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piCriONNAIRB
Ctluiqui dortbien, ne fait pas demal^-quavi il dort, je l'accorde : après avoir dormi, ok avant de dormir , je le nie. On pourrait même dire que celui qui dort quand il devrait travailler, se ni^it a lui-même, et nuit souvent aux autres.
Aet. 8. — De rinduction.
Nous avons déjà consacré un article à l'induction; nous y reviendrons encore en traitant de la méthode.
D'après tout ce q\xe nous avons déjà dit, il est aisé de s'apercevoir que toutes les diverses espèces de raisonnements peuvent se ramener au svUogisme. Il est aussi évident que dans le raisonnement il faut s'attacher aux trois opérations suivantes :
i' Se rappeler une idée générale ou eiem* nlaire
2* Examiner si l'olyet dont il s'agit est m n'est pas conforme à cette idéç générale, et s'il n'y est pas renfermé.
3' Exprimer par la conclusion ce que Foil sont touchant cette confoi^nité ou. cette m conformité.
De4^ sophismes.
Nous avons établi les règles qui coosliluent les bons raisonnements ; nous allons tâcher! de démêler les raisonnements faux ou cap-' tieux. On les connaît sous le nom dei^pAumes ou de paralogismes. Ce sont des raisOQ« nements vicieiîx qui en imposent par uoe apparence de forme. On en sent bien souvent toute la fausseté, et l'on est cependapt trèsembarrassé à la découvrir,-
On oe raisonQe que sur ses propres id6e$; il faut donc, dans la suite d'un raisonoemeot, conserver les mêmes idées ; car ce qui e>i vrai d'une idée ne Test pas tOMJours dto autre. Ainsi, quand on raisonpe avec (p qu'un , il faut bien prendre garde s'il » » mêmes idées que nous et s'il entend les mott dont nous nous servons, dans le môme sens que nous les entendons.
Il faut surtout prendre çacdOi da^ns la cm* leur de la dispute, de donner toujours le çiême sens aux mots dont on se sert,p<rc& que ce que vous dites d'un mot pris eu uii certain sens n'est pas vrai lorsque vous prenez ce mot dans une signification différente: c'est pour cela qu'en bien des occasions il ^ bon de définir les termes et de convenir (W leur signification. i
Les observations que nous venons de faifj ne nous seront pas inutiles pour démêler subtilités des sophismes.
Art. 1 . — Ambiguïté des termes.
Le sophisme qui consiste dans l'ambiguiM des termes est appelé, par le5 logiciensi grammatica fallacta ; par exemple :
Le rat ronge ;
Or le rat est one syllabe :
Donc une syllabe ronge.
La fausseté du raisonnement consiste djW ce que le mot rat est pris en deux sens diD^ rents dans les deux prémisses. Dans l« ^]
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leore, c*est UD animal; dans la mineure, c'est une njUabe. Ainsi ce syllogisme a quatre ter- Des : le rat afûmal ; le rat syllabe ; le sujet de U conclusion, tyllabe; et raltribut, ronge. Or, d'après les règles que nous avons établies, un syllogisme simple ne peut avoir plus de trois tcnnes. Aristote a consacré un cnapitre de sa Mftaphyiique à quelques mots qui se prennent dans plusieurs sens {Utpi t£y irôvaxûf
ItT.l— Prouver autre chose que ce qui est en
question.
Ce sophisme, qu'Aristote appelle ignorât io Htnfhi, consiste dans Tignorance du sujet dont il est question : c'est lorsqu'on prouve contre son adversaire toute autre chose que ce dont il s'agit ou ce qu'il ne nie point ; c'est, proprement, le quiproquo. C'est un vice tr^rdinaire parmi les hommes : on dispute ifec chaleur, et le plus souvent on ne s en-*> leod pas. L'ignorance n'est pas la seule cause d? ce sophisme : la passion ou la mauvaise k fait aussi qu'on attribue à son adversaire et qui est très-éloiçné de son opinion , pour ^ (abattre avec plus d'avantage, et que l'on )ir* de sa doctrine des conséquences odieuses
. pédicules, quoiqu'elles n'en découlent pas ;t(]iK lui-même les désavoue.
Ij précaution qu'il y a à prendre contre ce ^'phisme, c'est de bien déterminer l'état de il question , en évitant avec soin l'équivociue li^os les mots et dans le sens. Quand une rois l^utde la question est bien déterminé, si foire adversaire s'en écarte, il faut avoir soin * Tj rappeler. (Voy. Logique de Pori-Royal, ar part. cnap. 19.)
Cest sur Vignoratio elenchi^ en partie rfc)le,en partie affectée, que reposent les attaques injustes dirigées contre la scolastifK, le moyen âge , etc. Ils ont commis des erreurs, donc ils n'ont connu aucune vérité; Bs sont mauvais physiciens, donc toute leur i^UphYsique est fausse, etc. Demandons à kurs adversaires non pas des déclamations « >Mis des faits, des textes, et vérifions.
A»T. 5. — Pétition de principe.
Dus le sophisme précédent , on répond à lutre chose qu'à ce qui est en question ; dans ^fétition de principe, on suppose pour vrai te qui est en question. En efiet, dans ce l^bisme, on a recours, pour expliquer une «ose, l celte même chose exprimée en ter- >^ différents, ou l'on rend en d'autres torches la même question qui a été d'abord pro- P!^. Molière, dans le Malade imaginaire^ Hit demander pourquoi l'opium fait dormir? Jt répond que c'est parce qu'il a une vertu «milite. Que d'explications de phénomènes f la nature ressemblent à la réponse du mé- 4^m de Molière 1
On peut rapprocher de la pétition de prin* ^ le sophisme connu sous le nom de cercle «««eux ou de diable. C'est une sorte de rai- Jî^cment vicieux dans lequel souvent aussi 'on suppose d'abord ce qu'on doit prouver; " ensuite , ce qu'on a supposé on le prouve P^r ce qu'on croit avoir prouvé par cette pre-
mière supposition. Pour prouver une chosa qui est en question', on se sert d'une autre chose dont la preuve dépend de celle-là môme qui est en question. On a cité à tort^ comme exemple de cercle vicieux , le raison*, nemenl de ces métaphysiciens qui, dit-on, prouvent Dieu parles créatures, et l'existenc^ par l'idée qu'ils ont de Dîeu. Entre Dieu, ik création et les êtres créés, il y a des rapports, si intimes, que les uns mènent aux autres par les enchaînements et les opérations mentales les plus légitimes.
On peut rapporter à ce sophisme tous les raisonnements où l'on prouve une chose in* connue par une autre qui l'est autant, ou une chose incertaine par une qui est autant ou. plus incertaine : obecurumper obscuriue. On a souvent, faute de distinctions suffisantes, trouvé des cercles vicieux le où il n'y en a pas; nous pourrions en citer de curieui exemples.
Art. 4. — Prendre pour cause ce qui n*est pa^
cause.
Rien ne coûte tant à l'esprit humain que de demeurer indécis , et de dire : Je ne sais pus, jusqu'à ce qu'il ait un motif suffi* sant pour juger avec assurance. De là vient
3ue, lorsque nous voyons arriver un effet ont nous ignorons la cause , au lieu de con* venir simplement de notre ignorance et des bornes des connaissances humaines, noua prenons pour cause de cet effet, ou ce qui est arrivé avant l'effet, et qui n'a réellement avec lui aucun rapport, ou ce qui arrive en même temps, et qui n'a pour cela aucune liaison physiaue avec cet effet. C'est ce qu'on appelle post noc , ergo propter hoc; ou bien cum hoc, erqo pr opter hoc. C'est ainsi que les anciens attribuaient aux comètes les plus funestes influences. Un événement malheureux était par hasard arrivé après ou pendant l'apparition d'une comète, donc c'était la comète qui en était la cause : ainsi raisonne le peuple , et bien des gens sont peuple. Les Romains croyaient aux anispices ; chez nous on croyait, dans le siècle dernier, aux sorciers, et bien des personnes croient encore aux songes ; un joueur croit que celui qui est à son côté lui porte bonheur ou malheur; tel individu a en horreur le nombre treize. — Je n'insisterai pas davantage là-dessus : l'his-r toire de nos erreurs serait beaucoup trop longue. On peut consulter Port-Royal à co sujet. Disons un mot sur les dénombrementa incomplets, le jugement d'une chose par ce qui ne lui convient qu'accidentellement; le passage du sens divisé au sens composé, et réciproquement; les citations supposées t fausses, tronquées, sciemment mal mterpré-* tées, etc.
An. 5. -^ Dénombrement imparfait.
On tombe dans le sophisme du dénombre^ ment imparfait lorsque , de l'énumération de quelques faits particuliers, on déduit une conclusion trop générale; par exemple :
Les Français, les Anglais, les Allemands* lesRusr ses sont blancs :
Donc tous les hommes sont blancs.
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Il n'y a çuëre de sophisme plus commun que celui-ci dans les sciences, et il n'y en a
?oint qu'on doive éviter avec plus de soin, uand on compare le petit nombre de faits que l'on connaît avec le nombre immense de ceux qu'on ignore, que de raisons pour être réservé dans ses assertions! que de motifs pour douter I On tombe aussi dans le sophisme du dénombrement imparfait lorsque, connaissant plusieurs manières dont une chose se fait, on conclut qu'elle ne peut se faire d'aucune autre manière; ou bien lorsque, ne pouvant expli(|uer une chose p^^r les idées que l'on en a déjà, on conclut que cette chose est impossible. C'est ainsi que pendant longtemps on a eni à l'existence des antipodes; c'est ainsi qu'avant la découverte des aérostats on croyait qu'il était impossible à l'homme de s'élever dans les airs. Que d& découvertes sont réservées à la postérité, et que nous jugeons impossibles I
Art. 6. — Passer de ce qui est vrai k quelques égards, à ce qui est vrai simplement ; ou de ce ^uiest vrai, a ce qui ue Test pas à quel<}u^8 égards.
Les historiens romains ont écrit quelaues ftits fabuleux : il serait déraisonnable n'en conclure que tout ce qu'ils ont écrit est fabu^ leux.
Pierre est bon,
Pierre est peintre :
Donc Pierre est bon peintre. •
Dans ce syllogisme, bon est pris d'abord dans le sens d'Aumatn, et puis on étend sa S'igniQcatiûn en le prenant aussi dans le sens d'Aa6i7e. Qui ne voit que la conclusion devrait être : donc Pierre est bon et peintre !
Ce sophisme a lieu aussi :
1* Quand on passe du genre à l'espèce; par exemple : .
Celui qui dit que tu es un animal, dit vrai ; Or celui qui dit que tu es uu Ane, dit que tu es. nn animal :
Donc celui qui dit que tu es un âne, dit vrai.
Dans la majeure de ce syllogisme, le mot animal est pris comme genre; et dans la mineure, il est pris comme espèce.
2* Quand on passe de la chose à une qualité de cette chose; par exempte :
Vous avez mangé la viande que vous avez aebetëa;
Or la viande que vous avez achetée, était crue: Donc vous avez mangé de la viande crue.
Le sens de la majeure est que j'ai mangé la même viande que j'ai achetée; c'est-à-dire la même quant à la substance, mais non la même
auant à la manière d être ou à l'état de cruité, comme le dit la conclusion.
Art. 7. — Juger d*une chose par ce qui ne lui convient que par accident.
Ce syllogisme , qui est connu dans l'école sous le nom de falfacia accidentis^ a lieu lorsqu'on tire une conséquence absolue et sans restriction de ce qui n'est vrai que par accident. C'estce quiarrive è ceux qui blâment les
sciences et les arts, à cause de l'abus que quelques personnes en font.
Art. 8. — Passer du sens divisé au sens composé, ou du sens composé au sens divisé.
Une chose est prise dans le sens composa quand elle est regardée conjointement avec une autre, et elle est prise dans le sens âivis» quand elle est considérée séparément. [)dn> le sens composé^ un mot garde sa significvi .n à tous égards, et cette signiGcation entre d..r^ la composition de toute la phrase; au li.u que, dans le sens divisé^ ce n'est que d/iih un certain sens et avec restriction que ce m;; est employé. Ainsi il est dit dans l'Evanjiihj. en pariant des miracles du Christ . Les avfugtes voientt^les boitei^x marchent; c'est-hHJir»^ quelques-uns de ceux qui étaient aveugles, dt ceux qui étaiept boiteux, etc.
On dit que deux choses sont comialil' > seulement dans le sens divisé quand ^ peuvent bien exister dans le même su] : mais non en môme temps. Elles seront.?. contraire , compatibles dans le sens cotnp'.^'.
3 uand elles pourront exister en même te: ans le même sujet. Le sophisme dont il >:<• git dans cet article consiste h passer de !.. de ces sens à l'autre daus le même raisom: • ment.
Celui qui a la faculté de marcher peut se
mener ;
Or nous ne pouvons pas nous promener p^'. que nous sommes assis :
Donc i^uand nous sommes assis nous n'avoiib ; la faculté de marcher*
Oh voit que dans ce sophisme la majeur est prise dans un sens divisé^ tandis qui i mineure l'est dans le sens composé. S ^ doijte nous ne pouvons pas à la fois être a^ et marcher; mais ces deux actes peuvent lit: bien s'opérer successivement.
On peut rapporter ici les faux jugemci/
Sue l'on porte quelquefois sur la condu.: es hommes, en la considérant selon le s a' divisé, c'est-à-dire selon quelques-unes d leurs bonnes ou de leurs mauvaises qualit' > sans avoir égard aux autres : ainsi Voli .h veut discréditer J.-B. Rousseau comme poi* en citant quelques mauvais vers qui lui o. échappé.
Art. IX. — Passer d» naturel k l*arlificie1, du r tapbysique au physique : en an mot du» g^ '. à rautre.
Ceux-là passent d'un genre à l'autre, et du i taphysique au physique, qui regardent ton leurs idées comme des êtres réels et existai ' qui considèrent, par exemple, l'archée on principe vital comme une substance n'i indépendante, douée tout à la fois de qua.: physiques et de facultés spirituelles.
Je ne m'étendrai pas davantage sur ce i concerne les sophismes : je nae suis borne
1)arler de ceux qui sont les plus fréquents dj a société, et dont il est plus difficile d». garantir. Quant aux autres que certains 1" ciens ont énumérés dans le plus long àvi' ils sont pour la plupart si faciles à con>t