Phénomènes de la circulation capillaire
La circulation capillaire est répartie dans ^'S deux grands systèmes circulatoires, et e divise naturellement en circulation cai Maire générale et pulmonaire. La grande nalogie qui règne entre ces doux systèles nous permet de les étudier simultanélent.
Les vaisseaux capillaires, ain^i que nous avons vu, possèdent un diamètre bien auement ténu que celui des cheveux dont ils nt tiré leur nom ; aussi les phénomènes de I circulation capillaire échap|»eraient*ils >nstamment à la puissance de la vue imlédiate, si celle-ci ne s'aidait de l'emploi a microscope. Pour bien observer cepeniDt, le grossissement ne doit pas dépasser Mit diamètres : l'usage d'un objectif plus npIiGaot donnerait au cours du sang Vapirence d'une rapidité extrême très-iiicomode pour l'expérimentjiteur. Cette étude i f.tit principalement sur les |)arties Irans* ironies des animaux vivants, la membrane
interdigitale, les poumons, le mésentère, la vessie des grenouilles et des salamandres, les ailes de chauves-souris, le mésentère et la vessie de jeunes rats, les |H>cbes à air des oiseaux, et tous les oi^anes plus ou moins diaphanes des embryons de mammifères, d'oiseaux, de reptiles, etc. On préfère ordinairement la grenouille en raison du
[>lus grand volume de ses globules, donlU ong diamètre est d'environ 0,02.
Soit donc une de ces parties convenablement disposée sur le porte-objet du microscope ; alors, dit Ph. Bérard à qui nous empruntons ce passage, le plus merveilleux spectacle se présente aux yeux de l'observateur. Ici, des torrents de globules traversent, avec une vitesse sans égale, les capillaires artériels; ailleurs les capillaires veineux ramènent des flots de ces globules, pendant que, sur le fond du tableau, se dessine un réseau de petits courants où circulent, un à un, des globules moins ra-
Kides dans leur course que les précédents, e célèbres micrographes, de grands physiologistes, Haller entre autres, ne pouvaient se détacher de cette contemplation, dans laquelle ils s oubliaient pendant des heures entières.
Mais avant de donner une description plus détaillée de ce tableau, il est nécessaire d'entrer dans quelques consitiérations préliminaires relatives à rintluenco purement statique des capillaires, résultant do la constitution même de ces vai.sseaux, et de leurs dimensions.
Dans des recherches expérimentales sur le mouvement des liquides dans des tul)e8 de très-petit diamètre, M. Poiseuille a établi trois lois confirmées par les expériences ultérieures de plusieurs physiciens. Ces lois sont : 1* pour le même tube, les quantités d'eau écoulées dans le même temps, sont proportionnel les aux pressions; S* les quantités d'eau écoulées dans un mèiue temps, sous une même pression, hune même température, i travers des tubes capillaires d'un même diamètre, diminuent pro- SK)rtionnellementè la longueur de ces tubes; I* les produits de l'écoulement, dans un inéme temps, sous une même pression, a une même température, h travers des tubes capillaires d'une même longueur, sont entre eux Giiinnie les quatrièmes puissances des diamètres de ces tubes. Cette dernière loi, dont l'étude rentre plus particulièrement dans notre sujet, se fera mieux comprendre par un exemple numérique ; Supposons un tube extrêmement fin, d'une certaine longueur et d'un certain diamètre , donnant passage sous une pression, une température déterminées, et dans un temps connu, à 32 centigrammes d'eau ; un tube de même longueur, sous la même pression, è la même température, dans le même temps, et d'un diamètre moitié moindre, donnera
Eassage à une quantité de liquide qui sera la première comme I^ :2^ ou comme 1 : 32, c'est-à-dire qu'il ne donnera lissage qu'à un centigramme d'e&u. Il est facile de corn-
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éloignées da eoror» è ce que la rénnton des dilatations des taisseanx qui précèdent les capillaires» est probablement en grande partie suffisante nonr receroir la iaible quantité de fluide qu y pousse chaque contraction des ventricales. a ce que les parois vascu* laires enfln « indépendamment de leur ^ mjotililéf agissent sans cesse sur le sang ' par leur élasticité, à la manière des ressorts qui» frappés par uneforce intermittente, prodoisent des efforts continus. L'expérience de tous les jours démontre d'ailleurs sura« bondamment le fait : dans toute blessure qui n*int4resse que les vaisseaux capillaires, on voit le sang sortir soit sous la furme de goutte, soit en nappe, et dans tous les cas il s*écbap|ie d'une manière parfaitement uni-^ forme. Mais il n*en est plus de même dans les capillaires très-voisins du cœur chex tous les animaux, et dans le système capillaire entier chez les animaux très-affaiblis. Les pulsations deviennent d'autant plus sentililea que Tad^nauiie du cœur est plus pro<* noncée. On voit alors, è chaque contraction de cet organe, les globules avancer comifie |iar secousse, pois tous rentrer en repos pendant la diastole. Enfin, dans un degré Hns marqué encore d'affaiblissement. Tas globules ne mardient è chaque systole que pour rétrograder ensuite. Ce mouvement de va et vient connu sous le nom d'oscillation, s*ob$erve dans une foule de circonstances, et tient h des causes très-variées : il est produit dans le cas dont nous parlons par l'insuffisancedelacontractionventriculairea surmonter complètement les obstacles qui s'op- ]K>sent k la progression du sang. L énergie des battements du cosur peut dans certains cas, par son exagération, rendre saccadée la circulation c-apillaire : on peut le constater facilement sur la grenouille, lorsqu'on )a pince et que la douleur fait rontracter son cœur avec violence. D'après ce que nous venons de dire sur l'influence du voisinage du cœur, il est vraisemblable que la circulih tion capillaire du poumon présente des puls.itrons; il est probable aussi que pendant l'inspiration le sang|»asse plus vite que pendant Vexpiration, cequi établirait ici,du moins li'après I analyse rationnelle, une tendance i un uiouvement saccadé spécial h (^t organe. La vitesse des courants capillaires (>aralt excessive. Le champ du microscope en effet rrembrasse qu'un point très-ci rconscrit de \a rirrulatlon, auquel il donne une étendue Tacttce, et la rapidité du cours du sàuf se trouve exagérée en pro)>ortion du grossissement. Cette vitesse est d'autant moindre que les canaux sont plus exigus : elle est plus grande dans les capillaires artériels que dans les capillaires veineux, et les angles et les ^ourtiures de ces vaisseaux n'ont aucune i*:tion bien sensible sur elle, ce qui ressort le la loi établie p«ir M. Weissbacb, et énoncée ci -dessus. Les globules situés près du ;t«iilre du vaisseau, sont entraînés par un uouvement plus rapide que ceux qui sont r«ii«ins de la circonférence. Enfin le routant le ruerait |ias beaucoup plus accéléré dans
les séries de ^os capillaires que dans les séries de capillaires moyens. «Quant aux vaisseaux les pins déliés, la lenteur du sang y est caractéristique. C'est en faisant intervenir la couche adhésive de sérum, ainsi que nous l'avons vu, que M. Puiseu^le a cherché à rendre com|)te de toutes ces inégalités do vitesse.
I IV. — Cauttêdeia eireutation dans ie$ eapiiiaires.
Cette qoestion, qui a soulevé tant de controverses, (Mirait maintenant en voie de solution définitive. Depuis la découverte de la circulation t deux camps opposés s'étaient formés , professant exclusivement , l'un • romni(K>tence du cœur; Tautre, l'action vitale propre des vaisseaux. La majorité des physiologistes s'est actuellement ralliée à nne opinion mixte qui consiste k admettre les deux influences à la fois. Nous étudierons donc parmi ces causes : Taction du œur, des artères, des capillaires, quelquefois de la pesanteur, de Tinspiration, et de diverses compressions.
L — Influence do cœur.
Harvey, Haller, Spalbnxani, ont proclamé ai bant cette influence comme absolue, qua leur doctrine a eu longtemps force de loi dans la science. Quelque vive qu'ait été la réaction amenée par cette donnée par trop exclusive, il e.«l impossible, dans l'état ac^ tuel de la scienee, de refuser tine part légitime au cœur comme agent moteur du sang daus les capillaires, surtout en tenant compte du principe de M. Poiseuille, que la circuliftion est pulsative dans les veines sous l'influence de la systole. Les saccades, imperceptibles à la vérité h l'état ordinaire de la vie, peuvent être mises enévidencedans diverses occasions. Si l'on dispose la membrane natatoire d'une grenouille pour l'observation microscopique, et si Ton vient k iutercepter \)êr nne ligature le cours du sang dans Tarière crurale en laissant la veine libre, les autres parties de la cuisse étant convenablement liées, la vitessb des globules est immédiatement diminuée^ et ce ralentissement progressif est tel qu'au bout de quelques minutes tout mouvement a cessé.
Aussitôt qu'on lève la ligature, les globules de tous les points observés sont lancés brusquement sous l'impulsion du sang que le cœur envoie tout k coup k travers l'artère crurale. L'influence de la projection du cœur est, comme on le voit, presque palpable. L'analyse rationnelle d'ailleurs suffirait, k défaut d'expériences aussi probantes. Il est clair que la tension du sang k l'extrémité des artères doit avoir pour résultat forcé d'introduire ce liquide dans les canaux, quels qu'ils soient* qui communiquent avec les vaisseaux; or ne savons-nous pas que la tension du sang est déterminée pri^sque en totalité par Taction du cœur, et se règle dans ses variations alternatives sur les mouvements rhytmiques et sur l'énergie de cet organe? Il ftut donc admettre que non-seulement te cœur contribue puissamment k la
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