‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 293 sur 340 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Grenouille.

Crapaud.

Tortue.

Orvet.

Boa.

0,uOà 0,75.

Polypes.

Méduses.

Echinwlermes.

Motlustpies.

Céphalopodes.

CrusUices.

0, i7 0, iO 0, 46 0, 57 0, 60

§ III.— Caujw de la ckaUur aiMiMo/e.

Dès la plus haute antiquité, les phjsi^'l'^ gistes et les médecins, frappés do la tean'^*

(471) Davv affirme que le llion, dont lu chair dif- une température bien supérieure k I» /««[j?^- 'p , 1ère beaucoup de celle dc:> autres poissons, a aussi gci PhuaioL comp., et Davy Trans. philoi.) (i" -

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rature élevée des animaux supérieurs, ont éié vivement préoccupés de aécouvrir les causes de ce phénomène, et une foule de théories et d'hypothèses ont été tour à tour adof»tées pour expliquer des faits que des «expériences basées sur des connaissances physiques, chimiques, physiologiques solides et profondes pouvaient seules élucider; OQ ne doit donc pêë s*ék)noerde la diversité des opinions qui ont successivemeut pris rang dans la science. La question que Ton étudiait était au-dessus des connaissances acquises :od a vu une foule d*hypothèses naître sous l*empire des idées dominantes h chaque é|>oque, et disparaître ensuite pour faire place à d*autres erreurs qui, souvent, ont fait faire un pas rétrograde à la physiologie.

1^ théorie de la chaleur innée est la première qui occupa la science; d'après cette théorie, le sang s'échauffe en passant dans le cœur doué d'une chaleur naturelle, qui se!on quelques auteurs est assez élevée pour qu'on ne puisse toucher cet organe impuné ment. Dansquellepartieducœurs'opère cette calorificationf est-ce dans le ventricule droit cooama le veut Aristote, ou dans le gauche eonime renseigne Galien? ce sont là des détails qui n'infirment en rien cette théorie ; on la voit dominer la médecine, jusqu'à ce que la chimie unissante vienne exercer son eaiptre sur les idées du siècle. On assimila les phénomènes de calorification chez les animaux à ceux qui se produisent par la réaction de certains corps les uns sur les autres. Tout eu faisant un pas vers la vérité, cette nouvelle by(>othèse n'était pas assise sur des bases assez solides pour avoir ellemdma une longue durée. C'est ainsi que Van Helmont invoque le mélange du soufre ei da sel volatil du sang opéré dans lecœur; S> Ivios explique tout par une effervescence née au contact du chyle et de la lymphe. Plus tard, Stevenson attribue la production de la chaleur aux transformations incessantes des humeurs et des aliments, tandis que Hamberger la compare aux combustions spontanées qui se produisent dans les fooiîers ei les matières végétales. Malgré les lueurs da vérité qui se montrent dans quelques-unes de ces opi n ions, el les n'étaient pas assez solidement éiayées pour résister longteropiaux attaques d'autres idées, même moins raisonnables, et on ne tarda pas à voir 1.1 mécanique venir à son tour expliquer, le calcul k la main, des phénomènes qui n^éiaient pas même exactement observés.

La production de la chaleur fut alors attribuée au frottement que le sang éprouve dans les vaisseaux. Le siège principal de la calorification est le poumon où la circulation Cbi plus active. I^s globules en sont le principal agent, parce qu'tnant rouges, ils sont très-sulfureux et très-propres è s'échauffer. La respiration sert k refroidir le sang, qui, sans elle, s*échaufferait trop el pousserait les humeurs à la putréfaction. Cette théorie, développée dans tous ses détails par Haies, professée par Haller lui-

même, expliquait avec 11 plus grande facilité tous les phénomènes les plus complexes et les plus diiliciles de la physioloi^ie it de la pathoioKÎe.

Mais Tes progrès de la chimie et les belles découvertes de Priestley et de Lavoisier nu tardèrent pas à faire justice de ces hypothèses gratuites, et è introduire dans la science des idées plus raisonnables. Les faits furent mieux observés, les expériences succédèrent aux idées préconçues, et la chimialhe reprit le dessus, assise toutefois sur des bases ulus solides qui devaient enfin rapprocher (le la vériié.BoyIe démontra que l'air est nécessaire à la vie, et qu'un animal ne tarde pas h périr dans le vide. On observa que l'eir confiné ne saurait entretenir ni la vie d'un animal, ni la combustion d'une bougie,^ et que, dans ces deui cas, il se proiluit de l'air fixe ^aciJe carbonique). Priestley reconnut que les végétaux pouvaient rendre à cet anvicié la propriété d'entretenir la vie et la combustion. BientAt après, ce savant découvre l'oxygène et ne tarde pas h reconnaltie que ce gaz est seul propre à rendre au sang veineux la couleur rutilante, et que le sang artériel devient noir au contact de lazole. Malheureusement Priestley ne sut pas tirer parti de ses belles découvertes et il imagina, pour expliquer la calorification, une théorie nouvelle qui devait avoir le sort des précédentes. 11 fait de la respiration un procédé pblogistiquequi lui sert k expliquer tous les phénomènes physiolo§;iques.

Cependant l'impulsion était donnée ; les faits principaux étaient bien observés, il était réserve au génie de Lavoisier de les coordonner et d'en tirer une théorie plus vraie de la calorification. En 1777 parut l'immortel travail do Lavoisier sur la combustion en général, et il s'exprime ainsi sur la théorie de la chaleur animale : « J'ai fait voir que l'air pur (oxygène), après être entré dans le poumon, en ressortait en f»artie k l'état d'air fixe ou d'acide crayeux (acide carbonique). L'air pur, en passant par le poumon , éprouve donc une décomposition analogue k celle qui a lieu dans le combustion du charbon. Or, dans la combustion du charbon, il y a dégagement de la matière du feu, donc il doit y avoir également dégagement de la matière du feu dans le poumon, dans l'Intervalle de rinsiiiration k l'expiration , et c'est celte matière du feu sans doute qui, se distribuant avec le sang dans toute l'économie animale, y entretient une chaleur constante de 32* 1/2 environ du thermomètre de M. de Béauraur. Cette idée paraîtra peut-être hasardée au premier coup d'œil ; mais avant de la rejeter ou de ta condamner, je prie de considérer qu'elle est appu vée sur deux faits constants et incontestables, savoir , sur la décomposition de l'air dans le poumon et sur le dégagement de la matière du feu gui accompagne toute décomposition d'air pur, c'est-à-dire tout passage d'air pur k lélat d'air fixe. Mais ce qui confirme encore que la chaleur des auimaux tient k ladécumtHj-

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silîon de l'air dans le poumon, c*est qa*il uy a d'anîmaui chauds que ceux qui resl?ireni habituellement, et que cette chaleur est d'autant plus grande que la respiration est plus fréquente, c'est-à-dire qu'il y a une relation constante entre la chaleur de l'animal i't la quantité entrée, ou au moins convertie en airtixe dans les |)Oumons. »

Lavoisier ne se contenta pas d'esquisser ainsi, à grands traits, la théorie de la caloriflr.aiion; par une série d'expériences admirablement conçues, il détermina la quantité de carbone brûlé par l'acte respiratoire, il mesura la quantité de chaleur produite

Ï)ar l'animal, et chercha à mettre en paralèle la théorie et l'expérience. C'est ainsi qu'il trouva qu*un cochon d'Inde brûle en 10 heures 3^' 333 de carbone, quantité capable de produire, en se transformant en aciiie carbonique, 320*' 75de glace. Le même animai perd dans le même temps une quantité de chaleur capable de fondre 3^1,08 de glace. La comparaison de ces deux nombres indique que la chaleur produite représente les 96 centièmes de la chaleur perdue. Il y avait donc probablement une autre cause de caloriûcation. Lavoisier n'hésita pas à l'attribuer à lacombinaison d'unecertaine quantité d'oiygène avec de l'hydrogène, pour former de Teau; il démontra, par des expériences irrécusables, qu'une partie de l'oxygène qui entre dans les poumons n'en ressbi't (>as i Tétat d'acide carbonique, el il admit qu'il sert à brûler de l'hydrogène.

Lavoisier a choisi le poumon pour siège de celte combustion du carbone, sans tenir toutefois beaucoup à cette opinion ; elle lui paraissait 9eulement plus probable^ et c'est pour cela qu'il l'avait provisoirement adoptée; il doute même que tout Tacide carbonique exhalé provitune directement du poumon. Le passage suivant indique nettement ses idées à cet égard : « Si le gaz acide carbonique, dit-il, qui se dégage pendant l'expiration, était en partie un produit de la digestion, il faudrait attribuer è une autre cause la consommation de l'air vital qui s'opère dans l'acte de la respiration; il faudrait supposer qu'il se forme plus d'eau, soit dans le poumon, soit pendant la circulation, avec quelques parties de notre système, fc

Comme on le voit, Lavoisier avait solidement établi les bases de cette belle théorie; un doit croire qu'il aurait achevé d*en étudier les détails, si la mort ne l'avait empêché de terminer sou œuvre. Son travail n'était pas cependant à l'abri de toute objection, et Ton ne tarda pas à attaquer le siège qu'il assignait à la caiorihcaiion. Lagrange ut judicieusement observer que si cette combustion s'effectuait directement dans le poumon, la température de cet organe ne tarderait pas à s'élever assez haut pour amener de graves lésions. 11 admit alors que dans le poumon s'elfectuaitun simpleéchange de gaz dans le sang qui absorbe Toxygène de l'air et laisse dégager sou acide carbonique. L'oxygène absorbé est eulraiiié par

le sang, el c'est dans les capillaires que. réagissant sur les matériaux du sang, il produit de Teau el de l'acide carbonique' Ainsi s'explique facilenienl l'égale répartition de la chaleur dans le corps, et les rh^ngements de couleur subis par W sang. Celte théorie, adoptée dès sa naissance par la |)lupart des physiologistes, manquait d'une dén.onstration expérimentale, lorsque Sf»allarizani, dans ses recherches pour comhaure les travaux de Lavoisier, vint combler cette lacune.

Spallanzani plaça des limaçons dans une atmosphère complètement exempte d'oivgène, et ne tarda pas à y démontrer la presence de quantités notables d'acide carbonique.

11 tira de cette expérience des comlusions malheureuses, en admettant queracile carbonique exhalé dans la res|>iralion pr;> venait en totalité du tube digestif. Kn 182'^ Edwards reprit les travaux de Spallanzani n arriva aux mêmes conclusions, en expé»> mentant sur des grenouilles et sur dejenn?^ chats. Mais, en même temps, surgissait Jif nouvelle question, déjà entrevue par S;:iianzani, et relative au rôle de l'azote dan> h. respiration.

Pour Lavoisier, Tazole avait un rôleior.! à fait passif, tandis que plusieurs pby>iulogistes avaient déjà observé que ce gaz est tantôt exhalé, tantôt absorbé dans Tade .e la respiration; Edwards constata à sontour les mêmes phénomènes, et admit pour i>'5 expliquer une absorption et une exhaiatioM simultanées, un échange continuel entre l'azote du sang et celui de l'atmosphère. de sorte que, l'intensité de ces mouvements inverses pouvant éprouver des variaiioi.s on constatait un dégagement on une ai»sorption de ce gaz selon les circonsianns dans lesquelles se trouvait Tanimal. .^ou^ verrons plus loin qu*il résulte d'expérie^e:^ mieux faites, que tout animal, dans les loi!ditions |)hysiologiques, exhale coDstaojuieii une petite quantité d'azote.

La nouvelle théorie de Lagrange exigeait une nouvelle démonstration. 11 fallait piouver expérimentalement la présence, dan^e sang, de l'oxygène qui produisait la coiubu • lion du carbone, etde i acide carbonique qu en résultait. Magnus entreprit une séné oc recherches dans cette direction, et e];au)>i a le sang artériel et veineux du cheval et uu veau; il arriva ainsi à démontrer :

1" Que le sang, soit artériel, soit veineui, contient des gaz libres à l'état de simple ();>• solution; ces gaz, considérés dans leurn • ture, sont les mêmes dans l'un et Taulre o;

2** Le rapport de l'oxygène à l'aci^ie laibonique est toujours pluscousidérabled.ns le sanz artériel que dans le sang veineux.

3* L azote est soumis à des variations tr^p étendues pour qu'on puisse tirer des coiclusions logiques.

Tels sont les travaux fondamentaux <] )i ont servi à établir là théorie de la proJiition de la chaleur chez les animaux. Les rtcherches ultérieures dont nous allons ujdi:.-

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tenant dire quelques mots, ont sarlotit servi de vérification aux études que nous venons ifexposer; elles ont élucidéquelques détails iaip^irtants sans doute, mais rœuvre de 1^voisier re^^te intacte dans ce qu'elle a d'essentiel.

Dulong et Despretz reprirent, en 1822, les expériences de Lavoisier pour déterminer la quantité de chaleur produite par l'animaU ei celle qu'il perd dans le même temps. Nous ne saurions entrer ici dans le détail minutieux des appareils employés soit par M. Dulong, soit iiar M. Despretz. Mous dirons seulemiMit qu*il$ ont évité une importante cause dVrreurqui existait dans les travauxde Lavoisier. C'est ainsi qu'au lieu de faire séparément les déterminations de la chaleur perdue et de la chaleur produite, ils ont opéré par une luéme expérience.

Nous donnons ci-après les résultats obtenus [lar ces deux expérimentateurs, en y apportant toutefois des corrections essentielles in<liquées par M. Gavarret. C'est aiusi que lU. Dulong, comme M. Despretz, a adopté des nombres trop faibles pour représenter la chaleur de combustion îlu carbone : c'est ce que démontrent les nouvelles recherches de MM. Favre et Siibermann; M. Gavarret a introduit ces nouvelles données dans le calcul des expériences que nons allons citer; il est arrivé aux résultats suivants :

Si Ton représente par 100 la quantité de chaleur perdue par Vanimal dans un temps donné, la quantité de chaleur produite dans le même temps par la combustion du carbone êeuUment est représentée par les nombres suivants :

lÉSULTATS OBTENUS PAR DULONG.

Cliat de î mois, l'bat de 9 mois.

Chai de 3 mois.

( hai de t mois, ihalde 4 mois, (iiifo de 45 jours.

(bi^odeSOjours.

Chieu de bO jours.

iu<bon dMfide \ieux. t'^iboh d Iode.

tK'hoo 0* Inde jeune ispio de 4 mois.

uc( erelle.

Crécerelle, rigeofi.

kapin de î mois.

SSojenne générale.

Bvatualion de IhUotig.

72,9 calor.

EiMluadon corrigée.

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