‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 61 sur 340 · SIS · texte numérisé non relu

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toujours dans un langage plus ou moins intelligible, suivant que notre conscience plus pure est plus digne de la recevoir.

Pourquoi la science humaine a-t-elle si souvent abjuré cette vérité, qui s*appuie sur le consentement unanime de tous les peuples? Saint Thomas nous l'apprend : C'est que notre science est plus discursive qu'intuitive, et

Sue, dans le travail discursif ( componendo et , ividendo)^ il est facile de se tromper. Voilà pourauoi la raison s'égare plus gue la foi, quand elle s'en sépare ; mais la foi devient plus sûre d'elle-même, elle comprend pourquoi elle croit, quand elle s'appuie sur la r<iison vraie. C'est celte démonstration, cette explication de la croyance que saint Thomas nous donne à chaque pas. Egalement supérieur dans cette double voie, aussi fort dans la raison vraie que dans la foi véritable, il a pu résoudre et atteindre avec une vigueur et une netteté incomparables les problèmes fondamentaux les plus difficiles.

Nous sommes excessivement sujets à l'erreur : rien n'est plus commun que de mal comprendre ; rien n'est plus difficile que de comprendre entièrement; mais nous avons en nous tout ce qu'il faut par la tradition, l'observation, la raison, pour redresser nos erreurs. Ce qui le prouve, c'est qu'il y a une foule de points sur lesquels nous ne discutons plus : tels sont ceux qui se rapportent aux ventés mathématiques ; tels devront être ceux aui se lient aux grandes vérités morales, métaphysiques, physiaues même, quand la science sera plus avancée. Nous pouvons donc comprendre ou trouver, expliquer et démontrer, dans de certaines limites, des vérités du premier ordre. Nous pouvons les mesurer, les . peser, les embrasser, lire dans leur intérieur; nous pouvons le faire même pour un certain nombre de vérités révélées. L'entreprise est difficile, semée d'écueils. Pour l'exécuter, il fout essayer ses forces avec précaution, et suivre la voie naturelle en marchant du plus connu au moins connu. D'où viennent les vérités incontestables? de l'intuition directe, de l'observation. D'où viennent les erreurs? des analyses incomplètes ou fausses, des s vnthèses trop rapides, des abstractions vides, aes généralisations, des jugements, des raisonnements téméraires. C'est donc là-dessus que nous devons porter la plus scrupuleuse attention. L'observation et l'intuition d'abord ; le raisonnement, le travail discursif avec ses éléments compliqués viendront ensuite. Voilà les bases sur lesquelles doit reposer la méthode. Nous ne disons ici qu'un mot, en passant, de celle de saint Thomas. Un peu plus tard, nous étudierons plus en détail les sources de l'erreur et de la vérité.Ce sera un examen complet des forces de l'entendement. Celui de l'école thomiste, embrassé dans son ensemble, est supérieur à l'examen des écoles de Bacon, de Descartes même et surtout de Kant. Ces auteurs ont souvent reproduit les enseignements de l'antiquité et de la scolastique en les dé-

naturant. Pour viser à l'originalité, ils ont éi| fréquemment inexacts et obscurs. Substitu | des mots nouveaux à des mots consacnH remplacer les notions claires par des notiom plus difficiles à comprendre et bien uitiiiii exactes; tel est, dans bien des cas, Tauvii que beaucoup d auteurs ont accomplie, (l<iiii 1 intérêt de leur gloire et au détriment d( l| science, qu'ils ont obscurcie plus peuttt!| qu'ils ne l'ont éclairée. « L'analyse est riintj| vaise, dit saint Thomas, dans diversf^s ci' constances, entre autres, quand elle distm gue dans un objet des éléments qui ne >a[ pas distincts, ou qu'elle y introduit des ( !• ments qui n'y sont pas. Rien n'est plus com mun que cette erreur. La synthèse est fmjti^ quand elle repose sur une mauvaise analy^ quand elle met dans une classe des êtres i|* ne lui appartiennent pas ; alors le jugem.! est faux parce qu'il donne à un sujet un at tribut qui ne saurait lui convenir. Une intui tion première, une idée simple n'est jaui fausse : quand je constate que je conçois blancheur, la pureté, la bonté, la justice, et j'ai des concepts vrais; ces choses exislnni mais quand j'énonce une proposition, c'e!>i» dire que je réunis un attribut à un sujet, qm 1 remplace l'être substantif par l'être co{iii! ou oisjonctif, l'erreur peut commencer. (^ ainsi que je puis dire : la neige est naturel ment noire, le miel est naturellement aiu l'homme est un simple animal. Alors je n trompe , parce que j ai mal observé, mal d visé, mal composé ou classé, et que mes a tributs ont été mal affirmés (86). »

La manière de classer, de déterminer genre, l'espèce, la différence, est ce qu'il y de fondamental dans la logiaue et «it toute science. Ainsi celui qui oirait : « T animal est mortel et complètement périssal or l'homme est un animal ; donc riioniin* entièrement périssable, » commettrait u erreur monstrueuse, et nous ravirait ti espoir d'immortalité. Où se tromperait-' dans l'analyse et la synthèse, dans le trav. de raisonnement dont parle saint TiK^tu^ L'homme est un animal, dit-on, voilà le p 1 re ; mais c'est un animal intelligent, et fait d'intelligence le sépare de tous les ati maux. 11 n'appartient donc pas au genre an mal ; il appartient à une autre classe : [ son intelligence il est un esprit, voilà caractère fondamental. Dès lors il rentre i son Ame intelligente et spirituelle dans \ monde supérieur. Le syllogisme change au sitôt de caractère, et l'on peut dire avec véri Tout esprit ou intelligence est iniuDii l'homme est un esprit ; donc par là il est ii mortel. On rend à l'animal et à la partie | rissable de l'homme ce c^ui lui revient ; accorde à l'esprit ce qui lui est dû ; on ren sous ce rapport dans les lois générales. L li< me par son corps uni à un esprit a une d tinée particulière que la révélation nous a e s'3ignée et que la raison conçoit.

La classification et la détermination

(S6) Vor/. Balmès, Diêtinction de Vélre iubstantif et de l'être cofmlatif, Philos, fondament., t. p. 354. Voy. aussi De ente et euentia.

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geure, de Tespèce, de la différence, de ce .|u'ofl appelait en scolastique les prœdieabilia^ I donc une importance majeure. Ce n'est pas ^uleoent, comme on Ta cru, un moyen ternie logique entrant dans un svllogîsme vide ; ('•^tufl moven terme ontologique entrant iàtts un s> llogisme expérimental. C'est qu'il DT a pas simplement une logique purement ntioDnelle, comme le disent à tort les Ecossais A les élères de Kant ; cette logique est purea^Qt formelle. Il y a aussi une logique scientin-^e, expérimentale, une logique des faits, l'OifDe rappelle deGérando (o7), comme Ta (mfns Galuppi ; cet aperçu lumineux, qui a I pas fixé rattention et qui contient un si nod progrès pour Tavenir, se trouve tout au ^m^ dans Tes doctrines antiques, dans la sco- Mqueet le thomisme; ce ne sont pas seule* scût d^ parcelles d'or, comme le disait pj'lqaefois Leibnitz, c'est de l'or en masse ; (>- ù'esl pas la faute du moyen âge si nous UfODs laissé enseveli sous des ruines.

Le noHid de la question pour l'homme est,

nimmeoDie voit, de savoir au juste coni-

ni€ot il est corps, et comment il est esprit ;

cMomeQtces deux mondes s*associent en lui

uenHii seul ; mais pour cela il faut avoir

untviétttelte de ce qu'est un corps, de ce

qutA vu esprit, de la manière dont ilss'u-

niâeot, ci te ce qui résulte de ce tout. Or

ceiif coBfiaissance est plus intuitive que dis-

niniitf. hNir les connaître, il faut cons-

tadfr km attributs, leurs actes essentiels.

Ocf ippirtient surtout à la métaphysique.

CHB<i-^o un mot ici. Qu'est-ce qu'un corps

cutrreJ ? c'est une chose inconnue dans sa

f^ibfUace, dont les qualités, les formes, les

•tes tombent immédiatement sous les sens:

i's5oiitffiiia6/ea ou sensibles. Qu'est-ce qu'un

'^pnlTCest une chose dont la substance, egale-

mrAt inconnue, offre des qualités qui ne tom-

i^^t pas sous les sens. Elle n'est perçue que

[iir l'intelligence. Ce que l'on peut recon-

liiflre par S'oteervation intellectuelle, ce sont

v^^actes, sesfacultés.Voilèdes^formes qui sont

'fM intelligibles que sensibles. Les attributs

.^ipres des esprits, c'est de penser, de vou-

tr. d'aimer dans un mode tout particulier, et

^tre libres dans des limites qui dépendent

* ieur nature (88). Trouvons-nous quelque

4rt le type de cette seconde classe d'êtres f

^•vjs avons dit et surabondamment démon-

> 4ue nous le trouvons en nous. L'expé-

>Dce prouve donc- qu'il n'y a pas seulement

^rs forps, mais qu'il y a aussi des esprits ou

i^i moins un genre d'esprits. Supposez, s'il

>t possible , qu'il n'y ait pas d'autres esprits

'''' nous, nous n'en aurions pas moins la

■••lion.

U distinction est parfaitement nette. Ces deux

^ 'les d'etres se aistinguent entièrement par

-un» actes. Un corps matériel se sent; on voit,

Q louche ses formes extérieures : ce sont

'3 actes qu*il exerce sur nous. Un esprit ne se

il7i Fof . De Gébahm), Expoiilion de$ doctrines

'*'i'%9flàqueêf l'*édi 1.1 804, dans le cbapitre consa-

rc 4 U reforme de la kidqae ei de la meiapb^fsiqne.

.M' V09., ^ propos de la dislinctioii du corpo-

voit pas, et ne se touche point par les sens ; mais il se voit et se touche par lui-même. Ce sont les actes qu'il exerce sur lui, comme les sensations sont les actes que les corps sentables exercent sur notre corps vivant et sensible. Le procédé par lequel on reconnaît ces deux ordres d'acles est expérimentai ; il est identiquement le même ; il est aussi sûr d'ufi côté que de l'autre. L'acte d'un esprit sur luimême est peut-être plus sûr, parce qu'il est plus immédiat. Aussi les philosophes ontils été plus portés à douteir de ieur corps que de leur esprit. La notion, 1 idée d'esprit et de corps est donc une notion intuitive, car une notion simple est parfaitement assurée. Pour qu'une faculté ne vous trompe pas, dit saint Thomas, il faut qu'elle s'applique

Kar intuition à son objet propre. L'œil voit t couleur, l'esprit voit l'esprit d'une manière tout aussi certaine. Ces notions sont si évidentes que toutes les fois qu'on les a cherchées dans leur source, l'assentiment a été universel. C'est pour cela qu'au moment où Descartes a dit :« Je pense, donc je suis un être pensant et il y a des êtres pensants, » on a cru voir la psychologie s'illuminer d'une lumière soudaine, et que tout le monde s'est écrié avec lui : « Il y a, en effet, des esprits, et je suis un esprit. » Cependant cette notiou était déjà bien ancienne. Elle avait été présentée plus nettement dès les premiers Ages de l'Eglise dans les écrits des apôtres, des Pères, et particulièrement de saint Augustin. Pourquoi" n'embrasse-t-on point d'un même coup toutes les facultés de l'Ame T Pourquoi se la représente-t-on tour à tour, tantôt comme uniquement pensante, tantôt comme uniquement voulante ou aimante 1 C'est que ce sont là autant d'images de l'Ame qui se manifestent dans des actes distincts. Sous ce rapport l'intuition de l'Ame peut être comparée à l'intuition sensible : ce sont des sens externes différents qui nous font connaître les qualités diverses de la matière, sa couleur, sa saveur, son odeur; ce sont autant de formes, d'images d'une même substance matérielle : cha^ cune a son sens ou son miroir propre. Il en est de même de l'Ame; chacune de ses facultés est une de ses qualités, de ses formes, de ses images ; chacune d'elles a besoin d'un miroir distinct. Ainsi, penser, vouloir, sentir, sont autant de facultés, autant de sens intimes dont chacun représente une faculté différente. En un mot, ij y a parallélisme d'une part entre la matière et les sens qui servent de miroir à chacune de ses qualités, et de l'autre, en • tre l'Ame et ses facultés , qui se servent, en

auelque sorte, de miroirs à elles-mêmes. C'est ans notre Ame que nous pouvons comprendre le mécanisme de la multiplicité réunie à l'unité. Chacune de ses facultés diffère par ses actes, et cependant le sentiment intime nous

montre qu elles se rattachent toutes à une mêinesubstance : c'est le sens commun unifiant

rel, <ie Tîncorporel non iromalénel et de rimm.itériel ou spirituel , Boss*jet, Connaissatice de Dieu. Noos avons commenté cette doctrine daus nos études sur SlahL

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