‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 202 sur 340 · V. — Equilibre et rigidité du rachis · texte numérisé non relu

V. — Equilibre et rigidité du rachis

Le bassin étant supposé fixe» la rigidité de la colonne vertébrale se déduira évidemment de Téquilibre d'une vertèbre sur une autre. Cet équilibre serait très-facile à obtenir et à comprendre si toute la tige suivait la verticalede gravité, comme le font, à quelque chose près, les quatre dernières vertèbres lombaires. Gela sup(>oserBit d'ailleurs que le corps aurait une tout autre forme que celle qu'il possède ; alors les moindres forces appliquées dans tous les sens résoudraient ce problème. Si Ton considère que la partie antérieure du tronc (poitrine et abdomen) tend , par sa pesanteur^ à entraîner l'édifice en avant, on doit prévoir déjà qu'une grande résistance est nécessaire pour empêcher la chute en avant. Les apo* physes épineuses sont, il est vrai, des bras de levier^ui contribuent , chacun pour sa part, à l'érection générale, en présentant des points d'insertion qui favorisent Teflort musculaire. Ces bras de levier sont bien courts, eu égard à la lourdeur de l'ensemble. Ici la nature doit évidemment ou user d'un stratagème, ou augmenter considérablement le volume des muscles sacrolombaires , longs dorsaux, etc.

Ce stratagème consiste à déjeter la colonne vertébrale en arrière. Elle doit s'éloigner do ta verticale de gravité d'une quantité sufiisante pour élever le poids de l'ensemble du tronc. Elle s'en éloij<ne d'abord et s'en rapproche ensuite jusqn*à ce que la verticale de gravité vienne passer à peu de distance de son axe afin d'offrir à la tête un

Eoint d'appui avec le tnoins de frais possi- (e. Ceci doit suffire pour montrer que la nature, en agissant ainsi, n'a uas voulu, comme quelques physiologistes I ont pensé, ménager des courbures à la colonne seulement pour assurer la solidité mais aussi pour faciliter l'équilibre. Dans lasuite je ferai voir combien cette disposition est avantageuse dans le saut et dans les mouvements brusques. Voilà sans doute une bien grande économie de force vive faite au bénéfice des muscles érecteurs de la colonne : ceci doit évidemment contre-balancer en grande partie le poids des i viscères. Les faisceaux musculaires doivent par cela même considérablement diminuer de volume, puisqu'ils

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Ilai5, la Terlicale de la télé se trouvant anlérieure à son point d*appui, la pesanteur doit entraîner continuellement la tète en atant; pour faire équilibre à cette tendance, le souverain architecte a places sur les par* ties latérales et postérieures du cou, des masses musculaires considérables dont Taclion est opposée à celle de la pesanteur. Le redressement de la tète s'opère par un levier du premier genre (373). Si Ton suppose è la base du crftne une ligne antéro-postérieure » les condjrles formeront le point d'appui. La résistance sera représentée par la pesanteur oui entraîne la tète en avant, ainsi que par I action directe ou indirecte de quel(|ues muscles dont les efforts viennent se joindre à celui de la pesanteur; la puissance sera représentée par les muscles des réffions postérieures et latérales (trapèzes, spTénius, complexus, droits, obliques, etc). Nous sommes conduits à nous demander en fiassanl, quel rôle joue le sterno-cleido*mastoidien 7 Obiiaue de bas en haut et d'avant en arrière, il doit rapprocher, dans son ensemble, la tète de la poitrine en rentrâtnant en avant et en bas, de telle sorte que le cou s'incurvera dans ce sens, et cela, d'autant plus facilement qu'il a une grande tendance h le faire. Hais il en sera autrement, si nous supposons que la tige rachidienne soilri^ideà sa partie cervicale, et que toute la mobilité soit réservée à l'articulation occipito-atloidienne. En effet, Tinsertion supérieure de ce muscle ayant lieu à la base de l'apophyse mastoïde et au tiers externe de la ligne courbe de l'occipital, si l'on tire une ligne droite perpendiculaire au plan antéro-postérieur et passant par la partie moyenne des condyles occipitaux, on remarquera que cette ligne prolongée va couper rapoplivse mastoïde en deux parties inégales, dont la plus grande sera la postérieure.

Or, puisque l'insertion du muscle sternocléido-mastoîdien s'étend jusqu'au tiers externe de la ligne courbe de l'occipital , ne doit'On pas admettre qu'il fait basculer la idte en arrière ?

Daprès ce que je viens de dire on peut îoir couimeot s'établit l'équilibre de la tète ; mais la difficulté est de savoir comment il se maintient.

Invoquer encore la tonicité musculaire serait peut-être ce qu'on pourrait faire de mieux dans les cas ordinaires : cependant cela ne suffit point, parce que la charge porte ijeaucoup en avant, et que la moindre flexion l'augmente considérablement. Ainsi, lorsqu'on réfléchit profondément ou que l'on s'assoupit , ^ue l'on rentre en un mol dans Toubli de soi-même, la tète se fléchit. L'équilibre n'est donc pas dû entièrement à la tonicité musculaire.

En résumé, plusieurs physiologistes pen-

(373) Dans certaines positions , la léti^ peut se tenir en équilibre par elle-mènie. (Daubenton.) L*éqQîlibre a lien nuand la tète regarde en avant. (IVé- ^u.) bnivau oerdy, le centre de gravité de la tète passerait ptr la partie antérieure de la ligne qui

sent que la contraction est surtout instinctive, et que Téquilibre de la tête, dont la mobilité est considérable, se trouve effectué par Faction alternative des nombreux faisceaux musculaires qui composent ses exten* seurs. Ils pourront d'après cela agir et se reposer tour à tour.

§ IV. — Déplaeemeni du centre de gravUé

L'équilibre étant gardé, le centre de ffravité, dfans l'attitude droite, peut être déplacé dans deux cas : 1* dans la station; 2* dans le mouvement.

Dans la station, il peut être déplacé par trois causes principales : 1* par les mouvements volonlairemeni exécutés sur place; 3* par l'addition de poids étrongers au poids du corps; 3* par la station sur un pied. Ce sont autant de circonstances que nous examinerons successivement.

L — Mouvements exécutes sur place.

Le tronc exécutera dans ses mouvements d'ensemble la flexion en avant, la flexion en arrière ou extension exagérée, la flexion latérale et la rotation.

l*" Flexion. — Partons de la station et supposonsque le tronc se fléchisse en avant. Le centre de gravité sera lui-même porté en avant et l'équilibre ne pourra se maintenir qu'autant que la verticale de gravité tonit)era dans la base de sustentation. Cette base étant très-petite, la flexion ne peut être que très-limitée. Cependant l'expérience nous apprend qu'il n'en est pas aii'^si,etqueaueiques personnes la poussent k un très-naut degré sans que la verticale sorte de la base. Que se passe-t-il alors ? Un léger sentiment de douleur dans la région soléaire et dans l'articulation tibio -fémorale nous l'indique assez.

Les muscles soléaires se contractent violemment; les pieds, fixés au sol par la pesanteur, donnent un point immobile k l'attache inférieure de ces muscles qui portent en arrière les supports du tronc.

Quant à l'articulation tibio-fémorale , si l'on fait attention k la longueur des bras de levier, on comprendra facilement les tiraillements qui s'y opèrent. Les surfaces articulaires du tibia qui servent de point d'appui,!et les tendons des fléchisseurs ainsi que les ligaments postérieurs , croisés , etc., qui forment la résistance, sont k une distance bien rapprochée, pour équilibrer un bras de levier dont la longueur est mesurée par la distance du point d'appui k la verticale de gravité du tronc et qui est surchargé de tout le poids do ce dernier.

Le bassin étant ainsi ramené en arrière, la verticale de gravité vient encore tomber sur la base de sustentation, et i'équilibre est maînielin.

£n fait, la flexion a atteint sa dernière

unit les condylea occipitaux. La tète tend à 8*inr4iner en avant et k gauche ; aussi les muscles postérieurs agissant avec plus de force, ceux du côté droit sont plus puissants.

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