Sens commun
Les scolastiques, comme aristote, admettaient^ outre'lëssensexternesspéciaux, un sens communquiréùnissaittoutes les qualités particulières et les rattachait à l'être dans lequel elles se trouvent. Cette hypothèse , en admettant que cette opinion mérite ce nom, a du moins un avantage, c'est de signaler un fait : l'unité sensitive. Elle existe chez les animaux comme chez l'homme. Saint Thomas et surtout le'cardinal Cajétan l'ont parfaitement admis. Cette unité est singulière : elle montre qu'il y a là quelque chose de tout différent de la matière ordinaire. Elle indique une sorte de transition entre cette dernière el les esprits. Descartes se demandait : Comment se fait-il que les objets matériellement étendus qui ont les troisdimensions viennent se représenter dans mon âme, in me subjecto inextenso ? C'est un fait que saint Thomas rattache à une loi primitive résultant de l'union du corps et de l'âme. Le corps matériel reçoit une impression matérielle qui change de caractère au moment où elle passe parle contact de l'Ame
AMK
OICrriONNAIRE
AMS
et du oorps. Cestune sorte d*ëpuration dant Ferrari (Doc/r. Thom. expos.) s' euovce de donner une idée en rappelant que vingt lieues car* rées, par exemple, ou même des étendues plus considérables, Tiennent se représenter dans notre rétine. Le soleil, qui est un si grand nombrede fois plussrand quela terre, se peint tout entier dans le fond deTûeil. Un immense paysage s'y montre aussi dans tous ses détails, comment cela se fait-il ? comment a lieu cette réduction qui nous donne une faible idée de rinfini?C*est unde ces mystères naturels qu'on ne nie point, puisqu'on le constate, mais dont on n'a pas encore d'explication exacte : pourtant, combien il y a loin de là aux phénomènes de la pensée.