‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 58 sur 340 · AMI · texte numérisé non relu

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trop séparé le corps de l'esprit, rintelligence deia matière, le monde physique du monde intellectuel et moral. Les épicuriens, lessensualistes et les matérialistes ne voyaient

2u'une face des objets, le monde sensible tait tout pour eux ; le spiritualisme antique, le platonisme et surtout le néoplatonisme insistaient trop sur Tesprit isolé, sur le monde invisible. Les premiers ne songeaient qu'aux sciences physiques, aux jouissances matérielles ; les autres les considéraient avec trop de négligence, avec une sorte de mépris. Pour les'uns l'homme n'était gu'un corps; pour les autre»il était une intelligence servie par des organes qui le trompaient presque toujours , qui le dominaient comme un tyran et rempêcnaient de s'élever dans les deux. Le chnstianisme a tout réuni, tout replacé dans son véritable jour. L'homme, comme l'enseigne la religion chrétienne, comme le répète saint Thomas, est un composé d'un corps matériel et d'une ftme spirituelle naturellement unis et faits pour marcher ensemble dans un ordre harmonique. S'il honore l'âme par-dessus tout , il ne méprise pas le corps; s'il songe sans cesse aux félicités du ciel, il n'oublie point le pèlerinage que nous devons accomphr sur la terre et qui a aussi son but et son utilité. Il fait la part de toutes les sciences, leur applique les facultés qui leur sont propres ; en un mot, il fait briller la vérité sur tous les ordres de questions. C'est tout à la fois la philosophie de la vérité dans tous les genres et une religion positive, la seule qui puisse satisfaire tous nos besoins légitimes. Le christianisme est une ère nouvelle; avec lui commence un monde nouveau, une science nouvelle qui se rattache jusqu'à un certain point au passé, mais qui lui fait subir une rénovation complète. A répoaue de saint Thomas, cette révolution tout à lait divine était assez avancée pour qu'on pût en comprendre les suites. Le docteur Angélique a une véritable prescience de l'avenir qui est devant lui, qui se réalise de plus en plus, et ses efforts préparent la rénovation scientifique que nous voyons maintenant et dont nous n avons pas encore bien saisi le mécanisme et les secrets.

3* (/6îd., art. 6. —Lâchât, p. 334, et note 337.) La connaissance intellectuelle nous vient-elle des choses sensibles T

La connaissance intellectuelle vient des choses sensibles, non qu'elles en soient la cause parfaite et totale, mais elles en sont plutôt la cause matérielle. Démocrile croyait que toutes nos connaissances provenaient des atomes envoyés par les corps extérieurs et qui pénétraient uans notre Âme; Platon, au contraire, distingua l'intellect des sens et en fit une puissance immatérielle qui ne se sert pas d'organes corporels. Les sens eux-mêmes étaient une puissance qui opérait par ses propres forces. Ils n'étaient pas affectés par les objets sensibles. L'affection ne portait que sur leurs organes. Les impressions externes excitaient donc seulement l'Âme à former en elle-même les espèces sensibles. Saint Augustin se rapproche un peu de cette opi-

nion, quand il dit que l'Âme sent par le corps ! dont elle se sert comme d'un messager pour former en elle-même ce qu'il lui annonce. \xs objets sensibles excitent donc l'Âme sensiiive à sentir, et les yeux excitent l'Âme inlellectuelle à comprendre. Arislole a adopté uiif opinion moyenne. Il a fait de la sensaiion l'acte de l'Âme et du corps réunis, ce qui peut très-bien se comprendre. Mais pour produira une action intellectuelle, l'impression d(> choses sensibles ne suffit pas, il exige quelque chose de plus relevé. (Arist. De aniwa^ lib. m.) Il ne veut pas non plus que Taciin!! intellectuelle soit 1 effet exclusif de quelqu cause supérieure, comme le prétend Plnion : ill'attribue à l'intellect agent qui dëpouîi: les images recueillies par les sens de tout c» qu'elles ont de matériel . Ainsi la connaissano sensible n'est point la cause parfaite et toii! delà connaissance intellectuelle, elle eut *

f)lut6t d'une certaine façon la matière om 'Âme travaille pour en faire sortir ce que st u elle peut trouver. Les paroles de saint Au^^rij <i ;i que nous avons citées veulent dire que Isens ne peuvent donner les vérités tout ( litières. 11 faut de plus la lumière de rintilf- «^ agent quinousfaitdiscemerlavéritéinmjuîi ! au milieu des choses changeantes, et u r.. permet de distinguer les objets eux-mèmde leur représentation.

Dans tout cet article, saint Thomas nu: t • leur véritable place les facultés sensitivr -; • intellectives, ii explique plusieurs opini< : de saint Augustin, en les rectifiant, ou t( > au moins en les présentant avec plus n clarté.

4'f/6id., art. 7. — Lâchât, p. 340 et r* te 341.) L'intellect peut-il comprendre I actes au moyen des espèces intelligibles (]:: possède, sans porter son attention sur les rprésentations sensibles?

L'intellect uni au corps qui est pa^vi (susceptible de recevoir des impression^ f peut comprendre qu'autant qu'il a rei > ^ aux représentations que l'imagination y\ duit. En effet, l)rintellect étant une pui^s.^ ce indépendante des organes corporels. ^ action ne serait nullement empêchée p/^r lésion des organes, s'il n'avait besoin • concours d'une faculté qui se sert de cem- Or ces facultés qui se servent des ori;. r corporels sont la sensibilité externe, ïu: gination, et les autres facultés sensitî\< d'où il résulte que l'intellect, pour com p ro n en acte, c'est-à-dire pour acquérir la se it •

3u'il n'a pas et pour se servir de celle qu'h oit s'aider de l'imagination, et des q\\\ facultés. Quand les organes sont lésés, co me dans certaines matadieSi Timagination, mémoire ne fonctionnent plusconven.jl ment, Thonime cesse de comprendre en n les choses mômes qu'il sait. 2) Chacun p éprouver par lui-môme que ilorsqu'f)n \ effort pour comprendre quelque chose, i forme dans l'esprit des représentations moyen desquelles on voit en quelque s.

ce qu'on désire comprendre. De là les e\. pies que nous citons aux autres quand n voulunsbien faire comprendre quelque du.

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Les eiemples sont comme des images qui udeol reotendement (82).

L mtellect de range> totalement séparé da corps, comprend toutes les choses matérielles par des représentations intelligibles ou des niées directes. L'intellect humain, qui est uni «1 corps, pénètre ces essences, ces idées qui eiisteot dans la matière corporelle, en s'apfiQj«Dt sur des images sensibles, il s*élève à la e<^«nâis$ance des choses invisibles par Tétude lieschoses lisibles et par celle de son intellect •|u'il sent et Toit aussi par sa sensibilité et ses Mitres iacullés intellectuelles. Les natures çéoérales se montrent dans des individus qui ce >ont pas dépouillés de matière. Ainsi Tesseocegenéralede la pierre, du cheval, se trouve dans telle pierre, tel cheval déterminé. On de peut donc connattre complètement et véritablement la nature générale de ces objets <|o>a la connaissant d'abord comme distant dans ces objets mêmes pris en particulier. Ce sorties sens et Timagination qui perçoivent W particulier L'intellect s*élève à la connais- &\oce générale de ces natures en partant des représ^tations sensibles qui se trouvent <Uite les objets particuliers. Si Ton admettait UUiéohe platonicienne, on devrait conclure cpk'oQ peut arriver aux idées générales sans l^sèer pu tes images sensibles. La doctrine tbomuae ta tout à fait une des bases de la méthode moderne, qui affirme que nous devons iKiiis élever du particulier au général. UisBae ftut point donner trop d'extension i rrtfe proposition et enlever aux idées génértn (me lois obtenues leur immense fécon- <t'^ile^tédes sens se trouve TinteUect, dont li pan extrêmement large est mise à chaque ic<ini en évidence par saint Thomas.

^Ibii. art. 8. — Lâchât, p. 344. Lejugémeai de l*intellect agent est-il empêché iursqiue les sens ont perdu leur liberté?

Puisque toutes les choses que nous comprenons ici-bas, nous les connaissons d*après tur rapport avec les objets sensibles, le jugroj^nt parfait de notre intellect doit néces- Mirement être empêché lorsque les sens y^rA enchaînés. Ainsi dans le sommeil le jugement subit des modifications profondes. Le -rn» commun lui-même reste enchaîné sous urtains rapports. C*est pourquoi si nous dis- 'JoguoQs alors certains objets de leurs imaç^s, nous sommes néanmoins toujours tromi«i sur d*autres. Suivant que les sens et l'iija^ation sont libres pendant le sommeil, i" jugement de TinteUect l'est aussi, mais il L<^t jamais libre complètement. Aussi ceux •lUi raisonnent en dormant remarquent-ils, .•jrsqu'ils sont éveillés, qu'ils ont failli en foeiques points. {Voy. Aristote, Du iommeil fiit la veille^ des réves^ et les Comment, de tfînt Thomas.)

■iinsi ^ la sensibilité externe nous fournit -bernent les matériaux d'un certain nom- L >r d'idéeSt les idées sensibles ; la formation '*^ fxs idées ne lui appartient pas. Par la •-&<ibiHté nous n'entrons point dans le mon- •r vjikble, nous n'en voyons que la ressem-

blance ou les images. Ce n'est point la réa« Hté externe que nous sentons, ce n'est que son image; c'est le portrait, ce n'est point l'être qu'il représente. Quand nous regardons un objet coloré, que nous touchons un objet sensible, nous n'en voyons point la couleur, nous n'en touchons point l'étendue. Ce n'est pas l'objet coloré ou étendu que nous sentons, c'est l'image de la couleur, l'image de son étendue. La sensibilité ne va pas au delà. Une observation bien simple le prouve. Celui qui est atteint d'ictère (jaunisse) voit dans un objet rosé un mélange de rose et de jaune. Ce sont des images de couleur qui se superposent. Quand la bouche est amère, le miel est doux et amer tout h la fois. Ce sont deux sensations de saveur qui s'unissent et forment une saveur moyenne. L'animal qui n'a que des facultés sensitives n'a aucune idée générale des choses sensibles. Pour lui ces idées ne sont que des ima» ges ou des représentations, il voit nngt objets bleus, il goûte des saveurs douces, il ne connaît ni le bleu ni le doux en général. Le bleu, le rouge, etc., restentégalement isolés et ne lui donnent point l'idée de couleur. C'est l'intellect seul qui de la sensation de vingt ok^ets bleus forme le bleu en général, du bleu et du rouge forme la couleur. L'animal voit vingt hommes, vingt chevaux, il n'a pas l'idée de l'homme, du cheval en général. Vn chien voit un autre chien mort, c'est po\ir lui un animal qui ne remue pas. Plus tard il cesse de l'apercevoir. Cela n'a pour lui aucune signification. Il ne sait point ce que c'est que mourir. Il ne sait pas plus ce que c'est que naître. L'intellect au contraire conduit aux essences générales. De la couleur qui nous impressionne, nous arrivons k la coloréité qui la produit

Nous savons alors que la couleur tient à quelque chose dont nous ignorons la nature, mais qui a une réalité. La sensation nous conduit donc par la force de notre entendement à sortir des images, des ressemblances, pour remonter à l'existence d'un objet réel qui

f>roduit ces images : de même qu'en voyant a figure d'un homme dans un miroir nous savons que cet homme existe.

Pour s'assurer que l'entendement seul conduit à la connaissance de la réalité, il suffit, ainsi gue le remarque saint Thomas, de voir ce qui se passe dans les songes. Ici nous ne voyons que des images et nous les prenons pour des choses réelles. Dans l'état de veille, au contraire, nous apercevons les mêmes images et nous reconnaissons qu'elles correspondent à des réaUtés. D'où vient cette différence? C'est que pendant la veille l'eU'» tendement agit avec la réflexion qui lui est propre. Nous avons sous les yeux 1 obiet qui produit l'image et l'image même; la rétlexion les distingue. Dans le rêve la réflexion n'agit plus, nous n'avons que l'image, et nous croyons que l'objet est là. Dans le rêve l'entendement ne fonctionne plus; la réllexion, la volonté, la liberté, qui sont ses at-

<^* On connaît la poîssance des si{;nes, des paroles,* des lettres, par exemple, pour aider le hav^il k itsw^lt qvi peat néanmoins s'en passer.

DicTtoRN. DB Physiologie. 7

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tributs ne nous appartiennent pas; ceci est évident surtout pour la volonté. Nous rêvons que nous courons un danger, et nous ne

Eouvons révîler. On ne peut ni crier ni fuir, a volonté est encbatnée. C'est dans le rêve surtout que l'on peut séparer les facultés sensitives de Tenlenderaent, c'est laque l'on voit leur différence. Il n'y a que des images qui s'encbatnent d'une manière fantastique, il n'y a plus d'idées suivies, il n'y a plus d'idées voulues et exécutées.

Dans cette situation Thomme descend, il se rapproche de la brute autant que cela est permis à sa nature. La même chose a lieu dans le délire. On voit des images, on entend des sons, on les croit réels parce qu'on n'a

Î)as une réflexion suffisante pour remonter à a réalité et les distinguer de l'erreur. Dans le délire on devient plus ou moins brute, c'est que l'entendement est altéré ; la passion se rapproche du délire ; Thomme qui s'y livre n'a plus sa liberté, il redescend presque au rang de ranimai. Voilà pourquoi la passion nous empêche de voir la vérité pure ; quelle que soit la grandeur du génie, on n'échappe pas à celte loi. Celui qui veut être athée met une passion véritable a se convaincre de ce qui est faux. Voilà pourquoi il juge mal. Son entendement n'est plus libre : vainement il posséderait les plus grandes lumières, elles ne parviendront pas à Véclairer, il ne saura plus les voir. Avec de la passion le juste et l'injuste, le bien et le mal, le vrai et le faux se confondent. C'est un mirage perpétuel, une fantasmagorie, au milieu desquels toute réalité échappa ou se teint de couleurs mensongères.

Répétons-le donc avec saint Thomas, la sensibilité externe ne fournit que des matériaux, elle n'en donne même que pour quelques idées sensibles. Quant aux idées morales, les matériaux viennent d'ailleurs. Quelle est la sensation externe qui nous fournira l'idée ou le sentiment du beau, du juste T Un animal contemple le soleil, une mer immense étale sa grandeur devant lui, un paysage magnifique déploie à ses yeux des aspects enchanteurs, trouvera-t-il le soleil beau, la mer majestueuse, le paysage saisissant? aucune de ces idées ne se présente devant lui. Un fleuve lui représente seulement un liquide qui le désaltère. Un paysage ne dit rien à son ftme. On ne le voit jamais s'arrêter dans la contemplation silencieuse de la nature. Elle ne parle pour lui d'autre langue que celle des besoins matériels qu'elle peut satisfaire. Au contraire l'enfant, le sauvage sentent se réveiller en eux des impressions d'une nature différente, lorsqu'ils contemplent la beauté de la lumière, Fimmensité majestueuse de la mer qui leur annonce l'intini ; l'enfant s'afflige quand la lumière disparaît, il se réjouit quand il la voit de nouveau, il voit instinctivement en elle, et surtout dans le soleil, la beauté de l'une des plus grandes créations de Dieu. Pour le sauvage le soleil est si beau, c'est un si grand bienfait, au'il l'admire et l'adore comme le bienfaiteur luimême qui le lui a donné. Il prend l'œuvre

pour l'auteur, et s'élance même par une spiration vague de celte œuvre si grand Tauteur, inconnu pour lui, qui l'a faite.

Cette différence si grande qui svpi l'homme de l'animal s'aperçoit même enc^ quand il s'agit d'appréciation morale. Un li blesse ou dévore un animal plus faible q lui, il n'y voit qu'un acte matériel ; c'est sang qui coule, c'est un être qui dispiir pour satisfaire une passion ou un besoin, n'y a pas d'idée morale qui è'y ratlaclie. . contraire l'homme qui blesse son enne s'aperçoit, dès que sa passion est sâtisiai s'il a eu le droit de l'exercer, si en exerr.i ce droit il a commis une action juste ou' i juste. Toutes les idées d'inGni, de beauté, 1 bien ou de mal moral, sont fournies ^ des modes internes, par des sensations j nées qui nous sont propres et oui fourni>s^ les matériaux d'un ordre d'idées particuli res, matériaux que l'Ame n'aperçoit qif s'examinant elle-même. Les iaées sen^ib viennent de l'intuition sensible, les idées ii raies de l'intuition de l'Ame même. Tou> il matériaux servent de moule aux formes intj ligibles. L'intuition n'est pas encore Ywi(\ lection (intuition, înluert, regarder) : par ij nous regardons les images sensibles et ini i lectives; par l'intellection (intus légère} nn

I)énétronsdans leur intimité, nous con^trUH eur nature et nous en faisons des idées. Ttest la doctrine si large et si vraie des thonr tes. Comparez-la aux autres phiiosoplj modernes, et vous verrez combien elle i

Î>lus compréhensible et plus vraie. La thO ogie chrétienne a depuis longtemps cun^vi* \ces distinctions. Dans ce monde, pour le v ritable théologien, nous voyons Dieu par li tellection ; dans la gloire nous le verrons ]\ intuition directe. Dans ce monde nous C" prenons Dieu par la contemplation de 1 1. ses œuvres, et par ce mode intuitif et cursif dont parle saint Thomas, qui conj{ ' l'architecte par son ouvrage, mais <jm i l'aperçoit ainsi qu'à travers un voile ; nsavons que Dieu est grand, qu'il est Le tout- puissant, tout juste; nous inférons i qualités de celles qui brillent dans ses t vrages, nous en formons un tout intellerti qui ressemble à ce que la révélation nenseigne de lui. Mais tout cela reste vat^U' imparfait. Qu'est-ce que la beauté, la Im-h la justice, la puissance que nous pou\< comprendre en comparaison de ce qu r est dans ses réalités, dans Dieu lui-uieu Cette image, quelque grandiose qu'elle ^pour l'homme le plus accompli, pour ( < qui s'efforce de se rapprocher de la D. nité autant qu'il lui est possible , e< image, qu'est-elle è côté de son nioiît Supposez même qu'il nous fût pos-iha connaître les qualités divines dans leur . mirable perfection, que sont ces quai: elles-mêmes à côté de Têtre qui les p().v> de T Dieu est infiniment infini au-dessus ces perfections infinies, et c'est ce Dieu un ; tjue l'on apercevra dans la gloire par u intuition directe. Supposez qu'au lieu de m l'image du soleil nous puissions aperce m

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le soleil tel que Dieu le voit, quelle merveille que notre e$prit ne peut pas même conce-* Toir! Or qu'est-ce que le soleil véritable en c^ioparaisoa du Dieu vrai T Que de degrés k UraDchir pour arriver à cette contemplation t t\ que sont tous nos efforts à cûté de cette mh\é dont on n^aperçoit qu'une faible image, au fond de cet horizon immense dont nous Df fûvons que le commencement et oui ne wis offre eocore gue de faibles lueurs!

Nous avons jeté un coup d'œil rapide sur ks maiériaux de ces idées sensibles qui ne s>Ql qu'une faible partie des idées que l'en- ^•rndeaient oeut avoir. Analysons mamtenant !i question 85* : « De la manière et de l'ordre 4 iprès lesquels l'entendement comprend les cDosescorporelles ou matérielles. »

6'(i^ast.85p art, 1.— La chat, p. 347.) Notre eoteodement comprend-il les choses maténtilesen les abstrayant des images sensibles? Dlescomprend en les abstrayant des images qui in représentent. D y a trois sortesde facultés rognitires: a| L'une résulte de l'action des orpnes corporels, elle consiste dans lessens. Toutes les acuités sensitives ont pour objet \f< fonnes sensibles telles qu'elles sont dans \a iDatkre corporelle ; elles ne connaissent d>*oct{De les choses particulières (elles con- Q^iâsaWiàou tel homme, telle ou telle plante, mais noaThomme ou la plante en général, b^ D ; I Qoe puissance cognitive qui ne proneot (tuÈom organe corporel, tel est l'enteflieoest des anges. Cette puissance a pour ^jetli forme intelligible pure, dépouillée ^ il matière individuelle ou spéciale. Les tii^ connaissent les choses matéiielles, BA» ils De les voient que dans des substan- ^.spirituelles, en eux-mêmes ou en Dieu. ^ L'eatendement humain tient le milieu en-* tr» ces deux ordres de facultés cognitives. C^ une des facultés de l'âme dont la fonction propre est de connaître la forme génénk qui existe individuellement dans les subsUflces corporelles. C'est donc par un travail l'abslractioa ou de généralisation que notre 'ti'^odement s'élève des représentations v!Kibles aux objets mêmes aue ces images -^présentent. De dix objets nleus il arrive à

• vïét de bleu ; des couleurs diverses il forme l'tiée de couleur; nous arrivons donc à contiUre les choses incorporelles ou les idées gé'^ rurales par les choses corporelles ou parti- "uères, tandis que les anges connaissent '^ choses matérielles par les choses spiri- Mclles (nous nous élevons des images aux :i-t5, tandis que les anges descendent des •i?e$ aux images}.

On abstrait de deux manières : 1* en corobaraot, en divisant et en composant. Par siefflple : quand nous comprenons qu'une 'î^jse n*est pas dans une autre ou qu'elle en a •'.^ séparée. Nous voyons que l'iaée de bleu » ^té séparée de plusieurs objets bleus. Nous ^ iOQs aussi que le jaune ne fait point abso- ■itoent partie de l'orange : on peut conce-

* <r une orange qui soit toujours le même '-ui: bien qulî soit rouge ; une prune bleue ' 'I jaune ne perd pas son caractère fonda- 3 -citdl malgré la aifférence de couleur.

2* Qn abstrait aussi en simplifiant , en ne considérant qu'une seiile qualité d'un objet. Dans le premier sens, quand on abstrait des choses qui ne sont pas abstraites en réalité, on reste dans le faux sous certains rapports ; si l'on sépare dans le deuxième sens des choses qui ne sont réellement pas séparées, on n'est pas pour cela dans l'erreur. En effet, si nous croyons que la couleur n'existe pas dans un corps coloré ou qu'elle en est séparée , nous avons une opinion fausse : si nous considérons au contraire la couleur et ses propriétés , sans faire attention à une forme ou è tout autre objet coloré, nous pouvons exprimer nos pensées sur la couleur en général sans commettre d'erreur. La couleur ne constitue pas l'essence de la forme ; on peut donc s'occuper de la première sans songer àladeuxième. C'est en cela que consiste l'art d'abstraire l'universel du particulier, l'espèce intellidble des images sensibles, l'idée générale du cheval de l'image des différents chevaux que nous avons pu voir. L'intellect est dans le faux quand il comprend

de l'examen d'une ]>ierre. L'idée que nous nous formons d'un objet n'est point dans cet objet telle que nous la concevoqs , mais elle y est cependant d'une certaine manière M'idée générale du cheval n'est point dans cnaque cheval en particulier telle que nous la concevons , mais les éléments qui la composent s'y trouvent cependant).

7' (i6id., art.2. —Lâchât, p. 353.) Les espèces intelligibles qui ont été abstraites des images sensibles se rapportent -elles à l'entendement humain comme un objet ou comme un moyen de connaissance?

Ceci se raUache aux rapports qu'il y a entre l'objectif et le subjectif, c'est là ce qui occupe surtout la philosophie moderne depuis les travaux de Kant. C'est ce que la scolastique explique par ces mots : L'idée est-elle quod inteltigimiM ou quo intelUgimus ? — Conclusion: L'espèce intelligible est pour l'intellect le moyen, mais non l'objet de ses connaissances; elle n'en est Tobjet que secondairemeirt, parce que l'objet premier est la chose que l'espèce elle-même représente.

n y a des philosophes qui ont prétendu que nos facultés cognitives ne connaissaient que leurs propres modifications. (C'est la doctrine delasubjectivité,doctrinequi se retrouve partout, même dans les sensualistes. Ainsi Condillac dit : Soit que je m'élève jusqu'aux cieux, soit que je descende dans les abtmes, je n*aperçois que mes modifications ou mes idées ; dès lors l'ftme est enfermée en ellemême, et ne peut rien connaître de ce qui est en dehors ; elle ignore le monde extérieur et Dieu lui-même. Toute science devient irapossible.) Dans ce système l'intellect ne comprendrait aussi que ses modifications, c'està-dire, les espèces intelligibles qu'il a reçues, et ces espèces ou images seraient l'objet même qu'il comprend (on prendrait les images pour *e5 réalités} . Nous n'aurions que des sensations

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ou des idées qui pourraient n'avoir rien de commun avec le monde réel . Nous aurions, par exemple, la sensation d'une pierre, l'idée de Dieu , mais nous ne saurions pas s'il y a des pierres réelles, si Dieu existe. Celte opinion est évidemment fausse. 1" Si les choses que nous comprenons n'étaient que lesimages ou les idées qui sont dans Tâmë, il s'ensuivrait qu'aucune science n'aurait pour objet ce qui est en dehors de l'âme humaine. 2' Cette opinion tendrait à renouveler cette ancienne erreur, que tout ce qu'on voit est vrai, et que deux propositions contradictoires sont également vraies. Si chaque faculté ne connaît Sue sa propre modification , elle ne juge que 'elle, elle jugera donc chaque chose suivant ce qu'elle est elle-même, et tous ses jugements seront vrais. Si l'on se porte bien, on dit avec raison que le miel est doux ; si Ton se porte mal , on a également raison de dire qu il est amer : dans les deux cas on juge d'après ses impressions. Toutes les opinions sont donc également vraies, puisqu'elles se déduisent avec la même rigueur des impressions qu'on a reçues. 11 faut donc admettre que l'espèce intelligible n'est pour l'intellect qu'un moyen par lequel il comprend. L'intellect compare les sensations , les idées entre elles et avec les objets qui les produisent , et c'est par Ja comparaison qu'il peut arriver à la vérité. Ainsi, comme nous l'avons vu, l'intellect redresse l'erreur de la vue qui lui représente comme courbé un bâton droit qui est plongé dans l'eau. L'homme qui juge mal par passion est redressé par les autres hommes qu'une passion pareille ne conduit pas à l'erreur. La pj^ssion est comme la boucne amère , elle empêche dé trouver le miel doux.

(Art. 3.) Les choses les plus universelles sont-elles antérieures dans nos connaissances intellectuelles à celles qui le sont moins T Les choses universelles et générales sont ce qu'il y a d'antérieur dans l'ordre de nos connaissances intellectuelles et sensitives. 1" Toute connaissance intellectuelle provient d'abord d'une connaissance sensitive; donc la connaissance particulière précède la connaissance générale. 2** Notre intellect passe de la puissance à l'acte. Tant qu'il ne saisit que les choses particulières , il n'est qu'en acte imparfait. L'acte parfait a lieu quand la connaissance devient générale. Mais celle-ci * est d'abord confuse; l'analyse la rend ensuite distincte. C'est ainsi qu'en nous élevant du particulier au général et descendant ensuite du général au particulier, nous donnons delà précisionauxiclées générales confusesd'abord, et nous les rendons ensuite distinctes. On peut connaître un tout universel susceptible d être divisé rationnellement en plusieurs parties, comme un tout intégral qui peut subir cette division d'une manière physique et réelle.

(Ceci répond à l'analyse mentale et à l'analyse physique.) L'un et l'autre sont connus d'abord confusément. La connaissance devient distincte quand on l'analyse et qu'on étudie les éléments qui le constituent. Ainsi connaître l'animal indistinctement, c'est le connaître en bloc; le connaître plus distinctement ,

c'est savoir qu'il est raisonnable ou dérai^ sonnable, que c'est un homme ou un liun Nous avons donc d'abord la connaissant * confuse de l'animal en général avant d avoi celle de l'homme. L'analyse intervient ensuit < et nous distinguons le lion, le tigre, rhouiiiu Partout l'idée universelle codfuse est la \>n mière, puis cette idée se décompose en id» . secondaires confuses aussi : en réunisse' ces dernières nous revenons à la preinu i idée universelle, qui acquiert plus de ncU^ i. Quand nous connaissons divers anininux nous avons l'idée universelle d'anin. plus exacte et plus précise. Quand op x« lie loin un objet, on s'aperçoit que c\ un corps, c'est très-général; puis on \ que ce corps est un animal et non ni

Eîerre; plus tard on distingue que c\st u omme; enfin c'est Socrate ou Platon. > idées se forment dans cet ordre. L'en!, i comme nous l'avons déjà dit, appelle t* les hommes père , puis il distingue les \. des autres les nommes qu'il aperçoit habiti. lement. Ainsi la connaissance des objets j». i culiers est par rapport à nous antén- c à celle des universaux, mais la Gonnai^slJ générale confuse des idées universelles ensuite celle qui a formé la première. Npassons donc sans cesse du particulier à Ti: versel, nous descendons de celui-ci au j mier en perfectionnant successivement < connaissances, qui passent ainsi de la pn sance à l'acte et de l'acte à la puissance en purant de plus en plus. Nous pouvons cor; treetnous connaissons mal (puislance el a imparfaits); nous connaissons mieuT , n' pouvons connaître mieux encore, et a de suite. Une connaissance imparlViile en puissance par rapport b une connais-a: plus parfaite, celle-ci par rapport à v deuxième supérieure encore, et ainsi de m 8* (Art. 5.) Notre intellect comprend -l composant et en divisant?

Notre entendement n'ayant pas imm* tement une connaissance parfaite des cl comme l'entendement divin et l'enleuilt ii angélique, il ne comprend qu'en diM> comparant, composant et raisonnant. Fade la puissance à l'acte, il ressemble au\ r engendrés qui n'ont pas d'abord leur | fection, mais qui l'acquièrent successivein 11 saisit d'abord la quidditéy l'essence gc' n^ première, l'existence, etc.; puislesproprn les accidents, les relations. Il combine dernières perceptions, les divise, les conij • les unit, passe d'une composition et d division aune autre : ce qui constitue le r<n nement. L'entendement angélique et l'ei dément divin ont dès le début une perle* immédiate, et connaissent par leur n«i même toutes les choses qui leur corresj dent. En connaissant nos êtres, ils s«i en même temps tout ce que nous pou en connaître par l'étude et par le rai nement. Ils connaissent la composition , i vision, le raisonnement, non en en ii, usage, mais par la simple intuition des * Ainsi, d'après ces remarques, l'intellt . étant l'opération dernière, le plus haut u.

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de raetrrité intelleciuenc, c*est olle qui saisit b férité préparée par toutes les autres faciûih de rame. L*ange n*a pas besoin de tous ces iotermédiaires ; il saisit par i'intuitiou nul ce qu'il lui est donné de connaître. Ibomme n'arrive qu'après un long travail j I inluitioD de ces vérités générales fécondes i{ui renferment dans un court résumé tous les ,;nacipes d'une science. 11 n'y a que certains / {fiocipes généraux simples dont l'intuition M)(^re avec une grande facilité. Tel est •e principe de contradiction, sur lequel nous luroQs bientôt à revenir. L'entendement droit q; se trompe point. Les erreurs que l'entenjemeot commet ne dépendent point de lui, QiU des facultés inférieures oui lui ont préféré les matériaux. Ainsi, quaiiQ l'entendement i<4iclut mal et quMI se trompe, c'est que les sensations Tonl induit en erreur, que les loalvses, les synthèses, les raisonnements (Q uQ mot qui ont dû précéder la conclusion, (ontieooent des éléments plus ou moins fittUfe. Aiosiy quand il se demande :

^(Art. 6.) L'entendement peut- il être

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U répond: L'essence des choses étant l'objet Vn){>K de l'iotellect, il n'est jamais dansl'errr^^rnpport à elles, sinon par accident, cK-idrit,par exemple, par suite de l'influence qu^eiercent sur lui la composition, la diriswio et le raisonnement oui le trompent. L utdfeci peut être comparé aux sens ; ceuxci k 5e trompent point à l'égard de leur objet pn^. U rue, quand elle est saine, ne se tncrpe point sur la couleur; elle se trompe >jr i grandeur d'un objet parce qu'elle y ^^ par un jugement et non point par une «Untion immédiate. De môme l'intellect ne >: trompe que sur les circonstances des faits, 'TUiQd il met les choses en rapport les unes JTrr les autres d'une manière non convenable ; i'^^ue, par exemple, il donne la définition 1 un cercle en parlant d'un carré. L'erreur ^ îi^nt donc que des éléments qui lui sont '*ïïnis et sur lesquels il porte son jugement. I ne se trompe pas sur les propositions imr^'iiates, sur les premiers principes, qui sont ^*'Qnus aussitôt qu'on connaît la nature de h'ir.k termes.

\rt. 7.) La même chose peut-elle être .•i'-ui comprise par les uns que par les

'>â non pas objectivement, mais subjecti- ^ iij*.ni,c'est-îi-dire en raison de l'intelligence <«nable des individus; ce qui est une consé- "«fRoede la disposition de leur flme. Saint r^tmas admet donc une différence dans les ^trtlifcts, mais elle tient moins à l'intellect 'j-méme c|u'aux puissances inférieures, aux ^0^, à l'imagination, à la mémoire. Ceux n-i lesquels ces qualités sont plus solides et ,' '^ brillantes sont plus aptes à comprendre. '' «rmic on le voit, saint Thomas regarde l'a- -• }%. la synthèse, le raisonnement comme ^-- facultés qui précèdent l'intellection et ^ii aiisurent ses opérations. Ces facultés sont >^ défauts et non des qualités de Tintellect • vimain quand on le compare aux entendeûwiis supérieurs. Pour comprendre les gran-

des vérités nous sommes forcés de suivre cette voie longue et pénible, sujette à erreur. Quand nous sommes arrivés à saisir ces vérités, elles éclairent toutes les autres de leur lumière ; le propre du génie, c'est de parvenir le plus directement, le plus sûrement possible à ces idées prcFoières. C'est ainsi qu'il se rapproche de l'intelligence des anges. Saint Thomas, homme d'un génie supérieur, avait compris les secrets du génie. Ces longs échafaudages, ou tâtonnements prolongés par lesquels nous arrivons aux vérités premières, lé^slatrices, qui dominent les sciences , sont le propre de notre intelligence bornée. Parmi nous les esprits de premier ordre franchissent une foule d'intermédiaires et arrivent droit au but. Cela nous donne une idée incomplète de la manière dont procèdent les êtres placés au-dessus de nous. Du fait le plus particulier ils arrivent aussitût au principe le plus général, ou même ils voient tout dans ce principe. Examinons les sciences que nous regandons comme les plus parfaites, l'astronomie, par exemple : avec les lois de l'attraction et de l'impulsion on calcule tout le reste; avec un intellect plus intuitif, la chute d'une pierre, le mouvement d'un corps lancé par une rronde nous aurait conduit immédiatement à toutes les lois astronomiques, qui ont exigé tant de siècles et de travaux. Un intellect intuitif, en voyant une ligne, en déduirait toutes les vérités géométriaues. En apercevant «une courbe, il saisirait les propriétés générales des courbes mieux que nous ne le faisons avec toutes les ressources du calcul infuiitésimal. Saint Thomas a compris toute la valeur de ces idées générales si fécondes, mais si longues» si difficiles à trouver, qui résument en quel-

3ues lignes une science entière et permettent e s'élever avec la même facilité d'une formulegénéraleàtoutes les conséquences, oude la conséquence la plus simple aux formules les plus élevées aoù l'on peut la déduire. A mesure que les sciences marchent, elles se simplifient; une idée en contient toute une branche ; plus tard deux ou trois branches âe concentrent en une seule idée. C'est ainsi que l'électricité, la lumière, le calorique, le magnétisme, se rapprochent et se lient dans ridée et les lois des vibrations d'un fluide. C'est ainsi que Dieu voit certainement le monde tout entier, dans une idée, dans une formule féconde qui se divise à l'infini pour produire toutes les merveilles que nous apercevons. L'intellect le plus grand est Tinteilect le plus synthétique; tel serait le caractère d'une science universelle. Lorsque l'homme dans une autre vie pourra, par les secours qui lui seront donnés, saisir la synthèse du n[ionde, il sera sans doute surpris de sa simplicité. A mesure que nous avancerons, ces pensées thomistes, qui montrent combien il a compris le caractère fondamental de l'entendement, deviendront de plus en plus claires. {Voy. Balmès, Art d'arriver au vraU p. 180.) Dans ce qui précède nousavons faitl'analysc de nos facultés appliquées aux choses matérielles et des procédés par lesquels nous arrivons ainsi à quelques idées générales. U est

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quand il est miestioa de la foi, on ne peut pas dire qu'eue se connaisse par des mouvemeots extérieurs du corps» mais celui qui la possède l'aperçoit par l*acte intérieur du ccBur. Un homme sait qfïil a la foi par cela mi qu*ii sent qu'il croit.

\ir (Art. 3.) L entendemeirt connatt-il son acte propre?

Puisque riniellect est un acte, dès qu'il omprend, ce qu'il comprend arant tout« r tât riatelligence qu*il a des choses exténeures» puis il comprend cette intelligence D^me qui lui donne cette compréhension «iteroe; mais tous les intellects ne compren- KQt pas cet acte de la même manière. Une chose n'est connue que proportionnelle* neatk son acte. Ainsi la couleur, en général, Dcst connue aue lorsqu'on a tu un grand nombre de couleurs. Si nous découvrions une couleur nouvel le, supérieure à toutes les autres, nous aurions de la couleur une idée plus large, plus grande que celle que nous en 4ff>Q5 jusqu ici. La perfection souveraine de i'ettieiidement, c'est son opération. Par exemple, quand notre entendement fait des dé* couTertes inatieadues, quand il découvre des frucédés majeurs plus importants que tous tenqueToo connaissait jusque-U, l'enten* taknt lait des opérations nouvelles, il se Biit phft pand qu'il ne le pensait, il se coouJtdQBe sous un nouvel aspect. A mesure que te sciences se perfectionnent, que l'en* ifia^enefll grandit, il se connaît mieux et ièper^ plus vaste qu'il ne s'était cru jusçuè^ La connaissance de lui-même suit Cuùe son évolution à travers les siècles. 1^ L'âme tire de la contemplation de ses 0pératioii« les plus élevées ses idées fonciàineataies.

Sfiot Thomas montre que les intellects npéheurs se comprennent eux-mêmes mieux que nous ne pouvons le faire, parce que leur Kte est lottl à la fois plus simple et plus graod.

Eq partant de là, il serait facile de voir les i^lées que l'âme humaine tire de la contem- ;ûtion d'elle-même. C'est de là, par exemple, que nous viennent les véritables idéeg ée coMio/tl^, d'harmonie^ de beauté^ d'infini^ it ro/oni/, de liberté^ de nécessité^ etc.

Jétts de eauêaliié. —Pour l'idée de eau- Mille, Hume a dit : Quand je vois une impulsion siûvie d'un mouvement, j'aper^is <^uie8etsqui se suivent,j'appeJle le premier, taose; le deuxième, effet, mais je ne sais point s'il y a causalité réelle. Le mouvement iuit toujours Pimpulsion ouand aucune cause étrangère ne l'empêche. Mais quel est le méca- AÎMoe intime qui lie l'un à l'autreT n'y a-t-il |4s un intermédiaire que je n'apergois pas 4 qui est la cause véritable T On conçoit les <i<ager5 d*un scepticisme qui entraîne après Kii tous les autres, car la causalité est la lase principale de la science. L'école écosifise et l'école allemande ne savent trop que répondre pour le renverser. L'admission de U causalité est une loi de notre nature, dit Beid, une sorte d'instinct irrésistible ; c'est VM loi de l'entendement, aiBrme Kant. Si

Ton descend dans l'entendement liû-même avec saint Thomas, ou pourra voir l'origine de cet instinct ou de cette loi. Les cartésiens ont travaillé la question dans ce sens. De Gérando, Haine de Byran, Royer-Collard, se sont de plus en plus rapprochés de la solution; mais ils ne l'ont pas trouvée en entier, parce qu'ils y ont mêlé un principe sensualiste. Maine de Byran croit, par exem-

Sle, que le principe de causalité se trouve ans cet eQort que fait l'ême pour exciter le mouvement musculaire; c'est la pensée d'En-

Kl. Quand je veux faire un mouvement, mon le sait qu elle veut; mais elle sent en même temps ia résistance que lui opposent les muscles; c'est le sens musculaire. La volonté est la cause du mouvement, l'agent d'impulsion.

qui suit sa volonté est en proportion avec 1 énerçie de cette dernière, et qu'elle reconnaît ainsi ce lien de causalité, que Hume n'apercevait point dans le rapport de l'impulsion et du mouvement. Plusieurs auteurs ont contesté le sentiment de cet effort.

Il y a quelque chose de plus simple k dire : Gicéron, saint Augustin, saint Thomas, ont mieux compris la chose, en montrant l'âme agissant par ses facultés, sans aucun intermédiaire. Mon Ame se meut en elle-même sans difficulté, sans obstacle ; elle agit sur ses facultés, comme un maître. L'effet suit la cause, et nous sentons en nous-mêmes leur liaison immédiate. Ce fait est universel. 1* J'agis sur ma mémoire; je la force à rap* peler un souvenir, m^me quand il est en

Sartie effacé. J'imagine une foule de procé« es plus ou moins ingénieux : c'est la réminiscence, acte de volonté propre à l'homme, dont Aristote et saint Thomas ont parfaitement développé le mécanisme. J'ai oublié quelque chose relatif à un homme que j'ai connu; je cherche à me rappeler les lieux où je l'ai vu, les circonstances qui ont accompagné sa rencontre; et ainsi, de proche en proche, je me retrace ses gestes, je retrouve ses traits, son costume, ses paroles, son nom; cela fait un tout, et le souvenir complet me revient. U en est de même pour les idées. Je renoue ainsi le fil qui était perdu. Tout ce travail actif se fait par ma volonté , qui force ainsi les facultés paresseuses et les oblige à se mettre en œuvre. Tout se lie, et ma volonté est le principe actif dont je reconnais les ordres et la manière dont ils s'exécutent. â" J'agis de même sur l'imagination : par la force de ma volonté, je me représente les objets absents, je finis même par en reproduire la forme et la figure. 3*" Pour la pensée, je cherche en ce moment celle qui me convient; je l'abandonne ensuite pour m'occuper d'une autre : je voyage ainsi d'idées en idées, de science en science; je iorce mon attention à se porter sur tout ce qui me plaît. 4* Je maîtrise non-seulement les mouvements musculaires, mais tous les mouvements des sens; je les rends attentifs. Dans tout cela je nerçou^ trte-bien les ordres donnés par mon

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