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Le sensible ifest ni matière ni esprit

Il est facile de voir aue saint Thomas cepte la doctrine aristotélique. Le mot de 1 : têmes l'indique. Les sens ou plutôt l'âme si sitive ne reçoivent pas la matière des coi extérieurs mais leurs fantômes, c'est-à-«i une sorte de représentation formée par principe plus pur qui tient le milieu on fa matière et l'esprit; c'est la chose sensit ^ Voyez encore {Summa theoL^ quœst. »^ art. 1) : « En ceci il nous semble que Plat s'éloigne de la vérité. Car, en admettant < toute connaissance repose sur le pria ci

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qof «JeseoUtHe est connu par le sembla- I ble, > fl reconnaît que la forme de l'objet *v<t Décessairemeiit dans celui-ci de la r.^ minière que dans le siriet pensant; et «HciK U forme intelligible de la chose pensée <eï9ure(ians i'iQtelliçence avec des carao- *:^ d'unÎTersalité, d'immatérialité et d'iml'icité, il s'eosuirrait qu'elle se rencontre* Ti:df û même manière dans l'objet extér-roais cela n'est nullement nécessaire, Tms forons que la forme est loin d'être ' z^ dans toutes les choses sensibles.

x-^ les unes la blancheur est plus apparrr.dans d'autres, moins éclatante; dans T Mi elle est mêlée à la douceur, dans ^ -^-làcette dernière n'eiiste pas. D'où il réâV; que b forme sensible est tout autre dans JCft:! extérieur à l'âme que dans les sens "* suassent les formes sensibles séparées de •i uùere, comme la couleur de ror indéfojaament de l'or lui-même. Nous dirons ^<£ m rime connaît d'une connaissance Eurindle, muTerselle et nécessaire. »

ki le troorent de jx vérités importantes : iy-sL Thomas combat cet axiome, < le sembla- ^>ï^( agit sur le semblable. » En l'admettant ^^'^-snppostnt aussi que l'Ame ne peut point .'^r » idées, il laut absolument ou que *^*f;vA&l(sait données primitifement (idées ^■^•«9» nous les voyions directement ^ *« ^Qctme de Malebranche) et que Dieu }^' 9BS oese en nous et pour nous. 2* Sain t T&aK.vQflnatt aussi que les sensations sont ^'''^soleset variables; tantôt la blancheur ^;*«Birquée, tantêt elle l'est moins, et î'-'j^iQOQs arrivons à l'idée absolue de |^'2£nr. Noos la démêlons de la douceur 'J'-: dies sont réunies dans un même sujet. "«^ disons de l'analyse, de la synthèse, de ^«rxJisttion. Entourés de phénomènes ct^si^ts, de lois en apparence variables, «ft'JwiTons des choses et des lois cons- Be>t celles que Dieu a faites. Voilà ce oue '^^Jesbcultés sensitives même les plus ^ n opéreraient jamais.

"S amrons à un des points les plus dé* K>^»ta même temps les plus profonds et b;"» nais de la doctrine thomiste. On l'a ""^^ bien exposée ou bien comprise de *."3?, yous venons de voir que l'œil rejB « eriuieur de l'or sans l'or lui-même. r^-^fm pour les autres sens. L'oreille ^■' «e son du corps sonore et non pbint le ^ lii retentit. Ce sont des sensations, ce ^^'] ane matière ni un esprit. Qu'est-ce ^ 'In D*a point répondu à cette question. ^ ^ pourrait j répondre dans nos doc- ^ pi n'admettent que de la matière et ^<rts, et qui ne voient pas l'intermé* ^ i'n les unit. Nous ne sommes plus dans Doi^ matériel, nous ne sommes pas en- ^An$ celui des esprits; nous sommes i^ OKiode intermédiaire, le monde sensi- ^''>Qabire duquel on n'a passuffisamment ^. car on ne sait pas au juste ce que c'est t- sensation: on n'a point pénétré dans is^^ce, et pourtant nous savons ce que ' *^ plulAl saint Thomas et Aristote *«ât el ili vont nous le dire. Ils nous ap-

prendront ce qu'est une essence, une sub« stance, une sut^îstance. L'œil reçoit la couleur sans matière, c'est-è-dire la forme sensible ou sentable qu'on appelle couleur. Le son, l'odeur sont également des formes sensibles. La question est donc ramenée à ceci :

Qu'est-ce qu'une forme sensible? Le mot forme se prend dans plusieurs sens : tantôt c'est un acte, tantôt le principe qui produit cet acte. Forma est aeito aut prineifrium actionis. Une forme sensible est un acte de la matière sur la sensibilité. Ainsi une couleur est le résultat de l'action d'un corps coloré sur l'œil ou la sensibilité visuelle. La matière est cette substance, inconnue dans sa nature intime, qui agit sur notre sensibilité de manière à la mettre en jeu et en faire sortir ce que cette faculté contient. Ainsi lorsque je vois du. rouge, la matière corporelle agissant sur mon œu développe la couleur rouge ou l'impression rouge oont mon œil est susceptible. La sensation n'est donc autre chose que la mise en jeu des facultés sensitives que je possède. La couleur est à la fois dans la matière et dans mon œil : dans la matière qui excite la sensation, et dans ma sensibilité qui la produit. Revenons sur cette pensée pour la rendre plus claire.

Supposons que la matière soit une ; cette unité est probable, du moins pour chacun de ses éléments constitutifs : ce qui est multiple, c'est ma sensibilité. Tai d'abord cinq sens. La matière agit sur le toucher et y développe les impressions tactiles; elle agit sur l'oreille et produit des impressions sonores ; sur l'œil, des impressions visuelles. Si nous avions cinquante sens, une même matière produirait cinquante sensations différentes, voilà ce que c'est qu'une forme sensible; c'est l'impression développée par une matière sur un sens. Evidemment ce n'est point une matière, c'est l'impression d'une matière sur la sensibilité. Aristote fait remarquer que notre langue est très- pauvre et qu'elle n[a pas toujours des mots différents pour exprimer des choses distinctes. Qu'est-ce que la sonoréitéT c'est la faculté qu'a un corps sonore de produire un son ou plutôt des vibrations. Un tambour vibre, il fait vibrer l'air et mon oreiUe. Jusque-là il n'y a qu'un phénomène physique; ce n'est que de la sonoréité. Ma sensibilité auditive perçoit ces vibrations, et alors tout change de nature. Ce n'est plus une vibration que je perçois, c'est un son. La vibration est ce qui produit le son, ce n'est pas le son lui-même. La vibration physique se change en sensation. Le son est donc un acte de ma sensibilité mise en jeu par la vibration ; c'est un phénomène sensitif , ce n'e^t plus un phénomène physique. Nous sortons d'un monde pour entrer dans un autre. Aristote et saint Thomas se sont donné les plus grandes peines pour faire comprendre leur pensée, et cependant peu de personnes l'onl comprise. C'est la faute de la langue. On doit concevoir maintenant ce qu'est une forme sensible et pourquoi elle n'est pas matérielle. La matière agit sur la sensibilité d'après les rapports harmoniques que Dieu a établie entre

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ces deux ordres d'objets; elle imprime sa matérialité en caractères sensibles ; nos auteurs se servent d'une comparaison que nous avons déjà citée. La matière imprimant des formes sur une substance sensible n'y laisse point de formes matérielles mais des formes sensibles. La matière a changé, la forme, ou figure, est restée la môme : c'est l'empreinte visible, tangible, odorante, de la matière qui re- Ï>résente ces diverses qualités, ce n'est plus a matière même. Il en est de cela comme d'un portrait. Ce n'est point l'homme môme que l'on transporte sur la toile, c'est son image, et cependant l'image ressemble tellement à l'homme qu'en vovaat celle-là on peut reconnaître celui-ci. Il en est de môme d'un paysage auand il est bien représenté, il peut y avoir illusion. Dans les dioramas on croit voir Saint-Pierre de Rome, et pourtant on n'a pas l'église sous les yeux, on a sa forme sans sa matière. Voilà comment les formes sensibles nous représentent réellement le monde extérieur, bien qu'elles n'en contiennent pas la matière. Ce sont des tableaux de ce monde imprimés sur notre âme sensible; ce ne sont point nos organes qui sont le monde, c'est notre flme qui en aperçoit la peinture à travers les sens. Ce sont là de véritables fenêtres que Leibnitz n'a cas reconnues.

Si Ton avait fait ces distinctions, on aurait compris comment nos sensations représentent le monde extérieur réel , bien que ce monde n'entre pas lui-même dans notre âme ; c'est son ima^e sensible que nous apercevons. Si nous avions (quelque sens de plus, nous le connaîtrions mieux. Chaque sensation en est une représentation différente ou en montre une face diverse. Il y a une représentation visible, une tangible, une odorante, une savoureuse^ une auditive ; toutes sont distinctes, toutes se rapportent à un même objet dont elles nous découvrent un aspect particulier. Un sixième sens nous montrerait un aspect de plus : la matière en contient peut-être beaucoup d'autres. Nous pouvons nous faire une idée de cette différence en nous comparant à un aveu(^le. Celui-ci manque de la représentation visible, comme nous manquons de plusieurs représentations que des êtres plus parfaits pourraient possédfer. Nous serions des aveugles par rapport à eux. Lorsque artificiellement l'étendue d'un sens vient à s'agrandir, un monde nouveau se découvre ; le télescope nous rapproche des planètes qui sans lui n'auraient pas existé pour nous ; le microscope nous a ouvert le monde de ces êtres infiniment petits dont l'eiistence était à peine soupçonnée ; notre intelligence supplée à nos sens. Ainsi l'astronomie affirme que, dans tel point du ciel, il y a une planète que l'on n'a pas encore vue et plus tard on l'aperçoit. Ici, 1 esprit devance les sens.

(75) On peut dire tout au moîusque ce privilège Ti*a pas Clé bien déterminé : retendue tient sans doute à un mode de la matière plus statique que dynamique; elle est moins Tuçitive, elle est plus générale, car elle agit sur plusieurs sens ; elle est coîiSlalce et mesurée par le mouvement, etc. Vay.

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