‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 332 sur 340 · Cura fkiata · texte numérisé non relu

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Buchan, de pain grillé» de btscuil de mer, de viandes et de gelées, de végétaux aromatiques et stimulants. A ce régime, on joint Tusage de médicaments spéciaux variant avec Tétat morbide.

Hunter a préconisé le régime arabique associé au sucre, après le traitement mercuriel de la syphilis constitutionnelle; il assure en avoir retiré de bons résultats. (Trad. Richelot, tome II p. 610.) On a guéri des hydropisies, ))ar I usage exclusif du sucre ILuixiBa WitisLow (510*;]. —M. Chosaat assure que lo sucre favorise dans certains cas la production de la graisse et produit la constipation, tandis que dans d'autres cas il augmente la sécrétion biliaire et donne lieu à la diarrhée. Le lait amène des résultats analogues. (Nous reviendrons sur ce sujet dans la Physiologie médicale.)

Chapitrb llli — De l^uabitude.

I I. — Dé C habitude en général.

Tous les actes de la vie, toutes les fonctions sVxécutent dans Tordre que la nature leur a trscé, ou ne s'en écartent que par exception et dans d'étroites limites. Ainsi lo rein ne sécrète que de Turino, Tappan'il de la digestion seul digère et Ton ne peut le remplacer par un autre pour produire cea phénomènes.

Il n'en est pas de même quand il s'agit de quelaues particularités accessoires è lactf) ou k la fonction, car, par une sorte d'éducation longtemps prolongée, on arrive à modJûer ces particularités, sans toucher à ce que la fonction présente de fondamental. Sans doute» nous ne changerons pas la digestion, utais nous pouvons parfaitement assujettir l'estomac à digérer à une heure déterminée, remplacer cette heure par une autre et nous y accoutumer, etc....

L'habitude ou consuétude, contuetudo^ est donc la répétition ou la continuité longtemps prolongée des mêmes actes ou des mêmes impressions, ou bien elle exprime les résultats de cette répétition ou de cette continuité (511 J.

11 no faut pas confondre cette déflnition avec celle de l'habitude, AaAi/uf, considérée philosophiquement ou au point de vue clinique. Dans cette dernière acception, ce mot désigne tout ce que Textérieur du malade présente à l'observateur, et n'est pris que dans le sens d'un tableau symptomatolo* gique. Quand l'habitude est déOnitivement contractée, elle se lie si bien i nous qu'elle devient une seconde nature, et pour la

(510*) Cet auteur raconte que Garnirr« médecin à la Guadeloupe , avait guéri par le sucre seul un grand nombre d'hydropisies. Atteinl lui-même d*iiydrolhorax, d*ascite , et de lciicon''gmasic , il s*en délivra, après 8 ou iO mois, par le même mo^eii. Il en viut à con&omnier par )our plusieurs livres de sucre bnit. (Fbjf. aussi les observaitons d*AN- »aAL.)

(51 i) Ârîslole appelle consuétude, coutume ou accoutumance, bien diflérente de Vhabilu»^ tÇI;, le principe en vertu duquel nous faisons avec plaisir

DlCTlONN. PB rHYS10L0CI£«

rompre, il faut autant de peine qu*oo en a eu (»our l'obtenir.

Tout en admettant cotte ténacité, nous n*en exagérons cependant pas Timportance comme certains auteurs, d'ailleurs fort recommandables, le fout dans leurs ouvrages ; pour eux la nature ne serait qu'une première habitude, et les organes n'exéouleraient leurs fonctions que d'après ce princi|.c.

Le point de dépnrt de l'habitude est dans l'aptitude que nous avo! s à nous plier aux nécessités extériebres do l'existence : elle forme, selon M. Michel-Levy (Traité dHygiène^i. 1), le lien de l'homme avec le milieu dans lequel il doit vivre; ajoutons, avec F. Bérard [Doctrine des rapporté du physique et du mara/), que l'habitude est une loi à laquelle sont tournis l'organisme vivant aussi bien que les fai ultés inoiales.

hk^ la naissance, elle s'associe aux i:reroiers mouvements de Tenfant. — « Nous sentons presque en naissant, dit Dumas {Principes de physiologie, t. IV), l'influence de l'habitude, et nous avons besoin de ses leçons pour employer les forces dont l'exercice nous est promis avec la vie. Nous ne proQtons des objets qui nous environnent que lorsqu'elle nous en a indiqué l'usage; nos membres ne se meuvent que lorsqu'elle on a préparé l'action, et nous ne savons efiectivement vivre que lorsque ses instructions répétées nous Tout appris. »

L'habitude prend donc l'homme au berceau pour ne le quitter qu'à ^a mort : elle acquiert par conséquent des forces avec l'Age, ne serait-ce que par le retour continuel des mêmes actes et des mêmes impressions.

Charron, dans son Traité de la sagetsey la représente comme une puissante et impé* rieuse maîtresse qui plante a la dérobée et comme insensiblement son autorité par un petit, doux et humble commencement, et qui découvre puis un furieux et tyrannique visage contre lequel il n'y a plus de liberté de hausser seulement les yeux. — Fontenelle rendait hommage è sa puissance quand, en entendant parler de l'habitude comme d'une seconde nature, il demandait : Où donc était la première 7

Nous jetterons un coup d'œil d'ensemble sur ce mode physiologique si important, en laissant de côté une inGnité de détails dont l'examen nous entraînerait trop loin.

S 11. — Résultats de Chabitude.

Tous les organes, tous les actes de Técnnomic sont soumis k l'empire de Thabilude,

et avec facilité certains actes par cela seul que nous les avons déjà faits souvent. Cest une manière d*étre qui a passé pour ainsi dire en nature, car il n*y a rien qui ressemble plus à ce qui se fait toujiMirs que. ce qui se fait souvent. Anatole établit aussi que les mœurs se lient étroitement avec la consuétude ; sous ce point t!e \ue, les mœurs sont surtout des coutumes relatives au plaisir on à la peine, ou à Fusage que nous en faisons, et él" pendient spécialement des habitudes contractées. (Voy, la Psychologie dWusTOTE, son Ethique^ etc.)

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DICTtONNAIRE

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mais ils ne le sont pas au môme degré; il ftu est quelques-uns qui semblent presque s'y soustraire. Tout ce qui a été rattaché à la vie ganglionnaire en est moins susceptible; aussi Bichat déclarait-il, en exagérant ce principe, que la vie cérébrale et ses fonctions pouvaient sébiles contracter des habitudes (512). Plus on descend dans Téchelie (lesêlres, plus les habitudes deviennent rares ei difficiles; chez les animaui inférieurs, on n^observe guère que des instincts qui n'ont besoin ni d*hnbilude ni d'éducation; néanmoins on peut les dresser encore. On a pu dire en général que, plus la vie cérébrale arquiert de supériorité, plus Tititelligence est développée, plus aussi les habitudes augroe:itent en nombre, et plus aussi elles prennent de Tempire. Néanmoins l'habitude est très-

fmissantechez les animaux, et l'homme peut a dominer par sa volonté.

Etudions un peu les résultats de Thabitude : « Si nous les recherchons dans les sensations de conscience, nous trouverons coQime expression, si ce n'est cofistante, du moins générale des faits, cette loi que^ par l'effet de leur répétition ou de leur continuité, ces sensations, quand elles ne dépassent pas les limites de notre réceptivité, s'^fuoussent et se dépouillent du sentiment de plaisir et fréquemment du sentiment tle douleur qui les accom|)agne. Mais en même temps, dans le cas où elles sont l'objet de notre attention, elles donnent lieu à des perceptions mieux déterminées et plus distinctes. C'est dans ces termes que doit être admise la projiosition si controversée de Bichat, que le sentiment est constamment émoussé par l'hiibilude, tandis que le jugement au contraire lui doit sa perfection. » (Parlier.)

Les effets de Thabitude sur la sensibilité de conscience se retrouvent dans ceux qu*elle produit sur la sensibilité purement vitale.

Quant aux mouvements, nous voyons qu*ils deviennent plus faciles, plus libres, par leur répétition; ils exigent moins Tat* tention de la volonté, de même que les causes d'impression attirent moins celles de la sensibilité, et produisent cependant des perceptions plus distinctes. Quant aux mouvements, ils ont fourni à Stahl les éléments de la déttnition qu'il a donnée dans sa Thco" ria medica vera : — Describo autem consuetU' dinem quod Ht promptitudo certa (am ad snscipiendas quam de renier exercendas rcrrias acliones. Celte définition peut s'appliquer soit aux mouvements volontaires, soit a ceux qui ne sont pas soumis à son influence.

Considérée dans son principe initial, Thabitude acquise so présente comme consé-

(512) L*babitude se rapporte aux facultés vitales et intellectuelles, mais non aux forces phvsiqucs : riiibitude, ainsi qw on Ta dit, ne latte point contre

mouvement, mais elle ne peut en ()reiidre| l'initiative. !

Ceux| qui ont établi que les actes de la vie ganglionnaire sont peu soumis à l'babitude, ont reconnu pouilant que l'absorption digesti ve peut être accoutumée à s'exercer sur certaines substances qu'elle repoussait d'abord, telles que certains gaz, certains miasmes dont elle s'emparait d'abord diili- •cilement. Ce sont surtout les sécrétions qui jouissent au plus haut degré du pouvoir d'être placées sous Tinfluence de i'babitude. Ne sait-on pas que nous pouvons asservir k une espèce de périodicité les sécrétions de la bile^ dH sperme, de l« salivetCes faits parlent d'eux-mêmes.

Ofi |>eut montrer aiséBoent eoiDbieo les actes sensitifs, intellectuels, moraux sont dépendants des habitudes; il suffit pour ceU de rapporter quelques faits connus de tous ei d'invoquer l'expérience de chaque jour.

La sensibilité générale peut être revêtue d'une susceptibilité maladive ou profondément émoussée, selon qu'elle est ordinairement surexcitée comme chez le petit matirev ou rudement exercée coiiune chez les ouvriers et les campagnards. L'un s'babilue, par l'exercice, a supporter sans peine les impressions du froid; l'autre, celles de la chaleur, ou les variations de température. Ce sont surtout les sensations spéciales qui se trouvent eu perverties ou agrandies parce mode pb)[sio1ogique. Ainsi le soldat s'endort au milieu du bruit du canon, l'industriel converse sans embarras et sans distraction au milieu des mouvements confus des machines. On cite quelques hommes de lettres qui ne peuvent composer un travail sérieux qu'environnés de tumulte, d'autres oui ont besoin de calme et de recueillement, te que nous venons de dire de l'ouïe est encore vrai pour Todoral. Le vidangeur vil dans l'atmosphère des égouts , aussi bien que le parfumeur au milieu des odeurs suaves et pénéirantes : l'un et l'autre sont devenus presque insensibles par l'effet de l'habitude. Par une sorte de contradiction, que peut seule expliquer l'adhésion active que le système vivant accorde à robjet de la sensation, à mesure que celle-ci s affaiblit ou que la tolérance se développe, il s'étnblrt fré(|ucmment un besoin, une appétence qui rend indispensable Tobjet de la sensation. Citons h ce propos le fait, raconté par Sanctorius, d*un criminel dont la santé réclamait l'air infect du cachot où il avait été longiemps renfermé. Nous lisons encore dans VEncyclopédie ^ l'histoire d'une inGrmière de rUûtet-Dieu qui était, dit-on, atteinte de la lièvre, toutes les fois qu'elle allait, au dehors, respirer une atmosphère plus pure que celle de cet hôpital dont les conditions de salubritf étaient loin d*être hygiéniques.

Le goûl^s'accoutume partaitenient h sup-

les effets d'un corps tranchant qui Hîvisc^ nî d^nn kcidc concentré qui inoriiGe.

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lM>rter dos saveurs fortes el Acres : chez

aoeiques personnes, c*esl même un besoin os plus impérieux. Par Péducation, on amène ce sens.è un ici degré de perfeclion, qu*il est des hommes qui discernent, à son aide, non-seulement les nombreuses qualités du vin, mais encore son Age, son terroir, etc. Quelle n*est pas la délicatesse du toucher d^ns ceux pour lesquels il remplace les autres sens; chez les sourds et les aveugles, qui apprécient, par son secours, dans une foule ilo nuances intimes, les qualités physiques des corps? L*habitudc fait que rœil s* accoutume peu à peu à voir au milieu de l'obscurité d'une prison ou d*un souterrain, de mémo qu'à apercevoir les objets k une très-grande distance.

Nous serions entraînés bien loin si nous voulions examiner le pouvoir de rkabilude sur les facultés intrllectuelles et morales. Cependant nous ne devons point |3asser tout à fait sous silence cette importaute question.

On peut admettre d'abord que, sans elle, ces facultés resteraient presque enfouies et se développeraient peu. Elles doivent tout è réducation, (jui les agrandit, les dirige; mais l'abus, I excès peut les nffaiblir et les éteindre. Pour ne parler que de la mémoire, nui ne connaît pas sur elle l'inQuonce de 1 habitude? Les premiers roots d'un vers, pour employer un exemple déjà présenté )ar Erasistrale, au témoignage de Galion, Gal. De confHfludine}, rappellent involontairement à celui qui le sait les mots qui le terminent. Par une longue habitude, nous pouvons faire naître, exciter ou combattre nos passions I les développer et les conduire.

Passant è un autre ordre d'idées, nous rappellerons que les forces musculaires s'accroissent prodigieusement par un exercice souvent répété. Elles acquièrent une .igîlité, une précision, une adresse qui nous étonnent toujours quand nous admirons les tours de force et d'adresse des danseurs, des saltimbanques, des lutteurs et les mouvements des doigts dans l'exécution de certains morceaux de musique. L'habitude enseigne même aux estropiés à suppléer aux membres qui leur manquent par I usage d*autres membres. Ainsi les pieds rem-

f ^lacent les mains; la langue, la bouche; les èvres arrivent quelquefois è suppléer les doigts (513). (BaACHBTJ. La voix est encore susceptible d'acquérir toutes sortes de développement par l'habitude. Malgré les dispositions à l'art oratoire et l'organisation musicale du larynx, on ne parvient ))uint, 5ans un travail habituel de Touïe et de la voix, h être ni un orateur ni un chanteur complet.

On peut admettre, d'une manière générale,

qu'on est d'autant plus a^teà contracter des

habitudes qu'on est plus jeune el qu'on n'en

a aucune.

Il est à remarquer que la femme, qui par

sa nature est plus impressionnable que l'homme, y est aussi beaucoup plus disposée.

Les individus doués d'un tempérament lymphatique sont ceux que l'habitude in- Ûiicnce le plus : les gens nerveux en changent le plus facilement; lo tempérament musculaire est celui qui y résiste le plus : i le bilieux en change le moins.

Les organes sont susceptibles quelquefois de s'habituer à telle ou* telle chose par suite de la répétition de certains actes. Ainsi l'obscrvatiou démontre qu'une femme qui a avorté à plusieurs reprises peut parfaitement redouter le même sort dans les grossesses suivantes.

Tout le monde sait que l'économie s'accoutume è Taclion de certains médicaments» et que, par suite, leur puissance décroît ou s'éteint. Lamarck, Lallemant et d'autres au* leurs, combattant l'opinion de Ouvrer, pensent que l'habitude nourrait transformer les espèces et que, par la domesticité, il serait possible d'apprivoiser les animaux féroces. Les naturalistes n'ont probablement pas assez vu que l'habitude est surtout individuelle, et qu'elle se transmet difficilement, incomplètement par hérédité. On peut bieUt il est vrai, rendre fort doux tel ou tel animal, qui ne Test point dosa nature» mais les petits de cet animal seront encore cruels et voraces. Il est des instincts cfui se perdetit |)iu : le problème nous parait insoluble pour certains animaux è caractère extrême (lion, tigre, etc.).

En poussant plus loin ces réflexions, on ])eut avancer que d'une espèi^e essentiellement herbivore on ne fera jamais une espèce absolument Carnivore, et réciproquement. Les faits sont \h pour appuyer cette assertion, qui est en somme une loi de la nature.

§ lit. — Influence de fliabitude iur les maladieu

Présentons quelques considérations générales touchant rintiuence de rhabitude sur les maladies (Voy. M. Parubb, Sur l'habi' tvde (Concours d'agrégation^ iS^k).

Galicii, dans son Traiiéde Vhahitude, cite le passage du Timée dans Iciuel Platon engage h exercer les puissances dont notre corps est animé, de manière à ce qu'elles associent dans un degré modéré les mouvements auxquels elles président. W (lose la loi que Tusage donne des forces, mais s'élayant des renseignements d'Hippocrate» il ajoute que l'usage ne doit pas amener la fatigue, etc. Il résulte de là, qu'à côté de l'emploi modéré des habitudes se trouvent leurs excès. C'est alors que le médecin doit intervenir, en considérant le sexe, l'Age» io tempérament du malade, car cette influence varie suivant les dispositions particulières aux sujets. Cela nous expliuue comment un mémo modificateur habituel peut détruire la spnlé chez l'un, la respecter chez l'autre, et même, chez un troisième, devenir néces*

(513) Voy. rrxenipl^ du peintre Ducornel qui |tfignail a\cc les pitds*

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saire pour la roainlenir. Dans ces derniers, Tantogonismeafait place à une relation harmonique.

11 serait un peu long d'examiner comment une influence iiabiluelle peut devenir cause directe de maladie. En général» ces influences peuvent ou exagérer les leraj)éraments, ou dépasser l'énergie des forces générales do Téconomie ou d'un organe en particulier, ou en favoriser la faiblesse» ou bien encore déterminer la formation de la maladie par suite d'uue plus grande activité des prédispositions et des germes morbides.

Citons quelques exemples. L'usage des aliments fournis par le règne animal, associé à des habitudes d'oisiveté, est capable de

r porter le tempérament sanguin au delà des imites de l'état physiologique.

Barthez a signalé les fâcheux effets qu'une vie trop laborieuse fait ressentir aux hommes du peuple. — Leurs forces radicales en reçoivent une atteinte profonde, el une faiblesse relative se cache sous le déploiement trompeur de leurs forces agissantes. Zimmermann Caii remarquer qu'on a vu des gens doués d'un estomac très-faible digérer très-bien, par l'effet de l'Iiabitude, le bœuf et le pain bis.

Les effets de l'habitude n'ont pas échappé au génie d'Hippocrate, ainsi qu'on le voit par exemple dans les aphorismes suivants : « Les personnes faites a supporter des travaux journaliers, les tolèrent, quoique faibles ou A^ées, mieux que des gens torts et jeunes qui n'y sont pas faits. Les choses auxquelles on est arcoulumé depuis longtemps, lors même qu'elles sont moins bonnes 3ue les choses inaccoutuiuées, nuisent moins 'ordinaire; mais il faut aussi fiasscr aux choses inaccoutumées. Les cbangemenis des climats auxquels ont est habitué sont des causes de maladies très-graves. Ce nrincijfe est applicable à tout cbangonient brusque d'habitude. »

Comme corollaire de ce qui précède, ajoutons qu'il convient de resfiecter les habitudes acquises, seraient-elles mauvaises»

surtout chez les vieillards qui ne pourraient se plier h de nouvelles et qui, suivant l'observation de Galion, n'auraient pas le temps d'en recueillir les bienfaits.

Cependant, quand on est obligé d'apporter quelques modifications h ses habitudes acquises, les règles d'une saine prudence exigent que Ton procède peu è peu en ménaseant les transitions, et prenant fiour modèle la nature qui, dans le cours régu-

(544) Evacuer, «<ii remplir, on ëchaiiOer, ou refroidir, ou d'une façon quelcon<|uc troubler le corps avec excès et subitemenl, esi chose dangereuse, et partout Fescés cbt ronncmi de la nature ; mais il esi prudent de procéder par grad^i lion, surlouis'il s'agit de passer d'une chose à une autre. (I1:ppo- CRiTK. Aphorismeê, sect. S.)

(515) Lhabitude fait que l'économie se familiarise souvent avec Faction des médicaments, et devient k leur égard de plus en plus insensible. On connaît Thistoire de Mithridale, qui, voulant se dérober à la puissance romaine, ne put trouver

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lier des saison>s les fond four ainsi dire Tune dans l'autre par d'insensibles gradations (514).

L'habitude fait quelquefois taire la douleur causée par telle ou telle affection ; elle rend moins dangereux le dé?eloppement graduel des allériitiuns organiques. Parfois, elte nous fait conserver les apprences de la santé, malgré la présence en nous de certains états pathologiques. Celle accoutumanee , qui endort noiru sentiment à plusieurs maux, mérite bien que nous la considérions avec Montaigne, comme un très-fayorabtc présent de la nature. Ce|)endant nous avon^ à noter la contre- partie de ce bienfait. £it effet, la maladie contracte elle-même Thabitude de se reproduire.

Stahl a signalé l'influence que Tbabitude exerce sur les héinorrhagies, sur les é|>oques déterminées qu'elles suivent dans leur apparition* malgré les changements qui peuvent s'opérer dans les conditions matérielles de l'organisme.

Cabanis a ajouté que la nature anima>e est singulièrement disposée h Tiinilation, et on peut lui af)pliquerau physique ce qu'il dit du moral, quelle s'imite surtout ellemême, c'est-è-dire qu'elle a un (>enchcnt remarquable è répéter les actes qu'elle a exécutés.

Les fièvres intermittentes se prêtent encore bien à T influence de l'habitude. Grant en parle longuement dans ses recherclk^s sur les fièvres, etc

I lY. — Appiicanoiii thérepeiitûfnes.

« Les vicesdo l'habitude, ditOumas, recorrigent ou par rinlroduction d'une habitude moins nuisible qui se forme aux dépens lie la première et qui peut en distraire la nature, ou par une révolution soudai ne, accon>- [)agnée d'un trouble général, qui ramène 'ordre naturel en détruisant toutes les habitudes contraires. » Telle est la base des indications à romnlir. Les moyens seront hygiéniques, prophylactiques ou curatifs.

C est au médecin k discerner l'appropriation des médicaments.

Il faut toujours prendre en considération le fait suivant : la connaissance de Tusagi: que le malade aura fait de substances méti^camenteuses aura l'avantage de guider le praticien dans ses choix, suivant le degré d'impression qu'il se propose de déterminer (515).

Que denoliccs pi écieusesi recueillir dans

la iDort dans les poisons auxquels il s'était depuis longlenips babitué, el fut oblige de se faire délivrer de la vie par le gl;iive.

Le docteur Mariiii cite le fait d'une fille k laquelle il avait été forcé d'aceorder 2 à 3 gros d'opium p «r jour, dans le but de combattre de viok^nies crises uerveusest. Dans ces cas, faction des luédicsmenis s*a(raibliss:int à mesure que leur action se prolonge, on e>t oblige d*en élever graduellement les doses . d'aulres fois on change la forme sous laquelle il:> sont administres, etc., etc.

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DE FllYSIOLOGlE.

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!5li

et* mode |iliysiologiqi|e qui nous iieul (ous 50US son empire I

L*habitaile joue un grand rôle dans Tédii- CAiion des «nimaux. On ne les instruit pas, mais on dresse leurs instincts, leurs aptitudes s^en^itivo-animales, on les habitue. Comment f)arvient-on h dresser les cbiens savanis, TAne arilhméiicitn^ et tant d'autres animaui qui nous étonnent par les actes qu'on leur fait eiécuter? — Comment avait pu agir Hondekoeter, célèbre peintre d'oiseaux, pour accoutumer un coq à poser devant lui, « à se tenir près de son chevalet, aussi longtemps et de telle façon qu'il le voulait? Cet animal obéissait au moindre mouvement de l'appui-main, et était si bien au fait de cet exercice, qu'il -serait demeuré dans la même altitude des heures entières sans se déranger. » {Vie du peintres FiamandSf par Dbscamps.)

§ Y* — Loi de C habitude comidérée dans ton origine f et dont son étal dHmplatUation,

L*habilude que contracte le système physiologique de l'homme a été regardée par des auteurs très-recommandables comn>e une sorte de faculté. Si la nature humaine eu était privée, dit Gaubius {Pathologie^ traduc. de Sue), il y aurait Irès-peu de per« sonnes qui se portassent bien. En effet Thabitude nous endurcit et nous fait sup« porter, sans aucun préjudice, une^ foule de choses qui sont nuisibles à ceux qui y sont moins accoutumés. Ce fait qu'on appelle toi d'habitude explique comment des personnes valétudinaires, condamnées sans retour par les médecins, vivent souvent durant de Ion* gués années, contre toute espérance.

Envisagée au point de vue pratique, cette loi, d'après M. Devay, de Lyon {Hygiène dss familles)^ doit être considérée particulièrement sous deux chefs.

1* Dans son origine ; 2* dans son étatd'implantation.

L'homme ne devant avoir eu vue que son perfectionnement moral et physique, est obligé de ne s'assujettir qu'aux actes qui ont trait è ses besoins primordiaux. En effet nous savons que c'est par la répétition graduelle et successive ae l'acte qui produit Qne impression sur fa sensibilité physiqueet percevante, que l'habitude nait, croit, grandît et se constitue déGnitivement. (Dbvat.)

En second lieu, on peut, à l'aide d'une bonne hygiène, opposer h Thabilude formée des actes contraires et plus convenables, qni impressionnent, par degrés aussi, la sensibilité; il est aisé de comprendre qu'alors les premières impressions no tardent pas à 8*éteindre. C'est sur cette base, ajoute M. Devay, que repose l'éducation, qui a pour but de corriger et de détruire les mauvaises habitudes, et de leur eu substiiaer de meilleures.

A l'égard des professions, l'homme ne doit abMdonner que d'une manière lente, inseesible, les occupations qui sont devenues une hablrtude cte sa vie. Lorsqu'il veut

les changer, les remplacer progressivement pard*aatres travaux adaptés aux coûts, aux l^encbants, et dont l'exercice doit surtout commencer longtemps avant de laisser de c6té les occupations premières. Ainsi on remplace, par une habitude nouvelle insensiblement acquise, rhabitude ancienne qu*on se propose d'abandonner. (Foy. pour plus de détails un opuscule du D' Martin, do Lyon, intitulé, De l'habitude; il renferme quelques faits pratiques intéressants. Voy. aussi les travaux de stahl et do son écolo.) Les lois fondamentales et la théorie de l'habitude seront traitées avec détail dans la Physiologie médicale.

CUAPITRE IV. — Db L'aÉRÉDlTi.

AftTICLE I" — EsQtlSSR D^UNE ÉTUDE SUR l'hARÉDITÉ.

§ I. — Prétiminaires,

L'hérédité, aussi mystérieuse dans sa cause que la faculté plastique è laquelle elle se lie, est toutefois un des faits les plus généraux, les plus intéressants et les plus évidents de la nature.

L'hérédité n'a pas échappé h l'esprit observateur des anciens, car nous la retrouvons partout depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos iours. Aussi, dit M. Pros- [>er Lucas, les médecins, les philosophes, les éçislateurs, en avaient fait remonter le principe jusqu'aux sources premières de la nature physique et morale de tous les états de santé et de maladie. (Lucas, De rhérédiié. t.L)

Nous l'apercevons tous les jours chez les végétaux, chez les animaiix et chez riiomme, dans l'espèce et dans l'individu.

Sa notion, comme droit, comme témoignage de postérité et de dépendance originelle des descendants, est restée constaoi* ment dans le sentiment unanime, dans le domaine de la croyance universielle. Moïse invoque souvent l'hérédité dans ses livres : ainsi nous voyons, dans la GenisCf Bieu pro-mettre è Abraham un 61s qui naîtra de lui et qui sera son héritier. Il lui dit : Leveti les yeux au ciel et comptez les étoiles^ si vous pouvez : votre descendance les égalera en nombre. {Gen. xv, k, 5.} Dans le LévUique^ nous lisons que Dieu impose à son peuple i'nbli^ation de ne point se conduire selon les lois et les coutumes des autres nations; il lui donneen héritage laterredes peuples où il veut les établir, et dont il les séparera, afin qu'il soit particulièrement à lui et qu'il reste

Cur; il lui recommande aussi de séparer les êtes pures d'avec les impures au moment de la fécondation, afin que les souillures ne se perpétuent pas des unes aux autres. (lavit. XX, 23.25»}

Nous pourrions encore emprunter d'autres citations aux Livres saints, et montrer de plus en plus, ainsi que nous l'avons fait plu^ sieurs fois, que c'est une source féconde de science et de sagesse, où sont venus puiser les philosophes, les législateurs, et les moralistes de tous les temps.

L'établissement des castes^ la prohibition

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des rapports intimes entre elles, la nécessité pour les enfants de succéder à leurs pères dans les sciences, les arts et les métiers reposaient, chez les Ethiopiens et chez les Egyptiens, sur l'idée générale et cora{)lexe de rhérédité (516).

C'est en envisageant ce grand fait naturel d'une manière peu rationnelle et arbitraire que les anciens prenaient leur point d'appui pour séparer les races victorieuses des races conquises, et qu'au moyen âge se différenciaient les seigneurs et les serfs, les nobles et les vilains. De même, à cette époque, le principe maintenait les antipathies et les exclusions entre les membres de la grande famille humaine, malgré les enseignements puissants de Christianisme.

Chaque jour, nous voyons se produire les phénomènes de ThérédUé dans la marche régulière de toute la nature vivante, chez l'homme lui-même, soit à l'état hygide, soit à l'élat morbide, dans les modifications nombreuses et plus ou moins profondes qui frappent la société humaine. Notre but étant ici de parler surtout de l'hérédité chez l'homme avec ses lois toutes spéciales, nous ne pousserons pas plus loin ces considérations qui pourraient s'étendre si loin; observons seulement que c'est à l'hérédité, cettu étonnante faculté de la force Génératrice, cette espèce d'habitude prolongée, continuée d'une manière collective et permanente, (jue nous devons ces milliers de plantes qui, par leurs formes élégantes et variées, par leurs couleurs éclatantes, Sont auiourd'hui l'ornement de nos habitations; cesl elle qui maintient dans certains fruits cette saveur agréable que nous devons h la culture intelligente de produits naturellement acerbes ou insipides. C'est k la transmission héréditaire des modifications imprimées par la proportion des aliments, la qualité des (Migrais, le lieu d'ex[)osition, etc., que nous devons raf)porter ces nombreuses transformations. (Thèse sur Vhéré* dite.) 11 y a, dit M. Lucas, dans la procréation deui lois qui marchent côte è côte et influent l'une et l'autre sur les produits :

(51 6) Nou6 sommes loin d*ndmcUre que les institutions législatrices doivent rcnoscr sur celle base absolue, qui porterait atteinte a la liberté individuelle et imposerait un joug de fer au progrès, mais il y a là un élcroenl utile que Ton ne doit pas négliger.

(517) On a essayé bien des théories, pour expliquer le mécanisme d'après lequel a lieu la transmission morbide héréditaire : les uns ont prétendu que c'était par im mode organique ; les anlrcs ont voulu que les humeurs fussent le véhicule de la cause morbifiqnc : ceux-ci, avec Bonnet , admettant la préexistence des germes, soutiennent que les défauts de conformation des organes ne peuvent point se communiquer au fcetus s'ils n'ont pas attaqué les parties fécondatrices du màlc, ou s'ils ne sont pas de nature à influer sur les humeurs; ceux-là reconnaissent pour toutes les maladies, Texistence d'un virus à la faveur duquel les parents insinueraient à leurs enfants le perme des maladies développées plus tard. Il est évident que Ton n'a pas asseï tenu compte de l'ensemble des faits et des lois

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