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l'essence d'une proposition particulière, est qu'elle- ne parle pas de tous les* êtres eom- |iris dans Ticlée générale qui est le sujet ; tandis que la proposition universelle parle de tous sans exception. Or, d'après cela, il est évident qu'une proposition singulière doit être regardée conome universelle ; car en parlant d'un individu, comme par exemple d'i Voltaire, elle ne restreint en aucune manière ridée du sujet qui est Voltaire même, mais plutôt elle l'admet dans toute son étendue: c'est pourquoi les mômes règles qui ont lieu pour les propositions universelles, sont aussi applicables aux propositions singulières; ainsi ce syllogisme est très-bon ;

Voltaire e&t philosophe ;

Or Voltaire esl poète :

Donc quelque poêle est philosophe.

Aat. 4. — Des syllogismes composés.

On divise les syllogismes en simples et en composés. Les syllogismes simples sunt ceux où le moyen terme n'est joint à la fois qu'à un des termes de la conclusion.

Les syllogismes composés sont ceux dont la majeure est composée de manière qu'ellerenferme toute la conclusion. Nous avons déjà parlé des syllogismes simples ; nous allons iraitcr maintenant des syllogismes com« posés.

On peui réduire les syllogismes composés à trois espèces : les conditionnels ^ les copu^^ lalifs^ et les disjonctifs.

§ L Les syllogismes cond/lionne/j sont ceux dont la majeure est une proposition condi-* tionnelle, c'est-à-dire qu'elle contient les. trois propositions ou la conclusion, mais Attacbees à une condition ou supposition.

Si les gazettes annoncent la vérité, la paix est proebaine ; Or les gazettes annoncent la vérité; Donc la paix est prochaine.

On voit que la majeure de ce syllogisme est composée de deux propositions : les ga» zettes annoncent la vérité et la paix est prochaine : or on met entre ces deux propositions une liaison telle (jue si la première est vraie, l'autre Itîst aussi : Si les gazettes annoncent la vérité, la paix est prochaine. On nomme antécédent, la première partie de cette proposition conditionnelle; et consé^ quent, la seconde.

Mais de cette proposition conditionnelle, on peut tirer deux conclusions : 1** Quand il y a lieu de croire que les gazettes disent la vérité, oiî peut conclure que la paix est prochaine ; 2* S'il y a lieu de penser que la paix est encore fort éloignée, nous ne balancerons pas à conclure que les gazettes n'annoncent pas la vérité. On peut done établir que : ^

1" Qui accorde l'antécédent, doiê aussi aC" corder le conséquent,

2* Qui nie le conséquent, doit aussi nier Vantécédeni.

Mais on peut très-bien nier l'antécédent sans nier le conséquent ; on accorde le conséquent, sans accorder l'antécédent : ai;isi je raisonnerais mal, si je disais :

Si les journaux sont vëridiqoes, la paix ea ^.ni. chaîne ; Or Les journatii ne sont pasvéridiques:

Donc la paix n*est pas prochaine.

Il est vrai que les journaux ne sont [ ^ toujours véridiques ; mais malgré cila, .. paix pourrait bien être prochaine.

La forme suivante serait également \r cieusc :

Si les journaux sont véridiqoes, h paix c^i pchaine, Or la paix est prochaine:

Donc les journaux sont véridiques.

Supposons que celte proposition, /n /est prochaine, soit réellement vraie; oe( dantilne s'ensuivrait pas que lesjfiuii, ^ soient véridiques, c'est-à-dire qu'ils oe lu tent jamais.

Ces deux dernières formes de s}11o;:!n conditionnels sont donc vicieuses ; inah deux pnécédentessontbonnes et necondu ^ jamais à Terreur, pourvu que la majeurt ditionnelle soit vraie, c'est-à-dire que 1 1 nière partie soit une conséquence uéc de la première.

§ IL Les syllogismes copulatifs sont ' dont la majeure est une proposition c lative qui nie que deux propositions puêtre vraies à la fois. On établit ensuite i; de ces propositions dans te mineure, | nier l'autre dans la conclusion. Eiempk

On ne peut être à la fois Fami de la Tcriu ei protecteur des méchants; Or Pierre protège les méchants :

Donc il n*est pas Tami de la vertu.

Ou bien :

Or Pierre est Tami de la vertu :

Donc il ne protège pas les méchants.

Dans le syllogisme copulatif, il faut ni sairement que la mineure soit afTirniatiu la conclusion négative. Ainsi le syllu:^ suivant serait vicieux :

On ne peut être à la fois Faoïi de la venu it protecteur des méchants ; Or Pierre n'est pas Pami de la vertu : Donc il protège les méchants.

Ou bien :

Or Pierre ne protège pas les méchants:

Donc il est Fami de la vertu.

Ces deux conséquences pourraient l

auelquefois se trouver vraies, mais oll- ; écoulent pas des prémisses.

§ IIL Les syllogismes disjonctifs sont i dont la première proposition est disjoiu c'est-à-dire composée de deux parUt> ù sunies par une alternative :

Ou le soleil tourne autour de la terre, ou la U' autour du soleil ; Or le soleil ne tourne pas autour de la terre: Donc la lecre M)urne autour du soleil.

Ou bien :

Or la terre tourne autour du soleil :

Donc le soleil ne tourne pas autour de U icrrc

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DE PHYSI0L061E.

Pour que le syllogisme disjonctif soit exact, jltiut:I*que la division de la majeure soit teUe quil ne puisse y avoir de milieu entre i.'5 deui membres opposés; 2* il faut que l'une des parties de la majeure soit affirmée ou niée dans la mineure, et Tautre affirmée ou niée dans la conclusion.

On peut mAme ramener tous les syllogismes d!>jon. tifs à la forme des conditionnels, et SOIS ils sont soumis aux mêmes rësles ; msi on peut rendre le syllogisme précédent de celie manière :

U terre ne loome pas autour du soleil, si le u^\\ lourae aulour de la terre;

Or, etc.

En réduisant ainsi les syllogismes disjonc* tifs aux conditionnels, on verra aisément le micuie de certains sopbismes dont tout le «ronde sent la fausseté sans pouvoir démêler tfiquoi elle consiste, par exemple :

Oi il pleut, ou il ne pleut pas; Orii ne pleut pas:

Donc il pleut.

Pour faire apercevoir le vice de ce syllocîffle^il n'y a qu'à lui donner la forme conl^oQoelle :

It|Ktil, s*il ne pleut pas, elc.

*^i^fs cette majeure paraît dans tout son jour

tldans tout son ridicule. ^^

Le syljoffisme disjonctif ressemble beau-

^^j'jpaa dilemme ; mais il en diffère princi-

pilement par la mineure et par la conclusion.

Art. 5. — De TEnthymème.

. Itnthymime est un syllogisme tronqué ou Bparbii dans l'expression, parce qu'on y Xipprime quelqu'une des propositions comme Iwp claire et trop connue, et comme pouvant ôtre facilement suppléée par ceux a qui *0Q parie ; tel est ce beau vers de la Médée J'. Séncque :

^fnare potui ; perdere an possim rogas?

^ <t bien pu te sauver ; ne puit-je donc te perdre ?

1^ syllogisme serait :

11 est plus facile de perdre quelqu'un que de le

BOTer ;

Or je fai sauvé :

l^c je puis te perdre.

, Les enthymèmes sont la manière ordinaire ôoQt les hommes expriment leurs raisonne-* J&ents. La marche du syllogisme est trop lente pour l'esprit humain ; et Tune des prétùsses suffisant ordinairement pour faire ^^iner l'autre, l'expression de celle-ci de- ^^ni presque entièrement inutile et ne contient aucun nouveau sens.

On resserre aussi les deux propositions ^^ yenthymime dans une seule proposition, ^'Aristote nomme pour cette raison sentence

(Qthymématique, et dont il donne l'exemple aiÎTant :

Morte), ne garde pas une haine immortelle.

'^«y. sur l'enthymèmQ, rOrfif anon d' Arislote,

édit. Pacius; les Comment, de Philopon, Arist. Rheîoric. lib. i, cap. 12. où il nomme l'enthymëme syllogisme de l'orateur. Quoi-

au'on ail nommé l'enthymème, le syllog-isme u vraissemblable, de ce qui a lieu le plus souvent et non toujours, il peut néanmoins conduire à la certitude.

Art. 6. — Du dilemme.

Le dilemme est un raisonnement composédans lequel, après avoir divisé un tout en ses parties, l'on conclut affirmativement ou négativement du tout, ce que Ton a conclu do chacune de ses parties : c'est pourquoi -on l'a appelé dans l'école argument fourchu ou à deux tranchants: argumentum cornutumox: bisferiens, parce qu'il frappe des deux côtés ainsi l'on dit aux pyrrhoaiens qui prétendent qu'on ne peut rien savoir :

Ou vous savez ce que vou3 diles^ ou vous ne lesavez pas ;

Si vous savez ce que vous dites, on peut donc savoir quelque chose :

Si vous ne savez ce que vous dites, vous avez tort d*assurer qu*on ne peut rien savoir ;. car on oepeut pas assurer ce qu*on ne sait pas«

La première règle du dilemme, c'est que le tout soit divisé exactement en toutes ses parties ; car si le dénombrement est imparfait, et si l'on "peut trouver un milieu entre ces pallies, il est évident que la conclusion ne sera pas juste.

La deuxième règle, c'est r|uo la conclusion particulière de chaque partie soit réellement nécessaire.

Un ancien philosophe voulait^ prouver par le dilemme suivant qu'il ne ' laut pas sq marier :

Ou la femme que l'on épouse est belle, ou elle est laide ; Si elle est belle, elle causera de la jalousie : Si elle est laide, elle déplaira.

La division de ce dilemme n'est pas exacte, et la conclusion particulière de chaque partie n'est pas nécessaire ; car : 1' Il peut y avoir des femmes qui ne seront pas belles au point de causer de la jalousie, ni assez laides pour qu'elles déplaisent; 2" Une femme peut être belle et en mftme temps si vertueuse, qu'elle ne cause point de jalousie ; et une laide peut plaire inGniment par son esprit et par son caractère.

La 3* règle des dilemmes, c'est qu'ils ne puissent être rétorqués. Aristote nous dit

Ju'un philosophe voulait prouver au'on ne evaît pas se mêler des affaires de la république, par ce dilemme :

Ou Ton s*y conduira bien, ou Ton s'y conduira

Si Ton s*y conduit bien, on se fera des ennemis : Si l'oii s'y conduit mal, ou offensera les dieux.

On lui répliqua par cette rétorsion :

Si Ton s'y conduit avec souplesse et condescendance, on se fera des amis ;

Et bi Ton garde exactement la justice, on contentera les dieux.

La première partie de celte réplique na

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pie parait pas lrès*morale : on aurait pu répondre d'une manière bien plus noble au dilemme du philosophe, qui appartient h un ambitieux mëticuleusement prudent, plutôt qu*è un esprit élevé, moral et véritablement religieux.

On peut voir un dilemme sous forme abrér gée dans le discours de saint Charles Borromée à Touverlure d'un de ses conciles provinciaux :

Si tanto muneri imparei, eut tam ambition f> Si pares, eut tam négligentes ?

Art. 7. -<- Du sorite.

Le sorite est un raisonnement composé d'une suite de propositions disposées de mapière que l'attribut de la T* devienne le sujet de la 2- ; l'attribut de la 2* le sujet de la 3'; et ainsi de suite jusqu'à ce que le sujet d^ la 1" soit joint dans la conclusion ayec Vattribut de la dernière.

Je veux, par exemple, prouver que les ^vares sont misérables ; je dis :

Les avares sont pleins de désirs ;

Ceux qui sont pleins de désirs manquent de beaucoup de choses ;

Ceu\ qui manquent de be;)iticoup de choses sont luisérables :

Donc les avares sont misérables.

La règle essentielle des sorites, c'est que les propositions qui se suivent, soient intimement liées: ainsi la 2* doit expliquer l'attribut de la 1'^ ; la 3* l'attribut de la 2* ; ^t ainsi de suite, jusqu'à ce qu'enfin on arrive à la conséquence que 1 on veut tirer : autrepoent ce ne seraient q[u'8utant de propositions particulières qui ne renfermeraient pas la conclusion. Le fameux sorite de Cyrano de Pergerac eh est ux\ exemple :

Jo suis le plus bel homme de ma chambre ;.

Ma chambre est la plus belle chambre dd collège de Beauvais ;

Le collège de Beauvais est le plu^ beau collège de Paris;

Paris est la plus belle ville de France;

La France est le plus bes^u pajs de TEurope ;•

L'Europe est la plus belle partie du monde :

Donc je suis le plus bel homme du monde.

Ce raisonnement n'est, comme on voit,

au'une suite de propositions particulières ont l'une n'explique pas l'autre, et dont aucune ne contient la conséquence.

îl faut toujours dans les sorites prendre garde à l'ambiguïté des termes, sans cela on serait souvent très-embarrassé pour répondre à un raisonnement, dont on sent cependapt toute la fausseté, par exemple :

Celui qui boit bien, dort bien ;

Celui qui dort bien, ne fait pas de mal;

Celui qui ne fait pas de mal, est un honnête homme ;

Un honnête homme est infiniment estimable;

Donc celui qui boit bien, est inlinlment estifnable.

Il faut distinguerdans ce sorite la 1" proposition : Celui qui boit bien, dort bien; --après jftt'ti a fru, je l'accorde ; lors même qu*il boit, je le nie. On peut distinguer de même la 2' :

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