III. Les tissus nommés par M. Robin, tissus
constituants, se reprodnisent avec moins da facilité que les précédents, parce qu'ils sont plus composés. Lo tissu adi))euic 5e reproduit sans peine; la cornée répare plusieurs de ses lames; il se forme, par reproduction du tissu celluleux, du tissu séreux, du tissu fibreux, mais la peau, les muqueuses reproduites diffèrc^nt des parties normales; elles sont moins complètes et manquent plus ou moins de certains de leurs éléments constitutifs ; la reproduction des vaisseaux capillaires, ou même un peu plus volumineux, est fréquente; on a observé plusieurs fois du tissu nerveux et même dans quelques cas du tissu musculaire de nouvelle formation; quant à la. reproduction des os, h leur réparation, elle est bien connue surtout d'après des travaux récents.
En résumé, pour bien résoudre et bien comprendre les questions de ce genre qui réclament de nouvelles recherches, il faut tenir compte des agents sécréteurs de certains éléments et de la complexité dei»
tissus.
Divers animaux reproduisent des membres entiers, pour d'autres, un fragment donne naissance à un être semblable h celui auquel il a été enlevé. Ce que l'on co.^'.state chez les polypes d'eau douce est surtout remarquable. Les études du professeur Rouget ont montré que la composition anatomique de ces animaux, leur reproduction par scissiparité sont beaucoup moins simples qu'on ne le croyaitKSoc. biol. 1S52). La science est encore loin d'être Bx<!*e sur tou» ces points.
On peut voir, par ce qui précède, comment les actes de digestion, de sécrétion, de nutrition, de réparation, de reproduction, etc., s'enchatneni, se rapprochent, se fondent ensemble par nuances. L'assimilation nutritive la plus co.oplexe est une sécrétion suiviu d'une élaboration plus profonde; la désassi* milation nutritive est une sécrétion préparatoire; dans les sécrétions plastioues il y a des assimilations nutritives, dans les sécrétions non plastiques et excrémentitielles il yadesdésassimilations,etc.On trouve aussi des digestions dans les nutritions et les sécrétions, des sécrétions dans les digestions, etc. Tout cela se rattache aux loisTarges et uniformes de la force plastique oubliée et méconnue pendant longtemps et aue l'on étudie aujourd'hui de tous c&tés (48t}.
URINATION. — L'urination a pour but l'expulsion de matériaux généralement solides^ devenus impropres à Ta nutrition; c'est
(481) Noos avons fait à plusieurs reprises, à Sinsboorg et à Montpellier, uue série de leçons sar le forée plastique; quelques-unes des idées ^ae Boes y avons exposées se retrouvent dans thèmes soutenues à Montpellier; roy.
donc une fonction importante ; comme la digestion et la respiration, elle est indispensable à l'entretien de la vie.
entre autres la thèse de M. Bringnier, Jeune docteur très-distingué de notre école, sur la force plastique. Ce sujet sera traité avec détail dans h Pkyiioto§i$ médicale.
URl
URI
Cette fonction s^exécule au moj^en d*un appareil particulierv appareil urinaire, dont la strocture ei la texture spéciales le distinguent des autres organes glanduleux.
On considère dans cette fonction quatre actes principaux: Tacte rénal» Tacle d*excrétion des urines, Tacle Tésical et Tacte de miction.
Article !*'• — Acts rénal.
Uacte rénal est Tacle dans leque. se produit riiumeur excrémentitielle qu'on appelle urine (Bbràdd).
Plusieurs organes concourent è la formation de Turine; ce sont les reins» les veines, les artères et les capsules.
I !•'. — Des reittt.
Sans avoir h m'occuper ici de Tanatomie du rein» je dirai cependant que cet organe» plutôt parenchymateui que glanduleux» se compose de deux parties bien distinctes : la substance corticale» et la substance tubuleuse. La première est formée par de petites granulations appelées corpu$cule$ de Jfa/* pighi: dans la seconde on rencontre des tu- Les plus ou moins nombreux appelés urini' fires. Voyons maintenant quelle est celle de ces deux parties qui sécrète Turine. Avant d'examiner cette question, je crois qu'il ne sera pas inutile de rappeler d*abord quelques expériences qui tendent è prouver que le rein joue le rôle principal dans la fonction qui nous occupe. Galien, ayant lié un des uretères sur un animal vivant, vit l'urine s'aixumuler au-dessus de la ligature et suspendre de ce côté sa course jusque dans la vessie; il élablit simultanément la ligature sur les deux uretères» et la vessie ne reçut plus d'urine ; enfin» quand il eut fait la section de ces deux canaux» il constata que le liquides'épanchaitdans la cavité péritonéale. Ces expériences répétées par Mayer et ajoutées h celles de Galvani sunt certainement sufGsantes pour prouver que le rein est l'organe sécréteur de l'urine. Cela posé» revenons è notre première question. Les opinions des auteurs sont à ce sujet bien diverses : les uns croient que les corpuscules de Mal pighi sont le siège de la sécrétion urinaire, et que les tubes urinifères sont chargés de conduire l'urine dans les calices et le bassinet (Sghumlansxy) ; les autres» et c*est le plus grand nombre» veulent que ce soient les tuyaux urinifères qui sécrètent l'urine par leur extrémité.
S II. — Rôle de f artère.
L*arlère rénal en pénétrant dans le hiledu rein» se divise en plusieurs branches : deux antérieures qui le traversent d'avant en arrière» et deux postérieures qui le parcourent d'arrière en avant» de manière i enrouler la veine rénale. Les branches ne tardent pas elles-mêmes à se subdiviser» et de ces subdivisions partent de peliles artérioles qui» pénétrant dans la substance corticale entre les pyramides de Ferrein, diminuent de plus eu plus de volume et forment les granula*
tions» qui constituent les corpuscules de Malpighi. Arrivée le» l'artère se divise en deux ou tro)S branches qui se répandenlsur la surface du corpuscule, tandis qu'elle envoie des rameaux dans son intérieur , d'où ils ressortent encore plus petits. D'après cette disposition, la circulation artérielle est retardée, et la sécrétion de l'urine qui a lieu à la surface du glomérule, se trouva ainsi favorisée. L'artère rénale a une |)arl incontestable dans la production de l'urine.
I III. — Des veines.
Chez les poissons il exi^te une veine-porte rénale qui» par sa disposition, doit contribuer à la sécrétion urinaire. D'après les travaux de H. Jacobson, cette veine-fiorie rénale existerait chez les batraciens, les reptiles et les oiseaux. Pour les mammifères, les choses sont bien différentes. M. Tl. Brnard pense que . la veine cave a deux usages : celui de porter le sang au cœur et de le rapporter par reflux aux reins, en sorte qu'ici la veine cave remplirait le rôle de veine-porte rénale. Pour prouver qu'il en <*si ainsi, M. Cl. Bernard s'appuie sur des fais qu'il • observés lui-même. Il dit que des substances introduites dans l'économie peuvent ne parcourir qu'une partie du cercie circulatoire avant d'être éliminées; ainsi du prussiate de potasse introduit dans festomac est absorbé et amené dans le foie par la veine-porte, puis, au moment de la coniraetion des oreillettes, il s*opère un reflux è !a suite duquel le prussinle de pota<^se, au lieu de monter dans la veine cave, pénètre dans les veines rénales et est éliminé par Ifs urines.
Cette observation serait contirmée par la disposition anatomique de la veine cave du cheval. Il existe chez cet animal, k la jonc* tion de cette veine avec la veine rénale, une valvule qui s'opposerait à ce que le reflux se fasse plus bas que le rein.
Pour s'assurer du rôle que joue la veine rénale dans la sécrétion de l'urine» il suilit, d'après M. C. Bernard, d'ouvrir Kabdoinen d'un animal» de lier la veine et de vo r si la sécrétion continue. Cet habiJo physiologiste a fait souvent celte expérience; il a vu toujours l'urine continuer è couler; mais en liant l'artère, le cours de l'urine n'avait plus lieu. Toutefois il ne faudrait pas conclure de là que. les faits observés par C. Bernard n'aient aucune valeur. Parmi eux, il en est qui sont parfaitement démontrés; pour que le reflux se produise» il faut se trouver placé dans certaines conditions spéciales. Kn somme la veine concourt pour sa part à Ki sécrétion urinaire, dans des proportions variables avec l'espèce» etc.
Quant aux capsules surrénales» le rie qu'elles jouent dans la sécrétion urinaire, est un rôle double : il est mécanique et chimique.
i IV. — De rurim.