‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 44 sur 340 · De rame des bétes · texte numérisé non relu

De rame des bétes

!• Sens externes.— Il ne faut pas croir pour cela que saint Thomas confonde Tâjn» de l'homme, même avec celles des animaux qui s'en rapprochent le plus. Entre cello-'.J et celles-ci, il y a cette différence radicnlo : c'est que l'âme humaine seule est une intelligence et par conséquent un esprit; et là-dessus reposeront les preuves philosophiques de son immortalité, preuves qu'il ne f;^ u pas confondre avec les preuves théolo^i ques. Les âmes des animaux sont incor porelles parce qu'elles ne tombent point sou les sens; mais incorporel n'est point spiri tuel. Il y aurait là une confusion qu'il m

que et de ses Inslraments. Un boureeon reproclu une plante, comme sa graine fécondée, parce qir est semblable à celle-ci, et contieni comme eii, la force plastique et les matériaux de toute son é v o lution.

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frjt pâi eoinniettre. Dans les plantes, Tâme B'a qu une facotlé, elle est végétative, et è CîU «e rattache la reproduction de l'individu. \'.\ti les animaux, l'âme est végétative et ^ftâitife tout h la fois, mais l'Ame sensitivevoit >icrfDltre ses facultés à mesure que l'être se in^tfeionne. En elffet, la sensibilité d'abord pr»i des modes spéciaux selon le nombre 4-* sens auxquels elles se distribue. A la vsabilité générale, se joignent successivelai^fit k^ sensibilités spéciales du tact, de I^-iont, du goût, de l'ouïe, de la vue. C'est t 'jj'uirs la même faculté par rapport à son te^Bce, mais elle revêt divers modes, r Sens inttmes. — Indépendamment de la vR^bilité extérieure, il y a des sens interi.f>. ; ^tma primœ , quœstio 78. ) Voici ommeot saint Thomas s'exprime à ce sujet: f L'animal recevant et conservant outre les •opères ou formes sensibles, certaines espères inientionelles (61), que les sens extérieurs ne perçoivent pas, il est nécessaire d'admettre dans la partie sensitive de l'Ame quatre tiniltés intérieures qui soient distinguées d'après te fonctions que nous venons de déterminer. Ces quatre facultés sont le sens cutnmuA^ nmagmation, l'opinion et la mé- UMm. iwAes ces actions ne peuvent être ramenées \ un ^cipe unique; elles exigent de5 facultés direrses qui sont les principes les phs procftams des opérations de l'flme senaû>5. Pour que la vie de l'animal soit pv&îte. U finit non-seulement qu'il saisisse i"tfti sembfe quand il est présent, mais eorore quand il est absent, sans cela l'aniffli/ 1^- « mettrait pas en mouvement pour rheither un objet nécessaire à sa nourrîrjn*^ quand il ne serait pas sous ses yeux. IK* â rient, pour les animaux parfaits, la néctssi!^ de la mémoire. De plus, il recherche '^ fuit certaines choses, non-seulement à M'ise des sensations pénibles ou agréables çv'dies produisent immédiatement en lui, e>ib parce qu'elles peuvent lui être avantapxtti on nuisibles sous d'autres rapports. ibèeaa amasse de la paille, non parce qu'elle dLHc ses sens, mais parce qu elle lui sert i !■? son nid. Il perçoit donc ces inten- *'"> finales), qui ne tombent pas sous les •^ eitérieurs. (Saint Thomas veut ici faire ' .v^ à Tinstinct.) Ainsi le sens propre et ' >^s commun sont destinés à recevoir "^ f 'Cmes sensibles. Nous parlerons de leur i^^viioo plus loin. La fantaisie ou Tima- ^•i^yn les retient ou les conserve, c'est - i^r où sont déposées les formes reçues V le^sens. L*opinion (faculté estimative), '•i perceTOir les intentions qui netom- '-^ pas sous les sens. La mémoire est

• "fifiée à les conserver, elle est le trésor

• * -^pèces intentionnelles. Chez les ani- '-'n, le principe de la mémoire repose :. •~ ces intentions, elle conserve le sou- 'v de ce qui a été nuisible ou avanta- ; ^'^ Où doit compter parmi ces intentions *

^ du passé à laquelle la mémoire se i ' ;'iTte Reuiarquons que pour les formes

sensibles, il n'y a pas de différence entre l'homme et les animaux. Ils sont impressionnés les uns et les autres de la même manière par les objets extérieurs. Ils diffèrent par rapport aux intentions. Les animaux les perçoivent par leur seul instinct, l'homme les perçoit par manière de comparaison. Aussi ce qui est opinion dans les animaux est la faculté discursive dans l'homme. On lui donne aussi le nom de raison particulière. Les médecins prétendent qu'elle a son organe propre au milieu de l'encéphale. Cette raison particulière > perçoit les intentions individuelles et les compare, comme la raison intellective compare les intentions Générales. Sous le rapport de la puissance memorative, l'homme a non-seulement comme les animaux cette mémoire qui consiste à se rappeler subitement le passé, mais il a encore la réminiscence qui se le rappelle en faisant des raisonnements d'après les intentions individuelles. » Pour développer cette différence de la mémoire et de la réminiscence, il sera bon de consulter le traité d'Aristote : nspl jinyAocr^rriç xaï aeplàrapttri\creù)ç. Saint Thomas lui a emprunté presque tout ce qu'il dit h ce sujet. Les sens particuliers n'ont que les perceptions qui leur sont propres. Le sens commun les réunittoutesdans un même objet.

Aristotedità cette occasion, dans plusieurs endroits, et spécialement au dernier chapitre de ses dernières analytiques : « U y a chez tous les animaux une faculté judicatrice comme naturelle , èjJiçuTi^ ttç xpttcx^ dûva{jiic, par laquelle il juge de la présence de^ objets extérieurs et des rapports qu'ils doivent avoir avec lui. » Tout ce passage qui est reproduit en partie au commencement de sa Métaphysique, et qui n'a guère été bien compris, montre avec quelle justesse et quelle profondeur Aristote avait étudié la psychologie comparée. Il fait voir les rapports qui unissent la sensation, l'imagination, la mémoire, l'instinct ; il contient toute la théorie de Reid sur la faculté qui permet, même à des animaux inférieurs, d'avoir une connaissance certaine de l'existence du monde extérieur.

Locke, Condillac, l'école sensualiste, ont cherché vainement par quel procédé nous parvenons à être certains de l'existence du monde qui nous entoure. Us ont supposé que nous y arrivions à Taide du tact ; ils ont cru que c'était une connaissance réflexive admise par les sensualistes, bien qu'elle soit en contradiction avec leur théorie. Us ne se sont pas aperçus que la raison n'est pas nécessaire pour cela.

Berkeley, Malebranche, les idéalistes, oni

Bensé que c'est une connaissance innée que ieu nous a donnée , et dont on ne pouvait pas chercher l'origine.

Reid et Kant l'admettent sur la foi du sens commun. U est évident que la notion d'extériorité instinctive, vague et confuse, est obtenue sans réflexion , et apparaît dès le premier exercice des sens. Les animaux et nous-mêmes serions bien malheureux,

^ U &oat des séries d'tdccs instinctives.

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si nous n'en avions pas une notion instinctive et s'il fallait la réflexion et le toucher pour nous la donner. La plupart des êtres vivants mourraient de faim dès leur naissance, si la condition voulue par l'école sensualiste était indispensable. S*ils avaient observé la nature au lieu de se livrer à de vagues spéculations, s'ils avaient consulté Aristote ou Galien, ils seraient entrés immédiatement dans le vrai. Le médecin de Pergame raconte qu'il présenta diverses branches à un chevreau sortant immédiatement du sein de sa mère; sans réfléchir, sans comparer ses sensations entre elles, l'animal examina les branches qu'on lui offrait et se décida pour du cythise. L'enfant de naissance auquel on présente le sein, le saisit aussitôt sans hésiter et sans réfléchir. Ainsi la notion instinctive de l'eitériorité et de certains rapports du monde extérieur avec les animaux est, comme le reconnaît trèsbien saint Thomas, une notion innée. La réflexion lui donne plus de force, plus de précision, mais ne la démontre pas mieux. Evidemment, dans sa source primitive, elle ne part pas des sens externes : elle tient à un sens intérieur que les sensualistes ont méconnu. Ceci renverse leur système, qui repose, sous une foule d'autres rapports, sur des bases ruineuses. Ils sont forces à chaque instant d'ajouter implicitement à la sensation toutes tes facultés intellectives : ils ne sont sensualistes qu'en apparence; dans le fond, leur psychologie ressemblerait à toutes les autres. Ils font usage à chaque instant des facultés de l'âme, qu'ils sont même obligés de nommer. Comme le bourgeois gentilhomme, ils font de la prose sans s'en apercevoir, ou du moins sans vouloir l'avouer. Le sensualisme est une doctrine impossible, même pour la psvchoiogie la plus inférieure. Il y a de la part de leurs auteurs une illusion que l'on ne saurait comprendre; car elle ne devrait pas échapper à des yeux un peu attentifs.

Quant à Reid, il a cru inventer sa faculté do subjection intérieure qui remonte immédiatement et sans réflexion , d'une impression venant du dehors, à l'objet même qui l'a produite. L'école écossaise a cru que cette découverte tranchait toutes les diflicultés; ils n'ont pas vu que c'était un fragment tronqué de la doctrine aristotélique qui est bien plus profonde et bien plus exacte.

On attribue encore ici à saint Thomas des erreurs beaucoup plus récentes puisqu'elles ont été reproduites par Locke. Ce sont celles qui se rattachent aux idées-images ou exactement représentatives. La polémique soutenue à ce sujet par Ueid contre Loke, et que l'on regarde comme une des grandes gloires du philosophe écossais, n'est qu'une reproduction des arguments des écoles aristotélique et thomiste. Si Reid avait eu plus d'érudition, il ne se serait pas donné tant de peine et n'aurait pas eu le mérite d'inventer une doctrine

ui lui est bienantérieure.(Foy.IIoRéAU,i7i«r.

6 »a«coto5^; Jourdain, PhiLdeS. TAom., etc.)

Dan^ !a lxxxyiii* question, saint Thomas

nous a montré quelles sont les facultés qu appartiennent à toute âme sensitive et qui

f)ar conséquent, ne sont point particulières i 'homme. 11 va s'occuper maintenant decelli qui le caractérisent, de son flme ihtellectueii>c'est-à-dire de sa partie immortefle. Il mon trera que les facultés de l'flme sensitive, sou l'influence des facultés intellectives, ac«|iii' rent, chez l'homme, une puissance bien (liu grande.

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