‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 127 sur 340 · LES · texte numérisé non relu

LES

lultres, k les suivre comme nos guides, à les iujier coaune nos modèles. A leur aspect, noos «cotons la vérité de ce principe qu'ils pr^ifament tous, tparce qu'il est fortement ani en eux-mêmes , et qu'ils en sont la {Mire et la démonstration la plus évidente ,

• i homme est une image vivante de la Di- . liiiiii. • Ces hommes ont leurs erreurs et koTi faiblesses; Us ne résistent pas toujours leux-mémesetaux torrents qui roulent aumr d'eux et qui souvent les entraînent. Hais 1* luttent toujours, et souvent aussi ils triom- ^Itot'. par la force do leur intelligence et de •V volonté. Ils sont tous hommes beaucoup \\h que nous » et nous montrent, par leur ivsipie, ce que pourra être un jour Thuma-* Uc. S'ils portent Tempreinte de leur pays tldt* leur époque, ils laissent aussi sur leur ^p"]ue et sur leur pays une empreinte que kiHi ne parvient point à effacer.

Cohoaunes, Messieurs, se montrent dans ^ tes temps, dans tous les lieux. Quelque- ^Mib ressemblent à des météores étranges >,v brillent dans une nuit profonde et ré- [i^Stfoiune vive lumière au milieu des plus ^^'^ ténèbres. Tel fut ce Mahomet qui y.ri^b)utà coup au sein d'une horde à <i=.;^;age, inconnue, vagabonde, dont les ^^> ;OQgtemps victorieuses furent sur le IfVi^ ât soumettre Tunivers à ses lois, et ^tiWiDstitutions se maintiennent encore !FsJouze siècles, quoique notre civilisais Loderne proteste contre elle de toutes *t>, en attendant qu'ait sonné l'heure pro- «ciirîlie qui doit un jour les transformer 11^ ramener è nous. Tel fut aussi , en pari^j moins, le czar de Russie, Pierre le ^- Ce génie puissant opéra une rénol»'n complète chez une nation à demi barle. dont le nom était à peine prononcé il Id^^iii siècles, et qui pèse aujourd'hui.avec H 'ie force dans les destinées du monde. ^ une grande époque qui nous touche, •lui nous donna quelque temps un empire C»que universel, il ne fallut rien moins que P^Me, l'Angleterre, l'Europe entière et

* ùissensions intérieures, pour faire penjt' en dehors de nous la balance euro- ^n^ t que la France seule entraînait de 4cAté, par cette prépondérance immense *'ile a exercée par ses armes, ses principes 4^aluurs, son génie humanitaire , qui lui ^^mé une couronne dont elle est digne ^lïtrile saura toujours porter.

»''ù Tiennent ces génies exceptionnels , teaje Mahomet et Pierre de Russie, qui pa- *>^nt former un si prodigieux contraste ^ '^ pays qui les a vus naître, et auxquels t 'î'yroirait tout à fait étrangers? Où ont* ^ puibé leurs inspirations? comment se «ms élevés si haut et ont-ils emporté avec "J'^îS populations qui les ont suivis comme ^t> obéissaient à la voix de Dieu ? Il y a •*^ mystères qu'on n'a pas suffisamment -'i^.dont on n'a point tiré ni môme prévu ♦^^-^porlantes conséuuences, «t que This- '-'« prèleà se renouveler, que la médecine, '«Vit les traces hippocratiques sur lesquelles *^ûttequieu a commencée s'engager vien-

dront bientôt éclaircir. Disons-le en passant, c'est au spiritualisme d une civilisation plus avancée qu'ils ont emprunté leur principe réformateur. Mais ce spiritualisme si imparfait, si altéré dans le mabométisme pour l'accommoder à l'état d'enfance des peuples qu'il a gouvernés n'a communiqué aux pa^s ou il a régné qu une puissance éphémère, incomplète comme lui-môme. Ils n'ont pu soutenir une lutte prolongée contre des nations vivilîées par un spiritualisme plus large et plus pur. L'islamisme se dissout et tombe; les populations qui le conservent encore ne rentreront pleinement dans la famille humanitaire qu au moment où le christianisme les relèvera. La Russie elle-même empruntera de plus en plus ses principes civilisateurs, ses éléments de progrès, h cette France où Pierre l**vint d'anord les chercher, où ses successeurisont venus souvent les renouveler, en les accommodant à son génie national, en yjiognant les richesses que ses propres travaux n'eussent pu encore y apporter.

Les hommes chargés d'une mission providentielle ne sont pas seulement des guerriers ou des l<^gislateurs politiques, quoique ceuxci fixent surtout notre attention, parce qu'ils font plus de bruit et s'environnent d'un plus grana éclat : ce sont aussi , comme nous venons de le voir, des poètes, des philosophes, des savants, ou des nommes qui, semblables à notre saint Vincent de Paul, ne se révèlent que par les œuvres de leur vie môme, et les bientaits qu'ils répandent au sein de l'humanité. Rarement ils apparaissent comme Mahomet et Pierre de Russie , isolés au milieu d'époques obscures ou de peuples barbares; le plus souvent ils se groupent et se réunissent dans des pays d'élite que Ton nomme de grands peuples, dans des périodes de civilisation avancée qu'on appelle de grands siècles. Ces nations, ces siècles ont comme eux une mission providentielle, et le travail qu'ils accomplissent est plus solide et plus fécond, parce que leurs forces s'accroissent en se combinant entre elles, et avec celles du milieu dans lequel ils ont été placés. L'Egypte, la Judée, la Grèce, l'Italie, la France ont été dans le monde ancien ou moderne ces pays d'élection. Les deux premières forment des nationalités à part : leur mission particulière est couverte a'un voile mystérieux, obscurcie par des traditions dont le temps semble avoir brisé la continuité : mais l'histoire des origines, créée de nos jours, rétablira les chaînons qui nous manquent, en mettant sous nos yeux des vérités à demi-effacées et dont l'importance commence à se révéler à tous les regards attentifs. La Grèce a eu son grand siècle, celui d.e Périclès qui s'est prorongé jusqu'à Alexandre et aux Ptolémées ; Tlialie en a eu deux sous Auguste et les Médicis; notre France en a eu un plus grand nombre avec des formes diverses, sous Charleniaj;ne, saint Louis, François 1", Henri IV, Louis XIV. Les autres peuples ont eu des périodes plus ou moins brillantes, vers lesquelles ils ont été entraînes ; ils n'ont pas eu de siècle entière* ment grand. Quelles sont les causes de ce

LEG

DICnOIfNAIBB

UO

phénomène chez des nations qui pourraient rivaliser avec toutes les autres T Nous en avons dit un mot dans nn.discours précédent, sur les lois qui président à révolution des grands siècles {Voy. L. Boteh, De$ ctrcoiutances qui préparent et assurent f avènement des grands siècles) ; mais cette vaste et intéressante question exigerait de longs dévelop- {>ements, que nous approfondirons une autre bis. Dans cette étude, nous avons parlé des grands siècles qui ont précédé la révolution française ; nous n*avons rien dit de ce drame gigantesque et des périodes qui l'ont suivi. C'est une de nos plus importantes époques; mais elle a une grandeur à elle, qui ne ressemble à aucune autre (273). Ç*est un siècle à part, qui a reçu en lui des germes tout spéciaux au point de vue militaire, administra* tif, littéraire, scientifique ; c'est une ère, une date qui annonce et prépare des translormations nouvelles. Elle réclamerait une étude particulière qui n'a point été faite dans son ensemble. Celui qui mettra ce tableau dans son véritable jour sera étonné de ce qu'il renferme, et verra se dérouler avec autant de bonheur que d'admiration l'bstoire de notre avenir. Cette histoire n'a pas échappé h Na« poléon qui l'a saisie du haut de son génie et de la position qu'il s'était faite. 11 l'a connue dans les diverses parties de son domaine, car il avait embrassé la science comme la politique, la législation dans son entier comme l'art militaire. Nous savons par des récits fidèles qu'il hésita entre la gloire de Newton et celle de César. Son étoile et les circonstances plus encore que sa volonté fixèrent ses irrésolutions; il eût dominé le monde par la science, comme il l'a dominé par ses institutions et par son épée (274). C'est une immense figure historique, un ae ces colosses tels que la France seule a pu les donner au monde, et que les génies du premier ordre peuvent seuls mesurer dans sa profondeur sublime, dans son immense hauteur. Ce jugement, Messieurs, n'est point l'expression d'un aveugle enthousiasme, d'un patriotisme .ardent et par cela même irréfiéchi. Napoléon nous appartient et il ne pouvait appartenir qu'à nous; il ne pouvait venir que dans notre pays, il ne pouvait apparaître qu'au milieu de cette grande époque, au milieu de ces hommes étonnants dans tous Ips partis, par une grandeur spéciale dont on ne trouve guère le type dans les annales du monde. lis furent nos pères ; nous serons leurs dignes enfants, en ajoutant à cette force qui

(273) Nous parlons ici da xvin* siècle et de la révoltt'îon Trançaise d'ane manière générale et dans ses grands résuliats. Quant à certains moments, certaines doctrines, certains hommes qui s'y rattachent, et dont les passions aveugles ont ébranlé ou distrait tant d'idées, de principes, dlnstitulions précieuses; abattu, sans distinction, tant de lètes éminentes que nous reffretterons k jamais, et m41é à nos triomphes tant de deuil, de larmes et de sang qu'on aurait dû épargner, nous les maropons de ce stygmale réprobateur que leur a InAigé l*bistoire dans sa baille mais Jotie et inilexibld inpaitialité.

a su tout à la ibis ébranler et consolider, (j. truire et rebâtir ensuite, cette sagesse [i; utile et plus puissante sans doute, qui ci i truit et répare plus encore qu'elle ne renvtr> et ne démolit. Nos pères appartenaieni au période de l'humanité correspondante à u jeunesse qui commence à mûrir : nous ai*; tenons à la période de la maturité : nous^ vêtons la robe virile. Le jeune homme • ardent et impétueux; il veut conquérir; un seul élan tout ce qu'il embrasse : i'h i adulte a la même vigueur : mais seul li vraiment fort. Il a le sentiment calme ei fléchi de sa puissance, qu'il emploie loin > tiëre, et sans en rien perdre , parce qu i sert de tout sans jamais en abuser.

ïelle est la France du xix* siècle, ti! héritière des deux siècles oui nous ont ; cédés. Etudions donc ces aeuxsièclev^ dions aussi le nôtre qui n'a rien à lui»:: ou plutôt qui leur est supérieur encore , : un type qu'il faut saisir, par une vie [ et OUI n'est pas empruntée. £tudioi> médecins historiens, car l'histoire de '; nité est toujours, est surtout Thist t l'homme dans de plus vastes prop'' dans de plus larges développement^ .

A ce titre, son domaine est aussi à ' Hippocrate l'avait dit et Bacon Ta r après lui : Medici non sint toti inc rum sordibus^ ce qui veut dire, en letr sant dans le sens a'Hippocrate : « La u. cine doit éclairer d'abord l'hygiène, b phylaxie, Ja thérapeutique, mais ce u professionnel qui est de droit rigoureux ibis accompli, elle doit s élever plus > et contribuer, par ses exemples et se> • seils, à fournir a l'homme tout ce qui i Je perfectionner, en élevant son inteili. et son cœur, en semant et faisant gor^i lui ces sentiments moraux et religieux q surent la stabilité du monde etdevienri'

f>oint de départ, la source, la cause de i es progrès scientifiques, industriels et ciaux.» voilà, comme le répètent souvl; vieillard de Cos et toute son école, ui. grandes missions législatrices de la mé'^

c'est ce qui lui a fait dire qu'elle se n toutes les sciences, et que sans elle t science complète est impossible. Nou^ ^ rons comment il a justifié par son t v

Ele cette proposition aussi vraie que li : a puissance d'un génie législateur se id rant par le nombre et Tiraportance de< cipes législateurs qu'on peut lui rapi> nous pouvons affirmer qu'Hippocrate ^

(*74) Voyez, à ce sujet, les document^ f

λar Tun de nos pins éminents zoologistes, £ <^ roy Saint-Hilaire, qui a saivi Napoléon ih ' Texpédition d'Egypte.

(275) 11 y a des époques législatrices, des

3 ses de décadence, des époaaespréparaioirc^ e transition qui annoncent de nouveau «ic' ques législatrices. Plusieurs habiles publicibio sent que nous touchons à une époque de ct > re; nous partageons leurs espérances. {\^^} Etudes sut te génk et tmetàf sctenuM-^' m* jîMe.

LBQ

DE PHTSIOLOaiS.

LEO

eoles Uppocratiques doivent, comme notre cieoea, occuper rim des premiers ranss»

ouroe pas dire le premier, dans les annales t rbumanité. Ceci deviendra évident pour ou$, quand nous vous aurons montre les pois principes législateurs qui leur apparenseot et que la plus stricte justice ne sau* lîi leur contester. L'étude du génie lé^slam au point de vue militaire, politique* Énmistratif, etc., n*entre point directement hKie cadre de nos études communes; nous ns attacherons done, dans les leçons spé- ■:«< que nous lui consacrerons plus tard* itecoQsidérer surtout au point de vue scien- 1)11^ en insistant particulièrement sur les f(»ications médicales. Nous nous coçtente- BesQiéiDe aujourd'hui, de présenter queW |BB remaraues générales sur le génie belleifie, l'école de Ces et le siècle de Péri* ie:ellessuiBront,avecce qui précède, pour np (^réparer à des études plus approfondies ffk génie législateur.

Gaie dernière proposition vous étonnera P^^K et plusieurs d'entre vous seront IIS JmU; disposés à penser que nous cboi- «^> une partie peu importante de notre K*^'^' est-ce, en effet, diront-ils, que la 6^/1 médecine « l'école de Cos, uippo- Me/:(M des grandes nations, des sciences 9^W%5, de tant d'autres écoles d'un ordre m ékré, de tant d'hommes dont les noms i| ibcrits à la tête des annales de Tunivers» m .iVundre, d*un César, d'un Charlema- (iuQ Napoléon T Ce sont des points imptibles dans le temps et dans l'espace, rompez-vous. Messieurs, le ^énie légis- ' agrandit tout ce qu'il touche. Par lui ys peu étendu , une science très-mu- . une école peu nombreuse, un homme tt le nom retentit d'abord dans une étroite ^inie, peuvent exercer un grand empire f tous les pavs , sur toutes les sciences, f tous les siècles qui s'écoulent après eux. i& ence et les arts, les savants et les artistpeuTent dominer sous bien des rapports ^ qui ne furent que des conquérants , et I actes éclatants qu*ils ont exécutés : dans lA'ire de l'évolution humanitaire, ils jouent \ ^i\t immense dont la puissance, toute ^e qy*elle est , nous échappe souvent , ^qu'elle se manifeste avec moins d'éclat. wdez-Yous de croire que les peuples lé- F^rs sont toujours des peuples trèspr^ui, que les nommes législateurs sont toWuldes guerriers ou des rois; que les ^•es et les écoles législatrices sont celles

leur caractère extéce n'est point dans qu 11 laui les chercher d'une ^■'t irop exclusive. L'Egypte, la Judée, ''/^•e, Florence, Rome, pays des grands *js la France primitive elle-même, ne se ^ Nm remarquer par l'importance de ^ r-opulation. Attiènes, la Macédoine, Rome * ;it des villes ou des contrées peu consi- '^'H et pourtant elles ont conquis, do-

Zi ^n. ^^'**''^ '® monde. Homère, Hippo-

étaient

j^*; Pl»lon. Aristote. Plutarque nV '^conquérants ni des princes» et

néan-

moins Alexandre dut beaucoup k son précepteur Aristote ; il portait les œuvres d Homère dans une cassette en or, et les relisait sans cesse. C'est à l'école de Plutarque son auteur favori, que se forma d'aboi d Napoléon, génie profondement français, taillé à l'antique, comme le disait un homme qui le connaissait bien et qui avait prévu ses destinées prodigieuses. La médecine, bien que n'étant point une science politique, n'en reconnaît

f>as qui lui soit supérieure au point de vue égislateur, sans qu'elle ait besoin de sortir de son caractère propre et fondamental.

L'école de Cos et Hippocrate, les écoles hip-

Socratiques comme celle de Montpellier et ^s hommes qui les ont illustrées, n ont point la prétention d'être des écoles spéciales d'économie administrative, et cependant, sans abandonner en rien leur sphère médicale» elles sont des écoles profondément législatrices, ainsi que le démontre leur histoire. Pourquoi cela, Messieurs? C'est que le monde, ainsi que le remarquent très-loien Hippocrate, Platon, Aristote, etc., est gouverne par les idées, dont les faits et l'histoire ne sont que des manifestations extérieures; c'est qu'il est dirigé par une intelligence suprême (font les sciences, en prenant ce mot dans son sens le plus large, nous révèlent successivement le secret. Or, parmi les sciences humaines, la science de l'homme ou la médecine, est la première de toutes, et conduit ainsi, par une voie qui lui est propre, à la science de la nature, et à la science de Dieu : Connais^ toi ioi'fnême^ voilà un grand principe législateur d'où sont parties les grandes écoles spirituatistes de l'antiquité (Socrate, Platon» Aristote), celles qui ont enseigné la parole du Chnst depuis le commencement de notre ère jusqu'au xvu* siècle ; celles qui ont illustra cette dernière époque. Vous comprendrez, maintenant, comment notre science, l'école de Cos et les écoles hippocratioues, malgré le modeste domaine où se manifeste leur ac tivitéi ont pu être et sont en effet des sciences et des écoles législatrices. C'est ce que nous tAcherons de vous démontrer.

Sans entrer dans des détails que nous vous donnerons plus tard, vous pouvez juger dès à présent qu'Hippocrate et l'école de Cos se sont trouvés dans les conditions les plus favorables pour recevoir et exercer les fonctions de législateur. Us ont vécu et brillé en Grèce, au siècle de Périclès ; ils ont cultivé les hautes sciences et surtout la science de l'homme qui a été pour eux non point une profession industrielle, mais un véritable sacerdoce. I1& se rattachent à ce pays et à cette époque auxquels nous devons, avant le christianisme, les plus beaux germes de notre civilisation mooerne, et des modèles dans tous les genres. Là littérature et Tart grec sont assez bien connus, quoique leurs trésors n'aient pas été tous dévoilés; mais la philosophie et la science hellénique renferment des richesses que peu d'hommes ont bien aperçues et qui réclament toute notre attention. C'est un champ presque neuf où nous trouverons d'abondantes moissons. Ii^justes envers 1^

Page 1