‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 62 sur 340 · ANA · texte numérisé non relu

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de l'entendement supérieur. Ceci, comme Tont très-bien compris tes Pères de l'Eglise et les philosophes spiritualistes, prépare la solution des questions relatives à la Tnnité divine.

Cela doit nous porter à croire aussi, suivant la remarque énoncée plus haut, que la matière a plus d*unité qu'on ne croit, malgré 5es qualités diverses , et que cette diversité tient en partie aux sens qui perçoivent, plus encore qu'à la matière qui est perçue. Une expérience moderne semble prêter un nouvel appui à cette conjecture : l'électricité, appliquée aux différents organes des sens, produit la lumière dans l'œil; le son, dans rouie ; l'odeur, dans les fosses nasales, etc. Les péripatéticiens ont exprimé une grande vérité de la manière suivante : « Tout être corporel, » ont-ils dit, « est composé de matière et de forme. » La matière est la substance, la forme est la qualité sensible par laquelle cette substance se manifeste h nous. Un être immatériel est composé d'être et d'acte. L'être est la substance spirituelle; elle en forme le sujet, la substance. L'acte correspond k la forme; c'est l'image sous laquelle cette substance se montre. Ainsi le sens de la vue ne voit pas le corps coloré , mais l'image de la couleur; de même, lorsque je pense, je ne vois pas mon Ame pensante , mais je vois l'un des actes de mon âme, la pensée. L'Ame se reQète, en tant que pensante, dans la pensée qu'elle produit : l'Ame est donc à la fois l'objet qui produit l'image, le miroir qui la réiléchit, et l'être qui perçoit l'image dans le miroir.

D'après la doctrine de saint Thomas, les erreurs se trouvent surtout dans les analyses» les synthèses, les jugements, les raisonnements compliqués. Les vérités les plus simples, au contraire, et les plus exactes* sont celles qui se rattachent è l'intuition, qui reposent sur des analyses, des synthèses excessivement simples. 11 y a alors peu de chances d'erreurs, ou même il n'^ en a point, quand on se borne à des intuitions immédiates et aux jugements qui en résultent aussitôt. Or ces intuitions et ces jugements appartiennent aux idées les plus universelles; celles-ci sont marquées du cachet de l'évidence la plus irrésistible : tout homme dans son bon sens est forcé d'y croire. Ce sont les propositions ou axiomes premiers de saint Thomas, qui servent à toute démonstration , qui forment le point de départ de toute science, et qui la contiennent dans son entier. Ce qui constitue la valeur des sciences mathématiques, c'est qu'elles reposent sur des priucipes de cette espèce, et que ces principes sont enchaînés

{)ar des formes logiques spéciales ou formues incontestables.

La science qui s'occupe des principes universels est la métaphysique. C'est dans ce réservoir commun que toutes les autres sciences doivent puiser. Son étude répandra un jour nouveau sur les questions étudiées jusqu'ici, et nous permettra de résoudre toutes celles qui se présenteront plus tard. Elle préoarera nos travaux sur la lo^que, la métbooe, la psychologie ontologique» c'est-à-

dire la connaissance de la nature de l'âiiie et de ses destinées; sur la morale, etc., en un mot sur la partie de la physiologie qui s o( eupe des fonctions de la vie humaine. Non*: devrons donc faire un article spécial sur cette faculté de l'Ame, ou ce mode particuU«.i de son activité qu'on a nommé faculté ontu< logique et métaphysique. (Voy. ce mot.)

Si l'on a bien compris la pensée thomiste, on a dû voir (]ue l'Ame connaît Dieu , ou U.

Îiremier intelligible et le premier désirtit>!o *" en remontant de son image» qui est i\hi\> notre Ame, comme esprit, A Dieu lui-DitMiit crue cette image représente; 2" en seniriîi 1 impression directe de Dieu sur nous. D.t i éclaire notre Ame par sa lumière, l'attire p:<! sa force, l'échauffé et l'embrase par Vauuiui de lui, qu'il produit en elle, comme le so • • nous éclaire et nous échauffe. De là ixm. concluons, par sentiment» que Dieu est ]i. mière, force, chaleur, amour, et nous retr» i. vons ainsi directement en lui des attntM: i que nous lui avions reconnus en le pr^iirr comme l'objet dont notre Ame est Tiiua^ car dans notre Ame nous avions trouve aula lumière qui comprend, l'amour qui d^<A\ et entraîne, la force qui veut et exécute.

Dans ce qui précède, nous avons étudié i doctrine thomiste sur l'Ame en général, «i en particulier dans ses facultés sensitives | intellectuelles. Les commentaires que ixij avons donnés constituent une véritable exj) j sition de ces facultés, qui sera complétée ( { divers autres articles, entre autres par Tan. | lyse de l'esprit humain. — Voy. Ebin HuifAiN (Analyse de V),

Nous aurions à traiter maintenant a^ détail des facultés morales; nous le feronb l'article Morales (Facultés).

Dans notre traité historique et dogmatiT \ de Psychologie, nous donnerons une e\.

sition historique des psychologies des

auteurs. (Foy., pour la psychologie Thonn- i le remarquable ouvrage de M. Jounn.^ * {Philo8.de 5. Thomas) t couronné par 1 •! stitut; l'abbé Cacheux, PAi/. de S. Thovci MoiUN, Dict, de philoe. scolast,^ art. S. Tli mas, etc.: pour le reste de la bibliogr., r^ | art. Psychologie.

ANALOGIE. — L'analogie est un des moy ♦ j les plus féconds , les plus naturels , les pi universellement répandus que nous pos*^j dious pour arriver à la connaissance tiit vérité, pour nous la rendre intelligible, ]u , l'enseigner aux autres à l'aide dexpres->îM et de signes convenablement disposés. Un ^ fait un usage continuel dans les sciences, 1 arts, la littérature, l'histoire, la poésie. L'i duction par analogie que les anciens, i commençant parHippocrate, et les scoKi^ ques nommaient avec raison manuductii {manuductio) , est employée partout et ciiaque instant, surtout en physiologie t.*t médecine; elle sert de base à nos ela>^ cations. L'induction par analogie , et le jm cédé analogique ont créé Tanatomie t;«M| raie , la théorie si riche des analogues ; ont vivifié les mathématiques, rastronom les scicDces physiques et chimiques, rit

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iu.re oâturelle; ils nous préparent une pbysioioide, une pathologie , une thérapeutique proéraies qui ne sont pas encore faites : ils n:podentsurce principe, que l'univers entier e$t l'œuire d*un seul Etre, d'un Esprit infini- BKfat unitaire» qui a imprimé son cachet suprésoe i son œuvre tout entière.

Mais si l'analogie renferme de si grandes nfbrsâes, elle a aussi ses limites , ses illu- »iu$, ses dangers, ses abus. Elle a ses règles; c ne les a point iK>sées avec précision. Pour 1 (lUienir , il faut , au mo^en de la raison , ^ I expérience, de l'histoire des sciences et L9 hommes, la soumettre à une analyse 4iQ^e, sévère, minutieuse.

I- Certains objets sont analogues , parce ^'ils reofenneot quelques éléments idenijttcs, à c6té de plusieurs autres plus ou

Eftos différents*

f Plusieurs objets sont analogues parce ^ueiûus leurs éléments se ressemblent, sans quêocQQ ait une identité complète.

3* Les anciens avaient divise l'analogie en

au^ia praportionU , et atialogia attribu-*

ttffnit, rapports de quantité et rapports de

Tuliié; CD fait aiy^^r^*'^^ ^^^ analyses

ffuttitathes et des analyses qualitatives.

4 U est des choses analogues par leurs

t'j&c^ott (i par leur but , bien que diffé-^

renies pirtaciucoup d'autres côtés, d'où les

aoalo^ par antagcmisme et par synergie.

L'héiulQse pulmonaire est en antagonisme

avrc ilÂDStnse générale ; l'inspiration avec

l'eipimion, la digestion avec la nutrition et

iesiftrétioiis; Turination, qui débarrasse des

'^'us albuminoïdes, avec l'expiration qui

f^fàst les principes hydato et hydrocar-

^^de^jrassifflilation avec la désassimilation ;

'5» eicrétions avec la nutrition ; les êtres vi-

»«otsaTec le reste de l'univers et souvent

tttre etfx; et cependant cet antagonisme même

^ un féritable lien et devient ainsi une sy-

nwgw.

>* Iks objets très-différents en apparence

^^, au fond , identiques ou le deviennent

'"-^cDt, tandis que d'autres, qui paraissent

t'9-analogues , diffèrent essentiellement.

'-:iDQ)eDt supposer , au premier abord , que

'iurbon peut devenir diamant, que l'eau

'ri qu'une combinaison d'hydrogène et

'• lïgène , que la fibrine du sang se con-

vtedans le muscle? Gomment ne pas ad-

-^Mrt une ffrande analogie entre la graisse

'* îe OQUCttS T

'' L'îQduction analogique trouve de grands 'r.'iaires dans l'analyse et la synthèse ; les ^•••irt qu'elle prépare ne peuvent être sanc-

snées et devenir scientifiques qu'au moyen ;' ^> preuve etderexpérimentation directes. ^ *'^*«^ ces q lestions seront longuement exaïûéesdans divers articles. {Yoy, entre autres ïiTHODE, Logique.)

f>THROPOL0GIE. — 1. On donne ce nom * : ciude de l'homme vivant, considéré dans 'Pactes qu'Û exécute pendant la durée de SGQ existence , quelle que soit la nature de

ces opérations. Elle doit conduire è ïb connaissance complète de ce qu'on a appelé l'homme physique ou purement vivant, et de l'homme intellectuel et moral ; elle embrasse tout à la fois la biologie et la psychologie, qui sont absolument inséparables quand elles veulent être vraies et entières. L'homme est un et ne peut être divisé en plusieurs fragments dans la science pas plus qoe dans la nature; il n'est point formé par la réunion d'un végétal, d*un animal et d'un homme ; il n'a pas une Ame végétative, une Ame sensitivo-animale, corporelles et périssables, et, de plus, une Âme spirituelle et immortelle ; il n'a en lui que ce dernier principe, spirituel et immortel, doué de facultés directrices et executives différenfes.

IL La division de la vie de l'homme en vie végétative, vie sensitivo-animale, vie humaine proprement dite, peut donner lieu à des considérations intéressantes ; elle a l'avantage de séparer nettement l'homme des êtres qui paraissent lui ressembler; mais tout en l'inaiquant, tout en y insistant même, on ne doit jamais oublier que ce ne sont là oue des manifestations, des activités diverses d'un seul principe substantiel, unitaire, TAme spirituelle humaine, unie pendant cette vie A un agrégat matériel, à un corps, associé inséparable avec lequel elle doit accomplir sa mission sur cette terre, et qu'elle doit retrouver un jour, transformé, pour accomplir ses destinées éternelles.

On dira peut-être que nous faisons ici de la théologie ; nons répondrons sans hésiter que nous faisons simplement de la physiologie scientifique. Quand on v;sut enseigner une science, il faut avoir une doctrine arrêtée; il faut s'appuyer sur des convictions profondes, obtenues par l'observation, la méditation, la lecture des chefs des grandes écoles, la comparaison de leurs idées fondamentales entre elles et avec les faits, en remontant à leur origine, à leurs principes , et les poursuivant dans toutes leurs conséquences. Nous avons longtemps vécu avec les principaux défenseurs de 1 organicisme le plus exclusif , de la doctrine Ta plus absolue de la vie universelle , telle qu on la poursuit surtout en Allemagne, avec les plus habiles propagateurs du dipsychisme'vitaliste; nous avons enseigné pendant plusieurs années tes sciences mathématiques, physiques, naturelles, Tanatomie , la physiologie expérimentale ; depuis plus de vingt ans nous occupons une chaire de chirurgie , et notre vie médicale entière s'est passée dans les hôpitaux : nous pouvons donc affirmer que, si notre doctrine est celle du vitalisroe monopsychique ou vitalisme animique, c'est parce que nous l'avons choisie après un très-mûr examen , malgré les tendances opposées vers lesquelles aurait dû nous conduire le genre habituel de nos études , tournées spécialement vers les objets qui tombent sous les sens , plutût que vers les spéculations philosophiques (o9j.

IV) Celle doctrine est celle d'Hippocrata et des différé quelquefois par le lani^ge, mais quî acxt )n» Hippocraiifties de tous les temps, qui ont parfaitement d'accord sur le fond des idées. II est

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Pias nous avons fait usage du scalpel, dumicroscope, des instruments de physique , des réactifs ; plus nous avons mesuré , pesé calculé ; plus nous avons multiplié les expérimentations sur les animaux par voie lente ou rapide, plus nous avons reconnu qu'il fallait creuser plus profondément pour faire reposer la science de l'homme sur des bases solides et sur des principes avoués par la raison. Les sciences physiques nous ont ramené de plus en plus vers la philosophie; la médecine nous a reporté vers la psychologie ; l'étude des travaux modernes nous a entraîné vers celle de l'antiquité ; enfin nous nous sommes trouvé reconduit aux dogmes théologiques, par l'observation de la nature et le désir de nous rendre compte des phénomènes qu'elle mettait constamment sous nos yeux. Nous ferons parcourir à nos lecteurs, en l'abrégeant , la route que nous avons suivie nous-môme.

IIL La division de la vie humaine en organique et animale, surtout avec le caractère absolu que lui a donné Bichat, contient des erreurs et des dangers que nous ferons ressortir de plus en plus, à mesure que nous avancerons, et dont plusieurs ont été signalés «u moment même où cet ingénieux physiologiste la fit reparaître dans la science, en Tenvironnant de ces formes séduisantes particulières à son esprit, qui lui donnèrent un si grand succès. En réunissant sous une même dénomination les actes de l'intelligence humaine et ceux de l'instinct animal, en rapportant les passions à la vie organique ou végétative, Bichat finit par confondre, du moins dans ses théories, les brutes et l'homme, et p«r faire du système nerveux l'agent réel des actes intellectuels et moraux. Ainsi, dans ses Recherches physiologiques sur la. vie, on trouve ces deux phrases éminemment contradictoires : « 1* Le cerveau est à Vâme ce que les sens sont au cerveau ; il transmet è Vâme l'ébranlement venu des sens, comme ceux-ci lui envoient les impressions que font sur eux les corps environnants (90). 2" Ce sont les sens qui reçoivent l'impression, et le cerveau qui la perçoit (91). » Dans la première phrase, les sens reçoivent l'impression, qui est un ébranlement , et transmettent au cerveau cette impression (nouvel ébranlement), que le cerveau transmet à Tâme, qui le perçoit. Dans la seconde phrase, c'est le cerveau qui se substitue à l'âme et qui devient un être percevant. Voilà donc une substance matérielle qui a des perceptions, et qui peut ainsi se dispenser parfaitement de l'intervention de l'Ame. Dans le même ouvrage il fait des hémisphères cérébraux deux sens internes analogues aux deux yeux ; s*ils ne sont point égaux, les fonctions intellectuelles sont confuses, comme les actes visuels quand les yeux n'ont point la même force; alors la pensée

deviendrait plus régulière si Ton iiotn.i loucher d'un de ces hémisphères.

Nous ne rappelons point cette idée étrange, pour rabaisser la gloire d'un hcunn qui a laissé dans la science des traces utiles et si profondes, mais pour montrrM quelles erreurs une idée systémati(jue i»« i conduire les esprits les plus éminents.

IV. Les fonctions les plus humbles de vie végétative et de la vie sensilive intcrvi* i nenl dans les actes de la vie intellectuel^* ( affective et leur apportent leur influerjcf», • môme que l'intelligence s'occupe des (ii\» j ses fonctions et se montre partout pour ropérer è la satisfaction de tous nos besoin^. 1 tous nos désirs : chez nous, l'homme an m se met au service de l'homme intelleclu»! » moral, de même que ce dernier dépl* ' toute sa puissance pour satisfaire les e\ gences du second. L'homme a été créé u intelligence servie par det organes ; il duN i< souvent une intelligence asservie par des o r y nés. Les plus grands esprits, abusant an de la liberté que le Créateur leur a lai>>' emploient fréquemment leurs facultés .

plus élevées au profit de leurs passions î plus condamnables, et celles-ci absorh.r i pour leurs usaçes, les richesses que nous p.' diguent les civilisations les plus avant» i quand elles sont mal dirigées. Il y a nu<;.j i chose de vrai dans le fameux parailoxc I J.-J. Rousseau, « que les sciences cl ■ i arts ont fait plus de mal que de bien ;t i hommes : » mais ce n'est pas la faute de < 1 admirables instruments; on doitseulenieiii ^ plaindre de l'usage au'on en a fait.

V. De ce qui précède il faut conclure n l'anthropologie normale, ou la physir>l(.L.

3ui est la base de l'anthropologie entien ' es sciences anthropologiques , doit rén:

dans un même cadre, la biologie (étude «i^ i vie et des fonctions végétatives), Vestioi . i (vie et fonctions sensilivo-aniraales), la j choloaie (vie et fonctions intellectuel K ^ i morales). Tous les grands médecins, tous \ philosophes à vues larges et compréhen<n. I sont d'accord sur ce point fondamental. N - 1 le prouverons en faisant l'histoire de la |'!i ' siologie. Voici comment Burdach con(;ou i physiologie :

« § 1. C'est à la physiologie seule qu'il t*. s'adresser pour savoir quels sont les prinrij d'après lesquels on doit l'exposer. Noii> :i pouvons effectivement arriver à une nnt;exacte delà nature en général et de riiomi i en particulier, qu*en suivant la marche tnu ! par l'essence même de notre entendenniM \

f)ar ses rapports avec l'univers. Or non-s- | ement celte essence rentre dans les ait ri i tiens de toute physiologie qui rherchu à

Erocurer des données complètes sur la n.ni umaine, mais encore on ne parvient à I • visager sous ses différentes faces qu'au i.

inutile d*ajoiiicr mie nous nous sommes appliqué, autant que nous 1 avons pu. à y faire rentrer, sans elTortet par des liens naturels, les travaux modernes qui ont une certaine importance; ils s'y adaptent aisément comme des branches d'un même troue;

ils la confirment en l^a grandissant et la f€*con<t j (90) BiciiÀT, Recherch. sur la vie, p. 8, éiiiu

rEncyciopëdie.

(9t) Ibid. p. 17.

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DE PHTSIOLOGIB.

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qu'on là considère dans ses connexions oi^niques arec tout ce qui jouit de l'existence. Maioteoaoty la physiologie cherche^ en der» tiVre analyse^ à connaître V esprit humain^ et, MIT résoudre ce problème^ it est indispensor bit f avoir contemplé la nature de l nomme $ous tous ses autres points de vue. Le terme des recherches indique donc par où elles doi- Teot débuter, et ce n'est qu'après avoir parcouru plus d*une fois le cercle entier, qu'on peut de noureau fournir la carrière d'un pas pios assuré. Mais la science, dans ses résultais les plus généraux, ne finit non plus que lï où comnience l'intuition pure et simple, t mtuition dégagée de tout souci à l'égard des (suses premières, l'intuition enfin s'exerçant i%tc une foi entière dans la véracité de la uture, et avec l'intime conviction que l'espnt humain « quand il s'abandonne à son peoehant inné, quand il suit par instinct la cD8.The prescrite à son développement, peut réaliser sa tendance naturelle et saisir la vérité. < |2. Si maintenant nous suivons la marche Diturelle, c'est-à-dire celle qui nous est tracée par an penchant inné, par une vague prévtâon de la mérité, nous devons aussi avoir ^ri à la manière dont notre problème est itâ^ dans la langue usuelle ; car ce lan- RÇî rA Texpression d'une intuition qui s'est tfmkt^ùta \es peuples, plutôt par pressentioDeot que par l'effet d'une connaissance raisoBoée.aHîfchons donc quelle est l'idée qui se nttaebe au mot de physiologie.

• Oh eotend par nature [natura^ çuviç) :

• L l'essence, c'est-à-dire la constitution pnBodiaie d'une chose, constitution insépan^e de son existence et indépendante de M eooeours de la volonté ; savoir :

« 1* La manière dont cette constitution se Bimtfeste, les qualités d'une chose qui se prononcent dans les phénomènes par lesquels efk nous frappe

« ^ La manière dont cette constitution se produit , dont la chose se réalise , arrive à iVustence, natt et s'accrott, par conséquent M origiae et sa cause.

« D. La réalité, considérée comme un tout, axame ce qui {existe véritablement ; savoir : , « 1* L*univers,'ou la réalité pbénoménalisée 'Wwa nàturatà)^ l'ensemble des choses, la Vicome des phénomènes.

• ir La véritable cause de l'univers, la force xS&ie, l'existence absolue, la réalité a^stf Qte [maiura naturans) , l'âme du monde. Dieu.

« Or, si nous voulons nous conformer au lanz^e reçu, le problème de la phvsiologie est <^u;rminé par ces différentes idées et par le bea qui les unit ensemble. Ainsi :

« 1* La physiologie doit avoir pour objet i'eiïsence envisagée d'une manière complète d dans toute son étendue, par conséquent ke morai et le physique, sous le point de vue tictda mode de manifestation que de la cause. Ujè doit donc réunir empirisme et théorie.

« 2* Le mot de nature exprime l'unité de diaque essence prise isolément et de la réa- ^ eonadérée comme un tout, ce qui an-

DicnoifN. DB Phvsiologib*

nonce que Tessence d'une chose a ses racines dans l'ensemble de la réalité, et ne peut être complètement connue que par là. Donc la physiologie, pour arriver à la connaissance de l'homme, doit porter ses regards sur la nature entière, et contempler tous les phénomènes de l'univers. Le nom de physiologie imposé par excellence à la science de l'essence humaine, indique le rang gue l'homme occupe dans la nature, et (]ui fait qu'étant le plus haut produit de la réalité à nous connue, il comprend en lui les forces du monde entier. La physiologie est donc le commencement de toutes les sciences naturelles, le point unitaire de la connaissance de toute réalité.

« 3''Ënfin,|comme;lemot de nature exprime l'unité du monde et de sa cause, la physiologie doit aussi, dans l'enchaînement des phénomènes de l'univers, reconnaître leur cause infinie, et s'élever à l'intuition de l'existenice absolue : elle doit devenir connaissance expérimentale de Dieu, ou théologie naturelle.

« § 3. En nous bornant à l'intuition pure et simple (§1), dans nos recherches, la méthode qu'il convient de suivre se dessine clairement, et il ne reste plus aucun doute par rapport à la question de savoir si nous devons commencer par l'étude des singularités ou par celle de la totalité. En effet, le singulier o est intelligible qu'au moyen du tout, et la totalité, à son tour, ne peut être connue que par l'ensemble des singularités. Mais la marche naturelle de notre savoir exigeant que nous apprenions d'abord à connaître , après quoi seulement il nous est possible de comprendre, nous devons soumettre aussi la physiologie à cette marche analytique, si nous voulons qu'elle s'insinue graduellement dans la conviction, et non (qu'elle s'impose à l'esprit comme une doctnne arrêtée d'avance. Nous débutons donc par contempler les faits un à un, de manière cependant à rapprocher ceux entre lesquels règne une sorte d'affinité, afin de saisir ce qu'ils ont de commun et ce qui caractérise chacun d'eux en particulier. Dès

3ue nous avons appris à connaître un cercle e phénomènes amnes, nous revenons sur nos pas, et, les embrassant tous d'un seul coup d'œil, nous arrivons ainsi à des résultats

Sue nous mettons de côté pour servir à l'édication d'une théorie future. En suivant toujours le même procédé, la contemplation de plusieurs cercles semblables et le rapprochement des aperçus qu'ils fournissent, nous procurent des points de vue de plus en plus

(;énéraux. Lorsqu'enfin Ip domaine entier de 'esprit a été scruté ainsi par voie expérimentale, la spéculation vient féconder l'empirisme et vivifier le trésor des faits acquis, en lui imprimant les formes de la théorie. Car, élever une théorie n'est autre chose aue regarder de haut et saisir des rapports (91*). De là vient aussi qu'en ce qui concerne les phénomènes et les fonctions isolément, il n y a point, à proprement parler, de théorie, mais seulement des fragments ou des aperçus théoriques, qui ne se maintiennent

ta BIO DICTIONNAIRE

c|u*aulaiit qu'un accord parfait règoe entre C41X et tous les autres.

<i § 4. Chaque chose n'a qu'une existence conditionnelle et dépendante de celle d'une aulre chose; un événement suppose toujours un autre événement, et ne peut être expliqué

Îu'-autant qu'on le met en rapport avec ce ernier. Il est donc impossible aussi à la physiologie empirique, quelque mode d'exposition qu'elle adopte, d'éviter entièrement la supposition des résultats qui ne pourront être fournis que par d*ultérieures recherches. Cependant la meilleurn méthode sera celle qui, proportion gardée, exigera lemoinsdesuppo-^ sitions et mettra au premier plan les doctrines offrant la plus large base à toutes les autres. « Nousenvisageronsdonc la physiologiesous deux points de vue principaux : d'abord , comme science de l'essence humaine, de la vie jet de ses divers aspects ; en second lieu, comme science du genre humain et des formes de la vie chez les différents êtres organisés, examinés dans leurs rapports les uns avec les autres et avec la vie générale. Nous aurons pour objet, là l'organisme, ici le monde organique. La vie sera donc considérée d'abord comme une succession d'actes, puis comme un tout accompli et constitué. »

Ainsi, d'après Burdach, la physiologie humaine doit faire connaître tous les actes que l'homme exécute dans l'état normal ; après les avoir décrits historiquement , elle doit en rechercher les lois pour pénétrer la nature intime de l'homme et faire l'analyse de l'esprit humain. 11 faut qu'elle s'élève enfin par cette connaissance et cette contemplation jusqu'à l'intuition de la cause première , jus-

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qu'à Dieu, et devienne théologie naturelle Nous croyons de plus que. lorsqu'elle s'appuie tout à la fois sur l'expérience rigoureuse, la raison raisonnable, rhistoire vraie, elle se trouve naturellement et sans elfori, en parfaite harmonie avec la religion révélée, dont elle confirme les enseignements.

Entraîné par le système philosophique du spiritualisme de la nature et de la vie miverselle, si répandu en Allemagne, BurdK h a souvent fait de Dieu l'âme du monde, et n a pas neUement distingué le Créaleiir de IV^uvre qu'il a créée; il n'a pas suffisauimcni séparé les divers règnes de la nature ; il a exagéré les rapports analogi ques de rhomiiKH'i des êtres qui l'environnent. Delà résultent une grande confusion et de nombreuses erreurs mêlées à bien des détails importants et d. > vérités profondes. Cependant, quand il aborde les questions relatives à rimmorlalilé de l'Ame humaine, à sa spiritualité, à sa personnalité, à la persistance de ses souvenirs dans un monde meilleur, il est conduit pir les fyixs à une réponse affirmative sur ua\< les points, et aboutit ainsi aux conclusuui! du spiritualisme.

Nous avons souligné ce passage, élever utî' théorie^ c'est regarder de haut et saisir d> rapports. Cette doctrine a été adoptée \r F. Bérard, qui donne la môme définitioii elle a été développée par Viader, élève d Bérard, dans une tnèse remarquable intiiu lée : Considérations sur les phénomènes r taux et sur la manière de les réduire » théorie (Montpellier, 1818). Nous engageui nos lecteurs à la consulter.

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