‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 50 sur 340 · Les Tomies sensibles ne sont point roaté · texte numérisé non relu

Les Tomies sensibles ne sont point roaté

rielles.

Un autre point important que nous devons éclaircir, concerne les idées -images ou les idées représentatives. Locke et Condillac croyaient que les sensations représentaient exactement le monde externe. Pour eux, l'objet extérieur vient s'imprimer, en quelque sorte, lui-même sur nos organes, et ce sont ces qualités matérielles que l'intellect saisit et qui fournissent les éléments des idées. Quelques auteurs ont cru que cette opinion était partagée par Âristote et saint Thomas; que, pour eux, les formes sensibles étaient de véritables êtres matériels comme les corps extérieurs d'oïl elles émanaient ; qu'en un mot l'âme s'ap< pliquait à étudier la couleur, l'odeur, etc., matérielles, et que de là elle s'élevait à la connaissance des Qnoses. Il est facile de montrer que cette erreur appartient aux premières périodes de la scolastique, au réalisme le plus absolu. Nous allons voir que c'est une erreur complète.

Selon saint Thomas tout être est composé de deux principes : la matière et la forme. Or a forme est une qualité, ce n'est point une natière ; c'est le moule, la raison d'après laquelle Dieu a exécuté ses ouvrages. C'est un principe réel, mais qui n*est point de la matière telle que nous la comprenons. Ce sont ces formes qui, par leur rapport avec un corps uni à une Ame , produisent la sensation et constituent les formes sensibles que l'Ame reçoit. Celle-ci, même dans sa partie sensitive, n'étant point matérielle, ne reçoit rien de matériel ; c'est quelque chose d'analogue à la lumière ; le mot eiao; en donne une idée métaphysique.

La sensation, dit-il, résulte de l'acte réciproque de l'objet sensible et du sujet sentant. Sentir, c'est recevoir la forme sensible des corps et nullement leur matière. [Voy. Ugp\ ^\)X^ç, lib. m, cap. 2.) Ceci devient plus clair encore quand il parle des opérations des sens. Pour que la vision s'effectue, trois conditions sont nécessaires : la couleur, la lumière et un milieu. La lumière n'est pas une émanation corporelle, mais ce qui rend le milieu transparent et visible. La couleur ne se sépare pas elle-même de l'objet, mais, empreinte à sa surface, elle imprime au milieu un mouvement qui, se communiquant à l'œil, produit la vi-

sion. Le son dépend d'un cboo qui ébranle l'air, frappe l'oreille et opère Taudilion. Remarquons en passant combien ces théoriesi sont en harmonie avec celles delà physique moderne. La lumière n'est pasun corps; saint Thomas insiste là-dessus: c'est unmouveiDent,; une vibration qui se transmet du corps luTni-j neux jusqu'à l'œil ; ce sont des vibrations (]w^ l'âme perçoit : c'est la théorie des vibration lumineuses analogues aux vibrations sono res. Les corps externes possèdent des vibra tions en acte, et ils déterminent de mAnie k vibrations qui sont en puissance dans la rétin et dans les cavités auditives. Même théori pour les autres sensations.

Alafindu 3* chapitre dura* livre Aristote dit «L'or^anedechaquesenssaisitrobietseDsibltmais mdépendamment de la matière. » Sain Thomas ne s'écarte en rien de la ihéorio aristotélique. Voici ses paroles : « Démocrii^ et avec lui tous les philosophes naturali<t< trouvent la cause et le moyen de la connais sance dans des atomes matériels qui, s'éch

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pant des objets, vont frapper les sens, l; n'admettent pas que l'intelligence dilTère d j ces dernières; et comme évidemment la con naissance a pour cause première une nio<iitî cation des organes sensuels, ils soutien nen*^ qu'elle s'opère par les sens» Platon, au cnnJ traire, distingue les sens de l'intelligence, u qui est corporel ne pouvant asir sur ce (]i: est spirituel, il accorde à l'intellect un n)o\i| vement et une spontanéité propre. L'im[>rc'v| sion extérieure n'est pas la cause eflicient de la pensée, mais bien la cause médiate l'occasion de laquelle l'âme s'élève à la c on templation des formes éternelles, des idoe et produit ainsi en elle-même la connaisse i a ^ Avec Démocrite, Aristote admet que le con cours des sens est nécessaire; avec Platotu distingue les sens de l'intelligence et recor natt l'activité de cette dernière. SeuleiiKn selon lui, l'impression est faite sur rorizr par l'action directe de l'objet, non par inu médiaire et par émanation; et déplus, la yr duction de la pensée ne résulte pas de la r miniscence ou de la contemplation pure (i idées, mais de l'activité directe derinteHij^e appliquée auxdonnées des sens. L'intell i^f > n < active fait passer de la puissance à l'acte ( un procédé d'abstraction (permodum aOsn ctionit cujusdam) les fantômes reçus \mr 1 sens et les rend intelligibles en les dét)ar( . sant des chaînes que leur imposait la maiiei c (S. Thom. Somme théoL)

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