VI. — Rotation des cèles
Les côtes roulent autour de leucs articu* lations, de manière, une leur face externe regarde en haut, et leur bord supérieur en dedans. Si l'on regarde par-dessous ta (ace interne d'une poitrine dilatée, l'on reconnatt que les c6tes supérieures forment nue espèce de dAme au haut de la poitrine. En- Un, il s'opère pendant le double mouvement d'élévation et de rotation de la côte, un glis* sèment de celle-ci sur l'apophyse traover^e de la vertèbre qu'elle touche par sa tubérosite, un mouvement dans l'articulation de son cartilage avec le sternum, et une certaine torsion de ce cartilage.
Sibson a' fait encore quelques observations de détail intéressantes. Si l'on coiii- (lare le profil de la poitrine dans l'expiration^ on voit que les côtes qui , dans le premier état, offrent diverses courbures, sont devenues presque droites vues de proQI. Par exemple , la sixième et la septième , qui , dans l'expiration,, sont courbées, la première en haut et la sei^onde en bas, deviennent parallèles en. s*écartant l'une de l'autre , et .semblent droites, vues de profil. La huitième et la neuvième, recourbées aussi en ba$„ se relèvent et deviennent presque parallèles. Ce changement est plus marqué dans la huitième que dans la neuvième.
Certaines côtes s'élèvent plus par leur extrémité que par leur partie moyenne; d'autres s'élèvent plus par leur partie moyenne que par leur extrémité.
\ll. ^ Résului général de réiévation et de la rotation des c6ies et de ratMisseiueiit du diapbragoie.
Par l'effet de toutes ces modifications dans
CLARD. PkysioL 1859, p. 206 et suiv.)
(404) Voy. Réclard, B^ard, Loucxt, Brcscset, art [(e$p:rat, to^f. aussi (Irowsilluiër. SàPCf, etc. Aitat.
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l'appareil MueleUo-muscu4«ire% )« poitrine he trouve dilatée dans tous les sens. Un autre effet de cette dilatation , c'est que la poitrine change de formé. Ainsi le thorax est moins aplati. Willis disait qu'il prenait une fonne carrée^ et Daniel Eernouilli l't comparé è un cylindre elliptique. Sibson a donné des figures qui représentent ()arfaite^ ment ces changements d'ensemble de la poi* trine. Ces figures sont reproduites dans le livre de M. le professeur Bérard. (Cuuri de Physiologie) On peut voir sur elles la didM* rence qu'il y a entre la poitrine dans l'expiration et dans l'inspiration. Ainsi, un thorax vu de côté devient, dans l'inspiration, i)ius Jarge, plus arrondi, plus long; ou voit d une manière évidente qu'il y a une gronde tug* mentation dans sa capacité.
Vlll. -- Diters types de resplralkm.
Tous les changenicQts de forme dans les diamètres de la poitrine, que nous venons d'étudier, ne se passent pas à la fois chez le m&s^e ifKlividu. Il y a, à cet égard, des variétés individuelles qu'il faut bien coniialtre et que MM. Beau nt Maissiat ont étudiées avec beaucoup de talent. Ce sont ces variétés que ces savants physiologistes ont décrites sous le nom de morfei ou typet a6- (famtmt^ cotlo-iaféritur et eoHo-eupéritur.
1^ Type ûbdomintd, •^ Si Ton examine un rertain nombre d'individus ou d'espèces animales pendaut leur respiration (^alme, il y en a chez lesquels la respiration ne se révèle q\>e par te mouvement du ventre qui devient saillant daos Tinspiralion et se retire dans l'expiration. Ces mouvements du ▼entre trahissent les contractions et les relâchements alternatifs du diaphragme , qui , tiens ce cas, borne son action è déprimer les viscères abdominaux. Pendant ce temp.«^les puissances qui élèvent les cAtes sont peu ou
Î^oint actives, car les cOtes semblent immo« mIcs, è moins que les inférieures ne soient tntrainées en dehors et en 1)As, en suivant, au moment de l'inspiration , les mOuvetneuts des viscères abdominaux, qui dila* teni les Qnncs en utème tem(>s qu'ils disten* ^ent la paroi antérieure du ventre.
Ce type s'ot>serve constaonnent dans le {>reinier A^e , quel que soit le sete ; mais au bout d un nombre variat>le d'années, on voit s'établir des différences entre les jeunes garçons et les jeunes filles^ ces dernières perdant cette forme qui f)ersiste chez un grand nombre d'hommes. Le chat, le lapin, te cheval, respirent d'après le type abJomîMl (BftAu et Maiisiat).
8* Typ^ eosto^ififéritur, — Dans ce mode, les mouvements respiratoires ^ont (rès-ap>« parents au niveau des sept dernières côtes $ ils diminuent i mesure qu'on remonte vers le sommet de la poitrine, qui semble parfaitement immobile. Le sternum est un peu porté en avant dans sa partie inférieure. La paroi abdominale n« se gonfle pas comme dans le type précédent; elle est immobile et parfois même, disent MM. BeauetMais$*at {Arçhites générales de méd,^ 3' série, t. XV^
p. 4(K)}, ell^ s*aplatit pendant rinspirntion pour reprendre un état normal de goiiilement h t'expifatioiT.
Ce mode respiratoire s*obserVe raremri.t chez la femme; chet l'homme, il se rencontre à peu près aussi fréqueaimi»nt qnfi ;e type ablominal. La respiration du diicn appartient è ce type.
3* Type toeto-eupétieut. *- D'après MM.
Beeu et Maissiat, dans t;ette forme detlibi^tion de la poitrine^ U piuî grande éiemiie des mouvemi'nts é lieu sur les côte*' suierieures et aurlout sttr la première, qui mi.i portées en haut et en avant. M. le prol»:^seur Bérard le caractérise difl^remnient. Pr>ur lui, il consiste essentiellement en un mouvement de totalité de la poitrine, nK>tivement dans lequel elle s'élève» de suii:; qu'on voit la clavicule, le stersun et la \>x^ mière côte, se soulever et cette action se propager, mais en s'affaiblissent, de la parte supérieure è la partie inférieure de la [Vitrine, lî y a de plus un mouvement de rji«tion trè.-marqué dans letoôtea qui suiveui le première.
Ce tuode de respiration appartient an ienimes, et ne leur est f^as rirucuré jar lusa^e du eorset, ainsi qu'on l'a préten<iu.
^* />M degré de mobilité dt$ diverses côtn, -^li ya des opinions bien ditréi entes >>.{ ce point. Haller pense que la première (ùt • est lamotaa mobile de toutes ; elle est, i\ ivant lui, à peu près immobile^ ]ia|;eii>j.<' professe au contraire que la première «Aie est la plus mobile de toutes. M. le firotn^seur Bérard a donné Texplication de ceic dissidence. « Supposez, dit-il, le sternuin fixé , et essayez de mouvoir sur lui la pi^^ mière côte, vous n'obtiendrez rien ou pte^que rien, car celte côte est en quelque mi»i*^ soudée au sternum par un cartilage coun et épais. Yoilè ce qu'a vu Haller» qui n>mettait que comme eice^ttion le mouveuit^: i de totalité du thorax» et qui, très-vrai>ei)iblablement, avait été conduit ^ cette opini<^ i par ses vivisections séries chiens, aniinciLi qui respirent par le type costo-inféneur. Cette première étude terminée, coupez Ucartilage de la première côte et essayez i^ communiquer des mouvements è cette unisur la colonne vertébrale, vous verrez qu eiie jouit d'une mobilité excessive. » Vuiià sàiî> doute ce qu'a vu Magendie»
Ainsi la première côte est à peu près tix? •t immobile sur le sternum, et elle jou i d'nne excessive moiiilitésur la colonne ver> lébrale. « Je ne sais, continue M« BérariJ, m Ton a bien compris la finalité de cette doiU> e condition anatomique; vous allez l'admiri^r avec moi. La grande naobilité de la (^reuiitrc côie sur la colonne vertébrale est uul\>é<' non pas pour le mouvement de cette <^^<' sur le sternum, puisqu'elle ne se meut r <* sur lui, mais pour le mouvemeni de lotûiitdu thorax. Comme cette côte monte .^vec t st<*rnum, comme d*une antre tmrt elle e> très-courte, et enBn comme elle doit [ac^)u^ir à son extrétùité antérieure, que i' sicrtium entraîne, un moavcment prcs-iu
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lassi grand que eeltii ties cfttes beaucoup ))lu< longues qui Aïontênt aussi âTec lester*ntiiD, il était nécessaire qu'elle tôt plus mobile uHe (es autres dans Aon articulation vertébrale. Voilà ilunc la finalité de la mobilUé poilérteure. VimmohUiiidt ctlU téUturlt itnnum n'« fias imiins d'importance ; car « loit que la poitrine ait i la fois des mouvenenlsde totalité et des raouvements partiels^ soit qu'elle n'ait que ces derniers, la pre* laiire cAte devra toujours être considérée comme /bre, relativement aux autres pièces du système, c'est^-dire aux autres côtes. »
Toutes (es autres cAies sont mobiles è la fois en mrriire dans leur articulation vertébrale, el en aoan/.soit parce que leur carii*^ UiSe s'unit au siernum par luie véritable ar« liculation» soit on raison de la flexibilité de ceeariilage, soit enfin parce que le cartilage n'Aboutit pas au siernum. Les €6tes ditfs BoUiiates ont* eomme on le devine % une granile mobtlité.
Quant i la mobilité de tontes les autres cèles, il faut l'étudier au double point de vue de ï4léwUion et de la roro^taii.
Quant av mauvem^tw i^éiévaiion^ supposai qtt« sept côtes superposées et tenant au sterliiiai s*élèveoi è leur extrémité antérieure o'ane même quantité, leur mobilité ou plulèl leur quautité de mouvement serait la même si elles avaient la même longueur; mais si leur longueur est croissante de la preiaière à la septième, elles exécuteront ilauiaat moias de mouvement dans leur ar- («cutaiion yertébnile qu'elles seront plus inférieures. Mais ya-t-il de la dilTérence pour les liuitièrae, neuvième et dixième, qui s'ar^ iiciiknl les unes avec les autres et de plus avec le sternum par rinteritiédiaire de la se^ttièmef Je ne le pense pas; car c'est comme si la septième qui les prolonge ci lei4initou les rattache au sternum antérieufemenl, ne faisait que les continuer directement par continuité de substance.
KiMOT, Archivés gin. de méd. , S* série, l.VH,p.54l.)
I^our que I étendue du mouvement fût absolument la même è Textrémité antérieure des cAtes, il fiiudrait que le siernum se mût l-àraltèlemènt è lui-même quand il nfiOnte; or nous avons tu qoe son mouvetnenl de projection était plus marqué fer3 le bas du ^ernvm qae dans le haut. D'une autre part« Gerdy DégliKo la redressement de l'angle <|ae la côte fiiit avec son cartilage. A cela jf^s, II. Bérard adhère à la proposition de Gerdy, et la traduit atnst : « Les cêtes^ pen- <>*nt leur élévatien, se meuvent d'autant »^jos dans leur articalation vertébrale qo tfties sont plus longues. »
Qiiant aa mouvtment de rotation^ les choses $ont bien différentes^ Il est nul ou è peu t<rès Qol dans la première cête, mais il va en se développant de haut en bas à mesure ')<ie les cêtes acquièrent des cartilages plus ^^m et plus flexibles.
l'our ne rien oublier, nous dirons que, «ns la respiration calme, beaucoup d'indi- "flus ne semblent respirer que par le dia-
phragme et un très-léger motivément de rotation des côtes; que , dans les resirfrations exagérées, tout est mis en jeu, diaphragme, mouvement de rotation des côtes, mouvement d'élévation dé ces eôtes et du sternum; Qu'en général il y a une plus grande qoentUd de mouvement à la base de la poitrine qu'H son sommet; que rKiUrtant ces propositions ne sont point absolues, puisque les choses se liassent difléremment, suivant mi'il y a prédominance dos types abdominal^ coUo-inférieur ou cet /e-superifefir. La base de la poitrine se dilate de S^ millimètres en travers, suivant le professeur Gerdy; elle se dilate de â7roillimèlres dV vaut en arrière, et s*élève d'autant.