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Chapitre Y. — loiosYtiCRASic

L'idiosyncrasie peut se définir, un état spécial, personnel de Téconomie entière, d un système organique, de l'un de ses organes, en vertu duquel l'économie, le système ou l'organe sont affectés, agissent ou réagissent d'une manière particulière, sous l'influence du milieu et des mo<lificateurs.

Il faut éviter de confondre Tidiosyncrasie avec le tempérament, car ce dernier est un mode physiologique plus g<^néral, qui caractérise un certain groupe d'individus et que «e médecin reconnaît plus directement au moyen do données scientifiques, tandis que ridiosyncrasie est individuelle, propre à un sujf)t déterminé, et ne )vout âtre constatée que par Tobservation attentive de ce dernier. La connaissance des idiosyncrasies est de la plus haute importance pour le praticien. C'est à Taide des études bien faites sur UQ grand nombre d'idiosyncrasies , qu'on Cât parvenu h bien les distinguer de ce qu'on doit entendre par tempérament en générai, et è établir, d'après cela, des dogmes qui doivent servir à la juste appréciation du tempérament particulier.

Galien s'écrie avec enthousiasme que la connaissance parfaite des idiosyncrasies l'égalerait à Esculape. Vallésius a exprimé cette idée d'une manière analogue, en disant qu'elle supposait des lumières d'une nature angélique.

Il n'est pas plus aisé de rencontrer deux idiosyncrasies parfaitement semblables qu'il

(529) Un des moyens les plus puissants d'empêcher la Iransniission morbide héréditaire, serait le croisement des races. Ainsi on devrait s'opposer aux alliances entre les membres d*une même famille, surtout quand on sait qu'il existe des maladie$ de

(amille, Buchan a dit que ces sortes de mariage àisaient périr plus de monde que la guerre , la peste et la famine. Fernel considère comme premier bonheur de Thomme de naître de parents sains {gaudeant bene nati), -^ On peut h ce sujet consul*

ne l'est do rencontrer deux maladies qui se ressemblent dans toutes leurs nuances : on sait que les plus grands médecins de tous les siècles ont regardé comme très- vraie cette assertion, que depuis que la médecine est connue, on n'a pas vu deux maladies dont tous les symptômes fussent absolument les mêmes. Doit-on s'étonner, d'après cela, que deux idiosyncrasies ne se ressemblent pas?

Citons quelques exemples d'idiosi^ncrasies que nous avons trouvés épars au milieu des livres ; ils donneront des notions générales sur l'idée que l'on doit se faire de ce mode physiologique. — Tissot parle d'un homme que la musique rendait épileptique. J.-J. Rousseau rapporte dans son Dictionnaire de Musique que le son de la cornemuse produisait chez un Gascon une incontinence d'urine. Zimmermann indique un grand nombre de faits curieux; entre autres on remarque celui d'un homme de beaucoup d'esprit, Îjui éprouvait des douleurs inouïes toutes les ois qu'il se faisait couper les ongles (590). Boerhaave a vu des gens s'enfler par tout le corps, après avoir roan^é des cerises ou quelques grappes de groseille. Gaubius fait men* tion d un homme chez qui la poudre inerte des yeux d'écreviises produisait autant d'effet que l'arsenic. Une dame, dans sa jeunesse, tombait sans connaissance à l'aspect des bette* raves. (Pbochaska.) On ne pouvait parler devant le prince de Kaunitz ni de mort, ni de petite vérole, parce qu'il aimait beaucoup la vie, et qu'il se rappelait le danger qu'avait couru Marie-Thérèse, lorsqu'elle fut atteinte de la variole. Un jeune garçon devenait épileptique chaque fois qu'il voyait un objet de couleur rouge. Un verre de Pyrmont suffisait pour produire chez une femme de trente ans, bien portante d'ailleurs et peu irritable, un effet iiarcetique qui durait pendant le reste de la journée.

Le D' Hargens écrit que, chez une femme, Topium, quels qu'en fussent la forme ou le mode d'administration, déterminait chaque fois une salivation considérable. Un Espagnol éprouvait des anxiétés, des vomissements, quand on mêlait de la viande k ses aliments. On a vu des sujets chez lesquels l'émélique, donné h très-petite dose, a toujours déterminé des convuUioiis très-inquiétantes. De Haên a traité un malade attaqué de gangrène, dont les progrès étaient arrêtés quand il prenait du quinquina en décoction, et ne pouvait l'être quand il prenait ce remède en poudre. Ce grand médecin lui-même ne pouvait avaler plus de six h dix fraises sans être saisi de convulsions.

ter un excellent ouvrage de M. Devay de Lyon, sur te danger des mariage$ consanfuims, — Foy. sur riiérédilé, outre les ouvrages cites dans cet article, une excellente thèse de M. Fakkat (Montpellier 1848, n* 41).

(530) Je connais une observation de même genre : la dame qui en est le sujet, éuit prise de convulsions aiiau^ on lui coupait les ongles pendant un profond sommeil.

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