‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 141 sur 340 · ET · texte numérisé non relu

ET

DS PHYSIOLOGIE

MET

^Mt lems progrès ; comment enfin la méecioe, c'est-k-dire la science de Thomme, oBpd elle n'abdique point* quand elle acf^ toute sa mission sans subir un joug tnnger, sans le réduire aux étroites proorUuos d*un art mécani(][ue et plus ou moins lerceoAire, élève les sciences physiques et 4 bit pénétrer sûrement dans les phéno« ttfoes spéciaux si souvent négligés» qui exliqnent les lois mystérieuses des êtres rviflb: c*e$t ainsi qu elle prépare à la connaisloce réelle des lois plus grandes de ce rjxipe immortel qui est en nous et k nous, ua^^e et reflet de la divinité, qui peut briser Qtcs les entraves, et penser alors tout ce ^i est Trai, aimer tout ce qui est beau, vou- 'rioutce oui est bien (296).

Ne nous laissons point ébranler par les ^*'Ccupations de quelques esprits méticurui, sceptiques et chagrins, qui ne voient kb le soleil dès qu'il est voilé par quelques ttg^s, et qui croient que rhuroaniié s ar- ^ ou recule, parce que quelque chose reste mubile en eux-mêmes et autour d'eux; ^••âioDs de leurs avis, mais poursuivons r i^: route sans nous arrêter, relevant en tL'\m imes et nos cœurs, pleins d'ardeur, Crstiennce et de foi vive dans toutes nosdes^ t>9sr^ car ce qui a été et ce qui est nous ffbiftce qui sera, et l'humanité, dans son ^^"ccàte.se développe et grandit. A ceux qui '>fi:«5eQt notre époque ou qui veulent ar- ^^^nt progrès en le contestant en lui-même »i Jios l'esprit qui le produit, répondons miiûjcle pcëte français •

V<i^ petil contre le roc une rague animée? iifrculea^41 péii sous Tefforldu Pjgméet LU'>iDpe Toiteu paix fumerie mont Etna; ^lie contre Homère en vain se déchaîna, El 11 palme du Cid, malgré la même audace, S'éièTe et croit encore au sommet du Parnasse.

'«-Application des procédés précédents aux diveses sciences. Cfritique enseignante.

Nous aurions maintenant à examiner les pplications de la méthode avec ses trois Unis procédés (expérimental^ rationnel^ ^9riqu€], aux sciencespAyatguff , anthropo-- ^^*, mathématiaueê^ aux aiven ari»^ etc.; > ^'ir comment eUe se modifie dans ses ^tt de départ^ ses pointé d'appui^ ses *^fni, sa direction^ etc.» ])Our être, dans ^ sciences, cnU'fua, inventive^ enseignante^ [»^orûoif ice, etc. Nous aurions à chercher *«ns<ie cette remarque de Descartes, les ^^f^àmuiques sont Venveloppe de toute la ^ihodt; nous aurions enfin à tracer l'his- ^rt de la méthode en étudiant les doctrines ^Uiodologiques des grands maîtres et de ^urs disciples, etc. Mais ce serait là tout un ^nime. Tout cela sera placé avec des dére- »jpp«mems suffisants, dans notre Traité de Nosophie; là nous reviendrons avec détail

t^) Le progrès a un mouvement double : par 'uiimouTeoieut direct;, il se porte immédiatement 1^ "^»t; p^r Taatre (mouvement réfléchi), il se

^te sur le passé, s'associe avec tout ce qui nous fl^M^ndir, s*empare de toutes les pensées, de ^m ks institutions fécondes, et s'appuie sur elles

sur les points dont nous avons parlé précédemment, mais dont nous n'avons guère indiqué que le tableau.

Art. IV. — Réêumé retouché de notre Coun de

4828 sur la méthode.

De la méthode des sciences.

Par méthode» plusieurs logiciens n'entendent que Tart de disposer ses connaissances de manière qu'on les conçoive soi-même avec plus de facilité, qu'on les fasse aussi entendre plus aisément aux autres. Je prends ce mot dans une acception plus vaste, et j*entends aussi par méthode l'art d'acquérir des connaissances nouvelles, et d'étendre la sphère des sciences. Du reste, elle conduit également à l'art de communiquer les connaissances acquises ; la Méthode d'invention et la Méthode de doctrine sont étroitement enchaînées. La première partie de la logique que nous avons déià traitée, est en quelque sorte purement mécanique. Elle s'attache à démêler toutes les formes du raisonnement, à les réduire toutes à quelques formes primitives et à assigner des règles qui puissent faire reconnaître les raisonnements rigoureux et les sophismes: on a cru à tort qu'à cela se bornait toute logiaue scolastijue ; ce reproche n'atteint point les scholastiques du premier ordre ; il ne s'applique qu'à leurs

I)Ales imitateurs. La méthodologie enseigne 'art d'apprendre, de vulgariser, d'appliquer la science acquise ; de conduire l'esprit numain par un chemin plus court et plus sûr à des vérités nouvelles et à des découvertes utiles ; elle renferme la Méthode des sciences. Les règles de la logique pure, quoique trèsingénieuses, ne sont pas d'un usage trèsétendu dans la science et dans la conduite de la vie : leur étude est pénible et peu fructueuse, leur emploi rebutant et embarrassant pour ceux qui ont peu d*aptitude à les concevoir; et ceux qui ont assez de sagacité pour les entendre les négligent, parce qu'ils pensent en avoir assez pour bien raisonner sans leur secours: elles leur seraient pourtant utiles pour se rendre compte des actes qu'ils exécutent instinctivement ; car si l'art de rai*» sonner s'apprend surtout en raisonnant, il se perfectionne aussi en examinant par quels procédés on raisonne bien. La Méthode des sciences est beaucoup plus féconde ; fondée sur l'histoire, l'observation, l'analyse, la corn-

f>araison, la synthèse ; perfectionnée par les eçons de l'expérience, c'est une science infiniment utile, très-propre à diriger dans l'étude des autres sciences et à en accélérer les Erogrès. Le résumé que nous en donnerons, ien que renfermé dans des limites trèsétroites, relativement à la grandeur du siqet, qui exigerait un long ouvrage, présentera encore une certaine étendue ; car la science la

pour accroître ses forces et ses possessions de tout ce qui a été légitimement acquis. Jamais ce double mouvement n'a été plus marqué qu'aujourd'hui, jamais il ne s'est exécuté avec autant d'ensemble et d'harmonie*

MET

MET

plus importante pour l'homme est assurément celle par laquelle toutes les autres sciences peuvent s'acquérir.

1 1. — Des connaissances (^7).

Tout le monde sent ce que c'est que connaître ; on sent de même, quoi qu*en aient dit les sceptiques, que nous devons connaître et que nous connaissons en effet quelque chose, mais quand on veut analyser cette notion et en donner une définition claire, précise, complète, on éprouve de grandes difficultés. On a dit souvent que connaître, c'est apercevoir les rapports de convenance ou de disconvenance qui existent entre nos sensations ou nos idées, et entre celles-ci, et les objets qu'elles représœtent; qu'ainsi toutes nos connaissances ne sont que des rappoi;ts aperçus, qu'elles ne peuvent rouler aue sur nos sensations et sur nos idées quelle qu'en soit l'origine. Partant de leurs doctrines sur les Idées, les sensualistes ont ramené toutes les cunnaibsances à Texpérience des sens externes, puisque, pour eux, l'esprit humain ne peut former des idées que par l'intermède de ces sens mêmes, que les idées ne sont que des sensations ou reproduites ou combinées, que les notions les plus abstraites doivent toujours leur origine à des idées sensibles, c'est-à-dire aux impressions des objets physiques. Ils font observer que Thomme privé du toucher n'apercevrait que ses propres modifications, et qu'il ne pourrait parvenir à la connaissance de leurs causes ou des objets extérieurs ; que le toucher seul lui apprend qu'il y a quelque chose hors de lui qui produit ses sensations; que celles-ci deviennent alors les représentations des modèles ou des objets qui les produisent; que l'esprit les rapporte à cesmoaèles,etqu'ellesletransformentainsien connaissances, puisqu'elles sont des rapports aperçus. De ces idées sensibles naissent ensuite, ajoutent-ils, toutes les autres idées. Nous avons déjà vu tout ce qu'il y a d'exclusif ou de faux dans cette doctrine ; nous avons vu aussi ce que Ton peut en retirer au profit de la vérité.

La définition précédente de la connaissance, tout incomplète qu'elle est, contient néanmoins plusieurs éléments utiles. Nous nous en contenterons, pour le moment ; nous aurons pourtant ie soin de la rectifier, en la développant et lui ajoutant ce qui lui manque.

La question des rapports jouant ici un grand rôle, nous l'examinerons d'abord.

On peut réduire è trois espèces principales tous les rapports qui exisleut entre nos idées: 1" identUé et diversité^ 2° relation^ 3* exis^ ttnce réelle.

1' Le rapport d'identité ou de diversité consiste à apercevoir qu'une idée est ou n'est pas la même (ju'une autre ; mais cette connaissance, qui tient à la nature mèaie de nos idées, aurait peu de valeur si l'on s'v bornait, et elle ne conduirait à aucun résultat : c'est

un moyen de parvenir à des connai>sari plus étendues et plus importantes.

2* La seconde espèce de rapport n'est r, chose que la liaison ou l'opposition, la < venance ou la disconvenance qu'on ob entre deux idées de quelque espèce qu soient : c'est une grande source de no naissances. On peut rattacher ici les ra[>r de qualité, de quantité, de cause et a' etc. , dont nous avons parlé en traitant , idées relatives.

3* Le rapport A'exittence réelle est (• /. la conformité de nos idées avec leurs (•: et de l'existence réelle de ces objets h nous.

Woflf a cru pouvoir renfermer dans * classes toutes les connaissances hiiit.< Connaissances hittoriques^ philosophvn' mathématiques. Les premières rasHi les faits; les secondes les explique;.' troisièmes ont pour objet les quaniiu>

Nous acquérons toutes nos connuimmédiatement ou médiatement se< nous apercevons immédiatement ou l ment les rapports qui les fondtri apercevons immédiatement le rny deux choses, quand il se présente <; même et (juand la comparaison seule .

apercevoir sur-le-champ. Nous n apei.

ce rapport que médiatement, lor>q i sommes obligés de recourir à un ou [ii-^^. teroies moyens pour le découvrir.

On a nommé la perception iuiraéd .ii tuttiony et démonstration la perce['i!i \. diate: ainsi la connaissance iiuniedi aussi appelée connaissance intuiine, connaissance médiate, connaissance da trative.

La connaissance intuitive est sans d' . plus haut degré auquel l'esprit humain i s'élever; mais souvent on ne saurait ; cevoir le rapport qui existe entre dt'u\ ses par leur seule comparaison; dn[> des cas on est obligé de se servir de 1 ; vention d'un ou de plusieurs interuié' pour découvrir ce rapport; c'est ce qu appelle raûonnfr, co/cu/er, etc. Les t moyens que Ton fait intervenir pour nila convenance ou la disconvenance de autres, sont ce qu'on nomme des prt la démonstration consiste à foire voirn ment cette .convenance ou celte di^ nance.

Il est essentiel d'observer qu'à cliaqi que l'esprit fait dans une démonstrau un raisonnement, il faut qu'il ait un naissance intuitive du rapport de chaqi. moyenne avec les idées entre lesqueli^^ se trouve placée ; car sans cela il laud^.^' core d'autres preuves pour faire ap' n ce rapport. En etfet, tout raisonnement :. qu'une suite de jugements liés entre en manière à faire découvrir le rapp'jrt existe entre deux idées dont l'une e<i jours la première et l'autre la dernun entre en ligne de compte. On voit dont ;

(i97) Vojf. sur la connaissance la doctrine de Géràxdo» ouvrage dté ^ toiu. 111, Pi* ^^'' Miot Thpni^, art. Ame de ce DicUonmaire ; Db suiv.

MET

DE PU\SiOLUGlK.

MEl

but nécessairement que, dans tout raisonnement ou toute démonstration, chaque deçré soit aperçu intuitivement; que chaque jugeiDeot soit exact et d'une certitufle évi-

dt0t6.

Outre les connaissances intuitives et dé* DoostratiTes, Locke admet encore une con" Mùiance sensitive qui est celle que les sens oous donnent de l'eiistence des objets extérieurs; mais celle connaissance n'est-elle pas une véritable connaissance intuitive ? il est mi que l'existence des corps extérieurs n'est p8s pour le philosophe aussi certaine que sa propre existence ; il est vrai que cette exincDce des objets physiques se montre plutôt

1 selle ne se démontre ; mais a-t-elle besoin être prouvée ? n'est-ce point une vérité de bit, une vérité première? démontrée? Je nis certain de ma propre existence ; mon Kmblable m'assure ae la sienne, dont il a m pareille certitude ; n'est-ce pas un moyen flcoQdaire ajouté è tant d'autres pour ne pas douter de Texistence des objets extérieurs? l&5t des vérités qui nous arrachent notre aseotiment, qui sont au-dessus des démoniniioDs mêmes, et dont l'assertion seule est lie claire que la démonstration: ainsi cette

Csition évidente, Le noir n'est pas le .deviendrait peut-être très-obscure si lu 5irisait de chercher à la démontrer par ^ rusonnements.

les connaissances reposant sur des rap- P'its aperçus entre les objets, nos sensa- ^^% DOS perceptions, nos idées, soit imn^iiatement soit médiatement, il suit de là : 1* Que notre acquit se règle sur l'étendue tsQos idées ; puisque avec elles nous multif^oos le nombre des rapports qui les unis- «ni;

i* 0 ne suffit pas d'avoir des idées, il faut Btcore saisir les rapports qm existent entre

^os connaissances peuvent être considérées fu relativement à la manière dont nous les K^l^érons, ou suivant les rapports qui les [produisent.

1* Quant à la manière dont nous les aérerons, il nous est impossible d'apercevoir ^diatement tous les rapports. Par exemple 1« une idée claire de deux figures diffé- Jïoles ; je vob au premier coup d'œil que [TOe n est pas l'autre, mais je ne vois pas si tt*6s sont égales en surface ou non ; j'ai be- ^ pour découvrir ce rapport de recourir à ^t: mesure commune, de Tes comparer à un «nne moyen qui me fasse juger de leur éga- J^j ou de leur inégalité en me donnant une c^aïuaiion précise de leur étendue.

- Nous ne pouvons pas toiyours nous prowr»;f ces termes moyens ; ainsi nos connais- ^^s médiates ou démonstratives ne peuvent P*-^* ^tendre aussi loin que nos idées: car, P^ur éUblir une démonstration, il faut que 2^t& ses parties soient liées entre elles, et 1^ les jugements qui la composent, soient ««uits immédiatement l'un de l'autre.

%x }^^^ ce qui précède on peut conclure «^^ évidence que l'étendue de nos connais- «ûces est non-seulement au-dessous de la

DlCTÎOKN. DB PhySI01X>GIB.

réalité des choses, mais encore même qu'elle ne répond pas à l'étendue de nos sensations et de nos idées.

Considérons maintenant nos connaissances quant aux rapports qui les produisent. On pourrait peut-être, avec quelques auteurs, réduire ces rapports à deux espèces : rap« ports de nos idées avec leurs objets, rapports de nos idées entre elles.

1* Les objets de nos idées sont intérieurs ou extérieurs , et nous avons une connaissance intuitive (directe ou réfléchie) d'un grand nombre d'entre eux.

Les objets intérieurs sont les opérations de notre esprit, et notre espKi même ; nous les connaissons par la réflexion. Les objets extérieurs sont d'aboitl tous les corps existants et les phénomènes qu'ils présentent ; le nombre en est presque infini, et ils offrent à nos observations un champ inépuisable.

Quant à la cause première, à l'être suprême,, k Dieu, son image est partout, en nous et an dehoVs de nous.

2* Les rapports de nos idées entre elles fournissent un champ plus vaste encore à quelques égards, et il est difficile d'assigner un terme à nos connaissances en ce genre. Les progrès qu'on y peut faire dépendent, dit Locke, de la sagacité à trouver des idées moyennes pour découvrir les rapports des idées éloignées. Cette classe de connaissances, ainsi que nous l'avons dit, se fonde principalement sur les relations de quantité, sur celles de cause et d'effet, etc.

Les objets de nos connaissances sont donc les êtres physigueê qui existent dans la nature, les êtres ou pnncipes moraux qui existent dans notre esprit, c'est-à-dire, nos pensées, et les rapports qui existent entre ces êtres ; il y a de plus notre esprit, et les intelligences supérieures. Les moyens que nous possédons pour obtenir, humainement , sur ces divers objets, des connaissances dont la nature et l'étendue varient comme ces objets mêmes, sont l'observation et l'expérience (internes et externes) ; l'induction, le calcul, etc... Observer, c'est écouter la nature ; expérimenter , c'est Finterroeer ; caculer, c'est en quelque sorte l'interpréter, transformer en vérités générales les faits qu'ont fournis l'expérience ou l'observation, et déduire de ces faits toutes les conséquences qui en découlent, etc.

Ainsi toutes les vérités peuvent être divisées en vérités de fait et ventés qui en sont extraites par le travail de notre esprit et l'application ae nos diverses facultés. Toute branche de nos connaissances sera donc composée de deux parties : la partie graphique qui contient les vérités de fait, et la partie systémor tique, qui est formée des vérités qu'on en a tirées. Une vérité de déduction oo de raisonnement ne peut donc être une vérité réellement neuve ; elle ne peut être au une conséquence des vérités de fait , élaborées par l'entendement : tous les efforts du génie se bornent à découvrir dans les faits des vérités importantes qu'on n'y avait pas encore apperçues.— Yoy, Stahl, Yindîciœ avec notre

MET

Argument et notre commentaire. — {Etudes surStaU, par L. Boter.)

§ IT. — Oerobsienration.

Ce qui est fondé sur la nature est inrariable (298) ; ce qui ne repose que sur l'opinion est le plus souvent incertain et par conséquent sujet k varier (Hippocrate, Platon, Bacon). Aussi les théories changent ou se modifient, tandis que les faits bien observés sont immuables et d'une vérité étemelle. Si Ton jette un coup d'œil sur l'histoire des sciences physiques, on voit que les divers systèmes se détruisent dans ce qu'ils ont d'exclusif, et peuvent se rectifier mutuellement ; ils pré^wrent ainsi des doctrines plus voisines de la vérité, un système nouveau ou rajeuni prend la place de celui quil'a précédé; il la cède à celui qui le suit ; mais la masse des faits propres à chaque science subsiste toujours, elle s'accroît lentement à travers ces révolutions scientifiques, et s'accrott même d'autant plus que les théories sont moins ambitieuses, se tiennent plus près des faits et les représentent plus fidèlement. On sent donc toute Vimporlance de l'observation et de Texpérience pour les progrès des connaissances humaines. C'est à elles que nous devons toutes Tes vérités de fait qui forment essentiellement la base sur laquelle repose la partie systématique ou théorique des sciences : souvent la découverte d'un seul fait inconnu donne naissance à un très-grand nombre de vérités importantes, et qui forcent à changer les théories universellement reçues: c'est ainsi que la découverte de la pesanteur de l'air renversa le système de l'horreur du vide, et expliqua d'une manière bien plus satisfaisante les phénomènes, que l'on attribuait à une cause occulte purement hypotliélique. C'est ainsi que la découverte des gaz fit abandonner la théorie stahlienne quoique trèsingénieuse, et donna naissance a la chimie pneumatique.

Le meilleur traité de l'art d'observer serait sans doute une histoire philosophique des progrès de l'esprit humain dans les diverses branches de nos connaissances, des découvertes importantes que l'on a faites dans les sciences et surtout dans les sciences physiques, enfin des procédés que les inventeurs omploient pour parvenir à ces découvertes. Malheureusement, beaucoup de ces inventeurs ne nous ont laissé que des résultats sans nous faire connaître exactement la méthode qu'ils ont suivie. Peut-être même que doués naturellement d'un esprit observateur, ils n'ont eu souvent besoin, pour trouver la vérité, que de donner une libre carrière à leur génie. Mais si l'homme fort et vigoureux peut sans secours soulever des masses J^normes, et vaincre de grands obstacles, 1 homme moins robuste peut à l'aide de machines parvenir à produire d'aussi grands effets : ainsi ce que l'homme de génie fait par ses propres moyens, l'homme ordinaire

DICnONNATRE MET N^

l'art, par celui des méthodes, qni sontdao^ les sciences ce que sont les machiDes enioé^ canique. Elles suppléent à la force et écono^ misent le temps : nous croyons donc qu'il m sera pas inutile de tracer d'une manière sud cincte quelques principes de l'art d'observer Remarquons que l'on peut, à l'aide des doca ments historiques, retrouver souvent les ym qui ont conduit aux principales découYerld

1" Un des plus importants préceptes, c'^ de concentrer toute son attention sur ToM dont on s'occupe. L'attention est d'autan plus active qu'elle est moins partagée. Pi elle nous analysons complètement un objet nous en saisissons tous les rapports, ton les diverses faces ; aucune de ses parties, ses propriétés n'échappe à nos regai Buffon a dit que le génie n'était qu'une gra patience ; on pourrait presque affirmer (^ se rattache surtout à une grande force d tention. On demandait au grand Nev comment il était parvenu à découvrir le.N étonnantes de la gravitation universelle, répondit : En y scngeant îouiours

z* Non-seulement il faut observer avec tention tin objets ou un phénomène, mais faut encore que l'observation soit réitéH On ne peut pas tout voir à la première t bien ces cnoses peuvent avoir échap.

D'ailleurs un objet par les rapports ({ul avec ceux qui l'entourent, peut trè^ieo pas se présenter sous le même aspect di des temps différents. Une des principa causes aerreur dans les sciences, c'est précipitation à conclure sans avoir suffisii ment observé.

3* Il faut surtout, quand on observe, » défier de tout esprit de système exclusif: k idées théoriques peuvent être des ^0^ précieux, d'excellents éclaireurs,maise^ doivent pas nous asservir : sans cela w"* la nature, non telle ({u'elle est réelleicA mais telle qu'on désire qu'elle soit. On sA qu'il se mêle des jugements à presque toor tes nos sensations et principalement r sensations de la vue : Or, les yeux sont i' gane par lequel nous observons le plus, ^ a cause de la facilité et de la célérité de le action, soit parce que par le moyen J^ j vue, nous pouvons atteindre des olrj»îls siiaê à de grancies distances. Ces jugements qu> mêlent à nos sensations, ces préjuges « les allèrent sont des verres à travers lesiju nous regardons les objets et qui en chanje les formes. Il faut donc distinguer soigneo* ment ce que les sens nous disent, d'averi que le lugement y ajoute : mais c'est ^

vent tr^s-dîfficile ; car le jugement est pej être, comme nous l'avons déjà vu, celle ( nos facultés sur laquelle l'habitude exerce i plus grande influence. Les jugements de^ nus habituels écha))pent en quelque 50ne l'action de l'attention et de la volonté : doc en avons à peine conscience, et ils se c'^»^ fondent avec les sensations et les altèrenj Nous traiterons au reste cet objet dans un plus grande étendue quand nous parlerofl de l'erreur.

peut quelquefois le faire par le secours de (»8) 11 faut bien comprendre le sens que Ton doit donner au mol nature.

MET

DK PHTSIOLOOIB.

MET

4* robsenration est plus facile dans les $riences physiques que dans les sciences ^)rales qui n'ont pour objet que des êtres iDtellectuels, jc'est-à-dire nos propres pen- ««t'S ou les opérations de notre esprit, telles ijoi: la métaphysique, la morale et leurs, applications, sujets auxquels se mêlent avec unt de force nos sentiments affectifs, nos fsssioos, etc. Nous sommes portés par Tacm de 006 cinq sens extérieurs et par TactiOD des objets physiques sur ces sens, à iArtir sans cesse hors de nous. Un seul sens H contraire nous sollicite à observer ce fil se passe en nous-mêmes. C*est par ce icos intérieur que nous prenons connaissance de ce qui se passe au dedans de nous, ie DOS affections, de nos idées, en un mot à t^>ules les opérations des organes et des iifullés internes. Les affections aue les senolioQs procurent , agissent généralement i>ic plus de vivacité que celles qui sont le liiiit de la réflexion. D'ailleurs Tesprit resmble Jusqu'à un certain pointa l'œil, il «oit tout et ne s'apereoit pas lui-même ; à Kiosque, par un grana effort, il ne parvienne h'odjectiTer comme dans un miroir réflecte ; il est plus aisé de diriger nos attente sur les opérations de Ta nature que » (elles de notre esprit ; aussi pendant tafl^ps les métaphysiciens modernes ne ^ oQl donné le plus souvent, sous le nom ^kiûire de l'esprit humain, que des fictions fhs ou moins ingénieuses ; ai^ourd'hui, B^ reprenons largement la voie tracée par Ns grands prédécesseurs, et la métaphysifie de rhomme devient de plus en plus une ^Qce vraiment expérimentale et fondée ir i observation, la raison, l'histoire, i* Un ue saurait trop dans les sciences jKumuler d'observations ou de vérités de ■1- L'histoire de la nature, dit Bacon, est «nblable à un fleuve qui est d'autant plus >vi$d>le que son lit est plus chargé.

S III. — De Texpérience.

L'observateur ne voit les phénomènes que ^{u'ils ont lieu dans le cours ordinaire de ^ iMture. Celui qui expérimente fait nattre |<i Contraire les phénomènes à son gré. Il 'c^^ane, U les combine, les multiplie; il 'O^ni dans son laboratoire des phénomè- ^ qui n'ont lieu qu'à de grandes distances ^'ui, dans les hautes régions de l'air, dans fj^ entrailles de la terre , dans des contrées ^i({nées. U tâche d'imiter la nature ; cpiel- ;FiHois même il la surpasse. C'est ainsi que '^'tclricité statique ou dvnamique produite \*ir nos machines nous « fait connaître d'une ^Qière exacte les phénomènes électriques , ^gnitiques, etc., qui ont lieu spontané- ^ûi sur notre globe ; nous avons obtenu ^c théorie plus large et plus exacte; nous t«avons bit de récentes et merveilleuses ap- HJcalions très-nombreuses, qui se multiplient w*que jour et qui se vulgarisent de plus en ^^ plus. C'est ainsi que Newton , en décomr^ût la lumière par le moyen du prisme , "'♦«sa donné une première théorie de la '"^enité des couleurs dans la nature, et que

ses successeurs, par de nouvelles recherches, ont pu revenir a une théorie plus solide des vibrations qui a remplacé avec avantage le système newtonien de l'émission. Comme il y a un art pour l'observation , il en est un aussi pour l'expérience. Celui qui expérimente en aveugjft peut rarement se promettre de parvenir à de grands résultats. Les expériences ayant ordinairement pour objet de parvenir à la solution d'un problème , à la découverte d'une vérité, il faut tenter de préférence celles qui peuvent jeter quelque jour sur l'objet dont on s*occuf)e. Mille expériences souvent ne peuvent rien , tandis qu'une seule est quelquefois décisive. Une des plus importantes règles k observer dans les expériences, c'est de savoir à l'avance ce gue ron cherche, de circonscrire son domaine, de mettre les moyens en rapport avec un but bien déterminé à l'avance; c'est ensuite de faire ces expériences avec une grande exactitude et d'en indiquer les résultats avec la|plus extrême précision. Cependant, en médecme, en physiologie , et même dans la domaine des sciences physiques , on a raisonné longtemps , on raisonne trop souvent encore sur des a peu-T)rès; ce qui doit jeter des doutes, de l'ODscurité, une très-grande confusion sur les conséquences que l'on déduit et sur les principes que l'on veut établir.

On sent que toutes les règles que j'ai données pour Vobservation sont applicables k Vexpérience; car l'expérience est aussi une observation : c'est l'art qui imite la nature pour en connaître les opérations. Mais l'art ne prend pas toujours la nature pour modèle. Conduit souvent par les seules conceptions du génie , il donne naissance k de nouveaux produits. De Ik, cette foule immense de machines, d'appareils, d'instruments dont on a enrichi les arts et les sciences : de Ik cette quantité d'objets qui servent k nos besoins ou k nos plaisirs, et dont on chercherait vainement les archétypes dans la nature. C'est l'art qui, venant au secours des sens, a suppléé k leur faiblesse , et , en étendant leur sphère d'activité, a aussi infiniment étendu la sphère de nos connaissances.

C'est surtout par des expériences continuelles, variées de mille manières, dirigées avec saçacité par la raison, aidée par l'habitude , l'habileté manuelle , etc., que les découvertes se perfectionnent et s'étendent. La plupart des découvertes les plus importantes n'ont pas été le fruit de la réflexion seule, on les a trouvées plus d'une fois pendant qu'on! cherchait toute autre chose, et sans les avoir directement en vue. Celui qui se livre au^ expériences doit recueillir tôt ou tard le fruit de ses travaux , et l'on risque beaucoup

Elus k ne rien tenter qu'k ne pas réussir : il lut donc observer, interroger assidûment la nature; car le temps qu'on emploie k l'étudier n'est jamais perdu.

Philosophes, dit Bacon, laissez d'abord opérer l'expérience, et ne raisonnez que d'après ses épreuves : alors vos réflexions étendront la science et fa perfectionneront. Ce précepte, dans les sciences physiques, a une

Wl

MET

DICTIOimAIRB

MET

grande valeur. L^expérience a besoin de longues tentatives pour fournir des résultats certains. U faut répéter souvent les observations avant de les réduire en principes. Hais le grand défaut des hommes , c'est de vouloir trop tôt jouir ; on veut se donner la gloire d'une découverte ; on veut proclamer le (premier une vérité importante : cette précipitation empêche souvent d'arriver à des résultats solides et enfante de nombreuses erreurs. Le moyen de connaître la nature par les épreuves de l'expérience, c'est de les varier, de les répéter, de les opposer, de les réunir. U faut s'en tenir longtemps aux faits pratiques, et ne pas trop se presser de faire des applications impaiiaites aux arts ; car elles nuisent également et à la théorie et à la pratique. Ce sont, comme on l'a dit, les pommes d'or jetées sur le chemin d'Atalante et qui lui arrachent la victoire.

L'expérience encore au berceau prendra indifféremment pour guide queloue théorie que ce soit ; mais l'expérience mûrie et perfectionnée par le temps et le travail , nous fera connaître à la fin les véritables théories. Donnez à des vérités de fût le temps de se développer, et Ton verra éclore une foule de vérités importantes qui s'arrangeront ellesmêmes en un système bien ordonné et formeront cette philosophie expérimentale qui fonde et assure l'empire de la philosophie rationnelle.

§ IV. — De rinduction.

C'est de l'observation et de l'expérience guidées par la raison qu'émanent toutes les vérités de fait. Vinduction rassemble le.s faits, les compare, les classe, les combine; elle en déduit tous les principes généraux , toutes les conséquences qui en émanent : et de là «naissent, par un travail déductif , les vérités de déduction.

Les vérités de fait sont les matériaux des ^connaissances humaines ; ce sont l'induction et la déduction (syllogisme ascendant et des* icendant) , qui les mettent en œuvre ; c'est par eux que se forme le vaste édifice des sciences, édifice dont la solidité dépend autant de la manière de construire , que du xhoix des matériaux.

On a dit que «Bacon avait démontré lef)remier que rinduction est la seule manière philosophique de procéder dans l'étude des sciences, dans la recherche de la vérité ; il fit voir, (youte-t-on, que toutes ces formes syllogistiques tant vantées dans les écoles étaient absolument inutiles pour Tinterprétation de la nature , renversa toutes les vaines chimères qui avaient pendant tant de siècles abusé l'esprit humain , ramena les hommes à l'observation et à l'expérience. Il donna le premier des règles précises de la bonne méthode d*induction... C est par cette méthode sévère qu'il surpassa son siècle, devança le nôtre, et mérita le nom glorieux de restaurateur des sciences.)» Cet éloge fort exagéré renferme de trèsrgrandes erreurs , nous en avons rectifié quelques*unes : soyons justes envers le chancelier de Vérulam , mais restituons à l'anti-

quité, au moyen fige, & la renaissance, d xvn* siècle tout entier, ce qui leur apparl ev Bacon a ses éeaux et ses supérieurs.

I. On doit placer en tête des règles de l'i duotion , ce principe important : c'est de i tirer des faits que les conséquences oui e découlent de la manière la pius immédiat! Une des principales causes d erreur, c'est d vouloir toujours conclure positivemeDt i delà de ce que les laits prouvent réelleiDd Il ne faut pas confondre une antieipùm une conjecture même très-probable, arec i résultat inductif rigoureux.

n. L'esprit humain est bientôt fatigiiéd la rechercne des faits particuliers ; il aime^ s'élancer vers les idées générales : les m mes , les théories flattent sa paresse , serrd son impatience, caressent son amour-prom Sa marche , toujours lente quand il sdlj très-près l'observation et l'expérience, a vient infiniment plus rapide quand il se !h en liberté à toutes ses conceptions. Hais d elle alors aussi sAre? Non, sans doute, d dans l'étude de la nature , les sens aidés j la nature sont de meilleurs guides que ri gination. Ce n'est donc que d'après un gn nombre de faits que l'on doit se permej d'établir des assertions générales. Il ne I pas oublier qu'un axiome scientiQqued émaner des faits qu'il représente , qu'il ^ sunvB, dont il devient la ndèle expression que sa probabilité, sa certitude, sod éteod iont en rapport avec le nombre et la m des faits sur lesquels il repose. Néanur dans les sciences phjrsiques , on rencffl très-souvent des principes «énéraui m s'appuyent que sur un très-petit no* d'oWrvations particulières, et c'est sur « pareil fondement que l'on n'a pas cninjfr tablir les théories le^ plus pompeu»^ prit humain se livre volontiers à d'iBjw* systèmes qui l'amusent et leséduisciA' s en noumt et y endort son activité : un piège adroit que la paresse tend à 1 rance et à la vanité.

m. Il ne faut jamais oublier qu'un « fait négatif prouve plus contre un pnnci ou une théorie que Ton veut établir, j mille faits positifs ne prouvent en sa *'«^ On sent donc avec quelle exactitu^«"""^J chercher les faits, avec quelle sévénlô on j examiner les conséquences qu'on a dwuw avant d'oser établir une assertion geo^ Les faits négatifs renversent les systèmes, bien ils les transforment , les redresseni. modifient.

IV. Rien ne coûte tant aux hommes d'avouer leur ignorance. Plutôt que de « pendre leur jugement sur des effets uoi» ne connaissent pas rétiologie,ilsonirecc à des causes purement hypothétiques,^ des facultés occultes , à des intentions w traires que l'on prête à la ««ture. po"^ cher de rendre raison des pW^^^ dont le mécanisme n'a pu être saisi par patiente observation : cfest ainsi que i o» plique ce que l'on ne conçoit point par" très choses encore plus obscures, w pas cependant par des suppositions wu

MET

DB PHYSIOLOGIE

MET

tjqaes que Too parvient k pénétrer les secrets de la nature. En examinant les faits liée soin , en les analysant avec exactitude^, en les comparant sous toutes les taces , de B»nièie à en embrasser tous les rapports, le philosophe , sans imaginer ce qui n est pas, peut répandre beaucoup de jour sur ce qui est : 0 ne faut pas imaginer, mais découvrir ce que bit la nature. Inveniendum, non /infndm quid natura fiat^ aut ferai (Bacon).

V. L'induction, pour être exacte, doit être Idogue et minutieuse. Les sciences mathématiques doivent leur certitude à leur méthode d'induction qui va d*une proposition prettere certaine à une autre , en parcourant SKcessivement toutes les propositions interiKtliaires. Ne craisnons donc pas de nous i^ntirtrop sur les détails : trop regarder iinit un défiiut bien moindre que ne pas reprder assez ; malheureusement c'est un dé« faut qui n'est pas commun.

VI. La marche de l'induction est de condors des faits aux axiomes ou à des assert»os générales. Celles-ci indiquent à leur tatf de nouvelles recherches ; associées à un M déductif et large, sage, régulier, elles H éclore des faits nouveaux qui donnent tance à de nouveaux axiomes. Ainsi la hcMtque répand la vérité qu'on vient de ^ivrrir se répand non-seulement sur les '«liés déjà connues , mais encore sur celles (»• dcHTent suivre.

ni. On sent bien que Ton n'établirait ia- 9tts aucune assertion générale, s'il fallait )Mr cela connaître tous les êtres ou les phé- (nnènes qui existent dans la nature. On Ciblit donc des principes d'après tous les kts connus et l'on conclut par analogie à ^ les faits qu'on ignore. Mais comme l'a- >^gie ne peut rigoureusement donner la Mitude, on voit que dans toutes les science d'observatioD, il faut être bien lent et Ibcq circonspect avant d'admettre qu'un prln- ^P< est entiërement certain ; combien en M*il que l'on puisse regarder comme invamblesî

VIH. Si l'induction doit être sévère, c'est ^ut dans l'investigation des causes. Pour Jj^ constater la cause d'un phénomène^ il ■vUa séparer de tout ce qui n est pas elle : il ^t qu'elle existe toutes les fois que ce phéno- ^e existe, que celui-ci disparaisse quand ^^ cesse d*agir, et que selon que son acl^^té augmente ou diminue , 1 effet qu'on 'm attribue augmente ou diminue aussi. Il ^ul encore aussi qu'elle soit applicable à l^Qs les phénomènes semblables ; car les n^oies effets doivent appartenir à la même «use.

IX. Une chose infiniment importante dans 'Me de la nature, c'est de ne point donner ^ réalité trop absolue à tous les principes ^^ l'on se hAte de désigner sous le nom de fjwf*, ^orcea. Iota générales: ce sont des (bûses qui se façonnent souvent d'une ma- ^ peu exacte dans notre esprit et se dé-

(B9) IHnduetion repose sur cette croyance: *^ctt-ee naî ponr toutes nos forces, toutes nos >^. N'ia-v-fl pas descbsDgemenls à longues pé«

forment potur s'accommoder au moule où elles ont été jetées. l\ ne faut point oublier comment elles se lient aux classifications plus ou moins artificielles au moyen desquelles certains auteurs ont rangé tous les êtres ou les phénomènes pour en mieux saisir l'ensemble et les rapports. Nous avons d^à parlé avec quelques aétails des propriétés physiques, des forces vitales, des facultés intellectuelles et morales, de leurs modes, de leurs tendances, de leurs lois, de leur substratum ontologique ; nous y reviendrons encore, c'est un sujet aussi important que difficile; on ne saurait trop 1 approfondir.

X. Ne craignons pas, dans l'investigation de la nature, de revenir à chaque instant, des sens à la réflexion et de la reflexion aux sens; de rentrer au dedans de nous et d'en sortir sans cesse. Il faut ne partir que de données exactes et ne pas se livrer trop facilement au plaisir d'en déduire rapidement un grand nombre de conséquences; quand on suit une mauvaise route/ plus on marche vite, plus on s'égare, et il n'y a plus moyen de revenir sur ses pas.

XI. L'homme est porté naturellement à rapporter tous les faits au plus petit nombre de causes ou de principes possibles ; par ce moyen il les retient plus aisément, il les compare et les combine avec plus de facilité : d'ailleurs nous regardons dans les arts une machine comme d'autant meilleure qu'elle est moins composée. Mais en est-il ainsi du mécanisme de l'univers? C'est ce qu'il serait difficile d'assurer avec certitude. En vain nous voulons imposer des lois à la nature : elle est indépendante de nos systèmes et appelle très-souvent à elle-même de nos décisions.

Xn. Natura semper $ibi consana^ dit Newton ; la nature est constante et toujours en harmonie avec elle-même ; ce qui a été se reproduira, quand le moment sera venu ; le passé redeviendra présent. Ainsf, quoiqu'il soit douteux que la nature se règle par ces lois que nous regardons comme générales, on ne peut au moins douter de la permanence de ses lois véritables, telles que Dieu les conçoit dans son immuable volonté. En partant de ce principe, nous voyons de nos lours les astronomes calculer a priori tous les phénomènes célestes qui auront lieu dans les siècles à venir; ils comptent sur les résultats, et l'expérience les a confirmés jusqu'ici (S99).

XIII. Quoique raisonnant par induction ,^ d'après l'observation et l'expérience , on n'obtienne pas une démonstration proprement dite, relativement aux conséquences générales qu'on voudrait établir ; c'est là cependant, d après Newton, le meilleur mod« de raisonnement que puissent comporter la nature des choses et la nature humame ; plu5 rinduction est étendue, plus les principes qu'on établit approchent ae la vérité.

riodes, correspondants à révolution do monde ^ d où naissent les grands cauclyames?

H Ail YST

mrrrroNTvrîiE met a

Page 1