DICTIONNAIRE AME
prêté par beaucoup de ses commenta teurs.
Entre le spiritualisme hébraïque et ] spiritualisme grec, il y a de notables dim rences è côlô des analogies qui vienne! d'être signalées. Le premier pose les pnn cipes, comme il les a obtenus , comme <> les lui a donnés, sans démonstrations scien tifiques, sans raisonnement compliqué , \m aussi sans être assiégé par l'erreur ou pnr i doute; puis il en pose les conséquences \m tiques et les poursuit sans être arrêté |> aucun obstacle; son caractère est surhinn/o Tout en lui , pensée , parole, action, a I cachet de l'inspiration divine; c'est l»i Dieu qui parle, l'homme en est l'écho fidc et il obéit.
Le spiritualisme grec a reçu les princi| par la tradition mosaïque, mais il veut .
Poursuivre par des procédés scientifiqms t environner des^ pompes spéciales propres la poésie hellénique ; dès lors il hésite , dévie, et se mêle souvent au panthéisme, .. sensualisme, au matérialisme qui ralièrer et l'égarent ; il perd son unité , son harm nie, sa sévère et sublime simplicité, ce trj> caractère de ce qui est vrai. Cependant c^i travaux ne furent point perdus ; l'henniH n'est mattre des ventés qui lui sont ens^i gnées, que lorsqu'il les a retrouvées et véini fiées par lui-même ; il semble même qu'elhl ne sont pour lui bien solides et bien coiii plètes qu'après de longues luttes contre J erreurs qui lui sont contraires.
La même marche a été observée poil le christianisme. Les premiers chréiiei croyaient fermement et discutaient peu c'est par leurfoi, leurs convictions profoiiil et unitaires , la grandeur et l'évidence i leurs principes, les merveilles deleurs œ\x\ re des interventions providentielles, qu'ils se tourèrent de tant de disciples et qu i créèrent le monde nouveau, le monde cli^. tien. Plus tard, la lutte commença aussi s^
Hi
le terrain de la science et de la philosoplii alors reparurent les formes et les forniu grecques ; alors aussi l'on vit apparaître nouveau le panthéisme, le sensualisme , matérialisme, l'idéalisme, le scepticisme, ] hérésies religieuses et philosophiques av toutes leurs combinaisons et toutes leurs ^ riétés; alors l'Apôtre prononça celte grai sentence : Oportetet ktereies esse ; l'hérési e
f)ourla venté, ce que l'ombre est pour umière ; elle en lait ressortir les splendem elle met en relief tous les contours. Vo pourquoi les premiers Pères de l'EscUse, saint Augustin,les saint Thomas, les Bossu*
f Qaelest le principe qai imprline le monvemen notre Ame ? Dieu est partout dans l'univers, tout émane de lui. La raison humaine nVsi | seulement cette raison elle-même, mais elle ti<fi| quelque chose de supérieur, à Dieu , Xo^ryj àpX*i, où X^yoç, àkXà xi xpsTmv- t( oyv xp.zfT 3lv xal iittatij|AT]ç «fiioi, «Xijv Bt6ç ; la vertu 1 rinslrnment de Fàme, i^jàp àptxh toO vcO T«vov. I (Aristote, Morale à Endème. liv. i cbap. U, p. 369, 1597.) [L. Bo\iui.] ^
AME
oftinsocié les travaux philosophiques d*An^tnle, de Platon et de leurs écoles, sans brvUigper même les écrits des stoïciens et <ie$ seosiialistes « aux traditions hébraïques cl ciiràiMUies, pour unir l'œuvre divine aux <i«mts humaines» afin de s'accommoder aux itib!â$e»de notre nature, et d*obéir à cette Vji -k Créateur qui a voulu rapprocher en tktfptr des liens légitimes la théologie , la ;Obophie, la science entière, i ftole de saint Thomas» qui est aussi celle (r ^«Bt Augustin et h laquelle Bossuet se ratii'h^ est celle qui a le mieux fait connaître l«9c humaine dans son ensemble; c'est là que Dous devons puiser les plus importants oiiéruux, pour la présenter avec ses véritay^ caractères. Nous nous attacherons donc t doooer une exposition très-étendue de la iticihBe de saint Thomas à ce siget, après i^ïir parlé de celle d*Aristote. C'est la meilleure ÎDtrodttction que nous puissions offrir, puur préparer nos lecteurs aux diverses fiu*;stMHis psjchologiques qui seront traitées JâDs plusieurs articles de ce Dictionnaire.
H — ElOB W L^AMS D*APBfc8 PULTON.
Urarae ^ wemiers philosophes grecs
KîTtiMbftQteii ïgypte, cette phrasé de la
GtDèse,c Fdsoas rhomme à notre image, »
étail tndaite et inierprétée tantôt dans ce
Sffi<,tiaU( daas un autre que voici: « Fai«
SOIS lymme d'après l'idée conçue dans
Gctre isfiil ; • les partisans de cette pensée
éiiii>'incDi simplement cette doctrine, aue
thaï smi bit le monde d'après ses idées,
ct^^ueiottsles êtres, pénétres de ces idées
ffi^fflâStpriflcipes animateurs, imitaient Dieu,
thaeim d'après sa nature : c'est la doctrine
de rmUêtian, Quelques-uns , personniGant
les idées divines, en firent des êtres distincts,
éîDâûis de Dieu, qui animaient tout (doctri-
^desématuUionM^ célèbre chez les néo-
;!itoQJciens}. Ces idées furent conçues de
trz des manières : tantôt on les considéra
<^'32&e de simples forces physiques, vita-
*i. loimales, humaines, démoniaques^ etc.;
^Uomme de véritables êtres spintuelsi
^«' i^cts de Dieu , luttant avec lui» quoique
"^r^i de son sein, et de là naquirent les
^?iiu)logie$ et les polythéismes vulgaires.
U dijctrine réelle de Platon , choisissant
<u milieu de ces interprétations diverses,
^J' rapprochée de la véritable doctrine hé-
^^{ue: pour lui, il n'y eut , ainsi ^u'on Ta
^ précédenunent , quun Dieu unique oui
«vatf créé toutes choses d*après ses idées
^^raelles ; ces idées ne sont point des êtres
jbtiods, séparés de lui, elles font partie de
^ essence ; elles sont unitaires et harmo-
L'homme, lUt à Timage et à la ressemtiioce de Dieu , est composé d*un corps et <t une âme: celle-ci a une force qui dirige '« actes véj^taliCs, une autre pour les actes ^itifo-ammaux, une troisième qui accoml^t les actes intellectuels, moraux, relitî<u,etc.: ces Iroisforces se rattachent à une
mtoie substance, TAme immortelle qui les dirige d'après le but qu'elles doivent remplir. Le corps est le char , les forces sensitive, concupiscible et irascible sont les coursiers, mais ne font qu'un seul attelage que l'âme dirige ; Tâme et les coursiers, dans leur ensemble, font aussi un tout, le principe directeur et actif du char : ce principe est le moteur ; le chariot est le mobile , la chose passive qui est entraînée dans l'espace.
Platon n'a point, en apparence, la marche méthodigue et rigoureuse d'Aristote , il ne trace point aussi nettement la distinction des trois forces végétative, sensitive, intellectuelle : il ne fait pas sentir avec autant de précision leur union substantielle ; comme physicien et naturaliste, il n'a pas la science analytique et expérimentale de son disciple : il cache cette science même sous des formes brillantes et poétiques , et parait caresser souvent les superstitions populaires, pour les ruiner sourdement avec une merveilleuse adresse ; mais au fond , sa doctrine a les rapports les plus intimes avec celle du philosophe de Stagyre.
Nous donnerons par la suite de nombreuses preuves en faveur de cette opinion ; nous nous contenterons, pour le présent, de reproduire ici une note que nous avons publiée dans un autre ouvrage*
« Quelques amis ont paru craindre que, par un amour extrême de la conciliation , nous ne soyons conduit à identifier des doctrines que Ton regarde , à tort , comme radicalement antagonistes, par exemple le platonisme et l'aristotélisme. HAtons-nous de les rassurer : nous sommes convaincu (et nous espérons le démontrer irrécusablement), que les doctrines de l'Académie et du Lycée, différentes sous certains rapports, sont tout à fait semblables au point ne vue des idées
f>rincipales puisées aux mêmes sources, dans a révélation primitive et dans la conscience intime de l'humanité, c*est-à-dire dans cette double lumière divine qui nous éclaire tous au dehors et au dedans. Si l'on croit généralement Je contraire, c'est que l'on compare habituellement le faux Platon avec ie faux Aristote. Dès qu'on leur arrache le masque sous lequel la plupart des traducteurs et des commentateurs nous les ont cachés , surtout
1)endant le xvui' siècle (dont nous avons trop ongtempssubi l'influence), l'erreur se dissipe et la vérité brille de tout son éclat. Pour le démontrer, il suffit d'invoquer le témoignage de ces deux grands philosophes euxmêmes, bien traduits sur leurs textes et bien interprétés ; il suffit de recourir aux chefs de la haute scholastique, de la renaissance , du xvn* siècle ; il suffit, en un mot , de substituer l'histoire è des romans historiques plus ou moins ingénieux dont on nous berce encore, comme si nous n'étions que de vieux enfants. Parmi les nombreux auteurs de premier ordre qui ont reconnu les liens intimes qui unissent Aristote et Platon, nous n'en citerons que deux en ce moment, Cicéron ei saint Thomas.
PhUonU auUm ameiarUate , qui vorim e*
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miUtipkit et capioBUi fuit, una et eon$erUi9n$ duobuê vocabtuis philosopkiœ forma instituta est y Aeademicorum et Peripateticorum ^ qui rébus conaruenteSy nominious dijferebant..^ utrique Platonis ubertate camplett, QtuB qui^ dem erat duobtui primo, ut dixi , nomimbus una. Nihil enim inter Peripateticos et illam veterem academiam differebat, Abundantia quadam ingenii prœstaoat , ut mihi videtur, Aristoles ; sed idem fons erat utrique , et eadem rerum expetendarum fugiendarumque
{artitio. (Gicer. , Academ,^ lib. i, cap. 9.) .'opinion de Gicéron serait, comme on le voit, bien absolue , si on l'acceptait dans toute sa rigueur.
Ecoutons maintenant saint Thomas : Aris^ toteles plerumque quando reprobat opiniones Platonis, non reprobat illas quantum ad opi^ niones Platonis, sed quantum ad sonum ver* borum ejus. Omnia enim Plato figurate dicit, et per symboladocet, intendens aliudperverba quam sonent ipsa verba : ideo ne aliqutspropter ipsaincidat in errorem, Aristotefes disputât contra eum quantum ad id qttod verba ejus sonant... « Quand Aristote semble combattre Platon (dit le docteur Angélique, qui avait tant étudié ces deui beaux génies), il attaque seulement le plus souvent sa forme , son élocution, plutôt que le fond de sa pensée : c'est qu'en effet, Platon se sert ordinairement d'un style figuré, de métaphores , de symboles qui voilent sa pensée même ; c'est pour que ses lecteurs ne s'y trompent point, qu' Aristote a le soin de combattre ces expressions, ces formes vicieuses , afin de les rectifier. » (Saint Thomas, Comment, sur le traité De anima d'Aristote, lib. t, lect. 8, t. III desŒuv. complètes in-fol., ir part., p. 21.)
La doctrine de Platon est difficile à comprendre, parce qu'il est trop ample, trop poétique, trop symbolique, trop figuré ; parce qu'il met des personnages on scène sans que 1 on découvre aisément quel est celui qui parle en son nom ; parce qu'enfin ses theo* ries fragmentées ne résultent que de l'ensemble de ses écrits. Aristote , de son côté» est concis, obscur , nerveux ; il fait mille détours pour éclaircir à fond chaque sujet, et ne conclut définitivement qu'après avoir démontré ; souvent un mot , msignifiant en apparence , éclaire seul toute sa pensée. L antagonisme radical (38) (jue l'on a cru trouver entre ces deux génies législateurs, tient à ce qu'on n'a pas suffisamment lutté contre ces difficultés, dont on peut , sans trop de peine, donner la clef aux hellénistes versés dans l'histoire de la philosophie. Cette clef se trouve surtout dans Albert le Grand et saint Thomas comparés aux Coïmbrois, à Marsile Ficin et à ses disciples , à Bossuet. Cette clef, une fois découverte, peut être beaucoup simplifiée ; alors on est étonné de l'accord qui règne entre eux dans les profondeurs de leur pensée , et des immenses
(58) M. Cousin, par son ingéniense classification des Qoctrines philosophiques, et par son magnifique talent d'exposition a beaucoup contribué à répandre ces idées d'antagonisme : mais dans ses
trésors que Ton peuty puiser àpleines mains alors aussi la philosopnie moderne et i hi> toire humanitaire s'éclairent de vives lu mie res, (lue Ton commence à entrevoir aujout d'hui^et l'on comprend pourquoi chacun de nos écoles philosophiques a un Platon e un Aristote qui ressemblent médiocrement ceux d'une autre école (quand ils n'en diik rent pas tout à fait), parce qu'ils ressemblepeu aux véritables modèles. Nous espéion dans la suite de notre travail et surtout dm des études spéciales, faire partager à n< lecteurs nos profondes convictions.
Ces réflexions s'appliquent à beaucoufl d'autres auteurs, philosophes et méder in-^l Nous les plaçons ici afin que l'on ne se Iki. point de croire que nos tendances concila trices sont une entreprise neuve et lémér.nr
Ïui ne repose sur aucun document po>it i lies ont pour elles l'autorité traditionnt r des plus grands esprits trop 1ongtem[>s un connue, des textes irrécusables, et les hn mêmes de la nature humaine. Quand il s'nu] d'idées législatrices, il y a toujours entre it eénies du premier ordre de Tarses surl^i( r*^ ue contact, de môme qu'entre les axiomes vrais il se trouve constamment un rA[)[init intime, même quand ils semblent contrdiiictoires. Le but suprême de la science pro gressive consiste à trouver le lien, leuioyei de transition , malgré les résistances et k réclamations de ceul qui en nient Texistenc par cela seul qu'ils ne l'aperçoivent pas.
Nous affirmons que Platon n'admet clio l'homme qu'une âme unitaire douée d plusieurs facultés. Cette doctrine est é\\ dente quand on médite Platon; la doc trine opposée , quoique dominante de puis plus d'un siècle , ne soutient poii un examen approfondi. Nous pourrions c; ter un grand nombre de textes : boriiOis nous aux suivants qui sont démonstratil^
fijiTv eî8ïi xat(f>xîaTat » {Ttmée de Platn!
« Ainsi que nous l'avons répété souveni. y a dans notre Ame trois forces ou faciiti (e(5ii) ; chacune a ses mouvements, ses Un ces motrices; il y a ainsi dans notre âni trois sphères, trois régions , tou; xozXç tôtio TT^ç ^X^S' Chacune des facultés de Va me n^ particulièrement sur une région centrale d corps : l'encéphale , la poitrine , le systt n abdominal. De ces facultés, Tune est raisui nable et raisonnante (Xoytotixbv) , elle àpx^vtl/uYTîç &6dtvaTov, le principe immort' inaltérable ; l'autre est àXoYtTctx?iv , ê--0 litjxtxbv, instinctive , concupiscible (c'est
J)lus inférieure) ; la troisième (moyenne) < e eufi6ç, Oupiosiô^ç, placée entre les deu\ Cette doctrine est surtout bien dévelof»!" dans le iv* livre De la république, Pl<«i( découvre d'abord dans Tâme deux facnlt diverses : l'une, source de la raison et (i raisonnement, de la pensée • l'autre , soiir
écrits mêmes on trouverait de puissants art' meots pour les combattre. (Voy, Morin, Diction, a philos, scolast. Collecta Mighe.)
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DK PHYSIOLOGIE.
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éfs désirs» des besoins corporels (par celle-
nooastroos soif, faim 9 etc.); ces deux
ijciillés, il les nomme bien Sûo^filverSiiiv
'^.fl/tétn ((>ag. 367]. La troisième faculté
k4? tsi aussi pour lui un elSoç ou àpx^ f^ç
vriristaÇtUne faculté ou force principe de
moineffient. Les textes de Platon n'offrent
lurjitf ambiguïté. Le chef de rAcadémiey
oiçercM-on» dit quelquefois «puxfic vÀpi\ des
r^rtes de rftme. Mais il dit souvent y^épit xa\
iSr* des parties ou lacultés» et Aristote, aoat
'■• Dooopsvchisme n'est pas douteux , s*ap-
^ sur riatoa , admettant xpificpoOc Bï tyjç
ie^;'iÊ^fiœn\^tnfÇ xaxà O^tcuva Dans son
Wié ii placiiis Bippocratis et Platonis , (kiieo dit que la doctrine d'une seule âme diiQrc de trois facultés est commune à Hippocnteet à ses deux disciples Platon et Ansîote; il emploie |aI^ (parties) comme .My4iTme d*eis^ et àpxttl^ c'est-à-dire de faciihéi'et principes. Remarquons d'ailleurs qo6 Platon met toujours ^rfiç au singulier: ifiTitrcHS parties, facultés, principes de vKiQveiDe&t dans notre Ame unitaire. » On dit encore : Pourquoi Platon assigne-t-il à refiac^tésun siège corporel différent? On ^eol qu'un spiritualiste donne à une faculté ttemyonUe im siège matériel, et l'on prête à¥\ateAnneweiUe énormitél Pourtant, la peosèe te tmtoophe grec est bien claire ; chaqQelkuitéa^daDS le corps , un siège prisoftl d'actioo, on instrument, et non pas une imâikm où elle est matériellement bk. Qu'un matérialiste attache la pensée, rmovr, e(e... à un point matériel , cela est ^rt^ïopqae pour lui, puisque c'est un,e parue (fa flerreaa qui pense, une autre qui aime, flBf traisiéme qui se souvient, etc.; mais imposer cette doctrine à un spiritualiste, c'est une aberradoQ qui ne saurait s'expliquer que par les Tîees de ia doctrine matérialiste ffiAoe, bénssée de contradictions, et partout es <)ppositioQ avec l'expérience la plus sim- }k, la rsKon la plus commune, la morale la }^ mj^oire. Saint Thomas explique très- Wlû le sens du mot partes animœ. Potentiœ •K^t dieu9Uur partes ipsius: très partes 9Êkm c^mmuniier assignantur^ scilicet ant- ^''fftabUiStêenMibilis et rationalis.lSumm. ^^ prima pars » quœst. 88 , art. 1 .)— Les f^mtés de l'Ame sont nommées ses parvi.ilja donc dans l'Ame trois parties:
'ixe fégétatire, l'Ame sensitive , l'Âme in-
^itctire Ainsi, quand on dit l'Ame végé-
'^t, sensitive, intellective, c'est comme si '9 disait la partie ou virtualité ou faculté »«fi!UtiTe, sensitive.... Dès lors, sa conclu- ''V'.. dont les termes ont prêté à divers abus, f^itot claire: Quinque aistincta suntpoten^ ^-o^m aniwut gênera , vegetativum , aenatlt- '^,afpetUivumf motivum secundum locum^ "'fUtctitum; ires animœ^ vegetativa^ sensi- *n,inteUe€tiva; quatuor modi vivendi ^ vei'^utrum , sensittvum , motivutn secundum ''P>«, UUeUeetivum*
le passage de Barthez que nous avons '^' ( roy. Réflexions et commentaires sur '* physiologie , t. H , p. 551 ) , prouve ^«biên notre illustre charcelier trou-
vait étrange qu'on plaçAt entre TAme pensante et le corps une seconde âme «uftstantieïle , moitié spirituelle moitié corporelle, servant d'intermédiaire entre les deux. Un pareil être serait semblable à la chi* mère antique. Rien au contraire de plus logique, de plus naturel, que d'admettre dans l'Ame unitaire une faculté viviGaue servant à unir au corps les facultés intellectuelles et morales, et constituant ainsi le lien du physique et du moral. Telle est la pensée exprimée dansla Genèse et développée par les Pythagoriciens, Hippocrate, Platon, Anstote, etc. Dans la tradition judaïque, la vie (la faculté vivifique) se manifeste surtout dans le sang, oui, par là, est un des grands liens entre 1 Ame et le corps : c'est précisément ce que dit Hippocrate : « Le sang est le lien (^^pF^a) entre l'Ame et le corps ; » aussi, ajoute-t-il : « Sanguis facit desipere. — Les altérations du sang et des fonctions vasculaires produisent la folie. » C'est en poursuivant la même idée qu'Aristote regarde le cœur comme jouant un çrand rôle dans l'exercice des facultés sensitive et intellectuelle; mais cette action du cœur, ainsi qu'il le fait remarquer, n'est point immédiate. Pour Galien, qui accepte cette doctrine, les facultés vitales (dont l'action se rattache spécialement au système va.v culaire et à l'hématosek servent de liens aux facultés naturelles (celles de la vie nutritive) et aux facultés animales (de laviede relation). Ces idées fondamentales du mosaïsme, ne l'hippocratisme, du christianisme , étendues et perfectionnées dans le sein de notre Ecole depuis son origine , forment une des bases du stahlianisme. Grimaud a très-bien com-
Eris l'importance du monopsychisme mosaïcoippocratique de Montpellier et de Stahl : « Ce beau génie (Stahl) avait bien vu, comme Hippocrate et tous les philosophes théistes, que la raison d'individualité d'un être vivant ne pouvait se trouver que dans Vunité du principe qui l'anime.» (G&iHAUD,PAysio/.c. 4, p. 326.)
Du reste, M. Lordat a cru longtemps, ainsi que Barihez, que la substantialisation de la force vitale est une hypothèse, aussi bien que Tanimisme, et qu'il faut s'en tenir à l'unité vitale, comme un fait, sans chercher à l'expliquer. « C'est cette unité et cette harmonie qui ont de tout temps frappé les médecins, et pour l'explication desquelles ils ont souvent admis des causes hypothétiques, telles que des êtres d'une nature intermé^ diaire entre Vàme et le corps^ ou Vaction mmédiate^ non réfléchie et ^on sentie^ de l'être pensant.» (fLLoRDAT, Conseils sur la manière d*étudisr la physiologie, 1813, p. 121.)
Nous croyons que le monopsychisme dynamique de Stahl , auquel on peut ramener aisément le double dynamisme de M. Lordat, peut servir de base à la théorie médicale la plus satisfaisante, en ajoutant encore quelque chose à la circonspection dont Stahl nous a donné l'exemple , après Hippocrate et les hippocratistes de Montpellier. M. Lordat, avec les-qualités éminentes qui le distinguent, a répanou dans l'anthropologie une foule de
Tues lumineuses dont nous devons profiter.»
m. — Etude de l\iie diaprés âristote* i . — PréUminairei.
L'Ame dont il est question dans Âristote» n'est pas Tâme humaine en particulier, mais l'âme en généra], l'Ame non->seuIement dans l'homme , mais dans tous les êtres animés. L'Ame est en quelque manière le principe de tous les êtres vivants.Partoutoùilva vie, il y a une Ame qui est le principe des actes vitaux, n suit de là que celui qui n'observerait l'Ame que dans un seul être n'en aurait qu'une idée imparfaite. 11 faut l'observer dans la nature tout entière. Pour connaître les facultés de TAme , il faut les étudier dans leurs actes, la sensibilité dans la sensation
DICTIONNAIRE AMK 5|
la sensibilité, la locomotion, l'entendemerl avec leurs degrés divers, voilé, suivant Aii^i tote,les grandes manifestations de la vkI par là elles s'échelonnent et se distingue ri dans la série des êtres. Seule l'Ame huaiainj possède la faculté supérieure de renterKi^j ment, ce qui suppose trois autres facult h inférieures; car, d^ même que, dans la sén des nombres, le terme supérieur comprenl nécessairement tous les termes inférieurs, g| même la sensibilité ne va pas sans la riu| trition, et l'entendement sans les trois auu facultés.
Lapensée, lasensibilité, la nutrition, c'estdire fësfonctionsdelaviesontdonc,selon Ar
ion , stote,les attributs d'une même Ame ou d un rintelligence dans rinlellection. Pour appro-^ forme unique, en vertu de laauelle l'hon)n: fondir les actes , on doit pénétrer dans leurs possède à la fois la vie, 1 animalité et la^ raisc ;n
objets, pour la sensation, dans le sensible, pour l'intellection, dans l'intelligible. La méthode consistera donc à observer l'Ame, non point seulement en elle-même , mais aussi dans les objets avec lesquels elle est en commerce, objectivement, aussi bien que subjectivement.
Aristote n'a pas négligé, comme on l'a dit, la méthode subjective de la psychologie moderne, silargement emplovée par Platon ; mais il y a joint aussi la méthode objective trop légèrement mise en œuvre par son maître.
1* Définition négative de tâme ou méthode aexclusion. — L'Ame n'est ni un certain élément matériel , ni un mélange de tous les éléments; elle ne meut pas en ce mouvant matériellement; elle n'est pas un rapport harmonique ; elle n'est pas un nombre , une quantité qui se meut; elle n'est point un composé , ni une portion, ni une émanation d'une Ame commune à tous les êtres d'un même genre.
2" Définition négative ou propre. — Dans tout être on peut distinguer et séparer logiçiuement la matière première indéterminée, la forme par elle-même ou principe actif qui le spécifie, et enfin l'être réel complet composé de niatiire et de forme.
Tout être vivant corporel est de ce dernier genre ; son corps est son agrégat matériel ; son âme est sa forme, son entéléchie, son principe animateur avec ses facultés animatrices. L'Ame d'un être vivant est Ventéléchie première d'un corps organique ayant la vie en puissance, ce qui veut dire qu'elle est le premier principe de vie et d'organisation dans tous les êtres vivants.
Tel est le caractère commun essentiel de toutes les Ames sans exception, depuis la première jusqu'à la dernière. L'Ame èvréXexesa mérite bien ce nom, car elle est <v, une^ tx<ov tOoç, ayant un but.
L'Ame [considérée en général dans la série animale est inhérente au corps et périt avec lui. Peut-être chez l'homme est-elle séparable, immortelle, et survit-elle au corps , conservant sa faculté supérieure. Nous prouverons plus tard quune affirmation catégorique remplace ce doute émis d'abord par Aristote sur l'immortalité de l'Ame humaine, tant qu'il n'a pas démontré sa nature. La nutrition^
Telle est aussi la doctrine de saint Thonin L'Ame, d'après lui, comme d'après Aristru est le premier principe par lequel nous wni nourrissons , nous sentons , nous nous nuiu vons dans l'espace, et enfin, nous pensoi s
Celte opinion était en vogue au movei Age; on la retrouve dans toute sa vigueur (Jf| temps de Montaigne; laissons parier Charro/ij son contemporain et son ami : « La [)IiH commune opinion sur l'Ame est qu'il n y en y en chacun homme, qu'une en subsiarue cause de la vie et de toutes les actions.... laquelle est garnie et enrichie de diverses ta cultes et puissances, merveilleusement ditU; rentes, voire contraires les unes aux auiK s selon la diversité des vaisseaux ouinstrunien dans lesquels elle est retenue, et des oh'y-A
qui lui sont proposés ni plus ni miàr)
que le soleil, un en son essence, déparu^n ses rayons en divers endroits, échauffe en ui lieu, éclaire en un autre, fond la cire , sèi [ la terre. » Traité de la sagesse, V livre, cli< pitre sur tâme humaine en général.