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Signification du mot forme

Formes sensibles, — Les formes sont que nous saisissons dans les objets. Nous voyons la matière de rien, nous n'en apurvous que les formes : ainsi quand noiis t chous, voj^ons, flairons, etc.» nous ne \ cevons point la matière même, nous n'en { > cevons que les qualités tangibles, visibles, < Les qualités que nous percevons s\ pcllent formes ou espèces sensibles des < jets. On les nomme sensibles parce que sont perçues par les sens : les formes s actives par rapport à nous, puisqu'elles <.\ cent des impressions, des actions sur i sens. Les formes sensibles sont donc t activités, et nous ne les percevons que lo

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DE PHTSIOLOGIE.

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qudles soDt en acte i^ar rapport à nous. Ceci rs4 éndeot pour la vision. Dans l'obscurité PocbneToyons pas les objets, parce que leur f tsibiiité n'est point en acte , la lumière est QKtssaire pour mettre cette visibilité en icb«. De même nous n'entendons point un toip sonore quand il ne vibre pas , parce qie les vibrations sont nécessaires pour Mdrten acte la sonorité. Les corps exté-> nfttfs sont donc passifs par rapport à nous, qiand leurs propriétés actives ne sont point tfl «de. Cette analyse est profonde, expérinnide, c'est de la physique vraie telle que Dous la comprenons aujourd'hui. Ainsi les trrmi sensibles peuvent être en puissance •;« ea acte. Nous ne les percevons que lors-* ^'ellessont en acte par rapport à nous (59). f Ftfmeê inieUigtbUê. — Outre les forme» sensibles, il 7 a des formes intelligibles i|ae riDtaliigence seule perçoit, en s'appurmt sor des données sensibles. Telle est U ne. Ces formes intelligibles se manifestent i noQS par des actes, absolument comme les funD€» sQKibles ; mais il faut un travail de r«o\eiMÎeiDent pour démêler ces formes. V^iuQdie Tob un être vivant, je reconnais (|ii<«iUtlesfacaltés sensibles qu'il possède et

rsenttaebent à sa couleur,à sa forme,etc., ( des UcaHib particulières qui lui permetieni d'extoder les actes vitaux. Les bcnlife supposent des principes qui les pnNfaûent, coamie la couleur,! odeur, etc., soppoKol des principes productifs de ces iBraMs foalMs. La vie se manifeste donc par de^vteset c'est ainsi que j'en acquiers la aouofl et ridée. Le principe qui constitue la ne* rfarte mon entendement , comme le phacjpe colorant affecte mes jreux. Ce prinq^ €S\ Doouné forme intelligible , comme l'autre est appelé forme sensible. C'est un pnikip<r actif de deux manières, l*" par rapport au corps vivant auquel il est uni, puis- •ju'ii est le principe actif de ses actes vitaux; 7 pir rapport àrentendement qui le conçoit. VQai^c c'est par l'action intellectuelle qu'il nvce sur l'entendement, que l'on parvient i' «suter son existence.

Usiocienset les scoiastiques ont montré la Modeleur esprit en admettant des formes ^A^es, ou plutôt sentables et des formes in- ^ vèies ; ils ont reconnu l'activité des unes et «- ^«ilnis.C'est par elles que nous connaissons -£«>«*Ts et que nous l'analysons. Platon avait 'M racson de faire dire à Socrate dans le ^é%:€ On ne pénètre la matière de rien ; • 3 rie la perçoit qu'à travers ses formes. » Le "iâire et bien des sensualistes croient en- '*r^ que nous saisissons la matière corpo- '^ eo eile-mème et que par suite nous la •'cuisaons mieux que la matière ou sub- ^£oe intelligible; c est une grave erreur.

ys\ U fome on espèce de qttalilés visuelles » m objei impressionne mon œil ; cette impres- - « .\ eicite dans monàmeune modification analo- » a. qn cal tort différente, mais qui représente A '«•e le moi fM i^pfésente une vibration so- ^^. ertie nodificalion B de mon àme est la Waeoii espèce visuelle que mon àme perçoit. Ponr >«tf TWaMf, comme pour Âristote et Platon, les

Nous ne voyons pas plus les substances matérielles que les substances intelligibles. (Balbiès, Philos, fondamentale, tom. I, p. 3, 4, edit. in-13, 1852.) Nous ne les saisissons que par leurs actes « ou les effets qu'elles produisent. Saint Thomas a longuement développé ces idées lumineuses.

Nous venons de reconnaître avec le saint Docteur que toute âme (vivante , sensitive, intelligente) est un principe intelligible, actif, et n'a rien de corporel. L'ftme des animaux, surtout celle des animaux les plus rapprochés de nous, jouit de cette faculté et par conséauent elle n'a point d'étendue matérielle. Elle est inexUnsa. Plusieurs auteurs avaient contesté l'exactitude de cette proposition sur laçjuelle saint Thomas est pariaitement explicite, et qu'il démontre de la manière suivante (ceci repose sur une notion très-exacte de l'étendue physique ou sensible et de l'étendue intelligible , distinction reproduite par Malebranche et oubliée depuis : Bordas-Demoulin et Balmès y sont revenus) :

5. L'àme est tout entière dans chaque partie du corps« non pas d'une manière matérielle, mais virtuelle.

Dans la 76' question, art. 8, saint Thomas se demande: «L'Âme en général est-elle tout entière dans chaque partie du corps ? » Il s'appuie pour répondre par l'alGrmative, sur l'autorité de saint Augustin {De Trinitate, Hb. VI, cap. 6) : Dans tout corps Vàme est tout entière dans le toiU et dans chaaue

{mrtie. « Elle y est, dit saint Thomas, selon a totalité de sa perfection et de son essence, mais non selon la totalité de sa vertu, parce qu'elle n'est pas dans chaque partie du corps par chacune de ses puissances ou facultés. Pour comprendre que l'âme doit être dans chaque partie du corps, observons qu'un tout se divise toujours de trois manières qui correspondent à trois sortes de totalités. Ainsi: 1" il y a un tout (matériel) qui se divise sous le rapport de la quantité comme une ligne (qui se divise en points) ; 2' il y a un tout qui se divise rationnellement (ou d'une manière qui n'est pas physique), en parties essentielles : l'objet déflni se divise selon les parties de la définition ; 3* il y a un tout potentiel ou potestatif qui se divise selon les puissances ou facultés.

« Le premier tout n'est applicable qu'accidentellement aux formes. Il ne convient qu'à celles qui se rapportent indifféremment à un tout étendu et à ses parties. En divisant une surface blanche on ne divise la blancheur que d'une manière accidentelle.

« C'est la surface que Ton divise, et ce n'est qu'accidentellement que l'on divise les proespèces sensibles ne sont pas exactement des êtres réels, représentatifs, comme Reid a paru le croire, mais des modifications sensitives de FAme, oue Fàme perçoit, et gui sont le sig^e des qualités des objets, ou les formes séparées subsistant par elles-mêmes [/brntMfuèfisfaïUef]. (Voy. Hor^u, t. Il, p. 155 : Vàme hunmine est une forme snbstaniielU subsistante,)

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priétés colorées, odorantes, etc., que présente cette surface. En divisant celle-ci, on divise en n3èiiie temps les qualités accidentelles qu'elle oflre, et dont elle pourrait manquer. Mais la forme qui exige dans le sujet qui la porte une diversité de parties, pour exécuter ses fonctions diverses, comme 1 âme et surtout celle des animaux parfaits, ne se rapporte pas également au tout et à chacune de ses parties.

« Ainsi, chaque partie du corps d'un animal n'a point les mêmes facultés vitales : la visibilité, la gustativité, etc., appartiennent à Tœil, à la langue et non point aux autres parties ; par conséquent, on ne peut pas diviser cette forme de manière à laisser toutes ses qualités dans chaque partie. La première espèce de tout ne peut donc être attribuée à l'âme, considérée dans sa nature ou môme dan2> une circonstance accidentelle. »

Il est évident que ia forme ou qualité donnée par l'âme à un corps animal, n'est pas mêlée matériellement à toute sa substance, comme la qualité de blancheur donnée à une surface blanche. Bien que toutes les facultés de l'âme forment un tout, celui-ci n'est point physiquement divisible. L'âme n*est donc point un tout du premier genre.

Mais le second tout qui se considère selon la perfection de raison et d'essence, convient proprement et par lui-même aux formes.

Ainsi toute forme peut par sa nature être divisée rationnellement, et les parties de cette division reproduiront le tout par leur ensemble. Quand on dit que lame des animaux est composée cfe végétativité et de sensibilité, etc., ces deux parties de la division réunies constitueront l'idée essentielle 3ue Ton se fait de l'âme animale. II en est e même du troisième tout, parce que la forme est le principe actif. «Ainsi l'âme animale est un tout potestatif. Ses facultés, végétativité et sensibilité, sont les principes de tous ses actes. L'âme n'ayant pas de totalité quantitative, il suffit de dire qu elle est tout entière dans chaque partie du corps, selon sa totalité d'essence, parce qu'elle n'est pas dans chaque partie, par chacune de ses facultés. La sensibilité est visibilité dans l'œil, auditivité dans l'ouïe, etc. L'âme,exigeant pour ses fonctions de la diversité dans les parties corporelles, ne se rapporte pas de la même manière au tout et aux parties. » La végétativité et la sensibilité sont dans toutes les parties du corps animal, car chacune vit et sent à sa manière. La vitalité dans l'estomac, digèro; dans le poumon, elle accomplit la respiration et l'hématose. Ainsi l'observation de saint Thomas est très-juste et très-profonde. La sensibilité et la végétativité sont dans chaque partie du corps vivant, mais dans chacune elles s'expriment d'une manière différente, suivant la nature et les fonc-

(60) La segmentation des plantes et de certains animaux inférieurs semble être en opposition avec cette doctrine. Mais, ainsi que nous le verrons ailleurs, on résout aisément cette difficulté, quand on connaît bien la doctrine de la force plasti-

tions de cette partie. C'est ce grand principe physiologique : Dans le corps vivant, tout vit et tout sent, car la vitalité et la sensibilité en général, sont des propriétés totales de l'âme ou du principe vivant et sensitif, mais cette totalité se distribue diversement au\ différentes parties. C'est la grande distinction de la physiologie que l'on croit moderne et qui admet une vie générale et une vie locale, formant cependant un tout harmonique.

L'opinion de saint Thomas reconnaissant que toute âme vivante est un principe intelligible répandu tout entier dans toutes les parties ou corps, non point d'une manière matérielle, mais virtuellement, c'est-à-dire, par ses facultés actives, est donc extrêmement exacte, et Cajetan a dû, comme il in fait, reconnaître hautement l'indivisibilité Jll'âme des bêtes. Il traite même avec une sorte de dédain les partisans de l'opinion contraire : Doctrina hic tradita, est qutdem contra modernorum communem phantasiam, sed non contra philoêophicas rationes : parum est autem de horum auctoritate curandum. Anima fiabet enim totaliter diversam habitudinem ad totum et ad partes. Et hoc provenu ex indivisibilitate formœ, (Comment, sur la Somme.)

Il finit ainsi : Anima non est extenso tt divisibiiis ad divisionem subjecti... Non tsl ergo sine ratione dictum quod animœ aliqtiœ prœter intellectivam sunt tantœ perfectioms quod sunt inextensœ tam per se quam ptr accidens : quanquam potentiœ omnes earxnn sint extensœ per accidens: qualitates enim sunt corporis partibus nccommodatœ. {ibiiî.) Ceci veut dire que certaines facultés de> âmes, en tant que vitales, peuvent accidentellement se séparer quantitativement, coiume si elles étaient matérielles. Un bourgeon séparé de la tige, un fragment de plante, un fragment de certains animaux peuvent vi\ 1 1 et reproduire le végétal ou l'animal. C'est ur séparation accidentelle de quelqu'une ii«> facultés vitales, mais cette séparation n'ai partient point à l'essence de la vie, car el.est loin d'être constante (60).

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