XL -<- De la dilatation du poumon
Par la pensée, réduisons ïe poumon en une grande vessie sur la face Interne de laquelle l'atmosphère presse directement, grÀce è la colonne d'air que contient la trachée; vessie qui, par sa face externe, touche la paroi thoraeique, le diaphragme et le mé« diastin^ auxquels elle est contigué.
Voici ce qui se passe dans l'agrandissement pulmonaire. Ia paroi thoraeique et le diaphragme tendent è s'éloigner de cette vessie, il y a vide virtuel dans la cavité pleurale. L'air qui est dans la vessie, et dont la tension est égale ft celle de l'atmosphère, pousse la vessie vers le vide virtuel» et la maintient eu contact avec la paroi thoraeique. C'est ainsi que le poumon est dilaté. Mais l'air qui a dilaté la vessie a perdu sa tension, il s'oaI raréfié, il offre moins de résistance è celui de la trachée qui entre h son tour dans la vessie. L'air de la trachi^e, raréhé à son tour, appelle l'air du pharynx, et ainsi de suite jusqu'à l'extérieur.
Dans \f: mouvement de dilatation, le poumon s'agrandit dans tous les sens, en bas, en haut, en arrière, en avant, en dedans et en dehors. Les bronches éprouvent un allongement proportionné à la dilatation de
l'organe. Le diamètre de ces bronches auu'mente, quoi qu'en ait dit M. Sapey, qui croit à une diminution.
La dilatation du poumon est accom[iagnée d'une véritable locomotion, car dans cci état il a changé de rapports. Il y a donc glissement de la plèvre pulmonaire sur la plèvre costale. On remarque surtout cette locontetion pulmonaire è la portion inférieure et externe de l'organe, 1^ oili se trouve ce qu'on appelle la lameUe pulmonaire. Dans Téiai de vacuité du poumon, la plèvre diaphr/igmatiçiue touche la plèvre costale sans qu'il v au interposition du poumon; mais à aiesure que pendant la dilatation le diaphrasue ^e sé|»are des |)arois thoraciques, la ïaœeîlti pulmonaire descend et vient jusqu'aux insertions diaphragmatiques. 11 suit de là, d'après la remarque si juste de M.J.Clocpiet, qu'un instrument piquant pénétaM dans un espace intercostal inférieur au nilieuderexpiration,traverseraitlesdeuifeui!lets de la plèvre sans atteindre le ponmon. et viendrait dans la cavité abdominale ble^^er le foie ; tandis que le poumen serait transpercé vers sa base, si l'instruiBent piquani traversait les mômes parois pendant l'iuteryalle de la dilatation pulmonaire.
La plèvre favorise le glissement da ponmon au moyen de l'état lisse, poli et bunu le ot^ sa surface interne; mais esl-ce è dire que, s'il y avait des adhérences, la respiration ne pourrait pas se faire ou serait considérabement gênée? Non, les adhérences sont irè^communes dans l'homme; et il est rare de faire une autopsie sans en rencontrer <l(^ plus ou moins étendues, et cependant il n y avait pas eu, pendant la Tte, de trouLI^^ sensibles dans la respiration. Ce qui proiu ; ces adhérences, c'est sans doute rinfl.mmalien.
Le poumon jouii 'il d'une force propre df dilatation? — Cette question n'est pas nnuvelle, puisque Galien avait déjà réfuté de>: auteurs qui attribuaient au poumon une faculté innée de dilatation. Dans le siècl' dernier, Houston , Hadiey • Héris.sant et surtout Bremond, ont publié le ri$u!t.<t d'expériences favorables a l'opinion que le poumon est actif dans la dilatation.Quelques modernes l'ont encore appuyée.
Les faits apportés en sa favesr, d'Bpih plusieurs physiologistes, sont les uns û;^! observés, les autres mal interprétés et pouvant recevoir une explication diiléreiite. Ils refusent au poumon la faenlté de se dilater activement, et invoquent les observalions de Haller et de Mueller. Cette (iildt^ tion active leur parait incompatible avet jcs propriétés que possède le ^toumon. U^ pareille théorie nous semble trop ext Iu>m'-
m. — De la dilatation de l*apparci1 deconduci de r^ir. Marche ae Tair.
Les phénomènes qui se passent pen 'ani rinlroduction de l'air dans les voies r^M'' roioiros sont assez noo^breui : nous «Hc»^
RES
RES
\H étudier sé^réa>enl dans (es |>oinU sui- T.itii.S en allant de Texlérieur vers Tintért^ur: 1* Dans le nez ou dans la bouche; f dans le |ibarjni ; 3* dans le larynx ; 4* dans \i trarhée ; 5* dans les bronches et leurs raaiiifi<*attons.
r Dant le ne* ou la bourhe. — Comme la tension de Tair est diminuée de proche en urO'be dans toute retendue de ces tuyaux, !i bltait qu*tls trouvassent partout des moyens de résistance à la pression du dehors. Ici nous avons ces conditions parfaitemoni réunies. Quelques animaux attirent Tair exclusivement par leurs fosses nasales : l( is sont les cétacés. Leur épiglotte, qui at-* teint ju$qu*ft l'ouverture postérieure des lusses nasales^ interdit à lair qui serait introduit dans la bouche Taccès dans l'ouverture supérieure du larynx. Ces animaux frnvent ainsi nager, la bouche submergée ft le nez hors de Peau. L'air s'introduit avec tolitédans les larges narines des solipèdes, aninoaux qui, d'une autre imrt, respireraient 'Jilficileioent par la bouche è cause du prolongement de leur voile du palais jusqu'au l««-)nx. Un grand nombre de mammifères fteiivent introduire l'air par les narines ou !« bouche : mais chez eux encore, et en {•articulier chez l'homme, on peut dire que fp nez est le véritable conduit respiratoire. Après une course qui a essoui&é,les narines tw 5ont pas assez larges, et l'on respire par la bouche. Une preuve anatomique trèsrunvaincante que les fosses nasales appartiennent au conduit aérien, c'est quelles sont revêtues d'épithélium cylindrique yi« bt.iiiie comme le reste des . voies aériennes.
L'air extérieur est attiré dans les narines (>ar la raréfaction de l'air contenu dans les fosses nasales. £n raison de cette raréiacrion de l'air intérieur, la narine a besoin d|ètre «OQtenae contre la pression atmosphérique qui la fermerait, car les Qbro-r^rtila^es n'ont («s une résistance suffisante. C'est le muscle complexe, nommé myr/t/orffie,qui intervient diBs ce cas.
La section dn nerf facial, ou sa paralysie, arrête è l'instant les mouvements 6es narines. Lorsque cette paralysie survient chez des indivi Jus qui ont les fibro -cartilages du uez peu résistants, la narine s'affaisse soUs tp )K)ids de l'air à chaque inspiration et elle gêne considérablement la respiration. M. Béranl a souvent cité, dans ses cours, l'histoire irun matelot qui, atteint de (paralysie faciale, était obligé de soulever sa narine avec les doigts lorsqu'il voulait faire passer de l'air au travers de In fosse nasale correspondant au côté paralysé. Les mouvements dos naseaux sont bien plus marqués encore thtz les autres niammitères (l'Ane, les chevaux, etc.> , et l'interruption do Tinflux ner- ▼eut dans te nerf facial nuit singulièrement •^liez eux i l'entrée de l'air dans les voies respiratoires. Chez l'homme, comme chez les animaux, ces mouvements sont automatinues. 1^ nature a si intimement enchaîné
^^ mouvements des naseaux à ceux de la
respiration, qu'ils accompagnent encore ceux-ci, alors que Tair fiasse par une autre vt>i^. M. Dérard les a vus se continuer avec énergie chez un lK>mme qui, s'étant coupé la gorge, attirait )atH)rieusement Pair lUns sa |K>ilrine par le bout inférieur de la trachéeartère divisée. Porter a rapporté une observation qui contirme cette manière de voir.
Quand on veut respirer parla bouche, soit accidentellement, soit par cause de maladie, de nouvelles conditions existent, surtout chez les enfants è la mamelle. M. Brtuchut, dans un Mémoire lu dernièrement à la Siïciété de biologie» a Calt voir que le vide formé dans le finarynz tendait è porter la langue en arrière dans l'inspiration, et empéc^it ainsi l'air de pénétrer dans la poitrine des enfants qui avaient le coryza.
2* Le pharynx a ses parois constamment écartées dans toutes les parties où il sert de passage * Tair, tandis qu inférieurement, où il est exclusivement réservé aw passage des aliments, il est en contact avec lui-même. Enhaut,récartementest maintenu et mesuré par la distance des ailes internes des apophyses ptérygoïdes ; plus bas. par les aponévroses buccinalo-pbaryngiennes et ta partie postérieure du corps de la mâchoire inférieure; plus bas encore, par les grandes cornes de l'os hyoïde qui s appuient au besoin en arrière sur la colonne vertébrale, (c'est certainement le un des principaux usages de ces apophyses de Thyoïde); plus bas encore, par les deux puissantes lames du cartilage thyroïde. Ainsi, le pharynx ne cède point è la pression atmosphérique, alors que la tension do l'air diminue dans sa cavité, et il i>eut ainsi aspirer l'air des fosses nasales. Mais si le pharynx n'était pas fermé en avant par le voile du palais appliqué a la base de la langue, l'air serait aspiré par la bouche. Aussi on voit la langue s'élever et le voile du jmlais s'abaisser pour arriver a une oblitération complète.
Suivant Stilling, le pharynx serait dilaté pendant l'inspiration et resserré pendant l'expiration.
3' Au larynx, et particulièrement k la gloUef, on observe des phénomènes impor- UDts pendant le passage de l'air. L'ouverture supérieure du larynx se trouve franchie sans difficulté k cause de ses dimensions; mais un i)eu plus bas il existe un rétrécissement, c'est la gloUe. Voyons comment Tair va la traverser*
Dans l'état de repos, la glotte a la forme d'une fente triangulaire dont la base est en arrière, et dont les bords sont formés jwr les cordes vocales dans les deux tiers antérieurs, et le cartilage aryténoïde dans son tiers fiostérieur. Il est évident, pour quiconque a vu cette fente, qu'elle est insiillisanie tiour laisser circuler librement I a»r qui doit arriver au poumon dans chaque mouvement d'inspiration. 11 faut donc qu elle s'éUrgisse. Mais ici il existe encore «oe autre circonstance anatomique qui rend
iiTi
RES
RBS
celle dilalaiion nécessaire, iodispensable. Sn effet» si sur le larynx d'un cadavre on pousse uo courant d*air par la partie supérieure du larynx» la colonne d*air« pressant sur le cuUde-sacque forme le ventricule du larynx au-dessucs de la corde vocaley pousse cette corde vers Taxe du larynx^ ei f>ar conséquent vers la corde du câié opposé» d'oik un rétrécissement qui peut, chez certains animaux, aller jusqu'à Toccliision. La rare* faction de Tair dans la trachée pendant Tinspiration produit précisément le courant d*air donl nous parlons, en attirant Vair extérieur» et elle aurait le même effet sur les conJes vocales^ si, comme je Tai dit, les rotiscles ne résistaient point. Ils ne se bornent pas à la résistance, ils dilateni encore la gloUe : ce sont les muscles crico-arytétioidieiis postérieurs qui ont cet effet. Ces muscles, les plus puissants des muscles intrinsèques du larynx, couvrent, un de chaque côté, la face postiVieure de la partie élargie du cartilage cricoîde où ils prennent leur point fixe. De là, toutes les fibres de chaque muscle convergent vers Tapophyse externe de la liase du cartilage aryténoïde. I^ur contraction fait pivoter le *^carlilage aryténoïde, de manière que son apophyse anlérieui^ se tourne en dehors, entraînant avec elle la corde vor.a1e à laquelle elle donne attache. Cesi là que Tagranilissement de la glotte est le plus marqué, <le sorte qu'il n'esl pas exact de croire avec Magendie que ragrandis?»euient de la glotte se lait par l'ouverture pure et simple de celte fente tri«* angulaire. La glotte dilata prend, au contraire. Une fonne quasi losangique; les deuxangles no.iveaux qui se produisent, angles très-arrondis» existent à la ionction de J apophyse antérieure du cartilage aryténoïde avec la corde vocale à laquelle il donne attache»
11 est très facile d'obtenir cette forme delà glotte sur le calavre, en tirani les fibres des muscles crico aryténoïiiiens postérieurs, da manière à imiter leur action. C^est à la glotte, ainsi dilatée et modifiée dans sa forme, qu*il conviehdrait de donner le nom de glotu respiraioire^ si mieuï n'était de supprimer cette détiominaiidn dont quelques érrivains modernes ont fait une application ^i peu judicieuse et contre laquelle il est l)On d'être iirémunl. Voici pourquoi î il y a <Jeux nuisclp!î, le> f!rlco-arytéln»idiens laté* raux, dont Paction est diamétralement opposée à celle des trico-aryiénoldiens posté* rieurs; ils font pi voler le cartilage aryténoïde an dedans^ de manière à mettre en contact ses deux apophyses antérieures. Il en ré* suite, cheï certains sujets que la glotte se trouve |)artagêe en deux ouvertures : Tune antérieure, comprise entre les cordes vocales (glotte vocale); l'autre postérieure, comprise entre la face interne des cartilnges aryté* noïdes et le muqueuse qui tapisse le muscle Hrvténoîdiea. C'e!»l cette ouverture postérif ure qu'on a désignée sous le nom de gloUt mpifutoirt. Mais jamais la glotte n'atfecte cette forme pendant l'inspiration; elle est
toujours ufiifu^et ouverte à plein canal quas^d l'air entre dans la poitrine.
4* La îrachét-artère se raccoarcil à ia ré-
fpon du cou penddnt Vintfiration, puisque e larynx est abaissé; mais r^ raccourcissement de la trachée au cou coïncide aver l'ai longeiKleHl sensible des parties do tuvau aérien qui sont contenues dans la poîtruit;. Lorsque, par le fait de l'inspiration, l'air e>t raréfié dans la trachée, elle résiste à la (iression atmosphérique, à l'aide des cerceau i cartilagineux qui entrent dans sa composition. Plus superficiellement, la nature a iilacé d'autres agents de résistance : ce se t les lames de i a|ionévrose cervicale. L^s muscles omoplato-byoïdiens, dont on voii bien les eontracttons dans les gramles ins[>irations, paraissent très^propres è tendre la partiede ra()Onévrosequi ae porte,en passai t devant la trachée, d'un de ces muscies a l'autre; chaque mulscle, en effet, ior^qu'll se contracte, iàit effort pour s'écarter de ta ligne médiane, ce qui ne |)eut avoir lieu sans que l'aponévrose intermédiaire aui deux muscles soit tendue.
Nonobstant ces agents protecteurs, on Toit, chez les personnes maigres et surtout chez les feoifiies, so fi>rnier, pendant les grandes inspirations, une dépression con^i• dérable au^lessus de la clavicule; elle correspond au sommet de la poitrine, et résilie de l'inlervention de la pression atnaosphérique. Dans la poitrine, on n'observe piu<, sur le trajet de l'air, que des eiforts oe lampliation du poumon , ampUation uje nous avons déjà étudiée. (Ft>y. Bé&aud, Fk^jsM. t. II, p. 195etsuiv.)
§ II. — De Cexpiration,
Nous venons de voir par ce qui précède, que l'inspiration s'effectue \iar le concours du sternum^ des c6les et des puissance» musculaires. Le retour au repos de ce> agents suffit fK>ur produire rexpirauou.
Nous allons montrer comment elle s^^complit.
Les parois de l'abdomen , fortement déprimées en bas et en avant ^»ar le di3phrai^me, réagissent par leur élasticité sur ce muscle, lorsque l'inspiration cessf^, et e font remonter en haut. En même temps, le» ligaments des cAiea et les cartilages q u avaient été tordus, se détordent simu lia itèrent, et deviennent ainsi agents de l'eii^iration.
L'élasticité des côtes n*est pas moins irn-
f)ortante, puisqu'elle contribue è rétabiit es rapports.
La poitrine se trouve donc resserrée et c<! resserrement devient c<»mplet lorsque h-s muscles expirateurs rentrent en jeu. ^ous avons vu, en effet, que la plupart des intercostaux externes étaient ex ni râleurs. Leurs fibres distendues pendant l'inspiration, devront donc se resserrer dans le niouvement contraire. Quant aux intercosi4*j\ externes, les uns (Sibson) en on fait des eiri* râleurs, les autres (Vésale) leur ont attribu(^ une action inspiratrice; d'autres enfin les
RES
DE rHYSlOLOGIE.
HES
ijri
oDt f^iit ^jir dans Um exjiirations coin-
Le> iiiuades abilominaut jouent ^ussi dnns respiration un grand rdie : h cause de Iriir disposition, ils ont la triple fonction dabaisser Ibs c6tes, de les tofdre en dedans, et de pousser les tiscèrea abdominaux vers le dtapnragme.
L'action da triangulaire du sternum f^st f.icite À comprendre : ce muscle s*Httachant à la partie (lostérteure du sternum, et se G\aMt aux cinq côtes qui suivent la première, tirera les cartilages en bas et sera frMchemefit eipirateur. Haller a pu ob.^rver ce phénomène un craud nombre de fois. lie développement de ce muscle dans leithien sérail» o après MM. Beau et Maissiat , d*uD6 Irès-grande importance dans rabûiemeiit.
Enfin, il est d'autres niuscieSf tels que Ivs grands et les petits dentelés postérieurs H inférieurs 'o grand dorsal, le g^and peclurai, le trapèze et ioa muscles des gouttières vertébrales» qui concourent directement ou indirectement à l'eipiratioo, soit è cause lie leur disposition, soit à cause de leur actiofl profère.
M. Maîssiat l'roit encore qup les gai du tube digestif bout utiles dans Texpiration. U assimile ces gaz è une grosse bulle qui. Comprimée par le diaphragme pendant un )o»tant, réagirait etisuite sur ces muscles.
âdian de peemon.
Lt poumon qui» dans TinapiratioD» avait joué un rôle passif, intervient activement dans l'expiration par son élasticité et par l'irritabilité des broncbea.
E(u$ticité ei $ei effets. ^ L'élasticité dss
e)un)0As est connue depuis bien lon^^temps ; aller est le premier qui i*ait décrite. D^* puis lors, bien des auteurs s'en sont occu* fiés, mais ce n'est que dans ces derniers tpinps qn'on a eta<ite(nent connu la part que le f»onmon prend dans in production lies phénomènea observés.
L*eîpérience snivante donne une idée t^sez exacte de l'élasticité de cet organe :
Si I on extrait un poumon sain du thorax <i*uo animal rivant, Ton est frappé de la petitesse de son rolume , relativement è celui de la cage thoracique. Si l'on adapte à &a irarhée un tnbe et qu'où Tinsuffle, il augmente immédiatement de TOluine et ^t'quiert quelquefois des dimensions qui (%is^ent celles de la poitrine. Si l'on cesse l'insufnation, il se rapetisse et redevient encore plus petit. Or, chez l'homme, le jioumon remplit toute la cavité thoracique ; lt ^e dilate donc et cette dilatation est éri^ Gemment due h une cause : c'est la pression «mosphérique.
. Lo poumon, en effet, est en commonica* 'ion avec l'air extérte.ir au moyen de la 'rachée-artère. Renfermant lui-même une ^^^Haine guanlité d'air, il i^n cho^serait une é^ande |>ariie s'il pouvait obéir è son éla:^-
tîcité ; mais alors il s'écarterait des paroift thoraciques et un vide réel aurait lieu. Or ce vide ne peut se former, puisque l'atmosphère pèse sans cesse sur l'organe de la respiration.
Le poumon, malgré son élasticité, ne peut donc se resserrer complètement, et ceci explique cette espèce d antagonisme du poumon et du diaphragme. 0\\ sait que, pendant la vie, le diaphragme se contracte et donne au (>oumon plus ou moins d'extension. Si l'on supprime l'inspiration, c'est l.e diaphragme qui estattiré et qui remonte dans la cavité thoracique.
On peut rattacher en partie k l'étasticitè du poumon l'asphyxie (dans les plaies pénétrantes du thorax), la maladie connue sous le nom d'emphysème pulmonaire, les hernies pulmonaires à la suite des plaies de poitrine» etc.
Irrilabllité de la trachée et des broecheSv
Le poumon n'agit pas dans l'^'xpiraiion seulement par son tissu élastique » mais encore par les fibres transversales ei circulaires de U trachée. Haller avait reconnu la contfactilité de ces fibres , ainsi que Fanion et Morgagni.
Keisseissen, qui a si bien décrit ces fibres transversales, rapporte que Varnier aurait Vu les ramifications bronchiques se contracter sous rinfiuence de stimulants ou de ra* peurs irritantes.
M. Wédemeyer est arrivé k des résultats négatifs. Krimer prétend avoir vu ces fibres se contracter sous l'action de l'électricité. M. William est celui qui a montré i*^ phénomène dans sa plus complète manifestatation. Ayant retiré le poumon de la poitrine d'un chien qu'il avait tué parla section de la moelle, il a introduit dans !a trachée un tube métallique renfermant un liquida pesant à l'intérieur des bronches. Les cnoses étant ainsi disposées, il a fiiit passer 5 travers le tube un courant galvanique, et immédiatement le liquide s'est élevé de 0-.035.
Evidemment le |>oumou ayent perdu, au moment de l'expérience, son élasticité, on ne peut attribuer l'élévation du liquide qu'à la contraction des bronches.
Dans une seconde expérience on a vu le liquide s'élever de 0~,0a4.
Enfin, on a montré encore l'influence du pneumogastrique aer t'actioa contractile dea bronches.
Tels sont les |»rincipaut phénomènes de la respiration : les deux mouvements que nous venons d'étudier, constituent une respiration eampliu. Mais le temps qui s'écoule entre le commencement de l'inspiration et la fin de l'expiration n'est pas égal pour chacun d'eux. L'expiration est plus longue que l'inspiration. En d'autres termes, si on divise en 5 |>arties le temps d'une complète reispiration, il en faudra S pour ret)>iraiion et 3 |K>ur l'inspiratiou.
ins
RES
I m. — Considéra tionê généraiti sur ritêsfùration
€l Cexpiralio».
Nombre de$ mouvements resviratoires,— II nnrall que ce nombre varie Deaucoup d'un hotnme à un autre. Haies le croit de 20 dans une minute. D'après Menzies ce serait ih, Davy respirait 26 à 27 fois dans cet es^iace de temps; Thomson, 19; Magendie, 15. La plupart des adultes font 16 inspirations par minute à l'étal normal et de repos. L'exercice, les efforts augmentent normalement ce nombre jusqu'à 18, 20 ou 25 et m^ine plus, selon leur énergie et selon les individus. Ces nombres varient beaucoup, suivant une foule de circonstances, telles que l'état de sommeil, le mouvement, la distension de l'estomac par les aliments, la température extérieure. la capacité de la poitrine, les affections morales, etc.
Chez le nouveau-né, la respiration n*a pas autant de régularité que chez l'adulle. Vers doux ans elle commencée prendre les caractères qu'elle conservera toujours è l'état normal, sauf encore un peu plus de fréquence. Lorsque l'enfant est endormi ou tranpiille, la respiration peut être de 30, ^5 ou 20 fois seulement {uar minute. Dans Ja colère ou la douleur, le nombre des inspirations s'éiève facilement à 30 et 35 fois.
Les gros oiseaux respireui 20 à 30 fois dans une minute; le bœuf et le cbevali de 8 è 12; le chien et le chat, dt* 22 h i25.
Variétés de la respiration. — Ces variétés doivent être étudiées avec soin, et ce n'est )ias sans raison qu'Hip()Ocrate attachait tant d'importance è la manière dont la respiration s'exécutait. I^ respiration est fréquente ou rore, quand je nomnre (les mouvements augmente ou diminue dans un temfis donné. Si l'inspiration est lente et l'expiration rapide, on dit que la respiration est prompte^ rite; si «es deu\ mouvements prennent un rapport inverse, on la dit {en/e, tardive. Suivant que le dévelo))pement du thorax est plus ou moins considérable, elle est grande ou petite. Quand les muscles qui dilatent ou resserrent la poitrine emploient beaucoup d'énergie, ou peu, elle est forte ou faible. Il existe d'autres variétés qui sont plutôt du ressort de la pathologie que de la physiologie.
Influence de h volonté sur la respiration. — Tous les mouvements respiratoires s'exécutent sans le secours de la volonté, et cejiendant ils ne sont pas complètement soustraits à son influence. Ils ont lieu pendant le sommeil, sans que nous le sachions, et en observant un rhyihme constant: tantôt ce sont de simples inspirations périodiques, dans les intervalles desquelles les parties se resserrent en vertu de leur élasticité; tantôt aussi ce sont des mouvements alternatifs •rinspiration et d'expiration. Les mouvements respiratoires sont soumis h la volonté, eu ce sens que nous sommes libres, mais d.ins certaines limites seulement, de raccujruir, d'allonger, de retarder, d'avancer