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lieu, le trésor de toutes ces idées; il est tout è la fois en puissance pour certaines idées, en possession habituelle pour d'autres, en acte pour des idées nourelles qu'il cherche à acquérir. Le géomètre était d'abord en puissance de la géométrie, puis il la possède, enfin il l'applique. Les souvenirs s efifacent en partie, perdent quelque chose de leur vivacité première, mais ils finissent par se retrouver. C'est à cela que sert la réminiscence. Saint Thomas accepte ici dans son entier cette belle théorie de la réminiscence que Aristote nous a donnée et qui est un de ses plus beaux ouvrages. Depuis on n'a rien fait d'aussi bien à ce sujet, amsi que l'a reconnu M. Barthélémy Saint-Hilaire. (Voy, sa traduction du livre Sur la mémoire et ia réminis^ cence,) La réminiscence n'appartient qu'à l'homme : elle est l'œuvre de sa volonté ; c'est un des éléments de notre entendement.
Ce que dit saint Thomas sur cette volonté, sur les désirs intellectuels et moraux, sur le^ sentiments qui les manifestent, mérite d'être rapporté avec détail ; c'est ce que nous ferons plus tard. Nous y reviendrons à propos de la morale et de la théologie.
Nous venons de faire une courte analyse des éléments de l'Ame humaine , en glissant rapidement sur la puissance végétative qui nous occupera dans la biologie ; nous avons distingué les deux modes principaux des faculté^ sensitives ; nous avons montré quelles sont les régions successives de l'âme intelligente. Nous pouvons maintenant étudier la sensation et son mécanisme, la pensée, les actes volontaires, les passions supérieures et inférieures* C'est à ce travail que nous allons nous livrer en suivant pas à pas notre guide.
An. 111. — Psychologie de S, Thomat (itii (0).
I. — Exposition des détails de la sensation et des fonctions de sensibiliië.
La science n'est pas encore suffisamment avancée sur ce sujet. Elle mêle à des faits positifs beaucoup d'hypothèses plus ou moins ingénieuses qui l'égarent souvent; elle n'insiste pas assez sur les propositions certaines que donneraient des expériences larges et multipliées. L'antiquité, la scolastique avaient ouvert la véritable voie qu'il fallait suivre, et que les travaux des naturalistes et des médecins observateurs devaient féconder; on n'a point tiré de cette mine féconde les trésors qu'elle renferme : il y a bien des erreurs sur des questions très-sin pies relatives aux sensations externes , bien des vides dans les notions relatives aux facultés sensitives internes. Pour éclaicar ce sujet, il eût été nécessaire de comparer ce qui se passe chez les hommes avec ce que nous vovons chez les animaux. La psycnologie zoologique est généralement peu avancée. Elle embrasserait la psychologie sensitive, puisqu'on la trouverait là seule et isolée des éléments intellectuels.
Occupons-nous d'abord de la sensation proprement dite qui met enjeu des facultés sensitives plus élevées.
Dans la sensation, deux éléments se présentent : l'un appartient au corps qui la pio-i duit, l'autre, à lame qui la reçoit. Ce rpni nous disons là est très-général. Pour sainti Thomas et son école , l'âme sensitive dt h animaux est un être réel, une substance, uiu] forme substantielle bien distincte du corps matériel avec lequel elle est unie. Ceci ri<i compromet en nen l'immortalité de uoii^-i âme. Le principe psychique des animaux e^t; une substance, mais il n'est point subsistniit.! car il se détruit avec le corps qu'il an in m* j Notre âme, au contraire, est substantielle » i| subsistante tout à la fois. Aristote l'avait d( > i dit, le voùçestune âme d'un autre genre qi:r! les autres, c'est un être subsistant, liç o: trouai. Sous ce rapport il est plus exact que Platon qui donne aussi aux animaux une t -»pèce d'immortalité , et semble pem 1h r quelquefois vers le système de la métenii)s\cose.
Par les quelques mots énoncés plus hanî, l'on voit que l'un des éléments de la sensnii.ii est extérieur à Tâme, tandis que l'autre lui i -i propre; on reconnaît que tout ce qui est fxr •rieur à l'âme, c'est-à-dire, le corps auquel el'j est attachée, fournit un élément particulier. La sensation est d'abord en acte dans le corps f w » rieur à l'âme, elle est enpuissancedanscel l« -ri . Par suite de l'impression du corps extéritui^ sur le principe psychigue, la sensation de vit 1: ^ en acte dans ce dernier. Ainsi quand je s< ih une rose, l'odeur est en acte dans celte ilcur ; lorsque je l'ai sentie, elle devient en c\r\v chez moi. Le principe odorant qui m'in)pr«j>sionne, quelle que soit la nature de la lleur. suscite en moi l'odeur que je perçois; je hîtrouve alors en quelque sorte à ^uni^«>^. avec cette dernière, je deviens odeur de rose, comme le disent les péripatéticiens et Coudillac. La langue manque de précisi«.:j. <-; dit tout à la fois : voila une plante qui s; :it la violette, et ie sens la violette; il y a pourtant là deux choses distinctes : la fleur cuntientle principe odorant qu'elle m'envoie, r* j'ai alors la sensation d'odeur quei'ai rvitule suis — î^— ^ 1»' :-^- ^-^ -- -
Le mèc
sionne ^ ^ ^ ^.
trois choses : 'le principe ollorant qui ^i-n sur moi, mon âme qui reçoit cette action, t enfin l'impression ou action reçue.
Platon a très-bien distingué ces trois pointil y a rimpressi(Ai faite par l'odeur, princip. actif ou cause; l'impression reçue par l'ainprincipe passif, et enfin l'impression m [ vemenl perçue qui constitue rôdeur que j. sens. Il ne faut jamais perdre de vue « t trois termes quel'analyse saisit et qui exister réellement. C'est ce que les anciens dé-i gnaient par leurs mots d'acte, de puissaiu 1 de forme sensible. La forme sensible résuli: de l'action de l'objet extérieur sur mon Àrne C'est un rapport qui passe de l'un à l'aulro .
Mon corps est extérieur à mon âme coumu ia rose, bien qu'il soit plus rapproché d'élu Quand j'éprouve une souffrance intérieui » une migraine, par exemple, mon corps sut). une modification que mon âme perçoit.