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Ame et le coneours harmonique de toutes les facultés, de tous les organes qui doivent concourir au résultat. Mon flme est donc maîtresse d'elle-même; elle Test de tous les organes qui servent immédiatement à ses fonctions; elle se sent parfaitement cause; elle aperçoit ses effets, elle saisit leurs liaisons. Ici le principe de causalité est inattaquable ; il ressort de l'observation la plus simple. En creusant ainsi par l'observation cette notion si importante de la causalité, qui forme une des bases principales de toute espèce de sciences, je parviens à l'analyser dans tous ses détails, à en saisir tous les modes; j'arrive à toutes les distinctions majeures que Tantiquité et le moyen âge ont tracées, et que les modernes ont si souvent méconnues ; je distingue les différences positives des causes premières et secondes, c'està-dire des êtres créés et du Dieu créateur; les causes physiques , vilfjles , morales , et les êtres dans lesquels elles se rencontrent; c'est-à-dire que je parviens à jeter les bases des sciences physiques, vitales, morales, enfin de la théologie naturelle. Ces notions de causes, prises ainsi dans leur généralité, se transportent dans toutes les sciences réelles, les fécondent et les animent. La notion de causalité est d'une importance si grande, que tous les auteurs l'ont sentie. Savoir une chose, disent Aristote et saint Thomas, c'est en connaître la cause.
Félix qui potuSt rerom cognoscere causas,
a dit Virgile. Toute philosophie qui ne remonte pas jusque-là, qui ne sait pas analyser cette idée, est nécessairement une science étroite, qui ne peut rendre compte de rien ou qui ne rend qu'un compte tres-imparfait des choses même les plus simples. La philosophie qui la nie ou qui n'en est pas certaine, comme celle de Hume, de Kant et de la plupart des doctrines modernes , nie presque la science, et ne parvient à la construire qu'en se mettant en opposition avec son principe même. Or cette notion , cette idée bien simple quand l'ftme la contemple dans les prolondeuqs de sa conscience, ne se présente que d'une manière vague et confuse quand on la cherche partout ailleurs. Hume, les Ecossais, les Allemands, au lieu de contempler la cause dans l'être même gui nous la représente le mieux et de la manière la plus immédiate 9 l'ont regardée dans une image eitrêmement imparfaite. Ils ont fait comme ceux qui, ayant un objet sous les yeux et voulant l'étudier, aimeraient mieux en examiner une mauvaise copie , au lieu de porter les yeux sur l'objet lui-même : voilà pourquoi ils l'ont si mal vue. Quand on connaît mal l'idée de cause, on connaît tout aussi mal Dieu, l'Ame, les causes physiques, etc.; car Dieu est la cause par excellence , la première de toutes; l'âme vient ensuite en seconde ligne, du moins pour les créatures que nous connaissons directement; puis viennent les causes vitales, naturelles, etc. Ce qui donne une si grande supériorité au spiritualisme en général et à la philosophie cartésienne en
particulier, c'est au'ils n'ont pas craint de se placer en face de Vidée de cause, de la chercher dans sa source. La cause et son idée sont un de ces objets, une de ces idées que saint Thomas a placés parmi les essences majeures, et qui sont du ressort de l'entendement. Tant que l'on ne comprendra pas la grandeur de ce mot : « L'objet propre de l'eiUendement, c'est l'essence des choses, » on no comprendra pas la philosophie.
C'est en saisissant dans notre entendement les idées fondamentales qui s'y forment ei qui, sous quelques rapports, semblent si bien lui être innées, que l'on comprend le malentendu de Platon à ce sujet; c'est, dis-je^en les saisissant et les généralisant, comme dit saint Thomas, que l'on parvient à créer lu science et à la féconder. Bacon a dit q\u^ nous arrivions à l'erreur lorsque nous partions de notions fausses ou confuses, mais i; n'a pas su exactement où il fallait cherch r les notions fondamentales vraies. Il n'a |>ri^ bien compris les profondeurs des Ecoli^ spiritualistes. Ses élèves ont tourné autour «i • la difliculté et ne sont point parvenus à la résoudre. Les portes du sanctuaire sont restée > fermées devant eux. Ils sont à peine parvt^n> ouelquefois à en A:*anchir le seuil. Leibn.t. disait: On appelle la philosophie de Descartel'antichambre de la vérité, celle de Bacon e:^ est simplement l'escalier ; puis-je espérn d'être arrivé au sanctuaire ? Leibnitz Ta entrevu, il a saisi de ce point plusieurs véritiimportantes. Quelques-uns de ses pré<ic:!'ce>seurs, parmi lesquels nous plaçons en ]Memière ligne saint Augustin et saint Thoma> avaient été plus loin que lui. Quant à la p!t] partdesEcoles modernes quisuivent les doeU i nesdeLeibnitz et de Descartes modifiées et s( n < vent profondément altérées, elles ont recul é , * 1 moins d'une manière générale. Elles ont bviO coup plus de faits, elles les interprètent inoir bien. Si nous avons beaucoup appris, ni m avons peut-être beaucoup plus oublié. C» ce que nous verrons, j'espère, d'une maTn\î plus évidente quand nous arriverons à VMmI de nos facultés ontologiques, del'ontolut;)de la métaphysique.
14" (/Wa.,art. 4.) L'intellect comprend-i l'acte ae la volonté 7
L'acte de la volonté étant intelligible pr.i la raison, il faut nécessairement que la r;i. son ou l'entendement le comprenne. En efr<l'acte de la volonté n'est que Tinclinaiio que nous avons pour la chose que notre t^u tendement a saisie. Or les tendances ou h inclinations pour une chose dépendent (h rapports qui existent entre ces choses et 1 ^ facultés. Ainsi les objets physiques ou umx rielsont une inclination naturelle pour tes < i ] jets pour lesquels ils sont faits. L'appétit scm sitif a dans le sujet qui sent une tendance r* inclination vers lesobjets qui l'impressionne i j de même que la vertu intellectuelle a Tincl nation ou le désir de comprendre les <))>j. • qui sont faits pour l'entendement. L'enttMi< i ♦ ment humain, dans lequel se forme la voUm té, comprend donc cette volonté môme et i inclinations qui l'accompagnent. La vo'on
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et l'enteodement sodI des facultés diverses de rime, maù toutes les deux appartiennent à la (Dtoe âme comme à leur sujet. De ces deux ihciûxès Tune est en quelque sorte le principe de l'autre, de telle sorte querâme en s'auWsaot comprend ses volontés et leur mobile roffime elle comprend ses pensées, ce qui les (•nnluitet le mécanisme de leur formation. L'idée de saint Thomas est parfaitement «-'aire. Elle repose sur ce principe qu'il déve-
• [•peè chaque instant : les sensations, les
'irtN la volonté, sont les actes d'un même
^nv, de TAme, qui a la conscience, le senti-
L^\dt tous les actes qu'elle fait. 11 sufDtdonc
fi rlie se regarde sentant, pensant et voulant
^ sêToir ce que sont la sensation, la pen-
K^. ]à rolonté, et comment elles se forment.
;^iiDd je me dis : je sens telle chose et que
j> regarde de près, je sais très -bien ce que
f' TAQx, et pourquoi je le veux. J'assiste au
cumbat qui se livre en moi-même pour ar-
r^Kî l aToir une volonté. Je comprends les
i<oéî de celte dernière, ses nuances, les
n^)U& qui les déterminent. Four vouloir, je
ptD« à ce que je veux, je le pèse, je le me-
Hie, je sais si ma volonté est laible ou chan-
v%lioie,sieIle est bien arrêtée, inébranlable;