I. Histoire de la logique
It. Logique spéculative ou rationnelle, logique pratique :
i*" Opérations et facultés psychologiques; de leurs résultais ou produits.
2"* Art déjuger ou de raisonner.
3" Logique des faits, art d'observer, d*expérimenter, de généraliser, de conjecturer.
4* Critérium ou signes de la vérilé, de la certitude, de la vraisemblance, des préjugés, des erreurs.
5" Méthodes.
è** Gymnastique intellectuelle.
Nous formâmes bientôt le projet de remplir ce cadre, pour notre propre usage, dans la mesure de nos forces ; nous le fîmes en effet, et l'on peut voir des traces de ce travail dans notre cours d'analyse de Tesprit humain, que nous fîmes un peu plus tard (1828), après avoir consacré quatre ans à nos études médicales. Nous avons commencé à en donner le résumé. — Nous avons traité en effet, — art. Esprit humain (Analyse de T), — des opérations de Tenlendement, de ses facultés, des idées (premier article de la logique spéculative et pratique), afin de servir d'introduction aux cinq articles suivants, c'est-à-dire à cette logique même, que nous avions exposée dans les autres parties de notre cours. Nous devrons donc entrer maintenant dans le cœur de notre sujet.
La logique, comme il est facile de s'en assurer, est une science très-importante, quand on la considère sous son véritable point de vue, tel aue nous venons de le présenter, llamilton (Frogm. de philos, trad. par Pkysse), a montré combien elle est méconnue, oubliée, ignorée ; l'un des premiers il a provoqué en sa laveur, une réaction qui s'accroît de jour en jour, et qui commence h porter ses fruits.
L'homme a, dans sa nature, trois grandes aspirations. Il cherche le beau, le vrai, le bien, et s'efforce de les poursuivre jusque dans leurs dernières limites : mais il est souvent abusé par leurs fantômes et ne parvient qifavec peine à se défendre de ses illusions. Pour y parvenir, il a besoin de sciences,
(282) Quel n'en serait pas Teflet, si Ton pense qu'un seul ouvrage bien lu a suffi quelquerois pour faire germer dans un esprit le génie qui recule les limites des sciences ! L*art de bien lire
d'arts, de règles qui le dirigent dans sa inan et lui fassent éviter les écueils. La scicnc< l'art d'atteindre Je beau, constitue Yaih tique ; la science et l'art de parvenir au w-. se nomme logiaue; la science et l'art de si^ le bien et de le pratiquer s'appelle nar; Chacune de ces vastes branches de Tanili pologie trouvera sa place dans notre Jf; de philosophie ; nous nous bornerons k quelques considérations sur la logiqu ^ m méthode, en présentant un résumé, rtiou de nos leçons de 1828, précédé de qm? : éludes préliminaires. Nous parlerons d a:. de la logique formelle ou des formes du ! sonnement, nous aborderons ensuite la i < thode.
Aristote, indépendamment de souOrfjnv que l'on regarde à tort, comme une lo. purement formelle, avait composé un u spécial De la méthode. Cet ouvrage pn- : est perdu ; mais il n'est pas impossib!» 1 refaire, du moins dans ses parties priin!; à l'aide des nombreux fragments mcO giques répandus dans ses divers et -.
trouvera dans notre Traité de phikr'i nos essais sur ce sujet.
Résumé DE NOTRE cours de 1S22 sur l*a>alw
l'esprit humain.
IL — Logique.
Nous avons divisé Yanal^e de Inhumain en deux parties : la preniièn»
r>our objet la connaissance des opéniii"'^ 'âme humaine, de ses actes, de ses iani de ses produits; la seconde doit nous prendre à diriger notre âme dans l'ii^:'ses diverses facultés. Lune, plus sprou encore que pratique, fournit, en (pi sorte, des matériaux; Vautre, plus prril ; les considère à ToBuvre et trace les v. qu'il faut suivre pour en làire us.ipv i embrasse Vesthétique, la morale, la /07/ / '
La logique, dont nous allons d'abori entretenir, est l'art de guider nos fa' dans la recherche de la vérité, de dirii: i opérations de l'eprit humain pour pu aux connaissances. Elle a de grandes r tionsavec Vesthétique et la morale, parci' l'âme humaine est une; que le beau, k le bien^ ont une môme origine en Dieu. ^ De Gérando, Sur V importance de la /' pour acquérir la science.) Arislole a ' « La vertu est le premier instrument de . telligence. »
Tous nos moyens d'acquérir des cou; sances se rapportent è deux facultés : 1' tion (raison non raisonnante de qu* ; auteurs), et la faculté discursive. Il id-' voir Jujer et raisonner, saisir des nippoM^ comparant, et disposer les vérités (jui p; tent de cette comparaison de manière a déduire des vérités nouvelles. Nous .i\ déjà parlé de l'intuition; nous nous (h i: rons maintenant de la logique, desjNV'j'' et des raisonnements et de la méthode.
devrait renfermer celui de se préparer n l.i • turc, et celui de refaire en quelque sorte r«'»»" qu'on a lu, et par une niëlhode diffëR'iKe de ( qu*a suivie Fauteur.
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U tonnuissance peut être déGnie, proviiDtroiDeiJt du moins, « la perception des rapports de convenance ou de disconverioce entre nos idées, leurs objets, leurs çi:n*^5. etc. » La perception de ces rapports feui être immédiate ou médiate. Elle est jimédiale lorsque les rapports s'aperçoivent iiui-œômes, iorsau'ils sont l'effet d'un ;u{eiDent simple; elle est médiate lorsque Tx rapports ont besoin, pour être aperçus, d'un turme moyen auquel on compare les luirtfs termes; lorsqu'ils résultent dun rai^ mnment.
Nous diviserons donc celte première partie dr \â logique en deux sections : la première lurt pour objet les connaissances immédiates nk jugement; la seconde, les connaissances médiates ou le raisonnement,
Sect. L — Du jugement.
]aç(r, c'est penser qu'un objet est ou n'est P's de telle ou telle manière. Le jugement appose donc nécessairement deux idées :
rt(i«e de Tobiet dont on juge, et l'idée de ce qaoQ juge de l'objet. L'objet dont oli juge <^fêe\e sujet du jugement; et ce que l'on ^^^1 sujet est appelé attribut, parce qu'on ^ttiim au sujet (z83).
'A distingue deux sortes de jugements : i'}9^ment af/irmcuif, par lequel l'esprit ;^ <|ue deux idées conviennent entre «Iles;
It jugement négatifs par lequel il juge <|Q''lb disconviennent : on voit donc gu'il y H!!inD«tion même dans le jugement négatif. Le jugement est exprimé par des mots, et fiftembiage de tous ces mots, qui sont l'ex- ?rtssion du jugement, est appelé proposition. >ieÙ6 que soit l'importance des signes pour uitenir la pensée, on a eu tort d'affirmer |ce nous ne pensons que par le secours des tjnes, et qu'il n'existe pas de proposition torement mentale; Locke lui-même, avec leaucoup d'autres, a reconnu qu'il n'en est lomt ainsi. Nous faisons ici abstraction des Bols qui expriment le jugement , et nous ne oRsi léroDs que les idées qui le constituent, t rapport de ces idées, etc. Dans la gram^ uirf , nous traiterons de la proposition , des ipports des signes avec la pensée, etc. iinaginer, concevoir^ juger ^ etc., sont assez jDonjrmes dans te langage ordinaire; on Mifond souvent l'idée avec le /tigremen/, etc. '^ dans ce sens que l'on dit qu'il y a des l^^s vraies et des idées^ fausses ; mais , à 'oprement parler, si une idée n'est qu'une Oiple représentation, sa vérité ou sa fausseté si renfermée dans des limites plus étroites lion ne le croit. Bossuet a dit que, au fond, ne idée n'est ni vraie ni fausse , et que Ki ^nté, de même que la fausseté, n'appartient
|SS3) I Le jQgement, dit A. M. Bensa (Logique '^i P- 69). est un acte par lequel l'entendement ^( fistinctement le rapport qui existe entre ^1 idées qu'il a comparées. 11 ne consiste pas f^sémeoi dans la comparaison de deux idées, et ^pttiettlement la perception simultanée de f^^idées. Il se corinpose aélémems qui sont : ^<Kia idées distinctes que Tintellect compare ; ^e troisième idée par laquelle il perçoit le
DicnoxN, ns Physiologis.
qu'aux jugements. Il fait observer que» dau.s ridée, l'esprit ne fait que se représenter les objets ; qu il n'en affirme rien , et qu'il n'eu nie rien aussi; qu'au contraire le jugement affirme quelque chose de son objet, ou qu'il en nie quelque chose. Cette remarque de Bossuet est exacte, en prenant le mot idée dans le sens simple qui! lui donne; elle ne l'est plus en étendant le sens de ce mot.
La vérité des jugements affirmatifs consiste en ce que le sujet contienne l'attribut; et la vérité des jugements négatifs, en ce que !« sujet ne contienne pas rallribut, mais plutôt cfu'iU'exclue. Ainsi ce jugementaffirmatif :Ia rose est une fleur ^ est vrai, parce que l'idée de rose contient l'idée de fleur; car s'il n'y avait pas de fleurs il ne pourrait ^ avoir dô roses. De môme ce jugement négatif : le noir n*est pas blanc , est vrai , parce que l'idée du noir exclut celle du blanc.
Cette perception immédiate du rapport qui existe entre deux idées a été nommée par Locke intuition^ du verbe latin intueri, parce qu'elle résulte de la seule vue des idées mêmes que nous comparons. La connaissance intuitive est, comme 1 observe Locke, la plus claire et la plus certaine dont l'esprit humain soit capable. Elle agit sur nous d une manière irrésistible : semblable à l'éclat d'un beau jour, elle se fait voir immédiatement, et comme par force, dès que l'esprit tourne la vue vers elle; et sans lui permettre d'hésiter, de douter ou d'entrer dans aucun examen, elle le pénètre aussitôt de sa lumière.
Pour bien juger, il faut avoir des idées claires, distinctes, etc. , et examiner avec la plus grande attention celles sur lesquelles on doit jug;er. La négligence à se laisser remplir d'idées confuses, inexactes, imparfaites, etc.; la paresse à se donner l'application qu'il faut pour les éclalrcir ou les rectifier; la vanité, qui nous porte à prononcer sur des matières qui nous sont plus ou moins étrangères, voilà ce qui nous fait porter continuellement une infinité de faux jugements.
ftecT. 11. — Du raisonnements
Haifonner, c'est percevoir le rapport de con* venance ou de disconvenance qui existe entre deux choses par le moyen d'un intermédiaire auquel on les compare.
Comme tout jugement suppose des idées, de mémo tout raisonnement suppose des jugements : ainsi le raisonnement est cette opération de l'esprit par laquelle nous tirons un jugement d'autres jugements déjà connus.
On distingue ordinairement plusieurs espèces de raisonnements, savoir : le syllogisme,!'enthymême, le dilemme, le sorite, eic. Ces diverses espèces ne diffèrent au reste
rapport d'union ou d*opposition entre les deux premières. > Ici nous '.distinguons les jiif^ements simples et les jugements composés. La logique de M. Bensa contient d'excellentes choses, mais nous ne partageons pas toutes ses opinions. Ainsi, par exemple, ses attaques contre Desairtes, souvent iustes, n^ le sont pas toujours; il a conrondu dan» bien des cas le vrai cartésianisme avec Tultr^cartésianisme de divers disciples.
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DICTIONNAIRS
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que par la forme» et elles peuvent toutes être ramenées au syllogi$me (284).
Art. i". — D« sjUogisme (285).
On définit le êffilagiime un raisonnement composé de trois propositions disposées de manière que la troisième suit nécessairement des deux autres.
La nécessité du raisonnement n'est fondée que sur la limitation de Tesprit humain, qui, ayant à juger de la vérité ou de la fausseté d'une proposition, c'est-à-dire de la convenance ou de la disconvenance de deux idées» ne peut le faire que par le moyen d'une troisième idée h laquelle il compare les deux autres. On nomme moyen terme cette troisième idée> ^rand terme ^ l'attribut de la proposition, et petit terme, le siriet, parce que d'ordinaire le sujet est moins étendu que l'attribut.
Trois termes comparés deux à deux donnent trois propositions : le iyllogisme sera donc composé de trois propositions. On les connaît sous les noms de majeure^ mineure et conclusion. Les deux premières propositions s'appellent aussi prémi$se$, parce qu'elles précèdent la conclusion^ qui doit en être une suite nécessaire, si le syllogisme est exact.
La conclusion n'est autre chose que la pro^ position à prouver.
Dans la majeure on compare le grand terme ou l'attribut de la conclusion avec le moyen terme.
Dans 1* mineure, on compare le petit terme ou le sujet de la conclusion avec le moyen terme »
On concevra plus aisément ce que je vien» de dire en jetant les yeux sur le syllogisme suivant :
Tout homme est mortel.
Or Pierre est homme, Donc Pierre est mortel.
Dans ce syllogisme, Pierre est le stget de la conclusion ou le petit terme ; mortel est l'attribut ou le grand terme^ et homme est le terme moyen.
Toui homme est mortel est la majeure ; Pierre est homme est la mineure; Pierre est mortel est la eonclunon, c'est-à-dire la proposition qu'on voulait prouver et qui découle nécessairement des prémisses.
Quoique la majeure précède ordinairement la mineure, il faut bien se garder de prendre toujours pour la majeure la première proposition d'un syllogisme, car le syllogisme précédent pourrait être disposé de la manière suivante, où la mineure précède la mi^jeure :
Pierre est homme.
Tout homme est mortelf Donc Pierre est morieL
(28i> Nous trtilerons ici paTticoliérement du ^loi^lsme descendant ou déductif.
(i85) On sera peut-être surpris de nous voir iwnsacrer plusieurs pages au syllogisme dans un Dktiinmuire iU Philologie. Mais nos élèves, quoique bacheliers-ès-lettres, oublient si aisément ces régies si simples sur lesquelles ils ne réAéchissent
De même, dit Dumarsais, que dans loilr physique on ne peut tirer d'un corps que : différentes matières qui y sont conlern; de même dans Tordre métaphysique on r peut déduire un jugement d un autre ju: ment que parce qu'il y est impliciteme k ainsi la conclusion est, en d'autres tenu le mémo jugement qu'on a porté dan> :
majeure, avec la seule différence que la n jeure est plus étendue et plus générale qu conclusion ; c'est ce que je vais faire voir i un exemple :
Tous les hommes peuvent se tromper,
Or TOUS êtes homme,
Donc vous pouvez vous tromper.
Je dis que cette proposition : \o\i&p\u< vous tromper, est dans le fond contenue d celle-ci : Tous les hommes peuvent $e /r pur; car il est visible qu' Aomme est un r génériqtke qui contient tous les individu^
(résentent les caractères attachés à cette i omme , et qu'ainsi tout ce que je db Yhomme en général, je te dis aussi à ^ en tant qu'Aomme.
D'après ce que nous avons dit sur la r: et la formation des idées générales, il d>:v réellement dans la nature que des ètn^ dividuels, que des êtres particuliers, b
Îu^ils renferment en eux des types d'es| : e genres, etc., que Dieu leurahanii quement imprimés : suivant les rapport^ ressemblance que j'observe entre eux.
forme des idées générales^ des genres et espèces, en m'efforçant de remonter au\ pes réels d'après lesquels le Créateur 1^* conçus. On nomme ces idées exemplcir parce qu'elles sont en quelque sorte de> r dèles auxquels nous compaittns les dive impressions que nous éprouvons àm suite, et qu'ils peuvent se rapporter \ùu> moins aux modèles qui sont dans renie:; ment divin. C'est ainsi qu'on a rangé s la^ dénomination générique d'animal m- 6tres qui sont doués de sentiment, de c^ vement, etc. }e suppose à présent qn' veuille prouver que Pierre est animal ; j'^ mine d'abord l'aidée que j'ai de Pierre et li^
Générale que j'ai dlmimal , et voyant i ' ierre excite en moi Tidée d'asimaJ, je qu'en ce point il ressemble aux autres et,
{>articuliers qui m'ont donné Ueu de forn 'idée générale d'animal ; ce que je dévil<^[: par le syllogisBue suivant :
Tout être qui a du sentiment et du mouveni est un animal (c*est-à-dire ee que tout le nu. appelle un animal).
Or Pierre a du sentiment et du mosTcroeni,
Donc Pierre est un animal.
Vous voyez que dans là majeure du 5}ii gisme on cherche ce qui, de raveu g^in
pas, que nous saisissons Tolontiers me occsv de les leur rappeler. D'ailleurs le syUogtme, r: ne faut pas confondre avec telle et telle fosyllogistique, est, sinon la forme entière de IV tendement humain, comme le dit de Maistre, o moins une de ses gnndes formes.
bË PHYSIOLOGIE.