X. — Absorption dans là série animale
On peut dire que le phénomène de l'absorption se produit dans toute la série ani* maie : nous allons tâcher de le démontrer dans les quelques lignes suivantes.
A. — Vertébrés.
Chez les vertébrés, l'absorption digestive se fait, comme chez l'homme, par les veines et par les vaisseaux lymphatiques. Les absorptions intérieures ont aussi une double voie pour faire rentrer les substances absorbées dans le torrent circulatoire.
Il est à remarquer que chez quelques rep-
<t4) Pour plas de renseignements, consulter les ouvrages des auteurs suivants : Haller, EUmenta pAytioi., t. VU ; — Fallopb, Observationes anatom^^ Venise, 1561 ; — Aselli , De laciibus sive lacteis venu. Milan, 1627 ; — Harvet, Exercitat. anatom.^ oêç. 16; — Vesling, EpistoL posthum. ; — Pecquet, Exper. ncva anaL^ Paris, 1651; — Rudreck, Exeràt. anat.^ Leyde, 1654; — Meceel, Opusc. anal. De va«it lumphatkts^ Leipzig, 1770; --Hunter, Œuvres complètes, traduites par Richelot, t. IV ; — Cruiksuank, Anatomie des vaisseaux absorbants^ Traduct. de Petlt-Radel, 1787;— Mascagni, Vasorum tymphaticorum corvoris historia. Sienne, 1787 ; »— Lavth, Essai sur les vaisseaux lymphatiques^ Strasbourg, 4824 ; •— Panizza, Sopra iï sistema linfatka dei retHli , Pavie, 4833; —Henle, Anatomie générale^ Trad. Jourdaa , I. H ; — Cruvrilhier, Ana-
tiles, la grenouille, par exemple, les vaisseaux lymphatiques présentent une structure plus compliquée que chez les animaux à sang chaud. On observe de plus, sur le trajet de ces vaisseaux, des renflements pourvus de fibres musculaires et auxquels a été donné le nom de cceurs lymphatiqiAes : il paraît que les contractions de ces cœurs aident singulièrement au cours des liquides. Les reptiles et les poissons possèdent des vaisseaux lymphatiques d*un plus fort calibre que ceux des mammifères et oes poissons. Il n'y a généralement pas de ganglions chez les premiers : les valvules y sont encore bien moins nombreuses.
Dans les grands mammifères, les vaisseaux chylifères s'abouchent avec les lymphatiques en un canal thoracique unique, comme chez l'homme : chez eux, il y a abondance de ganglions lymphatiques.
Les vaisseaux chylifères et les vaisseaux lymphatiques des oiseaux forment, en se réunissant, deux canaux tboraciques, qui viennent s'ouvrir dans les veines jugulaires, de chaque côté de la base du cou.
Chez les reptiles et les poissons les deux systèmes de vaisseaux aboutissent aux veines par de nombreuses communications.
B. — Articulés.
Chez les crustacés, les insectes, les anné-
tuniques
les canaux circulatoires.
G. — Mollusques.
Les mollusques possèdent un système circulatoire plus complet que celui des articuU^s, c'est-à-dire ayant des veines et des artères : on présume que chez eux les veines qui sillonnent les parois intestinales, portent le produit de la digestion du côté des organes respiratoires. Les acalèphes, dont la forme rappelle celle du champignon, et qui appartiennent à l'embranchement des mollusques, E résentent une particularité assez remarcjuale : leur cavité digestive offre une foule de prolongements qui constituent un lacis compliqué dans toute l'épaisseur de l'ombelle. Les produits de la digestion s'écbappeta aq travers des parois de ces diverticules intesiii naux, et leur dispersion se trouve ainsi faci- Utée (J. BécLARD).
tonne descriptive, t. Ul; — Sifpev, Anatomie des ^ eript., t. !;•— Carus, Anatomie comparée, u ii; -h BotJissoN , Etudes sur le ckyU ; — Longet, rrûf/<f €ii physiologie, i. 11;— Claude BERWàRp. Leçons ni\ colUge de France i-^^kiM^Uçons de physwioijte\ — Milne-Edwards, Leçons sur la physwloyte ; -^ J. Béclard, Traité de P/iy«otoglf; -7 Magendie Traité de physiologie ;— Buta^kcn , TraUé de plnji «o/ooîc ;—Bre8CHET, Du système tpmphattqne ; -^ MiALHE, Chimie appliquée à la physiologie et a ta th.\ rapeutique ; — Duges , Physiologie comparée; -^ }ivLLEtL, Manuel de physiologie ;'-Bbacbet, Ti«i de p^MÎo/ogie; — Bouchard AT et Sandras, i>e /rt oi gestion des boissons aUooliques (Archives d aiiau mie et de physiologie), m6; - Tih>«ann * Gmeun, Recherches sur la JHgestton (Tradaci Jourdan, I8â7), etc.
ABS D. — Zoaj^yteê,
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Qiez les xoophyles» le produit de la digestai se répand de proche en proche dans l'épiîsseur des oi^anes ; car, après avoir trafené les parois du tube digestif, il ne rencontre pas de Téritables vaisseaux. Ce produit, étf eux, constitue le sang lui-mdme : il ny I PB de différence entre le sang et le produit akorbé de la digestion.
Annt de terminer cette courte esquisse de récodô de l'absorption dans la série animale» nous ajouterons les lignes suivantes :
On sait combien l'eau est nécessaire à certiiiis animaux : plusieurs d'entre eux ne l'absorbent que par la peau, soit à l'état liquide comme fes animaux aquatiques, soit à l'état de Tapeur conmie les animaux souterrains, comaie les vers intestinaux. Ces animaux périssent phis ou moins rapidement dans un air privé diumidité, même ceux dont la peau est Tdœ oa habituellement sèche : des expériences autheotiqQes ont permis de calculer pour les reptiles et les poissons, la quantité a'eau qn ils absorbent, et celle qu'ils exhalent. Dans le tmail de H. Edwards on voit combien le poids de dÎTers reptiles ou poissons augmente ou din&nue, comment les membres se flé- \tfSBM, oa se renflent, selon oue les cireonstaseesseiil favorables ou défavorables à t'éHfrpiioa.
Chei ks iiatraciens anoures, la vessie un* Biireest regardée comme un réservoir d'eau ^ peut être reprise au besoin pour l'usage deliaiBiftl s*Û est placé dans un milieu trop f/ide. fl en est de même du liouide lympha- ^ déposé dans de vastes cellules situées eotre la peau et les muscles.
Tel est, en résumé, ce qu'il j a d'important i fl^uler dans l'absorption chez les diverses dasêes danimaux (15).
ABSTINENCE. — Oa donne ce nom à la pmtioQ totale ou partielle d'aliments, de Mssons, ou des uns et des autres, ou de eortains aliments solides ou liquides, pendant a temps plus ou moins considérabie. Quand eileestcomplètQputrès^aude, lorsqu'elle est Irop prolongée, elle produit une séné d'acci* <leots qui se terminent par la mort : quand, >tt contraire, elle est remermée dans de certrioes limites , et convenablem'ent dirigée , elle délient un excellent moyen hvgiénique <Ni on puissant agent médicateur. Nous nous ocoiperons de la mort par abstinence et par ■lifflentatioo insuffisante à l'article Mort (par >bstiaence); quant à l'abstinence thérapeu- ^V» el hygiénique, nous en traiterons au iDotRÉGna : là nous donnerons des détails V le cura fmnis, sur la méthode arabique <l<ns laquelle on unit des moyens médicamenteux i un régime sévère et spécial ; nous l'avons fréauemment employée avec succès dans KS malames chroniques, en l'étendant ou la modifiant.
On s'est livré souvent i des déclamations <Katoiies sur les avantages de la sobriété, sur
i\Si Vof . IteGfcs, Pkif$ioL comp.; M. Edwards, art.
ceux de l'abstinence absolue «le la viande et des boissons fermentées, applicable è tous les sujets, à tous les climats, à tous les âges, k toutes les professions, sans tenir compte d'une foule de circonstances qui doivent modifier ces principes dans les applications pratiques.
On a compromis ainsi les préceptes sages
3ui avaient été pris pour point de départ, et ont on doit bien comprendre l'importance Sénérale, tout en les modifiant, d'après les onnées de Tobservation pour les accommoder aux cas particuliers.
Nous trouvons dans les pages suivantes de Tourtelle et Halle {Hygiène), quelques remarques utiles sur les aliments et le régime. « On entend par aliments toutes les matières qui peuvent s assimiler à nos organes, et se convertir en notre propre substance. Celte faculté assimilatrice suppose en eux une certaine altérabilité ou fermentescibilité, plus ou moins aisée, selon qu'ils s'éloignent plus ou moins de la nature animale. Toute substance qui n'est pas altérable altère plus ou moins nos parties, et est un médicament ou un poison, qui ne diffèrent que relativement ; au lieu que le caractère essentiel de l'aliment est d'être changé, et de ne causer aucune altération dans l'économie animale, quand il est {'ustement proportionné aux forces et aux >esoins. Les anciens habitants de la terre ne connaissaient probablement que les aliments simples et sans apprêts, et cette nourriture leur procurait les plus grands avantages. La simplicité des aliments et la tempérance sont en eSîet des sources abondantes de santé et de vie. sans lesquelles on ne peut espérer la longue conservation ni de l'une ni de l'autre. Il suifit, dit Plutarque, d'avoir le goût du vrai plaisir pour être tempérant. L'intempérance ruine la santé, et quand celleci est détruite, on n'est plus sensible à aucun plaisir. Qu'est-ce que tous les mets les pluâ exquis pour un estomac malade? et qui peut ignorer qu'il n'est point de meilleur assai* sonnement que l'appétit? On dit que dans une marche Alexandre le Grand renvoya ses cuisiniers, disant qu'il en emmenait d'excellents avec lui, une lonj^e marche è faire le matin, ce qui lui vaudrait de l'appétit è dtner, et un diner frugal, qui lui ferait trouver délicieux le repas du soir. U ne serait pas difficile de prouver par une multitude de faits, que la plupart des hommes périssent avant l'Age, ou traînent péniblement leur vie sous le poids de la douleur, pour s'être livrés habituellement et avec excès aux plaisirs de la table ; ceux qui , au contraire , se sont contentés d'une quantité d'aliments simples, proportionnée aux besoins du corps, ont joui de la meilleure santé et vécu le plus longtemps. Nous pourrions citer Auguste, Bartfaole, l'immurtel Newton, et une infinité d'autres ; mais un des exemples les nlus frappants de ce genre est celui (1 6) du célèbre Cornaro, Vénitien, qui fut attaqué, dès l'Age de
(16) Nous connaissons un lait du même genre, lotti récent, et aussi remarquable. (L. Bovn.)
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vingt-cinq ans, de maux d'estomac, de douleurs de côté, de fièvre lente et de la goutte. Sa santé continuait d'être délabrée à Tâge de quarante ans, malgré tous les secours des médecins : il abandonna tous les médicaments, et s'imposa un régime sobre et simple. L'etfct de ce genre de vie fut tel que ses infirmités disparurent, pour faire place à la santé la plus heureuse, avec laquelle il vécut au delà de cent ans. La saveur dont jouissent les chairs des animaux varie selon l'espèce d'aliments dont ils se nourrissent : c'est ainsi que la chair du lapin sent le chou durant l'automne, et celle des grives le genièvre.
« Une nourriture peu convenable, queloue bonne qu*elle puisse être d'ailleurs, abrège la vie et retarde le développement ou même réduit l'accroissement du corps. Buffon observe que beaucoup d'animaux étrangers ou sauvages de nos pays, élevés et nourris dans des ménageries pu dans des parcs trop peu spacieux, ne parviennent jamais à leurentière grandeur, et que leurs membres restent audessous des dimensions de la nature : cette dégénération dépend en très-grande partie de la quantité et de la qualité de la nourriture. Il fit élever un cerf chez lui, et après l'avoir nourri convenablement pendant quatre ans, cet animal était à cet âge beaucoup plus haut et plus gros que les vieux cerfs de la plus beUe taille. Le régime influe sur les mœurs des peuples, et môme sur le sort des empires. Les peuples de l'Indouslan, qui sont, au rapport de tous les voyageurs, les ç\\is sobres et ies plus tempérants, qui ne vivent que de fruits et de légumes, sont les plus doux et les plus humains : leurs annales ne sont point souillées de ces grands crimes qui font la honte de la plupart des autres nations. Ils ont en horreur le sang, et cette horreur va môme jusqu'à respecter celui des animaux (t7). il n'en est pas de même des nations carnassières : elles sont féroces et cruelles; c'est parmi elles que se répète fréquemment le spectacle de ces grands crimes qui outragent et révoltent la nature. — Il est certain, dit J.-J. Rousseau (Emile^ li\. n}, que les grands mangeurs de viande sont en général plus cruels et plus féroces que les autres hommes; cette observation est de tous les lieux et de tous les temps : la barbarie anglaise est connue ; les Gaures, au contraire, sont les plus doux des hommes. Tous les sauvages sont cruels, et leurs mœurs ne les
{sortent point à l'être : cette cruauté vient de eurs aliments ; ils vont à la guerre comme à la chasse, et traitent les hommes comme les ours Les grands scélérats s'endurcissent au meurtre en buvant du sang. Homère
(17) Les Banianes ne mangent point de chair : ils craignent même de tuer le moindre insecte ; ils jettent du riz et des fèves dans l*eaa pour nourrir les poissons, et. des graines sur la terre pour les oiseaux. Lorsqu'ils rencontrent un chasseur ou un pêcheur, ils le prient instamment de se désister de son entreprise, et sMl est sourd à leurs prières, ils offrent de l'argent pour Je fusil et pour les fllets ; quand on les refuse, us troublent Teau pour épouvanter les poissons, et crient de toutes leurs
fait des Cyclopes mangeurs de chair deshonomes affreux, et des Lotophages un peuple si aimable, qu'aussitôt qu'on avait essayé de leur commerce, on oubliait jusqu'à son pays pour vivre avec eux. —
« Enfin, si on jette un coup d'œil sur les peuples dont la grandeur et la chute ont étonné tour à tour l'univers, on verrd que c'est à la tempérance et à la frugalité qu ils ont été redevables de leur force et de leur gloire, et que c'est à l'intempérance qu'il iaut attribuer leur ruine. Tant que les Grecs et les Romains vécurent sobrement, ils furent les maîtres des autres peuples; mais lorsque le luxe leur eut présenté, dans les funestes dépouilles des nations vaincues, des aliments nouveaux et des assaisonnements rafiinés, ils dégénérèrent bientôt, et servirent eux-mêmes de trophées à des peuples barbares , mais sobres et tempérants (18). La terre est le fonds inépuisable et commun duquel l'homme et les animaux tirent leur subsistance. Tout ce qui a vie dans la nature, dit Buffon, vit de ce qui végète, et les végétaux vivent à leur tour de ce qui a vécu et végété. La destruction est nécessaire à la vie, et ce n'est en effet qu'en détruisant que les animaux peuvent se nourrir et se propager. Le règne organique, dans lequel circule la vie, et qui comprend les végétaux et les animaux, fournit toutes les matières alimentaires; le règne inorganique ou minéral n'offre que quelques condiments, mais aucune substance susceptible d'animalisation. L'histoire et la raison apprennent que le premier régimede l'homme fut celui de Pythagore, et il est indubitable
3ue le goût et l'odorat servirent de guides ans le choix des aliments ; en effet ces deux sens ont été donnés à Thomme et aux animaux comme deux sauve-gardes destinées à les préserver de l'usage des substances nuisibles et dangereuses. L'expérience a fait reconnaître ensuite quels étaient ceux des végétaux qui réparaient davantage les forces. Ce régime ne put durer longtemps; à mesure que les sociétés s'agrandirent et devinrent plus nombreuses, les végétaux ne purent suf* fire à la nourriture de l'homme; et d'ailleurs les animaux étant devenus incommodes par leur excessive propagation, il fallut tremper la main dans leur sang et faire usage de leur chair. Le régime de Pythagore a eu dans tous les temps des partisans. Plutarque, et de nos jours J.-J. Rousseau, ont prétendu que l'homme avait violé la nature en se nourrissant de la chair des animaux, et qu'il était destiné à ne faire usage que des aliments ti* rés de la classe des végétaux. « — Tu me demandes, dit Plutarque, pourquoi Pytha-
forces pour faire fuir le gibier et les oiseaux. (J7ûtoire des Yoyageê.)
(18) Cette source première de corruption est loin sans doute d*en exclure beaucoup d'autres, <}ut trouvent plus naturellement leur place dans Fhistoire politique des empires que dans un livre d*hygtène. Toutefois les historiens, Montesquieu luimême, dans sa Grandeur et Décadence deê nomains^ n*ont pas, il me semble, assez tenu compte de ccb causes physiques primitives. (L. B.j
*' ABS DE PHYSIOLOGIE
fore s'abstenait de manger de )a chair des aoifflaiix;uiais moijete demande, au coniniw, quel courage d'homme eut le premier qui approcha de sa bouche une chair meuririe, qui brisa de sa dent les os d'une bote «jârame, qui fit servir devant lui des cada- Tm, et engloutit dans son estomac des loembres qui, le moment d'auparavant, bôliient, mogissaient, marchaient et voyaient? Coniment sa main put-elle enfoncer un fer dans le cœur d'un être sensible? Comment «$ ycui purent-ils supporter un meurtre? Ownmeot put-il voir saigner, écorcher, démembrer un pauvre animal sans défense?
Coaanenl put-il s\ipporter l'aspect des chairs
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nature pour nous conserver, nous mangeâmes les compagnons de notre misère, plutôt que de périr avec eux. Mais vous, hommes cruels, qui vous force à verser du sang? Voyez quelle foule de biens vous environne, combien de fruits vous produit la terre! Que de richesses, vous donnent les champs et les vignes I que d'animaux vous offlrent leur lait
Eour vous nourrir, et leur toison pour vous abillerl Que leur demandez-vous de plus, et quelle rage vous porte à commettre tant de meurtres, rassasiés de biens et regorgeant de vivres? Pourquoi meniez- vous contre Cérès, inventrice des saintes lois, et contre le gra-
miiioi*nto;9r/^,«^«„* i^„ .:5 r'^^Àl" cieux Bacchus, consolateur des hommes,
Sf^<fSlvP^îî!Sin^ ?^ ^""l ?*.; ^^^«^^ si leurs dons multipliés ne suffisaien
eOc pas soûle ver le cœur? Comment ne fut-il pas à la conservation du genre humain?
pasdégoûté, repoussé, saisi d'horreur, quand il Tim à manier l'ordure de ces blessures, à nettoyer le sang noir et figé qui les counailî
Uspem nfflpaieol sor 1â terre, éoorchées; Ln datTs n feu mugissaient embrochées : ^"^O"» M pat les maoger sans frémir, uteim seia les entendit gémir.
• -7 Toilà ce qu'il dut imaginer et sentir la
prcffliène fois qu'il surmonta la nature pour
toe ceshombles repas, la première fois
q^il cm lum d'une bete en vie. qu'il voulut
$c wmmr Sm animal qui paissait encore, et ijnïl dit comment il fallait égorger, dépecer, cuire kbrehis qui lui léchait les mains. C^ de ceux mii commencèrent ces cruels «aosel non de ceux qui les quittent, qu'on liieii de s'étonner; encore ces premiers-là poŒPrsieot-ilsjustifier leur barbarie par des «cases (jUi manquent à la nôtre, et dont k défaut flous rend cent fois plus barbares qo'eax.
• — Mortels bien-aimés des dieux, nous dinient ces premiers hommes, comparez les temps ;Tojez combien vous êtes heureux, et combien noas étions misérables! La terre floorellement formée, et l'air chargé de vapeurs, étaient encore indociles à l'ordre des asoos ; le cours incertain des rivières dépadait leurs rives de toutes parts; des <^Dgs, des lacs, de profonds marécages inon- <iocnl les trois quarts de la surface de la terre, l'autre quart était couvert de bois et *5 forêts stériles. Il ne croissait nul bon fruit; «ws n'avions aucun instrument de labourage, BOUS ignorions l'art de nous en servir, et le temps de la mbisson ne venait jamais pour qni n'avait rien semé : ainsi la faim ne nous qœttait point. L'hiver, la mousse et l'écorce des arbres étaient nos mets ordinaires. Quel- ^ racines vertes de chiendent Qt de bruyère étaient pour nous un régal ; et quand les hommes avaient pu trouver des faines, des ooix et des fruits, ils en dansaient de joie autour d'un chêne ou d'un hêtre, au son de qoelquc chanson rustique, appelant la terre »cor nourrice et leur mère : c'était là leur oflique fête, c'étaient là leurs uniques jeu» ; Nt le reste de la vie humaine n'était que «oleur, peine et misère.
«- Enfin, guand la terre déppuillée et nue •e nuus offrait plus rien, forcés tf outrager la
Comment avez-vous le cœur de mêler à leurs doux fruits des ossements sur vos tables, et de boire avec le lait le sang des bêtes qui vous le donnent? Les panthères et les lions, çpie vous appelez bêtes féroces, suivent leur instinct par force, et tuent les animaux pour vivre; mais vous, cent fois plus féroces qu'eux, vous combattez l'insUnct sans nécessité, pour vous livrer à vos cruelles délices. Les animaux que vous dévorez ne sont pas ceux qui dévorent les autres ; vous ne les mangez pas, ces animaux carnassiers, vous les imitez. Vous n'avez faim que des bêtes innocentes et douces qui ne nuisent à per» sonne, qui s'attachent à vous, qui vous servent, tt que vous dévorez pour le prix de leurs services.
«—Omeurtrier contre nature ! si tut'obslines à soutenir qu'elle t'a fait pour dévorer tes semblables, des êtres de chair et d'os, sensibles et vivants comme toi, étouffe donc l'horreur qu'elle t'inspire pour ces affreux repas; tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours; mords ce bœuf et le mets en pièces, enfonce tes griffes dans sa peau; mange cet açneau tout vif, dévore ces chairs toutes chaudes, bois son Ame avec son sang. Tu frémis, tu n'oses sentir palpiter sous ta dent une chair vivante I Homme pitoyable, tu commences par tuer l'animal, et puis tu le majiges, comme pour le faire mounrdeux fois. Ce n'est pas assez : la chair morte te répugne encore; tes entrailles ne peuvent la supporter; il faut la transformer par le feu, la bouillir, la rôtir, l'assaisonner de drogues
9 ui la déguisent ; il te faut des charcutiers^ es cuisiniers, des rôtisseurs, des gens pour t'ôter l'horreur du meurtre, et Rhabiller des corps morts, afin que le sens du goût, trompé
f)ar ces déguisements, ne rejette point ce qui ui est étranger, et savoure avec plaisir des cadavres dont l'œil même eût peine à souffrir l'aspect I — »
« Quelque ingénieuse que soit celte diatribe, portant le cachet d'une éloquence trop déclamatoire pour éli:e vraie, Plutarque et tous les philosophes pythagoriciens ne sauraient, avec tous leurs raisonnements, triompher de l'instinct qui porte l'homme dans tous les pays du monde à user des chairs des animaux,.
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DICTIONNAIRB
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et la diète de Pythagore n'est point indiquée par la nature. Quoiau'il y ait eu des hommes et même des peuples qui n*aient vécu que de lait et de j^roductions végétales (19), cela ne prouve rien en faveur de ce ré^me.
L*homme est omnivore, c'est-àndire, qu'il est destiné par la nature à vivre de substances végétales et animales, et non pas uniquement de végétaux. L*appétit naturel qu'ont tous les hommes pour ces deux espèces de nourriture suffirait seul pour mettre en évidence la vérité de cette assertion, si elle n'était pas prouvée d'ailleurs par la structure des organes digestifs, et nar les incommodités réelles qui résultent de l'usage unique des végétaux ou des viandes. L'homme a un estomac ressemblant par sa structure et son tissu mem>branacéo-musculaire à celui des animaux carnivores, des dents canines, et l'intestin cœcum petit et court. D'ailleurs, l'usage de la viande est absolument nécessaire pour ré-
Sarer les forces épuisées par les travaux, [aintenant, si l'on fait attention que Thomme, de même que les herbivores, est pourvu de dents incisives et molaires; qu'il a, comme eux, le canal intestinal très-long, très-ample, très- extensible, anfractueux et garni d'une multitude de rugosités, on verra par cette conformation mixte, que la nature lui a désigné l'usaçe des aliments végétaux et animaux. « D'ailleurs, l'usage unique des aliments d'un seul genre produit Mentôt le dégoût, et donne lieu à diverses incommodités. Le régime végétal seul ne soutient et ne répare pas suffisamment ; il est souvent accompagné ou suivi de la faiblesse, et surtout de celle des premières voies, de la flatulence, de l'acidité, des tranchées et de la diarrhée. Ce régime est néanmoins très-utile dans les cas de pléthore, ainsi gue dans plusieurs autres dispositions morbides. Il semble c^ue la nature, en n'accordant au'un très-petit nombre de dents canines à l'homme, ait eu l'intention de lui indiquer qu'il ne devait pas faire un trop grand usage de la chair des animaux; et, en effet, outre que la diète animale dispose aux passions violentes , elle augmente considérablement la quantité du sang et de fibrine, prépare les maladies inflammatoires, produit la htbiare, la goutte, etc. Il faut distinguer, dans la nutrition, l'animalisation et l'assimilation. L'animalisation consiste dans la conversion des substances végétales en animales; et l'assimilation est le passage des substances alimentaires animales ou animalisées à cet état qui les rend semblables à nos parties (20). La nutrition suppose dans les substances végétales l'animalisation, et dans toutes les substances alimentaires l'assimilation. Toutes supposent encore des analogies qui les rendent susceptibles de subir
(19) Les habitants de Tile de Pftgues, ceux de la Nouvelle «Espagne et les Dalécarliens, aa rapport de Spaarmann, vivent uniquement de végétaux. Les pauvres habitants de nos campapes mangent Irès-rarement de la viande. Â la vérité, peu jouissent d'une bonne santé et atteignent le terme ordinaire de la vie. U est vrai aussi que la misère et la
ces changements, et des différences qui rendent ceux-ci nécessaires.
« L'analogie entre les aliments et nos ])arties est démontrée. Les solides ont été fluides dans leur origine primordiale, et ont circulé dans cet état è travers les vaisseaux, arec le sang qui les soutient. Ces mêmes substances, dont se composent les humeurs et les parties solides, se rencontrent toutes dans les aliments; elles sont toutes formées dans les chairs des animaux, et on trouve touies les analogues dans les productions végétales. La gélatine ou gelée animale, les mucilages et les fécules sont très-abondamment répandues dans la nombreuse famille des végétaux, et font la base presque universelle des substances alimentaires. Le duten végétal, ou sul)stance végéto-animale de Beccaria, qui est contenue en grande quantité dans la farine de froment, existe dans presque toutes les herbes, et, à quelque différence près de pro-
Sortion, est de même nature que la partie breuse du sang et le gluten de la fibre musculaire. On trouve aussi dans le règne végétal une substance qui a beaucoup d'analogie avec l'albumine des animaux, et qui en a presque toutes les propriétés. Toutes ces matières possèdent non-seulement la faculté nutritive, mais elles se ressemblent encore, en ce qu'elles ont une base commune, l'oxyde hydro-carboneux. Cet oxyde est combiné, dans les substances animales, avec une certaine quantité d*dzote et quelquefois du phosphore. On rencontre aussi l'azote dans les végétaux, mais le carbone y est en plus grande proportion; de là vient qu'ils sont acescents, aii lieu que les autres sont alcalescentes. Ainsi les substances végétales diffèrent en général des substances animales, en ce C[ue la pro-
I)ortion de carbone est plus considérable dans es premières, et l'azote combiné en bien plus grande (juantité dans les autres.
« L'animalisation ne paraît consister que da n s la fixation d'une quantité d'azote plus grande relativement aux autres principes; elle c(imh mence dans l'estomac, et se continue dan s^ les intestins. Là, la pâte alimentaire, attaciiuci
{)ar les sucs digestifs, contracte une sorte d^i fermentation, ''en vertu de laquelle ses prim cipes entrent dansdenouvelles combinaison'^ il se dégage en même temps différents ^a /\ surtout du gaz acide carbonique, du gaz hy droçène, etc., et la proportion d'azote devi^M ainsi plus grande. Mais il n'est point d'organ où Yaxotitation soit plus grande et plus inar
3uée que dans les poumons. Les phenomèiui e la respiration démontrent que Toxy^èn de l'air atmosphérique enlève aux pouuiuM une grande quantiie d'hydrogène el de caii bone auxquels il s'unit, et que, diminuai ainsi la proportion de ces deux principt^s,
malpropreté dans lesquelles ils vivent contribue beaucoup à Tétat de cachexie dans lequel ils la goissent presque toujours.
(20) Enai de théorie iur CanimaHêation des a mente, par M. Halle, rapporté dans le Journal i digé par M. Foorcroy, tome U, page i95.
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«pmie eéDe de Taiote (31). On peut donc refîprder rammalisation comme une vraie 4it«rbmiation opérée par les forces ani* mies et la ▼égétalion, au contraire, comme It fiuiioa d*uoe plus grande quantité de carbone dans les Téçétaux ; et les effets s'opè* RDI l*us par Tintermëde de l'oxygène, et rwrtRparkdésoxygénation de l'acide carbduqoe (^'effectue la lumière solaire, t Les ahments sont plus ou moins solubles a nisoo de leur moltesse, de leur compacté. Ceux qui sont les plus denses et les plus compactes se digèrent moins aisément; mais i«,ttoe fois digérés, ils nourrissent davantage, lifisi gue tavait dit Celse : Sequiiur ut MO MioUior quœque materia t$t^ eo minu$ /(Ktb c9fiuUur ; $ea si coticoeta est, plus aliU. Les aliments qui se dissolvent facilement itaieot appelés par Hippocrate aliments U^ 9«ri:S doDDait aux autres le nom d'aliments hÊTù OQ pstmts. Un aliment est léger, ditil, quand, pris même avec un peu d'excès, il ne eaose ni plénitude, ni tranchées, ni teots, iDais se digère sans occasionner d'ineoDUBodilés. On reconnaît qu'un aliment est pesant lorsqo'étant pris modérément, et même eo pefila quantité, il produit un sentiment de plénitude, de pesanteur et des anxiétés lût «fccH«M|. Plus l'aliment approche du eane^ftte tes mimeurs animales, plus il est aotoble, nnâos il laisse d'excréments quand la ooctioii s'opère d'une manière convenable. Us a&Deois qui, au contraire, s'éloignent éieanetére toiinal, qui sont denses et compte^ échappent en grande partie à l'action des feras digestives, et fournissent beaucoup tf'extfteeots. Ainsi, le meilleur cuisinier est ^ qoi, dans l'apprêt des aliments, en iBollft le tissu, de manière que toute la Dtalière ootritiYe soit dissoute par les sucs gistiiques.
• Le seotimeiit propre de l'estomac ne con- Mboe pas peu à la digestion, et il est indubi- 1>1^ que l'état actuel de ce viscère influe ttttsidéfablement sur la coction des aliments. I^Msqueson sentiment est émoussé, comme testes cas de faiblesse et de relâchement, lif a non-seulement inappétence et souvent fiVBée, mais les aliments, quoique pris en petite quantité, ne se dissolvent pas, ou f^vsmiepas; les sucs digestifs ne jouissent P» l'une aetiTité suffisante ; les matières aliflftataires sont retenues trop longtemps dans 'estomac, elles jr fermentent et y contractent des qualités vicieuses. 11 en est de même des Akbstances pour lesquelles cet organe éprouve de réversion : à la vérité, elles sont rejetées ^ plus souvent par le vomissement; et, dans ^ cas contraire, elles occasionnent les accidents les 'plus graves, car elles eussent dans cette circonstance comme de vrais poisons. Lorque le sens gastrique est trop vif et trop ^laité, les aliments passent trop vite dans les intestins (si toutefois il ne décident pas de^ tBouTements antipéristaltiques ) et avec le «metèrede'la crudité ; il en résulte des coli-
ques violentes, des diarrhées et souvent d'autres accidents plus dangereux. Ce n'est que lorsque l'estomac jouit d'un sentiment modéré, lorsqu'il ne retient pas une trop grande somme de forces, et qu'il n'est pas non plus privé de la quantité de ces forces qu'il doit avoir naturellement, qu'il remplit ses fonctions d'une manière convenable* : les sucs digestifs ont dans ce cas le degré d'énergie nécessaire ; les aliments, loin de faire éprouver à l'organe un sentiment de pesanteur ou d'irritation, lui causent des sensations agréables qui se propagent dans toutes les parties du système et la digestion se fait selon les vues de la nature. Cet état annonce une juste répartition des forces, et une parfaite harmonie dans l'exercice des fonctions, qui indique la santé.
« Il n'est ^ère possible de rendre raison de ces antipathies nationales pour certains mets auxquels d'autres peuples donnent la préférence : elles me paraissent fondées pour la plupart, sinon toutes, sur de faux préjugés propres aux différentes nations ; le sens gastrique ne joue ici qu'un rôle secondaire, et l'estomac i contracte une habitude d'aversion qui n'est qu'un effet de l'exemple. Les Persans abhorrent l'esturgeon, et les Russes l'écrevisse et l'alose. Les Islandais ont une aversion aussi forte et non moins singulière pour les anguilles. Dans bien des départements de France il répugne de manger des escargots, que les Allemands regardent comme un mets exquis, tandis qu'ils ont en horreur les grenouilles, dont usent les Français. La répugnance de la plupart des hommes pour la chair de cheval et le lait de jument n'est pas plus raisonnable. Le chien, pour la chair duquel nous éprouvons une aversion insurmontable, sert a la nourriture de différents peuples, et notamment à celle des habitants des lies de la mer Pacifique. Les nègres préfèrent la viande du chien à celle de tous les autres animaux ; le mets le plus délicieux pour eux est un chien rôti. On pourrait croire que ce goût vient du changement de qualité ae la chair de cet animal, qui , mauvaise à manger dans nos climats tempérés, acquiert
I)eut-être un autre goût dans ces climats bruants : mais ce qui prouve le contraire, c'est que les sauvages du Canada, qui habitent un pays froid, ont le même ^oût pour la chair du chien, et que les missionnaires en ont quelquefois mangé sans dégoût.
c L'estomac est le viscère du corps humain sur lequel l'habitude a le plus grand pouvoir : c'est pourquoi — les aliments qui plaisent au goût et auxquels on est accoutume, ainsi que l'a dit Hippocrate {Aph. 38, seet. n), quoiqu'ils soient mauvais par eux-mêmes, sont préférables pour la ' santé à des aliments moins agréables et auxquels on n'est pas habitué, qtioique ceux-ci soient meilleurs par eux-mêmes. — Les aliments qui flattent le plus le palais, et qu'on prend avec le plus de sensualité, sont noiêlés plus intimement avec
*^n Peut-être que Tazote de Tatmosphère se veines pulmonaires; mais aacime expérience ne Ta Qvabioe aussi en certaine quantité avec le sang des encore démontré..
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la salive, reçus dans l*estoiûac avec plus de plaisir, et dissous plus facilement et plus complètement par les sucs gastriques. S'ils possèdent quelque mauvaise qualité, la sensation agréable qu'ils procurent en les prenant compense et corrige ce qu'ils pourraient avoir de nuisible, tandis que les meilleurs aliments et les plus faciles à digérer, mais qui répugnent, éludent l'action de Testomac et des sucs digestifs. Nous ne sommes affectés de sensations agréables en prenant des aliments qu'en raison de certaines dispositions du corps, et ces sensations agréables désignent une affinité entre l'aliment et l'état actuel du système. On voit souvent des personnes délicates digérer des aliments durs et compactes qu'elles mangent par envie, et se trouver incommodées d'aliments plus tendres et plus succulents pour lesquels elles ont de la répugnance.
« L'expérience journalière apprend que les personnes accoutumées à user d'aliments indigestes et nuisibles n'en ressentent aucun dommage, et Qu'elles courent les risques d'être incommodées en prenant des aliments sains et salutaires. On sait que Mithridate, roi de Pont, était tellement habitué au poison qu'il n'en éprouvait aucun mal. On voit assez souvent des hommes avaler dés doses énormes d'opium, tandis çiue cinq à six grains suffiraient pour faire périr ceux qui n'y sont pas accoutumés. C'est par la même rais^on que, si l'on prend plusieurs jours de suite un purgatif, delà manne, par exemple, l'impression de goût qu'elle faisait sur l'estomac, comme le dit très-bien Desèze, s'atlaiblit; elle devient un aliment, et l'on n'est plus purgé. Il résulte de ce que je viens d exposer un corollaire intéressant pour la physique de l'homme, c'est que l'estomac n*agit point mécaniquement, mais vitalement ; en mécanique, les leviers, les coins, etc., ne connaissent pas le pouvoir de l'habitude. On ne dira pas non plus que la sensibilité de l'estomac est affaiblie, car si l'on change de substance, on verra cette sensibilité se manifester au même degré. Ce que je viens de dire de l'influence de l'habitude sur l'estomac s'étend è tous les autres organes, comme le prouve l'observation.
«On sait que l'odeur de l'assa-fœtida, que Jious ne pouvons souffrir, faisait les délices des anciens, et est encore très-estimée chez les Perses. Celle du citron leur paraissait au contraire fort désagréable. Enfin, ne voit-on pas des femmes des plus délicates exposer impunément leur gorge à l'air le plus froid, sans en être incommodées, parce qu'elles y sont habituées? L'homme le plus robuste, qui tiendrait sa poitrine à découvert, ne taraerait pas à s'enrhumer, ou payerait cette imprudence par quelque ' autre affection plus grave qu'un rhume. Toutes ces vérités étaient tellement connues du père de la médecine,
3 u'il conseille, dans la plupart de ses écrits, e faire attention, dans le traitement des maladies, à rhabitude et au régime ordinaire des personnes. — 11 y a moins de maux à craindre, dit-il [Aph. 50, seet. ii), des choses
auxquelles on est habitué depuis longtemps, et qui pourraient passer pour mauvaises en elles-mêmes, que des choses auxquelles on n'est pas habitué, et cependant meilleures. Il convient donc de varier de temps en temps son régime, et de s'accoutumera tout : Oportet autem ad insolita transire. — Telle est la doctrine d'Hippocrate, suivie parErasistraie, qui ajoute que le médecin qui néglige ces principes court les risques de commettre l(,s plus grandes fautes, et de tuer ses malades, comme il est arrivé à Arius, le péripaléiicieu (Galenus, lib. de Consuetudine). Ce philosophe redoutait l'eau froide, parce qu'il était affecté du hoquet aussitôt qu'il en avait b i. Un jour qu'il avait la Oèvre, les médecins. nonobstant cette observation, s'opiniâtrèrei.i à lui faire avaler de l'eau froide ; il en but, et périt sur-le-champ. »
Il y a dans le fragment précédent bien dt > erreurs chimiques inévitaoles à l'époque où il a été écrit ; on les redressera faciieiiieni: mais il contient aussi des vues sages et in.^6nieuses que nous ne devons point oublier.
AGE. — Des âges. Aperçu général. — Tous les êtres vivants, pendant la durée rjtj leur existence, présentent dans leur étal matériel, leurs dynamismes, leurs foncti(»r.s» dt^s modifications continuelles qui commeneini avec la vie et ne cessent qu'après la mort, acte dernier soumis à des lois spécialu^ comme la vie elle-même. Ces modifications offrent dans chaque période des caractèrer^ communs qui distinguent une période i\<\ celles qui la suivent ou qui l'ont précédée^ Là-dessus repose la division de la vie en plusieurs époques, auxc^uelles on a donné lij nom à"àge$.
Examinés dans leur ensemble , les or^^ai nismes vivants sont d'abord de simples ^er^ mes renfermés dans un œuf végétal (graine ou animal (œuf proprement dit). Ils passen ensuite à l'état d'embryon, acquièrent suc cessivement leur développement complet puis décroissent, s'affaiblissent, tombe n dans la décrépitude et périssent.
Pour bien comprendre la question do| âges, il ne suffit point de l'étudier daii| l'Homme; il faut embrasser l'universalité dt | êtres vivants, les végétaux comme les aim maux, les êtres les moins élevés de cettj dernière classe, comme ceux qui en oeeuj peut les degrés supérieurs. |
On doit tenir compte des forces aussi biei
Sue de l'agrégat matériel et scruter tous le étails des manifestations diverses de la vi végétative, sensitivo-animale, humaine.
On n'a jamais essayé de parcourir dans sol entier ce vaste cadre, qu'il faut nécessainj ment remplir. |
Les végétaux n'ont que la vie nutritive t| reproductrice ; elle est même réduite cJkJ eux aux fonctions les plus élémentaires, (jii sont aussi les plus essentielles et les plij simples ; les actes préparatoires (digestion copulation, etc.) «manquent ou sont rudini^n taires. De là résultent ou se déduisent Icii fécondité, la longévité qui s'observe chii quelques-uns.
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DB PHTSIOLOOIE.