AMR
AME
&, Anstole eompreDd les choses si peu tangages qa'elles ne semblent pas Têtre du tout, par eiemple l'air, et celles, qui, Tétant au contnire a l'excès, détruisent la sensation ptf tear Tiolence même .
Afvoprement parler, le tangible est ce iooiana la perception par contact.
B Mt y avoir quelque milieu entre le tou^ as et son objet, de même que pour tous bseos, quoique cela soit ici un peu moins ^fidefit : la chair servira de milieu entre Tobjet seKÎble et l'organe primitif du toucher (fi esl tout intérieur, et qui n*a pas reçu de BOffi. Quand on veut opposer le toucher aux astres sens, il faut s'exprimer ainsi. Les autres sens perçoivent de loin, le toucher per- (oil de pres. .
KoQs venons de iSiire connaître l'objet et rofgane du toucher : mais nous n'avons pas él ooounent nous sentons cet objet par cet 6i^e. Eh bien I ce sera au moyen de leur uiureUe relation. Il faut que l'organe de ce sens sml,en puissance, ce que le tangibleest e&icie.
Une peut pas y avoir d'animal sans le tou-
dier : certains animaux imparfaits n'ont pas
inUrt SOS : aucun n'est privé de celui-là,
wtewi'il est la condition de tous les êtres :
B eâ. \e ^ commun et le plus nécessaire
de Uns.
Les wlfes seas servent au bien-être de
ruDDifr/elMicher seul lui est indispensa-
Ue. betei^ sans lui, il serait impossible à
TiBBil de s'attacher à certains objets ou de
ksMer, el par suite de se conserver lui-
atee. Ca sens est le seul dont la perte en-
intekffiort. En effet, les objets des autres
Mfls, leb que les couleurs, les sons, les
odews ne tuent l'animal que par accident.
Vais la nolence et l'excès des Qualités tangibles, comme le chaud, le froia ou la dureté, peavent produire la mort, car l'excès de loote qualité sensible détruit l'organe qui s^ i la perceToir, et de plus, le toucher ^ ce qui constitue essentiellement l'anin^al . ^«st Je premier de tous les sens : tout dans iseorps, les os, les veines, les nerfs, la peau, tm est disposé en vue de ce sens.
U toucher est proprement le sens de l'ali- >3ts(ion« Tous les animaux, en effet, se <9vnssent de choses sèches ou liquides, àiadts ou froides, et ce sont là les objets pfopres da toucher. Ce n'est que d'une façon tthrecta qu'il s'applique aux autres qualités da corps.
U toucher est très-parfait chez l'homme ; pour k» autres sens, l'homme est au-dessous de bioi des antmaux : mais pour le toucher, il leur est supérieur à tous.
t Du f otU. — Le goût a pour objet propre la saveur : la saveur renferme une contnhéié fondamentale, celle du doux et de *imer. La sapeur n'est autre chose que cette JuiKié, provenant du sec et de l'humide, et wstnt passer le sens du goût de la puisttooe à l'acte. Ainsi la faim est un désir du ^ et du chaud, la soif un désir dii froid et ^ lliumide, et la saveur est, pour ainsi parler, un assaisonnement de tout cela
Le sens du goût perçoit encore Tinsipidet et l'insipide est ce qui a peu ou n'a point de saveur ; c'est encore ce qui, ilcheusement sapide, est de nature à altérer, soit l'organe, soit le sens lui-même.
La faculté de goûter se trouve dans ce qui possède en puissance ces qualités, et elle a pour objet tout corps qui produit en acte ces mêmes qualités.
L'acte du goût paraît s'accomplir, non en émettant quelque chose de nous-mêmes, mais en recevant quelque chose du dehors. Il en est aussi de même pour les autres sens.
D'autre part ne savons-nous pas que chaque sens subit l'action de la qualité qu'il possédait en puissance : en outre, la saveur est la qualité sensible qui a la propriété de faire passer le goût de la puissance à l'acte.
On appelle proprement goût (reOviç) l'acte de la faculté de goûter (YEuoxtx<5v) ; mais l'acte de la saveur n'a point reçu de nom.
C'est par le moyen de la langue qu'on perçoit les saveurs : la langue est donc l'organe du goût.
Le ^oût semble s'exercer par un contact immédiat : c'est la chair qui est le milieu.
Après le toucher, le goût est le plus parfait des sens de l'homme : il est commun, du reste, à la plupart des animaux, car il leur est. nécessaire pour la nutrition, dont il est le sens spécial.
3' De l'odorat. — L'objet de l'odorat est l'odeur. L'odeur est le sec sapide au sein de l'humide. Il jr a deux espèces d'odeurs : ainsi il y en a qm sont étroitement liées aux saveurs, et qut ne sont agréables ou désagréables que par accident. C'est ainsi que l'odeur d'un mets est agréable à celui qui a faim, désagréable à celui qui est rassasié. Il y a des odeurs agréables par elles-mêmes^ telles sont celles qui s'exhalent des fleurs.
Nous avons des odeurs douces, amères, Acres, aigres, acides.
L'odorat perçoit encore ce qui a peu ou n'a point d'odeur.
Le sens qui perçoit ces objets est l'odorat, et la sensation de l'odeur agréable ou désagréable est l'odoration .
Le sens de l'odorat s*exerce par les deux narines : chez l'homme et les quadrupèdes, l'olfaction ne peut avoir lieu sans la respiration : l'olfaction se produit au moment où rhomme aspire^ et cesse lorsqu'il expire^ ou retient son souffle.
Le milieu de l'odorat serait tin je ne sais 9uot, sans nom spécial, et oui, également répandu dans l'eau et dans lair, est à l'odeur et à l'odorat, ce que l'air est au son et à l'ouïe, comme nous le verrons plus loin.
Le seifs de l'odorat s'exerce de loin. Quant au comment de la sensation, il en sera comme des autres sens : l'organe de l'odorat est en puissance ce que son objet est en acte : par là il est capable de sentir l'odeur : il passe de la puissance à l'acte sous l'action immédiate du milieu, sous l'aclion médiate de l'objet, et lui devient semblable. Par là, il sent l'odeur.
^ L'odorat n'appartient pas à tous les ani*
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maux, mais seulement à ceui qui se meurent d'un lieu à un autre; il n'est point nécessaire à leur existence, mais il leur confère une plus grande perfection; il leur est donné, pour que, sentant de loin leur proie, ils puissent la rechercher ou l'éviter, su)?ant les circonstances.
L'homme est de tous les êtres animés le moins bien doué pour l'odorat.
^ A'' De l'ouïe, —L'objet de l'ouïe est le son : •e son est en puissance ou en acte : en puis* sance dans un corps sonore qui ne résonne pas ; en acte dans un corps sonore qui ré« sonne : le son en acte résuite d'un choc : le son suppose deux corps* l'un frappant, l'autre frappé. Cependant tout corps frappé ne résonne pas : ni la laine, m l'éponge ne résonnent : l'airain et tous les corps durs et lisses rendent autant de sons qu'ils sont frappés de fois. Pour qu'il y ait son, il ne suffit pas qu'un corps d'une certaine nature soit choqué par un autre corps ; il faut encore que ce cnoc ait lieu dans 1 air, et que l'air en reçoive le contre-coup : le choc peut encore avoir lieu dans l'eau.
L'écho n'est que le son dans un cas parti* eulier : il se produit, lorsque l'air est relancé, à la manière d'une balle, par l'air qui a éxé premièrement agité. Il semole que l'écho devrait être perpétuel ; mais il en est du son comme de la lumière. La lumière se réfléchit loiqours d'un autre côté, elle n'estpas partout réfractée, comme dans l'eau. Elle 1 est, de manière è produire l'ombre, laquelle sert è distinguer la lumière elle-même.
Le son se divise en deux espèces principales, d'après l'opposition fondamentale du grave et de l'aigu : le son grave, en un long espace de temps, meut un petit nombre de fois l'ersane de l'ouïe; l'aigu, en un court espace de temps, le meut au contraire un
{;rand nombre ae fois. Non que le grave soit ent et l'aigu rapide, mais le mouvement que fait l'un se produit avec lenteur, et le mouvement que fait l'autre se produit avec rapidité.
Il ne faut pas confondre le son, la voix et la parole; les êtres inanimés n'ont pas de VOIX : la voix implique la respiration.
La parole, c'est la voix modulée par la langue, intentionnelle et expressive.
I/ouïe a donc pour objet la parole, la voix, et en général le son. 11 juge par contraste du silence comme du bruit ; u perçoit l'insonore comme le sonore (42).
L'ouie s'exerce par les organes. Entre l'objet et Vorgane, il y a un milieu nécessaire à l'action du premier sur le second. L'objet
à distance. La sensation du son s'explique parla constitution de roreille,organe appro-
Brié k l'audition, par l'air qui ^ est contenu, iais le sens lui-même a son principe au cerveau, comme l'odorat, comme la vue.
De même que l'odorat et la vue, l'ouïe ne
se trouve que çhes les animaux doués do locomotion. Ce sens ne sert en rien à la nutrition : mais il contribue à la perfectiua de l'animal.
5* De la vue. —L'objet de la vue est le visible, c'est-à-dire la couleur. La couleur n'esi pas effectivement sans la lumière, ni la lumière sans le diaphane. Le diaphane n'tst proprement ni l'air, ni l'eau, ni un autre élément, ni quelque corps que ce soit. Ca-^i une certaine eaence commune^ et comme une puinanee non siparable^ répandue en plu? ou moins grande quantité dans tous les corps. Le diaphane a deux manières d'être : cm puissance et en acte : le diaphane en puissance, ce sont les ténèbres; le diaphane en acte, voilà la lumière.
La lumière peut être définie Vaete du diaphane en tant que diaphane; ainsi donc la lumière et les ténèbres, c'est la même essence dans deux états différents.
Chaque sens a dans ses otgetsune opposition principale; les qualités contraires pour la vue sont le blanc et le noir. Du blanc cl du noir qui sont simples, naissent les autn < couleurs qui sont composées.
La vue s'applique non-seulement au visible, qui est en acte ou en puissance, iiiai> encoreàl'invisibleet aux ténèbres, bienquili» en juge d'une tout autre manière; c'est pîir roeii que nous avons la sensation de la cou^ leur : l'œil est l'organe de la vue.
L'œil ne peut voir, la couleur ne peut ùinl vue que dans un- milieu : ce milieu, c'est U\ diaphane ; la couleur meut le diaphane , \( diaphane meut l'œil, et la vue entre en acte La vue s'exerce donc à distance , mais ei ligne directe. Cependant la lumière peut s* trouver réfractée par l'air , l'eau, les coriv lisses ; sans cette réfraction , tous les Iku! que le soleil n'éclaire pas directement Sii raient dans les ténèbres.
Si nous pouvons voir, c'est que l'œil est ei
Suissance ce que l'objet visible est en ai id i nous voyons, c'est que l'œil devient a tuellement ce que l'objet visible est aciui lement. Entre l'acte de l'objet visible, savc la couleur et l'acte de la vue, c'est-à-dire vision, il y a identité de nature bien (îu'e des sujets différents. Aussi n'y a-t-il pas |»h de couleur sans vision, que de vision sai couleur.
Le sens de la vue est le premier, le plt noble et le plus excellent de tous. Beau('«)ii d'animaux sont privés du sens de la vue. C/ii parce que la vue est le principal de nos set que l'imagination a reçu son nom des imam que la lumière nous révèle. L'homme prête les connaissances qu'il lui doit aux donnt^j de tous les autres sens. Quelquefois la v corrige le toucher. '
Nous venons d'exposer rapidement que ques-unes des idées générales d'Âristote s ce que l'on appelle ordinairement les cii sens : mais il en est un, un sixième que no ne devons pas oublier, qu Aristote a ruaiçt
(42)L^aclede lubjet sonore, c*est le son :4*acte de Toale, c*c»t raaditioD. L*oaie xie^ d\i\u\ 4ro dès qve l'objet soaoce Cos§p de réeooner.
AHB
DB PRTSIOLOOIE.
Affie
LfuenÂBtMtrll» et qui Joue un si grand r61e dus sa psycbolo^e; nous voulons parler du sens commun.
JkMiM commun ou premier sensitif, — Les cskqseas que nous venons d'étudier , résidai (omme nous savons dans un organe pirtinber : chacun s'applique à un certain S!3ii«d*objets sensibles et en perçoit les qualiés distinctes ; c'est ainsi que la vue connaît Je blanc et le noir, le goût connatt le doux A l'am^, et de même pour les autres sens. Ifii oon-seulement nous voyons et nous enleodûQs, mais encore nous sentons que nous *ojoQ$ et que nous entendons : il y a donc Qoe même sensation qui nous fait connaître Ticiede lavueetla couleur qui en est Tobjet.
I^nus sommes donc forcés d'admettre que b objets des divers sens sont comparés par quelque puissance qui leur est commune à toos, qui les accompagne tous , et par laquelle chacun d'eux perçoit ses objets propres.
Cette puissance est la sensibilité elle-même coBsidérie comme premier sensitif en son organe ceatral.
Ce sens juge de tout ce qui vient de chaque Km^etsesjugements procurent à l'entendettftAl* hoiM de concevoir des opinions.
CesflL^ ce sens général qu'il faut rapporter h oûtioo de tem», la connaissance des quaotésoooiaaoes des. corjpsi tels que le moujeoa^ réleodue » .la ugure« le nombre et
C^ par cette puissance unique , que nous
ffCTonj appeler faculté, que l'âme sent
toute dioses, mais qui, pour les objets par-
lt*dkt%f se sert de sens Wrticuliers.
Ghaqœ sens reçoit l'influence de cette puis-
OBce cooimune, qui s'ajoute à sa fonction
paitieultopour lui faire percevoir les objets
cmmws et même ses objets propres. Il en
f^^iite que les impressions des sens parti*
lierssoat transmises au siège du sens commun
^ pendant le sommeil et pendant la veille.
U sommeil et la veille sont des affections
ii $315 commun ; ces deux états causent au
l'^ier sensitif, impuissance ou fatigue^ la-
^< impuissance ou fatigue détermine celle
^'-^tessens particuliers dont il estleprin-
c^'t et auxquels il commande. Il est évident
1* le sommeil et la veille étant dans une
'rf-osition réciproque, doivent être rapportés
à ose même partie de l'animal. Nous devons
o^dérer la veille comme un état de l'être
^ %ql La Teille n'est que le libre exercice
ie ia sensibilité ; elle est dans l'animal comme
*« nriocipe de vie et comme une fin. Le som-
an! au contraire est une impuissance pro-
^ate par l'excès de la veille ; il aj^partient
fif conséquent à la faculté de sentir. Nous
r^aiarquerons que les plantes n'étant pas
^iQi^es de cette laculté, sont par suite inca-
t-^f^ du sommei! et de la veille.
Le sommeil et la veille ne sont point des ^'ts volontaires. Pendant la veille il y a '"Q ijfiurs quelque mouvement dans les orga- ^ des sens : pendant le sommeil nos sens ^ Ttposent el ne peuvent rien percevoir en
Dans le sommeil , la sensibilité peut s^ montrer par retour, comme dans les rêves é( le somnambulisme. Les songes doivent dépendre du même principe oue le sommeil : en effet ils appartiennent à la sensibilité , en tant que celle-ci contient Timaginative. Nous verrons plus tard que l'imagination se rapporte au premier sensitif.
Connaissant la théorie de la sensibilité et ses manifestations, nous allons passer à l'étude de la partie intellectuelle de l'Ame. Mais, auparavant, arrêtons-nous un peu sur quelques facultés qui compléteront ce travail.
B, — Partie et facultés sapérieures de la force
sensitive.
V Imagination sensitive. — Entre la sensi* bilité et l'intelligence se trouve une faculté en quelque sorte médiatrice , qui s'appuie h la première et se termine è la seconde : c*est l'imapiinative, xb ^avTaaxixdv. La puissance Imaginative a ses racines dans la sensibilité ; mais elle la dépasse de toute la distance qui sépare la sensation de la pensée : elle est tout ensemble sensible par son origine et intellectuelle par sa portée. La puissance Imaginative comprend trois deçrés, par lesquels, s'éloignant de plus en plus de la sensibilité, elle s'approche de plus en plus de l'intelligence : c'est l'imagination proprement dite, la mémoire et la réminiscence. Au reste, il y a une imagination et une mémoire sensitives; il y en a une intellectuelle. L'imagination est une sorte de mouvement qui dépend d'une sensation en acte dans un être sensible ; mouvement qui persiste après la sensation , et qui, lui étant semblable comme elle est elle-même semblable à l'objet extérieur, le représente quoique absent.
Lorsqu'un objet quelconque se trouve en rapport avec un de nos organes, il y produit une impression, une sensation. Si l'objet sensible s'éloigne, il restera encore quelque chose dans Tême, une notion sensible, aCa6T)(ia.
Nous sentons cette notion sensible comme nous sentions la sensation proprement dite. Cette dernière nous représentait l'objet présent, l'autre nous le représente absent; elle en est l'image, le signe représentatif naturel , çdvtadiLOL, Nous sommes par conséquent amenés à aire que l'imagination est proprement la faculté ae contemple^qi^lque image ou repri* aentation naturelle.
L'imagination s'exerce à chaque instant dans la veille, et de temps en temps dans lei sommeil : c'est dans cette dernière circonstance qu'elle constitue essentiellement l'état de rêv^.
Le rêve ne peut pas se rapporter aux sens. D'un cêté , nous savons que rêver n'est pas voir, entendre, sentir véritablement; de l'autre, on ne peut ni voir, ni entendre, ni sentir quoi que ce soit dans le sommeil profond, quand il est seul : par conséquent, on ne peut avoir des rêves que pendant un certain sommeil.
Cependant certains hommes voient pendant leur sommeil quelque lumière , entendent quelcFue bruit, etc.; mais alors la cause doit
AME
DICTIONNAIRB
AMB
lOS,
être attribuée à leur somnfeil qui est incom- >let9 et auquel vient se mêler quelque veille. *e sont là des sensations imparfaites et non les songes.
La représentation imaginative ne peut être qu'un mode ou une impression du sens commun : ainsi de la mémoire et du souvenir.
2* ilf^otre(43).— La mémoire peut se définir Vhabitude ou la faculté de revoir en soi Vimage , en sachant cpi'elle est le portrait de Tolqet dont elle est l'image et qu'on ti déjà vu.
La mémoire ne s'exerce jamais qu'après un temps écouté: mais elle en implique la notion. Celui oui se souvient se ait à lui-même q\x* antérieurement il a ouï dire, perçu ou conçu ce dont il se souvient. Par conséquent on ne peut pa^ se souvenir de l'avenir : on Tespère, on le conjecture; on ne se souvient pas du présent : on le sent ou on le sait.
La mémoire doit se rapporter au sens commun; car la mémoire suppose l'imagination, dont elle n'est pour ainsi dire que le développement. Et ne savons-nous pas déjà que l'imagination dépend du premier sensitif ? La mémoire implique en outre la notion de temps, qui elle-même nous est donnée encore par le premier sensitif : par conséquent, le principe de la mémoire ne peut être rapporté qu'au premier sensitif.
Nous avons dit plus haut gue la mémoire s'appliquait au passé : par suite, elle suppose toujours l'idée de durée. De sorte que, parmi les êtres animés, sont seuls capables de mémoire ceux qui possèdent la notion du temps.
Tels sont les actes que l'on doit rapporter à la puissance imaginative. Comme complément de l'étude de l'imagination et de la mémoire, disons quelques mots sur la réminiscence, faculté donnée seulement à l'espèce humaine, et que nous ne pouvons par consé* quent passer sous silence.
3* Réminiscence. — La réminiscence, &vd(A- V1J71C , a , comme la mémoire , le passé pour objet; elle implique encore la notion d'un temps déterminé ou indéterminé , et présup-
f>ose l'imagination. Cependant elle diffère de a mémoire. Ces deux facultés ne se rencontrent pas dans les mêmes êtres. En effet, la plupart des animaux sont doués de mémoire : r homme seul possède la réminiscence. Il est à noter que la réminiscence ne consiste qu'à recouvrer^ après l'avoir perdue , une sensation devenue une image. L'une est une habitude, ïÇiç, l'autre \m recouvrement, dvdXi)'4/iç; non le recouvrement d'un souvenir, mais celui de la sensation évanouie.
Il n'est quelquefois pas possible de se ressouvenir : il l'est toujours de chercher et de trouver.
Celui qui veut se ressouvenir n'a qu'à saisir l'idée première, ip^^v, à laquelle est associée
(45) Platon admetuit déjà, comme Arisiote, mais moins neltement, une imagination, une mémoire, un raisonnement sensilifs on animaux, communs à rhorome et aux brutes ; il croyait aussi à une vo* lonté, à des passions purement sensuelles et animales, tout cela est oans la force sensitive. Dans la force intellectuelle, il y a pour lui, comme pour
par un rapport quelconque l'idée qu'il cnercbe. Ce point de départ une fois trouvé , la réminiscence s*ensuivra immédiatement. 1 Le point de départ le plus convenable esi ce qu Aristote appelle t& juoov icdvTci>v. Si, par^ tant de ce milieu, le but n'est pas atteint, c esl qu'on ne pourra y arriver par aucun auirt] chemin.