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Dfi PHYSIOLOGIE.
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liiapiMe l'œuvre de Vattenlion : Tart d'observer empninte dooc une grande force à l'ari d'aoalyser.
L'analyse éclaire aussi rinduction dans sa marche, elle en rectifie les résultais. Ce n'est ^ assez qu*iuie proposition soit déduite de fiits constants pour être aisément assuré quelle est juste; il fout aussi que ces foits ^ojeot simples : il importe donc d'analyser ici plus composés» de les ramener à leurs eiioieots, de n'en déduire que des consé- ^eoces immédiates. C*esi par l'analyse que Ion parvient à développer les causes des eifcts aue la nature présente, et que l'on ramené les phénomènes les plus compliqués à (Quelques principes fort simples.
Ce qu on nomme l'analyse mathématique, n\ une œuvre complexe qui mériterait une tiude spéciale ; nous verrions alors ses rapf')rUavec l'induction : c'est Tartde raisonn:r et d*induire porté à une haute perfecbt/Q. De même aue l'art de raisonner consiste Claire voir que la conséquence que l'on tire cUit contenue implicitement dans la propo* ^j<>D primitive oont on est parti; que Fart h ImducUon est de découvrir dans les \^ toutes les .vérités qu'ils renferment ; de sru aussi l'aaalyse algébrique déduit la <n:it des inconnus de la valeur même des J 'â^ieés ; les avantages qu'elle a sur l'indue- ^•fl ordinaire, tiennent surtout à ce que le luge et le mécanisme algébriques sont Uitplus exacts et plus simples que lejanfàt/i ordinaire.
Ainsi la méthode analytique ou d*inducî^^û a un fond conmiun dans toutes les scien- ^. Cette méthode consiste à procéder toujours du connu à l'inconnu. Il faut donc que ^données renferment toutes les connues ibicesâaires à la solution de la question qu'on « en vue; et quand elles les renferment, il se reste plus qu'à énoncer les connues d'une nmttt assez simple et dans un ordre tel quon parvienne à trouver la valeur des inconnues,, c'est-à-dire la vérité que Ton ckerche.* Comme dans les mathématiques on établit u question en la traduisant dans le langage «iUiple et exact de l'algèbre; dans les autres Kit:nces, il faut aussi l'établir en la tradui- ^t dans l'expression la plus simple : car rcn ne £acilite tant la solution d'une question P^ la manière dont elle est établie. La vérité i^e l'on cherche étant implicitement renfer- ^e dans les données mêmes d'où l'on part, '^:i fait passer la proposition primitive qui * >Qlient ces données par diverses traduc- ^'■m successives, jusqu à ce qu'on arrive à cHtc vérité qui devient comme la conclusion ^- tout le raisonnement.
U certitude et la variété des modes inducï'ï 5ont en harmonie avec les modes d'in- •UcUon (voy. ce mol). — Le sens du mot ûftfl/yic a été beaucoup étendu : on analyse uu livre, une doctrine, etc. L'analyse de Con-
\^) c Facienda est corporuro separatio , non i^f ^^em sed per rationem, çiuamvis per ignem ^<:rttm : aaepe plura separalioni iuipulautur quae
dillac est aussi synthétique qu'analytique 307). (Voy. GsRGOffNB, Annales mathim. et
UGALD, StBWJAT, PhUoS.)
§ VI. — De la synthèse.
ÎAsynthise n'estautre chose qu'une compo-, sition ; elle est l'opposé de Y analyse qui décompose. Nous la divisons aussi en synthèse physi' que ou expérimentale^ et synthèse rationnelle.
La synthèse physique est celle que l'homme opère par des moyens physiques, soit mécaniques, soit chimiques. La première a lieu par des moyens mécaniques, tels que les inrstruments de la plupart des arts. Diviselr et réunir, c'est à quoi se réduisent presque tous les procédés des arts mécaniques.
La synthèse chimique est celle que le chimiste opère, soit pour avoir le complément des preuves obtenues par l'analyse, soit pour enrichir les arts de nouveaux produits. La synthèse mécanique ne combine que les masses; celle-ci combine les principes constituants des corps. La synthèse rationnelle est celle que l'esprit seul opère ; car de même 9ue par la pensée npus décomposons les objets pour en mieux connaître la nature; nous réunissons aussi leurs parties pour en mieux saisir l'ensemble : Nous combinons môme les objets entre eux, nous varions, nous multiplions ces combinaisons. Cette synthèse rationnelle s'exerce également sur les êtres physiques qui existent dans la nature, sur les objets qui peuplent notre entendement, sur ses opérations, leurs résultats. On peut dire d une manière générale que pour opérer avec exactitude dans les sciences physiques, il faut faire précéder la synthèse de Tanalyse : lorsque c est la synthèse qui précède, l'esprit, au lieu d'analyser conformément à la nature des choses, risque d'analyser surtout ses propres combinaisons.
On a aussi donné dans les sciences le nom de synthèse à cette méthode par laquelle ou
|)art de principes généraux pour arriver à a connaissance des vérités particulières. C'est là la méthode des anciens géomètres. Transportée trop exclusivement dans les sciences physiques, elle peut devenir et elle devient souvent une grande source d'erreurs. C'est ainsi que plusieurs physiciens, partant par voie de synthèse, de certaines notions qu'ils regardaient comme certaines, universelles, complètes, tandis qu*elles étaient douteuses, fort limitées ou incomplètes, s'égarèrent très-méthodiquement, tout en croyant suivre l'évidence, et substituant des démonstrations fort imparfaites à l'observation et à l'expérience, bases plus solides de la science humaine, ils donnèrent les brillantes chimères qu'avait enfantées leur imagination pour le vrai système de la nature : tant qu'on le peut, il vaut mieux voir que deviner; défions-nous de ceux qui débutent trop souvent par ces mots : il est évident que^ en faisant passer, sous ce sauf-conduit, des propo-
ignis calor , etc. , indunt et superinducunt. » (Bacon. Nav.Org.) — H faut donc pour Tanalyste de bous rcaciifs physiques et intellectuels.
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siiioDS fondamentales, qui ne sont nullement évidentes. Si dans la géométrie la méthode synthétique peut être aussi sûre C[ue l'analyse, c'est parce qu'on part de principes certains, et que les dernières propositions sont liées aux premières par une série d'évidences. Mais comme dans les sciences physiques les premières données sont ordinairement accompagnées de quelques légères erreurs, d'exceptions, de complexité, etc., il arrive que par toutes les combinaisons synthétiques que l'on fait successivement, ces erreurs se multiplient et l'on parvient à des résultats évidemment faux; ainsi, la plus légère erreur, dans la mesure d'un angle, devient d'autant plus sensible que les côtés de cet angle sont plus prolongés.
La synthèse n'est donc pas la seule mtflAode a'tnvfti^ton; mais est-elle la seule m^tkode d* exposition et de doctrine? C'est là ce que bien des savants ont jpensé ; ils disent que cette méthode est plus simple et plus propre à l'instruction; ils la prodiguent dans Tes ouvrages élémentaires. Cependant quand on y réfléchit, on s'aperçoit qu'on aurait tort de dédaigner, dans l'enseignement, cette méthode ou procédé analytique, qui consiste à aller du connu à l'inconnu, du simple au composé. Or 9 les -principes généraux sont mieux connus, mieux embrassés, quand on connaît déjà les faits particuliers sur lesquels ils reposent : quoique leur simplicité apparente nous séduise, il est aisé de voir qu'ils sont, au fond, bien plus composés que les faits, puisqu'ils en sont le résultat, qu'ils naissent de leur combinaison, qu'ils nous les présentent à l'état d'essence et de concentration. On peut rendre plus facile l'intelligence d'un ouvrage élémentaire, par la méthode analytique mêlée à propos avec le procédé synthétique : il faut y éviter les longueurs parce qu elles lassent l'esprit ; les digressions,
f)arce qu'elles le distraient; les divisions et es suboivisions trop fréquentes, parce qu'elles l'embarrassent, et les répétitions, parce qu'elles l'ennuient. Une chose dite une seule fois, mais où elle doit l'être, est plus claire que répétée ailleurs plusieurs fois. On doit, en général, dans l'exposition, comme dans la recherche de la vérité, commencer par les idées les plus faciles et qui viennent immédiatement de l'observation, et s'élever ensuite par degrés à des idées plu^ abstraites et plus composées. Si l'on saisissait bien la progression et l'enchatnement des vérités, il serait inutile de les démontrer; ce serait assez de les énumérer : car elles se suivraient dans un ordre tel que ce que l'une ajouterait à celle qui l'aurait immédiatement précédée, serait trop simple pour avoir besoin de preuve. De la sorte, on arriverait aux plus compliquées et Toii s'en assurerait mieux que par toute autre voie. On établirait même une si grande haison entre toutes les connaissances que Ton aurait acquises, que l'on pourrait, à son gré, aller des plus composées aux plus simples, ou des plus simples aux plus composées. A peine pourrait-on les oublier, ou du moins si cela arrivait, la liaison qui serait entre
elles, faciliterait infiniment les moyens de 1< s retrouver.
L'analyse doit donc avoir sa bonne pn; dans l'enseignement comme dans rinventiiii On enseigne avec beaucoup de protit et j charme, lorsque l'on peut, en quelque son >. faire découvnr à son élève ce que l'on a ]► . couvert avant lui. Ce qui prouve le rôle iî iportant de l'analyse, c'est que la synil suppose une analyse antécédente. Si 1 . examine avec attention toutes ces méiho j ^ systématiques, tous ces tableaux synopti i' qui paraissent fondés sur la seule synth m^ Ion s'apercevra aisément gue leurs' auir^ ne sont pas parvenus à les faire de la ui* manière quils les ont rédigés, mais qu < avaient trouvé les rapports dans un ordn ;v verse de celui dans lequel ils nous les eir> sent. Leur système une fois établi, ils < ; brisé l'échafaudage , pour inspirer à I > contemporains et à la posténté une ; .
grande admiration pour leurs travaux.
L'analyse contient, en elle, un ordr^^r- rel; celui qu'on observe, dans la s\:r > est plus artificiel, et fatigue souvent ïb, sans y répandre une grande lumière :
étudiant bien des ouvrages écrits sous [«: exclusivement synthétique, on est fr.' par un étalage pompeux d'axiomes, de < rollaires, de lemmes, de scholies, liés tr eux de la manière la plus intime. On t^ ébloui, quelquefois, par cette manière procéder qui paraît rigoureuse, et Ton '^ • gare très-méthodiquement. Mais bientôt 1 '^• prit lassé d'une étude pénible et peu ir • tueuse, vaincu, mais non persuadé, chen à revenir sur ses pas : laissant là tout ^ brillant appareil, il y mêle la marche niodi ' et plus sûre de l'analvse, et préfère le do:\ plaisir de s'instruire a la vaine gloire de [ <raltre instruit.
C'est la synthèse exclusive qui avait amer '. pendant longtemps, l'abus des définit* * prématurées, absolues, imparfoites, en [ *
i^ant ainsi souvent, au début, ce qu'il aïK ' allu placer plus tard, ou même à la lin.
La géométrie étant une science que ! '^' nomme exacte, on avait cru que, pour l> "• traiter toutes les autres sciences, il n'y a^ :•
Îu'à imiter les géomètres, et l'habitude de :'nir à leur manière, tendait à se général; '^ de plus en plus. Cependant, que de civ^^ > qu'A est impossible de définir a'une manar exacte et dont les définitions vagues ap[ r» 'nent peu de chose. Que signifie donc ce trigage, Ui définitions sont des principes- ^^ signifie qu'il faut commencer par voir |'^ choses pour les connaître, et qu'il faut * voir telles qu'elles sont. Il ne signifie aue ( t et cependant on croit dire quelque cliost
Mire usage, on s'en est servi par h^bitu i j machinalement, sans y attacher d'idée, ti l'on a eu des principes qui ne sont le coumencement de rien.
Ce n'est pas seulement par des rfe^/?rn/" '|* ou des principes que l'on doit introduire i^-
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DE PHTSI0L06IB.
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hamoes dans les sciences ; il faut aussi leur ippreadre à voir les faits d'où les principes dément, et [M^parer les définitions par des iDêlysest et des classifications qui les rendent piQs'feciles et plus exactes. Toutes nos idées itepeutent être définies ; mais l'anal jrse montre enfflment nous les avons acquises: en BOUS déTeloppant le mécanisme de leur gé- Bération, elle nous éclaire sur leur nature et ies détermine d'une manière plus claire et plo5 précise.
Obsenrer« concevoir et non imaginer, analyser, autant qu'il le faut, ayant de définir, leiie est une des missions de la méthode. 0 j a d'ailleurs plusieurs modes de définitioa.
|Tn.— Des diverses braDcbes des connaissances
humaines.
le champ de la science est immense; mais Fe^prit bumain est borné et ne peut l'emtnj^er tout entier. Il a donc fallu diviser les fitinaissances humaines pour en rendre l'étiJt plus facile et*pour en accélérer les pro- 06 ; cette division nécessaire a dû naturel- Vast être établie d'après les objets mêmes iicâ connaissances.
^HiNurrait d'abord diviser les sciences en Cnùriisses générales : mondes^ physiquei et »^i^matiques. Les premières ont pour objet loot ce qui a rapport à l'homme intellectiiei, moral, etc.» c est-à-dire A l'homme contré comme un être qui pense, aime, etc. les secondes ont pour objet les êtres et les lihfQumèDes physiques. Les troisièmes ont fwr objet les quantités.
Ces premières branches de nos connaissance se subdivisent elles-mêmes en d'autres ramifications. Ainsi la métaphysique, la logique, h grammaire, la morale, la législation, les Mles-leitres, etc., appartiennent aux scientes morales ; les sciences physiques renieroent l'histoire naturelle, la physique, l'astro- ^ûfflie, la chimie, la médecine, les divers l^.etc.Toutes ces divisions sont utiles ; mais n ne fout pas les multiplier, ni vouloir fixer ^p minutieusement à chaque science ses !jB}ite$.Toutes nos connaissances sont liées ^^t à l'autre. La science, dit Condillac, est a| vaste champ qu'il faut éclairer : plus on y ^ve des murs de séparation et plus on y Multiplie les ombres.
L'usage de ces divisions générales, c'est de ^iembler un ^and nombre d'objets et de I» classer d après leurs rapports. Mais il ne m pas croire qu'elles puissent suppléer à iHude de ces obiets mêmes. C'est seulement ^^ espèce de dénombrement des connais- ^ces que l'on peut acquérir ainsi : c'est un
^m\x de rétat actuel de la science hu-
nuiae.
Si l'on suit la marche de l'esprit humain et ^ progrès dans les diverses sciences, on ^^it> que les sciences morales sont celles q«» ont été dabord portées à un plus haut J^î^re d'avancement. Après celles-ci viennent '^ sciences mathématiques et enfin lesscien- <;w physiques. Dans les premières, nous n'a-
vons pas encore égalé les anciens; dans les secondes, nous avons infiniment perfectionné et étendu les idées qu'ils nous ont transmises ; dans les dernières, nous leur sommes infiniment supérieurs. La raison en est saillante : car, dans les sciences physiques, l'esprit humain avance surtout par l'obserfatinn et l'expérience externes; il observe les faits extérieurs; il les recueille, il cherche è en deviner la cause. C'est principalement dans ces sciences que la vérité est la fille du temps ; nos recherches se multiplient avec nos besoins, nos plaisirs, etc. Chaque siècle qoute quelques vérités à celles que le siècle précédent lui a transmises. Nous sommes donc aijûourd'hui riches de notre propre expérience et de celle des siècles passés. Nous devons donc être supérieurs aux anciens ; car' c'est nous qui sommes les anciens dans l'Age du monde.
A mesure que Varbre de la science s'accroit, ses ramifications se multiplient, et Ton voit naître successivement de nouvelles branches de connaissances. Ainsi la physique compte aujourd'hui des parties qui étaient entièrement inconnues aux anciens. Ainsi l|i chimie est devenue de nos jours une science toute nouvelle, et qui sera infiniment riche en résultats, si elle ne devient pas trop exclusive, trop rapidemeut ambitieuse; les mathématiques ont fourni des ramifications et des parties toutes nouvelles et fait des progrès étonnants. On peut en dire autant de rhistoire naturelle , dont chaque partie est devenue elle-même une science particulière. Hais si la marche de ces sciences a, été rapide, l'impatience de l'esprit humain est encore plus grande de nos jours. Un néologisme souvent abusif s'est introduit dans bien des sciences; à l'aide d'un nom nouveau, on pense créer une science nouvelle, et l'on croit multiplier les connaissances tandis que l'on ne multiplie que les noms. Nous ressemblons à un homme qui croirait accroître son domaine en divisant ses champs pour en augmenter le nombre. Les mots nouveaux sont indispensables; mais ils doivent ré-
Eondre à des idées ou à des choses nouvelles, es diverses branches de nos connaissances se réunissant à un tronc commun, doivent exercer les unes sur les autres une certaine influence. Cette influence, plus ou moins active, a été très-souvent utile et quelquefois nuisible. Elle a été. pour nous une source d'erreurs comme de vérités. C'est ainsi que l'application des mathématiques à la physi-
3ue a infiniment étendu la sphère de cette emière science; tandis que l'application abusive et mal conçue de ces mêmes connaissances à la médecine n'a pas eu, à beaucoup près, des résultats aussi heureux. Il en est de même de Tapplication trop envahissante de la chimie à la médecine ; tandis que cette même science, appliquée aux arts, leur a fait faire de si grands progrès. Il faut cependant être très-circonspect à décider si une science peut ou non être appliquée à une autre avec quelque succès ; car si Ton n'obtient pas des résultats heureux, cela pro-
MBT . DICTIONNÂIRI MKT
de la nature de la mission générale,et quoique nous ne sacln
vient BouTent moins
science appliquée que de ce que les connaissances ne sont pas encore assez étendues, ou leurs rapports bien saisis. Les sciences ph)^siques, morales, mathématiques, réagissent les unes sur les autres, et forment un cercle qu'il faut sans cesse parcourir.
§ Ylil. De la réalité, de ndéaliié, de retendue des coanaissances humaines.
Nous avons divisé toutes nos connaissances en physiquei, mathématiquei et morales. U nous reste à considérer leur réalité quant à leurs objets.
1. Les connaiêiances physiquei, ayant pou^ objet les divers êtres ou phénomènes matériels qui existent dans Tunivers, ont incontestablement une grande réalité. Queloue doute que certains philosophes aient tflche d'élever sur Teiistence de ces corps, c'est une vérité qui est au-dessus de toutes les démonstrations et qui repose sur de très-solides fondements, sur le sens intime et le sens rommun, c'està-dire sur notre propre assentiment et celui de tous les hommes. Jlfatf, dira-t-on, nom ne connaissom le$ objets que tels au*ils sont par rapport à nous, et non tels qu'ifs sont par eux-mêmes A\ est vrai, sans doute, que nous ne connaissons les objets que tels qu'ils sont par rapport à nous, et non tels qu'ils sont en eux-mêmes; que nous ne les connaissons que par les impressions qu'ils font sur nous, et que l'histoire dé la nature n'est que celle des impressions qu'elle fait sur nous; mais nous ne pouvons changer notre nature : ainsi, pour l'homme, connaître, c'est sentir, J^Q^^t concevoir, etc. L'univers peut] être au U)nd tout autre qu'il ne nous paraît ; mais nos facultés sont nos seuls moyens de connaître, et il ne faut pas fermer les yeux pour mieux apercevoir la lumière. En un mot, il ne s'a-
f«t ici que des connaissances humaines, c'estdire de ce qu'il est permis à l'homme de savoir. Quoique les couleurs, les saveurs, etc., ne soient que les modifications produites en nous par les corps colorés, savoureux, etc., elles supposent cependant dans les objets unmode intime, une configuration de molécules, ou tout autre cause inconnue, propre à provoquer en nous ces sensations ; en cela, on voit qu'elles ont une très-grande réalité. Mais ya-t-ii une ressemblance entre cetteconfigtjration de molécules, cette organisation intime, celte cause, quelle qu'elle soit, et la sensation excitée ? C'est une question à laquelle l'état acluell de nos connaissances ne nous permet certainement pas de répondre avec quelque précision. Si cependant il est permis de hasarder quelques conjectures là où les données et les preuves manquent, l'on peut dire que tout est lié dans la nature , que Thomme faisant une partie importante de ce grand tout, il doit y avoir une harmonie préétablie entre lui-même, les objets qui l'entourent, etc., que les rapports qui l'unissent avec eux doivent se lier avec sa propre constitution, son but, etc., et celle des objets. Nous savons par diverses voies ce qu'est l'espèce humaine, quelle est sa
pas en détail quelle est celle de tous le dividus qui la composent, nous D'^n vons pas moins penser que leur eii>* • est liée à celle de tous les autres, et q. * se rattache harmoniquement aux lob régissent l'humanité. Si nous ne CHn" sons pas mieux la nature des objets, en : nant le mot dans son véritable sens n'est pas que ce soit impossible à i propre nature, jointe à tous les sr qui nous sont donnés, mais c'est que, d cette même nature, la marche de l'es; r main dans les connaissances est t<>i lente quand elle est sûre, et que noih n montons pas à toutes les sources. N(m^ naissons aujourd'hui bien des choses qu'.. raient nos devanciers. Des découve{te^ étonnantes encore sont réservées à !.^ térité. Livrons-nous donc sans relArh observation constante des êtres, des i mènes, et erovons que si l'étude de h est inépuisable, la perfectibihté d«jj^ humain est aussi infinie.
H. On ne peutdonc douter raisonna; de la réalité objective de nos sen>a de nos idées sensibles ; mais en est-.> des idées abstraites et générales, qui, les sciences physiques même ne laisv .;
3ue d'être en très-grand nombre? Je r»
rai à cela que, quoique les idées <ibet générales des sciences physiques rî- : du travail de notre esprit sur les ii< i' que les objets nous fournissent, et <{i. portent le cachet, l'empreinte, la t de nos facultés, leur cause n'en e\i^u moins dans la nature, et que nos idt \ vertu de notre intelliçence, ont des ra; ; avec les archétypes divins. Ce n'est que près des êtres ou des phénomènes in duels que nos idées abstraites ou st^ii ■ ont été formées au moyen des lumier» >. forces que Dieu a mises dans nos Imu elles se réalisent dans chacun d'eux : > il faut conclure seulement que, d*ii>^ sciences physiques, toute idée ab^lni.^ générale que l'on ne peut ramener à <lc> sensibles légitimement élaborées par i n ligence, doit être regardée comme in ^ et proscrite de la bonne manière de i ' sopher rigoureusement. Les idées comi que nous avons des objets physirinf^ ^ ainsi que nous l'avons déjà vu, dis i tions d idées simples que nous uni^sciisemble dans notre esprit, confornu ni' ir nombre des qualités que nous avori> 'f vées dans un même sujet. On seul ^ qu'elles ont autant de réalité objectiV' les sensations mêmes, pourvu quon n- ' fasse pas représenter plus de di"^^^ ^ l'observation ou l'expérience n'en ont prises sur l'objet qu'elles représeniein • sont plus ou moins incomplètes, il e>î ^ tant que les objets physiques sont iiiijKii ment connus ; mais elles n'en sontj'a^ n
réelles.
m. Les mathématiques n'étant que connaissances abstraites, et même la piUN • faite des abstractions, on serait tenlé de ci o^
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DB PHTSIOLOOIE.
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iKc bien des métaphysiciens, ou'elles n'ont qu'une existence idéale et poini ae réalité oblertive. Ce qui semblerait appuyer encore cette pfnaion , c'est que toutes les idées gui compo- $(0t celte branche de nos connaissances no Mot que des térités de eonséquenee, et dédui» b<ieâ seules idées de Vunué^ de la ligm^ ia n&mbre, de la figure^ etc. Cependant, si Un eumine avec attention toutes les idée^i ItiliémaliqueSt on parviendra aisément à Imurer leurs rapports avec des idées sensi- Ib, qui leur servent de point de dép^M et k [Ktint d'appui. Il est vrai qu'il n'j a pas Ikk la nature de cercle parfait , de triangle ^itement équilatéral « de ligne même (■tellement droite ; que les démonstrations ffDOiétriques sont distinctes des figures par- Iniiières que Ton met sous nos yeux. Mais ÉQS n'aunons pas l'idée première de figur$ m les objets figurés, de $iotnbre sans les %tsDombrables. Quoiqu'il soit vrai que les prvs précédentes ne se trouvent pas dans il uture, du moins avec le mode absolu» éfif naioé , abstrait , que les géomètres conpnefii, c'est néanmoins d'après les figures |kfsques que les Qgures de la géométrie w iié conçues. L'esprit a fait abstraction teianactitudes qu'il y observait; il a créé il ^tA idéal , une ligne idéale , etc. , monhAm\ comment, du monde sensible et ■^, il peut s'élever au monde intelligible Ho^ftant, ainsi qu'à ses loi», et transporter hRDie au premier les trésors que le second I soumis. De ce que nous venons de dire, peut conclure que les mathématiques ^ doivent perdre nécessaii*ement de leur iiudeet de leur certitude démonstrative, k^ju'on veut les appliquer aux sciences ^^ques, si l'on ne connaît pas bien les lois tti^ applications, si l'on n'a pas de bonnes waées expérimentales.
I^. Les seteneeê morales n'ont*elles pas lUnt de réalité objective que les sciences ij^iquesT Quels sont leurs rapports avec les i^^nres mathématiques? Si Ton met de cdté s sublilités de certaines philosophies , on ^ que la plupart des idées qui appartientoi aux sciences morales ont une incontes* Ue et lumineuse réalité, quand on parvient 1^ tiier d'une manière claire et précise. Bjffet, elles ont pour objet l'homme consi- ^ sous le point de vue moral , c'est-à-dire ^pensées, nos affections, nos facultés, nos ^internes, les lois qui les régissent, etc. >ûi de plus réel, quoi de plus important ^iir nous que les objets de ces connaissant s! U est vrai que nos idées morales n'ont s de modèle exact dans la nature; que leur ■^ est en nous, dans les esprits seuls, et ïr archétype en Dieu. Il est vrai aussi que ^principes universels, nécessaires, absolus ces sciences , qui appartiennent au monde t<;itigible et apparaissent immédiatement en ^ comme ceux des sciences mathématii^t se modifient comme eux dans leurs pticatioQs pratiques, si difficiles par leur ^pleiité même; mais on peut dire que les '<^Qces morales, considérées dans leur na- '^ leur pureté, leur source première, ont
le même caractère et la même rigueur que les sciences mathématiques. On peut s'en assurer par l'histoire de la philosophie : quand on reconnaît avec quelle sagacité les philosophes, les théologiens, les moralistes, les économistes, etc., du premier ordre, ont étudié nos pensées, nos facultés, nos actes, nos affections et nos sentiments, etc., considérés en eux-mêmes et dans nos rapports avec notre milieu, nos institutions, nos lois, nos habitudes, notre langage, les enseignements divins, etc., on peut juger, par ce qui a été fait, du degré de perfectionnement que peuvent atteindre les sciences morales, en suivant, affermissant, agrandissant la route ouverte et poursuivie par nos grands prédécesseurs.
Nous venons de considérer la réalité de nos connaissances quant à leurs objets; mais, quel que soit Tobjet de nos connaissances, elles peuvent être vraies ou fausses. Il nous reste donc K examiner en quoi consiste la vérité.
Saint Thomas accepte cette ancienne définition de la vérité : « Elle consiste dans la conformité de nos concepts avec, les objets mêmes qu'ils représentent et qui les ont fournis : feritas est adœquatio itUellectus et mentis cum re. » Comment pouvons-nous être assurés de cette adéquation, de cette conformité? C*est«en revenant sur nos perceptious, nos concepts, nos jugements ; en répétant las observations qui y ont donné lieu ; en ju<{eant surtout des cnoses que nous avons souvent analysées et qui nous sont familières; en comparant nos jugements avec ceux que portent ou qu'ont porté sur le même objet des hommes éclairés, etc.
Nous avons déjà distingué les vérités en vérités de fait et vérités de déduction. Certains métaphysiciens appellent les jpremières vérités de principe; car, disent-ils, les faits sont les principes d'oii Ton doit partir dans Jes sciences : c'est toijgours par la qu'il faut commencer. Mais les principes d'évidence • d'expérience et de raison , sont intimement unis. Les vérités de fiiit sont particulières à chaque science : ainsi il y a des vérités physiques, morales, mathématiques, etc., suivant les sciences auxquelles elles appartiennent. Il y a des vérités de déduction qui découlent de faits de nature très-différente, et qui par là même sont communs à plusieurs sciences. Le champ de nos connaissances est bien vaste. Ainsi, d'abord, tout ce qui peut tomber sous nos sens peut être l'objet de nos connaissances : or que de choses n'embrassons-nous point dans cette première voie, Imisque, par sens^ il faut entendre non-seuement nos cinq sens extérieurs, nos sens internes, par lesquels nous connaissons les êtres physiques qui nous entourent et notre corps, mais encore le sens intime et la conscience, par lesquels nous connaissons ce qui se passe au dedans du nous, de notre Ame! En explorant tou« <ios moyens de connaître, on ne partes;. a pas l'opinion de ceux qui ont voulu finer des bornes exactes à l'extension des connaissances humaines, ei
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qui n'ont pas creînt d'aTimoer qu*un nombre considéraole de choses était absolument au* dessus de toute connaissance possible. On sent combien de pareilles assertions sont hasardées et dénuées de preure solide. Que de choses jugées dans le temps impossibles à l'homme, et que Ton a cependant exécutées par la suite 1 II est vrai que lorsque Ton considère le temps écoulé aepuis la création de l'homme, et l'état actuel de nos connais^ sances , pn serait tenté de croire qu'il est un terme qu'elles ne peuvent dépasser. Mais si Ton fait attention aux causes nombreuses qui ont retardé le progrès, à nos chutes succès* sÎTCS, à nos commotions nombreuses, è nos pas rétrogrades , à Tépoque relativement récente de la rénovation chrétienne, aux luttes qu'elle a eu à soutenir, à l'histoire tout entière, à la nature des sciences, etc., on comprend pourquoi le progrès, si lent d'abord, est devenu bien plus rapide depuis quelquea siècles. Alors on prend une plus haute idée de l'écrit humain , et surtout des destinées humaines, et l'on voit se reculer la limite que l'on aurait été tenté d'abord d'assigner à la science. Ce n'est pas qu'il n'y ait des choses qui soient beaucoup plus difficiles à connaître que d'autres : tels sont, la nature intime des corps, c'estnà-dire ce monde spécial intérieur d'où leurs propriétés découlent; les éléments au delà desquels nous ne pouvons arriver; l'organisation moléculaire et les phénomènes qui en dérivent , ses rapports avec la vie , le sentiment , la pensée ; les princi()es , les lois propres et spécifiques des êtres vivants, sentants , pensants , etc. , considérés au point de vue biologique , noolo^que , etc. Mais on ne peut avancer avec certitude qu'il soit impossible à l'homme de parvenir un jour à posséder sur ces objets des connaissances qu'ii n'a point aujourdhui, et qui dépasseront nos tiîspérances.
I IX. ^ De la probabilité et de la certitude des
connaissances.
Nous connaissons ou par l'observation , ou sur le rapport d'autrui, ou par le raisonnement et la raison. De là trois sortes de certitudes : une certitude expérimentale, une certitude traditionnelle, et une certitude logique ou démonstrative. Les deux premières regardent principalement les vérités particulières ou les vérités de fait ; la dernière appartient aux vérités générales ou de déduction. Ces trois certitudes diffèrent, au reste, par la nature plus que par le degré. On ne doit pas croire que la certitude démonstrative soit plus grande que la certitude d'observation , et que celle-ci l'emporte sur la certitude testimoniale et de tradition. La véritable certitude ne saurait être susceptible de plus ou de moins; et il ne peut y avoir de propositions plus ou moins certaines , comme iien est de plus ou moins probables. Une proposition physique certaine l'est autant qu'une proposition mathématique certaine. Mais la certitude est-elle aussi commune dans les «ciences physiques que dans les sciences
mathématiques? N'observe-t-on pas di degrés de probabilité et même d'évidi dans les diverses branches des coDDaissaoi humaines? C'est là ce que nous allons e miner.
Les propositions mathématiques n'ont objet que les relations de certaines il entre elles, et ces idées sont élaborées da notre intelligence ; elles ont reçu par nous en nous le caractère de la pure intelligûi Nous en connaissons donc parfaitemeot nature et l'essence, et nous pouYoosi déduire, par>voie de conséquence, toutes propriétés et tous les rapports. Les con sances physiques, au contraire, ont objet les êtres physiques dont nous ne naissons pas la nature et l'essence : eo mot, cette structure interne, cette disposi des parties, ces modes intimes et mystéri d'où toutes leurs propriétés découlent.
ne pouvons donc, a priori^ en calculer propriétés; et pour les connaître, n'avons d'autres moyens que Tobserrati l'expérience. Il est bien rare que nos naissances physiques soient appuyées des observations et des expériences nombreuses, variées, précises, pour que évidence soit égale à celle des vérités mai matiques.
S'il est des connaissances certaines physique , ce sont sans doute les vérités ticulières ou les vérités de fait ; quant propositions, aux lois que l'on nooime raies, universelles, il n'en est peut-être cune que l'on puisse regarder commfl monstrativement certaine dans ce caraetii d'universalité; cm* elles reçoivent ce cicb au sein de l'esprit, qui les leur donne etf les forme en faisant abstraction desduBi^ ces qui paraissent exister entre lestft^fj^ ticuliers, et en ne s'attachant qu'à cep ont de commun. Ces différences {^ Hères modifient tellement dans chaqoev; vidu l'objet de ces notions générales, ^ que Ton croit tout à fait vrai de ces d^ se trouve imparfaitement exact pour les particuliers sur lesquels elles semblent dées, et que l'expérience présente à é instant quelque désaccora avec nos ~" nements.
Si nos connaissances physiques se bo à celles Que notre propre expérience fournit, elles seraient sans doute bien in plètes et bien limitées. Ne pouvant e^ notre observation sur tous les objets, rf è quelques faits qui se présenteraient fi tement à nous, nous n'aurions jamau nous élever au système des êtres et des nomènes , tel que nous le concevons a ~ d'hui. Mais l'expérience d'autrui vient au^s cours de la nôtre, et elle agrandit la ?f^ de nos connaissances. £IIe nous fournit faits et des notions du même genre , et s
Sliqjie aux mômes vérités. Si les ^^r e fait peuvent ôtre suffisamment anpii?
sur l'autorité seule , il n'en est pas de œftj des vérités de raisonnement et des cono sances qui ne sont fondées que sur àes binaisons d'idées. Ce n'est pas simpiei
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DE PHTSIOLOOIE.
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vce que Boclide a démontré certaines pro- (Bitioos mathématiques, et que tous les géolèires qui sont renus après lui les ont adibes,(|ueje dois croire a la certitude de ces mpositions. Elles n*ont pour objet que des ipports d'idées , et je ne puis en avoir une Bbère coonaissance que tout autant que j'aerçois moi-même ces rapports. Ce sont des !fité^ de raison aue la raison seule peut iisir. Les vérités oe fait sont du ressort de observation et de Texpérience ; et de partiibères qu'elles étaient dans Torigine, elles fffieonent plus ou moins générales » selon Belles sont appuyées par un nombre plus u moins grand de nouvelles observations, ktonscrite dans un cercle étroit, notre vue besoin d'être aidée de celle des autres, et OQs ne pouvons embrasser les phénomènes os leur généralité que par l'assurance que 0QS en donne le témoignage de ceux gui les Ht observés. Analysons donc le principe de I témoignage, et apprécions-en les divers teés de orobabilUe^
Comme la probabilité^ dit Locke, n*est pas ttûopagoée de celte évidence qui détermine ."^odement d'une manière irrésistible, et ^tfoduil une connaissance certaine, il faut Vtiesprit, pour agir raisonnablement, exaiKiDus les fondements de probabilité et ^Im comment ils sont plus ou moins
e'oa contre quelque proposition probaa&Q de donner ou de refuser son assenfaent à cette proposition.
li probabilité du témoignage se considère iUTement à la nature des faits attestés et à tfe des témoins qui Tattestent.
Is nature des faits est ordinaire, ou bien ik sort de l'ordre commun : elle est ordi- Kire lorsqu'elle est conforme aux résultats iBfisUnts que fournissent à chacun de nous ipropreexperienceetcelledesautres.ee sont niaits généraux dont il n'est pas permis de poter : telles sont les propriétés connues des orps et la liaison constante des causes et des fcls que Ton observe dans la nature. Tout ipport fondé sur de pareils faits entraîne ^ assentiment ; et ces sortes de probabif>^ approchent si fort de la certitude qu*elle8 ^nt nos pensées aussi absolument, et ont n« influence aussi grande sur nos actions ^la démonstration la plus évidente.
Quant à l'existence de telle ou telle chose, * tel ou tel fait dans l'ordre commun, la ^bilité qui l'établit se change bientôt en ^iiude pour peu que le nombre des té- ■loiQs qm l'attestent augmente. Elle peut wme arriver au point ou des témoignages IjtMeurs n*y ajouteraient absolument rien. "^« par exemple, quoique je n'aie jamais } Rome, je ne puis pas plus douter de «isicnce de cette ville d'après les rapports y«mpUé$ de ceux qui y ont été, que je ne ^ute de l'existence de celle où je vis : de l^veaux témoins n'augmenteraient pas l'as- Jjrance aue ces rapports m'ont donnée. Il en ^ de même de 1 existence de certains per- ^OQigesdont l'histoire fait mention, tels que ^1 Alexandre, etc., et des faits d'ordre '^^UQ qui leur sont attribués. Nous som-
mes disposés à croire les prodiges de valeur que Jes nistoriens attestent, puisqu'ils ont été reproduits dans la suite par d'autres héros, et qu'ils viennent même d'être surpassés de nos jours. Les exploits des Français , dont toute l'Eurooe est témoin depuis les dernières années au xviu* siècle, sortent tellement de l'ordre commun pour la postérité, qu'elle sera peut-être disposée un jour, pour y croire, à attendre que de pareils exploits se renouyellent,et l'attente s'en prolongera longtemps avec l'incrédulité.
Quant aux faits qui sortent proprement de l'ordre commun, ils ont beau être attestés par les historiens, les témoignages, même multipliés, ne peuvent seuls entraîner un esprit raisonnable et suffire M'homme qui pense pour leur donner son assentiment , à moins qu'ils ne se rattachent, comme ceux du Mosaïsme et du Christianisme, à Tordre surnaturel, qui a aussi ses règles, ses lois, son ensemble harmonique, régulier, continu, oii chaque fait s'explique par son origine, ses antécédents, son but,sesconséquences. L'exégèse allemande a cherché tantôt à dénaturer les mvstères du christianisme, tantôt à les rattacoer aux lois naturelles ou à un simple symbolisme, tantôt à en faire une mythologie chrétienne. Ces tentatives sont aussi vaines que dangereuses : plus on médite sans prévention les faits et les dogmes admirables que la foi chrétienne nous enseigne, plus on trouve en eux des principes d'une pnifondeur, d'une fécondité merveilleuses ; plus on y découvre des raisons d'être qui satisfont la véritable raison. Ainsi, quand il s'agit des faits qui sortent de l'ordre commun, les témoignages, même multipliés, ne peuvent suffire : il faut qu'ils s'appuyent sur d'autres motifs dont on pourrait tracer les règles. Par ordre commun , nous entendons tout ce qui est conforme à notre expérience ou à celle des autres hommes pris dans les divers pays; car un fait peut très>bien ne pas s'accorder avec notre observation ou avec celle de nos compatriotes, et être cependant observé dans un autre pays : par exemple, il gèle ordinairement en hiver dans le nord de l'Europe, tandis que ce phénomène n'a jamais lieu entre les Tropiques : la glace sort donc de l'ordre commun pour certains pays, mais elle y est comprise pour le globe en général. D'ailleurs c'est proprement l'impossibilité d'un fait qui doit le laire rejeter et qui rend nuls les témoignages sur lesquels on veut l'ap- )uyer ; mais cette impossibilité n'est pas touours aisée à apercevoir et à démontrer : car a nature des choses nous ^st pour cela trop imparfaitement connue. Les deux qualités pnncipales que l'on doit chercher datas les témoins sont YhàbiUté et Viniégrité. Quand nous sommes assurés qu'un témoin ne peut ni ne veut nous tromper), nous devons ajouter foi à son témoignage. Mais, pour bien juger de la vérité ou de la fausseté d'un térooi^age , il faut avoir soi-même les deux qualités que l'on exige dans les témoins, ïhabiktéei riniéfirité.
Examinons maintenant une question im-
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portante et sur laquelle les avis sont depuis longtemps partagés.
U s*agit de savoir si un témoignage s'affaiblit à mesure qu'il s'éloigne de sa source. Locke le pense ainsi ; car, dit-il, les preuves d*un fait connu par tradition ne peuvent que perdre de leur force à chaque degré d'éloigneuient. U est pourtant des hommes (il y en a même un grand nombre) qui suivent des règles tout opposées. Chez eux les opinions acquièrent de nouvelles forces à mesure
S|u'elle5 vieillissent. Par là des propositions ausses ou tout au moins douteuses viennent à être adoptées comme des vérités authentiques ; par là un fait qui est incertain dans la bouche des premiers narrateurs, devient véritable en vieillissant, et finit par être cité comme incontestable.
il faut distinguer entre un fait oral ou transmis de vive voix, et un MX historique ou transmis par écrit.
Rien de plus vrai que l'affaiblissement d'un simple témoignage oral à mesure qu'il s'éloigne de sa source. D'Alembert» qui est ici du même avis que Locke, en donne une raison qui est satisiaisante. C'est qu'un fait, même arrivé dans notre temps et dans Tordre le plus commun , est d'autant moins certain pour nous qu'il se trouve plus de témoignages traditionnels entre celui qui raconte et celui qui dit avoir vu. La raison de douter se multiplie en quelque sorte avec le nombre des témoins intermédiaires. Mais il n'en est pas de même, dit D'Alembert, quand le fait est transrais par écrit. Tout se réduit à savoir si l'ouvrage qui nous le transmet n'est ni supposé ni altéré ; car alors cet ouvrage doit obtenir de nous la même croyance que si l'auteur nous racontait lui-même de vive voix le fait dont il prétend avoir été témoin...
Cependant plus les faits qu'un historien raconte s*éloignent de l'ordre commun « et plus il est nécessaire de s'assurer que C'est un témoin véritablement oculaire ou un contemporain ; mais que l'ouvrage attribué à cet auteur soit réel ou supposé, le doute ou la certitude sur cette qualité de l'ouvrage ne seront ni plus ni moins grands pour nos neveux que pour nous ; on pourra même, avec du temps et des recherches, avoir de nouveaux dociunents pour éclairer la question.
Il s'agit donc dans tous les fiiits, soit de tradition orale, soit de tradition écrite^ de remonter au premier témoin qui raconte. On appliquera ensuite à son témoignage , pour l'apprécier, les principes <|ue nous avons établis sur la nature des faits et sur celle des témoins qui les attestent.
Jusqu'ici, nous n'avons parlé surtout que de la probabilité des connaissances que nous avons acquises, soit par nos propres moyens soit avec le secours de nos semblables par l'observation, la tradition, etc.; mais il est une foule de choses qui ne nous sont pas encore connues ou que du moins nous ne connaissons qu'imparfaitement; il en est d'autres oui ne tombent pas même sous les sens armés des instruments que nous avons inventés pour agrandir la sphère de leurs
perceptions, et que nous pourrons sai^r > jour en perfectiotinant nos instnimenis. r appareils, nos procédés intellectuels. Oii foule d'objets dont la petitesse, l'éloisiiHi le mode d'être ou une foule d'auiics . ditions nous dérobent l'eiistence. > voyons dans la nature un grand nomlir' phénomènes dont la constance nous ét< . dont la variété nous ravit : et leurs « nous sont absolument inconnues. L'di.a . nous offre alors son secours, et peut ' fournir quelques fondements de prol^a: .
L'art de conjecturer est un art de la ;
Srande importance; il trouve un grand r< ans l'analrigie, qui rapproche et C( >' les faits dont nous avons connaissance, i découvrir des faits inconnus que nous ., chons.
L'analogie est un rapport de ressorn!
que nous observons entre les choses. • nous fait juger de la ressemblance li eSets ; elle est fondée sur runiforn^ii nue ou présumée des opérations de 1.^ : et l'observation constante de ses !<'> penser qu'elle les suit toujours dans ^^ mes circonstances. Mais d'après ce o déjà dit de ces lois générales de la nd . est aisé de s'apercevoir, que l'on dl être assuré quil existe dans l'univers < vraiment générales, parce qu'il fauilnii , cela être assuré que l'on a observé i('U> êtres et les phénomènes. L'analogie n^ donc suppléer l'observation, ni atiuii .
un pareil degré de certitude.
De même que là oCtla certitude manq' faut se contenter de ta probabilité; de n là où l'observation est en défaut, on employer ranalogie.La ressemblance!' moins grande des faits, les divers r.<[
au'ils ont entre eux peuvent quelquefois uire, soit à expliquer les faits connus ^ à en découvrir de nouveaux. C'est p.i.
art délicat de conjecturer que le géiivance en quelque sorte les vérités qui (l-: éclore, et qu'il porte ses regards dans iav ' Mais que de précautions ne doil*on pn^ porter dans l'usage de l'analogie, ei c<'i>i; ne faut-il pas être réservé dans ses c ' turesl En effet, comme l'analogie est inu proportionnelle à l'état de nos connai^^ : elle doit nous induire souvent en ernur.^ parce que nous jugeons semblables dr ^ jets qui diffèrent, soit parce que no.> geons différents des objets semblaMt^
I)remière erreur est la plus cohiuiuik.
e vulgaire confond presque toujours itjets pour pouvoir les embrasser plus ^^ ment, et il accuse ordinairement \%niw génie d'en trop multiplier le nombre, [i Analogie).
S 1. — Da scepticisme et du donte zéiotiqt ^
Nous venons de voir que si l'homme ' teint à la certitude, c'est surtout dan^ sciences mathématiques; que dans les sci : physiques, il n'y a guère que les veni»^ fait que l'on puisse regarder comme i'* taines; mais que la probabilité seuJe e^* ' ' panage des vérités générales, coiisilt^i^^^
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DB PHYSIOLOGIE
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ifls toute la généralité qu'on est porté à urauribuer; que souvent dans les sciences i)raie$, de vaines subtilités ont été adoptées ir Jes sectes puissantes qui en ont fait des wipes, répandant ainsi des notions tiactes et les enseignant comme des conisMDces certaines. Le philosophe, qui parurlde sang froid les diverses orancnes des onaissances humaines» voit se multiplier à ique instant les raisons qui le portent à nr (les doutes, à trouver seulgn^nt des otvabilités et des rraisemblances, là où tant lotres parlent d'évidence , de certitude, de irités absolues. Rien n*est plus propre à ^r ou à retarder dans la carrière des vnces que celte présomption qui donne i»ut un air de certitude. Celui qui commt trop imperturbablement par une pré* Ci'taeuse assurance, finira un jour par ce rate zététique par lequel il aurait dû commtr. Cet esprit dogmatique qui règne Ks certaines écoles» veut établir la convie- » avant Texamen et réduire toutes les lifftioDs en principes. C'est le moyen de M))erdre, et ce que Ton a acquis et ce ^l'oD pourrait acquérir. Le vrai philo-* tif(K, au contraire, dresse d'abord, pour tt^ science le tableau dos principes, iteeltf plus universellement reçus. Il les MaKiU examen, les yérifie par Tobsertf^ujetpérience, la raison; il en prend iB possession; ce n*est pas qu'il ne rende Britorités lé^times, le juste nommage qui w est dû; mais, avant tout^il veut, il cher^ k, û respecte la vérité : saint Thomas adiré [Comment, iur f Ethique)^ ce grand mot Brislote : Amiens Plato^ reverentia amictf, Il M/or rever$ntia veritati. Rien n'est plus m>i à détruire les erreurs que le doute Ktioue. La vraie méthode de s'instruire, JBt de soumettre à d'incessantes explora- N les notions fondamentales, de creuser l^'à leurs racines, pour voir, jusqu'à quel liot, pourquoi elles sont certaines; de se sposer comme des problèmes; car faute naminer, tout peut devenir une source K (préjugés, même les vérités. Un sage xété^ Mf est une grande préparation à la vérité ; fstle résultat et l'instrument de la vraie 9^flce, le signe caractéristique de la bonne wysophie. L'ignorance seule croit savoir ■■ucoup ei d'une manière certaine; pour ^Mtq à bien douter, il n'est rien cle tel ÎJ^létudede la nature.
.Wmies écrivains ont accusé le scepti- ^e d'avoir nui aux progrès de l'esprit J^ïQ et d'avoir infiniment retardé la mar- ^ des connaissances. Cela est vrai pour le '^^'licisme absolu ou pyrrhonisme ; mais si '^ parcourt attentivement l'histoire des ^Qtes, on verra que de l'école des zététistes ^■«M)rtiç8 les ventés les plus lumineuses; ^ les philosophes qui ont su le mieux dou- '^. ^gement, sont aussi ceux qui ont su le *i^ résoudre nos doutes; enfin que ce ^'Bt eux qui ont le plus extirpé d'erreurs ou y^ de préjugés, parmi lesquels nous de- ^'itt placer bien haut l'excès de crédulité * dmctMulité. Periculoiwn est credtre et
non crederêf dit avec raison le fabuliste latin.
Les zététistes s'occupent à sonder sans cesse l'édifice des connaissances humaines, à signaler les vides, à détruire les endroits faibles ou vicieux, etc., bientôt on répare la brèche, on comble les lacunes et l'édifice acquiert beaucoup plus de masse et de solidité.
§ XI. Des systèmes.
Etymologiquement , système signifie ar' ranaement ou difpo<i/ton. Nous avons déjà parlé, avec quelque détail, des systèmes qui ont pour objet la classification des êtres physiques. Nous traiterons ici plus spécialement des systèmes, en prenant surtout ce mot dans son acception étymologique, c'est-à-dire en considérant un système comme la disposition des différentes parties d'une science dans un ordre où elles se soutiennent mutuellement. C'est un arrangement d'idées et de faits, tels qu'ils sont liés les uns aux autres, et que les derniers s'expliquent par les premiers. On donne le nom de principes aux f>remières propositions d'où l'on part, et par esquelles on explique toutes celles qui suivent.
On peut remarquer dans les ouvrages de sciences, trois sortes de principes :
I. Les principes que je mets dans la première classe, comme étant fort à la mode, et qu'on a désignés sous le nom de principes nominaux, sont des noms généraux, des maximes, des notions générales ou abstraites. Comme ces notions sont formées d'après ce que plusieurs objets particuliers ont de commun, elles paraissent rendre raison de ce qu'on observe dans ces objets. Cependant si 1 on y fait attention, on verra, qu'au fond, elles ne disent pas plus que les idées particulières que 1 on veut expliquer par leur moyen, et qu'elles leur sont identiques. Si par exemple, on demande pourquoi 1 nomme se meut, et est sensible, ou répoudra trèsphilosophiquement, parce qu'il est de l'essence de l'animal de sentir et de se mouvoir : ce qui veut dire en d'autres termes, oue l'homme se meut et sent, parce qu'en enet il se meut et sent. C'est ainsi que l'on explique par les mots sensibilitif irritabilitéf principe mtol, les phénomènes mêmes d'après lesquels ont été formées ces notions gé^^ nérales. C'est seulement classer les faits particuliers et non les expliquer que de se bor-ner à les rapporter à une notion générale formée d'après ces mêmes faits ou d*aprè& des faits analogues.
Les notions générales ou abstraites sont cependant utiles et nécessaires pour mettre de l'ordre dans nos connaissances, i>arce qu'elles classent nos idées, qu'elles rapprochent les objets d'après leurs analogies» qu'elles préparent à l'étude des forces, des lois directrices, et que l'esprit humain ne saurait sans leur secours embrasser tous les faits particuliers; voilà quel en doit être le premier usage. Car si Ton pense qu'elles sont faites pour conduire seules à des connaissances oarticulièreSt ou comme tme erretir
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d'autant plus grande, qu'elles ne sont formées que (l*après ces mêmes connaissances. Cepenoant quand je préviens contre l'abus des principes nominaux abstraits, il ne faut pascroire que je veuille en proscrire Tusage; je prétends seulement qu*on ne doit pas les prendre comme des principes propres a conduire à des découvertes, quand elles ne sont point accompagnées des fois expérimentales et rationnelles, qui donnent à ces mots une valeur réelle et positive. {Voy. Barthbz. Nouv. élém. Discours prélimin., notre article Forces, etc.)
II. Les principes de la seconde espèce, principes hypothétiguei ^ sont souvent des suppositions qu'on imagine pour expliquer les choses dont on ne saurait autrement rendre raison. Si ces suppositions ne paraissent pas impossibles, si elles fournissent quelque explication plausible des phénomènes connus, les philosophes aventureux ne doutent pas qu'ils n'aient découvert les vrais ressorts de la nature. Serait*il possible, disentils, qu'une proposition qui serait fausse donnât des denodments aussi satisfaisants? De là est venue l'opinion qu'une explication plus ou moins plausible des phénomènes,
firouve la vérité d'une supposition ; et que 'on ne doit pas tant juger d'un svstème par ses principes que par la manière dont il rend raison des choses. Mais passez à un système ses principes, sans en sonder la valeur, sans examiner le nombre, la nature, l'enchatnement des faits sur lesquels il repose, tout le reste semble découler naturellement, et il n'est rien alors dont il ne rende raison. {Voy. ce qu'a dit M. Lordat sur les hypothèses, dans sa Perpétuité de la médecine.) Nous ne partageons pas entièrement les idées de notre savant collègue trop défavorables à l'hypothèse, trop favorables à l'induction, n y a un hypothélieme comme un doute, méthodique : celui-ci a ses règles qu'il faut bien connaître, et devient un instrument précieux de la méthode d'invenijon.
lil.il est facile d'entasser des suppositions et d'exj^iquer des propositions par d'autres propositions identiques. Mais il n est pas aisé de recueillir par l'observation et l'expérience une grande quantité de faits, et de déduire rigoureusement de ces feits toutes les vérités qu'ils renferment. Aussi les principes cpii sont surtout des faits bien constates, bien analysés, bien logiquement enchaînés, sont-ils les plus utiles dans les sciences. C'est sur cette dernière espèce de principes, tout à fait expérimentatix et rationnels, que doivent être fondés les vrais systèmes, qui sont alors des doctrines. C'est par leur moyen que nous pouvons rendre raison des choses dont il nous est permis de découvrir les intimes ressorts.
H importe dans les sciences physiques de découvrir la liaison qui existe entre les phénomènes, et s'expliquer les faits par les faits. Ainsi un principe n'est très-souvent qu'un fait qui prend successivement diverses formes; il rend raison non-seulement des phénomènes connus, mais il conduit aussi à
de nouvelles découvertes, qui confirment principe et qui s'expliquent par lui.
Il serait è désirer que les hommes <: r chassent longuement à l'observation, à ' expérimentations variées et minutieuses r*. se servissent des hypothèses qu'avec l»
coup de mesure et de circonspection, i voyons par l'histoire comment procedt^n:
dinairement les faiseurs de systèmes, do nombre pst bien plus considérable qut i des vrrfis* observateurs. Prévenus pour , opinion qu'ils ont déjà adoptée, et sou sans bien en sonder les motifs, ils r.^ blent d'abord toutes les idées qui para: > y avoir quelque rapport. Ensuite, sou> texte de fixer la valeur de ces idées,iis!^ finissent de la manière qui leur est la p;i vorable, changeant souvent, selon les U> les dé6nitions vagues et élastiques quï^ ont d'abord données. Quelque ineia :! soient ces définitions, il y a toujours elles quelques rapports et un certain r ble. Ils pensent des lors avoir le droit des conséquences, de multiplier le^ tiens. Considérant ensuite l'étendut:
système, ils ne sauraient soupçonner ont travaillé dans le vide. Ils prennent leurs définitions de mots à peu près \ faits et de réalités pour des définit!
choses, et admirent la profondeur 1 couvertes qu'ils croient avoir faites. M ressemblent,commerobservetrès-bieiiL
h des hommes qui, sans argent et nu^ii < connaissance Ides espèces courantes.!
pteraienlde grosses sommes avec des j qu'ils appelleraient loww , écus, fram.
Quelques calculs qu'ils fissent, leurs s»: ne seraient jamais que des jetons : q^i raisonnements que fassent les homiiit:^ je viens de parier, leurs conclusions ne jamais que des mots. Au lieu d'être lin^ fidèle de la nature, une foule de sy i n'en sont que des romans légèrement :
riques. Rien n'est plus commun dans c verses branches de la physiologie, (i;.
mot STSTiMB.)
{ XII. ^ De Terreur.
Si la vérité, pour l'homme, est aus i eienne que l'homme lui-même, l'errt .r sa contemporaine. Son empire a i '■ été, il est encore aujourd'hui, raaû efforts du christianisme et tous nos i»: plus vaste, plus dominateur, plus souj que celui de la vérité. Compagne de rance, serviteur fidèle de légoisiue ti personnalité, c'est en flattant les p humaines qu'elle propage et affem i pouvoir, qu elle exerce sa funeste inil': or les hommes ignorants ou passionna / sous l'entraînement de notre nature, i coup plus nombreux que les savants < ^ sages.
Ignorer une chose, c'est simplemn pas la connaître; s'attachera une erreur. avoir une connaissance fausse d un " V ignorance, dans un certain sens, est d n près de la vérité que l'errevr, et il serait >
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iDotasmrisibleèimhonimedenesavoirrtefi sur «frtaias objets, pourvu qu'il le sût, que de siioirmalet de ^'ignorer. On comprend dès 1 1/5 C6 au'on a nommé docte ignorance, et le m\ de Socrate : Ce que je f au , c*est que je V sait rien. Il ne s*agit là ni de I igno^ nnce, ni du doute absolus, car, ainsi que le Jii Aristote, nous n'apprendrions rien, nous if ferions rien, si nous ne savions pas quel-
Îe chose, et si nous étions réduits K douter tûuL
Puisque nos erreurs ne sont que des coniiisances fausses, les mêmes facultés, tes Béioes moyens qui nous conduisent à la Yéâté et aux connaissances exactes, sont aussi pour novs les moyens d'erreurs. Or nous ip{u^rons directement des connaissances pr les sens, la raison^ le jugement ; nous liions examiner ici les erreurs des sens exknes et celles du jugement.
(.Beaucoup de philosophes d'un grand
Bon sont venus, à toutes les époques, accu-
wofts sens externes d'erreurs; d'autres, au
*4traire, ont soutenu que les sensations
'tuol la source de toutes les vérités. Jetons
^ les yeux sur les reproches que l'on a
Ms contre le tâmoignage des sens, et re-
Mons les causes qui ont pu faire ac-
nMner cette opinion, quHl ne faut pas
^murleur témoipna<ie,et qt^ ce monde
1^%'eU qu*une illusion et une vaine
«■'Tf. On a dit qu'elle est née au milieu
fe subtilités de la scolastique, qu'elle a été
■se en voKue par les sophistes, accréditée
ries théologiens du moyen âge, etc., tanque la haute scolastique, le moyen âge, •théoioçie, etc., ont fait aux sens, au corps, Iv matière, avec autant de précision que feju$tesse,la part légitime qui leur apparat à cAté de l'âme et des esprits. Us ont, ni(ne le spiritualisme antique, distingué f Dotions propres à chaque sens, celles qui Mit communes à plusieurs, hs concepts [Wlectuels, etc. Sans entrer dans des recher^ Ks qui n'appartiennent qu'indirectement à ^ objet, nous nous contenterons d'exa- [jer quelles sont les erreurs que l'on peut »outer de la part des sens et au jugement.
Si l'on considère d'abord les sens de Todo- H, du goût, de l'ouïe et du toucher, on *» forcé de convenir qu'il est à peu près ''toi que les objets odorants, savoureux, *ftres, tangibles, font les mêmes impres- ^«J sur tous les hommes, ou du moins » la plus grande partie. En effet, d'après •^nisation conforme des individus de resfct humaine, il est très-vraisemblable que ^ loemes impressions doivent produire à peu "^ sur tous les hommes les mêmes efiets, ^^^^oner naissance à des sensations du même ■^f6 ; il est vrai que ces diverses sensations T^l ^^^ P'"* ^^ moins' intenses ou déli- '^1 a raison du degré ou des modes de ^nsibiUié des divers individus. Mais l'in- *^ï« ou le mode, la nuance d'une sensation ^n changent pas essentiellement la nature. " "J^nlement universel de tous les hom- '"-^ touchant les objets de ces sensations
ï^omi, DE Physiologie.
Tiendrait assez à l'appui de ce que j'arance, et il paratt oue si nous nous trompons quelquefois toucnant les corps odorants, savoureux, sonores ou tangibles, ces erreurs appartiennent moins à ces sens qu'au jugement, qui veut, sur leur témoignage, prononcer, relativement aux objets, au delà des données que les sens lui fournissent, ou même sans avoir égard à ce témoignage.
Examinons maintenant le sens de la vue, qui est celui qu'on a plus particulièrement accusé d'erreur. Je ne réfuterai point ici les preuves nombreuses oue Ton apporte dans les ouvrages des erreurs de ce sens ; il me suffira de faire observer que l'œil nous montre directement la lumière, les couleurs, etc.,
fmisqu'il nous représente les objets d'après eur situation à notre égard ; que son rôle est alors de nous fournir un certain nombre de relations d'après lesquelles notre esprit doit conclure. C est la faute de notre jugement si nous concluons de là à de fausses réalités. Je dirai même que ce qu'on appelle vulgairement les erreurs de la vue est parfois le point de départ d'une vérité importante. Ainsi un bAton dont la moitié est dans l'eau parait fléchi, quoiqu'il soit droit; c'est une erreur pour le vulgaire ; pour le physicien, d'est un fait précieux qui le porte à des recherches par lesquelles il dévoile et le mécanisme de la vue et les effets de la réfraction de la lumière. En un mot, si nous nous trompons, c'est parce que nous jugeons sans avoir suffisamment examiné; et la plus grande erreur, c'est d'attribuer aux sens les méprises du jugement. Ce qu'on appelle ordinalrement avoir mal vu, c'est avoir mal jugé, parce qu'on n'a pas assez vu, ou parce qu'en n'a pas jugé conformément «ux dépositions de la vue. Les sensations sont le résultat des rapports qui existent entre notre mode d'être et ceux des objets ; elles répondent aux causes qui les produisent : elles sont vraies en tant que narrations, dépositions judiciaires, au tribunal de l'esprit; l'erreur appartient donc surtout aux jugements de celui-ci.
Si les sens étaient si trompeurs, à qui appellerions-nous de leur témoignage? Serait-ce au jugement seul 7 mais c'est une faculté interne, qui applique ses forces aux maté» riaux, aux documents qui hii sont fomrnis, et qui corrige ou modifie ses premiers arrêts, à l'aide des témoignages que les sens, ses pourvoyeurs, comme dit Hippocrate, viennent successivement lui présenter. Ainsi, lorsque je vois de loin une tour carrée, je la juge ronde. Pour corriger ce faux jugement, produit à l'occasion d'une sensation de la vue, il faut consulter la vue elle-même, lui demander un témoignage plus précis, en s'approchant. Quelquefois c'est le toucher dont le témoignage permet à l'esprit de corriger les jugements sur les objets visibles ; d'autres fois, c'est la vue qui lui fournit les données nécessaires pour redresser les jugements émis sur les objets tangibles. Ainsi nossens.bien employés ne sont pas des causes d'erreurs; comme témoins, ils nous don-
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