de tout çenre, que l'on doit appeler vraiment législateurs , parce qu'ils dominent tout ce qui leur ressemble, qu'ils fournissent des modèles qu'il faut imiter, des exemples qu'il faut suivre, des arrêts auxquels il faut se soumettre, des lois qui s'imposept et auxquelles il faut obéir. Elle a cultivé avec le plus d'éclat les sciences et les arts qu'on doit regarder comme éminemment législateurs, parce qu'ils servent de tvpe et de règle à toutes les sciences, à tous les arts. Elle a donné naissance à toutes les écoles, à toutes les institutions, à tous les principes que l'on proclame profondément législateurs, parce u'ils s'appuient sur cequ^il y a de plus élevé, e plus vrai dans la nature, l'intelligence, la conscience humaine; qu'ils réveillent les sentiments les plus solides, les plus vivants de notre grandeur et de notre dignité, de nos rapports avec la Divinité même, et qu'ils établissent nos droits et nos devoirs dans les relations intimes qui les unissent, avec une si grande énergie, que l'humanité entière s'en empare avec une vigueur irrésistible,
dès qu'elle les possède et qu'elle les a nettement compris.
La France est le grand-prêtre, le ministn^, le grand ouvrier de la civilisation modem* , l'exécuteur des desseins providentiels, le pm. pagateur du spiritualisme moderne, le peu| choisi pour préparer el accomplir celte Iran ■ formation immense qui a commencé il y ) dix-neuf siècles, et qui, selon les espérani ^ de plusieurs éminents économistes, sera s^i.v doute universellement comprise dans son 1 >. etdanssesnu)yens d'exécution lorsque riieur^ du XX* siècle aura sonné. Ce caractère, : France le puise à sa véritable source, (1<; le spiritualisme chrétien pratique, oui ; ^ nime et que seule, parmi les nations du pmier ordre, elle conserve, développe, pr page dans toute sa pureté, dans tout^^ ^ grandeur.
2* Si la loi qui nous occupe est import.^ pour notre France, elle l'est encore da. i, tage pour notre siècle. Quand on eiam.i marche qu'il adopte, la route qu'il su!, questions qu'il embrasse et qu'il résor institutions qu'il élabore et qu'il foui . ^ œuvres qu'il crée de tous côtés, Tim; i^ que partout il communique, on 8flirn> ^ hésiter que la postérité reconnaissant' décernera le titre de siècle éminemnient
gslateur. Ce caractère se nïontre en lui ^i* s marques les plus manifestes, sur dans notre pays, il se trouve au plus I degré dans les idées auxquelles noire ^s^: s'attache aujourd'hui et qui forment son maine ; dans la nature des sciences qu cultive avec plus d'ardeur que toutes It^ très; dans l'aspect spécial sous lequel eli considère, dans son respect et son aiu
i)our les grands siècjes, les grands hoin. es grandes choses 'de tous les lieux et tous les temps , dans le point de vue pa culier, impartial et large sous lequel eli< étudie; enfin dans les nommes qui lui d nent l'impulsion et la dirigent. Ils porten* eux plus que jamais l'empreinte de ce pi législateur qui lui est propre, en connu çant par les chefs placés à notre tète et .: cendant des rangs les plus élevés, jus/juj hommes éminents qui dominent le di'U ment littéraire, artistique, philosophi r^ scientifique, industriel. Mettre dans le pale présent, l'avenir, toutes les choses et i les hommes à leur véritable place, tci'.o* > la tendance de notre époque et de n.' pays.
Pendant longtemps nous nous somnit^s cupés surtout des ciroits de l'homme en . néral;nous en avons eu des notions vasuf confuses : aujourd'hui nous cberchuiis ■ connaissances précises^nou-seulemeni su; < droits universels, mais aussi sur ceux d'^' cun des éléments divers qui constituent u société. La doctrine incertaine des droib i raanitaires se fixe et se détermine, en su:. sant à la doctrine des droits sociaux et in' nationaux. A côté de la science praliiiuo droit des gens, il y a celle des droits r^j^p tifs propres aux différents peuples; et connaissance s'établit et se propage au tnu-