‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 164 sur 340 · NER DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

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C La plupart^ ttinofi tou$ les éléments condueteurs des impressions sensitires s'enirecroisent dans ia moelle épinière^ c'est-àdire que ceux venus de ia moitié droite du corps se portent dans la moitié gauche de la moelle ei vice versa;

c D. L*entrecroisement de ces éléments se faity en partie, presque aussitôt après leur entrée dans la moelle épinière, et quelquesuns, en petit nombre, yont faire leur entre* croisement à une certaine distance au-dessus du point d'entrée dans cet organe, c*est-à-

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part d'entrecroisement complet. Voyez pyramides antérieures, enlrecroiseraem complet. Voyez lenerfoptigueauniTeaa chiasma, entrecroisement ÎDcomplet. Vo lé corps calleux , entrecroisement incomi encore. La commissure de la moelle do( pas faire exception à celte loi générale; puisque nous sommes sur ce sujet, dis encore qu'en vertu de cette loi de diffusj il est fort probable que JesJ cordons di moelle, tout en présentant un centre d'ad! bien distinct, se confondent insensiblen

dire plus près de l'encéphale, tandis que ' par leur périphérie, que le cordon [los

d'autres, au contraire, et en grand nombre, descendent dansla moelle et vontfaireleurentrecroisemeot au-dessous du point d'entrée ;

« £. S'il y a quelques éléments conducteurs des impressions sensitives qui montent des membres ou du tronc tout le long de la moelle épinière pour aller faire leur entrecroisement dans l'encéphale, leur nombre doit être très-peu considérable;

« F. Des altérations capables de produire une paralj^sie de la sensibilité, et siégeant sur un point quelconque d'une moitié latérale du centre cérébro-rachidien, produisent toujours une paralysie de la sensibilité ilans le côté opposé du corps, et il n'y a pas <le différence entre l'encéphale et la moelle épinière i cet égard, ainsi qu'on l'avait cru )usqu*à la publication de mes recherches. »

Cette action croisée est-elle complète?

Les expériences du docteur Oré, de Bordeaux, prouveraient que cet entrecroisement est incomplet. Ce physiologiste invoque aussi à l'appui de son opinion, des observations pathologiques. M. Béraud est disposé à adopter cette pensée; et voici les considérations sur lesquelles il s'appuie.

« Dans l'organisme, dit-il, la nature n'a jamais établi de limites bien tranchées, tout se confond par des nuances insensibles. Dans un but de conservation et de perfection, elle n'a jamais placé un usage dans un seul orffane, une fonction dans un seul appareil. Il en a été ainsi pour la moelle. Expliquons-nous. La nature a voulu produire un mouvement, le mouvement de flexion de l'avant-bras sur le bras, par exemple .que fait-elle? elle charge le biceps de cet usage plus spécialement; mais voici d'autres muscles a côté qui viendront concourir à cette action; le brachial antérieur, le long sapinateur, Taident et le remplacent au besoin. Voyez les glandes salivaires, le pancréas, par exemple : mêmes conditions, môme diffusion d'action, si je puis m'exprimer ainsi. Voyez aussi les muscles de l'œil;

2uel exemple frappant de cette diffusion I »uand la strabotomie naquit, le monde croyait qu'il suffisait de couper un muscle pour abolir complètement l'action; mais que de déceptions 1 Ici la diffusion est évidente, bi nous examinions les sphincters, nous trouverions les mômes lois. Quoi d'étonnant alors que le système nerveux nous offre d«s exemples analogues? Ici plus qu'ailleurs, peut-ôtre, la nature s'est complu à fondre les nuances. Il n'y a nylle

rieur, par exemple, serait bien chargé transmettre la sensibilité à la subsut grise, mais qu'à côté de lui il y aurait séminées, çè et là dans les cordons laléri d'autres flbres sensitives qui remplacerai son action quand il vient à être coupé. Pe être, en adoptant ces idées, poarrions-ij interpréter d'une autre façon quelques sultats des vivisections de M. firowQ quard sur la moelle épinière.

« Quand vous avez coupé le cordon térieur, vous n'abolissez nas la sensih bien au contraire, vous I exaltez queli fois. Vous n'avez sans doute pas m complètement toutes les fibres quitmnsi tent la sensibilité. Mais alors réfléchii bien, vous vous trouvez dans les idi conditions que si vous veniez de coi quelques fibres de l'iris. Après cette s le muscle se contracte vivement, sa cou tilité est augmentée; direz-vous que ne sert pas à la contractilité, parce qoi sa section incomplète il se contracte énerçiquement ? Non, évidemment. El) ne faites pas un raisonnement différeiK les cordons postérieurs de la moellei donc tenir compte de ces dispositif tomiques dans l'interprétation der' phjrsiologie expérimentale. Cette bi^ fusion nous explique aussi pourqt^ résultats ne sont jamais parfaiteiDeoi' chés, parfaitement évidents pour lo monde; pourquoi il y a tantdedi^er:

d'opinion sur ces divers points de ik^ logie; pourq^uoi çnfin la patbolo^e' souvent ôtre invoquée à la rois pouri telle ou telle doctrine. Gela nous eipi aussi pourquoi M. SchiffestarriréM' que les cordons postérieurs delà peuvent transmettre des impressions tives sans le concours de la substance Cette loi de diffusion bien appliquée fermée dans de justes limites, coo) avec l'excitation par section, la st^ réelle des centres nerveux, leurs raf avec les cordons, etc., donne la clef (i^ des phénomènes. » ^

6* Les expériences nombreuses de * Séquard et les faits importants quil M cueillis, l'ont conduit à une théorie > velle relativement à l'organisation 'f^ moelle épinière et à la voie de Iraojf" des impressions sensitives.— Deux"' principales avaient été proposées st sienne par rapport à la voie de W sion des impressions sensitiva^ d^

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moelle rachidienne. D'après celle de ces théories qui a?aU été généralement admise en FraDce, les impressions sensitives, arri- Tetrsà celle-ci, monteraient en totalité jusque Tencéphale, le long des faisceaux spi- Djui postérieurs. Suivant Taulre théorie, i.gptée particulièrement en Allemagne et is Angleterre, les impressions sensitiyes, iriTées à ta moelle épinière, se rendraient birecioiuent à la substance grise centrale, fliii les transmeUrait à l'encéphale. Ces mi théories, et surtout la première, dit II. B. Séquard, sont en contradiction avec l« bits. Selon cet auteur, il paratt certain foe les Gbres des racines postérieures ou teosiuves, à leur arrivée h la moelle épit:ere,$e séparent en deux séries, Tune de Eres ascendantes, l'autre de fibres descendmies (335). Les fibres ascendantes se dirigent vers i*encépbale, soit après avoir péné* iréJans les cordons postérieurs, soit dans rmiérieor des cornes grises postérieures» taiientiD, peut-être, après s'être introduites iins les cordons latéraux.

i^pths un court trajet dans ces diverses ;inies, les fibres ascendantes s'enfoncent «L^lasubstaoce grise centrale. Quant aux ab descendantes, sauf leur direction , qui (^opposée à celle des précédentes, elles se (oa{«jrient de la même manière, c'est-à-dire yai/fés un court trajet dans les cordons io^eursct peut-être dans les cordons laténui, elles pénètrent dans la substance grise ctGtrale par laquelle ou dans laquelle les im* [•fassions sensitires arrivées dans la moelle pries fibres ascendantes et descendantes sont Inosmisesk l'encéphale. M. Séquard amulti- N ses études pour montrer que la théorie teueillieen France avec le plus défaveur reitivemeot è la transmission des impressions Miives, a contre elle non-seulement |les feuliats des vivisections, mais encore les tonnées de Tanatomie descriptive, de Tana- )a)ie de structure , et de l'anatomie com- •réo, et enfin les faits pathologiques obervés che^ Thomme. Déjà dans sa thèse our le doctorat en médecine (Recherchée ( fipérimcei sur la phyiiologie de la moelle finière (3 janvier 18^6) , il avait combattu t^Ue théorie par des faits expérimentaux et «faits cliniques : il avait été conduit alors admettre la théorie qui avait cours enAI- ^^•^gne , et il croyait avec van Deen et ^•iliiiig, que la substance grise centrale de ' iitoclle épinière a la propriété de transoftire en tout sens les im[)ressions sensitie&. Mais un fait qui Jui parut extrêmement '«taulier, et qu'A découvrit plus tard, le lit sur la vole de la théorie nouvelle qu'il publiée depuis. Il constata qu'il y a dans { oioelle épinière des fibres seusiiives qui, 1 lieu de transmettre les impressions di- ^cteoient vers le centre percepteur, les

'^'"'o) 11 y a une troisième série de flbres provp- )ni des racines postérieures ; elle se compost* de ^^ transversales. Ces fibres, très- nombreuses, ^prés ce que r-dHiatoinîe enseigne , paraissent ne >^ être des Ûbres sensittves. Si elles le sont, les ^^U deceruinea de» expériences de M. Séquard

transmettent d'abord danà une direction ab« solument opposée. Ces fibres parcourent dans la moelle un trajet descendant plus ou moins étendu, au lieu de monter vers l'encéphale. (Voy. Gazette médicale de Paris^ 1853, page 430.) Ce fait trouvé, il fallait constater d'où viennent ces fibres sensitivcs descendantes. Des recherches nombreuses lui montrèrent qu'un grand nombre de ces fibres, sinon toutes, viennent des racines postérieures des nerfs spinaux. Cela reconnu, il chercha quelle est la distribution des fibres des racines postérieures dans la moelle épinière et il constata qu'elle se fait ainsi que nous l'avons exposé ci-dessus. La théorie que M. Séquard a émise relativement è la propagation des impressions sensitives diffère notablement des deux anciennes.

Les cordons postérieurs de la moelle, qui, d'après une de ces théor*ies, seraient l'ensemble des fibres sensitives du tronc et des membres montant vers l'encéphale, ne sont, d'après les faits signalés par lui, qu'un lieu momentané de passage pour une partie des fibres sensitives. La substance grise centrale de la moelle, qui, d'après une dfes anciennes théories, serait capable de transmettre les impressions sensitives en tout sens, n'aurait

{)as cette propriété, d'après les recherches sur esquelles repose la théorie qu'il a proposée. Dire, comme il l'a fait, que les impressions sensitives arrivées à la moelle se dirigent en différents sons, que les unes montent et que les autres descendent, que celles qui descendent de même que celles qui montent passent en partie par les cordons postérieurs, en partie par les cornes grises postérieures, et peut-être par les cordons latéraux, pour pénétrer, après un court trajet, dans la substance grise centrale, c'est assurément émettre une théorie toute nouvelle. M. B. Séquard s'empresse de déclarer que

f>our des phénomènes d'un autre ordre pour les actions dites réfiexes, sympathiques ou automatiques), le fait que la propagation des irritations peut s'effectuer en différents sens, dans la moelleépinière, avait été positivement établi par M. le professeur Flourens. Les expériences de M. B. Séquard ont eu lieu sur des animaux appartenant aux cinq classes des vertébrés ; parmi les mammifères, on peut citer le chien, le chat , le mouton, le lapin, le cochon d'Inde, la marmotte, le loir, l'opossum et le rat. Plusieurs d'entre elles ont eu pour témoins MM. P. Rayer, Flourens, Serres, Cl. Bernard, commissaire de l'Académie des sciences. Il en a aussi fait un assez grand nombre en présence de la plupart des membres de la Société de biologie, etc. Plusieurs préparations anatomiques de M. Slilling de Cassel, de M. Lockhart Clarke, viennent confirmer ses travaux, relativement à la distribution des fibres des

ne peuvent s'expliquer qifen admettant que ces flbres, aussitôt après leur entrée dans la subbUtnce grise centrale^ en sortent pour pénétrer dans les cordons posténears ou daus les cornes grises posté* rieures. (Bébaud.)

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racines postérieures dans la moelle spinale. Dans nos cours de physiologie à Strasbourg, nous avions déjà émis des doutes sur la disposition anatomique intime des cordons nerveux dans le centre encéphalo-ra-* chidten telle qu'on la décrivait alors généralement, et sur la mécanique du système nerveux. Nous nous étions appuyés, pour cela, sur Tanatomie humaine et comparée, et sur l'expérimentation physiologique.

Nous avions montré que les renflements médullaires sont dus à la réunion dans ces

S oints, de fibres qui se réfléchissent et de. bres nouvelles qui s'ajoutent, aussi bien qu'à l'accroissement des cellules grises. Dans le cerveau, il n'y a qu'un certain nombre de fibres sensitives ou motrices venues de plus loin ; on trouve aussi des fibres spéciales propres qui se distinguent par leur mollesse , par la facilité plus grande avec laquelle on les voit devenir variqueuses sous Tinfluence de la pression. Dans l'en* semble nos idées se rapprochaient de celles que M. B. Séquard a émises plus tard, mais elles en différaient dans plusieurs détails. Cette pensée fondamentale qui consiste à reconattre dans le système nerveux central, non point des fibres parcourant sa totalité, mais une série de fibres d'une étendue plus limitée, se réfléchissant àdiverses hauteurs* ne saurait être contestée, elle est maintenant généralement acceptée, mais on a be* soin de nouvelles recherches, fort délicates, pour la suivre dans tous ses développements : nos études spéciales sur ce sujet nous laissent encore beaucoup à désirer.

7** M. Brown Séquard s'est livré à des travaux d'expérimentation pour évaluer la force du pouvoir excito-moteur de la moelle suinale. Sur une grenouille, par exemple, il s est assuré que, sous l'influence de la volonté, le poids le plus fort que puisse soulever un des membres postérieurs, à une hauteur d'environ deux millimètres, est de soixante grammes, il a cherché ensuite quel est le poids maximum que ce membre puisse soulever à la même hauteur par action réflexe , après la ëection transversale de la moelle épinière, au niveau de la troisième paire de nerfs. Voici quels sont les résultats obtenus :

A. Immédiatement après la section de la moelle, la force motrice est quelquefois nulle ; en général, cependant, elle est le quart ou le tiers de ce Qu'elle était avant 1 opération. D'autrefois elle est la moitié et très-rarement les deux tiers de ce qu'elle était, jamais elle ne reste ce qu'elle était. Une grenouille, par exemple, ayant pu soulever 60 grammes avant l'opération, ne pourra rien soulever immédiatement après, ou soulèvera 10, 20, 30 ou M grammes, mais jamais 60.

B. Cinq minutes après l'opératiob, la force motrice a encore augmenté notablement; il est très-rare qu'elle soitnuUe alors, ordinairement elle est le tiers ou la moitié»

et guelqnefois les trois quarts de ce qa'e était avant l'opération.

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