‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 336 sur 340 · Î527 VIE · texte numérisé non relu

Î527 VIE

Tissot avait un ami chez lequel le sucre provoquait des nausées. Les moules détorminent chez certains indifidus Tér^^sipèle CMi 1 urticaire. Le pouls de l'empereur Napoléon 1" ne battait que quarante-quatre i lis par niinuto. Lfii profos**enr Loniat ra- 1^ filait, dans une de ses leçons de physiolo ie, qu'un soldat fut empoisonné (>ar qu Itpies brins de fromage qu'on lui avait fait avaler en dormant; il a dit aussi que le quinquina agissait comme un poison sur le frère de Bardiez. M. Caizergues parlait de deui personnes de sa connaissance qui ne pouvaient toucher le velouté d'une pèche sans être saisies de grincements de dents et de mouvements nerveux presque convulsifs : Tune d'elles éprouvait les mêmes sensations, qu.-ind, parmégarde,sa main se posait sur (\u velours. Ce professeur a encore vu un ofiicicT d'artillerie, chez qui fipécacuanha, k la dose de 15 à M graine, déterminait des défaillances et des convulsions, tandis que l'émélique ne produisait que des effets ordinaires. Un de mes amis me disait qu'on voya-it tomber des gouttes {îb sueur de son front toutes les fois que son oreille était frap[)ée par des sons très-aigus. J'ai pu m'en assurer par des essais réitérés. Nous |ioarrions multipliera l'inOni ces exemptes, et montrer les etfets si différents et si bizarres de l'idiosyncrasie. Mais nous en savons assez pour comprendre combien la connaissance de ce mode physiulogi(]ue, qui D« repose que sur des faits, est utile pour éclairer le diagnostic des maladies, et pour faire éviter au Oiédeciu un grand nombre d'erreurs.

Nous avouerons sans hésiter, qne, pour apercevoir des nuances dont la variété est SI grande, il faut du tact, de l'attention, do l'habitude, un esprit disposée ne pas croire, mais aussi h ne pas douter légèrement.

Rappelons encore qu'il ne faut point adopter l'idée de certains savants qui persistent à soutenir que tempérament et idiosyncrafie sont des choses identiques ou ne diffèrent que par de faibles nuances. D'après Barthez, le mot itynpérameni représente un genre dont les idiosyncrasies sont ïvs ?ariétés : d'autre part, il est aréré (ju'un tempérament, quel qu'il soit, offre certains caractères généraux constants, que Ton rencontre toujours chez tous les individus de la classe à laquelle ils appartiennent 11 n'en est )>as de même des idiosyncrasies qui sont l'ensemble des nuances qui spécilient ou distinguent les uns des autres, les modes particuliers des individus d'une même classe. Du reste, l'étude des idiosyncrasies ne peut être complète qu'en étudiant à la fois les sympathies et les synergies, Thabitude et le tempérament, le régime, l'éduciition, etc.

Chapitib VL -— Sexb.

On a beaucoup écrit sur les facultés physiques et morales de la femiue, mais on ne lésa [)a8 considérées sous leur véritable point de vue. Dans nos livres comme dans nos institutions, la femme est toujours placée

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dans une infériorité relative qui est loui .. la fois injuste et funeste. La femme n'eNi h supérieure ni inférieure à l'homme, d' mmanière absolue ; comme lui, elle a sa niiy sion à remplir, et cette mission est .iHn» importance fondamentale. Dieu lui aijoup^ toutes les qualités nécessaires pour IVioilplir; c'est à nous qu'il appartient fie k^ développer et. non pas de les dénaturer ou de les éteindre.

La question se trouve ramenée à res iroh problèmes qu'il faut nettement réMui > dans leur entier par l'expérience et la raison, en nous dépouillant do toute fréuMition et de tout pri^jugé, en obéisyanl à .: justice et à nos véritables intérêts.

1. Quelle est la mission , quel est le rj» de la femme dans la famille et dans lasjciété?

2. Quelles sont les facultés que Dieu , a données pour atteindre le but qu il L . assigné?

3. Comment peut-on leur donner > développement complet? comment pp«.

faire com[ rendre h tous et surtout à t • même, la hauteur de cette mission, y . voirs et les droits qui en résultent, le i:i qu'elle lui impose, les ré(*ompenses q;.V lui promet et qu'elle saura apprécier iit \ que nous.

Chacun de ces problèmes est dd rai '> diflicile, mais il peut être largement re- . aujourd'hui. Nous leur consacrerons quelques lignes seulement, nous réserver les traiter avec détail dans un livre 5!^/< i

l. La femme est le pivot, le centre de k: mille et, par suite, de la société. C'est ur *. que l'histoire démontre et que le C '^ uisme a consacré. Partout l'enfant lieiil:;^ mère plus que son père ne peut lui d'V Elle le porte neuf mois dans son seii' ^ : i le nourrit de son sang, de son lait.^^ enseignements et de ses exemples; eimprime son type fondamental, ele '.

çonno et le moule; elle prépare liia celte éfïoquo décisive où se furnuii ' les germes qui devront éclorc liu^ Pendant ce temps nous lui apparlen'v^ entiers. Dans les époquessuivanles, 1:.

subit l'influence de la femme d'une iii plus secrète sans doute, mais aver ui.t sance aussi manifeste qui peut scj).

ses effets. La mèr«, la sœur, if; l'auiie entourent l'adolescent, le . homme, l'homme mûr; elles le mo le travaillent et lui font 5:ubir des ir; * mations heureuses quand elles son:

dirigées et bien senties. Le vieiilani (' bien f)lus encore sous l'empire de Ij i^ : comme l'enfant, il a des faiblesn^ autre genre, et comme l'enfant, iN d'un doux appui. Semblable h rËu''i>'

Îjuelle on a eu raison de la corner emme s'empare de l'homme avant' sance, elle le suit et l'accompagne :• du tombeau. Consultons l'histoin jr publique, nous verrons partout if ri mense que la femme a joué dans le; nées des familles et des nations;'.'

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élévation oa son abaissement qui mesure leur grandeur ou leur chule; Athènes, Sparte ci Rome se monlrent toujours à l'image des Athéniennes» des Spartiates, <le5 Romaines.

Tous les grands hommes ont eu k cAlé <l*eux une femme dont ils ont suivi les inspirations; dans leurs confidences intimes» le souvenir de leur mère est celui qui est le plus souvent invoqué.

11. Si la haute mission de la femme est S'Olidement établie, on ne doit pas craindre cJ'affirmer que Texistence, en elle« des qualités indispensables pour la remplir, peut #tre aussi positivement démontrée.

L'architecte suprême a mis partout le but en harmonie avec les moyens. Ici commence Vœuvre du médecin observateur, démêlant ce qu'il y a de fort et de puissant dans cette constitution de la femme çiui cache, sous des formes gracieuses et délicates, des énergies intimes physiques et morales que !a science et la pratlaue peuvent seules déiroiler. Les facultés plastiques et sensilives* les systèmes vasculaires et nerveux ont chez elle une vigueur et des modes spéciaux qu*on a signalés mais qu*on n'a pas assez approfondis; physiquement, par leur action importante, ils rapprochent la femme de ce iemperamentum temperatum^ le plus harmo« nieux, le plus favorable de tous ; ils s'unissent à un système intellectuel et moral parfaitement en ra|)port avec lui et qui n'cdt pas suflisamment connu.

En empruntant à Phisloire générale et à celle des familles sagement interprétées, les riches documents qu'elle doit fournir, le médecin peut démontrer sans peine que le ;, système intellectuel et moral de la femme est i^arfaitemenl coordonné avec son sys- , tème physiologique et avec le rôle émincnt , qui lui a été assigné. La femme est véritable- 1 ment la compagne de Thomme ; elle le complète plus peut-être qu'elle n'est complétée par lui: la femme est appelée è faire . rhomme, plus que Thomme n'est destiné à V, la façonner à sou tour : si les institutions sont dans ses mains, il ne doit pas oublier, en les élaborant, de faire une part juste, \^ utile, convenable è celle qui deviendra né- ^ ' cessairement aussi son instituteur. '[', L'étude do système biologique, intellec- ^ \ . fuel et moral de la femme dont l'importance '^\ est signalée de toutes parts, et qui occupe ^'; aujourd'hui bien des esprits sérieux et dis- 5'; tiiigués, a besoin d'être reprise dans* son en- '^'^^ lier. On accorde h la frmme plus de sensibi- '' lité, de mobilité, peut-être plus de cœur qa'è • "^ rhomme : on lui refuse la solidité de J'es- J^^' prit, la force de la raison et de la volonté. i / Il y a peu de justice dans ce jugement : i^> "^ nous refusons è ta femme des qualités natu- )>'■' relies qu'elle possède, parce que nous faili<b- ' sons tout pour les lui enlever. Nous ded«\ Trions au contraire les reconnaître par les o!D^ preuves qu'elle nous donne, bien que l'éduacc^- cation généralement adoptée et nos instiis 1 1 > tutions, dans les }yàys même les plus avancés» 3 ^4f> 'soient loin de tes favoriser.

UL Les conséquences pratiques qui doivent découler d'une connaissance complète et vraie de ;la femme sont faciles à prévoir. Le but connu, les moyens de l'atteindre seront aisément déterminés. Ils se perfectionneront d*une manière continue et progressive. Dans l'état actuel de notre civilisation qui ouvre une voie si large à Taccomplissement de tous les progrès, Tensemble de ces questions mérite de fixer d'une manière toute spéciale l'attention des législateurs. {Yoy. Stahl, physioL^ traduct. BL0NDii«,avec nos arguments et nos commentaires).

VOIX. — Nous consacrerons quelques pages seulement a l'étude de la voix; nous exposerons ailleurs la tiiéorie que nous avons enseignée dans nos cours de Physiologie avec tous les détails qu'elle réclame.

I. La voix humaine se fait remarquer par son volume, son étendue, son timbre, sa flexibilité, qui sembleraient en désaccord avec les petites dimensions de son organe fondamental, le larynx, si l'on ne songeait pas k ce fait, l'^que les parties qui le constituent sont contractiles et élastiques, susceptibles de se tendre et de se relAcher sous des mode.s très-divers, d*agir ensemble on séparément; i* que ces tensions modifient synergiquement toutes les dimensions et les coQditions des (orties vibrantes, solides et gazeuses, et amènent des modilications correspondantes dans le ton, le timbre, la force quou a trop souvent isolés. La voix humaine est tout è la fois un instrument à corde et à veut, ou plutôt jk lamelles élastiques, solides et gazeuses vibrantes; il peut revêtir tour h tour les caractères de divers instruments artificiels, sans se confondre avec eux.

II. Les phénomènes fondamentaux se pas-* sent dans la botte laryngienne; la trachée ifest qu'un porte-vent; le tuyau d'écoulement moditie le timbre et le reicntisseuien(« mais non la force radicale et le ton; il ne s'accorde pas. L'ascension ou la descente du larynx sont accessoires; car la voix sombrée a une grande étendue, une grande force» malgré l'immobilité du larynx.

III. L'étude des théories de la voix présentées jusqu'ici a un grand intérêt; elle fournit de vastes matériaux par leseipérimeiitations qu'elle a produites, bien qu'on les ail forcées pour les accom.moder aux vues théoriques lie chaque auteur, et par des aperçus ingénieux dont on doit utilement profiter. Signalons deux excès opposés : les uns ont voulu identifier la voix humaine avec nos instruments qui eu diffèrent tant i ar leur volume, leur composition, leur variété, .sans

Eouvoir la remplacer, et dont la théorie est ien incomplète; les autres ont voulu proscrire toute espèce de comparaison.

IV. Parmi les auteurs qui ont assimilé l'instrument humain à un de nos instruments artificiels, les uns en ont fait un instrumenta corde, les autres un instrument à vent.

Parmi les premiers nous citerons : Dodart (1700), qui compare les lèvres de la glotte è celle du joueur du cor, dont les vibrations produisent le sou; Ferrein, qui

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considère les ligaments de la glotte comme des cordes mises en mouvement par Tair; Mùller^ qui fait des cordes vocale», des anches élastiques vibrantes. Le travail de Ferrein contient des expériences importantes sur les sonsobienusartificiellement dans des larynx d*hommes et d*anlmaux privés de vie. La voie expérimentale suivie par Ferrein (1742) avait été ouverte par Fabrice d*Aquapendénie, Perrault, Schélammer; elle a été poursuivie par Montagnat, Hérissant, Malouet; Kunge, Hsller, etc., de nos jours, par Miilleri Harless, Meckel, etc.

Parmi les seconds, nous mentionnerons, Aristote, Galien, Fabrice, Casserius qui comparent Torgane vocal è une flûte ; Magendie, Biot, Cagniard-Lalour, Muncke, Weber, M. Malgaigne qui la rattachent aux instruments à anches; Savart et M. Longet qui* pensent que notre instrument est semblable à Tappeau des oiseleurs, petite anche à colonne d'air vibrante; Liscovius dont les idées se rapprochent de celles de Savart.

Bien des physiologistes pensent aujourd'hui que la voix humaine est un instrument è part ; plusieurs néanmoins sont assez sages pour ne pas refuser les lumières fournies par sa comparaison avec nos instruments artificiels. C'est ce que font Millier, Harless, Meckel, M. Béclard, tout en rap-

I)rocbaut notre organe vocal d'un instrument \ ancbes élastiques vibrantes.

Toutes ces théories, au fond, peuvent être ramenées à trois : Le son est produit : l^'par une lame solide plus ou moins élastique, vibrante (Dodabt, Ferhein, Meckel); 2" pnr une lamelle d'air heurtant une ouverture et faisant vibrer è l'unisson une colonne aérienne contenue dans un tuyau (flûte); 3* par une lamelle d'air contenue dans les lamelles d*une hanche et faisant vibrer & l'unisson une colonne aérienne renfermée dans un tuyau (clarinette) ; i^* par une lamelle d'air plus volumineuse emprisonnée dans le larynx entier (appeau). Les théories 2 et 3 sont évidemment inadmissibles, car il est incontestable que la colonne contenue dans le tuyau d'écoulement ne vibre pus à l'unisson; le pharynx, la bouche, les fosses nasales ne forment pas le corps de l'instrument vocal, qui nV pas de corps comme la flûte et la clarinette ; les phénomènes fondamentaux se

fassent à l'ouverture, au larynx. Restent es théories 1 et & qui dominent maintenant et qui peuvent se concilier, en insistant sur la quatrième qui doit être modifiée. L'instrument vocal humain est surtout un instrument à lamelle aérienne vibrante; son timbre et sa puissance, sous de petites dimensions, le démontrent; mais il est aussi en partie un instrument à lamelles élastiques solides vibrant h leur tour. Le son est dû principalement à la forte lame d'air contenue dans le larynx; cette lame en vibrant produit des sons dont l'acuité varie avec retendue do la cavité que la contraction musculaire rend plus ou moins grande. Les

parois et ses diverses parties vibrent aussi d'une manière variable suivant les circonstances, parce que les cordes vocales inférieures, musculaires, peuvent devenir fortement rigides dans quelques parties seulement, par des contractions |)artieUes, sans cesser de vibrer sur les bords et sans trop réduire la cavité. C'est là une des causes de la puissance et de la flexibilité vocales nalarelles ou perfectionnées chez les cbantears remarquables.

V. Le volume et la gravité de la voix dépendent des dimensions et de la longueur des lames vibrantes. La voix de la femme est, toutes choses égales d'ailleurs , plus élevée que celle de l'homme; on la dit eu rapport avec la longueur des cordes vocales, qui sont entre elles : : 2 : 3.

L'étendue est d'autant plus grande que Ton pleut faire varier davantage l'étendue des lames vibrantes (solides ou aériennes).

VL On discute beaucoup sur la théorie des voix blanche et ombrée, de poitrine ou de tôte.

!• Voix blanche on claire^ voix sombre ou couverte. — M. Segond croit que la voii sombrée se produit en faisant vibrer le larynx avec toutes les dimensions du tuyau vocal, ce qui s'obtient en serrant fortement la bouche comme pour prononcer o ou o, et en plaçant le larynx très-bas; la voix e>t éclatante ou même criarde, en se ikçaut dans des conditions opposées. Nous cro}oQs que celte explication est insuffisante, et que ces deux genres de voix se distinguent par des circonstances plus radicales.

2* Yoisc de poitrine^ voix de tiu oh, de fausset, — Bennati croyait que la voix di* fausset tenait à la disposition particulière que prenait, pour la produire, l'isthme du gosier et surtout le voile du palais : mais Texpérience qu'il invoque est inexacte ; on peut s'en assurer sur soi-même, et Ton i^ui citer des chanteurs qui ont une voix de léte remarquable, bien que privés de voile |>a.dtin; j'ai vu un fait de ce genre.

Golombat a rapporté le fausset à une glotte supérieure formée par félévalion du larynx, les conli actions des muscles du filiarynx, du voile palatin, etc.; les objectious sont les mêmes.

Mîiller soutient que, dans la voix de tête, le bord seul des cordes vocales entre en vibration : mais ce regi.stre peut avoir autant d'étendue et de puissance que la %(n\ de poitrine; les replis inférieurs vibrant fvtr leurs bords, donnent dessous mixtes ei non des sons de fausset. (Garcia, Segond.)

Pour MiM. Diday et Pétrequio, dans les sons de fausset, l'instrument vocal cesserait d'être une anche à lamelles élasiîque>, et deviendrait une flûte. Mais rinstniuiem vocal n'est ni l'un ni l'autre : d'ailieur!» comment expliquer ainsi l'enjambeiuenl lie? deux registres, la puissance et i étendue de la voix de tête?

D'après M. Segond, la voix de poiltinr serait produite par la vibration des n tu<> vocales inférieures, et la voix de tête f^*

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