DICTIONNAIRE VIE
l'une c.'est la loid'hérédilé, en vertu de laquelle les enfants présentent une part notable de la conformation ph vsique et sensitivoanimale des parents; I autre, c'est la loi d'innéilé en vertu de laquelle le produit diffère totalement de ceux qui lui ont donné naissance (517).
L'hérédité chez l'homme est un fait, dont les lois expérimentales ont des motifs que la raison peut expliquer (518). Nous l'étudierons sommairement , surtout au point de vue f)hysiologique, en montrant les différences qui existent, relativement à l'hérédité, entre la force vivilique et les facultés intellectuelles et morales.
AbTICLE IÎ. — IlÉKÉDITÉ PnYSlOLOClQlE.
L'hérédité physiologique comprend l'espèce, les races et Tindividu» rorganisalion, les phénomènes de la vie, et les facultés de la pensée.
§ I. — Racti,
Tout en admettant une commune origine pour la famille humaine, une seule espèce au milieu de variétés nombreuses, nous reconnaissons toute i'iraporlanne do l'hérédité, puisque les sujets d'une même race restent à peu près invariablement constitués d'après le modèle des individus qui les ont produits. Le type interne domine les circonstances extérieures. En embrassant l'histoire des races dans son ensemble, dit M. Litiré, on ne voit aucune raison à ne pas admettre, pour toutes, les développements |>ar rintermédiaire de l'hérédité.
Quoique l'espèce humaine paraisse unique, (puisque tous les individus peuvent se œèîer indistinctement et donner naissance à des individus (féconds), on y remarque, selon Cuvier, certaines conformations héréditaires qui caractérisent nettement les races.
Plusieurs auteurs rc-gardent les caractères (les races comme primitifs, les autres les attribuent è l'action des agents modificateurs : on peut dire que plusieurs semblent résister presque indéfiniment à leur influence, tandis que certains autres leur cèdent bien plus facilement (519).
propres à la nature humaine, pour découvrir ce que nous pouvons apprendre sur ces étonnants mystères.
(518) Lordat définit l'hérédité, an acte par lemiel le produit de la génération reçoit, à I*iD$tant de &a formation, quelques qualités variables dont ses parents sont eux-mêmes pourvus par une disposition innée ou par accident.
(519) Quelques physiologistes croient pouvoir expliquer sans peine ces chaiigeroenls, quels qu'ils soient, par les migrations, les invasions, ta gnerr*'. le commerce, la navigation, qui ont disperse de grandes masses d*bomiiieset les ont poussées dans des d rections diverses. Nous avons déjà reconnu qu(^ , sans nier ces actions, nous ne pouvons leur a.'^corder une aussi grande influence ; le problème est bien plus complexe. Burdach n*a pas manqué de dire que l'hérédité a réellement plus d>mpire sur notre constitution, que toutes les influences du dehors. 11 est des modes que le moule vital conser%-e avec une grande ténacité, quand il en est pëncué profondément.
DE PHYSI(U.OGI£.
VIE
15ÎS
Dans ioixs les cas» il esl certain que \es caractères prédominants sur lesquels les races reposent, se perpétuent pav l'inlerDiédiarre de Thérédiié.
La nation juive, que Ton retrouve dans tous les climats et sous toutes les latitudes, qui a conservé ses habitudes, ses mœurs, sa religion, a traversé des siècles, sans ca éprouver de notables changements. Cette inaltérabilité des traits de la race dlsraèl est frappante ( comme Ta iait observer M. lidwards), dans le tableau de la Cène de Léonard de Vinci, peint il y a trois siècles, et qui représente trait pour trait les Juifs d*aujourd*hui. On a vu des Anglais*, des Allemands» après un long séjour aux Mes et i la CAte-Ferme, malgré TinflueDce de la bauie température de ces climats et Taction incessante des agents modificateurs,, donner le joair k des enfants dont la beauté des formes et la pureté du teint égalaient celles des ahiés de la famille.
L'hérédité a permis d*étab1ir ces grandes divisions ethnographiques des rdces cauc^siques, raongoliques et éthiopiques, peu* plant Tancien continent, et de génération en génération.
Ainsi ont été classés les habitants des Amériques, qui présentent une* grande analogie les ans Avec les races des Mongols asiatiques, les autres qui se rapprochent un peu des formes eur<i»|.éennes. (Cvvibii, àtu Racei.)]
{ IL — Dkpositions onjaniques superpcieltes ou
profondei*
On observe qi*e ce qui se transmet le plus fréquemment par la voie de l'hérédité , cest le caractère physique; la ressemblance a*établit par des analogies de forme, de volume, de coloration, par certains détails anormaux, etc. Toutes les parties du corps peuvent être soumises à cette influence, nais le visage principalement (520).
On sait que les femmes d'Athènes se faisaient remarquer par la coupe de la 6çuce et la pureté des traits ; à Rome, certaines bmilles tiraient Leur nom patronymique
(5i0) Les éleveurs célèbres que compte TAngleterre.. B.ickwell, Fowler, i*aget, Prtnceps, et plusieurs autres, ont tiré un parti merveilleux de celle particulanté (celle de fliéi édité de la taille). Us so«it arrivés 4 transporter d*une race à une autre, ou d*an individu à ses divers produits, telle ou telle proportion «le membres on de parties sensilîvo-animales. Il leur a suffi, pour arriver ài ce but, de préciser d*abord le caractère qu*îls désiraient transmettre; de faire élection ensuite de m4les et de reiiiellcs présentant ce caractère lun et Tautre au plus ,baut degré possible de développement, et, à défatît d'individus étrangers, d allier les rares pro* doits où ils se propagent, avec les pères ou les mé- I res, les frères ou soeurs : ce procédé est nommé par les Anglais, knediny in and in; c^est la propagation suivie dans le même sang. Le docteur Dannecy a répété ces expériences sur les lapins, les pigeons, les souris et même les végétaux. (Consultez P. Lucas.)
(521) Non-seulement un seul trait , mais encore U conformation et l'ensemble de tous ceux qui con*
d*un signe héréditaire de la face ; de là, les Labeoues, les Nasones, les Buccones, etc. Des caractères analogues se retrouvent dans nos grandes familles ; M. Piorry ciie le volume considérable de la saillie nasale, qui se retrouve depuis plusieurs siècles chez les Borromées. Le volume général ou partiel des parents se transmet aussi quelquefois. Venette rapporte Telemple d'une femme qui, après deux couches laborieuses, i^érit h là troisième par Timpossibilité de la délivrer d'un enfant aux épaules démesurément larges, comme celles de son père.
C'est d'après le prindpe que la mère du médecin Pierre Fdrestus refusa sa fille à un homme fort riche, mais trop large d'épaules, dans la crainte, fondée sur sou expérience, que sa tille ne périt pendant le travail. (Lucas.) La transmission des colorations s'observe souvent dans les familles (S21).
L'hérédité peut atteindre tous les éléments de l'organisation, les solides cotnme \es liquides. Les anomalies matérielles peuvent encore passer aux enfants. Pline nous apprend que trois membres de la famille] Lepidus, è Rome, naquirent par inlervallcs avec un même œil couvert de cartilage. D'après Plutarque, il y aurait eu à Thèbesunefamilledontlesindividusavaient en naissant la flsure d'un fer de lance sur le corps. La famille Benlivoglio, dont Haller cite l'exemple, portait de père en fils, de temps immémorial, une tumeur peu proéminente, se gonflant par rhumidité, et les avertissant du changement de l'air mieux
3u'un véritable hygromètre. Burdach parle 'une famille Lamoert qui présentait des prolongements épidermiques, semblables k ceux du porc-épic, lesquels se transmettaient aux enfants mAles, etc.
On hérite de ces anomalies, même de certaines monstruosités, malgré l'opinion contraire de Bonno4, Geoffroy -Saint Hilaire et autres».
§ lU. — Uérédiléde la farce vitale (522).
L'hérédité de la force vitale s'obserTO dans les divers états physiologiques et dans
courent à la disposition anatomique de la face, peut se transmettre par la génération, et rendre ainsi la ressemblance générale tellement parfaite qu*elle a pu donner lieu à certaines méprises. Un curieux exemple eu a été offert par lé cçlèbre chanteur Nourrit, dans Lee deux 5afapi, composition du genre des hlinedime^ où il joufiit avec un de ses fils, héritier de sa complexiou physique et de sa belle voix. (Da Gaha Macuado , Théorie du retsemblances, part, u, p. i19.)
(522) On a dû voir que, pour nous, la force vitale est, chez l'animal , le principe animateur tout entier, chargé de diriger les actes plastiques et sensitivo-aniinaux; chez Tbomme, c*est une faculté correspondante, annexée à Tàme pensante : ches rhomme, comme chez les animaux, elle se transmet par hérédité. Dans Tespéce humaine, les modi- Gcations imprimées par la race et les variétés individuelles sont beaucoup plus limitées que partOM& ailleurs. Le chien de Terre Neuve esl un séant par rapport au kings-charle ; dans Pespèce humaine^ il n y a pas une race de nains et une race de géants:
VIE
loiO
les fonctions |>ldstiqaes et sensilivo-animales qu'elle dirige en vue du développement, de la conservaiion, de la réparation de i'organi^me, oie.
I. Le tempérament, qui, d'après Barthez, est rensc'inhle des «tleclions constantes qui spécifie dans chacjuo individu le système des rorcos du principe vital, remonte h la reproduction de Tôlre, et représente souvent celui d'un des g(Hi(^raleursou un terme moyen. On n'a qu'à examiner, d'af)rès les conseils de Pujol de Castres, les ditrérenles familles dont la réunion compose nos grandes villes, pour constater la^réalité de celle propagation.
Dans son Traité de la génération^ Girou de Buzareingues écrit : « M&domoiseile C... ressemble beaucoup è son père : elle en a les traits de |la face et la conformation des mains; mais elle tient de sa mère la couleur de la peau, et elle en a aussi le tempérament; elle digère dillicilemcnt. •
II. La constitution qui consiste surtout dans le degré d'énergie des forces, appartient h la transmission héréditaire dynamique, au môme titre que le tempérament. 11 est remarquable, dit Barthez, que les gens pauvres transmetteiU k leurs enfants un vice analogue de faiblesse radicale de constitution, que cache assez ordinairement un état de vigueur apparente. 1! résulterait de là que la saignée et la purgation causent plus souvent, chez les domestiques, dont même le corps parait être d*un tissu ferme, des défaillances, et une résolution des forces, ce que Baillou a observé le premier. (Barthez )
^expérience et la pratique justifient cette considération essentiellement vitale de la constitution. Ainsi, dans les vicissitudes do la carrière militaire, ce sont les hommes de la campagne, robustes et muselés, qui succombent à la nostalgie, aux privations : ce sont les citadins, et notamment les Parisiens, grêles et nerveux, qui se soutiennent le mieux. Les médecins qui pratiquent dans les hôpitaux de Tarmée ont appris à ne pas compter sur Torganisation charnue des premiers, dont les forces agissantes, d*après la lumineuse division de Barthez, font toute rénergio.
m. Longévité.— Des faits nombreux d'hérédité de longévité ont été observés dans toutes les classes et dans toutes les conditions sociales, et chez différents peuples, malgré les influences favorables ou contraires de travail, d'alimentation, de climats, etc. Nos recueils en contiennent beaucoup dont on ne peut nier Tauthenticité; ils sont confirmé;» aussi par le témoignage de Buffon, Fodéré, Poilroux, Burdacb, Piorry, Lucas, etc.
Les générations dans Tespèce humaine, reçoivent naturellement de leurs parents,
tiar voie d'hérédité, les formes corporelles, es traits ph^sionomiques, le teint, la constitution chimique, la crase vitale, les dia-
thèses, les dispositions à des maladies futures, le tempérament, les idiosyncrasies soît vulgaires, soit excentriques, et les parties du caractère qui tiennent a\ix modes saillants de l'instinct. (Lordat, Les loii de ('hfredite physiologique sont-elles les mêmes chez les hêtes et chez l'homme ?)
§ IV. — Uérédilé des facultés inielleclmeUes
et morales.
Nous arrivons maintenant h une partie diflîcile de l'hérédité; nous pouvons la ramener aux questions suivantes. Les facultés vraiment noologiques de l'homme, le principe de l'intelligence est-il héréditaire? ses actes supérieurs révélés parla conscience se transmettent ils par héréiiité? y a-t-il une hérédité morale, conune il y a une hérédité organique vi nne hérédité vitale?
Ces questions ont donné lieu h de nombreuses controverses qui ont leurs racines dans les doctrines physiologiques et religieuses.
Platon pensait que, le plus souvent, les bons naissaient des bons, les méchants des méchants; que nul n'est méchant mal<^ré soi. « Personne n'est méchant parce qu'il le veut, dit-il dans le Timée; ions ceux d'entre nous qui sont n auvais, le deviennent par des causes indépendantes de leur volonté; aussi faut-il s'en prendre aux parents plutôt qu'aux enfants, et aux instituteurs, plutôt qu'aux élèves. n[OEuvres complètes, irad.pïir Cousin, t. XII, p. 232.) Ceci ne |)roove point, comme il serait facile de le démontrer, que Platon admette l'hérédité morale soutenue avec talent par M. Prosper Lucas, dans le livre que nous avons plusieurs fois cité. — M. Lucas ne reconnaît pas de distinciioti entre la force vitale et le sens intime : ils sont indivisibles.
« La seule différence que nous admettions, dit-il, au point de vue de la vie, entre ces deux ordres d'attributs généraux du dynamisme humain, est celle que nous avon^ exprimée en disant que les uns étaient sensibles, les autres insensibles au principe do notre être. Mais toute distinction de natur^j; essentielle entre les qualités propres de la force vitale et les qualités propres du sens intime, manque, dans notre conviction, de base physiologique : la raison en est simple : c'est qu'il n'existe pas de distinction de nature entre les deux principes auxquels on les rapporte, entre le sens intime et la force vitale. »
Nous sommes persuadés comme les théologiens, certains auteurs et les grands philosophes spiritualistes, que les facultés vivitiques, sensitivo-animales, intellectuelles et morales appartiennent à une même substance chez l'honmie , l'âme immortelle, mais nous pensons aussi qu'elles restent distinctes, quoiqu'uniesdans leurs actes. L*hérédité se retrouve dans les élémeiits de Tagréc^at matériel, dans les latultés plasti-
unbomme et une femme très-pelli!j, peuvent avoir Penipire exerce sur nous-niéineSi D*a pas une trop
àts eufauts grand;»; heureuscmciii pour nouâ , grande étendue.
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DB PHY^OLOGIE
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f4ues et sensitivo-animaleSi dans les tempéraments, lesconstitiilions, etc^et finfluence qu'ils exercent sur les actes intellectuels et moraux, mais elle n^a pas une action direi^te sur la substance noologique et sur les facultés supérieures qui spéciflent l^'homme et forment son caractère essentiel. Ce principe, ainsi que Ta écrit un sarant, est une vérité qui s*est fortifiée de plus en plus, arec le temps, qui a entratnédcs convictions si profondes, qu'il est devenu général, qu'il a été unîverietlement reconnu, et (|ue son évi* dence n'a pas échappé au vulgaire.
On peut établir sans peine par les faits et le consentement de tous, que Tintelligence, le génie ne prennent pas leur source flans la race, ni dans la famille ; qu'ils sont individuels; il en est de même du sentiment moral, de la liberté, de la conscience, de la ▼olonté.llestévidentque nous ne pouvons nas nous figurer une liberté qui serait fatalement transmise, pas plus qu'une conscience façonnée par l'acte de la génération sur; un modèle invariable : nous aurons le même sentiment au snjet d'une volonté reçue toute faite (533).
Dans 1 espèce humaine, l'auteur, en tant qu'intelligent, ne transmet aux descendants que la suDstance organique ayant la vie en puissance, à laquelle s'unit la substance spi^ rituelle douée des attributs essentiels du sens intime. Il lui donne des tendances et des modes spéciaux, et les met dans la contînuité de la chaîne des enfants d'Adam. Mais quant aux qualités morales et intellectuelles qui constituent en bien comme en mal ce qu'il y a de fondamental dans le sens intime, elles ne se trouvent pas dans les facultés inférieures que l'on peut si largement modifier dans les races bestiales.
« Les génies sont des enfants et des célibataires, a-t-on dit avec raison. n.Qui sont, en effet, écrit M. Lordat, les parents et les progénitures même adoptives, des génies de Moïse et de Pierre le Grand, d'Homère et du Tasse, de Sophocle et de Racine, de Térence et de Molière, de Phidias et de Michel-Ange, d'Apelles et de Raphaël? eie.
L'inOuence de Thérédité sur les actes iiilellecluels et moraux est indirecte ; mais elle est considérable. Elle se rapporte à l'appareil instrumenlal, au tempérament,
(5i5) Quand je considère plusieurs généraiioivs d^one même souche, dii le prores8<>ar Lordat, j*oki- »erve que, malgré les influences didactiques i|ue les premiers ont pu exercer sur les subf)é<|uenis, il irarrive jamais que les qualités intellectuelles et :ilTective8 des divers individus aient un air de famille.
(524) Socrate avait en hii des tendances sensitivo* animales funestes ; Il sentit qu'il éuit homme, qn'il touchait à IMeu par une racine cachée dans les profondeurs de sou Ame ; il y prit son point d'appui et parvint à trioraptier. Telle fut la doctrine de Sénéqve, de Marc-Aurèle, stoïciens seroi-plaionistes modiftés aussi par le conUct du Cbristianisme.
(,SâS) Lordat, Agératie du $enê int%me. Oh a va (<iri. h»TiRCT)« que notre savant collègue n*admei qae des iasiincta dans les animaux ; nous cro)Oiis qu'il y a de plus, chez eux, une intcllectivllé sen-
k la constitution, aux facultés plastiques, sensitivo- animales (sensibilité physique, imagination reproductive, mémoire des sons, des couleurs , jugement sensitivo^animal etc.) et Ton sait le rôle que jfiuent lou^ ces éléments ttans les actes inii*llectu<*K et moraux les plus élevés; ou sait on un mot, combien chez nous, ou la plupart d'nntrt* nous, ranimai lient de près h Thoiuine.
Nous admettrons donc, t^yec plusieurs auteurs, qu*il exi:»te des dispositions, des impulsions que la génération transmet, qui peuvent être ou non suivies d'exécution, suivant que les circonstances où se trouve Tindividu, la force morale propre, Téducation, fhabitude de la lutte développent ou éteignent ces influences natives (iSA). Oii peut, h ce propos, citer le fait de cette petite fille Ecossaise qui manifestait un penchant décidé h Tanthropophagie pour laquelle son père et ^a mère avaient été brûlés lorsqu'elle n'avait pas encore un an.
D*après la doctrine de M. Lordat, émise dans son ouvrnge sur la preuve de Tagérasie du sons intime, cette disfiosition et d'autres semblables seraient purement ins^ tineiivfs : elles devraient ^Ire rejetées sur la force vitale, car cette dernière chez l'homme est donéed'un certain degré d'instinct, c'est-à-dire d'aptitude i opérer directement et sans volonté, diverses actions régulières du ressort des organes soumis à notre sens intime (.^^25).
Des remarques analogues, avec certaines modifîcations, ont été présentées par d'autres médecins. (Foy. par exemple une Dissertation d'EsQtiROL sur la manie howicide.)
AaTICLB III. — UiMtbilt pâtbolo&iqub
Par hérédité pathologique on entend la transmission par voie de descendance, d'une disposition morbide, d*un état anormal, d'un état affectionnel ou d'une maladie. L'existence des maladies héréditaires est exprimée par Hippocrate, avec la plus grande précision dans son livre de fa Maladie sacrée : « Son principe se trouve, dit-il, dans l'hérédité comme pour les autres maladies : car ai des parents flegmatiques mettent au monde des enfants flegmatiques, les bilieux des enfants bilieux, etc., rien n'em- |técbe que les parents qui sont atteints de
sUîvo-animale. Noas n*acceptons pas le vîtalisme dipsychique. FIdèieauxdogmrsdu vîtalisme expérimental, et à sa méthode rigoureuse, nous abandonnons ronlologie vttaliste qui se rapproche plus eu moins de Thetinontisme. Ainsi nous ne croyons Itotiit à deux substances ontologiques distinctes, le principe vital et r&nie pensante; mais stMdcnient a deux facultés distinctes, la Tacoité vivifique et ta faculté intellectuelle et morale unies dans uue seule sulniance spirituelle et immortelle. Notre double dynamisme, si t*on veut lui donner ce nom, est un m<»nopsjrhisme bien arrêté, franchement spinl^iattste, échappant aux objections opposées au Ntahlianisme. Nous ne trouvon» pas dans les faits le dipNyobisme qui a été souvent reproduit, souvent modifié, toujours fortement coin battu, il ne forme pas le fond de la doctrine Bartbézienne. (Voy, nos Etudes sur S^ahL)
VIE
DlCTlOrfNAlRE
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l'épilepsie aient des enfants qui on soient également atteints, ir {De morbo sacrp^ cap. 3, n. â.) Depuis» les plus granJs médecins ont été amenés à confirmer cetto vérité par leurs observations. Vers le xvir siècle quelques dissidents se montrèrent ; Ranchin, chancelier de notre université, fit ressortir d'une manière brillante Taccord unanime des anciens médecins grocs, latins, arabes» sur la réalité de ce phénomène morbide, et termina en accusant leurs adversaires de sacrifier la vérité è leur vanité : Potius extveiiationis gralia^ quam defendendo verilatis êtudio. (PathoL untv. sect. 2, chap. 22.) En 17W, rAcadéraie des sciences de Dijon proposa pour sujet de prix la question suivante : Comment se fait la transmission des maladies héréditaires? Louis, qui devint dans la suite secrétaire de TAcadémie de chirurgie, soutint la non-existence de ces maladies, dans une brochure qui fil du bruit d*abord, pour tomber ensuite dans le plus grand oubli.
En 1787, la Société royale de médecine du Paris soumit aux méditations des praticiens la résolution du problème suivant : Déterminer 1" s*il existe des maladies héréditaires^ et Quelles elles sont ; 2* s'il est au pouvoir de (a médecine d'en empêcher le développement^ ou de les guérir lorsqu'elles sont aeclarées. Ces questions donnèrent le jour è plusieurs travaux importants ; citons spécialement le mémoire de Pujol de Castres. Tous établirent Texistence des maladies héréditaires, dérodièrentce qu'il pouvait y avoir de transffli.H dans les maladies, et indiquèrent le traitement de manière à pouvoir diriger le praticien dans remploi des moyens prophylactiques ou curatifs.
Depuis, ces questions n*ont plus été soulevées dans la science (526.) Le nombre de ces maladies est si graridque nous devons indiquer seulement quelques idées géné-
(526) La maniresution des maladies héréditaires, plus liàtive chez les enfants que chez les parents, a été signalét; par d'Amador, sous la dénomination de loi d'anticipation. Le même auteur a appelé loi ithérédité directe le mode de transmission congéniale des maladies directement aux enfants par le père et la mère. Sous le nom de loi d'hérédité indirecte, on coiti prend la transmission d*une maladie, de Tonde par exemple , aux enfants dont le père ou la mère no Pont pas roanlfesiée sur eux-mêmes. La loi d'hérédité latente ou d'incubation désigne l'apparlUon très-lardive des affections héréditaires. Enfin, la loi d'affinité pour les sexet exprime le passage des maladies du père au fils ou de la mère à la fille. (Ajlqdié, Doctrine médicale de Montpellier.)
Nous pouvons ajouter les lignes suivajites de Grimaud à celles qui précèdent : c On sait que les maladies bérédilait<os suivent très-généralement l'es ressemblances, c'est-à-dire qu'un enfant hérite des dispositions maladives de celui de ses parents auxquels il ressemble le plus, i (Grimauo, //« Mémoirje sur la nutrition,)
(5i7) Nous lisons dans Burdach les lignes suii-anles qui trouvent ici leur place ; i La constitution des enfants est la home ou Thonneur de la lignée ascendante ; c'est une énonciation rétrospective des causes qui ont agi sur les familles : misère on maladie, exciès ou passions, régime ou climat, quelles qu'elles soient, elles pèsent sur les générations.
raies : ee serait d*aitleiK& sortir de notre cadre. Il faut d^abord distinguer les maladies véritablement héréditaires d^arec celles qui sont acquises pendant la vie inti-a>-atérine après la fécondation, et généralement désignées, depuis Boerhaave, sous le nom de moroi connati^ maladies connées, tandis que les premières sont connues sous le nom de morbi congeniti , parentales^ maladies de tamille. M. Piorry a admis en outre une division secondaire, qui comprend les maladies que Tenfant peut contracter an passage f)endant Tacte de la parturition. (Piorkv, De 'hérédité dans les maladies^ p. 17.) Uobser* vation nous montre Thérédité des aoumalies du type spécifique de Torganisation : anomalies simples^ anomalies par arrêt ou excès de développement,, monstraosités qdîtaires, doubles oa composées» etc. La traosmission pathologique s'étend auj. solides, aux fluides, aux forces de réconomie. Pour nous résumer, disons qu*il est des tnàlsdies qui (lassent des (larents aux en£ant&» on t plusieurs générations : elles sont héréditaires. D'autres fois les modifications morbides innées ne se manifestent qu'un certain temps après la naissance des entants ; parfois elles restent longtemps cachées de la manière la
f)lus absolue. Dans certaines circonstances 'hérédité semble s'aGTaibJir en s'avançant, perd son influence^ et finit par s'éteindre. D'autres fois c'est le contraire qui arrive (327). L'hérédité morbide, habituelle dans la ligne directe, a été constatée dans la li-
{;ne indirecte. On a encore remarqué que e germe morbide après avoir anianti plusieurs générations, disparaît pendant on temps plus ou moins long, pour reparaître avec une intensité croissante chez les géné^ rations suivantes (528). Hippocrate pensait que toutes les maladies étaienl transmissibles par Thérédité. « Ce qae X^ dis de la
Moins indulgente ou moins juste qae la socîélé qui ne punit pomt dans les fiis les méfaits du père, la nature prolonge du père au (Ils, de Taieiil au petitfils, les effets d*une solidarité vengeresse : Ta raet des héros s'altère par la corruption des inœors; les races flétries se relèvent par Tobservasce des lois de la santé et de la vertu ; précieuse iaiitad« de notre organisation, qui fait à la liberté haoaiBe son rôle parmi les fatalités de chair et de sang. ■ (Bdrdach, Physiologie, t. Il, p. ti% et 249.)
(5i8) L^observalion clinique prouve que parfois des lésions morbides ne se montrent point tkex les enfants directs, mais chei les petits-fils m le» descendants de personnes autrefois atteinles de ce« mêmes maladies. On a tenté d^expliqner de bî» des manières cette hérédité par sanu ; mais rétoAc qui dédaigne toute supposition s'en tteni an nv sultats de l'observation clinique, laissant aut oii> leur incrédulité systématique, et aaz autres lesr» hypothèses mensongères; avec les bons pratieieiis de tous les temps, elle reconnaît ce mode de 1 hérédité que le professeur d*Amador, appelle /m de saut ou d'immunité pour certaines généniioui. Elle constate même avec Dumas, t que dans une fuaiSa nombreuse, souvent les maladies bénédiuires s'alfecteni qu'un seul des rejetons et épargnent tons les autres, i Ce mode d'hérédité a été nemné ^r d'Amador : Loi de répuUioH. (Alquié, Doctrine sué^ cale de Montpellier.)