V. ^ mot^ nouveaux que je ne connais pas
(•tt q(K je u'û pas appréciés, ne m'obligeront
1^)011 \ dtiager. Il y a des mots dans nos
lao^qui expriment ces divers degrés de
voiufiiés. Qd sait très-bien que tout cela ap-
paitieati l'âme. On dit : cet homme a une
loh i« oae volonté ferme ou faible, c'est une
fa«i*icier,une volonté de fer. Nous recon-
u^^ eo Dou&-inémes si nos volontés résul -
•V3J Je simples impressions ou de sensations
'^^béit alors à un premier mouvement) » si
'i'cs âOQt soumises à la passion, si elles ré- >^l'rflt de la réflexion, de la raison ; si nous ^«xiioQs après avoir mûrement délibéré ou ^'rà un examen superQçiel ; en un mot, ">t$pouvons réfléchir sur nosvolontés comme T'ib réfléchissons sur nos pensées. Elles y 11 susceptibles d'une analyse du même •^ï^. L'entendement peut donc compren- '^f: k volonté, de même qu'il peut la domi- *'r, parce que la volonté, comme la pensée, '^tiiien è nous. Lorsque Malebrancne souiklra que nos volontés comme nos pensées ' caent immédiatement de Dieu, que nous ^ âmes f»urement passifs, que nous n'y met-
• tb pas du nôtre, le sentiment intime pro-
Hîfa contre ces principes. S'il en était
*is. nous serions passife, aveugles, sembla-
^"> au fer qui frappe; nous ne serions pas
"^«^«isables de 'nos actes, pas plus que le
'MiDard n*est coupable de la mort qu'il a
^ Ao^. Or nous sentons qu'il n'en est point
'tUt^rement ainsi ; que nos pensées ainsi que
'*) volontés dépendent de Dieu comme
"iie première, mais qu'elles dépendent aussi
' a^His comme cause seconde. Nous Sommes
vltfflment suspendus à Dieu comme le reste
xaoode. Mais il nous a laissé une cer-
-e liberté : celle-ci, bien dangereuse «< doute, fait notre gloire et notre vertu,
aime elle peut faire aussi nos vices et no- ' c malheur* C'est là un des points les plus
délicats de la philosophie. C'est la question fondamentale du libre arbitre, du bien et dii mal, de la morale, des récompenses et des peines qui nous attendent ; questions profondes surlesquelles Platon et Aristote, saint Augustin et saint Thomas, le spiritualisme antique et surtout le spiritualisme chrétien ont porté toute leur attention.
Saint Thomas a posé ici le principe fondamental et vrai qui doit servir à les résoudre. C'est là que l'esprit humain a besoin de toutes ses forces, de toute sa prudence. C'est là que les vérités de la révélation doivent porter leur divine lumière. Ce sont des sujets si grands, si importants, si diiSciles, que les plus beaux génies ne lés ont abordés qu'en tremblant ; et cependant ils les ont abordés. Car cela est indispensable. Quand on peut les résoudre, quand on peut du moins approcher de leur solution, et que l'on a trouvé une philosophie, une méthode, une logiaue qui les saisissent corps à corps et peuvent les examiner en face, on est sûr que cette philosophie ne faillira pas devant les problèmes les plus ardus des sciences physiques. Or telle est la philosophie de saint Thomas. C'est là surtout qu'elle révèle sa grandeur, sa sûreté, sa force.
Appétit^ désir, amour, et leurs actes consécutifs, — Nous venons de voir comment on peut analyser dans leurs éléments intimes deux des grandes facultés de l'âme : la pensée et la volonté ; le même travail peut se faira
Jiour le 3* élément : le désir, l'amour, l'acte, usqu'ici tout se passe en nous-mêmes, on pense et l'on veut en soi. Si tout s'arrête là, il n'y a que de la spéculation, on peut aussi désirer et aimer en soi-même, mais si la pensée, la volonté, le désir ou l'amour se traduisent en actes, ils apparaissent à Textérieur sous forme expressive ou sous forme active. Le langage parlé, les signes expriment la pensée, la volonté, le désir. Si Ton va plus loin, tout cela se réalise en acte. Le désir, l'amour se passent dans l'âme comme la pensée et la volonté, ils tombent sous la lumière intérieure, sous l'œil de Tâme qui les analyse de la même manière, qui les juge dans leur principe, leur but, leur valeur morale. Les jugements se font de la même manière, et, comme le remarque saint Thomas, ils sont soumis au même genre d'études. Noqs distinguons très-bien, avec de rattentioQ, nos désirs sensuels, concupiscibles et irascibles, et nos désirs intellectuels ou moraux. Nous nous apercevons que les premiers viennent du corps, des sens, des passionsanimales ; que les seconds appartiennent à l'âme même. Nous croyons que leur but et leurs objets sont différents. Les appétits sensuels se comprennent mieux, parce que nous voyons matériellement les objets qu'ils poursuivent et leurs rapports avec ces objets. Les besoins de l'alimentation^ ceux qui se rapportent aux passions les plus animales, sont parfaitement compris de tous. 11 est des hommes, des peuples qui ne conçoivent guère que ceux-là. Ce sont à peine des hommes. Les besoins du luxe, celui des richesses qui peuvent les satisfaire, ont jusqu'à un cerlam point un
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DICTIONNAIRB
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objet analogue, mais ils sont aussi plus roleTés : il eux se mêlent quelques besoins de rftme intellectuelle elle-même. Il faut des con-* ditions particulières pour les comprendre. Enfin les besoins intellectuels et moraux appartiennent à un autre ordre. Ils se rattachent à auelque chose de plus fligitif, de plus délicat, de plus spirituel. Ils appartiennent à des nations, à des classes, à des hommes privilégiés; leur but et leur objet sont plus nobles, plus élevés, plusdélicats,«p!us spu'ituels. Aussi l'âme, pour les saisir, a-l-elie besoin de se réfugier dans ses parties les plus profondes, et de raire taire les cris que poussent sans cesse les facultés sensitives et animales. L'amour de l'humanité en général, l'amour de Dieu, répondent à des êtres spirituels et abstraits^ dont l'existence ne se révèle à l'intelligence ei au cœur qu'après des analyses profondes, ou bien en écoutant des sentiments, des aspirations qui restent souvent étouffés. Nous les connaissons moins bien, parce que nous nous arrêtons peu sur l'objet qu'ils fw;)ursuivent, sur le but vers lequel ils tendent. Aussi saint Augustin, pour les sentir, s'efforce-t-il de se cacher à lui-même tout ce qui est en dehors de ses sentiments et de ses id^es ; et c'est ainsi qu'il est allé si loin dans cette voie ; qu'il s'est élevé jusqu'à ces élans sublimes que peu d'hommes comprennent, parce que peu d'hommes sont susceptibles de les éprouver comme lui.
L'analyse de cette partie suprême de l'Ame est extrêmement difficile, ainsi que le remarque saint Thomas. L'Ame, dit-il, n'a que la conscience des actes qu'elle produit. Cette conscience est d'autant plus vive, plus nette que ces actes eux-mêmes sont plus vifs et plus précis. Celui qui n'a jamais senti remuer au fond de ses entrailles la charité et l'amour de Dieu dans un mode plus ou moins ana- Jo^e à ce qu'ont éprouvé un saint Paul, un ramt Jean, un saint Vincent de Paul, etc., ne peuvent pas plus les comprendre, que l'a* veugle ne comprend les couleurs. On ne con-
Soit pas un sentiment que l'on n'éprouve pas, e même que l'on ne conçoit pas une couleur que l'on n'a jamais vue. L'homme chez lequel la charité ou l'amour de Dieu n'existe pas, mangue d'un sens pour l'apercevoir. S'il veut s'en former une idée, il n'y parvient que par similitude, par comparaison, par image, de même que celui qui n'aurait jamais vu le rose ne le comprendrait qu'en le comparant à un rouge d'une autre nuance.
Pour comprendre l'amour divin, ils le comparent à l'amour physique par exemple, et l'on conçoit quelle peut être l'idée qu'ils en ont. Ainsi, pour s'élever de l'amour le plus humble à l'amour suprême, à l'amour de Dieu, il faut passer successivement par toutes les nuances de ce sentiment, en s'arrêtant d'abord à l'humanité telle que la comprenaient hts païens, en venant ensuite à la charité, qui est l'humanité transformée par le Christ, et enfin en s élevant jusqu'à Dieu, dans lequel nous trouvons l'amour suprême. Tout ceci n'est qu'un coup d'œil rapide jeté sur l'ana-
lyse des sentiments moraux, tels que no^ les présente saint Thomas. C'est le piédoî sur lequel il fait reposer la connaissance ( l'amour tel que nous devons l'éprouver ])o« les personties divines. Nos semblables.
Christ et Dieu, voilà les intermédiaires ii nous devons franchir. C'est par le Christ qt nous arrivons à la connaissance de DIm c'est le lien placé entre nous et lui, Ctir Christ est Dieu et la lumière qui nous condii à Dieu.
Saint Thomas n'a fait encore que de la p< chologie expérimentale, et cependant il h i dire avec certitude, comme Descartes l'a 1 longtemps après : Je pense, donc je suis, it pu ajouter : Je veux, donc je suis; j'aime et vis, donc je suis. Proposition queceriainsc .' tésiens avancés ont cru découvrir. Dans t*cela il marche absolument comme saint A gustin; les doctrines, la méthode sont id».!. ques. Il tient une idée féconde qui esl au f trede toute science, et dont toute science [>< sortir; mais il ne fera pas comme saint Augusî qjii part de là pour s élever jusqu'à Dieu ^^ chercher presque à en descendre, et qui /"■ pare ainsi la voie à un mysticisme e\aj ' analogue à celui des néoplatoniciens ei <. Malebranche.il ne fera pas non plus cotm Descartes qui, dans un but qu'on peut ox; quer par l'histoire de son époque, im^r; en passant jusqu'à Dieu, et s'absorbe c suite dans la physique de manière è fouir un point d*appui à Locke et aux sensu listes. Il évitera enfin l'erreur oix sont toi bés les Ecossais et Kant, qui s'enfern. si bien dans l'idée du moi mal analysé qu ne peuvent çuère en sortir, qu'elle deuic;. sans fécondité et devient une sorte de b levard inexpugnable pour le sceplici^i. Saint Thomas insiste sur l'étude du moi, < l'âme, il la poursuit daiis tous ses déiciiW. i'éclaire en comparant à cesiûet lesidée^ [ losophiques avec les idées religieuses. Pu ^ expose ce que nous savons sur la théol •naturelle et révélée. Il s'y arrête longtemj»redescend enfin dans le monde sensible, (\ > étudie par l'observation, comme il pouviui faire de son temps. Ses beaux commentair sur la Genèse nous déroulent toutes les uw veilles de la création au'il embrasse d.i son entier, en cherchant les rapports h a m niques qui unissent tous les êtres entre t» et avec Dieu. Cette yaste lumière illuriiitu la fois sa logique, sa métaphysique spét ! • et générale, sa morale, sa théolo^e, et h donne une unité et une ampleur inconnu jusqu'à lui.
Saint Augustin, suivant de trop près pji être les inspirations néoplatoniciennes de > époque, s'est placé trop en dehors des se i? ces physiques ; il lui était du reste bien d i cile de faire autrement. Il les néglige j\n. qu'elles lui paraissent peu utiles pour s-. salut et hors de proportion avec nos fon i Saint Thomas croit au contraire que, étucfi la nature, étudier l'homme, c'est rendre i nouvel hommage à Dieu, c'est apprendre à mieux connaître : toute science part de lui aboutitàlui.Le christianisme ne doit n%;n i:
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DK PHYSIOLOGIE.
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diger (83). Là îKience dû Christ a dû itoodifier la nature entière coitHne la science. La vie présente doit subir une transformation. Elle mmsâide k préparer la vie future, il faut donc >>a occuper aussi. De là cette tendance à se rvpofter vers les sciences positives et pratiques, comme vers les sciences spéculatives €( supérieures. C'est le caractère de TEcole d^jmimcaine, d* Albert le Grand, de saint Tho- Bils et des thomistes venus après eux; ils •fflbrassent tout (84). Aussi la doctrine du docteur Angélique est une doctrine vraiment ocYciopédique.
C— Résomë ei appréciation de la doctrine thomiste sur Tàme.
?(0Q$ avons reconnu que Time hnmai- M, prise dans son ensemble , nous offre toos tes éléoients de cette grande activité fii se nmiifeste dans l'univers sensible. II j a on élément de phis, tout à fait spécial, c'est i'enleodement. L*Ame humaine est donc un rentable miroir de ce monde, mais c'est aussi UA miroir qui nous présente Htnage du monde fupéneur, du monde des intelligences. Les ttnniia, comme on l'a dit, sont le miroir ^ li utve (85). L'homme mérite ce nom, et ^ riQs,ttest le miroir de Dieu, puisqu'il est biti 9oa\Dige. C'est donc en lui qu'il trouva des éUments dHide science universelle. Notre Ik ae sert pas seulement à enchaîner Qoeosâére comme les forces physiques, à DCHis Ciire végéter comme une plante ; à »%sfiire sentir ou juger va^ement comme hamà\a : elle sert aussi, et par-dessus M^ i omis faire penser, à nous faire com- A'sadre, i nous permettre de saisir la vérité, (k pénétrer les raisons éternelles, de nous ékv^r dans le sein de Dieu, d'avoir des idées coffioe hri, de participer à quelques-unes de ^ idées immuables et de les concevoir.
Tae Celle pensée n'est-elle pas de l'audace, tm acte d'orgueil , un délire T Une créature irmbie comme nous, soumise à tant de betf<o$ qui semblent la rabaisser sans cesse, à '•Aide passions qui la subjuguent etTentrat- !^at, une créature qui ressemble sous tant t^ rapports aux animaux qui l'entourent, et ?zi eo troove même p^Birmi eux qui lui sont M'^'érieors en force, en courage, en instinct, ^îîîç créature veut s'élever jusqu'à Dieu, et -s concevoir lui-même , sans l'embrasser :^inmoins dans sa grandeur inQnie I
Oui, l'homme le veut et il le peut dès cette ^. loéme. Dieu encourage cet élan sublime» f"iinu que nous ne dépassions pas de justes i roe5. Dieu le veut si bien qu'il nous a rév-ié les vérités fondamentales que nous 'i^ifins connaître dans notre court pèleri-
Ceçt que Tbomlne n*a que les apparences Mif'rieures des créatures qui paraissent lui ^:£^:mbler. Dans ces apparences mêmes il
(S3) Toj., Sam. c. genU^ lîb. n, ce qull dit sur nsportanœ de Télode de la nature et des sciences
tSii F99. PoocHCT, Biêtotredn sciences naturetleê u «09*11 àgt, ou AUfert le Grand et son époque rem-
porte l'empreinte ineffaçable de sa divine origine et de ses destinées futures. Malgré lui, il tourne les yeux vers sa patrie : c'est que rhommé pense, qu'il veut, qu'il aime, non pas simplement des apparences ou des biens fugitifs, mais la vérité et les biens suprêmes.
Ici le cri, la voix du genre humain sont universels, unanimes; toutes les langues le proclament. Dans notre Âme il y a un animus^ un mens, un intellectus, une eomprehensio , un principe pensitans, une pensée^ c'est-àdire quelque chose qui mesure, qui conçoit, qui pesé, qui embrasse la vérité ; non point la venté qni passe, qui fuit, qui s'évanouit, mais la vérité nécessaire, immuable, éternelle.
L'homme pense cette pensée si prodigieuse et qui semble si orgueilleuse, si téméraire I il la proclame partout, dans tous les pays, dans tous les temps; il la proclamait des son origine; il la proclamait dans l'enfahce de sa civilisation , au milieu des bois, des superstitions, des coutumes les plus barbares; au milieu des erreurs du paganisme, au sein de l'ignorance la plus profonde : les monuments anciens retrouvés de nos jours l'établissent de la manière la plus incontestable. Il la proclamait lorsqu'aucune découverte scientifique ne lui en donnait le droit, lorsqu'une vie abrutissante semblait même le lui enlever. Dans les temps, dans les lieux oii l'hourme méconaissait son Dieu, dans ceux où il semblait se méconnaître lui-même, il sentait encore qu'il était homme, et les langues qui exprimaient sa pensée la rappelaient quand on paraissait l'oublier. La philosophie la plus étrange, la plus déviée, la moins humaine à force de subtilité, n'a pu jamais imposer silence à cette voix intérieure qui lui disait : « Tu es homme, tu penses, tu sens, tu aimes l'immuable vérité; quoi que tu fesses, tu ne pourras, au fond de ta conscience, ni la nier ni l'étouffer : tu peux obscurcir la lumière, tu ne l'éteindras jamais. » Cette vérité sur l'essence de l'homme , qui contient en germe toutes les autres, qui est la base de toutes nos croyances, comme elle est le gage assuré de la réalisation de toutes nos espérances légitimes, s'est assise à notre berceau ; eHe ne nous a point quittés, elle ne saurait nous abandonner; c'est la vérité première et la vérité suprême, le point de départ et le terme de toute science. Voilà pourquoi le genre humain n'a jamais cessé de la proclamer. Elle a commencé pour nous avec nous-mêmes, se manifestant avec la révélation première. Elle nous a poursuivis à travers les âges avec les enseignements divins des prophètes ; elle nous a été renouvelée avec la révélation directe apportée par Te Christ, par Dieu lui-même; elle se ranime chaque jour par une révélation constante, celle de notre conscience, qui nous en parle
sidérés comme point de départ de VEeole expérimentale {i8.S5). . ., ^, (85) c Animalla sunt natune spécula a philosophia nuncupala. 1 (C. Aurelianus.)