‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 137 sur 340 · DAT · texte numérisé non relu

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Au milieu du mouvement vers le progrès €n tout gt-nre, qui agile le xix* siècle, Tauleur de la Théodicée chrétienne signale avec raison notre retour vers les idées morales et religieuses : « Le xix' siècle s'est préoccupé de gloire, de liberté, d'industrie, de science: ]a gloire lui a laissé de grands souvenirs; la liberté n'a pas tenu toutes ses promesses; l'industrie n'a pas fait circuler ce bien-être qu'elle montra toujours comme un appât décevant, etc., au milieu de ses gloires et de ses revers, de ses espérances et de ses déceptions, de ses fautes et de ses malheurs, le XIX' siècle est toujours devenu, en grandissant, plus moral, plus religieux même. » (Maret, Théodicée chrétienne, p. 84.)

C'est qu'au-dessus des sciences naturelles et de l'industrie, il y a les sciences anthropologiques et religieuses qui organisent et consolident les sociétés, qui fournissent ces bases solides sur lesquelles s'appuie le véri*tAble progrès dans les sciences, dans l'industrie vivifiante, dans la gloire qui ne doit point être un vain fantôme; dans la liberté €[ui né doit point être un rêve, et qui assujettit chacun à la règle de ses devoirs pour qu'il ne s'affranchisse point aux dépens des autres des obligations sociales que nous devons porter en commun suivant la grandeur de nos forces et le principe sacré du dévouement. Le christianisme seul enseigne, développe, pratique le dévouement sans effort comme sans ostentation. Partout où le dévouement chrétien pénèlre dans les institutions et dans les mœurs, les problèmes sociaux et scientifiques deviennent faciles à résoudre ; l'erreur volontaire ou involontaire, évidente ou habilement déguisée, ne conduisant plus au succès, tous les regards, tous les efforts se tournent ▼ers la vérité; les nuages se dissipent, les apparences trompeuses s'effacent, les idées exactes se déroulent et s'enchaînent, un progrès sûr, permanent, continu, s'accomplit. L'humanité marche à grands pas vers cette période de perfectionnement; elle est inévitable. Nous pouvons, par nos fautes ou notre sagesse, en retarder ou en accélérer Tavénement , nous ne pouvons pas l'empêcher.

L'âge d'ora-t-il existé dans le passé? Quelle a été sa nature, quelle a été sa durée, etc., ce sont des questions qui ont été longuement discutées : mais sans rêver un âge d'or futur, nous pouvons affirmer que, dans l'ensemble, les sociétés chrétiennes marchent de plus en

})lus vers un meilleur avenir, quels que soient es oscillations et les orages qu'elles auront à traverser. C'est là un principe positif que les sophistes peuvent obscurcir, mais (|u'ils ne renverseront jamais. A ceux qui nient la lumière et le mouvement, on répond en prenant un flambeau et poursuivant son chemin : à ceux qui contestent l'importance, la valeur dos sciences théologiciues , la divi-

DICTIONNAIRB MET ;

nité du christianisme, demandons si: plcineot s'ils savent ce que c'est que la li

logie, s'ils ont étudié l'histoire du (ii tianisme dans ses rapports avec IhiNi, des sciences et de l'humanité; s'ils nnt . \ miné celte seule question pourquoi K dent a-t-ii fini par dominer rOrient, poiiiv.i la Chine est-elle restée immobile, pour j le christianisme a-t-il écrasé rislariii>nir? . a paru si près de le dévorer; pour-ju i France a-t-elle toujours grandi au luili^ti . plus violents orages? Les sciences phys, : sont impuissantes pour donner une sokit, satisfaisante de ces f'iits inconteslabhs et contiennent de si grands enseigneuienls ;. notre avenir : mais si vous consultez . sciences anthropologiques et religieusM^s. mystère sera bientôt éclaire!.

Art. h. — De la mélhode générale.

L'homme, quand il veut apprendra, j être comparé è un voyageur €[ui par une roule pour arriver à la vérité su[ ou première et fondamentale, en recuei pendant son voyage, toutes les vérilt's < claires qu'il lui est permis d'obtenir : it thode est l'art de disposer avec ordre, «: manière la pllis fructueuse, toutes les cl qui lui sont nécessaires pour arriver à la \t :

En suivant ainsi une roule le voyni: . un point de départ, un trajet, un but. nitii ^ il lui faut un fiil conducteur qui k rige, une lumière qui l'éclairé, une fotc: le pousse, etc.

Pour bien comprendre la méthode, il :

porte donc d'avoir une idée claire, disiir complète, du point de départ » du lil ( ducteur, de la force d'impulsion, du [< d'appui, du but, de la voie, etc.

L Lumière, — Y a-t-il une lumière | illuminer le chemin? Chacun le sait, toii monde affirme même qu'il y en a pUhi et l'on parle sans cesse du flambeau de j périence, de la raison, de l'histoire, clc... lumière nous vient du dehors (du m r et de Dîeui; du dedans (de notre âmoi; ' est partout hors de nous et en nous; < se trouve avec des degrés et des modes dans toutes les parties de notre ârae végétative, sensitivo-animale, intelleotu dans toutes ses facultés et tous ses actts stinct, sens, intelligence, intuition, ana'' synthèse, induction, déduction, elcA L stinct vital dirige la plante dans le cho!\ sa nourriture ; l'instinct sensitivo-anirot I • rige la brute dans ses diverses opénuio:contient en lui, ainsi qu'on l'a dit dt longtemps, une image lumineuse qui P' suit l'animal comme dans un rêve, el K ' duit ainsi vers un but déterminé (imago / menti imprégnât animam lumine tn .<'""' Vintellictivité animale est une lumière •: < autre ordre, dont l'éclat éclaire les êtres ; en sont doués. Avec leur instinct el leur tellictivité, les brutes, qui n'ont ni la rni^ ni le raisonnement humain, ont uneceriiiu absolue dans leurs actes biologiaues es'r tiels. Ici, pas de scepticisme pour elles : le i est certain de l'existence el des qualité''

MET

DB PHTSIOLOOIE.

li£T

proie qui doit assoufir sa fSBdm« de l'eau iTapaisera sa soif. L'homme seul, parce il! peut raisonner à fiiux, a le pouvoir de in^, en théorie, le scepticisme absolu, l'il démeat dans la pratique , parce que, ul, il a une {^nde liberté dans les abus fil peut faire de sa volonté.

Aa-dessus de Tiotellectivité «enitltvo-am- ^e, on rencontre Vintelligenee humaine.

liH:i a une lumière oui occupe une sphère part; elle est dans la région des intelli* ma, de$ e$frit$. Cette lumière intérieure, est la conscience : celle-ci, toui à fait inté'nrt, dhtincU de$ sens externes» des sens itm$, du sens intime^ est toute subjective, MU intuitive, quand on l'examine comme Dière; elle apporte par cela même avec le la certitude la plus lumineuse. Elle de-» lent d'autant plus puissante qu'une réoioQ plus forte en concentre plus virement s njons ; elle éclaire alors rame tout eniirt dans sa partie intellectuelle , morale , ifi^eus«, etc.; elle met au jour et illumine » replis les plus profonds. Elle n'est point iiidiigenee et la volonté, mais elle en est Il Mère; elle n'est point la réflexion, ((t^à lui sert de miroir réflecteur.

Messus de l'inielligence humaine est («fe&iace divine, qui la touche et Téclaire Afindw, parla révélation interne et par 'b renflions externes successives transtsi$i^ tu moyen de la tradition.

Toe première mission de la méthode, c'est i^ classer et de disposer ces diverses lumières ^ sttoière à les accrottre et à s'en servir : il h doDc qu'elle les connaisse à fond dans y origine, leur nature, leurs modes, leurs fepés, leur but, leur usaee, leurs rapports, ^ différences , leur étendue , leurs li- ^, etc. Elle emprunte à toutes les branks de la philosophie des matériaux pré- ^i, mais c'est elle qui les juge, les manie, » discipline pour les mettre en œuvre et les tt^porter dans la pratique.

Hfntkumana non est luminis sicci (Bacon). W humaine renferme en elle bien des téll^res, bien des impuretés. La méthode a l^c une œuvre préparatoire à remplir, une wnioation première, une purification à en- ^Ddre. C est la purification, l'illumination ^lo/e dont parlent, ainsi oue nous l'avons ^ ^, le mosaïsme, l'école hippocratico- Clique, récole alexandrine, les Pères de JtK, etc.; elle se trouve en tête de la médans toutes les grandes écoles mé* logiques. Par là nous passons en rebutes nos facultés, toutes nos lumières, *^oosconnaissances, pour apprécier leurs et les placer en relief, pour séparer '^ du bon grain, pour proclamer haute- ^ lésitinûté de tout ce qui est légitime, ^ classer hiérarchiquement toutes les lu- ^^- L'instrument principal de cette œuce n'est point le doute absolu, le sceptit^cal et aveugle, le pyrrhonisme, aussi

E^lCeti ce qu» lait partout saint Thomas; *^»b Somme théoU>g. i-1, quacst. 79, il ^U)urkUMir ïakconsewue comme une la-

^îioMR. DB Physiologie.

impossible en théorie qu'en pratique, aussi in» soutenable dans ses principes que funeste dans ses conséquences oestructives ; mais c'est le doute explorateur, le doute xétêtique, le Mété'tisme, qui ne doute que pour arriver à ne plus douter, prend corps à corps le scepticisme en le combattant pv* ses propres armes, et affirme quand il a acquis le droit incontestable d'affirmer. Ce zététisme a pour base et pour mobile la foi absolue dans cette vérité, que Dieu a donné amplement h l'homme ce ou'il n'a refusé à aucun être de la création, c est-à-dire, tout ce qui est nécessaire à sa nature, à sa mission, pour qu'il i)uisse atteindre et posséder le beau, le vrai, e bien, et parvenir ainsi à sa fin dernière.

II. Force. — La (juestion de la force qui pousse l'homme vers la voie de la connaissance est liée de très-près avec celle de la lumière qui éclaire sa route. Comme la lumière, elle est partout, autour de lui et dans son âme , dans toutes ses facultés , car toutes contiennent en même temps une lumière et une force ; il y a là des ressorts qui le font agir, suivant 1 expression de Platon, une force tonique, lexdvoç des stoïciens, qu*il doit diriger pour ne pas dévier du véritable chemin. Là se trouvent une foule de considérations intéressantes, longuement développées par la scolastique : le méthodologiste doit fixer sur elles une profonde attention : après avoir examiné tous les objets dont nous venons de parier, au point de vue de la lumière, il doit les étudier avec le même soin au point de vue de la force (289). Ici la connaissance pratique de la volonté doit se mettre en première ligne ; la lumière réside surtout dans les facultés perceptives ou appréhensives (entendement); la force dans les facultés expansives ou actives (la volonté). Le méthoQologiste considère pratiquement et sous tous les rapports ces forces diverses; il détermine les circonstances dans lesquelles elles nous portent en avant, nous font rétrograder ou dévier ; il les classe et les dispose dans leur enchaînement naturel et nous donne des règles pour les diriger vers un but spécial. La connaissance du vrai , comme la morale pratique, nous en fournit pour nous conduire au but qui lui est propre , la possession du bien. La méthodologie, ainsi que la morale , se lie encore ici intimement avec la psychologie. Bile soumet la volonté à cette épuration préparatoire qu'elle avait exercée sur l'intelligence, elle le fait avec plus de soin encore, car la volonté en nous est plus faible que l'intelligence : Homo magis sauciatus est involuntate quam in intellectu (S. Thomasi. m. Fil conducteur. Faculté méthodologie que. — Ce que nous avons dit de la lumière et de laforce s'applique également au fil conducteur {filum labyrinthi^. Le principe qui nous dirige est extnnsèqué (l'action de Dieu , le spectacle du monde) et intrinsèque (notre ftme même dans toutes ses parties , tous ses

mière, prindpium intellectiçnis; comme une force,, prindfMum operationis, etc.

*IKT

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actes, toutes ses forces). Ainsi, por exemple, Dieu au dedans et au dehors éclaire notre intelligence , agit sur notre volonté , saisit le fil conducteur qui réside, d'après plusieurs psychologistes, dans un mode spécial de notre ame qu'ils ont décrit sous le nom de facuUé méthodologique .

D'après saint Thomas, la faculté méthodo* logique est un habitue , un mode naturel qui nous appartient et que l'Qxercice fortifie. Soit que nous observions ou que nous expérimentions, soit que nous réfléchissions et que nous méditions , soit que nous formions nos idées ou que nous les communiquions aux autres , soit que nous agissions d'une manière quelconque, nous mettons naturellement et instinctivement un certain ordre dans nos observations, dans nos pensées , dans nos discours, dans nos actes les plus insignifiants, comme dans ceux qui ont le plus d'importance ; nous suivons, en unmot, une métiiodo. L'ordre et l'harmonie sont partout , en nous et hors de nous; ils nous pressent de toutes parts, nous dominent et nous subjuguent. L'ordre, l'enchalnoinent, l'harmonie, la mesure nous plaisent, nous charment, nous attirent : le désordre, la confusion, le désaccord nous blessent et nous repoussent. Aussi les anciens, dans leurs allégories, disaient-ils que l'amitié, la sympathie, Tamour, sont le génie du bien ; que la discorde, l'antipathie, la haine, le désordre, sont le génie ciu mal. Au commencement le chaos régnait partout* Du être supérieur et bienfaisant y fit régner rordre eu y établissant des lois ; et cet être pour eux, ce fut Dieu. Quand nous marchons, quand nous courons, quand nous faisons des gestes, il y a un ordre déterminé qui enchahie tous cesactes. L'harmonie règne dans les sons, dans les couleurs, dans toutes les sensations. Pour qu'une tôle, un corps, etc., soient beaux, il faut qu'il y ait de l'harmonie dans les traits, d.ins les uarties quiles constituent. L'harmonie est un élément fondamental de la beauté. La vérité est harmonique et une. C'est aussi le caractère du bien. Dieu a tout fait avec poids et mesure , c'est-à-dire avec ordre et harmonie. L'ordre est notre premier besoin. On ne supporte le désordre ou on ne s'en console que parce qu'on prévoit l'ordre plus grand qui viendra lui succéder. L'ordre correspondant au bien et le désordre au mal, le premier et la méthode qui le représente et le reproduit forment un de nos désirs les plus pressants, et nous les poursuivons sans cesse. {Voy. les beaux développements donnés à ce sujet, par saint Augustin, dans divers traités , entre autres : De musica; So^

oq,^ etc.

L évêque dlSippone fait observer que les animaux même, dans leurs limites étroites, sont sensibles à l'ordre et à l'harmonie, qu'ils le sont d'autant plus dans chaque espèce qu'ils oifrent plus de perfection. On en renconite des exemples admirables dans des animaux très-inférieurs; les fourmis, les abeilles, etc. Voy. Lesson, Théologie des insectes). Dans e règne végétal, dans le règne minéral, partout on retrouve les traces merveilleuses de

Uloq,

cet ordre et de cette harmonie. Les mmu ments des astres sont réglés et règlent à ku tour renchalnement suoeessif du jour et a la nuit , des saisons diversses. Les âgi^ iv rhooune se saccàdent<dans un ordre mui<i b\e qui se retrouve aussi dans le déveli 1 1 ment des peuples, de la civilisation, di i li. manité. D y a partout des lois qui nous ir peut et que nous cherchons à conn.n ' L'ordre naturel qui est en nous se lort.ii se développe par la contemplation de lo

aui est partout hors de nous, et notre :i iode naturelle s'accrott , se fortifie , st veloppe par cette étude et cette conidL, tion même. Cet ordre existe, par ce ; forme une des prérogatives dominâni^^ l'Être suprême qui a tout créé et qui n duit dans ses œuvres cet ordre , ceti» [< moaie fondamentale qui constitue 1 un plus beaux caractères de son essence t. sa nature. (Voy. Platon, le P/ièdre.h publique^ les Lois ^ etc.

£n poursuivant ces considérations,! r mieux comprendre ce qu est la métlKui. sou essence même et dans son ^éi)i>.

ment elle répond à une faculté (}ni ^^ nous, et qui nous présente une iiii >.: parfaite d'un attribut que nous apen en Dieu avec le caractère de l'inQni. \c. saint Thomas, la nature créée innte,p!

tiounellement aux facultés des êtres ^ constituent , l'Etre créateur qui l'a pro i

La faculté méthodologique est un ei> ^ important dans l'étude psychologiquhommes. On peyt avoir beaucoup Ot et peu de méthode, beaucoup de lut et peu de génie. Mais pour être un e^p premier ordre, il faut avoir beaucoup û nie et beaucoup de méthode.

IV. Point de départ , point d'appui , r direction^ 6m/, etc. — Toutes ces (ju-sont liées entre elles et avec les prenii' . elles méritent de la part du méthud >l * de longues et profondes méditations. L Ij- ' qui s'engage dans la voie de la conn^ii^^ a pour biU définitif la vérité suprtiu première, mais entre celle-ci et son pui:. départ il y a une foule de vérités in: diaires qu'il doit éclaircir de plus eu ! Soit a le point de départ, x, la vérité sui i<

entre a et a, il rencontrera 6, c, </, il lui arrivera souvent de rélrugii^wi i vers a, pour éclairer de plus en (^ c, d, e, etc. Chaque vérité devin lumière, un point de départ, un d'appui c[ui répand du jour sur ce qui j>. et ce qui suit, qui sert à s'eneuqiaitr une croissante plénitude. Dans la roi.:

unit a avec jK , l'homme changera sou\<:' point de départ et de point d'appui, i! i moulant de a vers x {procédé t»(iu((i,' en descendant de jc versa (procédé did ' sans changer de méthode, pourvu que > gne a... a soit toujours exactemui ^ vie. Supposons même que les pointî^ -j. c , etc., ne soient pas placés en Iv^n^ ^'

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^"i «mi, par exemple, disposés ainsi :

M de toute autre manière , la méthode le wiera point , 8*il a les yeux constamacut liiés fers i, et qu'il revienne sans cesse ïh ligne a s qui les unit : il procédera di- «semeot en suivant une métnode unique.

I o'jr a qu'une méthode , il existe plusieurs

OoaditsoaTentquele doiae est un point

4wne absolu et universel, mais elle Test iBi pour le i^nUe provUoire limité^ stupenr- If, rxpforaltfiir; pour le xétéiismêf en un M, tel que l'ont conçu les anciens* la sco- ^êÀ^, ta renaissance, le xvn* siècle. Le MmeestuD utile gardien contre Terreur, iiftrt ainsi indirectement la vérité, mais il ne «nit avoir d'autre usage. Le point de dé- (M, le point d*appui, c*est une vérité, avec tM '.«s degrés, tous les modes, toutes les ••rps qu'elle peut offrir. (Voy. l'art. Vé-

généraux de découvrir la vérité ; nous nous bornerons aux quatre fameuses règles de Descartes, qui ne sont pas nouvelles, ainsi qu'il sera facile de s'en assurer par nus citations. N'oublions point qu'il ne s'agit en ce moment que des sciences humaines, et que la théologie et les mystères ont été soigneusement écartés.

P* Règle de Descartee. — « Ne recevoir aucune chose pour rrote qu'on ne la connaisse évidemment être telle, c'est-à-dire soigneusement éviter la précipitation et la préven- .. ^, . , tion, et ne comprendre rien de plus en ses

àiéparteimpotni d apput , c est une er- jugements, que ce qui se présente si clatre- .w aussi grande que dangereuse. Non-seu- ijj^u^ ^ V esprit, qu'on n'ait aucune occasion kneat cette proposition est fausse pour le ^q ]q mettre en doute. »

Il s'agit ici du doute «^^/ttgue, de la clarté des idées, du critérium de la certitude par l'évidence. Voyons comment les trois points qtiî se rapportent à cette règle ont été traités par Aristote et saint Thomas. Nous citerons seulement quelques passages.

A. Doute xététique, — ^ Ad hanc scieniiam nece^se est in primis nos percurrere, de quibusprimo dubitandum est. Est autem necessarium veritatem quœrentibus, primo putchre dubitare {wa&ç 3i«irop«a«0 : sic postea consequitur dubitationis solutio , Solvere aurtem non est, cum nodus ignoretur : sed intellectus dubitatiOf manifestum hoc de re facit.,. Jlti ^uâ quœrunt, nisi primo dubitent^ similes ilUs sunt, qui quonam ire oporteat ignorant, et sic nesciunt si invenerint quod quceritur, an non invenire possint ; finis etenim his quidem non est manifestus :illisau^ L qai leur ressemblent ; ce sont leurs tem,qui anlea dubitaverint^ patescit,eic.., litfflies qui nous obsèdent et nous assié- non modo veritatem invenire aiffirile , verum

etiam neque ratione pulchre dubitare fa-cile est (Arist. Metaph. lib. m, cap. 2). — « Pour acquérir ceUe science {la metaph;fsique), il faut d'abord parcourir tous lesjpoints qui sont sujets à quelque doute. En général, celui qui cherche la vérité doit la soumettre en premier lieu au creuset d'un doute légitime, car la solution de ce doute le conduira à la vérité (290), etc. » {Voir le Comment, de saint Thomas.) Pour les platoniciens, les péripatéticiens, les scolastiques,etc., le point de départ est une vérité ou un ensemble de vérités passées par le creuset du doute zé té tique Sour en sortir avec plus d'éclat et de solidité. . Evidence, clarté des idées. — Partout Aristote, saint Thomas et leurs écoles nous parlent de l'importance des idées claires, distinctes, etc., et du critérium de la certitude par l'évidence, etc.; ils ont consacré de longs passages ou des traités entiers à la recherche de la vérité, h ses sources, à ses caractères, etc. {Voy. entre autres le traité de saint Thomas De verit. qiujest. disputât, etc.). € La démonstration doit s'appuyer sur des propositions vraies, primitives, immédiates, fesi-k-dite évidentes par elles-mêmes. » Necesse est quod démonstrative procédât^ etc. (Saint Thomas, Comment, sur le traité d' Aristote De interprétât. OEuvr. complet, t. I,

^^ arons appelé a, b, c, les vérités •tj autour d'elles nous trouvons a\ o", o'", qai leur ressemblent ; ce sont leurs (Dts qui nous obsèdent et nous assié- V: ces fantômes et les routes qui leur iR^pondent doivent être signalés et soiiosemeol évités : il faut que la méthode laere, indique, classe les erreurs, qu'elle idonne le cnterium, le signalement, qu'elle icombalte, de même qu'elle travaille pour i^nlé. Eue a sa partie polémique et de dé- *r. comme elle a sa partie de conquête et éf'eowcerte : elle fait, ainsi qu'on Va dit, (lusse k l'erreur pour la vaincre, la chasse latérite pour la découvrir : bellum contra i^^ai, tenatio veritatis.

Us vérités et les erreurs sont des vérités i<ki erreurs de fait ou de déduction ; le 'tH)>io!ogiste les disposera avec ordre et ^ivthiquement, il les classera suivant leur w^. leur date, leur importance ; il distin-

Eles vérités et les erreurs générales et les, les vérités législatrices et celles (sont secondaires, les erreurs fondamen- B ^t celles qui sont accessoires ; il examihieur origine, leur racine, leurs sources; K «uivra dans leurs conséquences, etc.

^ Moyens. — Les moyens que la méthode tten usage sont ou des moyens généraux, ^(b moyens particuliers adaptés a^u mé- ^s spéciales, ou plutôt aux procédés spé- ^. >ous allons donner ici quelques rè« » fondamentales applicables aux moyens

^^ Rapprochez de ce passage, un autre 9na- ker, p. 379 ; il est très-important pour la l^^uaitéd' Arist. De eœio, i.X, édit. Bek- historique.

méthoiie

775 MET DICnONNAIRB

p. 94:) — « Or il y a des propositions de ce genre» ce sont par exemple les premier $ principes^ principes évidents par eux-mêmes, que 1 on saisit oès que Ton comprend les termes qui les expriment, parce que l'attribut est contenu dans la définition même du sujet )>(S.Thom.5umma, t. I,pagel79, traduct. Prioux) . — « Ces premiers principes, qui nous dirigent dans les sciences spéculatives comme dans les sciences pratiques, sont innés; c*est la nature, c'est une intelligence supérieure, c'est Dieu qui nous les a donnés, qui les a gravés dans notre esprit, dans la lumière intérieure qui réside dans notre raison et qui nous guide sans cesse, etc. » Oportet igitur naturaliter esse indita^ sicut principia specu^ labilium, ita et principia operabilium, Principia operabilium naturaliter indita per^ tinent ad specialem habitum naturalem, quem dicimus synderesem,,. Conscieniia est actus, principium actionis quo scientiam nostram ad ea qtueagimur applicamus, etc.îPrtnoipia speeulabilium sunt in inteliectiva virtute. Oportet ponere in ipsa anima humana aliquam vxrtutem ab alio intellectu superiori partici^ pantem per quam anima facit intetligibilia in

actu , et oportet hanc virtutem quœ est

principium hujus actionis esse aliquid in anima. Intellectus separatus ex quo anima humana lumen inteliectuale participât^ est ipse Deus (Id. Summ, Theol. [• quœst. 79, art. 4, 12, 13, etc.; t. m, pase 238 et suiv. édit. et traduct. Lacbat. — Il faut lire et mëditer dans le texte cette question tout entière 0

ir Règle ( II* de Descartes) . -- « Di viser chacune des difficultés en autant de parties qu'il se peut, et qu'il est permis de les résoudre. »

///• Règle (IV* de Descartes). — r. Faire des dénombrements si entiers et des revues si générales, qu'on se puisse assurer de ne rien omettre. »

Ces deux règles se rapportent surtout à l'analyse, dont Platon, Aristote, etc., ont lon- Suement traité ( Voy. entre autres le Phèdre e PlatoNi et Aristote Physie. auscultât, lib. 1, cap. li Ds method. huj. libri, et le Comment, de saint Thomas et des Coimbrois. — Sur Les dénombrements complets, voy.

Aristoxe, Ànalyt. post. lib. ni, cap. 3 ; édit. et Comoun^ de Pxaus, p. 505; et Comment. de saint Tbomas, tome I, p, 190, 219, etc.

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Sic progrediensut scire possitnihil esse prcB" termissum^ etc.) — Descartes, ainsi que Platon, Aristote« saint Thomas veulent que l'on commence par l'observation, l'expérience, l'analyse, l'intuition, l'induction, etc., pour arriver aux principes qui serviront ensuite de point d'appui, de point de départ, etc., au travail de déduction et d'apjpiication. Il faut que tout se présente si clairement, si évidemment à l'esprit, qu'on n'ait aucune raison d'en douter ; il iaut être très circons-

Eect dànssesjiAgementSf il faut que les anajsQs et les dénombrements soient si exacts et si complets, que la synthèse comprenne exactement, complètement, fidèlement, l'objet analysé tout entier, avec sa quantité, ses qualités, etc.

IV Règle (III' de Descartes). - 1 Condi

{mr ordre mes pensées, en commençant es objets les plus «impies et les plus m connaître, pour monter peu à peu co par degrés jusqu'à la connaissance des composés , en supposant même de h entre ceux qui ne se précèdent point le^ les autres. » C'est rart de procéder j ordre du plus connu au moins connuv el faire des synthèses, après les analyses. Fi ce que dit Aristote dans ses AuscuMti physicœ, lib. i, cap. 1, S 2 : Héçuxei ^kt

Yvciipi(MJtip<i>v ^|4v i\ àihç xa\ oaçeotépoiv, hl oa^tOTcpa t^ çuffci, xa\ YvaipipLcancpai* èoi\ t\ fc6 :ipciiT6v 6^ xa\ oaçl} xk auYxcxu|xi>!a m &atcpov aè ix voûtci>v V^vcTai Yvd)pi{iatà o^ xa\ apxa\, ataipoCot Taûva, etc.

-— « Il y a en nous une méthode m et innée, qui nous porte à commencer l'examen aes objets les plus connus plus manifestes cour nous, et de nous ensuite à ceux qui, par leur nature, soot clairs, plus lumineux, plus évidents...

phénomènes complexes sont ceux qui se sentent d'abord à nous et qui nous seiol les plus évidents : en les soumettant i\ travail analytique, nous parvenons à i nattre les éléments qui les forment parli assemblage et les pnncipes d'où ils lent. » (voy. Coimbrois , Comment.

Physique, p. 57 et 58 ; saint Tbohis Commentaire, etc.)

Jl importe de lire sur les textes et de diter ce passage tout entier, qui a été vent oubué et généralement mal coid quoiau'il soit très-clair quand onlel pare a d'autres passades analogues; il

Serait un commentaire étendu, qu6 onnerons dans le Traité de phil Rapprochez-le d'un passage corre^ de ta Métaphysique (lib. vu, S 4),ft autre de V Éthique à Nicom. 1, 2 e& ker; Voy. aussi les Comment. ^ TnovtÂS.

« II est bon de passer du plus coi moins connu. C'est ainsi gu'on procède l'étude : on va, de ce qui n'est point uij cretde la nature, mais une connai^ji personnelle f aux secrtts de la nature. Ces naissance^ personnelles et première souvent bien faibles, et ne renfermentque ou point de vérité ; cependant c'est ea tant de ces connaissances ou notions iiu duelles, particulières, d'abord vagues et fuses, qu'il faut s'efforcer d'arriver connaissances générales, etc. v (Am^^* thaph., Ub. vn, M)- « U y a demonn connaissances, les individuelles, m lières, etc., et les absolues. La raisot] dit qu'il faut d'abord partir des premi Ainsi celui qui veut tirer quelque frui l'étude des devoirs, doit être d'abon homme de bien... celui-là possède dejj

f)rincipes de la science, ou il peut ai^ es concevoir ou les posséder, etc. » \^ à Nicom. 1, 2.)

Parlant de ces idées, Aristote nous m* IMétaph.^ I. n) comment, dans Tappli^ de la méthode, il y a des diOéreoc^ k^

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DE PHTSI0L06IB.

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Bpoiolde départ, au point d'appui, etc.» uYiot l'homme, la profession, et une foule le circonstances, et que cela se retrouve ml que Ton yeuille découvrir , inventer ,

f rendre, enseigner, etc. Le médecin part notions médicales, le physicien des prini^de la physique, etc.., celui-ci veut Irtoat des exemples, celui-là compte avant M sur les procédés mathématiques, etc.

fe toutes ces méthodes, tous ces procédés fBtieuliers, etc., peuvent être rattachés aux iB^es de la méthode générale.

Cb qu'il importe ici, c'est d*6tre bien fixé vie sens de ces mots : « les objets les plus niples et les plus aisés à comprendre, les Uteents, les principes, etc. »

les objets que nous offrent la nain et les sens étant en général composés, ttst facile de concevoir quelle est d^bord nieur et le rang hiérarchique de Tana*

Ifi quatre règles précédentes sont fonda- Maies dans la méthodologie générale.

MK nous dispenserons pour le moment «! <Q ajouter plusieurs autres plus acces- M^qm en découlent naturellement. Elles •tRutiennent point h Descartes comme ptner inventeur, et [cependant cette re- *u^ l'ôte rien h la valeur de son génie *^.l la puissance de ce qu'on nomme •œ^tiode, en tant que générale, à Tin- «»ce qu'il a exercée et qu'il exercera touin» quand on le comprendra bien, quand i&tinguera le cartésianisme pur, des pKartésianismes d'infidèles successeurs; N on l'éclaicira, au'on le rectifiera, Iho le confirmera, qu on l'étendra en retet aux sources mômes où il a été puisé. Il <iue Oescartes, généralement maîcam' ■» comme le dit Bossuet dans un pas-

tdié par le P. Ventura, est un gr^nte lé- ^y du premier ordre ; c'est qu'il a Bpris d'abord ce que c'est cfu'une méthode Knle, en la plaçant, ainsi que les mathé- Fques, dans sa véritable patrie, le monde ^Uoible ; dans la région calme , sereine, Pj^use des idées, de l'entendement; c'est piiafflise, avant tout, sous la sauvegarde fjj conscience ; c'est qu'il l'a vulgarisée en boisant à quatre rèffles simples, courtes, otes, émanées de cette conscience « moulées sur elle, portant tous ses ca- ^; c'est qu'il l'a appliquée ensuite on succès et une vigueur incomparables pences mathématiques et physiques, desquelles il a ouvert une ère toute ^Ue. Il est diflScile de calculer tout ce r aurait lait dans les autres branches des puissances humaines, si la mort, en tronwt son œuvre, ne l'eût empêché d'exécu- ^ H» vastes projets qu'il avait/ormés et qu'il «sa communiqués; s'il avait pu porter les p de la méthode générale au contact de *^ des (procédés particuliers et écrire une «oodoiogie complète, et non des considé- ^ préliminaires, des fragments de xoé^ J^iogie. Sans se l'avouer nettement & lui- ^ et surtout sans l'avouer sufiSsamment * ««iw , le véritable Descartes , surtout

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par sa méthodologie Kénéra.e, est, au fond^ ainsi que l'ont dit quelques hommes qui lui ont rendu justice après ravoir bien compris, le plus grand continuateur moderne d'Anstote, de Platon, de l'école hippocratico-socratique, en un mot, et de la haute scolastique. On s'explique ainsi, en v réfléchissant, comment il a créé la géométrie analytique et le calcul infinitésimal que Leibnitz en a fait sortir; comment il a créé la physique moderne et ouvert dans son entier la voie qu'ont suivie Newton, ses contemporains et ses successeurs ; comment il a préparé la rénovation de la psycholoKie; comment il a exercé une influence si générale et si profonde sur ce XVII* siècle sinautement législateur ^ de sorte que des hommes tels que Leibnitz et Newton n'ont pu s'empêcher oe rester ses disciples, et de fléchir intérieurement le genou devant lui au moment où ils le soumettaient à une critique qui est loin d'être toujours juste et légitime.

Descaries est homme ; il n'est ni irréprochable ni infaillible ; il a sa part de faiblesses, d'hésitations et d'erreurs. Nous l'avons remarqué dans plusieurs occasions; mais c'est une très-grande figure. Il faut donc le juger avec ce respect et cette circonspection dont l'Aigle de Meaux nous a laissé l'exemple* Quand on essaye de le mesurer, on ne doit point se prosterner ; on doit rester debout ; on doit le placer à côté des rares génies de la même hauteur, car eux seuls en fourniront une mesure; mais que de temps et de forces sont nécessaires pour s'en servir et la manier I Bordas-Demoulin a écrit une oeuvre remarquable exécutée dans cet esprit; il a touché aux plus grands hoi/imes, et exposé des jugements qui mcdiù'ent profondément des idées histonques communément acceptées jusqu'ici ; llnstitut en a été ému, mais il n'a pas hésité cependant un seul instant à lui accorder la couronne qu'il avait justement méritée. L'auteur a intitulé son livre : Le Cartésianisme ou la véritable rénovation des sciences (1843Î. U a dit, dans un élan d'enthousiasme qui se conçoit chez un savant voué pendant trente ans à l'étude de cette doctrme, que le xvn* siècle porte le cachet ineffaçable de Descartes, comme le monde porte l'empreinte de son Créateur 1 Nous sommes loin de partager toutes les idées historiques , dogmatiques, etc., contenues dans cet ouvrage ; mais nous y avons trouvé plusieurs vues profondes qui méritent d'être méditées. (Consult. aussi sur Descartes, C. Bbnouvibr, Manuel historique de la philosophie moderne (1842) , Bouil- UER, etc.)

Descartes a bien vu que la méthode Générale dérive de la psychologie noologicpie; qu'avant tout ses règles partent de la raison, qui coordonne tous les matériaux d'après ses lois primitives; qu'autant vaut l'nomme, autant vaut la méthode. Il a classé d'après les divers degrés de lumière, ce que l'on nomme l'évidence ; il s'est placé au-dessus desatteintes du scepticisme en choisissant pour point de départ, comme S. Augustin, le Cogito ,, cr^i

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sum; puiâ7U*on ne peut douter que Ton pense, sans penser en même temps que Von doute.On lui oDiectera que les facultés sensitives (les sens, rimagination , la mémoire...) ont aussi leurs intuitions, leur évidence, leur certitude ; qu'on leur obéit môme plus généralement, plus vite , sans avoir besoin} de réflexion : rien de plus incontestable, et il Ta franchement reconnu ; mais cette lumière simple et non réfléchie, est-elle vive comme celle de la conscience? Non sans doute, et c'est là que Descartes s'est établi, comme Platon, avec la puissante intuition du génie, sans en dévier, du moins dans ses plus beaux écrits. Dans notre conscience, ainsi qu'on l'a dit« nous apercevons Dieu, et nous le voyons distinct de son œuvre, sans en être séparé ; en elle nous apercevons notre entendement qu'elle éclaire, sans le constituer en entier ; par elle, nous affirmons avec certitude et sans hésitation, le monde extérieur qui se peint en nous, et nous remontons ensuite à ses réalités, qui ne se confondent point avec leur image. Celte contemplation longtemps continuée est aussi

f)énible que difficile ; pour soutenir tant de iimière et pénétrer tant de mystères si profonds, il faut ou une force surhumaine ou une main bien ferme et des regards bien

Euissants. Aussi, les uns, comme Locke, fatigués ientôt de la lutte, descendent peu à peu des hauteurs du monde intelligible pour se renfermer paisiblement dans le monde sensible et ne plus en sortir ; les autres, comme un Malebranche ou même un Leibnitz, éblouis et fascinés par tant de clartés, oublient ou dédaignent le monde au milieu duquel ils sont placés. Emportés sur les ailes du mysticisme, ivres d'enthousiasme et d'amour, ils substituent le sentiment seul à la raison ; ils se croient arrivés aux dernières limites de la sphère intelligible, et pensent, au centre de leur conscience, servir et voir Dieu lui-même et toutes choses en lui, tandis qu'ils n'en ont

Rlus devant eux que de confuses images, oas citons ces exemples illustres, auxquels on pourrait en joindre tant d'autres tout aussi remarquables, pour m'>ntrer combien, entre Je sensualisme et le mysticisme, le sentier d'une méthode générale haute et complète, est étroit, glissant, périlleux; combien il importe de prendre pour guides quelques génies exceptionnels qui ont su le découvrir et l'explorer dans tous ses sinueux détours. N'oubhons point que nous parlons toujours de cette méthode générale, de ces principes législateurs qui remuent et transforment les sciences dans leurs racines et leurs fondements ; que nous la considérons dans son esprit même et dans ses régions les plus élevées. Notre langage serait bien différent si nous parlions des méthodes ou des procédés particuliers, qui ne s'appliquent qu'à une science ou même à un certain ordre de

(^1 Nous insisterons sur tous ces obîets avec des détails suffisants, dans notre traité de philosophie.On les néglige trop en gënénlisant : ainsi, an lieu de tant 8*élcver eu bloc contre les déflnitionSiToQ ferait mieux dten examiner les diffé-

sciences : ici le problème est moins corn; que, la route moins difficile, les guides m grands et bien plus nombreux.

Les réflexions qui terminent le parr^r précédent ont dû être courtes, rapides. ! abstraites : elles sont empruntées d âillm: des partisans un peu absolus des nictti générales, rationnelles, etc. èi nous les .i\ placées ici, c'est pour montrer rim|)ort souvent oubliée, de ce point de vue, et . faire sentir en même temps ses diili ses dangers, son insuffisance, dès qu ii ; seul et isolé. L'homme n'est ni un e^pi!: ni un pur esprit ; il ne vit pas loujùur- . la réçion intelligible, les idées pures, h • culalion ; il faut bien qu'U redescendt le monde sensible, dans son milieu, d.v ^ vie active, pratique, dans les appli- m Platon et Descaries, ou plutôt leurs diqui se sont crus les plus fidèles, se sor.: exclusivement maintenus dans les r .

supérieures, et l'on peut observer, en i qu il est sorti de leurs écoles bien d > listes mystiques ou, par réaction, b sensualistes exclusifs : le même repr

Çeut s'adresser, en général, à Arisloie, o homas et à l'ensemble de leur \> école. Le fait, ses causes, ses consû : sont du ressort de l'histoire ; ils uiin une étude è part.

A côté de la méthode générale, <] .

une dans son essence, viennent sepl^ méthodes, ou plutôt les procédés pariK . par lesquels elle s'appligue : or ceux-* une importance bien majeure ; chacun :

réclame un examen tout aussi a[)pii>i car, pour embrasser toute la méthode, . passer sans cesse de la méthode g* n aux méthodes particulières, de eelkvi.

première ; parcourir et reparcourir ' courbe dans tous les sens, afin d'tn li toutes les parties à l'aide de celte c raison, de ce contact mutuels et con-; Après avoir jeté un coup d'œil d cii> sur les moyens méthodologiques, c'est" sur l'observation, l'expérimentation, l'mi la comparaison, la classification, liiilu la définition, l'hypothèse, la dédmi":

svllogisme (291), etc., le méthod •;s^occupera des méthodes ou procédt> j ticuUers.

Art. 111. — Méthodei ou procédéi partiai

Ceux-ci varient suivant le moven prii dont on fait usage, le but que l'on p<> :: les objets auxquels on s'applique, etc.. * l'on a la méthode polémique (ju.<n/ii'<' la méthode d'invention et de déc», (inventive); la méthode d'enseignemeni vulgarisation {pédagogique^ vidgamiur la méthode inauctive, analytique, exper taie; la méthode pjàv hypotheee; la in^' de$ sciences physiques ^ métaphysiq^^^^ •'

renU modes, d*en détermnier h valeur. •: prendre à faire de bonnes défintlions. Sonvi o: ne s'eniend point, parce que l'on ne déHntii*'^ que Ton définit mal. Anahrsez, claftsex, dciiu»loùt cela se lie et ne sUsoIc pas.

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