De la pat ne senMvû, ou teMibUilé en
généraL
A. — Partie inrérieure de la force sensitiYC. - '
Pour comprendre ce que c'est que sentir, il faudra étudier ies cinq sens, qui sont le toucher, le goût, Todorat, l'ouïe et la vue ; chacun d'eux réside en un organe et perçoit les objets qui par leur nature sont propres à l'affecter. Il y a de plus un sens commun qui est le premier sensitil : celui-ci réside dans l'organe central de la sensibilité, et compare les données des sens particuliers.
Sentir, c'est être modifié, mais non d'une manière quelconque, car il y a une différence essentielle entre la modification de l'être inanimé, et celle de l'être sensible : le premier est modifié sans le savoir, le second le sachant.
La sensibilité a deux manières d'être, en puissance, en acte : par exemple elle est en
fiuissance dans l'âme qui dort; en acte dans 'homme qui veille.
Il lui faut pour entrer en exercice une excitation venue du dehors. Il est évident qu'il est impossible de voir sans objet visible, de toucher sans obiet tangible, de sentir sans objet sensible : de même il est impossible de voir, de toucher, de sentir, sans objets extérieurs.
L'objet sensible l'est en soi, ou J*est par accident; l'objet sensible en soi, Test encore de deux sortes ; t7 est propre ou commun, Aristote appelle propre ce qui est senti par un certain sens, et qui ne peut pas l'être par aucun autre, par exemple, la couleur, le son, la saveur (39) .
Il appelle commun, ce qui peut être senti par plusieurs- sens à la fois, ou même par tous : ainsi, le mouvement, le nombre, la figure.
Les objets communs ne sont pas susceptibles de contrariété : ainsi une figure n'est pas contraire à une autre figure.
Le sensible par accident est ce qui est perçu par les sens, bien que ne s'y rapportant pas, ou par un certain sens, bien que se rapportant à un autre. Exemple : Je vois un olqet rouge, et c'est un fruit amer : le fruit est visible par sa couleur, et non par son amertume; de sa couleur, je puis, par des inductions, conclure son amertume, mais alors celle-ci ne sera connue qu'accidentellement parla vue; l'amertume sera visible par accident. C'est au cœur que réside la sensibilité comme en un organe premier qui ne fait
Su'un avec elle, mais dont l'essence est bien ifférente (40). Tous les animaux possèdent
(39) Il est k remarquer que les objets propret renferment une ou plusieurs opposiiions : tel est, dans la couleur, le contraste du blanc et du noir ; du grave et de Taigu dans le son ; du doux et de Tamer dans la saveur, etc.
(40) L*onginc de cette opinion singulière sera expliquée plus tard ; Aristole regarde le sang et le système vasculaire comme les excitateurs et les agents principaux de la sensibilité.
(4<) On peut dire que Tàme des animaux est définie surtout par d<;ux choses, la connaiasanoe et
la sensibilité, e'est-à-dire la fiicolté qui los constitue essentiellement.
La sensibilité est d'abord en puissance chn l'homme, et pour passer à l'acte, elle a besoin du concours de quelque objet dont rimpressioh l'excite. La sensation résulte;.^ donc d'une impression de l'objet sensible qui met en acte la faculté de sentir. La son sation ne porte pas sur la matière, ruai sur la forme ; elle nous est donnée pour con nattre la qualité des oorps.
C'est en comprenant la sensation de cett manière qu'on peut dire qu'elle est en pui sance.
Toute sensation s'opère k l'aide d'un m\ lieu qui est tant6t une partie même du corps el tantôt un corps étranger, par le xnoyvi dnauel nous pouvons percevoir de plusièm côtes et de plus loin. La sensation est sii^ ceptible de plus et de moins : elle est pju ou moins énergique, plus ou moins claire ci distincte. Elle ne connaît que par un obj sans lequel elle ne pourrait pas passer Vi acte, de sorte que la destruction delà chos sensible entraîne celle de la sensation. A c b.i que genre d'objets sensibles, la nature a io i correspondre un sens. La puissance son^r tive constitue l'essence de l'animal. Son ai \i propre est la sensation qui a pour objot U\ choses sensibles. Ses parties sont les ciii sens particuliers * et le sens premier ou con mun. Les actes de la sensibilité sont dcH< minés et caractérisés par le plaisir ou par peine : d'où résultent pour l'animal les dési et la passion, en un mot l'appétit, prinei immédiat de la locomotion.
La sensation n'atteint jamais l'universel ( si ce n'est par accident, c'est-à-dire en i; (jue l'universel est continu dans chaque ( jet particulier; elle ne portera que sur choses particulières, les objets sensibles et choses mdividuelles et extérieures.
Ces notions connues, nous allons passe l'étude de chaque sens en particulier.
1' Du toucher. — Le toucher 8'ap]>lû proprement aux qualités particulières corps en tant que corps : on entend pa les caractères par lesquels se définissent éléments, savoir le chaud et le froid , lo et l'humide. Le toucher perçoit aussi low qui a du poids et de la légèreté; il ju^c angles.
L'objet du toucher est donc le tangil>lt^ tangible étant une des espèces du seiisi ou plutôt le tangible par excellence, doit fermer un certain nombre de contrarié nous venons de le dire plus haut.
Ce sens perçoit encore le non twngihte :
le mouvement. Mais il est un être animé, TIioi^ chex qui ces deux actes s^ezécutenl d'une mai supérieure. En effet la pensée cbex lui vi<2j joindre à la sensation. C est une action qu î i| principe dans la volonté et qui part d'uim i libre et moral.
L*bomme donc seul entre tons les êtres n i est doué d'entendement et de volonté. C'o^^t cette partie de notre &me que réside notr< sence.